BONNE FOI d'Amethyst Jackson
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CHAPITRE VINGT-NEUF
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Généralement en fin de semaine nous nous évadions de la réalité en passant beaucoup de temps au lit à profiter, mais la pensée de la célébration qui se rapprochait me gardait légèrement sur mes gardes. Bella était toujours un peu distante, trop, et même si nous parlions et nous embrassions, faisions l'amour, je me sentis loin d'elle toute le week-end.
La commémoration avait lieu le dimanche après-midi. Bella tourna et retourna toute la soirée du samedi et finit par rester endormie tard le dimanche matin. J'eus juste la chance de lui dire deux mots entre son petit-déjeuner et ses préparatifs, elle ne me laisserait pas l'aider. Je choisis un pantalon et une chemise noire et l'attendis dans le salon. Elle avait mis une robe appropriée, noire, avec un léger maquillage et une ballerine sur son bon pied.
"Es-tu prêt? "me demanda-t-elle avant d'attraper ses béquilles.
"Oui, je suis prêt," dis-je. J'avais l'impression que j'aurais dû ressentir d'autres choses que celles que je ressentais et ce manque d'émotions me mettait mal à l'aise. On attendait quelque chose de moi que je ne pouvais pas donner, je pouvais voir cela sur le visage de Bella. Voulait-elle que j'exprime du remords? Que je pique une sorte de crise?
"D'accord, allons-y," m'encouragea-t-elle en allant vers la porte. Je la suivis et l'attrapai par le bras quand elle fit mine de descendre l'escalier avec les béquilles.
"Laisse-moi t'aider s'il te plait?" la priai-je. Ce n'était pas que je veuille l'empêcher de tomber parce que je savais que je pouvais la rattraper, peu importe où elle était mais je voulais énormément qu'elle accepte mon aide, qu'elle place sa confiance en moi.
"D'accord," soupira-t-elle en prenant les béquilles dans une seule main, résignée. Je m'empêchai de sourire en la soulevant, un bras sous ses genoux, l'autre dans son dos. Je préférai de beaucoup descendre comme ça que de la suivre au ralenti.
"Merci ," dit-elle platement après que je l'eus posée doucement.
Je haussai un sourcil. "Mais de rien."
Bella ouvrit la bouche pour répondre mais à cet instant une portière claqua et nous vîmes Alice et Jasper arriver vers nous. Ils étaient tous les deux habillés en noir et j'en déduis d'après les pensées inhabituelles de Jasper qu'ils venaient à la célébration avec nous. Alice bloqua consciencieusement ses pensées et je sus intuitivement qu'elle bloquait quelque chose me concernant.
"Que faites-vous ici?" demanda Bella et personne ne fit remarquer l'évidence de la réponse.
"On vient avec vous à la cérémonie," répondit Alice. "On a pensé que tu serais contente d'avoir du soutien."
"Oh. Merci," dit-elle souriant pour la première fois ce matin. "Y allons-nous ensemble ou séparément?"
J'ouvris la bouche pour dire que nous pouvions y aller ensemble - même si je souhaitai être dans le siège du conducteur aujourd'hui - mais Alice répondit en premier.
"Aujourd'hui ce sera mieux d'être séparés," annonça-t-elle. "Nous vous suivrons."
Tandis que je me demandais pourquoi c'était nécessaire d'utiliser deux voitures - est-ce que Jasper était en difficulté avec tous ces humains alentour? Bella était-elle fâchée? Aurais-je une réaction imprévue? Bella allait déjà vers l'Aston Martin. Rapidement je me précipitai vers la portière passager pour l'aider à monter. Elle se glissa à l'intérieur sans un mot et je soupirai en faisant le tour. Je ne pouvais qu'espérer que les choses aillent mieux après la célébration. Peut-être que ça libèrerait Bella de sa tension ou... d'autre chose. Je n'avais plus envie de ce genre de dispute.
Le trajet jusqu'à l'église où se passait la commémoration fut comme prévu, silencieux. Je détestai les églises. Toutes ces choses concernant Dieu et pas un mot concernant les gens ici bas me rendaient fou. Et toutes ces pensées étaient un grand témoignage de l'hypocrisie de l'humanité. Parfois même les prêtres pensaient à l'argent et au sexe.
Comme promis Alice et Jasper nous suivirent dans leur véhicule et se garèrent à côté de nous. Nous nous dirigeâmes vers l'entrée où deux jeunes filles de chaque côté de la porte distribuaient des programmes. J'acceptai le mien à contrecœur.
"Nous devrions nous asseoir dans le fond," conseilla Alice dans un murmure, en se penchant entre Bella et moi. "Tu sais au cas où l'un de nous devrait sortir précipitamment."
Bella fronça les sourcils. "Est-ce que ce sera un problème?"
Alice se voulut rassurante et lui serra l'épaule. "Pas de quoi s'inquiéter. Fais-moi confiance sur ce point."
"D'accord alors au fond," accepta Bella. Alice entra dans la dernière rangée en premier, suivie de Jasper. Je laissai Bella près de l'allée sachant que ce serait plus facile pour elle avec ses béquilles. Elle commença à parcourir le programme et je lus par dessus son épaule, voyant chaque nom et avec lui un visage, jusqu'au dernier, la dernière "victime" - un repas pour Victoria et James sans doute, et peut-être aussi pour le troisième vampire qui voyageait avec eux.
Bella ne dit rien bien que ses mains tremblaient et je ne savais pas quoi dire. Tout ce à quoi je pensais envenimerait les choses.
J'écoutai les pensées autour de moi. Alice restait concentrée pour que je reste loin d'elle et je fis de mon mieux pour lui rendre la tâche plus facile. Jasper était déjà dépassé et un petit tour dans ses pensées m'en rendit la raison évidente - la tristesse dans cette pièce était presque palpable.
Les familles des victimes étaient assises devant. Toutes les filles avaient eu leur enterrement, des sépultures chrétiennes mais l'exercice d'aujourd'hui était plutôt une sorte de groupe de soutien. Plusieurs des mères s'étaient rapprochées suite à cette tragédie et lorsque des étudiants les avaient contactées pour leur soumettre cette idée d'un service du souvenir, elles avaient été désireuses de participer. Je ne comprenais pas ce sentiment. Je n'avais aimé qu'une seule personne mais si je l'avais perdue, je ne pensais pas que la sympathie des autres me réconforterait même si c'était des amis ou pire des étrangers. Se souvenir de la perte n'aidait en rien. Ça ne servait qu'à verser du sel sur la plaie, c'était cruel. Les humains bien évidemment sont des masochistes.
Avec les familles et les amis d'autres personnes importantes étaient assises. Je suivis le son d'un esprit particulièrement bouleversé jusqu'à un jeune garçon assis à l'extrémité d'un banc près du mur. Il y avait de la place entre lui et la prochaine personne comme se les autres sentaient instinctivement qu'il était dans un état limite. Il n'était pas fou - de loin - mais plus tout à fait rationnel.
Je continuai à regarder et je vis qu'il avait été impliqué avec l'une des filles. Très impliqué. Ses souvenirs étaient intimes, des jours paresseux au lit, aller la chercher chez elle et rencontrer ses parents. Son bras bougea et je suivis ses pensées. Ses doigts serraient une bague dans sa poche.
Il avait eu l'intention de la demander en mariage. Son nom était Alex.
Je me fermais à ces pensées. Je ne pouvais pas en supporter plus.
Nous attendîmes quinze minutes que le service commence et j'essayai de me fermer à toutes les pensées, à rester concentré sur la respiration de Bella à côté de moi.
Une femme s'approcha de la chaire, elle n'était évidemment pas pasteur. D'une part elle semblait aussi jeune que Bella et d'autre part je me doutais que les pasteurs ne portaient pas de jupes aussi courtes.
"Je vous remercie d'êtres venus aujourd'hui," déclara-t-elle quand le public s'apaisa. "Mon nom est Cameron Mitchell, j'étais la meilleure amie de Kayla Anderson, la victime la plus récente d'une série de meurtres qui a dévasté notre petit campus. J'ai pensé qu'il devrait y avoir un service pour nous rappeler et donner une occasion aux étudiants de pleurer ensemble. Des amis ou des membres de la famille prendront la parole aujourd'hui mais d'abord l'un de nos étudiants en média nous a préparé un diaporama."
Le défilement des photos ne m'aida pas. Des photos des filles dans diverses situations - enfant, dans des activités au secondaire, des fêtes, posant avec des amis. J'avais vu tous ces visages auparavant sauf le dernier et j'avais pu voir la vie qu'elles avaient à travers leurs pensées. Tout cela était accompagné de la tristesse des gens qui les aimaient et cela me désolait. Ces filles n'étaient plus et ne reviendraient jamais mais la peine demeurerait pendant des années. Il me fallait admettre que je ne pouvais rien faire pour changer le passé - seulement changer d'attitude pour l'avenir. Ce que j'avais fait et que j'allais continuer à faire.
Lorsque le diaporama s'arrêta et que les lumières revinrent je regardai Bella pour évaluer sa réaction. Son visage était pâle et tendu. Je pris ses mains dans la mienne pour qu'elle me regarde. Ses yeux clignotaient et je l'invitai en silence à voir que ce n'était pas moi le monstre qui avait fait ces choses. Elle prit une inspiration et retira doucement ses mains de la mienne.
"J'ai juste besoin d'une minute..." chuchota-elle avant de s'agiter sur ses pieds, en refusant ma tentative de l'aider. Je me rassis, inutile, et la regardai passer la porte en clopinant, attirant quelques regards.
Alice se leva, se glissant facilement entre Jasper et moi. "Ne t'inquiète pas, je m'en occupe," promit-elle. Je voulus suivre mais Alice secoua la tête avant que je puisse bouger.
"Laisse-la gérer ça," dit calmement Jasper. "Alice sait ce qu'elle fait."
"J'en suis sûr," convins-je. "Je souhaite juste savoir ce qu'elle fait."
"Ne t'inquiète pas," dit-il et je le sentis me forcer à ne pas m'inquiéter. C'était dur de lui résister lorsqu'il faisait son truc. "Alice a vu tout ce qu'il se passe d'accord?"
"Si tu le dis," dis-je.
Alice et Bella s'éloignèrent tellement que je ne pus entendre leur conversation mais je pouvais continuer à entendre les pensées d'Alice. Je ne suivis plus la cérémonie tandis que j'écoutais - de manière très indiscrète - mais si Bella avait changé d'idée à mon sujet il fallait que je m'y prépare.
"Toutes ces filles, Alice," souffla Bella. "Qu'est-ce qui était différent avec moi?"
"Tu sais que ça a toujours été différent. Tu ne t'inquiètes pas qu'il te blesse, si?"
"Non, bien sûr que non," dit-elle. "C'est juste ça. Je ne m'inquiète pas du tout. J'ai toujours su qu'il ne me ferait pas de mal."
Alice soupira. "Je ne te suis pas Bella. Où est le problème?"
Bella tapa avec sa béquille sur le sol. "Je me sens coupable."
Alice était perdue. "D'avoir survécu?"
Elle hocha la tête. "Non ce n'est pas ça. C'est comme... Je me sens mal parce que je n'éprouve rien pour ces filles. Je veux dire, elles sont mortes parce que mon petit-ami avait soif mais si j'avais dû choisir entre sauver leur vie et le garder lui ... c'est lui que j'aurais choisi. S'il n'était jamais devenu un vampire beaucoup de personnes seraient restées en vie et quelle sorte de personne suis-je si j'échange toutes ces vies pour qu'il soit avec moi ici et maintenant?"
"Tu es amoureuse, voilà tout," répondit Alice. "Si ça peut te rassurer, je sais exactement ce que tu ressens. Jasper a un passé très violent aussi."
Bella se retourna pour regarder Alice. "Il a tué beaucoup de gens aussi?"
Alice hocha la tête. "Jasper a bu du sang pendant très longtemps. Et puis il y avait des guerres de vampires."
"Des guerres de vampires?" répéta Bella.
"C'est une autre histoire ... pour une autre fois," répondit Alice. "Ce qui est important est ce que je sais, Bella. Je sais ce que ça fait d'aimer quelqu'un si fort que tu peux lui pardonner son passé parce que tu ne pourrais pas vivre sans lui."
Bella acquiesça doucement. "Comment fais-tu?"
Alice soupira. "Je me rappelle que je ne peux rien faire qui puisse changer le passé. Quelles sont mes options, après tout? Je pourrai quitter Jasper. Alors nous serions malheureux tous les deux et il faudrait probablement qu'il lutte pour continuer à se nourrir comme il le fait maintenant. Ça ne changera pas ce qui a déjà été fait."
"Et la justice alors? Peut-on juste l'ignorer?" demanda-t-elle doucement.
Alice réfléchit un moment avant de formuler la réponse. "Pense au système judiciaire humain. Ils mettent les gens en prison pour les empêcher de faire du mal à d'autres dans l'espoir de les réhabiliter. Edward est réhabilité ne crois-tu pas? Même chose pour Jasper et toute notre famille. Et pour la punition... je te promets Bella, il se punit lui même et pour l'éternité."
Bella hocha la tête. "Si je deviens un vampire, est-ce que je serais comme ça? Je tuerai ... des gens?"
"Non pas nécessairement. Des accidents peuvent se produire mais tu auras Edward pour t'aider et nous tous. On pourra t'empêcher de blesser quelqu'un jusqu'à ce tu puisses contrôler ton désir de sang."
"Combien de temps ça prendra?" demanda-t-elle.
"Je ne peux pas voir aussi loin," lui dit-elle. "Peut-être un an, peut-être plus. C'est différent pour chacun."
"Tu penses que je fais le bon choix? Devenir vampire je veux dire?"
"Je ne sais pas quel est le bon choix. Ce que je sais c'est que tu dois aller vers là où ton cœur te conduit. Ça n'ira pas forcément dans la direction que tu désires mais au moins tu n'auras pas de regrets."
"D'accord. Merci Alice de m'aider à débrouiller tout ça."
"Avec plaisir, bien sûr. Mais tu sais qu'Edward peut parler de ça avec toi aussi, il peut le gérer."
"Je sais qu'il peut. Je ne voulais juste pas qu'il pense que j'ai changé d'avis. Je l'aime, il n'y a rien qui puisse changer ça."
"Je suis sûre qu'il le verra à temps. Tu veux rentrer? On dirait que tu as froid."
"Oui s'il te plait," accepta Bella.
Je me concentrai sur la chapelle et le service à nouveau, soulagé après avoir entendu cette conversation.
Tu fais des indiscrétions Edward? me demanda Jasper en pensée. Les humains deviennent soupçonneux envers toi - tu es resté immobile trop longtemps.
"Désolé," murmurai-je en bougeant, faisant semblant d'être inquiet.
Bella et Alice revinrent et reprirent les places qu'elles occupaient auparavant. Cette fois c'est Bella qui prit ma main et je la tins fermement.
"Ça va?" murmurai-je en bougeant. Je ne savais pas si je devais lui dire que j'avais tout entendu. Peut-être devrai-je attendre qu'elle veuille partager ces choses avec moi, d'elle-même.
"Oui, je vais bien," convint-elle.
OOO
Il y avait une réception après le service mais Bella voulut rentrer directement à la maison. Notre décision de prendre deux voitures avait du bon finalement - Alice avait vu que Bella voudrait partir plus tôt mais la crise avait été évitée grâce à leur discussion à cœur ouvert.
Bella alla dans la chambre voulant mettre des vêtements plus confortables et quand je lui offris de l'aider elle ne refusa pas. Au lieu de chercher d'autres vêtements elle posa ses béquilles contre la commode et s'assit sur le lit.
"Je suis désolée de t'avoir fait aller là-bas," dit-elle en me regardant, j'étais près de la porte.
"Pourquoi es-tu désolée?" dis-je en fronçant les sourcils.
Elle fixa le sol et secoua la tête. "J'ai dit que je croyais que ce serait bon pour toi mais je pense que je voulais juste m'éclaircir les idées, au lieu de cela j'ai fini par te punir inutilement."
Je fis un pas dans la pièce. "Bella, je mérite d'être puni."
Elle secoua la tête. "Tu faisais ce que tu avais à faire pour survivre. C'était...justifié."
Je serrai les lèvres. "La justification est une chose. Mais chaque vie a un prix... plus ou moins élevé je dirai mais quoi qu'il en soit ce prix doit être payé d'une façon ou d'une autre. Tu peux l'admettre et m'aimer en même temps... tu peux?"
Bella hocha la tête et puis s'appuya sur le lit pour essayer de se lever. Je m'approchai mais elle me fit signe de m'éloigner et boitilla vers moi.
"Bella, " la réprimandai-je, "Tu sais que tu n'es pas censée te mettre sur tes deux pieds encore."
"Je vais bien," insista-t-elle en roulant des yeux. "J'ai eu des os cassés avant, Edward? Quelques glissades ici ou là sont inévitables."
Je l'attrapai tandis qu'elle m'approchait et la maintins par la taille. "Une glissade est un accident. Ce que tu fais est intentionnel."
"La ferme Edward. Il y a quelque chose que je veux faire," dit-elle en posant ses mains sur mes épaules.
"D'accord. "J'attendis la regarder grignoter sa lèvre. "Vas-tu faire cette chose que tu souhaitais faire ou vas-tu continuer à me regarder simplement?"
"Eh bien j'ai besoin de ta coopération," dit Bella en serrant ses doigts sur ma chemise.
"D'accord," dis-je plus lentement. "Est-ce que c'est quelque chose que je ne vais pas aimer?"
Elle haussa les épaules, me toisant avec espoir. "Je ne suis pas bien sûre."
"Tu te rends compte qu'il faudra bien que tu me dises ce que tu veux faire sinon nous n'allons jamais y arriver?" fis-je remarquer.
"Je veux que tu m'attaches."
Je clignai des yeux. Si je n'avais pas une ouïe fiable je lui aurais demandé de répéter. L'attacher?
"As-tu caché ce penchant secret pendant tout ce temps?" lui demandai-je. "Tout ce que tu avais à faire c'était de me le demander."
Bella rougit. "Non... oui ... je veux dire, c'est quelque chose que je veux faire mais je veux le faire maintenant. Je veux me mettre ... complètement à ta merci. Pour te montrer que je te fais confiance. Que je te connais."
Je luttai contre un débordement de tendresse. "Bella... tu n'as rien à me prouver. En même temps ... tu es tellement complètement à ma merci." Pour le lui confirmer je la levai facilement et la laissai là-haut.
Elle fit la grimace. "Une façon de gâcher ce moment. Ecoute je sais que ça ne fait aucune différence pour toi mais je n'ai pas l'impression d'être impuissante quand je suis avec toi. Je sais que si je te pousse tu t'éloigneras et si je te dis d'arrêter tu le feras."
"Et tu ressens pourtant le besoin de me prouver que tu me fais confiance," lui demandai-je, souriant à sa logique ou plutôt à son manque de logique. Je la reposai lentement sur le sol, la gardant toute proche.
"Non ce dont j'ai besoin, c'est toi. Même si c'est hors sujet, ça peut être amusant, non?" dit-elle les yeux brillants. Oh! j'avais une mauvaise influence sur elle et j'aimais ça.
"Humm. Avec quoi proposes-tu que je t'attache?" lui demandai-je, en faisant semblant d'évaluer sa proposition, même si j'étais déjà convaincu. L'idée de Bella s'offrant à moi d'elle-même m'intriguait plus que tout.
"Si tu me laisses marcher jusqu'à la commode je te montrerai," dit Bella paraissant timide. Je grognai et optai pour la porter, elle avait une patience inhabituelle. En la tenant toujours dans mes bras elle atteignit le tiroir de la commode, celui du haut, un de ceux qui était à elle et en tira deux longs foulards blancs vaporeux.
Je haussai un sourcil. "Est-ce Alice qui te les a mis là ou est-ce toi?"
Elle haussa les épaules. "J'ai demandé à Alice de les acheter. J'ai pensé que c'est quelque chose que nous pourrions... utiliser pour fêter... tu sais quand le plâtre sera enlevé. Mais je préfère que ce soit ce soir."
"Toujours pleine de surprises," souris-je en la ramenant sur le lit. "Mais nous devrions tout d'abord enlever cette robe. Qu'en penses-tu?"
Elle hocha la tête gravement. "Ce serait un bon début."
Je la posai sur le bord du lit et me penchai vers elle pour guider la glissière vers le bas de son dos tandis qu'elle posait ses mains sur mon ventre. Ensuite il ne restait plus qu'à faire passer le tissu noir par dessus sa tête. Je souris en voyant son soutien-gorge noir et sa culotte blanche.
"Les noires sont dans la machine," expliqua-t-en rentrant ses épaules.
Je ris et ouvris le fermoir de son soutien-gorge. "Il est mignon."
"Si tu le dis," murmura-t-elle, atteignant les boutons de ma chemise. Mais je repoussai ses mains loin.
"Oh, non souviens-toi, tu vas être attachée. Garde tes mains pour toi," insistai-je en les attrapant et en les plaçant stratégiquement. Bella regardait, la lèvre entre ses dents, pendant que je prenais le premier foulard et regardai la colonne du lit.
Je saisis son poignet, si léger et si délicat et y enroulai le foulard précautionneusement. Puis j'en attachai les extrémités autour de la colonne. Déjà j'aimais bien l'effet, décidai-je. Son bras loin de son corps la laissait plus exposée. Je répétai mes mouvements avec son autre poignet et pris un long moment juste pour regarder. Elle était toujours aussi vulnérable mais elle l'était encore plus à présent, les bras écartés, les seins qui poussaient vers le haut. Le prédateur en moi réagit avec force.
Bella attendait, me regardant, sa poitrine montait et descendait dans un souffle léger et rapide. Je m'agenouillai à côté d'elle et fis glisser sa culotte. Mes yeux effleurèrent tout son corps de ses pieds à son visage. Par où commencer?
En fin de compte je commençai par où je le faisais toujours, par ses lèvres. Planant au dessus d'elle je l'embrassai doucement profitant simplement de ce doux contact, sans la toucher et sans qu'elle ne me touche c'était encore plus électrique que d'habitude.
Elle bouda et je m'éloignai. Elle fit la grimace.
"Patience," murmurai-je, en plaçant un baiser prudent sur sa gorge, là où le sang pulsait plus fort. Je me blottis contre son épaule et suivis le chemin naturel vers sa poitrine. Je léchai son téton rose et sentis vibrer son gémissement rauque. De quoi pouvais-je avoir besoin d'autre que ce genre de moments là?
Je passai sur sa poitrine, tétant son autre mamelon. Son dos se cambra et son corps supplia silencieusement. Mes mains glissèrent sur ses cuisses, frottant sa peau délicieuse. Je ne l'avais jamais appréciée de cette façon avant, sans la distraction de ses mains sur mon corps. C'était un genre de félicité différente et nouvelle.
Je glissai dans l'espace de ses jambes et laissai mes lèvres dériver vers le bas, sur son ventre mou, m'attardant brièvement sur la cicatrice sur son pelvis. Son sexe m'attirait en bas et je voulais lécher sa peau soyeuse déjà humide de son essence. Je me demandais si un jour je me fatiguerais de son goût. Aurait-elle un goût différent lorsqu'elle serait vampire? Oh mais si elle était indestructible je pourrais la dévorer avec abandon, me prélasser dans sa douceur entêtante sans craindre d'être trop rude, trop brusque.
Elle vint rapidement, serrant ses cuisses inefficacement autour de moi tandis que ses cris résonnaient dans la chambre. J'attendis qu'elle se détende à nouveau avant de reculer et de m'asseoir sur mes talons. La peau de Bella conserva sa belle couleur rose sur ses joues et sa poitrine.
"Tu es toujours habillé," soupira-t-elle. Je m'empêchai de sourire, me levai et commençai à déboutonner ma chemise. L'observer alors qu'elle me regardait était fascinant. Ses yeux allaient de mes mains à ma poitrine nue à mon visage et ainsi de suite. Elle se lécha les lèvres quand j'enlevai ma chemise. Elle sourit quand je retirais mes chaussures et chaussettes, souffla quand j'arrivais au pantalon. Ses yeux suivaient le mouvement de la fermeture éclair puis je descendis mon pantalon et mon boxer à la fois. Ses yeux sombres fixaient ma bite. J'appréciais ce regard pendant un long moment aimant ce que la simple vue de mon corps lui faisait.
"Tu vois quelque chose qui te ferait plaisir?" demandai-je.
Elle cligna des yeux et ils rencontrèrent les miens. "Quoi?"
"Je te demandais si tu avais vu quelque chose que tu voulais?" répétai-je en m'approchant d'elle. "Et tu devrais répondre parce que s'il y a quelque chose que tu veux, il faut que tu le demandes sinon tu n'auras rien."
Elle se tortilla. "Tu voudrais que je dise de vilaines choses?"
Je me blottis dans son cou en souriant. "Juste un peu. Tu as été assez courageuse pour me dire que tu voulais être ligotée certes, mais tu peux aussi me dire ce que tu veux que je fasse maintenant."
Elle prit une inspiration tremblante. "Je veux que tu me baises," dit-elle avec fermeté, c'était choquant. Je gémis.
"Je ne sais pas pourquoi j'aime t'entendre parler ainsi mais je le fais," avouai-je en me positionnant entre ses jambes.
"Je ne sais pas non plus ... ohh," haleta-t-elle lorsque je poussai en elle. Elle était si glissante. En un mouvement rapide je levai ses jambes sur mes épaules et saisis ses cuisses, ce nouvel angle me permettait d'être plus près. Je m'enfonçai en elle avec encore plus de facilité et elle répondit avec un profond soupir.
"C'est de cela dont tu as besoin?" demandai-je en la prenant plus rapidement et plus brutalement.
"Oui," siffla-t-elle en serrant les poings. "C'est si agréable."
Je gémis pour lui signifier mon accord et je me concentrai sur la sensation glissante de ma queue en elle, me conduisant inévitablement et à contrecœur déjà à la libération. Le reste ne fut que frénésie, une escalade effrénée de gémissements et de tremblements. Je pouvais sentir la transpiration se former sur sa peau, je pouvais la sentir dans l'air ambiant. C'était une expérience pour tout le corps.
"Oh mon dieu!" Elle cria puis ses gémissements devinrent inintelligibles et son orgasme nous dévasta tous les deux. Les réactions violentes de son corps me serrant si fort, la course de son sang, c'était trop pour que j'y résiste - et n'est-ce pas toujours de cette façon? Mon corps était esclave du sien et avait un désir insatiable de le contenter.
Quand l'extase redescendit pour devenir du bien-être, je me retirai à regret, libérant ses jambes soigneusement. Je détachai ses poignets, elle resta couchée langoureusement pendant un moment, bras écartés, en souriant.
"Tu es toujours vivante?" la taquinai-je en me couchant à côté d'elle.
"Très très vivante," soupira-t-elle. "Parfois il me semble que ma vie n'a commencé que la nuit où je t'ai rencontré."
"Crois-moi, je comprends très bien ce que tu ressens."
N'hésitez pas à commenter ça fait toujours plaisir...
