Tadamm nouveau chapitre! (*se colle une baffe toute seule* sans blague, c'est pas un mode d'emploi de missile nucléaire?! parfois, j'me désespère moi même...)
Bon, voilà le retour des flash-backs racontés au présent pour un nouveau chapitre (et que je n'aime pas trop...) Mais vous allez enfin comprendre le titre héhé ^^!
Taraimpératrice: franchement, lorsqu'il s'agit de survivre à des cours de maths (les maths c'est le MAL! sinon, je suis un peu plus studieuse quand même ^^') j'arrive à développer une intelligence qui me surprend moi même (depuis quand j'ai des neurones moi?) Et toi t'es une revieweuse toujours aussi géniale! Franchement, merci de continuer à me donner ton avis!
Lottie: Coucou! Ouais je sais, le coup de Gin Pôpa j'suis partie un peu loin... Bah, ça serait pas rigolo sinon ^^ Oh merci! Ça me rassure! J'avais un peu peur que le côté Papounet de Grimm ne soit pas trop crédible avec ma manière de le voir... Merci, ça me touche vraiment!
Lywalia: ze t'aime-euuuuh! (oui, je suis TRES émotive... ^^') Nan mais, sans blague merci d'avoir pris le temps de laisser une review, merci, merci, merci! Non, Benitsuki, on ne se met pas à pleurer...! Au moins, mes explications ne sont pas trop défoncées et sont au contraire claires. Héhé, pour Ulquiqui, tu verras... héhéhé... ^^
Disclaimer: Bleach à moi ^^! Quoi? Pourquoi vous me croyez paaaaaaaas...? Bon ok... Bleach est à Tite. Pff...
Oubliez pas l'OS pour la 30ème review XD
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Chapitre 5. Celui qui me parle
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Sôra rit à gorge déployée, de ces rires d'enfant cristallins qui semblent ne devoir jamais s'arrêter. Son père, un long sourire sincère sur son masque habituellement si cynique, émut devant le spectacle de sa fille, la lève à nouveau bien haut dans les airs provoquant un nouvel éclat de rire. De ses petites mains, elle bat les airs comme un oiseau et, ses grands yeux rieurs rehaussés d'estigma turquoise plantés dans ceux de son père, elle se met à gazouiller à tue-tête« Papa, Papa, Papa... !».
Attendri, l'ex-capitaine la fait redescendre au sol. Aussitôt, l'enfant se met à galoper dans toute la pièce en rigolant avant de se cacher derrière un fauteuil. Cela ne fait que quelques mois que sa fille vit et pourtant son apparence physique correspond déjà à celle d'une enfant de six ans.
-Chuis cachée, tu m'vois pas ! fait-elle les mains plaquées sur les yeux, hilare.
-Aha... fait son père d'une voix mystérieuse et faussement théâtrale, joueur et amusé. Ma p'tite puce a disparuuuu... Comme c'est triste ! Elle n'aura pas de goûter...
Aussitôt, la petite fille bondit de sa cachette pour se jeter dans les bras de son père.
-Naaaaaaaaaan !
Gin Ichimaru se laisse doucement tomber au sol, sa fille bien serrée dans les bras, près de lui.
-Arg, je meurs...
-Papa ? demande la petite fille, curieuse de ce nouveau jeu.
-J'suis mort... réponds à mi-voix l'argenté, les yeux clos et la langue pendante. Couic.
-Papaaaaaa ! se met aussitôt à piailler la gamine tout en attaquant son père à coups de guilis.
-Hahaha ! Nan, Sô, arrête ! Haha ! Pas les guilis ! Tricheuse !
-Yahaaa ! fait-elle avant de repartir attaquer de plus belle les côtes chatouilleuses de son père avec ses petits doigts potelés.
Soudain, la gamine se fige, un air de panique remplaçant le visage rieur qu'elle affichait quelques secondes à peine plus tôt.
-Sôra ? demande aussitôt Gin, inquiet du revirement brutal et inattendu de sa fille, laquelle commence d'ailleurs à trembler de manière inconsciente. Sôra !
L'adulte se redresse et place ses longs doigts de chaque côté du visage de sa fille pour la calmer;
-Qu'est-ce qui se passe ma puce ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? lui demande t-il doucement.
La voix de son père semble la réveiller. Aussitôt, elle attrape un des doigt de son père avec sa petite main et le tire derrière elle.
-Viens Papa ! Suis moi !
Devant l'air paniqué de sa fille, Gin se remet sur ses pieds et la suit courbé en deux, les doigts emprisonnés par cette petite main.
-Papa, cache toi là !
-Sôra, qu'est-ce qui se passe ?
A ses pieds, la gamine panique tellement que deux larmes ruissellent sur ses joues aussi pâles que celles de son père. Aussitôt, Gin se remet à genoux devant elle et lui parle d'une voix la plus douce et apaisante possible.
-Pourquoi veux tu que je me cache ? demande t-il tout en tentant de l'apaiser en passant sa main dans son incroyable tignasse ébouriffée.
-Cache... toi Papa. fait-elle entre deux sanglots. Le... le seigneur Aizen approche, il... cache toi... Il faut pas qu'il te trouve... cache toi derrière le canapé...
À ces mots, le sang de Gin se glace dans ses veines. Il avait oublié cette faculté, cette perception surdéveloppée de son bout de chou. Doucement, il prend sa fille dans ses bras. La gamine, ne retenant plus ses larmes, se blottit contre son torse, s'accrochant de toutes ses forces à son vêtement immaculé. Elle est loin d'être stupide et Gin sait qu'elle veut le protéger. Mais ce n'est pas à elle de faire ça, pas à elle, c'est à lui de protéger sa fille. Il est son père, c'est son rôle. C'est son rôle.
-Chut ma puce, chut... lui murmure t-il d'une voix calme et apaisante à l'oreille. Tout ira bien. D'accord ?
Tendrement, il dépose un baiser sur le haut de son front. Puis il la dépose délicatement au sol et se dirige d'un pas lent vers la porte, le cœur serré de devoir abandonner sa fille en pleurs et terrifié par ce qui l'attends, seule au milieu de la salle. Si Aizen vient le chercher, ce n'est pas pour partager une tasse de thé... Un frisson lui traverse l'échine.
-Tout va bien se passer... lui murmure t-il à nouveau avant de la quitter.
Sa plus grande peur est qu'Aizen « s'amuse » avec lui devant sa fille. Alors il s'éloigne d'elle, le cœur mortifié. La porte se referme derrière lui sur les sanglots de sa fille. Dans le couloir, il croise Grimmjow. Il ne l'aime pas trop, le trouve trop violent et donc dangereux pour sa puce, mais il sait que lui aussi tient à Sôra, à sa manière. Il est également son père après tout. Leurs regards se rencontrent et l'Espada comprend pourquoi Ichimaru laisse sa fille. Alors il s'assoit devant la porte et, tant qu'Aizen s'amusera avec le shinigami, il fera jaillir son reiatsu pour que Sôrayel ne perçoive plus que le sien et plus celui de son père qui vacille sous la douleur ou l'humiliation.
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Sôrayel a grandit. Aujourd'hui, elle a l'apparence d'une adolescente d'une douzaine d'années et, prostrée dans un coin de sa prison dans laquelle elle vit, elle ne peut empêcher ses larmes de couler. Elle le sait, elle le sent, Aizen-sama torture son père. Un nouveau sanglot la secoue. Elle est si faible et elle ne peut rien faire...
Soudain, la porte s'ouvre sur second père, Grimmjow Jaggerjack. La jeune fille n'est pas surprise, cela fait plusieurs minutes qu'elle ressent son reiatsu qui approche.
-P'pa ? fait-elle doucement, d'une voix brisée et pitoyable.
Son père la regarde, son regard d'ordinaire si dur emplit de la pitié de voir l'état dans lequel se retrouve sa fille du fait de son « don ». Une malédiction ouais, à ses yeux.
-Allez, Sôrayel, viens avec moi. Aujourd'hui, t'peux sortir...
Sans un bruit, la petite fille suit son père jusque dans le désert du Hueco Mundo. En temps normal, elle se serait réjouie de pouvoir sortir et aurait sauté dans les bras de son Arrancar de père, folle de joie. Mais son père a beau l'éloigner de Las Noches, elle sent toujours le reiatsu de son père vaciller, beaucoup trop proche de celui du maître des lieux. La distance ne change rien pour sa perception. Absolument rien. Elle sait que lorsqu'elle le reverra, cette humaine aura soigné les plaies de son corps. Mais la douleur, elle, continuerait...
Une fois sous la lune blanche du désert du Hueco Mundo, Grimmjow se retourne enfin vers sa fille et son cœur se serre devant le désespoir qu'il lit sur son visage.
-Écoute Sôrayel... Tu sais pourquoi je t'ai fait v'nir ici ?
-Pour m'éloigner. réponds t-elle tristement avec une certaine résignation dans la voix. Je suis si faible que tout le monde essaie de me protéger... Papa m'a encore dit que tout irait bien, comme toujours. Tout ça pour me protéger.
-Nan.
La gamine marque un temps d'arrêt.
-Hein ?
-Si je t'ai fait venir ici, c'est pas pour ça. J'sais très bien que t'éloigner n'change rien et que tu perçois toujours aussi bien . Nan, tu vois, j'vais faire un truc d'utile... J'vais t'entraîner.
Les yeux turquoises de la petite fille s'écarquillent, n'osant pas vraiment y croire. Grimmjow se dandine devant sa fille, toujours mal à l'aise avec les grands discours.
-T'sais Sôrayel, ici, personne ne pourra t'aider. Pas même moi ou Gin... Tu sais que face à Aizen, on ne pourra pas t'protéger. On le fera, on essaiera de te protéger mais... faut être réaliste, on y arrivera pas, Aizen-sama est un monstre. Un jour, faudra que tu fuies. Que tu te casses d'ici. Reste pas dans ce putain de désert, c'est d'la merde. Faut que tu partes. Mais faut pas rêver non plus, Aizen-sama te laissera pas partir comme ça. Bientôt, une guerre éclatera, tu l'sais n'est-ce pas ?
La gamine acquiesce silencieusement, son père lui en a déjà parlé.
-Faudra qu'tu profites de la bataille pour te tirer de là, tu comprends ? Nous on sera tous dans le monde des humains, ça sera déjà plus facile. Sauf que pour l'instant... bah t'es faible.
Sôrayel, dont les cheveux flottent doucement dans l'air frais du Hueco Mundo ne peut empêcher une nouvelle larme de rouler sur sa joue. L'Espada, qui ne s'attendait pas vraiment à une telle réaction, s'accroupit devant elle et tapote maladroitement la tête de sa fille.
-Hé... pleure pas. T'sais Sôrayel... T'es ma fille et même si chuis pas le meilleur père au monde, eh bien, j'tiens à toi. Alors j'vais t'apprendre à t'battre, à t'défendre. T'es ma fille et celle de Gin, et lui et moi, c'est pas pour m'vanter, mais on est des pointures. J'suis le 6ème Espada bordel et lui était capitaine du Gotei. Alors t'as en toi un potentiel monstre. Faut juste le réveiller...
-P'pa ?
-Ouais ?
-J't'adore.
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-Ce que vous ne comprenez pas, c'est qu'elle est extrêmement instable.
-C'est pour ça qu'elle s'est évanouie ?
-Exact Komamura !
-Ça m'étonne quand même. De la part de la fille d'Ichimaru, je m'attendais quand même à autre chose que ça... Cette gamine est d'une faiblesse !
-Roooh, Hitsugaya-taicho ! Tout le monde n'a pas votre talent, voyons !
-Vous ne pourriez pas être sérieux deux secondes dans votre vie, Urahara ? Juste deux secondes ça devrait être faisable non ?
-Dire que ce clown a été capitaine de la 12ème...
-Nanana, j'entends rien ! J'entends rien !
-Nous nous éloignons grandement de notre sujet.
-Oups ! Merci Kuchiki taicho ! Je disais donc... Euh … Ah oui, c'est vrai ! Elle est le mélange d'un Arrancar et d'un shinigami, c'est pas vraiment naturel. Genre, pas naturel du tout. Vous savez, pour tenir le coup, cette gamine est bourrée de médocs. Alors elle est plutôt instable, d'où l'évanouissement après le choc, sur-émotivité, blablabla, bref, vous avez compris.
-Non, moi ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi elle a d'abord esquissé le mouvement de parer le coup avec son sabre pour au final le jeter au loin et bloquer avec sa main... Ça n'a aucun sens.
-Ptêt qu'elle a oublié qu'elle n'a aucun hierro digne de ce nom...
-Urahara!
-N'empêche, moi, ce que j'ai ressentit juste avant qu'elle ne s'évanouisse, c'était bien le reiatsu d'un Arrancar...
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Ignorant totalement qu'elle était l'objet de discussions enflammées des capitaines du Gotei 13, Sôrayel Ichimaru Jaggerjack se baladait dans les rues du Seireitei, sifflotant allègrement. Enfin, la jeune femme essayait de siffler mais elle n'avait jamais réellement appris et le résultat en était donc assez pitoyable. D'ailleurs, elle s'arrêta rapidement. De toute façon, rien n'aurait pu entacher sa bonne humeur. Ayant passé la quasi totalité de sa vie enfermée dans une pièce sans fenêtre, le simple fait de pouvoir se promener en toute liberté la transportait de bonheur.
Normalement, à cette heure de la matinée, la créature mi-Arrancar, mi-shinigami aurait du être à sa division. Mais son capitaine, Sajin Komamura, lui avait laissé deux jours de repos « pour se remettre de sa blessure » qu'il lui avait dit. Un léger rire cristallin lui échappa. Elle le soupçonnait fortement de se sentir responsable de sa blessure et que ce congé était un peu sa manière à lui de se faire pardonner.
Tellement heureuse de sa liberté, un nouveau rire de joie pure monta de sa gorge claire. Sôrayel était libre et ce monde était merveilleux.
-Pourquoi rigoles tu ?
Ah, Ulquiorra. Depuis sa perte de connaissance passagère et sans conséquence, il ne lui avait plus adressé la parole. Mais cette fois ci, même l'Arrancar taciturne ne lui pourrirait pas sa bonne humeur. D'un pas vif et bondissant, elle se dirigea vers l'extérieur du Seireitei pour glisser avec joie ses doigts de pieds dans l'herbe grasse elle adorait cette plante rigolote. La jeune fille l'ignora superbement.
Le cuarta en fut légèrement vexé. Il s'ennuyait, coincé dans le monde intérieur de la jeune fille. C'était difficile à reconnaître pour lui mais c'était bien le cas : il s'emmerdait comme un rat mort. À l'heure actuelle, il n'avait toujours pas repris sa forme habituelle. Petit à petit, le pouvoir de Kage no Akayuki réparait son corps mais pour l'instant il ne pouvait même pas se déplacer de par lui même.
Le monde intérieur de la jeune fille correspondait à un immense arbre mort et tortueux comme un être malade, uniquement composé de tontes de gris et de blancs divers. La moindre de ses rainures semblait être de pierre. Sous lui, une eau noire et sombre grondait, abyssale, et ne cessait de venir laper l'écorce morte du tronc de l'arbre qui ne portait plus la moindre feuille. Sur les branches tortueuses de l'arbre, des rubans blancs et rouges flottaient de manière indolente au gré d'un vent sec et chaud, seule touche de couleur du lieu.
A quelques mètres de l'Arrancar blessé qui se remettait peu à peu de sa lutte contre le Hollow de Kurosaki, une gamine albinos le regardait sans cesse, dardant sur lui ses deux grands yeux rouges inquiétants et brillants de mille feux. Elle le regardait sans jamais rien dire, parfaitement immobile pour l'instant. Cet enfant, c'était Kage no Akayuki.
Heureusement pour lui, au pied de l'arbre, Tsukitora dormait. Le tigre blanc, aux longues rayures argentées et bleutées se reposait en effet paisiblement, sa fourrure se levant et s'abaissant doucement au rythme de sa respiration apaisée. Le long de sa colonne vertébrale courait une courte crinière aussi turquoise que les cheveux de sa maîtresse. Autour de lui, l'eau formait un rond sans la moindre vaguelette et sans le moindre mouvement, eau sombre sur laquelle il reposait comme si elle était solide.
Pour une fois, les deux zanpakutos se tenaient calmes. La plupart du temps, ils s'insultaient copieusement, le tigre se mettant parfois à pousser des rugissements à glacer le sang de l'Arrancar et le vocabulaire plus qu'imagé de la petite fille qui lui faisait face le choquait régulièrement. Enfin, toutes proportions gardées... Disons qu'il se contentait de hausser légèrement un de ses sourcils habituellement si statiques. Et assez régulièrement, les deux créatures s'affrontaient, le tigre blanc et l'enfant rouge face à face et Ulquiorra blessé au milieu.
Tsuki et Kayu, comme les surnommait leur maîtresse, se haïssaient mutuellement. En fait, chacun considérait l'autre comme responsable de la souffrance de Sôra et de son instabilité et tentait d'abattre l'autre. Les deux étaient convaincus qu'il était de leur devoir d'éliminer l'autre. Mais leurs combats et leur rivalité incessante ne faisaient qu'affaiblir davantage leur maîtresse adorée...
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Laquelle, pour l'instant, transpirait de bonheur, trop heureuse de pouvoir enfin découvrir le monde. A quelques mètres du Seireitei, la jeune fille courait d'une fleur à l'autre, émerveillée comme une gosse. En même temps , il ne fallait pas oublier qu'elle n'avait qu'un an
-Pourquoi rigoles-tu ? répéta t-il.
Un instant, Sôra fut bien tentée de l'ignorer à nouveau. Mais elle était bien incapable au fond d'elle de faire comme si l'Arrancar qu'elle avait enfermé en elle ne lui parlait pas et céda finalement à sa demande.
-Parce que je suis heureuse je pense.
-Ah.
-Pourquoi tu poses une question si tu n'as pas envie d'entendre la réponse ? J'ai vraiment du mal à te comprendre parfois... Bah, c'est ce qui fais que tu es Ulquiorra !
-Je m'ennuie.
-Tu t'ennuies ?!
Elle n'aurait pu dire pourquoi précisément, mais cet aveu du cuarta l'étonna.
-Oui.
Et visiblement, cela le gênait également de le reconnaître. Intriguée, Sôra s'assit dans l'herbe douce et s'allongea de tout son long sur la pelouse, offrant sa peau claire à la caresse du soleil matinal.
-T'es bizarre. finit-elle par lâcher.
-Pourquoi dis tu cela ?
-Parce que... comment dire ? Tu sais, quand je t'ai sauvé, c'était un peu sur un coup de tête... j'ai pas trop réfléchi en fait. C'est juste que j'ai senti ton reiatsu flotter dans l'air, tellement ténu et... J'ai cru que t'allais disparaître. Ça m'a fait peur. Chais pas, j'ai paniqué et j'ai demandé à Kayu de te sauver. Après, dans le monde des humains, je me suis dit que... enfin, que je n'aurais peut-être pas dû...
-Pourquoi ?
-Je sais pas trop, un genre d'intuition. Ta vie, tu l'as passée à obéir à Aizen , sans réfléchir. J'sais même pas si t'as des envies qui te sont propres ! Alors maintenant qu'Aizen est mort... ben j'me suis dit que tu n'avais plus aucune raison... de vivre.
A cette idée, à la simple pensée que l'Arrancar puisse se laisser mourir, Sôra sentit son cœur se serrer douloureusement.
-Dans ce cas, pourquoi ne pas m'avoir laissé mourir ? Pourquoi ne pas dire à Kayu de cesser ses soins ?
-J'allais pas t'abandonner !
-Pourquoi !
-Je t'ai sauvé une fois, c'est pas pour te laisser crever après.
Un nouveau silence se fit. Au pied de l'arbre mort, Tsukitora dormait toujours d'un calme et paisible sommeil. Face à Ulquiorra, Kayu commençait elle aussi à s'endormir. D'un geste maladroit, la petite abaissa un peu plus sa grande capuche blanche sur ses pupilles carmins avant de les clore définitivement.
Un soupir de contentement s'échappa des lèvres de Sôrayel. Cela faisait tellement longtemps que ces deux là n'avaient pas cessé de se battre ! Un calme nouveau l'envahit doucement. Et l'idée qu'il y avait là une occasion à saisir et qui ne risquait guère de se représenter de sitôt perça dans son esprit.
-Alors, Ulquiorra ? T'as envie de vivre ?
-... Je pense que oui.
-Aha ! Et pourquoi cela ? fit-elle, heureuse qu'il lui réponde.
Le cuarta n'aimait pas parler et encore moins de lui. Mais elle aimait tant le timbre de sa voix... !
-Je ne sais pas. C'est comme ça, c'est tout.
-C'est donc que tu attends quelque chose de la vie, non ?
-...
-Si tu n'en attendais rien, alors tu ne souhaiterais pas vivre. Et que peux tu chercher maintenant que l'autre enfoiré est mort, si ce n'est pas le bonheur ?
-... Je ne connaît que le désespoir.
Une mèche de cheveux bleutée s'échappa de sa nasse pour venir titiller le bout de son nez. Sôra la remit lentement en place. L'aveu de l'Arrancar lui fit mal et elle sentit une boule nouer sa gorge tandis qu'une larme pointait au creux de son œil. Elle qui aimait tant vivre... Elle ne pouvait concevoir ce que l'Arrancar lui disait vivre.
-Non. fit-elle de sa voix douce. Si tu ne connaissais que le désespoir, tu te serais déjà laissé mourir.
-Je le serais si tu n'étais pas intervenue.
Une larme salée glissa finalement de sa paupière vers sa joue, lentement, laissant derrière elle un sillon humide. Elle aurait tellement voulu pouvoir l'aider, l'aider vraiment... Lui ouvrir les yeux et lui montrer qu'il avait tort, que la vie vallait la peine d'être vécue, que lui aussi pouvait être heureux, comme elle, comme n'importe qui d'autre.
La jeune fille retint de justesse une nouvelle larme. Elle pleurait déjà suffisamment comme ça. Mais elle n'y arrivait pas, ne trouvait pas les mots qui auraient pu faire changer les choses. Tout ce qu'elle voulait c'était entendre son sourire dans sa voix. Son sourire serait la chose la plus merveilleuse à ses yeux.
-Pourquoi pleures tu ?
Oups. Sôrayel s'étouffa à moitié toute seule, se redressa brusquement pour finalement s'emmêler les pieds dans son hakama blanc et s'étaler de tout son lamentablement dans l'herbe.
-Aïe-euh ! ne put-elle s'empêcher de grommeler.
-Je t'ai posé une question.
Elle le savait bien que, étant enfermé dans son monde intérieur comme ses zanpakutos il ressentait plus ou moins précisément tout ce que la jeune fille ressentait. Elle avait juste oublié ce « petit » détail l'instant précédent.
-Parce que j'suis triste banane.
Vive le contrôle de soi. Et avant que le 4ème Espada n'ait le temps de lui poser une nouvelle question de sa voix monocorde, elle termina :
-Et je suis triste parce que tu n'es pas heureux, voilà.
Aussitôt, Sôrayel regretta ces mots et elle piqua un fard monumental, ses joues pâles se teintant vivement d'un fort carmin. Contrairement à son père grincheux et bagarreur, , il y avait certaines choses qu'elle n'osait pas dire. Et ce fut avec une surprise renouvelée qu'elle entendit le cuarta lui répondre un petit, un tout petit, un minuscule merci.
Le rouge de ses pommettes s'étendit aussitôt à la totalité de ses joues, enflammant son visage qui gagna une teinte dans les rouges. À la simple pensée que ça aussi, Ulquiorra le percevait, le peu de réflexion qui lui restait encore s'évanouit brusquement. Seulement, Sôra était quelqu'un dont la croissance avait été ultra-rapide: en un an à peine, elle avait atteint sa taille adulte.
Alors, forcément, elle n'était pas très à l'aise avec ce corps auquel elle n'avait pas réellement eut le temps de s'habituer. Pour le dire autrement, Sôra, sous le coup d'une forte émotion pouvait être extrêmement maladroite.
Ainsi, sans que rien ne le laisse prévoir elle baissa brusquement la tête comme pour cacher sa rougeur, ce qui lui fit perdre l'équilibre. Malheureusement pour elle, l'endroit dans lequel elle profitait de son jour de congé... était en pente. Elle bascula tête en avant et dans un cri, Sôra se retrouva en roulé-boulé à dévaler la pente à toute allure et incapable de s'arrêter.
Soudain, la jeune fille heurta violemment quelque chose, ce qui l'arrêta net.
À quatre pattes et à deux doigts de rendre son petit déjeuner, la tête qui tournait, son repas de la veille, voire son goûter, elle se redressa douloureusement pour se retrouver face au « quelque chose » en question qu'elle avait fait tomber par terre, en l'occurrence un shinigami aux cheveux d'un blond cendré et aux yeux bleus candides qui ne comprenait pas vraiment pourquoi il se faisait attaquer brusquement par un truc non identifié aux cheveux bleus.
Juste derrière lui se tenait une jeune femme magnifique qui la regardait du même air étonné et surpris.
-Ça tourne-euh... !Oh merde ! Pardon m'sieur, chuis désolée, j'vous avait pas vu... dit-elle en baissant la voix à la fin de sa phrase.
Son cerveau embrumé venait à peine de les reconnaître.
-Vous êtes... Izuru Kira et Rangiku Matsumoto.
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Voili voulou! En espérant que ça vous ait plut! Faites péter les reviews XD!
Au fait, petit dessin de Sôra enfant et son Papounet sur mon blog! (lien sur mon profil ^^)
