Would you love me… ?

Voici le troisième one-shot de la série ! Au passage, merci beaucoup à mes revieweuses, Bloody's soul, Maeve Fantaisie, EyPi, Roxanne Black, Lalou et Poppycat. Comme j'ai de moins en moins de temps à consacrer à (et que ma boîte à mails fait la grève sur le tas), je ne sais plus trop à qui j'ai répondu ou pas… J'aime pas ne pas vous répondre TT

Pour cette raison et pour bien faire uniforme et égal, au prochain chapitre je répondrai aux reviews (si j'en ai toujours /nyeux de chat/) directement à la fin du chapitre!

Bonne lecture ! J''espère que celui-ci vous plaire aussi...

XxX … When I fake hapiness … XxX

Irritant. C'était tout simplement irritant. Et même horripilant.

Tout était faux.

Un sourire faux.

Une joie fausse.

Un rire faux.

Et un bonheur dissonant de faux !

Quoi d'autre de faux encore ? Qu'avait il d'autre à fausser, ce satané magicien ?

Kurogané poussa un grognement contrarié – presque – malgré lui. Appuyé contre le mur de la chambre que la petite bande avait loué de passage dans ce nouveau monde, il regardait, désabusé, le blond s'agiter joyeusement dans tous les sens.

Joyeusement…

- Hyuu ! Sakura-chan est adorable dans cette jolie tenue !

Si faussement joyeux bien sûr…

- Ah, Mokona, n'oublies pas le chapeau ! Tout le monde porte des chapeaux ici, même toi !

Mais pourquoi…

- Cet endroit me plaît bien décidément !

Pourquoi sourire, être enjoué, et s'occuper perpétuellement de faire sourire les autres, quand une immense tristesse brille toujours dans ses propres yeux ?

- Hyuu ! Regarde Mokona ! On peut voir de drôles de chapeaux par la fenêtre !

Est-ce que son amitié et… Son affection étaient fausses aussi ?

- Ah! Kuro-sama est dans la lune aujourd'hui !

Le ninja sortit de ses pensées en entendant l'un des surnoms stupides que lui attribuait Fye. Il n'eut pas à relever la tête, ni le regard, puisque ses yeux étaient déjà rivés sur le magicien.

Peut-être était ce cela qui l'avait gêné. Pas de « Kuro-sama est dans la lune ». Juste un Kurogané qui essayait de voir à travers un Fye, et qui mettait ainsi mal à l'aise ce dernier.

- La ferme, grogna le brun pour ne pas sortir de ses habitudes. Tout le monde n'est pas obligé de jouer les animateurs de groupe.

Et pendant que le magicien réagissait à peine à sa réponse véhémente par un de ses éternels sourires fatigués, Kurogané balaya la pièce du regard pour remarquer que les gamins et la boule de poils n'étaient plus là.

Où étaient ils encore allés ceux là ?

- Ils sont sortis faire les courses, dit doucement Fye, comme s'il lisait dans les pensées de son compagnon. Mais tu étais tellement absorbé dans je-ne-sais quelles pensées que tu n'as même pas relevé quand Mokona a dit « au revoir Papa Kuro ».

Le ninja tilta enfin.

- Hein ? Elle a dit ça cette satanée bestiole ? Et arrête de prendre cet air réjoui ! Tu vas pas me dire que ça t'amuse d'être « maman Fye » !
- Mhh…
- … Bon ne dis rien alors…

Désespérant. C'était tout simplement désespérant. Kurogané soupira encore en voyant le sourire de son compagnon s'élargir.

C'était le seul type d'expression qu'il connaissait de lui : sourire faible, sourire en difficulté mais sourire deux fois plus forcé, sourire bête, sourire adorable, sourire charmeur, sourire exagéré, sourire gamin…… Ce satané magicien en avait toute une panoplie.
… Et aucune ne parvenait à dévoiler plus d'un dixième de sa personnalité. Celle qu'il ne cachait pas derrière une carapace en sourires. Celle que le brun avait furtivement aperçue, lors des rares et courts moments de laisser-aller du mage, témoignant de son existence réelle.

Finalement, le ninja s'énerva.

- Mais arrête de me regarder comme ça ! s'écria-t-il devant le manque de mouvement du blond.
- Maa… Tu m'as dit de ne rien dire, Kuro-rin !
- Mais je… ! Raah tu m'énerves !
- Bon hé bien je dis quelque chose alors… J'aime bien que Mokona joue à nous appeler papa et maman !

Sceptique, le brun replongea son regard sang dans celui saphir pour tenter de le sonder lorsqu'il demanda :

- Tu aimes bien… ?
- Oui ! répondit Fye en s'allongeant brusquement sur le dos, cassant le lien du regard inquisiteur que le ninja avait créé. Ça me fait… Sourire.

A ce dernier mot qu'il était sur le point de haïr, Kurogané crut qu'il allait exploser. Sourire. Sourire ! Sourire encore ? Comme si ça changeait quelque chose !

Sa colère allait effectivement exploser en nouvelles paroles véhémentes, quand sa bouche fraîchement ouverte resta brusquement sans mouvement.

Il venait de voir le visage du magicien.

Un visage ouvert, épanoui. Un visage qu'un très léger sourire illuminait pourtant, jusqu'à allumer comme des étoiles dans les beaux yeux bleus entr'ouverts, qui fixaient avec douceur le vide devant eux.

Un visage heureux.

Alors tout retomba chez Kurogané. Sa colère, son irritation, son amertume et son éventuelle agressivité.

Un sourire léger naquit aussi sur son propre visage, dessous ses sourcils noirs froncés comme pour garder sa contenance habituelle, et il se pencha au-dessus du visage de son compagnon allongé.

- C'est comme ça qu'on sourit vraiment, dit il. Ce n'est que comme ça que tu devrais toujours sourire.

Un instant surpris, Fye dévisagea le visage du brun qu'il voyait à l'envers en riant doucement. Un rire né d'un vrai sourire.

- Toujours ? répéta-t-il.
- Oui, toujours. Maintenant que je sais que t'en es capable, c'est plus la peine d'essayer de mentir.
- Oh… Mais je ne mens jamais…

Devant le regard que lui lança Kurogané, le jeune sorcier rit à nouveau avant de s'empresser d'ajouter :

- Ou alors seulement de temps en temps.
- Comme maintenant par exemple ?
- Hem…

Levant les yeux au ciel, le ninja se redressa et retourna s'adosser au dossier de son lit.

- Tu es incurable, fit il.
- Bon, faisons un marché alors ! répondit le magicien en se redressant à son tour pour faire face à son compagnon.
- Un marché ? répéta ce dernier en levant légèrement un sourcil.

Il observa Fye se placer juste en face de lui ; il ne souriait pas.

- J'accepte de… Sourire plus souvent pour de vrai seulement si…
- Ah ! Donc tu admets que le reste du temps tes sourires sont forcés !
- Ne m'interromps pas Kuro-pon, enfin !
- Ouais, ouais… Alors, seulement si quoi ?
- Hum. Seulement si tu me regardes sans froncer les sourcils, pour une fois…
- Uh ?
- Que tu me regardes pour de vrai...

Abasourdi, Kurogané crut à une nouvelle blague du magicien, et s'apprêta à maugréer que celui-ci ne pouvait jamais rester sérieux quelques minutes.

Mais il se rendit compte que le magicien était plus que sérieux.

Il fixait le brun de ses yeux profonds, sans aucun sourire, ni aucune parole, paraissant même au bord des larmes.

- De… Froncer les sourcils ? répéta encore le ninja, assez incrédule.
- Oui Kuro-chan…

Des mots presque suppliants.

Jamais le mage ne s'était montré en situation de faiblesse, aussi vulnérable, dans un tel sérieux.

Alors, plongé dans le regard sans fond du blond, le ninja se relâcha doucement pour la première fois depuis longtemps, et son visage se décontracta en même temps.

Il adressa à Fye un regard souriant à la place de sa bouche, dessous des sourcils… Non, sans sourcils froncés pour durcir ce regard.

Un regard doux, tout simplement ; un regard rare qu'il offrait au blond, qui lui-même répondit au marché avec joie, un sourire plus heureux que le précédent se dessinant sur ses lèvres… Et dans ses yeux.

Pendant un long moment, les deux se considérèrent ainsi en silence, chacun se dévoilant à l'autre sans sa carapace habituelle, de dur, ou de joyeux.

Sans la moindre carapace.

Et sans le moindre faux, même quand leurs visages se rapprochèrent l'un de l'autre doucement…Pour rien que du vrai dans leur baiser.