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Bonne Foi d'Amethyst Jackson

CHAPITRE 35

Lorsque nous retournâmes à la maison toute la famille Cullen nous attendait sous le porche arrière. Alice avait déjà préparé un sac avec des vêtements, les billets pour le vol et les papiers. Ils nous conduisirent à l'aéroport avec des étreintes puis nous tranquillisèrent et nous étions en chemin.

Bella resta calme, broyant du noir lorsque nous commençâmes notre trajet vers Seattle. J'étais partagé entre lui laisser le temps de digérer tout ça ou la sortir de sa coquille.

"As-tu besoin d'appeler ta mère pour lui dire qu'on arrive?" lui demandai-je finalement.

"Non," murmura-t-elle, distraite. Ses yeux suivaient le paysage qui défilait. "Elle aime les surprises. Elle sera plus heureuse de me voir si elle ne s'y attend pas."

"Elle sera heureuse de te voir tout court," soulignai-je.

Bella secoua la tête. "Je sais mais je préfère qu'elle soit surprise. Je ne veux pas qu'elle conduise à l'aéroport pour venir nous chercher au milieu de la nuit. Laissons la dormir comme ça je pourrai passer la plupart de mon temps avec elle."

"D'accord," acquiesçai-je, prêt à faire comme elle voulait. "Elle aura du temps à te consacrer?" demandai-je. "Travaille-t-elle?"

"Elle est enseignant suppléante. Elle peut refuser d'y aller si elle est appelée. Elle était habituée à travailler à plein temps mais elle a arrêté après son mariage avec Phil. Elle voulait pouvoir voyager avec lui."

"Tu as désapprouvé?" demandai-je en entendant quelque chose de bizarre dans sa voix.

"Oh non... je l'ai fait au début. Je ne pouvais pas comprendre quand j'avais seize ans. Comment pouvait-elle tout abandonner pour un homme alors qu'elle m'avait dit de ne jamais faire cela? Mais je comprends à présent." Bella regardait par la vitre toujours plongée dans ses pensées. Je savais qu'elle ne s'étendrait pas sur son propre cas.

"Qu'as-tu compris?"

"Est-ce que tu te rappelles la première fois où nous avons eu des relations sexuelles?" demanda-t-elle brusquement.

Un rire s'échappa de mes lèvres. "Même si je n'avais pas une mémoire parfaite je ne pourrais pas l'oublier."

Elle sourit légèrement l'air un peu mélancolique, un peu nostalgique. "Je savais que c'était fou d'aller avec toi. Je savais que tu pouvais être dangereux et je savais que j'aurais dû courir vers mon dortoir, aller au lit et dormir pour mes cours du lendemain. C'était la chose la plus intelligente à faire. Mais il y avait quelque chose de plus en jeu... J'ai senti que j'allais regretter de ne pas aller avec toi et quand tu m'as embrassée j'étais sûre que j'allais passer une nuit blanche mais je ne t'ai pas arrêté parce que je savais que je regretterais si je ne le faisais pas."

Bella se tourna vers moi et se concentra sur mon visage. "Ce que je ne savais pas c'est que c'est ainsi que ça commence et c'est là que ça devient plus qu'une simple relation."

"Je ne comprends pas," admis-je.

"Ma mère m'a dit de ne jamais renoncer à tout pour un homme et elle avait raison. On ne donne pas tout pour n'importe quel homme. On attend pour celui qui doit devenir tout. On attend pour celui dont on a besoin dans sa vie pour que tout le reste en vaille la peine. C'est ce que ma mère a fait et ... c'est ce que je fais."

"Je suis tout?" demandai-je. Comment pouvais-je être tout pour Bella alors que je n'avais rien été pendant près d'un siècle.

"Tu l'es. Tu sais que tu l'es. C'est ce que signifie aimer."

"Comme tu l'as déjà fait remarquer, Bella, l'amour ne signifie pas ça pour tout le monde."

"Mais c'est ce que ça signifie pour moi et je suis la seule qui compte pas vrai?" plaisanta-t-elle.

"Sans aucun doute, tu es la seule qui compte," admis-je.

OOO

La première étape de notre voyage était le vol pour Atlanta. Heureusement Alice nous avait réservé des places en classe affaire ce qui est nettement moins inconfortable que la classe économique. Une fois que je vis les informations de vol je réalisai qu'il serait tôt le matin à Jacksonville au moment où nous arriverions.

Bella dormit un peu de façon intermittente pendant le premier vol ensuite je fis semblant de somnoler pour nos compagnons de voyage et les agents de bord. Nous fîmes une courte escale à Atlanta au cours de laquelle j'obtins un petit déjeuner pour une Bella groggy, ensuite nous continuâmes le voyage jusqu'à Jacksonville. Bella appela sa mère une fois que nous eûmes atterri. Renée sauta de joie à l'annonce de notre visite et se soucia ensuite que Bella rate ses cours. Bella réussit à la convaincre que cette visite ne nuirait en rien à ses cours, nous étions dans une voiture de location, en chemin pour la maison de sa mère.

J'appris vite que Renée et Phil Dwyer vivaient dans une petite maison avec deux chambres, sur la plage. Nous nous arrêtâmes devant un endroit assez pittoresque.

"Je suis surpris que tu ne sois pas revenue avec eux," dis-je, en regardant Bella et en éteignant le moteur. "Cela semble être le genre d'endroit qui te correspond. Une fois que la brume matinale se sera levée ce devrait être une belle journée ensoleillée."

"Eh bien Phil a eu une équipe ici à Jacksonville environ deux après mon accident. J'étais encore en convalescence alors déménager ne m'a pas semblé la bonne chose à faire... et puis Charlie était si content que je me serais sentie horrible de le quitter. Donc je suis restée."

"Tu aurais pu aller en cours ici en Floride," soulignai-je. "Avec ta mère ici, tu aurais certainement bénéficié de frais d'inscription et de scolarité moindres."

"Je suppose que je ne le voulais pas vraiment. Après l'accident, tout m'est apparu tellement différent. Je ne sais pas. Je pense que je n'étais pas prête à revenir avec ma mère comme si tout était normal. Et puis ça m'est égal qu'il pleuve tout le temps dans l'état de Washington. La pluie devient apaisante ... après un certain temps."

"Tu peux vraiment laisser tomber le soleil?" demandai-je. "Il pourrait y avoir un moyen pour que je t'emmène quelque part... quelque part où les Volturi ne s'attendraient pas à ce que nous nous cachions, jusqu'à ce que tu sois prête ou pour le reste de notre vie même."

Bella commença à sortir de la voiture. "Je ne veux pas me cacher Edward. Ça ne m'inquiète pas si je ne peux sortir au soleil que quand personne peut me voir. Ce qui m'importe c'est d'être avec toi. C'est aussi simple que cela."

Avant que je puisse ajouter quelque chose, une femme qui ne pouvait être que sa mère sortit de la maison et se précipita vers la voiture. C'était une petite femme bien bronzée par le soleil de Floride avec des yeux comme ceux de Bella.

Bella commença à sortir de la voiture - un processus difficile avec ses béquilles, et Renée s'arrêta en la voyant.

"Oh mon Dieu Bella , qu'est-il arrivé à ta jambe?"

"Elle est cassée depuis un mois. Désolée de ne pas te l'avoir dit mais je savais que tu t'inquièterais trop à ce sujet. Mais je vais bientôt pouvoir enlever ce plâtre."

"Bella chérie! Quand est-ce apprendras-tu à faire plus attention quand tu marches?" s'écria Renée en prenant Bella dans ses bras férocement une fois qu'elle fut stabilisée. Ensuite je fis le tour de la voiture et m'approchai d'elle et Renée me regarda en écarquillant les yeux.

"Est-ce Edward dont j'ai tellement entendu parler?" demanda Renée en relâchant Bella.

Bella rougit. "Oui maman voici Edward."

Je m'avançai et tendis la main comme je sentais que je devais le faire. "Edward Masen. C'est un plaisir de vous rencontrer."

Renée rit et me serra dans ses bras à la place. "Beau et poli, où l'as-tu déniché Bella, bonté tu es comme un bloc de glace? Aviez-vous mis la climatisation à fond?"

"Il a une circulation défectueuse, il est toujours comme ça," répondit Bella pour moi.

"Pauvre de toi," roucoula Renée en me tapotant l'épaule. "Entrez tous les deux!" nous exhorta-t-elle.

Nous nous dirigeâmes lentement vers l'intérieur avec nos sacs. Renée nous montra la chambre d'amis qu'elle appelait "la chambre de Bella," même si elle n'y avait jamais vécu.

"Installez-vous et venez en bas que nous puissions nous rattraper," dit Renée en nous montrant la chambre, à l'évidence très à l'aise que je la partage avec Bella.

"Bien mon gars," soupira Bella. "Cela va être plus difficile que ce à quoi je m'attendais."

Je posai nos sacs et me tournai vers elle. "Tu vas bien?"

"Ouais, ouais," me rassura-t-elle mais elle ne me regarda pas. "Elle est juste ... si heureuse, et penser à ce que ça va lui faire quand elle apprendra ma mort... ou tout ce que nous allons faire pour expliquer mon absence. Ça va l'anéantir."

Je l'embrassai n'ayant aucune autre idée de ce que je pouvais faire. "Peut-être que nous n'aurons pas à le faire. Peut-être que vous pourrez rester en contact tant que tu ne la vois pas - ou Charlie - en personne. Tu pourrais dire que nous nous sommes enfuis quelque part dans un pays lointain pour nous marier."

"Et que nous ne pourrions pas revenir car c'est trop cher pour le salaire d'un cultivateur de riz?" continua Bella en s'appuyant contre moi.

"Ou quelque chose de ce genre. Je pense que pour la plupart des parents il est plus facile de savoir que leur enfant est vivant loin d'eux que de savoir qu'il ne vit plus du tout."

"Nous devrions descendre," marmonna-t-elle. "Je suis sûre que ma mère t'attend pour t'interroger."

"Oh ça oui!" confirmai-je. "Elle ne pense qu'à ça depuis qu'elle a compris que j'étais avec toi. Tu lui as envoyé pas mal de mails pas vrai?"

"Ouais," dit-elle d'un air penaud. "Mais étant donné ce que ma vie est devenue ces temps-ci, il y a bien peu que je puisse lui dire."

"Eh bien j'espère que tu es prête pour l'inquisition espagnole maintenant."

"J'espère que tu es prêt," railla-t-elle et nous descendîmes, Renée attendait dans le salon. Trois verres embués étaient posés sur la table basse. Je sentis discrètement. Limonade. Un peu tôt pour ça, pensai-je mais je supposais qu'il allait falloir que j'en passe par là. Sur l'échelle des dégoûtantes choses humaines la limonade n'était pas la pire.

"Asseyez-vous, asseyez-vous," dit Renée en nous faisant signe. Bella s'assit sur le canapé avec sa mère et je pris le fauteuil à côté de Bella.

"Je n'arrive toujours pas à croire que tu sois venue à l'improviste," dit-elle en parlant à Bella. "Tu n'es jamais spontanée."

Bella rougit. "En fait, je le deviens à présent."

Renée haussa un sourcil. "Je vois ça."

"Tu vois quoi?"

"Rien, rien. Vous vous êtes rencontrés en septembre c'est ça?"

"C'est vrai," répondit Bella en me regardant. Je lui fis un sourire poli - plus pour Renée.

"Deux mois, alors. Deux mois et tu ne m'as presque rien dit sur ce garçon," la réprimanda Renée. "Allez Edward. Remédions à la négligence de ma fille. D'où êtes-vous? Qu'étudiez-vous?"

Je lui fis les réponses préparées - j'avais grandi à Chicago et était venu à Washington pour sortir de la ville et j'étudiais la psychologie.

"Qu'allez-vous faire quand vous aurez terminé l'université?" demanda-t-elle et je réalisai à quoi Bella avait fait allusion lorsque nous étions là-haut. L'interrogatoire de Renée était pire que celui de Charlie. Elle voulait être sûre que je convenais parfaitement à sa fille. Elle n'avait pas encore pris sa décision à ce sujet.

"J'aimerai aller en médecine et devenir psychiatre," mentis-je. Bella me sourit.

"Dr. Masen hein? Je pourrais m'habituer à ça."

Renée rigola... "Eh bien je suis contente que Bella t'ait amené avec elle. Tu sais quand elle était avec moi , elle n'a jamais montré le moindre intérêt pour les garçons. Ça ne m'étonne pas trop qu'elle ne veuille pas amener de garçon près de Charlie - rien de tel qu'un flic pour tuer votre vie amoureuse - mais je commençais à craindre qu'elle ne rencontre jamais quelqu'un."

"Maman," gémit Bella. Je luttai contre mon envie de sourire.

"Je pense que si ma mère était là, elle se serait inquiété pour les mêmes raisons," offris-je.

"Alors vous vous correspondez parfaitement bien." Renée sourit charmée par mon commentaire et adoucie par le fait que je sois orphelin.

Bella rougit et changea de sujet. "Comment ça se passe pour vous deux?"

Nous bavardâmes un peu ou devrais-je dire elles bavardèrent. J'essayai de rester à l'écart et de laisser Bella avec sa mère. Quand le soleil commença à apparaitre, je dus mentir et prétexter le début d'une migraine pour monter à l'étage. J'essayai de lire l'un des livres qui se trouvait dans la chambre mais je finis par écouter leur conversation. De toute évidence Bella adorait sa mère d'une manière différente des autres filles. Ce genre d'admiration respectueuse avec un soupçon de ressentiment n'était pas du tout là, elles parlaient comme des amies plutôt que comme mère et fille et en effet c'était ainsi que Renée voyait leur relation.

"Ce garçon, eh bien c'est sûr, c'est quelque chose," osa Renée une fois qu'elle pensa qu'elle avait joué l'indifférente assez longtemps. "Tout ce que tu m'as dit c'est que tu l'as rencontré sur le campus. Il me faut plus de détails maintenant."

"Eh bien... il était sur le campus un soir. Je sortais de la bibliothèque, j'ai trébuché sur le trottoir faisant tomber tous mes livres. Edward passait par là, il les a ramassés pour moi."

"Poli. Bien. Et?"

Je vis à travers Renée comment Bella se mordillait la lèvre en essayant d'adapter l'histoire pour des oreilles parentales. "Nous avons commencé à parler et il m'a raccompagnée au dortoir. "Je ris un peu sachant qu'elle ne pouvait pas raconter à Renée ce qu'il s'était réellement passé ce soir-là. "Je ne pensais pas que je le reverrai mais quelques jours plus tard, il s'est présenté à ma porte. Et depuis... nous sommes devenus inséparables."

Renée hocha la tête lentement et demanda finalement ce qu'elle voulait vraiment savoir. "Avez-vous... tu sais...?"

Bella devint rose vif. "Maman je ne peux pas parler de ça avec toi!"

"Vous faites attention au moins?" demanda-t-elle. "Je sais que tu ne peux pas tomber enceinte mais tu dois toujours être prudente au sujet des maladies."

"Il est clean maman, c'est promis," dit Bella.

"Il est bon pour toi?"

"Très."

"Je veux plus de détails allez. Ça fait dix-neuf ans que j'attends ce moment."

"Il fait très attention à moi maman," dit-elle. "Même lorsque notre relation a commencé. Un jour il a entendu mon estomac gronder et il m'a amené manger. Il n'a rien mangé mais il n'a pas voulu que je paie. Et quand j'ai perdu mon emploi, il m'a accompagnée pour en chercher un autre. Il m'a acheté un téléphone portable qu'il paie simplement parce que je n'en avais pas et qu'il voulait être en mesure de me joindre. En fait c'est plutôt désagréable. Il ne me laisse jamais refuser."

Renée fronça les sourcils. "C'est très généreux de sa part. J'espère que tu n'es pas ingrate, tu as toujours été horrible quand il s'agit de cadeaux..."

"J'essaie," dit Bella. "Surtout depuis que j'ai la jambe cassée... Ne le dis pas à Charlie mais je suis allée habiter chez Edward depuis que j'aie le plâtre."

Une pensée sournoise fit son apparition dans la tête de Renée, elle ne tarda pas à l'exprimer. "Vous vivez ensemble, donc?"

"Maman, honnêtement. S'il te plait ne dis pas ça devant Edward. La dernière chose dont nous avons besoin à présent c'est de projet de mariage."

"C'est une chose à laquelle tu penses?" demanda Renée. "Tu es horriblement jeune."

"La prochaine chose à laquelle je pense est juste de finir ce semestre et de me débarrasser de ce plâtre," mentit-elle. "Je ne suis pas sûre qu'Edward soit du genre à se marier." Je n'étais pas sûr non plus et ça m'inquiétait. Est-ce que Bella voudrait se marier? je supposais que ça n'était pas étrange, considérant que je prévoyais de passer l'éternité avec Bella mais le mariage paraissait quelque chose de tellement différent.

Renée hocha la tête pensivement. "Je veux juste que tu gardes toutes les options ouvertes. Ce n'est que ta première année à l'université après tout, et un homme t'a déjà mis le grappin dessus."

Bella soupira. "Ça ne me dérange pas d'être liée à un homme, je ne suis pas comme toi maman. Tu le sais."

"C'est exactement la raison pour laquelle je m'inquiète," déclara Renée. "Je crains que tu ne t'installes trop tôt juste avec la mauvaise personne."

"Et si Edward est la bonne personne?"

René pencha la tête - je pouvais le dire en voyant la modification de l'angle de sa vision. "Et puis quoi, expérimenter n'est pas mauvais, pas vrai?"

"Je suppose que non," sourit Bella.

"Alors quand tu as appelé j'ai commencé à prévoir des choses à faire pour nous mais avec ta jambe, je pense qu'une promenade à la plage n'est pas la meilleure idée.. comment te paraitrait du shopping?"

"Ça me parait bien maman."

"Pourquoi n'irais-tu pas voir si Edward veut venir?" demanda Renée. "Mais il ne se sentira pas suffisamment bien pour faire ça si? Les migraines... c'est terrible."

"Non , il ne viendra probablement pas mais je vais aller vérifier avant que nous partions."

Quelques minutes plus tard, après beaucoup d'efforts, elle me retrouva là-haut.

"Une virée shopping, hein?" souris-je.

"Ouais," acquiesça-t-elle. "Je suis désolée que tu ne puisses pas venir - je pense que ma mère voulait te connaître davantage."

Je haussai les épaule et me levai du lit pour la prendre dans mes bras. Comme toujours sa chaleur m'enveloppa et je sus que ça resterait avec moi une fois qu'elle serait partie. "J'aurais probablement refusé de toute façon, même si le soleil s'était caché. Tu dois avoir un peu de temps seule avec elle. Je ne veux pas accaparer toute ton attention."

Bella se mit à rire. "Je pense que tu le fais déjà. Tu ne vas pas t'ennuyer tout seul ici?"

"Je vais trouver quelque chose pour me distraire," la rassurai-je. "Ne pense pas à moi - va juste t'amuser avec ta mère."

"Ne pas penser à toi? C'est possible?" sourit-elle en se prenant appui sur mes épaules pour m'embrasser. Je la retins là, un peu plus longtemps que nécessaire, voulant qu'elle sache que dans ces jours de stress je ne voulais pas l'abandonner.

OOO

Bella et sa mère étaient parties depuis quelques heures lorsque mon téléphone se mit à sonner.

"Salut Alice, " répondis-je.

"Nous avons un problème," soupira-t-elle.

Mon estomac se serra. "Un autre?"

Alice à ma grande surprise, se mit à rire. "Pas ce genre de problème. Un problème de loup. Une infestation vraiment," dit-elle , elle était tellement frustrée que c'était audible.

"Je suis perdu, Alice," admis-je.

"Tanya a commencé à se rapprocher de Jacob - elle lui parle - et maintenant il refuse de partir et il ne se transforme pas en loup et maintenant toute la meute s'inquiète pour lui et rôde autour de la maison."

"Dans la maison?" demandai-je inquiet. Quelqu'un allait se faire tuer.

"Non dehors mais leur odeur flotte partout," se plaignit Alice.

"Eh bien c'est terrible, mais que veux-tu que j'y fasse?"

"Rien j'ai juste besoin de quelqu'un à qui me plaindre et tout le monde ici est super énervé..."

"Je n'arrive pas à croire que Tanya lui ait effectivement donné une chance," lui répondis-je en arpentant la chambre de Bella. il n'y avait pas grand-chose qui lui appartenait ici mais il y avait un panneau en liège recouvert de photos.

"Eh bien il boudait jusqu'au moment où Kate a forcé Tanya à aller faire une promenade avec lui la nuit dernière. Je suppose que Tanya trouve la chose chiot-perdu mignonne. De plus je soupçonne qu'elle soit intriguée de coucher avec quelqu'un qui est à la fois plus fort et plus chaud qu'un humain."

"Ça a du sens," dis-je me référant à la dernière partie. "Mais je ne sais pas comment elle va faire avec cette odeur."

"On dit que l'amour rend aveugle. Peut être que ça va lui faire perdre l'odorat aussi."

"Pour leur santé, je l'espère aussi."

"Comment ça se passe là-bas?" demanda Alice poliment comme si elle n'avait pas gardé un œil sur nous.

"C'est bien. Que font-elles en ce moment?"

"Des trucs de filles. Elles se racontent des choses. Et d'après ce que je vois, Bella va bien faire la transition."

OOO

Bella et Renée ne rentrèrent qu'en début de soirée. Je devais encore attendre environ une heure pour que le soleil se couche avant que je puisse descendre. Après qu'elles soient rentrées, elles avaient déposé leurs sacs dans le salon et s'étaient dirigées vers la cuisine pour préparer le repas "ensemble". Mais Bella faisait la plupart du travail et Renée ne faisait que de petites choses pour ne rien gâcher.

Je me raclai la gorge en arrivant à la porte de la cuisine et le deux femmes levèrent les yeux.

"Tu te sens mieux Edward?" demanda Renée.

"Beaucoup mieux, merci," mentis-je. "Je suis désolé de n'avoir pas pu venir avec vous aujourd'hui."

"Tu te serais probablement ennuyé," dit Bella.

"Tu aurais passé tout le temps à attendre à l'extérieur des cabines," ajouta Renée.

Elles bavardèrent de leur journée et je m'assis pour les écouter et les regarder terminer la préparation du repas. Une fois fini je dus manger - Renée me regardait très attentivement pour voir si mon appétit était bon.

Après le dîner je passai à la salle de bain, j'avais avalé une boule de fajitas au poulet et mon estomac devait l'éjecter dès que possible. Tandis que j'étais là-haut je pouvais dire que Bella et Renée étaient en conversation intime et je décidai de ne pas y revenir. Elles avaient sorti quelques albums photos et je ne voulais pas être une distraction.

Quand Bella revint son visage était grave et elle tenait plusieurs albums photos.

"J'ai des copies de la plupart de ces photos mais je crains de ne plus pouvoir être capable de me rappeler de ces histoires une fois que j'aurais été transformée. Puis-je te les raconter comme ça tu me les rediras plus tard?"

"Bien sûr," dis-je étonné qu'elle soit si réticente à me le demander. Ne savait-elle pas que j'étais prêt à lui donner tout ce que je pouvais.

Pendant toute la nuit elle s'assit entre mes jambes et je regardai par dessus son épaule des pages et des pages de photos tout en écoutant ses histoires. Vers cinq heures du matin elle commença à bailler si souvent que j'insistai pour qu'elle dorme un peu. Sa mère, je le savais, aller se lever dans quelques heures.

Bella dormait profondément elle était épuisée et je continuai à feuilleter ses albums photos engrangeant autant de souvenirs de la vie de Bella que je pouvais dans le temps qu'il nous restait.

OOO

Bella déjeunait avec Renée sur la terrasse arrière ensoleillée lorsque je reçus un appel. C'était Esmée qui me relayait la dernière vision d'Alice.

"Edward, je suis désolée mais il est temps que vous rentriez Bella et toi."

Je me figeai en regardant Bella rire de quelque chose que sa mère lui avait dit. "Maintenant?"

"Oui, maintenant. Les Volturi ont pris leur décision. Ils savent pour toi, ta participation à notre famille, Bella les loups. Ils ne peuvent pas résister davantage. Aro, Marcus et Caius prennent un avion privé ce soir..."

"Ce soir?" Je déglutis rencontrant les yeux de Bella par la porte coulissante en verre. Son visage s'assombrit en voyant mon expression. Je ne pouvais pas deviner ce qu'elle voyait en me regardant.

"Ce soir," dit Esmée. "Je suis désolée - vraiment - mais il faut que vous reveniez. Alice travaille à la réservation de votre vol et Carlisle prépare la petite maison..." Alice pensait que Bella voudrait être transformée là-bas.

"D'accord," murmurai-je. Bella trouva une excuse pour venir à l'intérieur et je la regardai avec inquiétude. "Est-ce qu'Alice m'a envoyé un texto?"

"Je le ferais. Dis à Bella... bien dis-lui simplement que nous sommes tous désolés de la tournure des événements.

"D'accord," dis-je encore. Bella était à l'intérieur et venait vers moi.

Je marmonnai un au revoir à Esmée et je regardai Bella désespérément.

"Quel est le problème?" demanda-t-elle tout de suite.

Je la pris à part hors de la vue de sa mère. "C'est le moment Bella, il est temps."

Elle fronça les sourcils, de la confusion sur le visage. "Je pensais que nous avions quelques jours, au moins..."

"Esmée vient d'appeler. Alice a eu une vison, les Volturi prennent l'avion ce soir."

"Pourquoi aussi tôt?" Bella était pâle, plus pâle que d'habitude et je pouvais entendre son cœur battre plus vite. "Je pensais que les Volturi n'agissaient pas aussi rapidement."

Je détestais lui donner ces informations. "Si c'était un cas habituel, je ne pense pas qu'ils soient aussi intéressés. Malheureusement il y a beaucoup de choses pour attirer leur attention. Le fait que tu sois humaine est certainement la moindre d'entre elles.

"Tu me dis que ce n'est même pas à cause de moi? Que veulent-ils?"

"Je ne sais pas exactement ce qu'ils veulent mais avec l'armée de Victoria, les loups et les Cullen avec leur grand clan... Je suppose qu'ils sentent qu'il faut qu'ils interviennent le plus vite possible."

"Honnêtement, Edward, dis-moi - es-tu en danger? Et les Cullen?"

"Non, Bella," me dépêchai-je de la rassurer. "Nous allons te transformer - et cela signifie que les lois seront respectées et les Volturi n'auront aucune raison de nous faire quelque chose. Tu ne devrais te préoccuper que de toi à partir de maintenant."

Bella se mordit la lèvre et me regarda avec de grands yeux. "Je me sens mieux de m'inquiéter pour les autres."

Je passai mon pouce sur sa joue humide. "Notre premier but est de rentrer à Forks. Concentrons-nous sur ça pour le moment. Que veux-tu dire à ta mère?"

Elle y réfléchit un instant. "Je vais lui dire que nous avons trouvé des billets très peu chers au dernier moment. Elle est économe ça lui plaira."

"Je monte pour préparer nos sacs - à moins que tu veuilles que je vienne avec toi?"

"Ça va aller jusqu'à ce que nous partions." Elle me serra la main et se tourna pour repartir vers sa mère. Je voulais garder les yeux sur elle mais le temps nous était compté. J'allai là-haut et rangeai tout à mon rythme pendant que Bella s'excusait auprès de sa mère. Renée lui demanda de rester un jour de plus et offrit même de payer pour la différence de prix des billets mais Bella détourna la conversation en parlant de travaux scolaires.

Renée poussa un petit soupir. "Eh bien il restera les vacances de printemps." Bella ne répondit pas.

Au moment où elles rentrèrent je les attendais à la porte d'entrée avec nos sacs.

"Mon... quelle efficacité," déclara Renée, déconcertée par ma vitesse.

"Il n'y avait pas grand-chose à emballer," répondis-je. Mon téléphone vibrait dans ma poche et je vérifiai pendant que Renée étreignait Bella une dernière fois. Alice m'envoyait les informations pour le vol - il nous restait moins de deux heures.

"Je suis désolé Bella," les interrompis-je. "Mais il faut vraiment que nous y allions. Excusez-vous Renée," ajoutai-je.

"Je comprends," soupira-t-elle en prenant Bella dans ses bras une fois de plus. "Fais -moi savoir quand tu n'auras plus le plâtre, d'accord?"

"Je le ferai maman. Nous parlerons bientôt," mentit-elle. Bella serra sa mère une dernière fois rapidement. Je regardai ailleurs leur laissant ce moment mais Bella s'éloigna abruptement de sa mère et lui fit un sourire. "Nous ferions bien d'y aller. Je t'aime maman."

Quelque chose dans le ton de Bella devait avoir touché une corde sensible de Renée car elle lutta pour retenir ses larmes et se força à sourire. "Je t'aime aussi Bella, mon cœur."

Bella se mit à pleurer en allant à la voiture en faisant en sorte de garder son visage tourné pour ne pas que les yeux attentifs de Renée s'en aperçoivent. Lorsque nous arrivâmes à la route je pris la main de Bella sachant qu'il n'y avait pas grand-chose que je pourrai lui dire pour la réconforter en ce moment, ce serait banal ou insignifiant.

J'aurais voulu arrêter la voiture et la prendre dans mes bras un moment mais nous n'avions plus de temps. Nous devions vite aller à l'aéroport et c'était très difficile pour moi de me concentrer sur la police de la route tandis que je sentais le sel des larmes de Bella.

Bella avait retrouvé un calme parfait au moment où nous arrivâmes à l'aéroport et elle réussit même à sourire à l'agent de location de voiture qui sortait ses bagages du coffre.

Pourtant dès que je pus je la tirai à l'abri et je l'embrassai autant pour mon réconfort que pour le sien.

"Je vais bien Edward," dit-elle avant que je puisse lui demander. Son visage était niché dans mon cou. "Promets-moi juste que tu m'aimeras toujours, c'est tout ce dont j'ai besoin."

"Je vais t'aimer tous les jours de l'éternité," lui promis-je sans aucune trace d'hésitation. Elle m'avait dit que j'étais tout pour elle. "Tout" ne semblait même pas suffisant pour décrire ce qu'elle signifiait pour moi.

Bella recula et me regarda de ses yeux bruns calmes. "Alors rentrons à la maison."


Voilà c'est tout pour aujourd'hui

à bientôt!