BONSOIR ! Bon, voilà la suite...
Pour terminer ma journée-malheur-poisse-maudite, voilàààà. J'espère qu'il vous plaira.
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Chapitre 6
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Pâques arriva à grand pas, mais avec les vacances, vinrent d'autres soucis que les cours pour Rabastan. Assis sur son lit, il grimaça et remonta doucement sa manche gauche, pour laisser apparaitre la marque des Ténèbres récemment apposée. Il effleura alors le noir tatouage du bout des doigts, avec un regard qui se voulait neutre. Mais après tout, il était seul, alors il se laissa aller à ses émotions. Ses prunelles bleutées se teintèrent alors de déception. Ou peut-être était-ce du dégout, de l'aversion envers sa propre personne, ainsi marquée.
Le Serpentard n'était plus vraiment sûr de vouloir être Mangemort, mais il ne regrettait pas non plus son choix. Son frère, qui l'avait depuis maintenant longtemps, lui avait toujours fait de l'ombre, et il en avait assez de rester constamment au second plan. L'honneur était soi-disant toujours apporté par son aîné, ou du moins, jusqu'à ce qu'il ne redouble sa septième année. Dorénavant, on voyait enfin Rabastan pour ses qualités intellectuelles un peu plus développées que celles de son frère, malgré sa flemme légendaire, ombre dans le tableau. Et de nouveau, il anoblissait un peu plus le nom des Lestrange, par son entrée dans le cercle des Mangemorts. Mais par Merlin, quel honneur cela rapportait-il ? Le Serpentard se le demandait bien. En quoi se faire vulgairement marqué par un soi-disant maitre était-il un honneur ? C'était un abaissement, une courbette devant un homme qui, aussi puissant se présentait-il, n'avait même pas le sang aussi pur que sa famille !
Ses esprits s'affrontaient, tous plus paradoxaux les uns que les autres.
En entendant toquer, le jeune Lestrange reprit contenance et retrouva un air neutre en baissant sa manche. Un vague « oui, entrez » s'échappa alors d'entre ses lèvres, tandis que ses yeux fixaient la porte. Entra alors Rodolphus, qui referma la porte derrière lui. Il voulait savoir si son frère allait bien, sachant ce que faisait l'apposition de la marque. Il s'avança vers le plus jeune, posant sa main sur son épaule.
- J'espère que ça va mieux, déclara-t-il d'un ton quelque peu abrupt. Les missions ne vont pas tarder à arriver. Peut-être même en masse, pour que tu puisses prouver ce que tu vaux.
Comme seule réponse, Rabastan haussa les épaules avec un léger sourire en coin. Son aîné prit alors place à ses côtés, l'observant du coin de l'œil. Se préparer à partir des nuits entières pour le Seigneur devait déjà être envisagé, et Rodolphus serait sûrement désigné pour le guider, si ce n'était leur père. Leur père, un des tout premier Mangemort désigné, pseudo ami de Lord Voldemort durant sa scolarité, et parmi les plus fidèles d'entre eux. Pour les deux frères, le décevoir revenait à mourir, ou pire, être déshérité.
- Tu en as eu une, pour ces vacances ? demanda alors le plus jeune.
- Oui. Il se demandait si tu allais m'accompagner, justement, répondit-il en le regardant franchement de son regard perçant. Tu ne dois pas nous décevoir.
- Je ne vaux pas moins que toi. Il ne se doute pas ? demanda alors Rabastan, en gardant son sourire en coin, et sans dissimuler toute l'ironie qui teintait sa voix. Et puis, « nous décevoir » ? Je me fous de ton avis, Rod.
- Tu sais très bien que tu n'as pas encore fait tes preuves, Rabastan. Tu n'as pas intérêt à refuser la première mission que tu recevras.
C'est volontairement que Rodolphus ignora la seconde pique de son frère. Ce n'était vraiment pas le moment de plaisanter, vu la gravité de la situation. L'initiation ne devait pas être une partie de rigolade !
- Je ne comptais pas refuser, répliqua-t-il en levant les yeux vers le plafond.
- On ne sait jamais avec toi, hein, le taquina-t-il en le poussant de son épaule.
Rabastan sourit légèrement. Il demeurait vraiment conscient que sa fâcheuse tendance à n'en faire qu'à sa tête lui avait déjà valu de nombreuses punitions de la part de son père, mais là, ce n'était plus à la même échelle. Et il le savait.
- Ne t'inquiètes pas, je me plierai aux ordres.
- Bien. J'espère que tu le satisferas, répondit-il tout en détournant la tête.
- Oui, moi aussi, continua Rabastan en haussant les épaules, sans détourner le regarde de son frère.
- Ça ira, ce n'est pas si horrible, dit-il en l'imitant.
- Hum.
Il voulait stopper le sujet à ce niveau, et immédiatement. Son aîné semblait s'inquiétait pour lui, tout en paraissant franchement affranchi, désintéressé. Et leur relation ambigüe n'arrangeait rien des pensées de Rabastan. Se préoccupait-il de lui, ou prononçait-il ce discours par obligation fraternelle ?
- Bon et sinon… continua le plus âgé, c'est quand que tu emmènes une fille au dortoir ? Ça fait longtemps.
Il repensait à la fois où Antonin et lui avaient importuné Alice Hellington, après leur entrainement de Quidditch. Assez innocente, la question se voulait compatissante, malgré tout, pour savoir si son frère avait trouvé une autre fille à se mettre sous la dent.
Mais Rabastan ne le comprit pas vraiment de cette façon, ayant saisis l'allusion.
- Pourquoi ? répliqua-t-il alors avec un sourire moqueur. Ça te manque de ne pas récupérer mes restes ?
- Comme si j'avais besoin de toi pour avoir des filles dans mon lit, répondit-il en le poussant sur son lit.
- Pour les plus moches, non ! ricana-t-il en tombant sur son lit, tout en envoyant un coussin dans la figure de Rodolphus.
- C'est moi qui me tape les plus belles, répliqua-t-il en lui relançant son coussin.
Rabastan se releva alors, en éclatant de rire. Il fixa son frère, en allant vers la porte.
- Profite, en te rappelant laquelle père te réserve. Elle n'est pas mal, mais je suis pressé de te voir soumis ! Bellatrix fera en sorte que tu te plies à ses quatre volontés.
- Je ne serai jamais soumis ! répondit-il en fronçant les sourcils, le suivant.
Il sortit, en haussant les épaules, et en soupirant. Son frère ne se rendait donc pas compte qu'avec cette marque sur leur bras...
- Tu l'es déjà, Rodolphus. Tu l'es déjà, ajouta-t-il en rentrant dans la salle de bain.
Il lui jeta un bref regard en songeant qu'en réalité, tous les Mangemort l'étaient, et sans laisser à son ainé le temps de répondre, ferma la porte de la pièce et la verrouilla.
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Enfin, Rabastan trouvait un compartiment libre. Il y rentra et s'installa de manière assez désinvolte sur les banquettes, balançant son sac à côté de lui et mettant ses pieds sur celle d'en face. Puis après un certains temps de voyage, le Serpentard aperçut une longue chevelure blonde passer devant son compartiment. Il s'empressa alors de se lever, et ouvrit vite la porte, en penchant la tête dans le couloir pour confirmer ses doutes.
- Blondinette ! Interpella-t-il.
Alice devait se dégourdir les jambes et avait laissé ses amies seules dans leur compartiment pour faire un aller-retour. Elle ne regardait pas vraiment où ses destination ni qui les gens qui la croisait mais s'arrêta en entendant son nom et se tourna vivement pour reconnaitre Rabastan plus loin. Celui-ci rentra alors de nouveau sa tête dans le compartiment, baissa le petit rideau, et retourna s'assoir en l'attendant.
Elle se mordit la lèvre et poussa un petit soupir en le rejoignant dans le compartiment pour s'installer face à lui, faisant bien attention à ne pas se faire voir. La Gryffondor crut alors apercevoir un fin sourire naitre sur les lèvres du Serpentard, avant de disparaitre. Mais elle ne fit aucune remarque, et se contenta de l'observer, constatant une légère entaille dans son cou, ainsi qu'un hématome à son poignet gauche.
- Comment vas-tu ? s'enquit-elle, un peu inquiète de le voir blessé.
Elle ne l'avait jamais vu dans cet état et fronça un peu les sourcils en croisant les bras. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas côtoyés avec la coupure des vacances et ses blessures, bien que légères, restaient suspectes.
- Très bien, quoique... Les vacances me manquent déjà.
Son ton était neutre et son regard pensif, ce qui intrigua davantage la Gryffondor. Lorsqu'elle avança sa main vers son poignet, Rabastan eut un mouvement de recul qui se voulait anodin. En effet, il se rattrapa en faisant mine qu'il souhaitait juste se lever pour la ramener contre lui.
- Et toi ? demanda-t-il alors en passant sa main le long de son dos, sur sa cape.
- Je vais bien…
À son geste, Alice prit un ton prudent, et se recula doucement pour ne pas être si près de lui. Il lui avait peut-être manqué mais elle n'aimait toujours pas davantage les contacts qu'il voulait. Mais le Serpentard semblait vouloir de nouveau insister pour tenter sa chance, et il la retint en l'asseyant sur ses genoux. Sa main monta alors vers son cou, et il caressa subtilement sa joue du pouce. Elle prit doucement ses avant-bras dans ses mains, le regardant en essayant de lui faire comprendre qu'elle n'en avait pas envie. Il était trop pressé pour la Lionne. De plus en plus, d'ailleurs.
Le Serpentard grimaça alors, et retira vivement ses bras, par reflexe. Sa marque était encore un peu douloureuse, mais il se maudit de son geste. Alice le regarda en fronçant les sourcils, ne comprenant pas sa réaction. Elle reprit doucement ses avants bras pour voir où il avait mal mais il se retira à nouveau. Le regard du Serpentard lui fit alors comprendre qu'il n'était pas d'humeur à recevoir des questions, et il soupira longuement.
Elle baissa ses yeux et posa simplement sa tête sur son épaule, ne comprenant pas ses gestes ni pourquoi il ne voulait pas lui répondre. Puis elle sentit un des bras du jeune homme se glisser autour de ses épaules.
- Comment étaient tes vacances...? demanda-t-elle doucement en fermant les yeux, appréciant de rester comme ça, sans un contact de plus.
- Bien, et les tiennes ?
Elle hocha doucement la tête pour seule réponse, restant immobile contre lui, attendant qu'il s'explique. Mais ce moment ne vient pas, et sans même bouger une seule fois, Rabastan resta silencieux un long moment, pour presque toute la durée du trajet. Il somnolait, tête appuyé contre le dossier de la banquette, en profitant parfois de la vue qu'il avait du paysage, ou du décolleté d'Alice.
La blonde resta contre lui, bougeant juste son pouce pour caresser son poignet de temps en temps, oubliant ses amies qui l'attendaient sûrement encore. Lorsque le train ralentit, elle ne réagit même pas immédiatement, et sentit le Serpentard la lever de ses genoux, pour se redresser à son tour.
La jeune femme prit doucement ses mains dans les siennes, le regardant en pinçant les lèvres. Elle aurait voulu qu'il lui raconte mais se résigna. Voir les sentiments de Rabastan ainsi camouflés était devenu une habitude bien concrète.
- On se voit plus tard, annonça-t-il avant d'embrasser sa joue et de se détacher pour s'éloigner dans le couloir du train, à la recherche d'Antonin.
Alice le laissa alors partir et se rendit compte qu'elle devait vite rejoindre ses amies si elle ne voulait pas que ses affaires restent dans le train. Même si Lily Evans était susceptible de lui prendre en attendant.
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Chapitre qui peut vous paraître insipide ou inutile, mais très important quand même, haha. :p Enfin, très... Important au moins.
Pour toute reviews laissées, une réponse gratuite !
Bisous, suite en fin de semaine.
Djouh.
