Bonne foi d'Amethyst Jackson
...
CHAPITRE TRENTE
"Edward tu n'as vraiment rien de mieux à faire?" soupira Bella en enlevant ma main de ses cheveux. Je jouait avec - j'aimais cette sensation, vraiment parce que c'était remarquablement doux - pendant qu'elle tapait quelque chose sur mon ordinateur portable. D'accord elle avait plus passé les cinq dernières minutes à bougonner et à soupirer qu'à taper.
"Absolument pas," dis-je en traçant le contour de son oreille. "Ça va encore être long?"
"Toute la nuit si tu n'arrêtes pas de me distraire," grommela-t-elle. "Alice n'arrête pas de m'envoyer des textos aussi. Peut-être que tu pourrais aller jouer avec elle pendant un moment que je puisse travailler."
Je me penchai pour lui murmurer dans l'oreille. "Je ne peux pas jouer avec Alice de la même façon qu'avec toi."
Bella roula des yeux mais l'accélération de son pouls la trahit. " Y-a-t-il quelque chose qui t'excite dans le fait de me voir travailler? Ou est-ce que ce qui t'ennuie le plus c'est que je ne fasse pas attention à toi?"
J'y réfléchis un instant. "Les deux. Tu es si mignonne lorsque tu es concentrée et déterminée. Ça me rappelle quand tu suces ..."
"Oh! Je t'en prie, ne finis pas cette phrase," grimaça-t-elle.
Je soupirai et repris ma place sur le canapé. "Pourquoi est-ce que tu travailles sur ça maintenant? Je pensais que ce n'était à rendre qu'après Thanksgiving."
"Et Thanksgiving c'est cette semaine et nous allons à Forks pour un long week-end. Crois-tu vraiment que je veuille prendre du travail là-bas?"
"C'est vrai," convins-je. "Tu es si prévoyante quelquefois. Je ne sais pas comment tu fais pour penser à tout ça."
Elle haussa les épaules. "Mais pas toujours. Je suis montée en voiture avec toi, pas vrai?"
"Vrai, encore une fois." Je fus à nouveau distrait par ses cheveux. Il y avait tellement de reflets différents.
"Sérieusement Edward, pourquoi n'appellerais-tu pas Alice et Jasper pour les faire venir. Alice meurt d'ennui apparemment. Ainsi je pourrai aller dans ma chambre et travailler en paix."
"D'accord," soupirai-je sachant que ma bataille pour avoir l'attention de Bella était perdue d'avance. J'attrapai son téléphone sur la table basse - il était plus près que le mien - et composai le numéro.
"Oh mon dieu enfin," répondit Alice avec un soupir de soulagement. "Jasper et moi sommes déjà en route, on se voit dans cinq minutes."
Elle raccrocha et je reposai le téléphone. "Sacrée voyante," marmonnai-je.
Bella rit et rassembla ses livres et l'ordinateur puis les mit dans son sac pour les amener dans la chambre. C'était la seule façon dont elle pouvait procéder avec ses béquilles. "Comme je l'ai dit, je serai dans ma chambre. Amuse-toi bien!"
"Essaie d'en finir vite," suppliai-je.
"Alice n'est pas si mauvaise, juste excessivement zélée. Tu vas t'amuser," insista-t-elle.
Je hochai la tête. "C'est ce qui m'inquiète. Tout ce que je veux c'est juste passer du temps avec toi."
Bella se pencha et m'embrassa rapidement, en prenant son sac sur ses épaules. "Tu es bizarrement tendre pour un vampire. Je te vois dans un petit moment."
Elle ramassa ses béquilles et clopina jusqu'à la chambre. Le coup à la porte arriva juste après que Bella soit sortie de mon champ de vision et Alice entra avant même que j'aie eu le temps de répondre.
"Nous avons des nouvelles," dit-elle calmement, si bas que Bella ne pouvait entendre. Elle montra un journal dans sa petite main et l'ouvrit pour moi. Jasper la suivit nonchalamment et referma la porte derrière lui.
Je pris le journal et regardai la première page.
La ville met en place une nouvelle règlementation pour les fumeurs... De nouvelles taxes entrent en vigueur... Quatre disparitions en une semaine...
"Disparitions?" demandai-je en scrutant l'article. Ces disparitions ne suivaient aucun modèle, aucun rythme et aucune raison. Quelques-unes arrivaient de jour, les autres de nuit. Ce pouvait être des hommes, des femmes, de tous les âges.
"Ce doit être un vampire," dis-je en jetant un coup d'œil à Alice et Jasper. "Vous pensez que c'est Victoria?"
"Impossible à dire," répondit Alice. "Mais probablement."
"Quelle est la probabilité pour qu'un autre nomade soit dans ce secteur au même moment?" fit remarquer Jasper. "Mais bon quatre ça fait beaucoup. Peut-être qu'un ami l'a rejointe?"
"Ça n'est pas bon," soupirai-je en repliant le journal. "Plus particulièrement si on ne connait pas son odeur."
"Et sans avoir aucune idée de qui il est, je me débats pour essayer de l'apercevoir dans mes visions. Je suis sûre qu'elle lui a dit comment faire pour rester à la limite de mon pouvoir."
"J'aimerai bien savoir qu'est-ce qu'ils ont en tête," me plaignis-je. Jasper s'installa dans le fauteuil où personne ne s'asseyait à part lui, Alice se percha sur l'accoudoir ressemblant à une grande poupée de ventriloque.
"Je voudrai... Etre incapable de la voir me rend complètement folle," soupira-t-elle.
Et quand Alice est malheureuse, je le suis aussi, se plaignit Jasper mentalement. Je rigolai mais c'était difficile d'apprécier l'humour quand on avait tellement de préoccupations.
"Crois-tu que nous devrions aller voir nous-mêmes?" demandai-je. "Peut-être que je peux aller à Seattle. Pouvez-vous rester avec Bella tous les deux...?"
Jasper secoua la tête. "Mauvaise idée. Bella est plus en sécurité avec toi et tu ne peux pas y aller seul."
"Je suis d'accord," acquiesça Alice rapidement. " Bien que j'aime te prendre Bella de temps en temps, tu as plus de chance d'entendre Victoria arriver que Jasper ou moi. "
"Peut-être qu'Emmett et moi pourrions y aller," suggéra Jasper. "J'ai pas mal d'expérience concernant la traque des vampires et Emmett sait être subtil s'il le décide."
"D'accord," admis-je. Cette idée inquiétait Alice mais elle ne discuta pas.
OOO
Le mercredi nous prîmes la route pour Forks et Thanksgiving. Je resterai "officiellement" chez les Cullen pendant notre long week-end mais je n'avais pas la moindre intention de m'éloigner de Bella de plus de vingt pas. Cet arrangement était simplement pour dissiper les doutes de Charlie concernant la chasteté de sa fille. Il serait béatement inconscient quand je grimperai à la fenêtre de Bella toutes les nuits.
"Cuisiner va être compliqué avec les béquilles," soupira-t-elle tandis que nous étions en ville. "Tu m'aideras pas vrai?"
Je lui jetai un coup d'œil en haussant les sourcils. "Et tu voudrais que ce soit mangeable?"
Bella sourit patiemment. "Tu n'auras pas vraiment à faire la cuisine, juste m'aider à mettre et à sortir les choses du four, ce genre de choses."
"Je pense que je peux faire ça," dis-je en hochant la tête.
"Je suppose que le repas ne sera pas agréable pour toi. Beaucoup de nourriture pour quelqu'un qui fait semblant de manger," songea Bella. "Peut-être que nous pourrons mettre un sac sous la table pour toi car Charlie n'appréciera pas trop si tu n'as pas l'air d'aimer ma cuisine."
Je ris. "Je suis sûr que si je pouvais en manger, je l'apprécierai."
"Très gentil de ta part mais inutile," sourit Bella. "Tu aimes bien assez tout le reste..."
Je me rangeai sur le gravier dans l'allée de Charlie et portai les sacs de Bella jusqu'à la porte d'entrée alors qu'elle sautillait près de moi. Charlie ouvrit la porte avant que nous y soyons, pressé de voir sa fille. J'eus le sentiment que je devrais renoncer à elle ce soir. Je rôderai alentour pendant qu'ils passeraient du temps ensemble.
"Salut papa," sourit Bella.
"Salut Bells, salut Edward," ajouta-t-il en hochant la tête. Je me doutais qu'il ne serait jamais ravi de me voir - et il ne devrait pas, je prenais sa fille loin de lui mais ça il ne le savait pas. Pourtant nous avions comme un accord tacite. Il aimait Bella, je l'adorais et il nous fallait bien partager.
"Que voudras-tu pour le dîner?" demanda Bella au milieu de l'escalier.
Charlie secoua la tête. "Pas question que tu cuisines ce soir, mademoiselle. Nous allons commander une pizza et nous allons laisser reposer cette jambe," gloussa-t-il en observant son plâtre.
Bella le poussa en roulant des yeux. "Ça fait environ un mois que j'ai ce plâtre, papa. Je suis devenue agile maintenant."
"Tu sais que je n'aime pas te voir avec des béquilles," grogna-t-il, en me prenant ses sacs de force. Je ne discutais pas étant donné qu'il semblait m'avoir invité à l'intérieur sans rien dire, en laissant la porte ouverte derrière lui. Je me faufilai pour les suivre dans le salon.
"Je n'aime pas vraiment ça non plus," souligna-t-elle. "Mais je ne vais pas discuter avec toi au sujet de la pizza parce que j'ai une journée complète de cuisine à faire demain. Tu es bien allé faire les courses?"
"Oui, même si je pense que tu ne devrais pas rester debout aussi longtemps," dit Charlie. Il s'installa sur le canapé à côté de Bella me montrant le fauteuil qu'il utilisait généralement.
"Ça ne sera pas si terrible que ça et Edward m'aidera," fit-elle remarquer avec un sourire dans ma direction.
"Bon, eh bien j'espère que ça ne vous dérange pas mais j'ai invité les Black. Billy veut regarder un match et puisque tu vas faire plein de nourriture..."
"Oh!" Bella blanchit en me lançant un regard paniqué. "Je suppose que nous allons faire en sorte que ça fonctionne."
"Je vais commander la pizza," déclara Charlie en allant vers la cuisine. "Tu restes Ed?"
"Bien sûr que oui," répondit-elle tandis que je faisais la grimace à ce diminutif. Je détestai les diminutifs.
Dès que Charlie fut sorti de la pièce Bella se tourna vers moi en grignotant sa lèvre. "Est-ce que ce sera un problème?"
C'était vraiment un problème mais je haussai les épaules. "Il ne peut pas m'exposer sans s'exposer. Je peux le faire."
"D'accord," convint-elle, dubitative. "J'ai juste peur... Je veux dire après ce qu'il s'est passé la dernière fois... quand nous nous sommes retrouvés tous les trois dans la même pièce..."
"Bien sûr, on n'en arrivera pas là cette fois-ci," l'assurai-je, en me penchant pour lui serrer la main. "Tu n'as rien à craindre, d'accord?"
"Si tu le dis," accepta-t-elle.
OOO
Je restai assez longtemps pour aider Bella à mettre la dinde au four, Jasper et Emmett surveillaient la maison pendant que j'allai amener ma voiture chez eux, hors de la vue de tout regard indiscret.
Je repartis aussi vite sans m'arrêter pour discuter avec les Cullen - j'aurais le temps plus tard - mais je retrouvai Emmett et Jasper à l'extérieur.
"Rien à signaler," dit Jasper. "Emmett et moi partons pour Seattle maintenant, Alice parlemente avec Rosalie et Esmée pour surveiller la maison. Elle est sur les nerfs. Elle ne voit rien quand les loups sont à proximité, tu le sais."
"Je hochai la tête. "Ça ne peut pas faire de mal. si Jacob ne peut pas se contrôler... eh bien nous pourrions avoir besoin d'aide."
"Oh! Ça vaudrait le coup d'œil!" rit Emmett. "Edward et le chien essayant de se déchirer la gorge dans un tas de farce."
"Oh oui. C'est vraiment très drôle," dis-je sèchement.
"Quoi qu'il en soit, nous partons. Garde ton téléphone à portée. Avec un peu de chance nous aurons des nouvelles sous peu."
Je les remerciai et une fois qu'ils furent partis j'escaladai le mur extérieur de la maison et trouvai la fenêtre de Bella grande ouverte malgré le froid.
"Tu vas attraper froid," réprimandai-je Bella qui était recroquevillée sous les couvertures avec un sweat-shirt. Je ne perdis pas de temps pour refermer la fenêtre derrière moi.
"Je suis parfaitement au chaud ici, je te remercie," répondit-elle, en s'enfonçant encore plus dans le lit. "Mon père dort?"
Je fermai les yeux pour écouter. "Pas tout à fait, bientôt." Je me glissai dans son lit en faisant attention, conscient des faiblesses du plancher sous mes pieds, je restai sur les couvertures pour lui permettre de se réchauffer.
"Tu as l 'air bien," ris-je en m'apercevant qu'elle portait un pantalon de jogging.
"C'est encore plus confortable ici dessous," répondit-elle. "Tu ne vas pas me rejoindre?"
"Hum, enfin. Tu te souviens de ce qu'il s'est passé la dernière fois que je me suis glissé dans ce lit?"
"Comment pourrai-je oublier? On s'est faits surprendre et mon père voulait te tirer dessus. A l'époque je ne savais pas encore que tu étais à l'épreuve des balles."
"Ce pourrait être encore plus gênant qu'il me tire dessus et que la balle ricoche. Ne me parle pas de questions embarrassantes..."
"Tu pourrais probablement t'échapper avant même qu'il ne te voie," répondit-elle. "Pourtant il y a un certain danger... avoir un garçon comme ça, dans ma chambre avec mon père de l'autre côté du couloir."
"Parce que faire des choses avec un vampire ne représente pas un certain danger?"
Bella se mit à rire. "Tu es ridicule. Même pas peur. J'ai plus peur de la colère de mon père que de toi."
Je secouai la tête. "Tu ne devrais pas dire de choses pareilles. C'est toi qui demande."
Elle haussa les sourcils. "Je demande quoi?"
Je m'arrêtai posant un doigt sur ses lèvres pour l'empêcher de parler. J'écoutai rapidement et je vis que Charlie s'était endormi. Je souris à Bella me sentant espiègle.
"Tu demandes pour ça," dis-je. Je fis glisser son pantalon et ses sous-vêtements avec la facilité que j'avais acquise par habitude et Bella laissa échapper un cri de surprise quand je fis passer ma langue le long de son sexe.
"Dieu Edward, préviens-moi," haleta-t-elle. Je sentis ses mains tirer les couvertures sur moi. j'appuyai deux doigts à l'intérieur et la léchai à un rythme effréné. Elle vint en moins d'une minute, étouffant son cri dans l'oreiller.
Je revins contre elle en souriant à son expression stupéfaite.
"C'est ma punition parce que je ne crois pas que tu sois effrayant?" demanda-t-elle. "Parce que si c'est le cas, ça ne marche pas très bien."
Je souris et fis remonter sa bonne jambe sur ma hanche. "Oh je vais te montrer quelque chose qui marche bien."
OOO
Je fis semblant d'arriver à la porte d'entrée le lendemain matin, habillé de nouveaux vêtements. Charlie me laissa entrer et m'envoya vers la cuisine en grognant. Il retourna rapidement au salon semblant nerveux d'avoir à aller dans la cuisine. Ça ne me prit pas longtemps pour comprendre pourquoi.
"Qu'est-ce que c'est que tout ça?" dis-je en regardant le déballage de casseroles, planches à découper et... "Tu te sers vraiment de couteaux, tu n'as jamais beaucoup de chance avec les objets tranchants."
"Dans une cuisine je gère tout parfaitement bien." Elle me regarda depuis la chaise où elle était assise comme une reine sur son trône. Elle me montra un grand couteau à découper. "Maintenant rends-toi utile et va retourner la volaille. Je tiens à m'assurer que sa cuisson soit parfaitement uniforme. Ce four est capricieux c'est un fait."
"D'accord," dis-je, bien que je n'ai pas compris la moitié de ses explications.
"Fais juste faire un demi-tour au plat," expliqua-t-elle expéditive. "Il faut que je me concentre sur la farce maintenant."
Je fis ce qu'elle m'avait demandé assez facilement, j'ouvris la porte du four et tournai le plat. La chaleur était déroutante. Je devrais peut-être me servir du mien plus souvent...
Bella soupira derrière moi. "Tu sais... la prochaine fois il faudra que tu prennes une manique. Si quelqu'un te voit toucher des plats chauds les mains nues il va se poser des questions."
"Vrai," marmonnai-je en refermant la porte du four. " C'est noté. Tu as besoin d'autre chose?"
"Tu peux commencer à couper les carottes," dit-elle en épluchant une branche de céleri.
Je passai la matinée à obéir aux ordres qu'aboyait Bella comme un petit sergent. Je n'avais aucune idée de ce que donnerait le produit fini mais Bella semblait plus ou moins satisfaite du résultat. Et je pouvais presque entendre Charlie, saliver les rares fois où il passa la tête dans la cuisine.
Vers une heure lorsque tous les plats furent mis au four pour être gardés chauds et pendant que je lavais tous les ustensiles, j'entendis une voiture rouler dans l'allée. Je regardai par la fenêtre c'était une Volkswagen cabossée. Jacob conduisait et le lien de parenté entre lui et l'homme du côté passager était évident. Mêmes yeux, mêmes cheveux, même forme de visage. Je me demandai si le père était aussi odieux que le fils.
Jacob ouvrit le coffre, en sortit un fauteuil roulant et aida son père à s'y installer. Aucune pensée sur la cause de ce handicap, ce qui me frustra au plus haut point. Je détestais les mystères non résolus.
Charlie les entendit et se précipita pour les accueillir. Je me tournai pour regarder Bella qui m'observait, tendue.
"Ça va aller, "promis-je, à moitié confiant seulement.
Elle mordilla sa lèvre et ses yeux se tournèrent vers la porte d'entrée.
"Il y a quelqu'un d'autre? " demanda Jacob, bien qu'il le sache déjà. Il avait reconnu ma voiture.
"Juste le petit copain de Bella," dit Charlie en poussant son père à l'intérieur.
Les yeux de Bella brillèrent dangereusement puis elle prit ses béquilles et vola pratiquement dans le couloir. Billy se dirigeait déjà vers le séjour, laissant Charlie seul face à la colère de Bella.
"Je pourrai difficilement l'appeler petit," siffla-t-elle à son père. "Et tu ferais mieux de bien te comporter aujourd'hui. Edward a été merveilleux pour moi et il mérite d'avoir une bonne journée."
"Calme-toi Bella. Tu sais bien ce que je voulais dire. Qu'est-ce qui t'a mis dans un état pareil?"
Bella soupira. "C'est juste que Jacob ne l'aime déjà pas trop et qu'il va faire de son mieux pour le rendre misérable. Et il n'a pas besoin que tu l'aides pour ça."
"D'accord, du calme par ici," dit Charlie tandis que Jacob arrivait à point nommé.
"Je le pense vraiment," dit Bella et je la vis jeter un regard méchant à Jacob à travers ses pensées. "Je garderai les patates douces pour moi si tu ne te comportes pas bien."
"Manquait plus que ça maintenant!" s'exclama Charlie. "Tu vises au-dessous de la ceinture, là!"
Bella haussa les épaules. "Je parle affaire. Salut Jacob," ajouta-t-elle en boitillant vers la cuisine. Je m'approchai d'elle, rendu nerveux par la teneur des pensées du garçon. S'il ne pouvait pas se retenir...
"Allez, aide-moi à mettre les choses en place," m'exhorta-t-elle en tirant la manche de mon pull. "Plus tôt le repas sera fini, plus vite ils tomberont dans le coma de la digestion."
"Très bien," ris-je en me tournant vers le four. Une fois que j'eus aligné les plats sur le comptoir, Bella vint remuer la sauce vigoureusement en continuant à donner des ordres : sortir les assiettes, les verres, les couverts, les condiments etc. J'obéis sans rien dire, en me demandant pourquoi cela était-il si compliqué.
Lorsque apparemment ce fut fini, Bella rugit en direction du salon. "La nourriture est prête!"
"Hey Bells ça ne peut pas attendre la mi-temps?" demanda la voix de Charlie. Elle lança un regard noir.
"Non, ça ne peut pas attendre. Je n'ai pas passé toute la matinée à cuisiner pour que le repas arrive en deuxième position après le football, mettez vos mégots ici."
Je clignai des yeux. "Je pensai que Thanksgiving était du temps agréable passé en famille et autres conneries sentimentales?"
Bella secoua la tête. "Bien sûr que non. Ce sont les femmes qui font tout le travail et les hommes qui agissent comme des paresseux. Triste mais vrai."
"Eh bien... pourquoi ne t'assoirais-tu pas maintenant? Je peux préparer ton assiette. Ou essayer en tous cas. "
Bella sourit et boitilla pour venir m'embrasser rapidement sur la joue, avec un timing impeccable son père décida de venir, les invités à sa suite. "Il suffit de mettre un peu de tout," dit-elle en prenant sa place. Bella avait déposé des cartes aux places de chacun, juste pour éviter que je me retrouve à côté des Black.
"Bella pourquoi ne m'as-tu pas appelé pour découper la dinde?" demanda Charlie en regardant tristement les belles tranches de viande.
Elle roula des yeux. "D'abord parce que tu étais occupé à hurler sur les Seahawks et ensuite parce que c'est plus rapide de le faire avec le couteau électrique dont tu ne sais même pas te servir."
Je regardai ailleurs en servant une assiette pour Bella. Je ne sais pas pourquoi certains de ces aliments étaient qualifiés de comestibles. Jacob vint près de moi pour se servir.
"N'oublie pas de te servir," dit Jacob sournoisement. "Je suis sûr qu'il y a des cous en ville que tu pourrais aller sucer."
"Hum hum, et pendant que j'y suis je pourrais te rapporter quelques croquettes pour chien," sifflai-je.
Je me retournai en souriant et posai l'assiette devant Bella. J'écoutai Jacob s'énerver dans sa tête et attendis que tout le monde soit servi pour aller me préparer une assiette. Une fois tous assis je me retrouvai entre Bella et Charlie et en face des deux autres - malheureusement la table était ronde.
"Alors Bella comment va ta jambe?" demanda Billy pendant que tout le monde attaquait le déjeuner. J'avalai de force une bouchée de dinde et de purée de pommes de terre. Dégoûtant.
"Bien, répondit-elle." Je n'aurai plus le plâtre pour les vacances d'hiver."
"Bien, bien. Un accident de randonné hein? Ton copain ne pouvait-il pas te rattraper quand tu es tombée?" Je me tendis à son commentaire. Il savait bien sûr.
"Il a sûrement essayé," dit Bella calmement. "Malheureusement il ne peut pas me rattraper à chaque fois. Personne n'est parfait."
"En même temps vous connaissez Bella," renchérit Charlie. "Elle peut toute seule transformer la meilleure tentative de sauvetage en un vrai désastre."
Elle roula des yeux, "Merci papa."
Un étrange silence s'ensuivit.
"Ta voiture est bien abimée," dit Jacob en me regardant. "Comment as-tu fait ça?"
"Quelqu'un l'a accrochée sur un parking,"mentis-je. "Sans laisser d'adresse."
Charlie secoua la tête. " Les gens de nos jours, aucun respect pour les autres."
"Tu devrais trouver un bon carrossier pour arranger une si belle voiture," murmura Jacob. "Une jolie voiture comme ça ce serait une honte de la laisser dans un tel état."
"Ed ici présent n'est pas mauvais mécanicien lui-même," dit Charlie la bouche pleine. "Il a arrangé le camion la dernière fois qu'il est tombé en panne."
Jacob fronça les sourcils mais cette fois sa colère était dirigée contre Bella. "Tu l'as laissé bricoler sur le camion?"
"Bien sûr," Bella haussa les épaules. "Il fallait faire vite et Edward était ..."
"Je t'avais dit de ne laisser personne le toucher," grommela Jacob.
Silence. De nouveau. Gênant.
"Alors Edward, comment vont les Cullen?" demanda Charlie. "Bella dit que tu restes chez eux."
Je hochai la tête avalant une autre bouchée, de ce que l'on appelle de la nourriture, avec difficulté. "Ils vont bien."
"Comment connais-tu les Cullen?" demanda Jacob comme s'il pouvait me prendre en défaut.
"Ce sont de vieux amis de la famille," mentis-je facilement. "Mon oncle et ma tante les connaissent de Chicago."
Le repas continua comme ça avec Jacob qui posait des questions pour me mettre en difficulté et Bella essayant de faire quelque chose contre ça. Enfin ils eurent assez mangé et repartirent vers la télévision avec l'estomac plein. Je posai ma fourchette et laisser échapper un soupir de soulagement de ne plus avoir à ingurgiter d'autre nourriture.
"Ça n'a pas été aussi mauvais que ce que j'avais craint," soupira Bella en se détendant. "Dieu merci c'est terminé."
"J'espère," répondis-je en commençant la vaisselle. "Ce sacré clébard ferait mieux de s'occuper de ses affaires.
"Cette fois-ci je suis d'accord avec toi," acquiesça Bella. "Je crois que ce n'est que le début cependant, pas vrai?"
Je me retournai inquiet du ton triste de sa voix. "Le début de quoi?"
"Des questions étranges," soupira Bella. "Si je viens à disparaitre... un jour... ils sauront ce qui est arrivé. Et garderont-ils le secret après ça?"
Je haussai les épaules et soupirai. "Réfléchis Bella. Que pensera Charlie si quelqu'un essaie de lui dire que sa fille a été transformée en vampire? Il ne le croira jamais. Et ils le savent."
"C'est juste... triste, n'est-ce pas? Même si quelqu'un essaie de lui dire la vérité, il ne la croira jamais. Les Volturi se moquent de ce que les humains découvrent à notre sujet - ils éliminent quiconque sait ... sans aucune exception. Il est plus en sécurité de rester dans l'ignorance."
Bella hocha la tête, serrant mes mains. "J'espère juste... que tout fonctionne de façon à ce que personne ne souffre plus que ce qu'il ne doit. Je le veux tellement - pour toujours, avec toi. Je ne veux pas que mon choix blesse quelqu'un d'autre."
J'embrassai ses mains gentiment. "Je ferai tout ce que je peux pour que ce soit ainsi. Je t'en fais la promesse."
Bon pour le moment tout s'est bien passé, espérons que ça continue...
Nous aurons sûrement quelques réponses dans le prochain chapitre
