« Pourquoi? Pourquoi tu as fait ça, Riku, lui demanda Sora d'une voix blanche. »

« Elle était en plein passage, répondit-il en essuyant les larmes qui lui coulaient sur les joues. »

« Non, c'est pas vari! Tu l'as tuée, et c'est tout! »

« Pourquoi j'aurais tué ma meilleure amie de sang-froid?! Pourquoi? Sora, tu peux m'en vouloir autant que tu veux, mais attends qu'on soit en sécurité! On a un B sur les bras! »

« Non, moi, le seul truc que j'ai sur les bras, c'est le cadavre de celle que j'aimais, qui a été tuée par mon meilleur ami! Et tu me demandes de rester clame! »

Sora envoya son poing dans le nez de Riku, qui se brisa net sous la violence de choc. Riku tituba, le souffle coupé par la douleur.

« Ne crois pas que ça a suffi pour que je te pardonne, siffla le brun entre ses dents serrées. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ici, demanda Léon en arrivant. Sora? Riku? »

« Kairi, hurla Larxène d'une voix suraïgue. Mais bordel, qu'est-ce que vous avez fait? »

Elle détestait l'admettre, mais Larxène avait commencé à considérer Kairi comme une petite soeur, car elles étaient peu nombreuses, les filles à avoir pu entrer chez les guerriers de l'ombre. Mais ses yeux restèrent secs...On ne pleurait pas pendant une mission.

« On a un B sur les bras, c'était Merlin, résuma Riku. »

« C'était pas la question, Riku, dit le Sergent en secouant la tête et en regardant le corps de Kairi étendu au sol. »

Le sang noir qui coulait de ses plaies lui apprit la rasion de sa mort. Mais il fallait savoir qui...

« Riku l'a éxécutée! Il l'a tuée sans raison, hurla Sora. »

Le grognement lointain de quelques zombies leur signala que se faire remarquer comme ça n'était peut-être pas la meilleure idée qu'ils pouvaient avoir.

« Ta version des faits? »

« Elle se transformait..Pour ne pas mettre en danger des autres membres de l'équipe, j'ai pensé que c'était la meilleure solution... »

« Menteur! Elle ne se transformait pas! Elle était juste blessée! »

« Vous deux, vous remontez..Je vous mets aux arrêts, nous réglerons ça à la base. Riku, ce que tu as fait est inqualifiable. Ce sera au Général Diz de prendre une décision pour ton cas! »

« Bien, Sergent, dit-il en saluant et en partant. »

« Larxène, escorte-les au vaisseau, puis surveille-les! »

« Bien, Sergent. »

Elle les saisit chacun par un bras.

« Je ne sais pas ce qui c'est vraiment passé et je ne tiens pas à le savoir, mais je crois que vous vous êtes attirés de graves ennuis tous les deux, dit-elle en appuyant sur les derniers mots. »

Elle s'assit dans le cockpit, et ferma la porte du compartiment où elle avait enfemé les deux amis.

« Sora, je te jure que je ne l'ai pas fait de gaieté de coeur... »

Le brun ne répondit pas.

« M'ignorer ne changera rien, tu sais... »

« Ca m'évitera au moins d'avoir envie de te coller une balle dans la tête, espèce de salopard, comme tu l'as fait à elle... »

Riku soupira et enfouit son visage dans ses mains. Il avait bien envie de pleurer, mais le regard froid de Sora l'en empêchait...Comment interpéterait-il les larmes d'un meurtrier? Comme un aveu, des larmes de complaisance, les derniers sursauts d'une conscience agonisante? Alors il se retint, et enfouit son visage entre ses mains. La fraîcheur de celles-ci apaisaient son front fiévreux... Il commençait à appréhender son retour à la base. Meurtrier...Il allait passer en cour martiale, et ne s'en sortirait pas indemne...Et il ne pouvait parler à personne de sa promesse funeste! S'il avait su où tout ça le mênerait...Et bien, il aurait quand même juré, rien que pour soulager la détresse qu'il avait lue dans le regard de Kairi...Peut-être pourrait-il le dire au Général Diz..Mais il faurait encore soutenir les regards haineux de Sora et Tidus...Il regarda ses mains. Il s'étonna qu'elles ne soient pas rougies de sang, du sang d'une innocente. Et s'il s'était trompé, et qu'elle n'avait pas été sur le point de se transformer. Les doutes étaient parfois bien pires que les remords, et le regard de son meilleur ami attisait les deux dans son coeur. Si tant est qu'il puisse encore l'appeler son meilleur ami un jour...

Le Capitaine Cloud Strife marchait dans le couloir, les ossements des zombies abattus craquant sous ses semelles. Le nettoyage des galeries était quasiment terminé lorsque le blond tomba faceà face avec la créature qui avait un jour été Merlin. Il était temps de l'envoyer reposer en paix, avec ou sans son consentement, pensa le guerrier en dégainant son épée à la taille démesurée. Il para une boule de feu que le mage lui avait lancé.

« Sergent Léonheart, je vous confie le reste du ménage. »

« A vos ordres. »

Cloud coupa son communicateur. Au moins il ne serait pas dérangé en plein combat. Il s'élança sur son ennemi avec une rapidité et une férocité incroyables.

Tidus était à cent lieues d'imaginer ce qui était arrivé à ses amis d'enfance. Son esprit entier était plongé dans une brume de sang, un brouillard de guerre comme il le définissait souvent entre eux. Dans cet état, il était autant assoiffé de sang et de mort que les monstres qu'il combattait depuis déjà trop longtemps. Son coeur était devenu imperméable à toute émotion devant ces visages humains et ravagés. Il tira. La cervelle gicla contre les murs, se mêlant aux moississures dégoûtantes des parois... L'odeur du sang attira encore un groupe de ces saletés d'antropophages. Il était coincé dans un cul de sac avec tout le reste du groupe. Ils s'étaient faits coincés par des E! Quelque chose clochait... Ce n'était pas logique, ils ne devaient pas ête capables de se réunir, et encore moins de s'organiser! En plus, d'habitude, les coups de feu les faisaient fuir, mais là, ils revenaient à la charge, toujours plus nombreux... Ca sentait le A! Une balle siffla à son oreille, et abattit le zombie qui s'apprêtait à l'attaquer par derrière. Il remercia Léon d'un signe de la main et repartit au combat. Il avait perdu toute notion du temps, mais qu'importe...Sa lutte devenait toujours plus importante que tout en plein combat, plus importante que les amitiés, plus importante que sa vie elle-même! Un cri derrière lui le fit se retourner. Un katana d'une longeur démésuré venait de clouer le sergent Léonheart à la paroi. Son propriétaire la fit tourner avec un sourire mauvais dans un craquement sinistre dont le bruit à lui seul était déjà douloureux à entendre. Ses longs cheveux argentés ne cachaient pas son visage émacié au reagrd noir. C'était un zombie, mais son sourire, bien que n'ayant rien d'humain, dénotait une implacable et cruelle intelligence.

« Pauvres humains stupides, dit-il en retirant sa lame de l'épaule de Léon, qui tomba à terre avec un gémissement, vous si faibles qui pensiez pouvoir vous opposer au grand Séphiroth...Voilà qui est des plus amusants, je trouve... »

Le zombie s'avança vers eux avec une démarche féline, sa lame gouttant de sang et dont la lueur hypnotisait Tidus. Lorsque Masamune transperca sa chair, il hurla.

La tête de Merlin roula au sol, et Cloud rangea son épée derrière son dos. Leur chef était à terre, ses hommes n'auraient plus aucun problème. Il attrapa la radio, et la rebrancha.

« Sergent Léonheart, comment avance le nettoyage? »

Seuls quelques grésillement lui répondirent.

« Sergent Léonheart, répondez moi c'est un ordre! »

Toujours aucune réponse.

Le capitaine commençait à franchement s'inquiéter pour ses hommes. Il essaya la radio de Tidus, qui ne répondait pas plus. Alors le hurlement du jeune homme déchira le silence. Cloud se précipita dans sa direction, arme à la main. Un mauvais pressentiement lui serrait les entrailles.

Larxène restait branché en permanence sur les ondes, pour savoir si les autres n'auraient pas besoin d'un petit coup de main. Alors elle entendit le cri de Tidus dans la radio. Elle ouvrit la porte du cockpit à toute vlingue:

« Sora, Riku, ils ont besoin de nous... »

Le combat recommençait: toutes les rancoeurs s'effaçaient. Ils redevenaient des guerriers sans âme. Ils s'élancèrent aider leurs amis.