Would you love me… ?

Déjà le sixième one-shot! Après celui-ci, plus que quatre pour clore le recueil :) Comme ça passe viiite… Ahem… Non pas vraiment ok, je traîne, je traîne… :p Mais ça va viendre, la preuve, le sixième est déjà là ! Nah? Bon...

J'essaie de varier un peu pour celui-ci en tout cas... En espérant toujours vous plaire ;) Et je fais toujours les RaR à la fin pour cette fic :3

XxX … When I'm so different… XxX

Kurogané s'installa plus confortablement contre le dossier de son lit. Seul son fier statut de ninja l'empêcha de soupirer de bien-être, tout en ressentant la douce chaleur qu'offrait la chambre d'hôtel après avoir passé de longues heures sous la pluie. A cette pensée, le ninja tourna la tête vers la fenêtre, pour voir où en restait le temps.

Toujours un déluge, et une nuit noire était tombée. Tout ce que Kurogané espérait, c'était que les gamins et la peluche aient réussi à se trouver un bon abri pour la nuit, comme lui et le magicien.

Parlant du blondinet…

Le ninja tendit l'oreille vers la salle de bain où celui-ci était censé prendre une douche. Il lui avait semblé entendre une voix s'élever à travers les bruits doux. Et en effet, en faisant attention, Kurogané entendit une mélodie percer, à travers la porte séparant les deux pièces et jusqu'au silence de la chambre.

Fye chantait sous la douche.

Kurogané haussa légèrement les épaules, mais écouta tout de même.

Le blond avait une voix ni aigue ni particulièrement grave, mais une douce chaleur émanait pourtant de son chant clair ; pas de cri, juste quelques notes chantées très doucement, presque fredonnées, témoignant de l'inconscience avec laquelle le magicien se laissait aller à sa mélodie.

Tout en fermant les yeux, le ninja trouva ce chant peu éloigné agréable sans se l'admettre directement. Puis il se rendit compte que la mélodie était une chanson, et il entendit la langue étrangère de Fye s'élever avec ses notes, donnant un aspect mystérieux à la chanson qu'il ne comprenait dès lors plus que par les émotions qu'elle communiquait.

Cette réalisation refit vaguement descendre le ninja sur terre, lui rappelant les problèmes de communication que les deux compagnons avaient à nouveau rencontré à leur arrivée dans le nouveau monde.

Oui… Mokona devait se trouver assez loin... Et encore une fois, la langue du pays dans lequel ils étaient tombés était plus proche de celle de Kurogané que de Fye, aussi avaient ils… Ou plutôt Kurogané avait il plus ou moins réussi à leur trouver une chambre pour dormir… Une seule, car il ne leur restait pas assez d'argent pour se permettre de faire « chambre à part ». Le ninja n'avait pas réussi à demander son avis au magicien, mais celui-ci ne s'en était pas formalisé le moins du monde. Et puis, après tout, les deux commençaient tout de même à s'habituer sans d'encombres à partager une chambre. Sans le moindre encombre même.

Kurogané soupira doucement aux nouveaux mots chantés du magicien lui parvenant à l'oreille. Il n'avait jamais fait très attention, les quelques fois où ils rencontraient un problème de communication de ce genre, mais la langue que parlait Fye lui correspondait tout à fait : claire, chantante, rapide et dynamique, mais en même temps douce et mystérieuse, par les nombreux sons qui restaient dans la gorge pour à peine en sortir par un souffle.

Mais le ninja ne comprenait pas un traître mot. Même pas une transparence, une expression qui se ferait plus compréhensible… Rien. C'était comme si cette langue était diamétralement opposée à la sienne… Tout comme lui et le magicien semblaient d'ailleurs l'être.

Le brun et le blond.

Une langue qui insiste sur la dureté des consonnes, une autre qui préfère s'évader au son des voyelles.

La colère et le sourire.

Des mots ; un chant.

La franchise et le mensonge.

La force qui en ressort – la douceur qui s'en excuse.

Tant de contrastes entre eux. De différences. Néanmoins, Kurogané appréciait ce qu'il entendait à ce moment précis. Comme il appréciait le magicien. Les contrastes s'attirent ils ? Le brun ne s'était jamais posé la question, et ne s'en préoccupait à vrai dire absolument pas. Il savait simplement qu'il s'était attaché à Fye, et qu'il avait du mal à se l'admettre ; lui, le grand et fier ninja qui sait ce qu'il veut, se retrouvait à hésiter, se préoccuper, s'inquiéter, prendre conscience, et tout cela pour une personne dont la langue était aussi mystérieuse qu'elle.

Ce magicien lui avait mis des chaînes autour des poignets, sans les lier mais en les alourdissant. Et Kurogané, malgré tout, appréciait avancer ainsi.

Et comme accompagnant ou dirigeant ses pensées, la mélodie montait et descendait dans les airs, à chaque note imprégnée d'une question ou de tristesse sur des mots inconnus. Un air mélancolique, comme nettement percé de larmes silencieuses… Mais sans conteste extrêmement doux.

Quand Fye coupa l'eau de la douche, en même temps que sa chanson, Kurogané ne l'entendit pas ; l'atmosphère créée involontairement par le magicien l'avait plongé dans ses pensées alors qu'il contemplait sans la voir la pluie frapper sur les carreaux de la fenêtre.

Aussi lorsque quelques minutes après, Fye sortit de la salle de bain en terminant de sécher comme il pouvait ses cheveux blonds, le ninja ne le remarqua pas.

- Kuro ?

L'interpellé sursauta vivement, pour vite se retourner vers le blond, sourcils froncés et vexé d'avoir été surpris en pleine rêverie. Il lui adressa un regard interrogateur, auquel le magicien ne répondit que par un sourire gêné après avoir inutilement ouvert la bouche, se rappelant que la communication entre eux était impossible dans l'immédiat.

Comprenant le problème, Kurogané se contenta de hausser les épaules dans un soupir, avant de ramener son attention à la fenêtre, de l'autre côté.

Il fut néanmoins ramené une nouvelle fois à terre, lorsqu'il entendit la voix claire de Fye reprendre :

- Tu veux… Aussi prendre une… Douche ?

Cette courte et hésitante phrase eut pour effet de laisser un ninja pantois, et bouche ouverte face au magicien, qui lui-même arborait encore un sourire gêné.

- Qu'est ce que tu as dit ? s'écria le brun. Tu me comprends à nouveau ? Mokona n'est pas loin ?

Mais sa surprise ne retomba pas avec cette explication, car Fye secoua la tête en signe d'incompréhension désolée.

- Parle moins… reprit-il, mais sans parvenir à finir sa phrase.
- Vite ? fit le ninja.

Le blond parut réfléchir un court instant sur le mot que lui avait donné son compagnon, puis cette fois ci hocha positivement la tête d'un air réjoui.

- Sea, dit il.
- Hein ?
- Uh… Oui.

Intrigué, Kurogané se redressa, pour rester assis tout en faisant face au magicien.

- Tu as appris le japonais ? demanda-t-il en prenant soin de détacher chaque syllabe.

Toujours debout face à lui comme un élève que son professeur interroge, Fye laissa son regard azur aller vers le plafond pendant qu'il paraissait réfléchir à sa réponse. Et finalement…

- Je t'ai souvent… Entendu parler. Plus que toi.

Le ninja acquiesça en silence, comprenant ce que voulait dire son compagnon. Depuis le début de leur voyage, et lorsqu'ils se retrouvaient séparés de leur peluche traductrice, ils étaient toujours tombés dans des mondes dont la langue était proche de celle de Kurogané. Mais jamais de celle de Fye. Comme par exemple lorsqu'ils avaient tous deux combattu pendant trois mois aux côtés du seigneur Yasha. Fye devait tenir la majeure partie de son apprentissage de cette période-ci.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres du brun.

- Alors tu as appris tout seul… dit il. C'est pas mal, ça nous permettra de nous comprendre un minimum.

En réalité, que le magicien soit capable de le comprendre un minimum et de lui répondre plus ou moins le réjouissait tout particulièrement. La barrière de leurs différences se mettant entre eux deux pendant ces moments le rendait nerveux et maussade, bien qu'il aurait tout nié, en disant que c'était au moins des vacances sur le bavardage incessant du blond.

- Tu me comprends ? demanda-t-il par vérification.
- Un peu… répondit Fye en lui offrant un sourire éclatant comme lui seul savait les faire.
- Héhé… Vas y, fais moi une phrase encore ?

Le jeune magicien fronça les sourcils d'un air contrarié, signe qu'il avait compris, mais réfléchit tout de même. Mais devant le sourire moqueur du ninja qui l'observait attentivement, il lui jeta la serviette de bain qu'il tenait encore à la figure, d'un geste vengeur que le brun anticipa sans cesser de sourire.

- Ce n'est pas juste, dit finalement Fye. Si… Moi je parle ma… langue, tu comprends rien.
- « tu ne comprendras rien » serait plus correct, corrigea Kurogané sans se départir de son léger sourire amusé, ce à quoi le blond répondit par une grimace. Mais tu as raison, moi aussi je dois apprendre ta langue.

Alors qu'il allait s'installer sur son propre lit pour bouder, Fye tourna des yeux étonnés – et toujours magnifiques au goût d'un ninja qui se frappait mentalement – vers son compagnon.

- Tu veux… Apprendre ? demanda-t-il.
- Mais pour ça, tu dois me laisser entendre ta langue.

Un nouveau sourire, dans le même genre que celui de Kurogané, s'installa sur les lèvres du blond.

- « Tu ne comprendras rien », s'amusa-t-il à citer en riant, s'attirant un regard noir de la part du ninja.

Puis, évitant un oreiller volant – étaient ils d'humeur jouette -, il vint s'asseoir sur le lit en face du brun qui le regarda faire en silence.

- Qu'est ce que tu vas m'apprendre ? demanda ce dernier en reprenant son léger sourire.
- ... Mh… Quelques… Mots ?
- Je t'écoute.

Fye fit une petite moue dubitative pendant qu'il réfléchissait en promenant son regard sur la pièce. Puis il montra du doigt la cape du ninja que celui-ci avait laissé sur le lit, et dit doucement :

- Dubh.

Kurogané leva un sourcil interrogateur.

- Cape ? tenta-t-il.

Mais le magicien secoua sa tête blonde, avant de pointer du doigt les vêtements du ninja en répétant le même mot. Ce dernier se demanda quels pouvaient être les points communs entre sa cape et le reste de ses vêtements, puis il comprit soudain.

- Noir ! s'écria-t-il.

Et cette fois Fye hocha la tête positivement. Il pointa ensuite son doigt sur son propre manteau, pour prononcer lentement :

- Geal.
- Blanc ?
- Sea.
- Et « sea », c'est oui ?

Kurogané sentit son sourire s'agrandir un peu malgré lui au rire amusé du blond. Visiblement, cette séance d'apprentissage le ravissait.

- Tu dois répéter, ajouta le blond, sinon…
- Sinon quoi ? grogna le ninja. Toi tu n'arrives pas à finir tes phrases.

Un sourire de défi trouva sa place sur le visage du blond à la provocation de son compagnon.

- D'accord, fit il. Cantalach fear, ajouta-t-il en pointant directement le ninja.
- Cantalach fear, répéta un brun suspicieux. Et ça veut dire quoi ?
- Juste « homme grognon », répondit joyeusement son ami.
- Tiens donc. Et comment dis tu « idiot » ?
- « amadán », fit le magicien avec une grimace.
- Amadán… Très pratique. Je m'en souviendrai.

Comme le blond avait croisé les bras sur ses genoux repliés, d'une moue boudeuse, Kurogané se rapprocha de lui avec ce même sourire qui s'était réveillé aux premiers mots de son compagnon.

Pas vraiment collé à lui, mais assez proche pour sentir sa douce et étrange senteur mêlée à sa chaleur, le brun se rendit alors à l'évidence. Le lien de la communication avec le magicien lui avait manqué, et en être privé, de manière à se retrouver dépendant de la présence de la peluche, avait creusé l'écart qui se trouvait malgré tout entre eux, et qui le faisait souffrir.

- Tu n'as pas une phrase entière à m'apprendre ? murmura-t-il presque à l'oreille de Fye.

Ce dernier cacha comme il put ses joues rougissantes en faisant mine de détourner son regard pour réfléchir. Mais Kurogané lui prit le menton entre sa main puissante, pour ramener le beau visage face à lui, sans trop bien réaliser ce qu'il faisait.

Alors Fye sourit, très légèrement, d'un sourire timide mais bien là avec son cœur, et dit doucement :

- Tha ghoal agam ort…

Puis, assez proche du visage du brun pour sentir le souffle chaud sur sa joue, il parut attendre que ce dernier répète la phrase.

- Mh… Tha ghoal agam ort, répéta effectivement Kurogané avec application.

Il lâcha le menton du magicien pour aller enlever une mèche blonde de son visage qui était devenu rayonnant, et demanda :

- Ce qui veut dire ?

Sans se départir de son sourire timide, Fye prit la main de son compagnon dans la sienne.

- Je t'aime, répondit il.

Entendant presque distinctement les battements du cœur de Fye, Kurogané sourit franchement.

- Tout aussi pratique, dit il.

Et de son autre main, il approcha du sien le visage du blond, en une caresse, pour aller murmurer dans son oreille :

- Tha ghoal agam ort.

Ce à quoi le magicien répondit par un léger tremblement, deux bras s'entourant autour du cou du ninja en une étreinte acceptée, et par quelques mots parfaitement prononcés…

- Je t'aime…

Et dans le baiser qu'ils partagèrent ensuite, Kurogané su que toutes les barrières, toutes les différences, qui se trouvaient entre eux, tombaient, pour ne jamais plus revenir.

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Two different views,
As words confuse and break
I can't get out,
There's no way out of here,
I can't get clear.

Love in, love out
Find the feeling.

Just the way I'm feeling – Feeder

Note (plutôt) importante : je n'ai pas inventé la langue de Fye, j'ai tout simplement utilisé la sublime langue (à mon sens) que se trouve être le Gaëlique. S'il y a parmi les lecteurs des initiés à la langue et que j'ai fait des erreurs, je m'en excuse (platement) ! Mais ayant utilisé le lexique d'un site, je pense que tout devrait être correct…

Seconde Note : je ne sais pas du tout si le Gaëlique est proche de la langue de notre FyeFye, mais elle me semblait lui aller si bien… Bien entendu, ne perdons pas de vue que tout ce joli babillage que je lui ai attribué reste mon interprétation perso :)

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XxX RaR XxX

Seddy : Merci Ils sont beaux les chéris nationaux hun :) Mon Kuro-toutou et mon Fyefyyye X3

EyPi : héhé t'es une revieweuse d'enfer toi :p Oui, le temps en France ne vaut rien l'hiver, surtout au sud… Pas de neige, juste du vent à la con :( Bouhh.
Uhu le retour au chalet j'y ai pensé, mais y a les gosses XD Pas grave, pas grave, une prochaine fois :3
Toujours merci pour ta review (j'adore les lire comme une fic à chaque fois :D), ça me rassure que cet OS plaise Mdr bon plan pour attraper le Kuro-pipi Faudra essayer quand même :D

Et n'oublies pas : MOKONA AUSSI VEUT BOIRE !! XD /réplique culte/

Yatsuko la Fleur des Enfers : T'as vu un peu comme il cache bien son jeu le Kuro-sama :) Merci pour ta review, la suite va viendre encore!

DarkZizanis : uhu tu serais pas du sud toi par hasard ? ça m'éclate comme tu écris, con ! Pour les CLAMP, je pense que tu seras pas la première à les menacer pour que la relation avance un peu :D En attendant, on peut toujours fantasmer, n'est ce pas :3 Uhu. Merci hun !

Raikov9 : Ta review aussi est choupi (l) Kurokuro va continuer de l'être avec son Fyefye de toute façon Mci miss :)

Roxanne Black : j'connais pas le numéro de l'asile, désolée, mais y a Thuir et son asile pas loin ! Mais y a pas de Kurochou et Fyeou là-bas, ça vaut pas le coup !
Atta, si Kurowan avait préféré son sabre, JAMAIS je ne lui aurais pardonné ! Je me serais même essayée à la deathfic ! XD
Mais mercii, je me sens plus satisfaite après vos reviews !! (l)

Maeve Fantasie : Chouette, encore un câlin :3 Aaah oui, un Noël comme dans les livres, avec de la bonne humeur, de la neige, des lumières, des côlins… J'avoue, je suis peut-être TRES influencée par ma nostalgie :p
En tout cas, j'attends que les Clamp se décident enfin à développer l'histoire d'amûr X3 Détails ou pas, je veux ! TT
Toujours très contente que tu aies aimé miss, et merci pour ta nouvelle review !

Lapin bleu sans patte : Haii, merci pour ta review En vérité, j'avais peur de ne pas avoir assez creusé les choses dans ce one shot, mais plus je lis vos reviews, plus je m'en sens finalement satisfaite (gentils Kurowan et FyeFye) !
Tu as bien raison de me rappeler l'utilisation de –sama :D Je pense que je me laisse trop influencer parfois par les fanfics, plus que par le manga, et je dois tirer mon utilisation trop légère du –sama de là…
Maintenant ta remarque me pousse à aller chercher ça de plus près dans le manga X3 Il me semblait que notre Fyeou l'utilisait avec un côté railleur/gentil, se moquant légèrement du grand sérieux de notre beau brun ténébreux. Mais ça aussi il est possible que je le sorte de fanfics lues, d'où un besoin de vérification ;)

Bref, merci pour ta review toute entière ;)

Ps : Il est à noter que j'observe aussi mes stats pour savoir qui m'ajoute dans ses « favorites list », stories ou author, sans pour autant laisser de review ! Et comme ça fait autant plaisir qu'une review seule, hé bien merci à ces gens là aussi :)

(même si j'aime les reviews hun.)

(même si je les préfère.)

(j'dis ça, j'dis rien.)

(j'vous aime quand même.)

(ok je sors.)

(see U !)