Chuck sortit de son bureau d'une humeur massacrante.

- Bonsoir Monsieur Bass, lui lança Marco depuis son bureau.

Il ne lui répondit pas et se contenta d'appuyer sur le bouton de l'ascenseur.

- Bonne soirée, ajouta son secrétaire, réprimant un soupire de soulagement.

Les journées n'étaient jamais faciles quand Mme Bass s'absentait de New-York. Son patron était encore plus tyrannique qu'à son habitude quand ça arrivait.

Le jeune PDG entra dans la cage métallique, envisageant ses options pour la soirée. Il aurait pu proposer à Nathaniel d'aller boire un verre. Mais connaissant son meilleur ami, il le traînerait dans un club de strip-tease, tout comme ils le faisaient quand ils étaient adolescents, pensant que c'était ce qu'il lui fallait pour se changer les idées. Et Chuck passerait son temps à comparer les danseuses à sa femme et ils les trouveraient invariablement sans attraits.

Sa femme qui l'avait abandonné à son triste sort pour une semaine entière afin d'assurer la promotion de la nouvelle collection « B bye Waldorf » à Londres.

Il détestait ces Anglais qui lui volait son épouse.

L'ascenseur atteint le rez-de-chaussée de Bass Industrie et il traversa le hall, prenant la décision de commander des sushis et de bosser sur les dernières propositions d'acquisitions qui s'offraient à une des plus grandes multinationales de l'immobilier en attendant l'heure du rendez-vous webcam avec Blair.

Ensuite, il n'aurait plus qu'à aller se coucher pour rêver d'elle, après avoir ingurgité quelques scotchs pour l'aider à s'endormir.

Il passa la porte et s'engagea sur le trottoir pour rejoindre la limousine qui stationnait non loin.

Il ralentit le pas une fraction de seconde et un sourire se dessina sur son visage grave, soulageant la crispation de ses mâchoires alors que son cœur, lui, accélérait la cadence dans sa cage thoracique.

Une vision plus qu'aguichante était assise sur le capot du long véhicule.

- Bass, l'accueillit-elle lorsqu'il fut à deux pas, croisant les jambes méthodiquement afin que les pans de son manteau s'écartent juste suffisamment pour accrocher son regard.

Il aperçut un fragment de la dentelle de ses bas noirs sur la peau laiteuse d'une de ses cuisses et déglutit avec peine.

Elle ne portait que des sous-vêtements sous son trench-coat noir Burberry des plus classiques.

- Waldorf. Qu'est-ce que tu fais là ? réussit-il à articuler, enfonçant une main dans la poche de son pantalon, tentant de couvrir un tant soi peu la réaction physique provoquée par les images qui défilaient maintenant dans son cerveau.

- Une chose urgente et de la plus haute importance m'a ramenée plus tôt que prévu, expliqua-t-elle, tout en caressant son cou de manière ingénue.

- Tu m'en vois ravi, répondit-il de sa voix suave en se penchant vers elle pour déposer un baiser sur ses lèvres.

Elle tourna légèrement la tête et effleura sa joue à la place.

Elle avait l'intention de le rendre dingue, conclut-il.

Elle lui adressa un sourire angélique et éblouissant, avant de saisir sa main pour se laisser glisser le long de la carrosserie rutilante, jusqu'à ce que les talons aiguilles de ses Manolo ne touchent le sol.

Il ouvrit la portière et elle se glissa dans l'habitacle avec grâce.

Il prit à peine le temps de s'asseoir avant de l'attirer à lui avec force et de dévorer avidement ses lèvres.

- Tu m'as trop manquée, souffla-t-il entre deux baisers ardents, dénouant la ceinture de son manteau

Se débattant avec le dernier bouton, il l'arracha rageusement pour pouvoir admirer le corps de sa femme, dans une guêpière de dentelle noire.

- Sublime, commenta-t-il, ses prunelles brûlantes du feu de la passion.

- Toi aussi, tu m'as manqué, sourit-elle malicieusement, faisant tomber le Burberry de ses épaules d'un seul mouvement sensuel.

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- Alors, c'est quoi, cette urgence qui t'as miraculeusement ramener dans mes bras deux jours plus tôt que prévu ? questionna-t-il, encore un peu hors d'haleine, le corps de sa femme toujours allongé sur le sien.

Elle déposa un autre baiser sur sa poitrine velue et y déposa le menton pour le regarder dans les yeux.

Un sourire éclairait ses prunelles caramel et il pouvait y distinguer une lueur étrange qu'il ne pouvait définir.

- D'abord, ton cadeau, dit-elle en se relevant pour attraper son sac Versace.

Il grimaça à la perte de contact de leurs peaux et s'assied à ses côtés, après avoir remis son pantalon. Il plaça sa chemise, qui traînait au le sol, sur les épaules de Blair.

Elle frissonna lorsque ses doigts effleurèrent sa nuque pour relevé ses cheveux au-dessus du tissu strié carmin et blanc.

- Mon cadeau, c'est toi, déclara-t-il en déposant un baiser sur le point de pulsation dans son cou, sous le lobe de son oreille.

- En fait, ce cadeau, c'est la raison de mon retour précipité, avoua-t-elle.

Il fronça les sourcils et se saisit de la petite boîte enveloppée de papier ocre qu'elle lui tendait, qu'il déchira sans remord.

Un coffret de bois était caché sous l'emballage et il ouvrit le couvercle avec excitation. Les cadeaux de Blair étaient toujours somptueux.

Il y découvrit un simple objet de plastique mauve qui ne coûtait pas plus de cinq dollars. Cependant, il représentait bien plus à ses yeux que toute sa fortune.

Blair l'observait avec quelques appréhensions. Scrutant ses traits anguleux, tentant de déchiffrer les émotions qui s'y succédaient l'une à la suite de l'autre. De la surprise à la béatitude la plus totale.

Il releva ses prunelles chocolat et les posa dans celles, moka, de la femme de sa vie. C'était le plus beau de tout les cadeaux qu'elle pouvait lui faire.

Il l'attira tout contre le lui et l'embrassa tendrement, de sa bouche à ses seins, terminant juste au-dessous de son nombril. Il caressa son ventre tout en se mordant la lèvre inférieure.

- Tu aurais dû me le dire avant, murmura-t-il en repensant à leur ébat frénétique et impétueux l'instant précédent. Est-ce que ...

- Tu ne nous a fait aucun mal, le rassura-t-elle immédiatement, devinant ce qui se passait dans son esprit, à présent.

- Tu es sûre ? questionna-t-il.

Elle ne l'avait jamais vu aussi anxieux.

- Chuck Bass, tu ne feras jamais faire de mal à ce bébé, affirma-t-elle en emprisonnant sa mâchoire entre ses mains délicates et parfaitement manucurées.

L'inquiétude se dissipa dans ses iris couleur café et il acquiesça, un sourire reprenant place sur son visage. Il toucha le morceau de silicone du bout des doigts.

La tétine pour nourrisson portait la mention « j'aime papa » et ses yeux brillèrent un peu trop à l'idée d'être père.


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