Voila le premier chapitre, assez court lui aussi... Et avant d'aller plus loin je signale (car j'ai oublié de le faire avant) que ceci est un AU , et une fiction il ne se passe rien de tel à Londres! C'est promis!

Ensuite je remercie les personnes qui ont mis des reviews ^^ Je prendrais le temps d'y répondre :p

Réponse review anonyme:

Mrs C: Oui l'expression me semble très bizarre! Mais à part ça j'espère ne pas te décevoir et que ça ne partira pas en mayonnaise. ^^


Dans les sociétés du XXI siècle, la beauté était chose subjective, les yeux, le visage, les jambes, ou les mains. Chaque être trouvait un certain charme particulier chez l'autre, que ce soit le petit grain de beauté à la commissure des lèvres, de belles dents de la chance qui émerveillaient un sourire. Pourtant les goûts n'étaient pas si unique en soit, il y avait les canons de beautés, ces personnes au physique rêveur que l'on rêverai tous d'avoir un jour. Cela vacillait comme ci, ou comme ça selon les époques, joliesse était synonyme de mode. Et le style londonien d'aujourd'hui s'étayait énormément sur les femmes débauchées, la communauté n'avait plus de pudeur, les belles dames sortaient en tenue légère, et l'œil du mâle scintillait. La mâle dominant sur la jungle de béton, ce lion là n'avait pas peur de terrasser les adversaires pour jouir des gazelles aux alentours. La nuit à Londres devenait plus dangereuse qu'une journée entière dans l'Amazonie, les humains étaient bien plus féroces qu'un serpent de dix mètres. La nuit, les volets se fermaient précipitamment, les portes étaient sellées à double tour. Prudence aux touristes égarés car les bêtes se cachaient dans les rues sombres, leur yeux pleins de désirs brillants dans la pénombre. Londres n'était pas sûre après le coucher du soleil. Prenez garde.

Cependant les dogmes menaient à des erreurs, et les femmes n'étaient pas les seules dans ce milieu là. Les hommes les plus fragiles, les plus imprudents, insouciants devenaient des proies faciles. Néanmoins Sébastian n'attrapait pas qu'importe quel spécimens dans son logis, il les choisissait, les observait, les domptait pour en faire de gentil petit chien fidèle. Il était mauvais, très mauvais.

Et il possédait un spécimen, très rare, et très beau. Il possédait Sherlock Holmes. Il était magnifique, il représentait la beauté masculin à la perfection. Un visage sûr, pâle, creusé laissant apparaître sa mâchoire. Des lèvres pulpeuses, légèrement rosées, juste au dessus desquelles naissaient un fin duvet. Des yeux bleus profond, transperçant comme la lame d'un couteau, mystérieux et envoûtants qui vous laissaient sans voix. Son élégance, son charme, son éclat, sa magnificence et tant d'autres mots pour définir son esthétique n'avaient absolument rien d'humain. Certains disaient de lui qu'il appartenait à la race des dieux, que le ciel leur avait fait don d'un demi dieu. Les plus rationnelles pensaient que dame Nature l'avait gâté, les jaloux prétendaient que tout sur lui n'était qu'artificiel, que sa splendeur n'était que factice. Et il y avait les autres, les touristes, les hommes bons de Londres, les médecins, les soldats, les enseignants, les prêtes. Eux ne le connaissait pas. Sherlock Holmes faisait partie intégrante des ténèbres londoniens.

221B Baker Street, appartement spacieux et lumineux, au décor simple mais correct, aux grandes étagères de livres prêtent à céder sous le poids. Des tasses vides trônant au quatre coin du lieu, sur la table, le bureau, au pied du lit. Du papier, des centaines d'imprimés voltigeant à travers les pièces, allant d'un vieux bout de manuscrit à un article récent. Le plus surprenant peut-être était les cocottes en papier qui surplombaient l'appartement entier, des petits grues, des grenouilles, des tas de petites représentations faites uniquement avec du papier. Cependant malgré l'harmonie qui donnait vie à la pièce, le silence était le roi. Il était lourd, surplombait l'endroit, l'étouffait. Paradoxalement le domicile qui paraissait bien vivant, donna l'impression que le locataire devait mourir dans un coin. L'odeur de pourriture ferait alors pincer le nez des voisins quand sa charogne sera dévoré par les rats. Heureusement pour les mitoyens, l'homme qui résidait là était encore « vivant ».

Couché sur le canapé, une boule bleue remua légèrement, quittant avec angoisse le monde du rêve et réalisa avec dégoût qu'elle était toujours bien vivante. Non pas qu'elle avait de quelconques envies de suicide, mais sa vie l'écœurait, elle était répétitive et ennuyante. La chose recroquevillée sur elle même s'étira tel un félin au réveil, détendit ses longues et fines jambes blanchâtres le long de son pseudo lit. Les minutes s'écoulèrent avant que le chat bleui ne se remette à remuer, la tête apparut, dissimulée sous une épaisse chevelure bouclée aux reflets bruns. L'animal se retourna sur lui même dans un mouvement las et éreintant. Les rayons du soleil filtraient à travers les rideaux, illuminant son teint livide du matin. Il leva la main au ciel, comme pour saisir quelque chose, et scruta avec attention ses phalanges, longues fines blanches dévoilant ses veines. Il était en vie. Serrant le poing, il poussa un grognement contre lui. Aujourd'hui était encore un jour fade, terne et sans intérêt pour Sherlock Holmes.

Lumière. Soleil. Jour. Matin. Oiseaux ? Tôt. Silence. Cris. Personne. Enfant. École. Semaine. Lundi, ou Mardi. Peut-être bien Jeudi. Jeudi matin. Client. Client Mauvais. Steward. Marié. Infidèle. Pervers. Idiot. Sadique. Monstre de la pire espèce. Toquer. Porte. Quelqu'un. Steward ? Trop tôt. Retoque. Quoique. Coup. Pied. Violent. Aucun doute Steward.

Sherlock Holmes ouvrit les yeux, les coups dans la porte se firent plus violents encore. Il rechigna, et bondit hors du canapé. Ne prêta guère attention aux secousses que subissait son entrée, le jeune homme se dirigea vers l'évier pour y prendre une tasse de thé datant de la veille. Il y bu une gorgée, et grimaça, l'eau aromatisé n'avait plus bon goût , il déversa le reste dans l'évier. Les heurts impulsifs et effrénés ne cessèrent pas. Le brun habillé de son unique robe de chambre classique, s'y rendit finalement. Posant avec lenteur sa main sur la poignée glacée, hérissant le duvet de sa main, il enclencha la porte.

Derrière le seuil, un homme aux allures anodines se tenait debout, vêtu d'une tenue modeste un pantalon noir coupe droite qui retombait sur ses chaussures de ville en cuir usées par le temps. Une chemise froissée en guise de haut, sans cravate, col ouvert laissant à découvert les poils noir de son torse. Pilosité noir identique autour de sa mâchoire, lui donnant l'air d'un échappé de prison. Une coupe de cheveux à la brosse, les quelques mèches retombant sur le front en sueur cachant sans peine d'énormes sourcils froncés. Son visage tiré en arrière et amoché par les années, non dissimulé par les rides creusées sur son front, autour de ses yeux, le long de sa mâchoire. Il avait une tête de taulard et sa mine furieuse n'arrangeait rien.

Le demi-dieu puisque c'est ainsi que certains le nommaient, le fixa un long moment, comme cet homme le dégoûtait, et dire qu'il allait devoir sentir ses mains sales sur son corps. Il n'était pas pur non plus, mais plus les jours s'écoulaient, et plus il se sentait salit, poisseux, malpropre. Pourtant il n'y avait aucune issue et ce matin encore, il passerait des heures sous l'eau glaciale essayant en vain d'effacer les peines et la douleur qui résidaient en lui depuis maintenant plus d'un an.