BONSOOOOIR !

Me revoilà, avec le dernier chapitre avant l'épilogue :). J'espère qu'il vous plaira.

Je ne tarde pas trop sur la présentation, vous vous doutez déjà que quoi il s'agit... Sinon, vous le découvrirez très vite, haha !

Bonne lecture !


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Chapitre 15

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Frank était seul dans le salon, à regarder cette chose carrée moldue, qui renvoyait des images. Il avait toujours adoré les technologies moldues, même si la seule qu'il utilisait rester la télévision. Et il pouvait remercier sa femme pour cela. D'ailleurs, cette dernière devait avoir fini de coucher Neville, puis s'être changée pour venir se blottir dans le canapé contre lui, afin de suivre le programme de la soirée.

En observant discrètement par la fenêtre après son frère aîné, Rabastan le vit assis sur le canapé, une tasse visiblement chaude en main. Une deuxième était posée sur la table basse devant lui, mais aucune trace d'Alice ne se présentait à l'horizon. Le Mangemort rentra doucement par la deuxième porte à l'arrière, après son frère, en serrant fermement sa baguette dans sa main. Si fort que ses jointures blanchissaient. Ils arrivèrent alors dans la cuisine, une petite pièce colorée, à l'esprit joyeux, et dont la fonctionnalité semblait très étendue. Bellatrix et Barty, eux, avaient choisis de passer par l'entrée principale.

Alors qu'il vérifiait les pièces du rez-de-chaussée avec Rodolphus, des bruits de lutte leur vint aux oreilles depuis le salon. Quand Frank avait vu les deux Mangemorts entrer dans le salon, il s'était précipité sur sa baguette pour se défendre, en vain. L'avantage de la surprise ne lui laissait que peu de chance, et la bataille n'aurait pas été la même dans le cas contraire. Croupton l'handicapa rapidement d'un Impedimenta, tandis que Black le ligotait immédiatement après. Il ne remarqua qu'ensuite la présence de Rodolphus Lestrange derrière lui, qui lui asséna un violent coup de pied dans les côtes.

- Alors, Londubat ? demanda ce dernier avec un sourire carnassier Comment ça va, toi et ta petite famille ? Jolie maisonnette, dis-moi. Quelle joie de vivre suintant de ses murs ! C'est presque mignon.

L'Auror, légèrement gémissant et totalement muet, vit alors Rabastan rentrer, avec du retard et les traits nerveux. Sa main demeurait plus que crispée sur sa baguette de chêne rouge, et son regard anxieux parcourant tout autour de lui, ne laissant aucun répit à ses orbes bleutées. Puis en oubliant ces détails, se foutant carrément de l'état psychique de son ennemi, Frank espérait qu'Alice ait la bonne idée de s'enfuir avec Neville. Il ne voulait pas qu'elle reste ici, c'était trop dangereux, voire suicidaire. Non sans anticiper la pluie de maléfice prévue rien que pour lui, le Gryffondor les fixait tous d'un regard noir. Les Doloris qu'il avait reçus du plus jeune des Lestrange lui revinrent en tête, et il savait que son droit à en avoir un souvenir plus que parlant venait d'être commandé.

- Tiens, une vieille connaissance... murmura justement ce dernier en s'avançant dans la pièce.

Bellatrix sortit son poignard, et jouait avec d'une main en observant autour d'elle. Son esprit fustigeait de toute part les lieux, qui lui donnaient envie de s'enfuit en courant. Rodolphus, lui, sourit en coin aux paroles de son frère, et pointa sa baguette vers Frank tout en parlant d'une voix moqueuse.

- Oh, je pensais que tu connaissais plus sa femme. A moins que mes suppositions ne soient fausses ?

Rabastan lui pinça le bras avec un œil noir, puis jeta un regard en biais aux deux autres, qui ne semblaient pas avoir saisi la nuance, trop occupés à regarder les lieux ou l'Auror avec haine. Et ce dernier ne comprenait pas non plus pourquoi Rabastan devrait connaitre Alice… Elle ne lui avait rien dit, ni parlé du Mangemort ou d'un quelconque rapport amical avec sa personne. Puis ayant une plus grande priorité, il jeta un regard autour de lui, notamment vers le plafond pour déceler un bruit qui lui permettrait de savoir si sa femme et son fils étaient en sécurité.

- Moi aussi, j'ai toujours aimé les blondes, déclara alors l'aîné, avant de devoir éviter un objet lancé par sa femme qui cette fois, avait bien entendu. Ça doit être de famille, vu que c'est le cas de notre père aussi.

- D'ailleurs Londubat, ils ne sont pas là, tes chers et tendres ? demanda ensuite sournoisement Bellatrix.

Mais Frank s'obstina à ne rien dire, les fixant juste d'un regard noir. Si ses yeux lançaient des rayons verts, tous seraient déjà six pieds sous terre. Il ne voulait pas qu'Alice descende si elle entendait qu'on lui faisait du mal. Ce qui serait, pour elle, une réaction automatique.

Rabastan non plus ne prononçait pas un seul mot. Répondre aux provocations de son frère revenait à l'encourager, et il semblait déjà prendre assez de plaisir à le tourmenter. Sans oublier que le cadet ne voulait pas envenimer la situation. Ce n'était pas que des sentiments de compassion naissaient pour Frank Londubat, mais plutôt que l'absence d'Alice restait incertaine. Les crocs empoisonnés de Rodolphus et de ses compères étaient déjà plantés dans le décor, alors autant de pas appuyé dessus pour diffuser le venin.

- Croupton, va vérifier en haut, ordonna la noble brune d'un ton autoritaire.

Le Mangemort novice s'exécuta alors immédiatement, la crainte et l'admiration pour le clan Lestrange pouvant se lire sur son visage. Il se dirigea donc vers les escaliers, et monta, baguette dressée devant lui. Rabastan n'avait qu'une envie : le retenir avec un bon Avada Kedavra en pleine tête. Mais malheureusement, cela se révélait impossible, et il devait se contenter de l'œil fielleux de l'ex-Gryffondor au sol sur lui. Ce dernier savait que le Mangemort allait prendre plaisir à le torturer à nouveau et ça le mettait dans un gigantesque état de colère, qui ne parvenait malgré tout pas à surmonter la peur de voir l'autre monter.

- Beau-frère, à toi l'honneur, continua Bellatrix avec un sourire, en lui tendant le poignard, manche de son côté à elle.

Le cadet des Lestrange le saisit, puis tourna alors la tête vers son frère, en ayant une grande envie d'utiliser l'arme contre lui. Jamais autant de haine n'avait émanée de Rabastan à l'encontre de son aîné. Mais comment pouvait-il faire cela, sans se mettre à dos le reste des Mangemorts présent ? Sans oublier que même si sa rancune prenait actuellement une grande place dans son esprit, il regretterait son geste juste après. Malgré tout, il aimait Rodolphus, qui restait son frère.

Frank savait son heure venue. Aucun d'entre eux n'aurait pas de pitié. Ce mot ? Presque inconnu dans le cercle très fermé de Voldemort. Pour un Auror ? Encore pire.

- Nous voulons des renseignements. Où est le Seigneur des Ténèbres ? demanda sèchement Rodolphus, tandis que son petit frère rangeait avec désinvolture le poignard à sa ceinture, avec un air de défi face à Bellatrix. Que sais-tu de la reprise des activités du Ministère ? Qui est le prochain ministre potentiel ?

En voyant le plus jeune des Lestrange ranger son poignard, Frank fronça les sourcils et lui jeta un regard intrigué. Il ne comprenait pas pourquoi il ne lui faisait rien, surtout en voyant son silence face à sa folle de belle-sœur. Leur entente n'avait pas l'air des plus cordiales. De plus, le Gryffondor tendait toujours l'oreille pour savoir si Croupton trouvait quelqu'un ou non.

- Tu vas répondre, oui ? s'énerva Rodolphus, qui jeta un regard à son frère pour savoir ce qu'il attendait.

Ou pour lui sous-entendre l'ordre de lancer un sort de torture, plutôt. Rabastan le visa alors, en essayant de garder un regard neutre. Blesser ou mutiler l'Auror, ne plus penser à Alice... C'était tout ce qui importait pour le moment. Et en cas de nécessité, l'improvisation s'imposerait d'elle-même, quitte à s'enfuir avec la jeune femme. Parce que oui, elle était présente. Les regards insistants de Londubat vers le plafond le confirmaient.

- Endoloris.

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Alice était dans la chambre de Neville, à le bercer pour tenter de l'endormir. Elle avait les yeux rivés sur lui et sa petite bouille qu'elle aimait déjà tellement. Une heure qu'elle était occupée avec lui, sans que ce petit ange n'accepte de dormir. Étrange, lui qui d'habitude était si calme. Mais qu'importe, vu le plaisir qu'elle prenait à le cajoler. Ce petit moment n'appartenait qu'à eux seuls. Puis enfin, il s'endormit, sur la poitrine de sa mère qui commençait à en faire de même.

En entendant des bruits impromptus en bas et le cri brutal de Frank, la jeune blonde cessa de somnoler et se précipita dans leur chambre conjugale pour y cacher son fils. Ils avaient convenus tous les deux de l'endroit le plus sûr où cacher Neville s'ils étaient attaqués, et elle s'y tint. Endormi, le petit ne devrait pas faire de bruit… Du moins, fallait-il espérer. En se redressant, elle entendit les escaliers grincer et se maudit d'avoir laissé sa baguette en bas, près de sa tasse sur la table basse du salon. N'avait-elle donc rien appris à sa formation d'Auror ?! Malheureusement, depuis la chute de Voldemort, la prudence de la famille s'amoindrissait. Sans attendre, elle courut se cacher sous leur lit, se rendant bien compte que c'était une piètre option… Mais le combat restait inenvisageable et peu loyal, en sa défaveur.

Des bruits de portes défoncées à l'étage lui vinrent ensuite jusqu'aux oreilles, mais rien ne suffisait à camoufler les effroyables hurlements de son mari, qui provenaient du salon. Elle priait Merlin pour que Neville ne se réveille pas, lorsque la porte de sa chambre claqua contre le mur. Seules deux jambes apparurent alors dans le champ de vision de l'ex-Gryffondor, et elle ne put reconnaitre la personne. L'homme portait des rangers rigides, un pantalon de cuir noir, ainsi qu'une longue cape de velours de la même couleur, ouvragée et richement brodée… Reconnaissable entre mille : une cape de Mangemort.

Croupton Junior s'avança dans la chambre, persuadé d'avoir entendu du bruit dans celle-ci. Il en fit le tour, sans montrer un quelconque intérêt pour le dessous du lit, jusqu'à voir un bout de chausson en dépasser. Comme si de rien n'était, le Mangemort continua de fouiller autour, décidant de passer à l'armoire. Après l'avoir ouverte, il fureta dedans sommairement, en se mettant sur la pointe des pieds, ou en se baissant, révélant ainsi son identité à Alice. Malgré qu'il reste dos ou de profil à elle, cette dernière aurait reconnu les cheveux en épis couleur paille et le nez aquilin de l'ancien Serdaigle, même de loin.

En bas, Frank Londubat stoppa ses cris. La jeune femme tremblait sous le lit et espérait qu'il ne trouverait pas Neville dans l'armoire. Mais normalement, sa cachette tenait la route. Elle s'en voudrait tellement d'être restée là sans rien faire, s'il lui arrivait quelque chose. Son silence perdura, fixant l'homme qui était dans la chambre. Celui-ci tourna enfin les talons vers la porte. Visiblement, il allait sortir, d'un pas lent. L'Auror pouvait également voir l'extrémité de sa baguette pendouillant nonchalamment vers le sol, ce qui accentuait son soulagement.

Mais Croupton laissait à sa victime l'illusion qu'elle était sauvée, ce qui n'était pas le cas. Il aimait torturer ses victimes, aussi bien mentalement que physiquement, en jouant avec leurs humeurs, leurs peurs et leurs sentiments. En faisant tourner son arme entre ses doigts, il franchit doucement le seuil de la porte et alla dans le couloir.

Alice poussa un léger soupir, discret pour quelqu'un d'inattentif, et se mordit violemment la lèvre inférieure. Elle se refusait de sortir si rapidement de sa tanière et attendait qu'il redescende pour tenter de s'enfuir avec Neville. Mais jamais les bruits de pas sur les marches ne lui revinrent. En tout cas, Croupton ne semblait pas vouloir le faire. Il se tourna, et en fixant le dessous du lit, redressa sa baguette, puis marmonna un puissant sort pour faire sortir Alice de force.

Cette dernière poussa alors un grand cri, autant de surprise que de peur. Elle savait qu'elle aurait dû avoir sa baguette sur elle, mais elle ne pouvait que se lamenter maintenant. La jeune femme se démena comme elle pouvait, donnant des coups de pieds inutiles et s'agrippant à un pied du lit. Sa voix s'étouffait dans sa gorge, de peur de réveiller Neville.

En la voyant tenter de se débattre ou de s'accrocher à ce qu'elle pouvait, Barty sourit narquoisement, et arrêta son sort. À la place, il lui infligea une brulure à la main.

- ALICE ! hurla Frank d'en bas, maintenant plus effaré que torturé.

La Gryffondor cria de douleur, lâcha tout, puis se leva prestement pour courir vers la fenêtre. Elle ne savait pas si sauter était possible, mais le cri de Frank, torturé en bas, la faisait souffrir autant que lui, sans lui laisser de multiples choix : elle devait essayer de l'aider ou s'enfuir puis revenir chercher Neville. Car inévitablement, en prenant part pour la première option, elle risquait d'y laisser la vie. Bien que l'idée ne lui provoque aucune émotion particulière sur le coup, abandonner Neville à son triste sort ou le priver de ses deux parents lui transmettait gentiment la nausée.

Les bras solides du Mangemorts s'enroulèrent alors autour de sa taille, afin de l'empoigner et de la serrer contre lui puissamment. Bartemius l'entraina hors de la chambre, pour descendre avec elle.

Dans le salon, Frank continuait de crier et de se débattre de ses liens, malgré que Rabastan ait baissé sa baguette. Ce dernier était d'ailleurs tremblant de la tête au pied, et semblait de plus en plus incapable de continuer. C'était Bellatrix qui s'apprêtait à prendre le relai, mais elle ne commença pas en voyant son collègue revenir enfin de l'étage. A la place, la brune sautilla d'excitation et de joie sur place.

- LÂCHEZ-LA ! LAISSEZ LA PARTIR ET JE PARLERAI ! s'écria Frank d'un air affligé en les apercevant également.

- Non ! répliqua-t-elle en fixant son mari, même sans savoir quelles informations les Mangemorts convoitaient. Non tu ne diras rien !

Elle n'avait aucune envie qu'ils s'en tirent avec des renseignements alors que de toute façon, ils étaient perdus. Elle se figea en voyant Rabastan parmi les Mangemorts présents dans son salon et en resta ébahie. Celui-ci était plus pâle qu'un cadavre, et semblait sur le point de s'évanouir. Leurs regards se croisèrent, et aucun des deux ne prononça quelque chose.

- C'est mignon à en vomir, répliqua Rodolphus, satisfait de la petite scène qui se déroulaient sous ses yeux.

Le triangle amoureux réunis, dont deux membres sur le point de mourir dans d'atroces douleurs. Quel plan parfait ! L'aîné des Lestrange était bien content de gagner sa revanche sur la cachotterie indigne de son frère. D'ailleurs sa dernière réplique se moquait davantage de leur échange de regard, que la vaine tentative de Frank pour protéger sa femme.

La blonde détourna vite le regard pour supplier son mari du regard de ne rien dire. Elle savait très bien qu'ils ne pouvaient pas s'en sortir, à moins d'un miracle. Elle était furieuse contre Rabastan d'être venu ici pour assister et participer à cette scène. Mais peut-être, ce soir, sa présence était signe de providence… Qu'importe, sa rage ne redescendait pas.

À ce moment-là, elle vit le plus âgé des Lestrange s'approcher de son jeune frère pour lui dire quelque chose à l'oreille, qu'elle ne distingua pas.

- Tu peux t'occuper d'elle maintenant. Je suis sûr que tu en meurs d'envie.

- Il n'en est pas question, et tu le sais, grogna Rabastan sans bouger.

- Allez. Torture-la. Elle t'a laissé en plan, non ? murmura son frère en souriant en coin. Avoue, c'est ce qui te tourmente mentalement. Et enfin, tu peux prendre ta revanche physiquement. Torture-la ! Cette Traitresse à son sang le mérite.

Sans prévenir, le cadet envoya son poing dans la figure de son aîné, sans grande force vu son état, mais sous l'œil ébahi de Bellatrix et de Bartemius. La brune se redressa, les sourcils froncés dans un air suspicieux. Il était impossible de savoir si les paroles de Rodolphus était parvenues jusqu'à elle, mais son ton ne prévoyait rien de bon.

- Je pense qu'une discussion s'impose, beau-frère... susurra-t-elle.

- Il n'y a rien à dire. Je torture Londubat, trancha alors Rabastan en dirigeant sa baguette vers son ennemi. Pas Hellington.

Cette dernière retenait ses larmes en fixant son mari, ne voulant pas encore une fois le voir se faire torturer et surtout pas par Rabastan. Elle aurait voulu disparaitre à cet instant, les paroles du cadet Lestrange n'arrangeant rien quant à sa rancœur envers lui.

- Ne dit rien ! s'exclama-t-elle à l'attention de Franck en le regardant, tremblante.

- Endoloris !

L'éclair rouge lancé par son ancien amant frappa son mari de plein fouet. Un sourire naquit sur ses lèvres, et il regarda Frank hurler et se débattre de nouveau, malgré que ce dernier soit déjà assez faible.

Rodolphus, lui, se massa rapidement le nez en fulminant. Il leva alors sa baguette vers Alice, en se mettant derrière elle.

- Ils n'avaient pas un mioche ? demanda Bellatrix, une légère teinte de déception dans la voix.

Alice baissa la tête en entendant les cris de Frank et ferma les yeux pour leur cacher ses larmes. Elle se figea en entendant la Mangemort dire et serra les dents. Elle savait que Croupton ne l'avait pas trouvé et personne ne monterait vérifier à nouveau. Ils allaient se concentrer sur eux. Du moins, elle l'espérait.

Rabastan prenait plaisir à torturer son ancien rival, mais sa satisfaction baissa rapidement en voyant son frère qui poussait Alice sur Frank. Il s'arrêta lorsque celle-ci tomba, puis fut également touchée par un sortilège Doloris.

- MAIS VOUS ALLEZ PARLER ? S'énerva la seule femme Mangemort du lot, qui avait justement lancé un nouveau sort sur l'homme au sol, le plus puissamment possible.

Alice poussa un hurlement de douleur quand le sort la toucha et elle se mit à convulser sous la puissance du maléfice qu'elle reçut, Rodolphus ayant vraiment la haine contre sa personne. Elle cherchait à tâtons la main de son mari en laissant s'échapper ses larmes. Elle agrippa sa main mais elle ne ressentit pas de pression de la part de son mari. Ce dernier avait les yeux révulsés et ne bougeait plus, laissant le sort de Black et la douleur prendre possession de lui.

Rabastan, lui, détourna les yeux, ne supportant pas cette vision. Il aurait aimé s'enfuir en courant, et maudissait le courage des deux Gryffondor. Si ces derniers n'étaient pas aussi bornés et hardis, les tortures seraient déjà terminées. Le couple serait, dans le pire des cas, mort. Mais au moins, plus aucune souffrance ne leur serait infligée. Mais non ! Le cauchemar se poursuivait !

Alice n'arrivait pas à retenir ses cris et ses tremblements, même en se doutant du plaisir que cela procurait à ses bourreaux. Elle ne pouvait pas croire que Rabastan laissait faire ça, et frappait le sol de ses poings. La douleur intense la mitraillait de toute part, ce qui brouillait de plus en plus ses pensées. Etait-elle dans son salon en charmante compagnie, ou dans une fosse de serpents la mordant de toute part, répandant dans ses veines et ses muscles leur venin mortel et douloureux ?

Mais soudain, la souffrance se stoppa, ne laissant qu'un fourmillement parcourant le corps de la blonde. Bellatrix se précipita vers la fenêtre, les yeux plissés, tandis que Rodolphus la suivait du regard.

- Il y avait quelqu'un, annonça-t-elle avec sadisme. Croupton, avec moi, on va mettre la main sur ce curieux avant que sa langue ne se délie.

Rabastan la regarda à peine faire, en retenant ses larmes. Sa concentration allait sur Alice, et il ne s'était jamais senti aussi mal de toute sa vie. La jeune blonde, elle, haletait et tentait de maitriser ses tremblements tout en se tournant vers son mari. Ses pleurs redoublèrent d'intensité en voyant qu'il ne réagissait plus. Elle avait beau serrer sa main et le secouer, rien n'y faisait.

La porte de sortie claqua enfin derrière Black et le jeune Croupton. Profitant de leur absence, Rabastan ne réfléchit pas et s'élança vers Alice pour constater son état et la serrer dans ses bras. Mais la jeune femme cria en le sentant contre elle et fixait toujours son mari.

- FRANK ! hurlait-elle en pleurant et en le secouant, en vain.

Elle les détestait, tous autant qu'ils étaient. Ces Mangemorts qui ne pouvaient pas s'empêcher de propager le mal autour d'eux. Mais malgré elle, Rabastan la recula vivement de son mari sans qu'elle n'ait son mot à dire, en collant son dos à son torse.

- Alice... murmura-t-il d'une voix chevrotante.

Il se fichait pas mal de l'état de Londubat, qui semblait être devenu un légume par sa faute. Il savait aussi qu'Alice ne lui pardonnerait jamais, mais après tout, rien n'était possible entre eux, même avant cette nuit. En ignorant son frère ainé, le Mangemort la tourna délicatement vers lui. La jeune femme le frappa alors de toutes les forces qui lui restaient, pleurant son mari. Elle ne lui pardonnerait jamais, c'était sûr. Plutôt mourir.

Rodolphus fixait le drôle de couple qui se trouvait devant ses yeux et serrait si fort les poings que ses jointures blanchissaient. La vue de son frère avec cette sale traitresse d'Auror le rendait furieux, et il n'en avait pas fini avec eux. Oh non, loin de là.

- Je ne voulais pas venir... murmurait Rabastan en pleurant lui aussi. Je ne savais pas... Excuse-moi...

Malgré les coups de l'Auror, le Mangemort ne lâchait pas prise, et la gardait toujours contre lui, une main dans son dos et l'autre dans ses cheveux dorés. L'avis de son frère lui était parfaitement égal.

Puis Alice, n'arrivant pas à retenir ses pleurs, posa sa tête sur son épaule et en profita pour lui murmurer que son fils était en haut. Et qu'il devait le sauver à tout prix. Etrangement, sa confiance en lui n'avait pas disparu, et Neville devait absolument sortir vivant et sain d'esprit de cette maison.

Pour seul réponse, Rabastan exerça une pression sur son épaule et embrasse longuement son front. Il leva ensuite les yeux vers son frère, pour lui envoyer un regard venimeux.

- Ils ne savent rien... dit Rabastan d'un ton faible. Partons...

Au fond de son esprit, Alice espérait toujours un miracle, mais Rodolphus était tellement furieux qu'elle voyait ses chances se réduire au fur et à mesure que le temps ne s'écoulait.

- Non. On ne partira pas tant que le boulot ne sera pas terminé ! répliqua alors ce dernier en fixant son frère.

- Quel boulot ? On dégage. Tu dégages !

Rabastan ne pouvait contenir ni sa colère, ni ses larmes. Il lâcha Alice d'un bras, pointa sa baguette sur Rodolphus, qui contra rapidement en lui jetant un Everte Statis. Surpris, le cadet valsa contre le mur d'en face sans aucune délicatesse.

- Non ! Rod… Rodolphus ! gémit Rabastan, après être tombé lourdement.

Il tenta se relever progressivement, mais ne réussit qu'à se mettre qu'assis. Un fin filet de sang coulait le long de sa tempe, et son étourdissement l'empêcha de réagir tout de suite, lorsque son aîné pointa sa baguette sur Alice.

Cette dernière se tourna vers le plus âgé des Lestrange, le toisant fermement, le défiant du regard de faire du mal à son propre frère en la tuant. Rodolphus, aussi froid et cruel soit-il, ne pouvait être un monstre au point de vouloir blesser son frère, quand même ? Bien que la jeune femme doutait de la réponse, elle tenta le tout pour le tout, en mettant de côté sa peine pour Frank un court instant.

- Qu'est-ce que t'as, toi ? demanda alors l'aîné à l'Auror, tandis que Rabastan tentait de reprendre ses esprits.

- Fais-le, murmura-t-elle en le fixant. Tue moi, et ton frère t'en voudra toute sa vie.

Avant de répondre, le Mangemort éclata de rire et jeta un regard furtif à Londubat mâle, qui ne semblait même plus discerner le monde autour de lui. Ses yeux vides fixaient le plafond sans grand intérêt, et ses bras restaient ballants sur le tapis.

- Te tuer ? répéta-t-il. Non, j'ai d'autres projets.

- Ne la touche pas ! s'insurgea le cadet en réussissant enfin à se lever.

Mais il ne tint pas longtemps sur ses jambes, ses membres s'engourdissant brusquement sous l'effet d'un nouveau maléfice de son frère. Rodolphus voulaient l'empêcher de bouger, tout en le laissant conscient. Avec un sortilège bien plus puissant qu'un simple Petrificus Totalus. Ce qui n'annonçait rien de bon…

Alice se refusa à jeter des coups d'œil à son mari ou même Rabastan, et garda son regard plein de haine fixé sur son bourreau. Un éclair rouge vint alors la frapper en pleine poitrine, la plaquant de nouveau au sol. Le nouveau hurlement du cadet Lestrange lui parvint à peine aux oreilles, et seul le sien s'imposait. Sauf que cette douleur-ci ne dura que peu de temps… Doucement, la jeune femme se redressa sur les coudes, afin de tenir une nouvelle fois tête au Mangemort, malgré les larmes sur ses joues. Mais avant de pouvoir davantage réagir, elle vit alors ce dernier se rapprocher dangereusement d'elle, puis se baisser entre ses genoux, accroupi. Paniquée, Alice leva une jambe, réussit à le frapper faiblement au torse, mais fut vite bloquée par sa main qui saisit sa cheville. Il plaqua celle-ci alors brusquement au sol, et s'affalait de presque tout son poids pour la bloquer. La suite des évènements fut limpide pour elle, mais sa force et sa verve l'avait quittée. Elle n'en pouvait plus ! La Gryffondor éclata alors en sanglot, et se laissa déshabillée par l'aîné des Lestrange, qui eut malgré tout la décence de ne pas lui retirer plus que nécessaire. Dans un dernier effort, elle ferma les yeux pour mieux accueillir l'heure de sa sentence. Puis vint le moment de la souillure, pendant lequel penser à autre chose que sa douleur, à la fois physique et morale, n'était plus possible. Celle-ci était tellement puissante, tellement présente, qu'aucun cri ne sortait plus d'entre ses lèvres. Elle se sentait à présent comme vide et ne bougeait presque plus.

Tandis que Rabastan priait pour que tous deux s'évanouissent et hurlait contre son frère sans pouvoir intervenir, c'était au tour de l'âme d'Alice de quitter son corps.

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Déjà une heure que Rabastan restait assis contre le mur, Alice dans ses bras, sans bouger. Il se contentait de pleurer, seulement en caressant sa joue, n'ayant qu'à peine pris le temps de la rhabiller. Son visage rond autrefois jovial et ses yeux verts pétillants n'étaient plus qu'éteints. Le Mangemort ne parvenait même pas encore à le réaliser. Il ne songeait même pas à prendre la fuite, malgré la venue imminente des autorités, ou des secours. Tous les autres Mangemorts, eux, s'étaient enfuis assez rapidement après avoir constaté qu'ils ne soutireraient plus rien des Aurors.

La Gryffondor n'avait pas perdue connaissance mais l'excès de sévices l'avait réduit à l'état de légume et elle ne discernait plus rien autour d'elle. Pas même les pleurs de Neville qui commençaient à se faire entendre à l'étage, dans l'armoire où elle l'avait caché pour que les Mangemorts le trouvent pas.

Et c'est cela qui fit sursauter le jeune Lestrange, le sortant ainsi de sa torpeur.

- Le petit... murmura-t-il alors, sans parvenir à lâcher la jeune femme.

Il ferma les yeux pour faire abstraction des cris, mais ce fut peine perdue. Après plusieurs minutes d'auto-motivation, Rabastan abandonna enfin Alice, à contrecœur. Ses pas vers la chambre incarnaient l'automatisme. Et puis, même si l'avis de la blonde ne comptait plus vraiment, il ne voulait pas la décevoir.

Neville venait de se réveiller et pleurait parce qu'il avait faim. Il repoussait les couvertures qui le couvraient et ses cris perçants auraient pu alerter n'importe quel voisin assez proche. Le Mangemort n'eut aucun mal à trouver la cachette du bébé en suivant les sons, et fit doucement glisser la trappe du fond caché de l'armoire. Lorsque de la lumière lui parvint, l'enfant se calma progressivement, en mordillant le coin de sa couverture. Rabastan s'apaisa également, mais ne pouvait contrôler ses tremblements. Seules ses larmes se turent. Il s'essuya alors les joues, puis entreprit de soulever doucement mais maladroitement le petit.

- Bonjour, toi... murmura-t-il. Neville, hein…

Neville ouvrit alors grand les yeux pour regarder l'inconnu qui le portait. Il était calmé maintenant qu'on était venu le chercher et il espérait juste, dans sa petite tête de nourrisson, qu'on lui donne à manger.

Mais le Mangemort se contenta de le détailler du regard, en se dirigeant vers la sortie, n'ayant rien pour le nourrir. Lorsque le petit commença à s'impatienter et à exprimer sa faim, il lui donna doucement son doigt à mordiller, en le gardant bien emmitouflé dans ses petites couvertures. Le petit se contenta de suçoter et mâchouiller celui-ci, même si cela ne calmait en rien sa faim. Il ne se rendait pas compte de tout ce qui venait de se passer cette nuit.

Et il poussa un autre cri, sous la sensation désagréable du transplanage. Rabastan amenait l'enfant chez sa grand-mère, ne connaissant pas d'autre adresse de sa famille. Indéniablement, il ne pouvait le garder, même si l'idée lui avait traversé l'esprit. Mais que ferait-il d'un enfant en bas âge sur les bras, ainsi traqué et perdu ? Son vœu le plus cher restait actuellement de partir le plus loin possible d'Angleterre. Or, il ne pouvait pas emmener l'enfant, sous peine d'avoir l'enlèvement en plus sur la conscience. Parce qu'au niveau pénal, il n'en avait sérieusement plus rien à si cela pouvait alourdir son dossier, Neville pouvait également lui servir pour régler la question d'un allègement de peine, lui ayant sauvé la vie... Mais Rabastan n'oubliait pas qu'il n'incarnait en rien le profil d'un bon père, et que le petit méritait mieux que l'ignoble Mangemort qu'il était en guise de tuteur. Non, définitivement, il ne pouvait le garder.

Alors doucement, il le déposa sur le palier de la porte d'Augusta Londubat, puis sonna, avant de lâchement transplaner. Tout cela ans savoir que quelques jours plus tard, il serait arrêté, puis condamné à la perpétuité, pour un crime qu'il n'avait jamais voulu commettre, mais que jamais il ne dénoncera. Pourquoi faire ? Certes, il avait perdu son amour, mais aussi sa dignité, alors un peu plus ou un peu moins de ce côté là… Qu'importe, il ne voulait pas perdre ses parents.
Son frère, Rodolphus Lestrange, avait gagné. Il avait toujours eu le dessus sur lui. Et cette fois, l'aîné était parvenu à déchirer l'âme de son cadet. Plus fort et plus vite que la foudre. Et pourtant, dernièrement… Rabastan n'avait commis aucun meurtre. Mais il était son deuxième maître, et s'était toujours servis de lui dans son propre intérêt.

C'est Rodolphus qui avait commis un fratricide.

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VOILA ! C'est la fin de la fic... Il ne reste plus que l'épilogue, et c'est fini !

Ah... Quoique. Vous souvenez-vous de ma proposition des OS ? Je songe à en faire sur la vie de Rabastan, j'ai déjà une dizaine d'idées. Donc ce serait autant avec Alice et sans, avec ses amis, à Azkaban, à sa sortie, une de ses missions détaillées, la bataille finale, etc...

Vous en pensez quoi ?

Toujours d'accoooooooooooord ?

Et que pensez-vous de ce chapitre, au fait ? La torture est telle qu'attendue ? Le caractère des personnages ? Rodolphus ?

Bisous ! Antonine.