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Jumper1 se posa sur le continent. La porte arrière s'ouvrit et ses passagers en sortirent.
Les athosiens vinrent à leur rencontre et Teyla, heureuse de retrouver les siens embrassait chacun avec effusion. Son peuple lui manquait. Elle était reconnaissante aux atlantes pour l'aide apportée à ses amis et pour la façon dont ils l'avaient accueillis sur Atlantis mais elle savait que sa véritable place était parmi les siens. Elle était leur chef et un jour elle reviendrait définitivement pour prendre la place qui était la sienne. En attendant elle se battait aux cotés des atlantes. Elles leur apportait ses savoirs et sa connaissance des autres peuples les aidait grandement dans leurs échanges et leurs explorations. Elle apprenait également beaucoup d'eux.
Halling s'avança, l'air grave. Rodney McKay le dévisagea. Il se sentait toujours mal à l'aise face à cette homme. Etait-ce dû à sa haute stature ou bien à la façon dont il scrutait les gens ? Il ne le savait pas trop. A quelque part les athosiens le dérangeaient. Toujours si sûrs d'eux, ne se plaignant jamais, ils semblaient emprunts de dignité et de sagesse. Cela agaçait Rodney. D'autre part il se serait bien abstenu de faire le voyage mais Sheppard avait insisté, arguant qu'il désirait lui donner une leçon de pilotage au retour. Il murmura un vague bonjour et s'absorba dans la contemplation de l' écran de son ordinateur portable.
-Bonjour docteur McKay, est-ce que tout va bien pour vous ?
Et en plus aimable ! Ces fichus athosiens se mettaient rarement en colère et étaient d'un caractère généralement doux et convivial. Cela ne les empêchait pas d'avoir tout de même du tempérament. Halling avait réagi avec fermeté quand sur Atlantis certains les avaient soupçonné d'informer les wraith.
Rodney leva les yeux de son ordinateur.
Bon, s'il fallait être courtois, il allait donner à Halling sa dose, ce qui lui permettrait d'avoir la paix.
-Très bien, et vous ?
-Les récoltes sont bien avancées et nous avons commencé les défrichements afin de faire face à un éventuel besoin en champs cultivables. Nous espérons bientôt commercer avec d'autres peuples. La nouvelle variété de maïs qui provient de votre planète s'accommode bien à notre terre et la moisson est abondante. Savez-vous que nous avons dû construire en hâte de nouveaux silos ? Quand à votre quinoa, nous expérimentons mais je crains qu'ici il le climat ne soit pas propice à ce genre de culture et…
Rodney vaincu sourit et tacha de prendre l'air intéressé. Merde, il allait devoir subir un topo sur l'agriculture et la moisson sans compter la description des fêtes qui en accompagnerait la fin, suivie bien sûr de l'inévitable invitation aux futures festivités.
Teyla vint à son secours.
-Halling, je suis si heureuse de te voir. Je vais rester deux jours ici avec Ronon. Tu sais que nous devons entraîner notre peuple à combattre.
-Nous sommes des agriculteurs Teyla, rétorqua Halling avec réprobation, pas des guerriers.
-Vous irez expliquer cela aux wraith, ou aux genii ou aux autres encore, les interrompit le colonel Sheppard. La menace est sans cesse présente. Un vaisseau ruche s'approche d'Atlantis et nous ne savons pas ce qui arrivera ensuite. Vous devez être prêt.
Halling acquiesça.
-Je vous remercie de l'intérêt que vous portez à notre peuple et de votre aide. Nous vous en serons à jamais reconnaissant. Nous ferez-vous l'honneur de vous joindre à nous pour le repas ? proposa t-il au militaire et au scientifique.
Avant que le canadien ait pu refuser, le colonel accepta l'invitation, faisant semblant de ne pas remarquer le regard furieux de McKay.
Finalement le scientifique ne le regretta pas. Le repas était délicieux et les athosiens avaient parfaitement intégré, certainement sur les recommandations de Teyla ses allergies aux agrumes. Le colonel Sheppard se tenait près de lui et se montrait plutôt aimable, laissant pour une fois de coté les remarques désagréables à son égard dont il était coutumier.
Le scientifique se fit la remarque que l'attitude du militaire avait notablement changé depuis quelques temps et qu' il avait cessé de le harceler à propos de Carson. Mais est-ce que cela allait durer ? Il ne le croyait guère.
Rodney soupira. Il commençait à vraiment s'y faire, d'être amoureux d'un homme. D'ailleurs, cela n'avait même plus aucune importance. Carson était l'homme de sa vie et Rodney ne mettait pas en doute l'amour qu'il lui portait. Le médecin était sincère et honnête et il lui faisait confiance.
Bien sur tout n'était pas facile. Ils n'avaient pas encore fait l'amour. Le canadien avait encore quelques réticences à franchir le pas mais son amoureux ne le pressait pas, heureusement. Les baisers, les caresses, OK, mais dès qu'il s'agissait d'aller plus loin, Rodney bloquait. La veille pourtant, Carson s'était montré un peu plus empressé que d'habitude et au moment où Rodney hésitait entre l'encourager ou bien le stopper le médecin avait été appelé pour une urgence. Le scientifique ne savait plus trop s'il en avait été soulagé ou non. Ce n'était pas qu'il n'en avait pas envie, il était même curieux à propos de cela pourtant quelque chose l'empêchait d'avancer pour l'instant. Mais au fond de lui-même il savait que ce n'était qu'une question de temps. Il avait seulement besoin de s'habituer.
-Vous rêvez docteur McKay ?
Le scientifique sursauta. Teyla le dévisageait avec une expression énigmatique sur le visage, l'air de savoir exactement à quoi il pensait. Teyla et ses fichus sourires énigmatiques ! Elle devait les collectionner, autant que Sheppard et ses rictus.
C'était gagné, maintenant Sheppard le regardait d'un air soupçonneux et lui, pas de doute, il savait exactement à quoi Rodney pensait, à qui plutôt.
Le scientifique rougit. Mince, il aggravait son cas, le colonel n'allait pas le rater là.
En effet.
-Nous allons partir, vous avez l'air d'être pressé de rentrer sur Atlantis, vous êtes très occupé là-bas n'est-ce pas McKay ? persifla t-il d'une voix grinçante.
Rodney saisit instantanément le sous-entendu et releva courageusement la tête.
-Vous savez colonel, nous les scientifiques ne sommes pas comme les militaires, même en temps de paix nous ne sommes pas inactifs.
-Oui, c'est vrai, et vous passez tout votre temps au laboratoire, McKay, le travail est votre activité principale, quel dévouement ! Vous n'avez donc pas de temps pour une vie privée ?
Ronon poussa un grognement de réprobation et Teyla fronça les sourcils.
-Colonel Sheppard, docteur McKay, déclara t-elle sans donner au scientifique l'occasion de répondre, je vais vous raccompagner au jumper. Ronon et moi avons hâte de commencer, vous comprenez j'espère ?
Les convives se levèrent. Au grand étonnement de John, Ronon serra McKay dans ses bras pour une accolade amicale, ce dernier en ressortit tout rouge, cachant son émotion et suivit l'athosienne. Le militaire allait lui emboîter le pas quand il sentit une poigne puissante le retenir. Le satédien le regarda droit dans les yeux
-Souvenez-vous de notre conversation il y a quelques jours au mess, colonel Sheppard, McKay est un homme libre de ses choix, ne vous en déplaise.
Ce fut au tour de l'américain de rougir.
-Je n'ai jamais prétendu le contraire Ronon, affirma t-il en se libérant de l'emprise du satédien.
-C'est votre façon d'agir envers lui Sheppard qui me fait penser ça. Laissez-le à ses choix, même si cela vous coûte énormément.
Le satédien lui tourna le dos et s'en fut en direction d'un groupe d'hommes et de femmes qui l'attendait.
Le colonel Sheppard soupira et courut afin de rejoindre McKay et Teyla. Cette dernière conversait avec le scientifique, un sourire bienveillant éclairait son visage et Rodney l'écoutait avec attention, l'air un peu embarrassé.
Le militaire se demanda ce qu'ils pouvaient bien se dire.
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Carson Beckett sourit à Elisabeth Weir tout en la raccompagnant à la porte de l'infirmerie.
-Voilà, j'espère que votre mal de tête ira mieux maintenant mais si cela devait s'aggraver, n'hésitez pas à revenir me voir et puis reposez-vous !
La diplomate sourit. Voilà qui était une réflexion typique des médecins. « Reposez-vous », il aurait fallu qu'elle en trouve le temps ! Elle soupira et s'éloigna dans le couloir.
Le médecin la suivit des yeux, espérant sincèrement qu'elle irait vite mieux. La jeune femme était sujette à des migraines certainement dues au stress et à la fatigue. Elle prenait rarement le temps de se détendre.
Les pensées de Carson se tournèrent de nouveau vers Rodney. Il espérait que tout irait bien pour lui aussi. Le scientifique était un peu anxieux avant de partir. Avec le colonel Sheppard il devait déposer Ronon et Teyla sur le continent et ensuite ils seraient seuls dans le jumper. Rodney craignait que Sheppard amène la conversation sur sa relation avec lui.
Carson avait tenté de le rassurer tout en déposant de tendres baisers sur ses lèvres et en lui caressant les joues. Rodney était de taille à se défendre et s'il devait y avoir une confrontation entre les deux hommes, il serait à la hauteur, le médecin n'en doutait pas un instant. Rodney n'avait quand même pas eu l'air rassuré mais il avait fini par se détendre et l'instant d'après les deux hommes ne pensaient plus au colonel, absorbés l'un par l'autre.
Ils se trouvaient assis sur le lit du médecin. Ce dernier avait doucement poussé son ami sur le dos et entreprit de lui ôter son tee-shirt. Rodney s'était laissé faire et bientôt il gémissait sous les caresses brûlantes que les lèvres et la langue de Carson prodiguaient sur son torse. La main de l'écossais s'était posée sur le renflement du pantalon du canadien. Il était dur comme de la pierre. N'y tenant plus, il l'avait déboutonné et glissé sa main à l'intérieur. Ses doigts s'étaient refermés sur le pénis en érection. Un coup d'œil au visage de son ami lui avait indiqué que ce dernier était tout rouge et haletait. Carson avait commencé à le caresser doucement et profité que l'autre homme s'arquait sous le plaisir pour faire glisser le pantalon et les boxers avec. Rodney s'était crispé un peu et il n'avait pas eu à se demander s'il pouvait aller plus loin parce qu'à ce moment là sa radio s'était mise à grésiller et qu'il était appelé pour une urgence médicale.
Carson soupira. Il désirait Rodney de toutes ses forces et le moment finirait bien par arriver. A force de patience il briserait les réticences de son amoureux.
A suivre…
