Rude, tout ceci à était rude, je n'ai mis que 8 jours à publier la suite! D'accord nous sommes en vacances, oui ça joue beaucoup le temps libre, mais nous avons combattu avec Meyan pour écrire ce chapitre. Du moins je l'ai écrit et je l'ai généreusement exploité pour me corriger, mais ce n'est pas grave elle est génial (conseil allez lire sa fanfiction La croisée des solitudes )
Je remercie EmyKlevers,Meyan,Vera Spurnes,love NCIS - Sherlock BBC,lessien calmcacil pour leur reviews. Ainsi que ceux qui m'ont ajouté en alerte!
C'était une nuit ordinaire qui s'achevait au St Mary's Hospital. Le service des urgences avait comme à son habitude accueillit un nombre effarant de victimes de ce fait la petite pièce peinte d'un blanc propre, accentuant le côté stérilisé de l'hôpital était envahi de monde. Cette foule était écrasée sur elle même, elle sentait fort, dégageant une odeur d'angoisse mêlée à une panique générale. Les créatures enfermées s'essoufflaient, l'air se faisait rare. Les corps se collaient, s'entrechoquaient, les mains se serraient, s'entremêlaient. La vague humaine tanguait de gauche à droite. Quelque uns protestaient, d'autres ne supportaient plus l'attente. Les femmes hurlaient, les enfants braillaient. La terreur résonnait dans leurs voix, la peur emporta tout avec elle cette nuit là.
Les médecins, infirmières ou aides-soignants avaient en vain essayé de garder leur sang froid. Mais ce soir, comme toujours, l'appréhension prit le dessus. Les aides-malades parés de leurs blouses blanches avec stéthoscopes enroulés autour de leur cou et seringues aseptisées, apparurent par dizaines dans la salle des urgences. La foule au summum de la panique, se précipita sur eux les secouant de toutes parts.
« Aidez-nous ! » « Vous devez faire quelque chose » « J'ai besoin de vous ! »
C'était le discours habituel des victimes prises au dépourvu. Celles qui paniquaient quand leurs enfants venaient de tomber dans les escaliers, celles qui venaient d'avoir un accident. Mais le lieu était surtout remplit des victimes dites de Catin. Les docteurs utilisaient ce code dans leurs services lorsqu'un nombre impressionnant de personnes touchées par le drame actuel de Londres se présentaient à l'hôpital. Depuis peu, cette situation avait pris une place majeure dans l'établissement. Les médecins ne savaient plus où donner de la tête, pourtant ils savaient qu'ils ne devaient pas défaillir face à la gravité de la situation. Les accidentés semblaient traumatisés, sans repères, perdants la raison. Frappés par ce qui leur arrivait, ébranlés par les fragments de récents souvenirs. Ils tremblaient, leurs muscles étaient tendus au maximum, leurs dents claquaient les unes contre les autres. Quelques uns voulaient qu'on s'occupe d'eux tout de suite, d'autres se recroquevillaient sur eux même. Il y avait urgence et le Docteur Watson le savait.
John Watson était un médecin reconnu dans le pays, diplômé de l'Imperial College London, il avait gagné sa notoriété avec ses études très poussées sur l'autisme , par ses multiples interventions médicales dans des hôpitaux comme au sein de l'armée. Son statut lui avait permis de décrocher le poste de médecin chef au St Mary's, et désormais, sa seule préoccupation était de sauver les victimes du proxénétisme londonien. Pourtant ce jour là il ne quitta pas son bureau, laissant ses collègues se charger des patients, il avait découvert une faille à la débauche. Et il ne comptait pas la laisser filer.
Le bureau du Docteur Watson était immense, si grand qu'on pouvait y placer quatre lits deux places avec aisance. Tout était propre et à chaque chose à sa place. Le violet de la tapisserie se mariait élégamment avec les rideaux verts pomme, les rayons de la lune y filtraient éclaircissant le plancher couleur taupe. Les quelques meubles en pin, étaient agrémentés de toutes sortes d'attirails médicaux; squelettes miniatures, mâchoires en plâtre, seringues pour enfants. Mais aussi de petites décorations superflues comme des pots de fleurs, des cadres d'animaux, des figurines en porcelaine. Dans un angle arrondit se tenait debout un squelette grandeur nature, ses bras sans muscles ni sang se collaient le long des côtes blanchâtres et jaunies par le temps. Il avait été à de nombreuses reprises plus bavard que le médecin lui même. Ce dernier préférant largement le tic-tac de son horloge suspendu au mur, que de briser le calme de la pièce.
Cependant cette nuit, le bruit soporifique de l'aiguille qui tournait sans fin était à peine distinct. Cette nuit John avait réussi à amener dans son bureau quelqu'un d'autre que des collègues. Ce n'était pas un patient, ni même une femme qu'il aurait eu la chance de rencontrer. Et de toute évidence il avait toujours préféré les hommes. Mais il avait, assis en face de lui, une prostituée. Ce n'était pas la pauvre étrangère forcée de vendre son corps pour un misérable bout de pain. C'était une femme consentant à ce genre d'activités lugubres, vautrée dans un des fauteuils noirs du bureau. Lui-même ignorait comment ce genre de créatures ignoble avait pu s'introduire dans l'hôpital, mais il savait qu'il la tenait captive ici.
La catin qui était vêtue d'une tenue en cuir ridiculement courte avait les jambes croisées. Si ce n'était son air effronté et son maquillage excessif la demoiselle avait l'allure d'une femme bourgeoise . Peut-être menait elle une double vie? Se demanda le médecin qui n'avait toujours pas prononcé un brin de parole depuis son arrivée. Mais il connut bien trop vite la réponse à ses questions quand cette derrière vint s'asseoir sur le bureau. Elle bazarda les papiers qui traînaient là, donna un petit coup de fesses dans la lampe qui faillit finir par terre, posa langoureusement son postérieur sur le meuble, et se pencha en avant, offrant à John une vue plongeante sur sa généreuse poitrine.
« Je ne me suis jamais fait de médecin aussi beau » lui souffla-t-elle en s'approchant délibérément de lui, glissant une mains sur son torse, ses ongles manucurés griffaient les mailles de sa blouse. Il avait de suite calmé le jeu en saisissant avec force la patte de la hyène, celle ci avait ri. Un rire mauvais et strident qui vous perce le tympan.
« C'est que vous êtes résistant » Ricana la poule de luxe.
John fronça les sourcils, essayant de lui lancer le regard le plus noir possible et déclara d'une voix calme ; « Ce genre de jeu ne m'intéresse pas »
Elle arqua un sourcil étonné, pourtant elle reprit rapidement son air sûr, lui lançant un regard sensuel, l'animal en cuir attrapa son menton pour l'attirer vers elle . Elle ria de nouveau, dévoilant ses dents jaunes, cachées derrière un rouge à lèvres vif . « Vous n'êtes pas le premier docteur à me dire cela, mais Sebastian les a tous fait changer d'avis . Tous ces malheureux bureaucrates mariés refusaient mes avances, mais aujourd'hui ils se battent pour m'avoir dans leurs lits. »
« Vous êtes donc sous tutelle de Monsieur Moran. »
« Je ne l'ai jamais vu. »
« Quel hasard, moi non plus. »
« Mais vous finirez par le rencontrer, il vous aura vous aussi. » Siffla la prostituée, et John cru voir l'espace d'une fraction de seconde de la tristesse dans ses yeux cernés de maquillage noir.
« Je compte bien le rencontrer. »
« Oh! Vous êtes un courageux, vous n'avez donc pas peur du grand méchant loup de Londres? »
« Les loups sont loin d'être des animaux féroces. »
« Vous ne le connaissez pas. »
« Et puisque je finirais par l'apprendre de toute façon, dites-moi maintenant où je pourrais le rencontrer. »
« Je ne donne pas ce genre d'information. » Cracha-t-elle en croisant les bras sous sa forte poitrine. John devait s'en douter car il sortit de son tiroir une liasse de billets, il sourit intérieurement en voyant la mine surprise de la femme et lui tendit.
« Une info, dix livres. » Elle sembla hésiter un long moment, se mordant les lèvres.
« Alors ne dites rien à propos de moi à Seb. »
« C'est entendu.. ».
« En ce moment il traîne dans les bars au sud de la ville »
« Dix. »
« Il s'y rend aux alentours de deux heures du matin. »
« Vingt. »
« Je ne peux pas vous dévoiler comment il envoûte ses clients, mais méfiez-vous, il n'est jamais seul. Trois hommes de main sont toujours à ses côtés. »
« Trente. »
« Je ne peux pas vous en dire plus...Cependant un dernier conseil, ne touchez jamais à Holmes. »
« Quarante...Holmes? »
« Vous comprendrez bien vite » Finit elle en s'emparant des livres que John avait promis. Qu'elle glissa entre ses seins.
D'un geste de main, il lui indiqua la sortie qu'elle s'empressa d'atteindre sans un mot.
Le blond passa une main dans ses cheveux, il était épuisé. Fatigué de tant de travail, et surtout de cette situation. Malgré tout, il avait découvert le début d'une piste et ne comptait pas s'arrêta là.
Il n'eut pas le temps de se reposer et de s'étendre dans son siège, qu'un chef de service se précipita dans la pièce, essoufflé il se tint les genoux quelques minutes avant de reprendre. "Watson, un cas niveau 5, chambre 445" Le dit Watson fronça des sourcils et se dirigea aussitôt vers les escaliers pour rejoindre la chambre en question. Tout en montant les marches trois à trois, il pensa à la première fois qu'il avait dû soigner un cas niveau 5. C'était un code entre eux, qui avait permis de mesurer le degré de traumatisme chez les victimes dites de Catin. Ils avaient jusqu'à aujourd'hui diagnostiqué des cas allant de 1 à 4, les cas extrêmes étaient rares. C'était il y a deux mois, une jeune femme d'une vingtaine d'années avait subi le même sort. Elle avait hurlé, déchiré la tapisserie, balancé les meubles aux alentours. Elle pleurait sans cesse et s'égosillait quand les infirmières essayèrent de l'approcher, mais l'instant d'après elle s'était mise à trembler comme une feuille. Elle était parcouru de spasmes, ne contrôlant plus rien. Deux minutes plus tard, elle s'écroulait au sol, arrêt cardiaque, mort immédiate. Les spécialistes de la santé n'avait rien pu faire pour la sauver, ils s'étaient senti inutiles, se promettant d'être plus vigilants à l'avenir. Plus tard, ils avaient déposé un pot de fausses fleurs dans la chambre, qui ne bougerait plus. Sur le pot était gravé ces quelques mots :
"En Mémoire d'Emma, Victime Dites de Catin Niveau 5. Pour Elle et pour tous les Autres, Nous nous battrons pour vaincre ce Fléau"
John arriva devant la chambre 445, se remémorant ces mauvais souvenirs et essayant de les caler au fond de sa mémoire, il pénétra dans la pièce. A sa grande surprise, la victime n'était pas en train de mettre la chambre sans dessus-dessous, elle était roulée sur elle-même, et se balançait d'avant en arrière. Le blond haussa les épaules questionnant les aides-soignants du regard. D'un pas prudent il se posta face au jeune garçon, il ne devait pas avoir plus de quinze ans. Sans que le docteur ne lui demande quoique ce soit, il lui présenta ses avant bras scarifié par la lame d'un couteau.
« C'est de toi ? »Demanda le blond ne quittant pas du regard l'adolescent.
« Je devais le faire. »
« Pourquoi ? »
« Il allait me tuer. »
« Qui ça ? »
« Je ne sais pas... »
« Tu ne te souviens de rien ? Un nom ? Un visage ? Une mimique ? »
« Ils vont me tuer ! » S'exclama le garçon en se prenant la tête dans les mains, il se balança d'avant en arrière plus rapidement, son front tapa vigoureusement contre le barreau du lit. Aussitôt le médecin saisit sa tête pour le stopper, et remarqua la balafre sur son crâne. Il caressa sa joue tendrement, faisant des cercles avec ses pouces.
« Tu ne risques plus rien ici. »
« Ils me retrouveront et me tuerons ! » Beugla le jeune garçon voulant se retirer.
« Je te protégerais »
« Ils savent où je suis ! Ils vont venir ! Je ne veux pas mourir ! »
« Calmes toi, comment t'appelles tu ? »
« Timothé... »
« Ecoute Timothé, ici tu ne risques rien, les autres médecins et moi même s'occupons de toi. »
« Ils seront là Monsieur... Personne ne peut rien faire. »
« Je te promets que je me battrais pour vaincre ce fléau, Timothé. » Lui rassura John en tapotant amicalement son épaule. L'adolescent lui fit un timide sourire qui s'effaça aussitôt, un cri hystérique venait de résonner dans le St Mary. La nuit semblait loin d'être finit.
Plus long? D'accord on se perd un peu, mais pour vous éclaircir c'est normal qu'on se sache pas pourquoi les victimes dites de Catin sont traumatisés, John l'apprendra plus tard. Bien plus tard on retrouve Sherlock au prochain chapitre. Bisous les nouilles.
