Le petit chapitre trois, tout beau tout frais pour vous petits lémuriens.
J'ai 24 heures de retard, mea cupla. Je ferai mieux la prochaine fois, promis.
Par manque de temps pour cette fois, je ne pourrai pas répondre aux review, mais promis je le ferai au chapitre suivant.
Enjoy petits phacochères.
Chapitre 3.
Dire que Draco Malfoy se trouvait dans un état d'angoisse intense était un euphémisme lorsqu'il sonna à l'immense porte en bois de chêne de la demeure du Docteur Granger à 13h54. La panique, voire l'épouvante hallucinatoire aurait été des termes sûrement plus appropriés.
Une femme échevelée, toute ronde et tout sourire lui ouvrit la porte et claironna :
—Vous êtes en avance mon petit ! En voilà un qui veut sa place !
Il passa une main dans sa chevelure blonde platine avec un sourire gêné, et ne sachant quoi dire, il fit un mouvement pour entrer quand la rouquine posa une main sur son épaule gauche.
—Tut tut tut, pas si vite. Nom, prénom, âge, situation professionnelle, demanda-t-elle, plus sérieusement cette fois.
Draco secoua la tête, étourdi.
—Euh...euh...
Bon sang, qu'est-ce que tu fous ? Elle te demande ton nom et ton prénom ce n'est pas compliqué !
—Euh...
La vieille femme posa ses deux poings sur ses hanches, et prit un air sévère :
—Ce n'est pas moi qui vous effraie jeune homme, j'espère ? Sinon vous pouvez déguerpir de suite.
Draco résista à l'envie oppressante de s'enfuir à toutes jambes. Il lui fallait cette place. Pour Katy, pour Blaise, pour sa mère... pour lui.
—Malfoy, Draco, vingt-et-un ans, entremétier, pâtissier, et parfois saucier au restaurant l'Elégance.
Molly nota toutes les informations dans un petit carnet en cuir rouge, une moue pincée collée sur son visage rond. Draco ne put s'empêcher de la trouver rassurante, malgré son humour un peu douteux.
—Draco, c'est le nom ou le prénom ?
Ce-dernier fronça le sourcil, presque vexé.
—Eh bien, c'est mon prénom, répondit-il.
—Très bien, sourit la vieille femme. Entrez Mr. Malfoy.
Celui-ci ne se fit pas prier, et pénétra l'immense hôtel particulier du docteur Granger.
Etonnamment, l'abondance de luxe ne le surprit pas. Il y était plus ou moins habitué avec toutes les séries télévisées, et il se rendit d'ailleurs compte que ce n'était presque pas exagéré à la télé. L'entrée se prolongeait sur quelques mètres le sol marbré blanc reflétait les multitudes de lumières que diffusait un lustre imposant, vraisemblablement fait en cristal, suspendu à trois ou quatre mètres au dessus du sol. Sur la droite se trouvait une immense porte boisée et fermée, et des escaliers eux aussi en marbre, gris-blanc cette fois. Dans l'énorme hall d'entrée étaient alignées des tas de tables, toutes recouvertes d'un drap blanc. Ils veulent qu'on improvise se réjouit Draco intérieurement. Il était excellent en improvisation. Il adorait créer, ou recréers des plats, selon son humeur, selon les ingrédients donnés étonner le client, faire jubiler les papilles, tel était son mode de fonctionnement.
Il n'était pas le seul à être déjà arrivé.
Une jeune asiatique se tordait les mains dans tous les sens en piétinant sur place devant la première table. Elle lui jeta un regard inquiet quand il vint se placer à côté d'elle.
—Draco, se présenta-t-il.
Elle le dévisagea, presque terrifiée. Comme si... comme si elle le considérait comme un ennemi.
—Cho, murmura-t-elle.
Il lui adressa un sourire bienveillant et il la vit se détendre.
La porte s'ouvrit de nouveau sur une métisse aux yeux gris, suivie de près par une jeune femme aux cheveux noirs corbeaux coupés au millimètre près, tout comme sa frange qui assombrissait considérablement son regard émeraude. Un pantalon taille haute lui allongeait interminablement les jambes, et un chemisier gris perle moulait sa poitrine généreuse.
Draco lui jeta un regard navré navré par la vulgarité que dégageait cette fille, malgré son apparente élégance. Sa bouche tartinée d'un gloss rose pétard qui machouillait un chewing-gum et ses yeux surchargés de noir, la cambrure aguicheuse de sa hanche lorsqu'elle se plaça près de lui, son sourire ignoblement charmeur tout en elle respirait la provocation.
Vers 14h30, Molly fut forcée de jeter dehors les retardataires qui tentaient de forcer l'entrée, presque en hurlant ou en pleurant. Draco soupira, soulagé, et remercia intérieurement Blaise. Il n'aurait pas supporté de se faire jeter dehors s'il était arrivé au dernier moment.
Il se plaça droit comme un piquet derrière sa table, une boule de stress tordant son ventre. Ses yeux dégringolaient sur les bosses que formait le drap qui nappait la table. Il faisait travailler ses méninges à deux milles à l'heure il tentait de s'imaginer quel plat il pourrait bien cuisiner en un laps de temps limité. C'était sûrement ce qui l'oppressait le plus : épater le couple Granger en un temps donné.
—Votre attention, s'il-vous-plaît.
La voix grave, profonde, caverneuse du Docteur Granger résonna dans tout le hall. Il apparut en haut des escaliers en marbre, vêtu d'un smocking noir. Sa carrure impressionnait ses yeux noirs fixaient tour à tour chacun des petits cuistos qui se tordaient les mains sous leur table, électrifiant l'air. Une mâchoire carrée, les tempes grisonnantes, les cheveux coupés en brosse il respirait l'autorité. Draco se surprit à penser qu'il préférait s'enfuir en hurlant de cette maison plutôt que d'être sous les ordres de cet homme, qui semblait dépourvu de tous sentiments humains. Mais il ne pouvait plus reculer.
—Vous avez une heure pour cuisiner, à partir des ingrédients qui vous sont donnés, de quoi vous faire sélectionner. Au bout d'une heure ma femme et moi viendrons goûter ce que vous aurez fait.
Rien de plus, rien de moins. Concis et clair.
Draco sentit la panique l'envahir.
Tu sais cuisiner Draco, tu peux le faire.
Il ferma les yeux et gémit intérieurement, puis glissa un regard à côté de lui. Il passerait en troisième, si les Granger commençaient par sa rangée. Auquel cas, il ne fallait pas hésiter à faire quelque chose de copieux, voire de lourd, sachant qu'ils n'en prendraient qu'une bouchée, et avec un peu de chance, ils n'auront plus beaucoup faim pour le reste des candidats.
Plusieurs petits plats ?
Tout dépendrait de ce qu'on fournirait comme ingrédients.
—Vous ôterez la nappe à mon signal, cria Molly. Puis avant de commencer, vous inscrirez votre nom sur l'étiquette qui se trouve en haut à gauche de la table.
Le cerveau de Draco marchait à plein régime.
—Allez-y !
O*o*o*o*o*O
Hermione faisait défiler de son pouce manucuré son fil d'actualité Twitter, Almost de Bowling for Soup à fond dans les oreilles. Elle passa à Facebook et atterrit enfin sur Times magazine, en soupirant. Peut-être que les catastrophes seraient, elles, intéressantes.
Une femme qui a assassiné son bébé de six mois, le nombre de mort en Syrie, le Pakistan qui menace le Royaume-Uni d'invasion – pour changer – les éboueurs de Bristol qui ont enflammé un camion, la première dent du prince George, etc. Passionnant somme toute.
Il ne faisait aucun doute : Hermione s'ennuyait ferme. Et elle détestait s'ennuyer. Elle jeta un regard au désordre de sa chambre qu'elle était censée rangée, puis dans son agenda qui traînait au pied de son lit, et décréta que malgré tout ce qui était noté dedans, ce n'était pas urgent au point de nécessiter son attention.
Elle retira donc les écouteurs de ses oreilles, et commença à se rouler une cigarette quand un cri au rez-de-chaussée attira son attention :
—Allez-y !
C'était Molly.
Un boucan sans nom suivit un mélange de brouhaha et de chocs sonores provenaient du hall. Elle se pinça l'arête du nez en poussant un profond soupir, lâcha son filtre, ses feuilles et son tabac, enfila un pull à capuche noir moulant par dessus ses sous-vêtements – elle avait été trop fatiguée pour se rhabiller, et une paire de chaussons en forme de panda, puis sortit de sa chambre et fourrageant ses boucles indisciplinées.
Elle se pencha par dessus la rembarde en haut des escaliers pour avoir une vue assez complète du tableau, et se prit à sourire devant l'effervescence qui régnait sous ses pieds. Ça s'activait dans tous les sens, tandis que les quelques invités des Granger déambulaient entre les tables tout en faisant quelques commentaires, sans pour autant déconcentrer les cuisiniers.
Soudain, l'un d'entre eux attira l'attention d'Hermione.
Elle sentit son cœur battre un peu plus vite pas grand-chose. Ses traits fins, doux, presque ceux d'un ange. Cette touffe brune et ces yeux verts... Ils étaient splendides. Elle se mordit la lèvre en poussant un léger soupir. Pourvu qu'il soit pris, supplia-t-elle intérieurement.
Elle était tellement envoûtée par le jeune brun qu'elle ne remarqua pas des yeux gris métalliques braqués sur elle, qui la dévoraient tendrement du regard...
•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_•_
Et voilà mes petits lamas des îles. En espérant que ce chapitre vous aura plu, dites-moi vos impressions, sensations, attentes, peurs... N'hésitez pas, lâchez-vous !
Bises
Loops.
