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Bonne Foi d'Amethyst Jackson
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CHAPITRE VINGT-SEPT
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Bella avec une jambe cassée s'avéra être plus pénible que ce que j'aurais pu imaginer, une lutte constante.
Le lundi se passa assez bien. Bella fut capable de se débrouiller sans difficulté majeure pour sa routine d'hygiène matinale et je lui servis un bol de céréales sans qu'elle trouve rien à redire. Comme Bella et moi passions la porte, Alice fit son apparition dans le couloir.
"Que fais-tu là?" demandai-je confus.
Alice roula des yeux. "Bonjour vous deux." Elle se tourna vers Bella m'ignorant. "Bonjour Bella. Je vais aller en cours avec toi lorsqu'Edward ne pourra pas y aller, au cas où tu aurais besoin d'aide."
"J'allai le..." tentai-je de dire.
"Alice ce n'est pas la peine..." commença Bella en même temps.
"Je vais avec toi et puis c'est tout," dit Alice fermement. Si tu vas dans chaque cours avec elle comme tu l'as prévu, elle voudra tes boules sur un plateau à la fin de la semaine. Sache le juste, pensa Alice à mon intention. Je la fusillai du regard mais ne la contredis pas.
"Bon, d'accord... mais je peux gérer ça toute seule, tu sais. Je l'ai déjà fait avant," rétorqua Bella.
Alice fit un bruit de désapprobation. "Bien sûr que tu peux. Je me souviens, j'étais là. Mais tu vas mieux réussir si tu as un peu d'aide et les cours me manquent. Viens maintenant, nous allons être en retard."
Je portai Bella dans l'escalier contre sa volonté. Elle voulait essayer de descendre seule mais je ne pouvais tout simplement la regarder faire et la laisser se casser un autre os. Peu importe que je puisse la rattraper si jamais elle tombait, je ne voulais pas avoir à supporter cet instant particulier de panique.
Alice alla directement à la voiture bien que je me dirige vers la mienne.
"Edward nous ne rentrerons pas tous dans la tienne," fit remarquer Alice.
Je regardai mon Aston Martin avec nostalgie. "Pouvons-nous prendre deux voitures?"
"Non," dit-elle fermement en s'installant dans le siège du conducteur. "Allons-y à présent."
En soupirant j'installai Bella dans le siège passager et me glissai à l'arrière. Je détestai ne pas conduire. Où était l'amusement?
"Où est Jasper?" demanda Bella à Alice en essayant d'être le mieux installée possible, ses béquilles sur les genoux.
"Il patrouille dans le coin. Ce sont ses mots pas les miens," dit Alice avec un sourire indulgent. "Je suppose qu'il essaie de trouver des traces de Victoria mais il est parano la plupart du temps."
Bella pâlit à la mention de Victoria. "Pensez-vous qu'elle va revenir pour nous?"
Alice haussa les épaules. "Je ne peux pas savoir ce qu'elle fait mais si je devais le deviner je dirais que oui. N'oublie pas que les vampires sont très rancuniers. Ils ont aussi une étrange notion du temps donc ce pourrait même ne pas être un problème lorsqu'elle reviendra."
"Qu'est-ce que tu veux dire?" demanda Bella. Je savais ce qu'Alice voulait dire mais je ne dis rien. Peut-être que Bella tirerait un meilleur profit de parler de toutes ces choses avec quelqu'un d'autre. Un autre vampire.
"Je veux dire que ça peut prendre dix, vingt ans avant que Victoria revienne dans le coin pour sa grande vengeance ou quoi que ce soit d'autre. Tu seras sûrement un vampire à ce moment-là."
Bella écarquilla les yeux. "C'est vrai?"
"C'est ce que je vois pour le moment. C'est très clair, plus clair maintenant que tu sais ce que nous sommes. Je suppose que c'est parce que tu as décidé que c'est ce que tu voulais."
"Oh," souffla Bella. "Je... euh... qu'est-ce que tu vois?" demanda Bella. Je me penchai avec impatience attendant de voir la vision dans la tête d'Alice. Serait-elle différente de celles que j'avais vues lors de notre première rencontre?
"Je te vois comme un membre de la famille," dit Alice. Ses pensées me montrèrent Bella avec les yeux rouges du nouveau-né se bagarrant contre l'énorme Emmett sur le sol. Alice furieuse contre Bella parce qu'elle avait ruiné sa belle robe pendant la chasse. Esmée enseignant à Bella comment tricoter. Bella et moi, pour - je pouvais simplement le supposer - avoir du sexe fantastique.
"Edward aussi? Nous tous, ensemble?" demanda-t-elle une pointe d'espoir dans la voix. "Nous sommes heureux?"
Alice sourit. "Oui nous sommes tous ensemble, heureusement ou malheureusement ensemble et oui nous sommes heureux. Vous êtes heureux."
Bella sourit. "C'est bon à savoir."
Le reste du court trajet fut calme. Je regardais Bella et repensais aux visions d'Alice. Je voulais tout cela et apparemment Bella aussi. La seule question qui demeurait c'était quand. Quand devrai-je transformer Bella? Quand ne serait-il plus trop pour elle? Combien de temps allait-il falloir attendre? Que faire si Victoria ne mettait pas dix ans pour mettre ses projets à exécution, si elle en avait?
Je n'avais pas autant de préoccupations avant Bella. Je me demandai comment cela se passerait lorsqu'elle serait devenue vampire, devrais-je toujours m'inquiéter pour elle?
M'inquiéter comme une maman poule. Je secouai la tête à mon état pitoyable... un état que je n'échangerai pour rien au monde.
Alice se gara face à l'immeuble où Bella avait ses premiers cours et elle me chassa, m'envoyant à mes occupations du matin. Je n'obéis pas complètement mais restai plutôt à regarder Bella y aller avec ses béquilles à côté d'Alice. C'est seulement quand elles furent à l'intérieur du bâtiment que je partis pour mon cours de biologie où je le savais, je ne pourrai pas me concentrer.
Le temps s'étira en longueur. J'étais mal à l'aise pendant tout le cours, m'efforçant de penser à bouger et à respirer comme le ferait un humain. Ce fut seulement lorsque je me dirigeais vers le cours de sociologie que je commençais à me détendre.
Alice et Bella attendaient à l'extérieur de la salle. Bella debout et misérable sur ses béquilles. Les épaules affaissées, elle paraissait déjà très fatiguée. Je voulais la prendre et la ramener à la maison mais je savais que son sens des responsabilité ne m'autoriserait pas à lui faire manquer des cours.
"Je viendrai la récupérer tout à l'heure," annonça Alice en me tendant le sac de Bella. Elle se renfrogna à cet échange et je ne pus m'empêcher de rire.
"Bella ce n'est pas parce que tu peux trimballer ce sac que ça signifie que tu doives le faire," souligna Alice en s'éloignant.
"C'est stupide. C'est comme si j'avais encore six ans et que mère me laissait à Charlie pour les vacances d'été," grogna-t-elle en clopinant dans la salle de cours. Je la suivis écoutant le cliquetis des béquilles sur le sol et en me préparant pour le moment où elle allait trébucher, ce qui je le pensais, était à peu près inévitable.
"Alice essaie seulement de t'aider," dis-je. "Et je ne fais rien d'autre qu'essayer de t'empêcher de te casser le cou en plus de ta jambe."
"C'est vraiment très gentil de votre part," dit-elle sèchement. Miraculeusement elle tomba dans son siège sans avoir trébuché. Je m'installai à ma place habituelle à côté d'elle et lui prit la main.
"Fais-moi plaisir! Te voir blessée a été un grand traumatisme pour moi," lui dis-je calmement en sentant le doux battement de son pouls dans sa paume.
"Je sais Edward, je le sais vraiment," murmura-t-elle. "Mais ce qu'il faut que tu retiennes c'est que même si je suis fragile, je peux guérir. Dans quelques semaines, je n'aurai plus ce plâtre et tu ne te souviendras même plus que j'aie été blessée."
"Il me faudra quelque temps pour m'habituer à cette idée," dis-je en me mettant à chuchoter parce que les autres passaient près de nous. "En fait, je crois que je préfère encore la pensée que tu n'aies jamais été blessée du tout."
OOO
Le reste de la journée passa sans autre incident ou je le pensais. Après la sociologie je ne fus autorisé à aller avec Alice et Bella que jusqu'au prochain cours et puis je fus laissé à mes occupations. Je n'avais pas d'autres cours et je n'avais pas grand-chose à faire sur le campus. Je devais relire mes cours - mais ça je n'avais pas vraiment besoin de le faire et rester dans un café devant une tasse n'était pas exactement une option.
Café. Le travail de Bella. Ce que je savais c'est qu'elle avait complètement oublié de prévenir ses employeurs de son incapacité. A moins qu'elle veuille essayer d'aller travailler avec ses béquilles. Je n'autoriserai pas cela. Bella transportant des liquides chauds était déjà assez hasardeux alors avec des béquilles et une jambe en moins...
Je pris sur moi de les informer en personne. Le trajet prit un certain temps, j'étais contraint de conserver un rythme humain. La plupart d'entre eux trouverait que c'était trop loin à pied.
Je trouvai le gérant, qui en fait était aussi le propriétaire des lieux, un homme d'un certain âge qui fut sympathique lorsque je lui parlais du malheureux accident de randonnée de Bella. Après avoir été rassuré sur le fait qu'elle n'aurait pas besoin de venir travailler pendant sa convalescence et après avoir obtenu la promesse qu'elle retrouverait son emploi une fois qu'elle n'aurait plus son plâtre, je retournai sur le campus.
Je m'ennuyai, j'errai autour du bâtiment où Bella avait son dernier cours écoutant le bourdonnement à haute fréquence des pensées d'Alice. Ses pensées foisonnaient, une partie écoutait le cours, une autre réfléchissait au mérite des motifs floraux et une autre était concentrée sur Bella. Je me focalisai sur cette partie, je la voyais du coin des yeux d'Alice écouter attentivement le professeur. Elle était adorable et cela m'occupa assez jusqu'à la fin du cours, jusqu'à ce qu'elles sortent toutes les deux du bâtiment.
Bella était plus que prête pour rentrer à la maison et une fois là-bas Alice s'assurerait qu'elle mange quelque chose parce qu'elle avait sauté le déjeuner comme d'habitude. Je suivis Bella sur le canapé soulagé qu'elle n'ait plus besoin de ses pieds pendant un certain temps.
"Comment te sens-tu?" demandai-je l'incitant à soulager sa jambe. Elle pourrait encore être enflée et ça n'irait pas du tout. "Est-ce que ça te fait mal?"
"Non je vais bien," dit Bella et je me demandais si elle admettrait que ça lui faisait mal. Je pouvais voir qu'elle me mentait juste pour ne pas que je m'inquiète, ce que je faisais de toute façon.
"J'ai fait réchauffer le poulet qu'a fait Esmée, j'espère que ça ira," annonça Alice en valsant dans le salon avec une assiette fumante.
"Ça fait envie," convint Bella contente.
Elle mangea et nous bavardâmes jusqu'à ce que Jasper arrive et nous raconte ce qu'il avait trouvé, ce qui pour l'essentiel se résumait à 'rien'.
Alice et Jasper partirent tôt dans la soirée, Bella fit ses devoirs pendant que j'arrangeai les choses dans l'appartement pour essayer de lui faciliter la vie. Elle réalisa ce que je faisais, bien sûr, et même si elle ne me dit pas d'arrêter, l'expression sur son visage le fit. Je finis par faire semblant de lire pendant qu'elle travaillait.
Plus tard je l'aidai à prendre sa douche et après elle était si fatiguée qu'elle alla tout droit au lit et s'endormit presque instantanément.
C'est ainsi que se déroula le premier jour ainsi que les jours suivants.
Carlisle avait raison. Bella n'était pas une fille qui apprécie qu'on la dorlote. Elle était même le genre de fille qui n'appréciait aucune assistance, quelle qu'elle soit. Je me rappelai sans cesse qu'elle était farouchement indépendante et que ce n'était pas de l'ingratitude mais au fur et à mesure qu'elle nous en voulait à moi et aux autres en général mon humeur empirait.
Cela n'a pas aidé quand elle découvrit que j'avais pris sur moi de la faire excuser pour le travail, elle était furieuse. Assez furieuse pour me frapper avec ses béquilles, heureusement je me baissai pour éviter que la béquille finisse complètement brisée.
Avoir Alice et Jasper près de nous était une grande aide, la plupart du temps. Quelquefois je voulais juste qu'ils partent - c'était beaucoup plus facile quand nous n'étions que tous les deux, Bella et moi, mais c'était bon pour moi d'avoir d'autres personnes que Bella pour occuper mon attention. Elle n'avait pas besoin de beaucoup de mon attention ces derniers jours après tout. Et c'était aussi bon pour moi quand Bella pouvait déverser sa frustration sur quelqu'un d'autre.
Le vendredi je pouvais dire que Bella avait atteint sa limite mais je n'avais pas la plus petite idée de comment la faire se détendre. Alice et Jasper avaient décidé de nous laisser nous débrouiller seuls ce week-end et ils en profitèrent pour aménager dans un appartement qu'ils avaient trouvé quelques pâtés de maisons plus loin. Je me doutais qu'ils allaient passer plus de temps à le baptiser qu'à s'y installer.
Il était tard dans l'après-midi, après les cours, Bella luttait pour s'extirper du canapé. Je me levai immédiatement réprimant l'envie que j'avais de la mettre debout, ce qui semblait vraiment beaucoup l'énerver.
"Tu as besoin de quelque chose?" demandai-je une fois qu'elle fut en appui sur ses béquilles. D'un point de vue pratique il était beaucoup plus facile pour moi de récupérer des choses pour elle que de le lui laisser faire toute seule. Elle ne pouvait tout simplement pas porter autre chose que ses béquilles. Bella n'avait pas ce genre de coordination.
Ses yeux me lancèrent des éclairs et m'évaluèrent d'un regard féroce. "Il faut que j'aille aux toilettes, alors si tu peux le faire pour moi je peux aller me rassoir."
Je fermai la bouche retenant la réponse acérée que je voulais lui faire et la laissai aller dans le couloir.
Ça n'allait pas du tout. Etre avec cette Bella irascible tout le temps me tapait sur les nerfs - spécialement en considérant que ce que je voulais c'était l'aider tout simplement - et je ne m'étais jamais senti comme ça auparavant avec elle. Par dessus tout nous n'avions pas couché ensemble depuis qu'elle s'était cassée la jambe. Il n'était pas vraiment étonnant que je sois un peu grincheux. Peut-être que cela faisait partie du problème aussi.
Je la suivis dans le couloir et attendis qu'elle sorte. Je n'avais pas encore décidé ce que j'allais dire ou faire mais la situation était devenue intolérable pour moi. Nous allions mettre les choses à plat, d'une façon ou d'une autre.
Lorsqu'elle ouvrit la porte et qu'elle me vit là, elle fit la grimace.
"Merde Edward, si je n'ai pas besoin de ton aide pour y aller..."
"Ce n'est pas pourquoi je suis là," l'interrompis-je. "Il faut que nous parlions."
Son visage se décomposa et ses yeux s'écarquillèrent, elle parut effrayée, même. "Rien de bon n'arrive jamais après que ces mots aient été prononcés."
Je soufflai essayant d'évaluer ce qu'elle croyait que j'allais lui dire. "Non Bella, ce n'est pas - je veux dire que nous n'avons pas vraiment parlé cette semaine et qu'il est évident que tu es mécontente de moi."
Bella resta bouche bée. "Je ne suis pas ... ce n'est pas toi, c'est moi, je suis juste frustrée..." soupira-t-elle.
"D'accord, c'est un début," dis-je. "Mais le couloir n'est certainement pas le meilleur endroit pour discuter."
Elle avait ouvert la bouche - pour approuver ou pas - je la pris et la jetai sur mon épaule avant qu'elle puisse dire quoi que se soit. J'attrapai ses béquilles de ma main libre.
"Hey !" cria-t-elle. Ses protestations étaient moins fortes puisqu'elle venaient de dans mon dos. "Bon à présent, je suis mécontente de toi."
"Bella est-ce que tu dois vraiment lutter pour chaque chose?" lui demandai-je, en l'amenant dans la chambre.
"Oui," grogna-t-elle tandis que je l'asseyais sur le lit. "Je n'aime pas me sentir impotente, Edward."
Je m'assis face à elle. "Très bien. Qu'est-ce que je fais pour te faire sentir impotente?"
Elle croisa ses bras sur sa poitrine. "Ce n'est pas que ça me rende impotente c'est que je me sens incapable," précisa-t-elle.
Je soupirai. "Tu l'admets alors ça n'a aucun sens que tu te sentes de cette façon."
"Edward!" grogna-t-elle. "Ce n'est pas parce que ça n'a pas de sens que je peux arrêter de me sentir comme ça. Je ne peux pas m'en empêcher, je suis comme ça," expliqua-t-elle.
"Je peux comprendre," concédai-je, même si je ne le faisais pas vraiment. "Est-ce que tu aimerais connaître mon point de vue?"
Elle acquiesça à contrecœur.
"Tu dis que tu n'aimes pas te sentir incapable. Eh bien je n'aime pas me sentir inutile pour la femme que j'aime quand elle est blessée."
Son visage s'adoucit. "Oh Edward. Pourquoi faut-il que tu dises des choses pareilles? Comment suis-je supposée rester en colère contre toi?"
Je haussai les épaules triomphant. "Je t'aime davantage si tu n'es pas en colère contre moi."
"Oh merci," souffla-t-elle. "Ecoute je suis désolée si c'est toi qui paie pour mes frustrations. Ce n'est pas que je n'apprécie pas tout ce que tu essaies de faire pour moi, vraiment j'apprécie. Je déteste juste avoir besoin d'aide. Je déteste juste d'avoir à me lever et de ne pas pouvoir me débrouiller seule, me faire à manger ou prendre ma douche."
"Dommage, j'apprécie vraiment beaucoup la partie douche," dis-je avec désinvolture. "Tu ne l'aimes pas un peu?"
"Je l'aimerai beaucoup plus si j'étais dans la douche avec toi sans un sac poubelle sur ma jambe," dit-elle. "Je veux juste que les choses soient normales."
Je clignai des yeux, "Normales? Tu réalises que tu sors avec un vampire?"
Elle soupira. "Tu comprends bien ce que je veux dire... en dehors de tes particularités..." Je grognai. "Je pense que nous sommes un couple normal. Et je n'aime pas que cette jambe stupide me prive de tout ça."
"Tout ça quoi?" demandai-je soupçonnant que nous allions atteindre le cœur du problème.
"C'est juste si ... différent maintenant," dit-elle sur la défensive. "C'est comme... Si j'étais invalide et qu'il fallait que tu t'occupes de tout. Chaque fois que tu ouvres la bouche c'est pour me demander comment je vais ou si j'ai besoin de quelque chose... Je ressemble à ta patiente, pas à ta petite-amie."
"D'accord." Je me rapprochai d'elle. "Corrige-moi si je me trompe mais ça te serait égal que je prenne soin de toi si je te traitais plus souvent comme ma petite-amie?"
Elle mordit sa lèvre. "Je suppose que oui. Mais ce serait bien aussi que tu n'essaies pas de m'aider pour la moindre petite chose."
"Je peux faire cela," convins-je en prenant son menton dans ma main.
"Qu'est-ce que tu fais?" demanda-t-elle, rendue confuse par ce contact. Ce fut là que je compris que j'avais eu tout faux pendant toute cette semaine si cette petite idiote ne pouvait même pas parler quand j'essayais de l'embrasser.
"Je te traite comme ma petite-amie," l'informai-je avant de me pencher et de poser mes lèvres sur les siennes. A ce contact, elle fit un bruit de contentement.
"Mieux?" demandai-je en m'éloignant un tout petit peu.
Elle secoua la tête. "Pas encore. Je pense que nous devons y travailler plus."
"Ah oui?" Je la guidai pour qu'elle se couche et me mis au dessus d'elle. "Combien?"
"Beaucoup," dit-elle en relevant ma chemise. Je l'enlevai complètement et la laissai tomber à côté. "En fait je pense que tu aurais mieux fait de la garder jusqu'à ce que je te le dise."
"Tout ce que ma dame veut," admis-je en embrassant son cou puis sa bouche. Tout en l'embrassant je réalisai que cette horrible semaine aurait pu être bien, bien meilleure si j'avais seulement pris le temps de faire ça tous les jours. Je pouvais sentir le stress me quitter et le corps de Bella se détendit sensiblement sous mes mains tandis que je la déshabillais. Son plâtre ne gênait pas vraiment, sauf quand il s'agissait d'enlever le pantalon.
Une fois que nous fûmes nus tous les deux la définition de normal pour Bella est finalement devenue claire pour moi. C'était normal pour nous. Les mains de Bella réchauffant ma peau nue était normal. Bella gémissant mon nom pendant que je la touchais était normal. Le besoin pressant que j'avais de me rapprocher d'elle le plus possible était normal.
Coulisser à l'intérieur d'elle était normal même si le mot ne rendait pas justice à cette expérience. Normal ne décrivait que la familiarité du mouvement, la façon dont mes hanches savaient exactement comment faire pour pousser à l'intérieur d'elle juste avec la force nécessaire. Mais normal ne pouvait pas décrire le bien-être profond qui s'emparait de moi d'être si près et normal ne pourrait pas décrire cette façon que je ressentais être comme une première à chaque fois.
Non, normal ne pouvait même pas commencer à décrire ce que je ressentais quand j'allais à la rencontre de Bella, glissant à l'intérieur et à l'extérieur de cet espace chaud et humide, sentant son souffle chaud contre mon cou ou entendant mon nom sortir de ses lèvres quand elle venait et que son corps se resserrait en spasmes autour de moi.
Il n'y avait rien de normal à la façon dont mon corps tremblait lorsque je me laissais aller et déversait tout ce que j'avais en elle.
Et quand je me remettais sur le dos complètement épuisé émotionnellement, il n'y avait rien de normal dans la façon dont la forme humaine chaude de cette femme douce se blottissait contre mon corps solide et froid.
Rien dans notre façon de faire l'amour n'était normal et je serais damné si l'un de nous pouvait vivre sans.
Merci pour vos mises en alerte et en favori, pour tous vos commentaires,
merci les anonymes à qui je ne peux pas répondre,
merci pour tous vos encouragements,
et merci pour l'accueil que vous avez réservé à la suite de cette fic
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A bientôt!
