Coucouuuuu!

Ce soir, je fais vite, j'ai des partiels à réviser (je. déteste. les. cours) Eyh, Lucifer! Ouhou, Maître des Enfers... Arrête de déprimer tout seul dans ton coin paumé des Enfers, j'ai une idée à te proposer!

-Quoiiiii...? Kek'tu m'veux encore...?

Arrête de râler, feignasse. J'ai un bahut à crâmer, ça te dit?

-UN seul bahut...? Petite joueuse. Moi, j'ai plein d'idées beaucoup plus marrante, me sous-estime pas!

Aaah, Lulu... T'es génial. Allons foutre la merde là-haut!

(donc, si jamais vous entendez parler d'une vague d'attentats aux alentours de Paris bah vous saurez qui c'est hein!) (ça va faire MAL!)

réponse aux reviews saluuuut Tara! (quand est-ce que tu t'inscris sur le site, ça serait tellement plus pratique!) (*fais les yeux de Bambi pour attendrir tin petit cœur de revieweuse*) (aah, les délires sans queue ni tête par MP...) Ah si tu savais comment j'ai flippé pour ce chapitre. Pour moi, c'était évident (vu que bon, quelque part, c'est moi qui l'écrit, pour moi ça me paraît évident cette histoire de natures...) et je l'ai un peu remanié avant de le poster tout en me disant HEEEELP, PERSONNE VA RIEN COMPRENDRE! Mais bon, t'inquiètes, voilà la suite-euh^^

discalibuuuuuur! bah ouais, je vais pas arrêter mes délires stupides hein, mouhahaha! Hahahaaaa... Bref. Stop à mes délires mégalo moi... La fréquentation de Lucifer ne fait pas que me réussir visiblement (siiii, vive la mégalomaniiiiiiie!) Donc, bah pareil hein, Bleach est po à moi mais à Tite Kubo, comme d'hab'!

Au fait, juste pour vous dire... J'adore Kayu ^^ Les personnages qui n'ont pas du tout le caractère de leur apparence (une gamine cro mignonne qui jure comme un charetier...je kiffe), c'est juste un des trucs que j'adore littéralement, héhé.

Et comme promis, y'a un dessin de Sôrayel sur mon blog (le lien est à la fin de mon profil) (je sais plus qui me l'avait demandé... mémoire de poisson rouge)

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Eyh les gens... Voilà le dernier chapitre! Profitez en bien parce que il ne vous reste plus que l'épilogue vendredi prochain!

-Wow. Respect. T'as réussit à lâcher ça quand commencer à pleurer toutes les larmes de ton corps malingre...

Snirf. *à la morve au nez et c'est pas sexy*

Ta gueule Lucifer. *attrape un énième paquet de mouchoirs et le vide en moins de deux pour arrêter de renifler, les joues pleines de larmes*

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Chapitre 14. Vivre avec le temps.


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Les larmes ne voulaient pas s'arrêter, elles roulaient le long de son visage, inondaient ses joues et le creux de son cou. Elles ne voulaient pas s'arrêter et envahissaient sa peau blanche. Elles naissaient, petites bulles cristallines, au creux de ses yeux, s'épanchaient sur ses estigmas turquoises, éclataient au dessus de sa pommette, glissaient rapidement le long de ses joues pâles et humides, roulaient sur l'arrête de l'os de sa mâchoire délicate pour goutter au niveau de son menton ou dévalaient les rigoles de son grand cou pour venir mourir au creux de ses clavicules finement dessinées.

Ses grands yeux bleus restaient grands ouverts, incapables de se fermer. Par hoquets silencieux, sa poitrine se soulevait selon des à-coups irréguliers. Dans un bruit léger et métallique, Shuuhei déverrouilla la porte de sa geôle. Il n'osa pas lui parler, comme s'il avait peur de la briser. Lui aussi semblait sous le coup de la nouvelle.

Sôra était sous le choc, absolument incapable de réagir et de raisonner de manière claire. Tu vas vivre. Ces mots tournaient en boucle dans sa tête. Tu vas vivre. Comme une mélodie entêtante. Une mélodie merveilleuse. Tu vas vivre. Peu à peu, elle en saisissait la portée, tout doucement. Tu vas vivre. Ces trois mots, seulement trois mots, trois petits mots, trois mots minuscules... Trois petits mots de rien du tout. Tu vas vivre. Fini, c'était fini. Cette peur avec laquelle elle vivait depuis sa naissance... Cette peur qui lui tordait le ventre... Cette peur de mourir avant les autres... Cette peur de ne pas avoir le temps de vivre... Cette peur permanente que tout s'arrête.

Tu vas vivre.

Cette peur allait disparaître. Elle allait s'évanouir. Cette peur n'avait plus aucune raison d'exister et de perdurer. C'était fini. C'était fini, fini, fini, fini, fini... C'était derrière elle. Elle... allait... vivre.

Un son lent sortit de ses lèvres, doux, léger, douloureux. Ce son, cette espèce de plainte légère, c'était le son de son soulagement, celui de son trop plein d'émotions. Elle, Sôrayel Ichimaru Jaggerjack allait vivre.

Face à elle, Izuru Kira lui tendait sa main. Le regard embué par les larmes, elle posa ses deux yeux bleus sur cette main à la peau douce. Doucement, la jeune fille se vit y glisser sa propre main si blanche, si pâle. L'étreinte se resserra et le shinigami l'aida à se relever. Il comprenait bien que Sôra soit ainsi sans réaction, sous le choc de la révélation. Puis elle sembla soudain réaliser. Elle serra d'un coup sa main plus fort puis se jeta dans les bras du jeune homme, laissant soudain ses sanglots bruyants éclater, mêlés d'éclats de rire cristallins et magnifiques, riant et pleurant de bonheur.

Kira referma ses deux bras autour de la fille de son cher capitaine et la berça délicatement. Quelques larmes coulèrent sur son visage jusqu'à la commissure de se lèvres étirées en un immense sourire.

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Quelques instants plus tard, c'était une tornade aux longs cheveux bleus qui bondissait partout dans le Seireitei, hurlant sa joie à pleins poumons, surprenant tous les passants par son bonheur éclatant. Tu vas vivre. Elle se sentait invulnérable. Tu vas vivre. Qu'importe le futur. Qu'importe qu'elle pleure à nouveau, qu'importe que des difficultés se dressent devant elle. La jeune fille pourrait bien faire face, Kisuke venait de lui donner cette possibilité.

La possibilité de se relever, de se battre, de continuer à avancer. Le chemin qui aurait dû être si court, il venait de reprendre la taille d'une vie normale. Tu vas vivre. Et cette phrase est merveilleuse.

Elle se mit à crier de bonheur tout en continuant à courir en sautant de toits en toits. Mais comment exprimer cette joie, cette joie de vivre qui brûlait littéralement en elle, tordait son cœur de bonheur? Avant ça, avant ça... ce n'était qu'une envie de vivre qui la dévorait, elle profitait de l'instant présent, sachant qu'elle ne pourrait absolument rien prévoir sur une longue durée. Que ce qu'elle vivait à un moment risquait alors de ne jamais se reproduire. Elle devait cueillir le jour, juste le cueillir et se dépêcher de vivre. Parce sa vie devrait être courte.

L'air froid emplissait ses poumons, la pluie n'allait pas tarder à s'écraser à lourdes gouttes humides sur le sol de tout le Seireitei, le ciel se chargeait peu à peu de nuages gris. Mais à ce moment précis, pour Sôrayel, c'était la plus belle chose de sa vie. Les nuages craquèrent enfin et lâchèrent d'un coup l'eau qu'ils avaient en eux. Cette pluie était magnifique. Ces nuages lourds étaient magnifiques. Ce jour était forcément magnifique. Ce jour ne pouvait être rien d'autre que magnifique.

Soudain, la jeune fille atterrit en plein dans la cour de la capitainerie de la 10ème, pile devant Hitsugaya et sa vice-capitaine. Elle n'eut rien besoin de dire, son sourire seul suffisait à dire ce qui se passait. La belle blonde écarquilla les yeux, incapable d'y croire.

-Kisuke a trouvé la solution. Je vais vivre! lui dit-elle d'un seul coup, le rire dans sa voix et les joues couvertes de larmes.

Ce simple son chanta doucement à leurs oreilles, si beau et si clair, si limpide. Les larmes de la jeune fille continuaient à couler mais son sourire était si grand, si fort, si éclatant, si solaire qu'il éclipsait tout.

Rangiku poussa un cri strident avant d'étouffer à moitié Sôra entre ses seins.

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-Alors?

-Urahara a trouvé la solution cap'taine.

Sajin Komamura lui adressa un grand sourire tendre et posa une patte chaleureuse sur son épaule tandis que ses oreilles de canidé s'agitèrent rapidement, content pour sa petite subordonnée.

-Bienvenue chez nous.

-Z'inquiétez pas, vous serez fier de votre petite recrue. J'aurais le temps de progresser.

-Mais j'y compte bien, je te fait confiance.

-Merci! Comptez sur moi!

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Une tornade verte lui tomba dessus à toute vitesse avant de la serrer dans ses bras. Mais de toutes façons, elle l'avait sentie arriver.

-Waaaaaaaaaaaaaaaaah! Alors? Ça y est? C'est ça hein? C'est bon? T'es guérie? C'est vrai?

L'ex-tercera trépignait comme une gamine, sautillant d'un pied sur l'autre et les mains pressées l'une contre l'autre juste devant son imposante poitrine. Sôrayel savait très bien qui était Nelliel Tu Overdschank, son père lui avait présenté cette magnifique jeune femme lorsqu'il était rentré. Jamais elle ne la remercierait assez d'avoir sauvé Grimmjow. Il était la seule famille qui lui restait. C'était tout simplement le meilleur père au monde. Il était son père et elle tenait infiniment à lui, quels que soient ses défauts. Et de toutes façons, la jeune fille avait les mêmes que lui.

En la voyant pour la première fois, elle avait vite compris ce que son Arrancar de paternel ressentait pour cette femme, il n'y avait qu'à voir sa manière de se comporter comme un gamin amoureux absolument stupide et timide.

-Oui. fut sa petite, toute petite réponse.

Mais c'était amplement suffisant. Qu'aurait-elle pu dire de plus? Cette vérité n'avait pas besoin d'un long discours.

-C'est génial! glapit aussitôt Nelliel avant de lui sauter à nouveau dessus et de la serrer tout contre elle avec une force insoupçonnée au vu de ses bras si fins.

Mais l'étreinte ne dura pas:

-Viens! C'est dingue! Viens avec moi, faut que tu dises ça à Grimm'!

Grimm'...? ouhlà! Devant ce petit surnom, un sourire amusé lui échappa. Nell devait bien être la seule à pouvoir surnommer son père ainsi sans se faire décapiter sur le champ. Puis la belle Arrancar surexcitée attrapa sa main fine et la tira aussitôt derrière elle à toute vitesse dans le sillage de sa chevelure d'un vert éclatant.

-Attends, pas par là! Il est à la 6ème, là où ils ont enfermés Ulquiorra!

La jeune fille sentait le reiatsu de son père qui ne cessait d'onduler d'inquiétude et de colère retenue depuis qu'il était là bas à côté du cuarta. Il ne le savait pas encore, la nouvelle ne lui était pas encore parvenue... Sôrayel se dit soudain qu'elle voulait le lui annoncer elle même, dire elle même à son père que son inquiétude pouvait s'envoler, que sa fille ne mourrait pas avant lui, qu'elle allait avoir une vie normale. Qu'il allait pouvoir vieillir avec sa fille à ses côtés.

Puis elle remarqua que les mêmes fluctuations faisaient onduler le reiatsu d'Ulquiorra; lui aussi était inquiet. Ulquiorra... Son cher Espada qu'elle avait enfermé en elle pour ne pas sentir son reiatsu s'éteindre, comme celui de Gin qui s'était brisé à jamais. Elle allait voir Ulquiorra, après tout ce temps, elle allait enfin le revoir... Un doux sentiment de chaleur nouveau se répandit lentement en elle, comme une fleur qui éclorait, tendre et délicate.

Soudain, les deux mains de Nell se refermèrent sur les siennes, les emprisonnant doucement et tirant la jeune fille de ses pensées.

-Accroche toi, je t'emmène.

Et du sonido le plus rapide qu'elle ait jamais vu, elles se retrouvèrent d'un coup dans la cour de la 6ème devant un Byakuya Kuchiki aux yeux écarquillés. Brutalement, Sôrayel sentit sur sa peau onduler le reiatsu de son père, si fort, si proche. De joie, elle attrapa le capitaine devant elle, le serra fort dans ses bras en rigolant de bonheur avant de foncer vers les geôles. Nell, elle, déposa avec un petit rire un baiser amusé sur le front du noble estomaqué et carrément incapable de réagir.

-PAPA! appela Sôrayel de sa voix resplendissante de ce bonheur incroyable qui irradiait littéralement de son grand corps pâle.

L'Arrancar face aux cellules se retourna brusquement en entendant la joie absolue dans la voix claire de sa fille, juste à temps pour voir ses joues baignées de larmes et la voir se jeter avec force dans ses bras en lâchant, mi-pleurant, mi-riant, la plus belle phrase du monde.

-Je vais guérir!

Incapable d'y croire, Grimmjow releva vers sa fille deux yeux d'une couleur électrique étonnés, priant de toutes ses forces pour qu'il ait bien entendu.

-Que... Quoi? fut tout ce qu'il parvint à articuler devant le sourire éclatant de sa fille dans ses bras.

L'éclat de rire de sa fille, cette merveille absolue, résonna dans la pièce, se répercutant dans le moindre recoin. Ulquiorra se redressa pour mieux revoir son visage. Sôrayel...

-Je vais vivre P'pa, je vais vivre! Kisuke a trouvé! Il a trouvé, Kisuke va me soigner, il va me soigner...

Il balbutia, incapable de trouver les mots pour exprimer sa joie, son bonheur, son soulagement, l'amour pour sa fille, sa fierté... Tout ce qu'il pouvait faire, c'était la serrer du plus fort qu'il pouvait dans ses bras et être toujours là pour elle. Une larme coula de ses paupières closes, roulant sur cet estigma qu'il avait transmis à sa fille.

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Quelques instants plus tard, le père et la fille laissaient libre cours à leur bonheur en pulvérisant joyeusement deux trois bâtiments de la 6ème et en foutant une trouille monstre à tous ceux qui croisèrent leur chemin.

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-Surtout, reste calme. fit la voix posée et apaisante d'Urahara. Fais moi confiance. Je n'ai jamais fait ça mais bon...

-Kisuke. T'es tout sauf rassurant, là. lâcha Sôrayel avec une petite voix nerveuse.

Le rire habituel du scientifique parvint aux oreilles de la jeune fille, allongée sur un des lits de la 12ème division, les yeux clos et les bras couverts de diverses perfusions qui perçaient sa peau pâle.

-Je n'peux pas échouer, ne t'inquiètes pas! Avec tout ce que j'ai à ma disposition c'est pas possible. Pas possible du tout, du tout. Les notes de Szayel, toutes mes recherches à moi et mes études du Hôgyoku... Ça va marcher. T'inquièèètes pas. Pis bon, y'a ton père juste à côté près à m'égorger, je ne vais prendre aucun risque hein... lâcha l'ex-capitaine avec son sourire irrévérencieux habituel.

Cette fois, Sôrayel ne put retenir un petit rire amusé, même s'il était quand même encore un peu nerveux. C'est que son père était vraiment sur des chardons ardents. Ce n'était pas compliqué, depuis qu'elle était entrée dans cette pièce, l'Arrancar dégageait une aura meurtrière absolue du genre venez pas me briser les couilles, c'est pas le moment, ou je vous passe Panthera en travers de la gorge pis je danserais sur votre cadavre fumant.

-Tu crois pas si bien dire blondin... fit la voix tendue par l'angoisse de son père. Prie pour ne jamais tomber entre mes mains si quoi que ce soit foire.

-Je sais ce que je fais, va! rigola t-il amusé et pas du tout inquiet.

L'Arrancar posa tendrement la main sur le crâne de sa fille, caressant doucement ses longs cheveux bleus. Il déposa un léger baiser sur son front.

-Tout va bien se passer hein... Y'aura pas de problème. lui murmura t-il avant de s'écarter, quelque part, comme pour se rassurer lui-même.

Puis Sôrayel sombra dans une profonde inconscience sous les yeux bleus inquiets de Grimmjow.

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Sôrayel sombra dans l'inconscience pour parvenir au sein de son monde intérieur en pleine destruction. Visiblement, les divers produits de Kisuke faisaient effet. Tout tombait en ruine autour d'elle, se détruisait dans vacarme impressionnant.

La mer noire qu'il y avait en elle n'avait jamais été réellement calme, toujours en mouvement. Mais là, ça n'avait plus rien à voir. La mer s'était déchaînée. Dans un vacarme assourdissant, des vagues aussi noires que la nuit se dressaient sur plusieurs mètres de haut avant de s'abattre violemment sur le sol et l'arbre mort qui tombait lui aussi en ruine sous ces assauts incessants. L'arbre gris volait en éclat de toutes parts, projetant de longues échardes mortelles dans l'eau sombre dans de grandes éclaboussures qui les engloutissait aussitôt. Elle n'était plus que colère furieuse, que destruction, que mouvement, chacun plus violent et effrayant que le précédent.

Malgré ses mouvements impressionnants, Sôrayel remarqua quelque chose d'étrange. L'eau se retirait peu à peu. L'océan en furie diminuait de taille à vue d'œil, révélant par là même une longue étendue rocheuse composée de divers blocs de pierre couleur d'os parfois incrustés de fines veinures argentées et bleutées. Assez vite, le paysage se métamorphosa sous ses yeux étonnés et appréhensifs.

De l'arbre mort ne restait désormais que quelques branchages épars sur lesquels commençaient à fleurir de grands lys teintés d'un délicat rouge pâle sur le bout des pétales. C'était... étrange. Beau mais étrange. Tout changeait. Son monde se bouleversait. Plus rien n'était pareil. Plus rien ne serait pareil.

Un léger sourire étira ses lèvres. Ce changement était magnifique. Pieds nus, elle sautilla de rocher en rocher, ses grands yeux ne ratant aucun de ces nouveaux détails qui faisaient désormais partie d'elle. Malgré leur apparence rugueuse, ils étaient incroyablement agréables et légèrement chauds au toucher. Du bout de ses longs doigts, elle effleura l'un des pétales des lys, émerveillée. Ces fleurs étaient magnifiques, à la fois sauvages et douces. Des pistils des fleurs se dégageait un léger parfum ténu qui lui rappela l'odeur qu'a l'herbe après la pluie. La jeune fille se redressa de toute sa taille et inspira profondément pour savourer la fragrance délicate.

Ce lieu était entièrement nouveau. Plus la moindre trace de l'ancienne mer éternellement mouvante ni de l'arbre mort. Tout avait changé mais ce lieu l'apaisait plus qu'aucun autre n'aurait jamais pu le faire. Elle ferma doucement ses paupières et ses longs cils s'abaissèrent lentement. Sôrayel savoura le moment. Ici, c'était le lieu où elle serait toujours en sécurité. C'était chez elle.

Devant elle, le moindre de ses muscles félins immobile et perché sur un rocher à quelques mètres de sa maîtresse, Tsukitora fixait ses pupilles claires sur elle, Kage no Akayuki et ses grands yeux carmins de gamine emplis de larmes, juchée sur son dos. Il avait fallut ces drogues de Kisuke pour détruire ce monde créé par Szayel. Il avait fallut attendre si longtemps pour que ses deux zanpakutos séparés de force par l'octavo cessent de s'attaquer mutuellement comme deux fou furieux assoiffés de sang.

-Au revoir. fit la voix rauque et pourtant chantante du tigre blanc.

Sur son dos, l'enfant rouge, Kayu secoua frénétiquement sa petite main, secouée par ses sanglots incontrôlables. Puis, n'y tenant plus, la petite fille se jeta dans les bras de sa maîtresse qui la récupéra de justesse surprise, pleurant à chaudes larmes et la morve au nez. Émue, Sôrayel lui caressa doucement le dos. La gamine se moucha bruyamment dans le hakama de sa maîtresse adorée.

-Mais vous serez toujours là...? Vous me laissez pas toute seule, hein? demanda t-elle, légèrement anxieuse.

Elle tenait à eux. Depuis qu'elle était née, ces deux là étaient en elle. Ils étaient membres à part entière de son être. Ils étaient ses sabres, ses zanpakutos, ils étaient uniques et ils étaient nés pour elle. Alors, même si plusieurs fois ils avaient faillit la tuer en s'affrontant violemment, malgré tout elle tenait à eux.

-Oui. répondit le tigre, hochant doucement sa grosse tête.

-Comme si on allait t'abandonner, débile! piailla à travers ses larmes la petite fille aux yeux rouges toujours dans ses bras.

-Nous ne t'abandonnerons jamais. Nous allons juste changer de forme. Nous ne serons plus qu'un, comme nous aurions toujours du l'être. Ce n'est pas un adieu. C'est un au revoir.

-Merci...

-On a faillit t'buter! lâcha la voix aiguë dans ses bras. Alors qu'on t'aime tellement putainde merde...

La petite enfonça sa tête cachée sous sa capuche blanche contre le ventre de Sôrayel avant de se remettre à la serrer avec force de ses petits bras fins à force.

-Je sais Kayu, je sais... répondit Sôra les yeux clos. Vous vouliez chacun me protéger, c'est tout.

-Kayu, reviens. Il est temps.

Kage no Akayuki couina une nouvelle fois avant de plaquer un petit baiser baveux sur la joue pâle de sa maîtresse adorée. Puis, à contrecœur, l'enfant quitta les bras doux de Sôrayel pour retourner se percher sur le dos du grand fauve.

Puis, devant les grands yeux turquoise et anxieux de Sôrayel, la surface des deux créatures se recouvra d'une sorte de couche d'un blanc pâle, apparaissant doucement tout autour d'eux et les cachant à la vue de la jeune fille. Une petite bourrasque de vent fit soudain voleter une de ses mèches bleutées. Incapable de se détourner du spectacle qui se déroulait sous ses yeux, Sôrayel ne bougea pas d'un seul millimètre.

Leur image se craquela peu à peu et doucement, ses deux zanpakutos ne formèrent plus qu'une forme creuse mêlée, comme une coquille vide. La coquille avait gardé la forme de leurs deux silhouettes mais au simple son du vent caressant doucement sa surface, elle pouvait facilement deviner que cette enveloppe était désormais vide. La jeune fille retint un hoquet de peur et elle sentit son cœur se serrer. Et si, et si... Et si Kisuke échouait? Elle ne pouvait s'empêcher d'y penser malgré tout. Et si ses zanpakutos mourraient? Sa grande main aux longs doigts d'insecte se crispa dans le tissu de son hakama, inquiète.

Soudain, quelque chose dans la coquille qui gardait leur forme bougea, provoquant un léger son, comme un tissu frottant sur de la pierre. Sôrayel se figea. Ses yeux étaient aux aguets, guettant avec avidité ce qui allait se passer. Ce qui était à l'intérieur de la coquille gigota doucement. De quelques petits pas, elle s'approcha de la coquille blanchâtre mais, mi-curieuse, mi-appréhensive, resta à un peu moins d'un mètre, attendant. Par petits coups, il se mit à taper sur ce qui l'empêchait de sortir, fendillant puis cassant peu à peu sa prison qui s'émietta.

Puis, énervé de ne pouvoir sortir, le zanpakuto fit exploser le reste de sa coquille en milliers de petits morceaux d'un seul coup. Puis il se redressa sous les yeux heureux et attendrie de la jeune fille immobile, les cheveux doucement secoués par un vent chaud. En le voyant ainsi s'étirer lentement pour se mettre debout, elle sentit une douce chaleur se répandre dans son corps.

Devant sa petite taille, Sôrayel s'accroupit devant lui. Son apparence était celle d'un petit garçon à la mine boudeuse et aux traits plutôt efféminés. Ses cheveux d'un argenté étincelant, assez longs, tombaient en cascade sur ses petites épaules délicatement ciselées, révélant deux oreilles discrètes indubitablement félines. C'était exactement celles de Tsukitora, en un peu plus petites. Beaucoup dans son attitude, sa posture rappelait le félin. Une longue queue argentée fouetta l'air comme pour souligner cette idée. Il avait un petit quelque chose, un on-ne-sait-quoi, dans ses mouvements du petit gamin insolent et frondeur.

Une longue capuche blanche recouvrait toutefois son petit crâne de gamin. Sur son corps d'enfant, son front, son encolure et ses bras, des estigmas d'un bleu extrêmement pâle, un blanc vaguement bleuté, imitaient les rayures d'un tigre. À chacun de ses poignets, les rubans d'un rouge désormais délavé de Kage no Akayuki.

Mais ce qui frappait en premier lieu chez cet enfant, c'était ses yeux. Sôrayel s'était attendue à ce qu'ils soient vairons, l'un rouge comme Kayu, l'autre bleu foncé comme Tsukitora, tant tout dans cet être incarnait ses deux zanpakutos. Oh, comme elle s'était trompée... Ils étaient blancs. Leur minuscule pupille était d'un noir d'encre mais les iris étaient eux aussi blanc qu'un os fraîchement exhumé. Aucune tonte de gris ne venait strier cette étendue de blanc. Seul une couronne de couleur doucement argentée permettait de les délimiter et de les distinguer du reste du blanc de l'œil.

-Tu es aveugle? demanda doucement sa maîtresse à son nouveau zanpakuto.

L'enfant rigola avec sa petite bouille effrontée.

-Oh non! J'te vois parfaitement, j'distingue les couleurs. Pas d'problème. Mes yeux sont blancs, c'est tout. Pas besoin qu'ils expriment ta dualité non? T'es une nouvelle nature. Ni rouge, ni bleu. Ni Kayu, ni Tsukitora. Blanc. Moi. expliqua t-il simplement avec un grand sourire.

Sa longue queue vint tapoter la joue de Sôrayel. Le contact était doux, agréable. Elle ne put s'empêcher de rigoler doucement, amusée.

-Mon nom est Koyuki.

La jeune fille fixa son regard clair sur ce petit être, incarnation de son pouvoir. Koyuki, l'enfant blanc. Né de l'enfant rouge et du tigre blanc... Elle le sentait, c'était plus qu'un instinct, c'était une certitude. Koyuki était son zanpakuto, à elle, et ce sentiment était beaucoup, beaucoup plus fort que tout ce qu'elle avait jamais ressenti avec Kage no Akayuki et Tsukitora. C'était comme si, enfin, elle était complète. Ce sentiment d'une plénitude infinie... Un sourire étira ses lèvres. Puis elle lui sauta dessus pour lui faire un gros câlin. Aussitôt, Koyuki piailla pendant qu'elle le serrait dans ses bras en rigolant.

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-Et quand je te libérerais?

-Mon shikai et ma resurreccion sont identiques, c'est toujours moi!

-Les deux en même temps?! Shikai et resurreccion? s'étrangla la jeune fille.

-Ouep. Mais on pourra les dissocier hein... Roh, le bordel monstre que ça va être!

Sôra rigola. D'accord, le langage façon Jaggerjack était encore là.

-Effectivement, va falloir qu'on s'entraîne!

-Bah, répliqua Koyuki amusé et perché sur les épaules de sa maîtresse, on a le temps non?

-Oh oui, on a le temps... se murmura doucement Sôrayel, savourant cette phrase. On a le temps.

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FIN

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OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN!

-Bah voilà. J'en étais sûre qu'elle allait se mettre à chialer.

NAOOOOON, C'EST FINIIIIIIIII! Y RESTE PLUS QUE L'ÉPILOOOOOOOOOOOOGUE! BOUINNNNNNNNNN!

-Putain, les pleurs de merde que cette humaine se tape...

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Épilogue.