7 ).
John Sheppard s'installa à la place occupée précédemment par Carson Beckett.
-Bonjour Rodney, comment ça va aujourd'hui ? Demanda t-il sur un ton jovial.
-Mais je vous en prie, colonel, installez-vous, ne vous gênez surtout pas.
-Allons McKay, vous êtes encore de mauvaise humeur. Votre laboratoire n'a pas explosé pendant votre absence, que je sache.
-Colonel, vos parents ne vous ont pas appris la politesse ? En l'occurrence de demander avant de vous installer à une table déjà occupée.
-Ma mère m'a parfaitement bien élevée, McKay, elle a toujours été fière de moi et c'est elle qui a fait ce grand et beau garçon, poli et bien élevé qui vous fait face, répliqua le militaire sur un ton ironique.
-Hum, et bien je suppose que l'amour maternel est aveugle, répliqua le scientifique en plongeant sa petite cuillère dans sa jello, elle vous a appris la modestie aussi ?
-C'est vous qui me dites ça, à moi ! s'exclama le militaire suffoqué. Vous ne manquez pas de culot vous qui clamez à qui veut l'entendre que vous êtes un génie !
-Mais c'est parce que je le suis, colonel. Et je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous intéresser, ma mère ne m'a jamais appris à être humble, je vous l'assure.
-Je n'en doute pas McKay, je peux voir le résultat.
-Je peux voir la même chose chez vous, colonel. Bien sûr je ne parle pas d'intelligence et encore moins de génie. Je fais allusion à votre physique dont vous faites tant de cas et dont vous semblez si fier.
-McKay, vous faites erreur, je ne parle jamais de mon physique.
-Non, mais c'est tout comme, vous en jouez. Vous êtes aussi imbu de vous même que je le suis de mon génie.
-Vous avez encore vos parents McKay ? s'enquit le militaire qui ne voulait pas s'engager sur une pente qu'il sentait glissante. Il sentit qu'il valait mieux s'aventurer sur un autre chemin sinon Rodney ne manquerait pas de faire allusion aux " bimbos de l'espace " et à ses conquêtes et s'il y avait une chose qu'il détestait par-dessus tout c'était de s'entendre appeler Capitaine Kirk par le scientifique.
-Non, ils sont morts tous les deux, il ne me reste qu'une sœur et vous colonel ?
-Ils sont morts également, je n'ai personne pour me regretter sur Terre, même mon ex a dû m'oublier depuis longtemps.
-Pareil pour moi. Heureusement que nous n'avions pas de gosse. Quoique parfois je me demande si je n'ai pas le devoir de me reproduire, histoire de transmettre à l'humanité mon patrimoine génétique exceptionnel !
-McKay ! s'exclama Sheppard en regarda sous la table.
-Mais vous faites quoi colonel ?
-Je m'assure que vous n'avez pas les chevilles qui enflent là !
-Mais je plaisantais, vous n'avez donc pas le sens de l'humour. Bon, c'est vrai que ce n'est pas une qualité requise chez les militaires américains.
Le militaire eut une moue dédaigneuse, montrant par là qu'il se fichait bien de l'avis de Rodney sur l'armée américaine mais ne répondit pas. Les deux hommes se concentrèrent sur leur repas.
-Ronon n'était pas avec vous ? Demanda le scientifique curieux, je croyais l'avoir aperçu tout à l'heure.
-Oui mais il avait un renseignement à demander au docteur Beckett. A propos il était là, à ma place il y a un instant.
-Quel talent d'observation vous avez colonel ! admira Rodney ironique.
-McKay, rétorqua le militaire redevenant sérieux, n'oubliez pas la conversation que nous avons eu sur le site Alpha. Je vous ai mis en garde et j'espère que vous en tiendrez compte.
-Colonel, soupira le scientifique, Carson Beckett n'est pas un danger alors il n'y a pas lieu de me mettre en garde après lui. Je vous le répète, c'est un ami et cela m'est vraiment désagréable de vous entendre parler de lui ainsi.
-C'est pour votre bien Rodney. Vous parliez de quoi avec lui tout à l'heure ?
-Mais cela ne vous regarde pas Sheppard ! S'exclama le canadien devenant tout rouge. Il saisit son plateau et se leva brusquement.
-Hum, je vois, ah vous voilà Ronon, asseyez-vous, Rodney allait justement s'en aller. A tout à l'heure McKay !
-Co..comment ça à tout à l'heure, s'étonna le scientifique en fronçant les sourcils.
-Rodney, ce soir nous sommes attendus tous les quatre, Teyla, Ronon, vous et moi par Elisabeth afin de planifier nos prochaines missions, vous avez oublié ?
-Euh, non..enfin, oui, avoua Rodney.
-Dans une demi-heure, soyez à l'heure. Mais vous avez l'air ennuyé, vous aviez un rendez-vous peut-être ? S'enquit le militaire sur un ton faussement navré. Il s'aperçut avec plaisir que l'embarras du canadien augmentait Celui-ci rougissait de plus belle. Oh, c'était un rendez-vous d'ordre privé ? Elle est jolie au moins
Le scientifique lui adressa un regard noir.
-Ce n'est pas vos affaires Sheppard, je fais ce que je veux, gronda le scientifique. Dans l'énervement il laissa glisser les couverts de son plateau. Ronon les ramassa et les reposa à leur place.
-Merci Ronon. Vous savez ce que j'apprécie chez vous, dit-il en s'adressant au satedien, c'est que vous ne vous mêlez pas de la vie des autres. Il y en a qui devrait en prendre de la graine.
Sur ce il lança un regard entendu au colonel et s'en fut.
-Qu'est-ce qu'il a McKay, demanda Ronon en tirant vainement sur la petite languette en plastique de la boite hermétique qui contenait une espèce de pâté en gelée.
-C'est pas son jour, grommela Sheppard. Donnez-moi ça, c'est trucs n'ont pas été conçus pour des grosses paluches comme les votre.
Il tira sur la languette et expulsa la pellicule de plastique. Tenez, voilà, vous pouvez manger.
Ronon extirpa le pâté et l'enfourna en un seul morceau dans sa bouche.
John soupira.
-Vous avez un problème avec lui ?
Cela sonnait comme une question mais le militaire ne s'y trompa pas. C'était une affirmation. Il connaissait suffisamment le satedien pour faire la différence. Peu de choses échappaient à ce dernier et il possédait un don d'observation indiscutable, certainement aiguisé par ses années de fuites quand il servait de gibier aux wraith. Cette longue traque avait développé pas mal de talents très utiles à l'équipe, John ne s'y était pas trompé quand il l'avait pris avec lui.
De plus Ronon était un homme perspicace.
-J'essaie d'aider Rodney à ne pas faire des erreurs qu'il pourrait regretter ensuite. Mais il faut dire qu'il n'est pas très coopératif, expliqua Sheppard.
-Il est libre, argua le coureur tout en soulevant une escalope panée entière avec sa fourchette. Il s'absorba dans la contemplation de cette étrange nourriture puis finit par se décider. La viande suivit le pâté.
John le regarda, fasciné. Mais comment faisait-il pour avaler tout cela d'un coup ?
-Rodney est..comment dire ? C'est quelqu'un de très intelligent, le plus intelligent mais il est influençable, vulnérable même, il ne veut pas le reconnaître mais il a besoin d'aide et de conseils.
-Et en quoi cela vous concerne qu'il fasse des erreurs, Sheppard ?
-Ronon, McKay fait partie de notre équipe. S'il a des problèmes cela pourrait avoir des répercutions et entraîner des complications qui auraient éventuellement de graves conséquences sur nos missions.
-Non, affirma le satedien sur un ton péremptoire.
-Non quoi ? Demanda le militaire étonné.
-Non, Sheppard, ce n'est pas la raison. McKay est un homme, c'est un adulte tout à fait capable de se prendre en charge. Il jeta un coup d'œil perçant au militaire assis en face de lui. Vous ne me dites pas tout. Il attendit un moment et souleva sa fourchette sur laquelle se tenait en équilibre une montagne de purée. Vous avez vos secrets, continua t-il. Nous avons tous nos secrets, McKay, vous, moi et les autres. Et nos raisons d'agir. Parfois le cœur nous les dicte, d'autres fois la raison, c'est comme ça. Nous faisons nos expériences et nous apprenons, souvent tout seuls. Il sourit en désignant sa fourchette. Très bon, continua t-il en dégustant la purée.
-Mais Ronon, c'est mon ami, vous comprenez tout de même le sens de ce mot, non ? demanda le colonel tout en soulevant un sourcil. Je veux seulement lui éviter de faire des erreurs et d'en souffrir ensuite.
Le satédien le dévisagea quelque secondes sans rien dire. John Sheppard, mal à l'aise se tortilla sur sa chaise.
-Votre ami ? Demanda t-il sur un ton dubitatif.
Le militaire ne répondit pas et feignit de s'intéresser subitement à la purée qui accompagnait sa viande.
Les deux hommes se turent et s'absorbèrent dans leur repas. Ce ne fut qu'au dessert que Ronon reprit la parole.
-Laissez-le, dit-il brusquement repoussant la jello bleue sur le bord de son assiette. Les hommes ont le droit de faire des erreurs parfois, elles ont leur place. Et puis, qu'est-ce qui vous dit qu'au contraire il n'est pas en train de faire une expérience qui le rendra heureux et lui apportera ces moments de bonheurs auxquels nous aspirons tous ?
A suivre…
J'en ai marre de voir Ronon comme une grosse brute écervelée. Pour moi c'est un homme que les circonstances ont obligé à occulter certains aspects de la civilisation et qui n'a guère eu le loisir de pratiquer la conversation de salon pendant ses années de coureur. Bon, c'est vrai que c'était un militaire mais ça ne l'empêche pas d'être perspicace et intelligent et de savoir s'exprimer. D'ailleurs, je lui trouve un regard très intelligent, il n'a pas l'œil morne et l'air avachi comme certains dans la série…Hum, suivez mon regard.
