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BONNE FOI d'Amethyst Jackson
CHAPITRE TRENTE-SIX
"Pouvons-nous nous arrêter au poste de police?" demanda Bella quand nous entrâmes dans Forks. "Il faut que je dise au revoir à mon père."
je jetai un coup d'œil vers son visage blême et comme hier je me sentis complètement impuissant. "Bien sûr."
Il n'y avait que des véhicules de police sur le parking lorsque nous nous garâmes.
"Laisse-moi t'aider à entrer," dis-je en voyant les marches. Il y avait une rampe mais c'était de l'autre côté du bâtiment.
Elle hocha la tête et nous sortîmes de la voiture. A l'intérieur tout était tranquille. La personne à l'accueil nous jeta un regard et nous fit un sourire en reconnaissant Bella et retourna à ses mots croisés.
"Je t'attendrai ici," murmurai-je. Il ne s'agissait pas de moi après tout, et bien que je veuille rester près de Bella, ma présence changerait la façon dont Charlie agirait avec sa fille.
Bella me regarda un instant et clopina vers le bureau de son père où il était, autant que je pouvais le dire, en train de signer des rapports.
"Salut papa." C'était impossible de voir la scène à travers l'esprit de Charlie qui restait brumeux pour moi alors j'écoutais.
"Bella! Tu avais quasiment disparu."
"Je sais, je suis désolée. C'était une décision de dernière minute."
"C'est ce que j'ai pensé. Comment va Renée?"
"Bien. Fidèle à elle-même."
"Bien. Bien." Une étrange pause s'ensuivit. "Alors tu es venue à Forks pour quoi? Il ne fallait pas que tu retournes en cours?"
"Euh ouais,k" dit-elle évasive. "Mais j'ai oublié quelque chose à la maison. Un livre dont j'ai besoin. Alors Edward m'a accompagnée ici pour que je le récupère.
"C'est très gentil à lui." Charlie se tut et j'entendis le bruissement du papier. "Il est bon pour toi. Je suis content."
"Oui, il l'est vraiment."
Un autre silence. "Tu repars donc?" lui demanda-t-il.
"Oui, il faut que nous y allions. Je voulais juste te voir et te dire au revoir."
"Très bien alors." J'entendis une chaise qu'on déplace tandis qu'il se levait. Ils s'étreignaient je supposais.
"Je t'aime papa," dit-elle dans un murmure.
"Moi aussi, mon cœur," dit Charlie bourru et ému pour une raison que je ne m'expliquais pas. Ils se séparèrent, la respiration de Bella s'accéléra. "Dis à ce garçon de faire attention sur le chemin du retour."
"Bien sûr papa. On se parle bientôt."
"Prends soin de toi, Bells."
J'entendis Bella commencer à se déplacer et je traversai la pièce pour aller à sa rencontre ignorant le regard de l'officier et ses pensées fades. Lorsqu'elle sortit du bureau elle paraissait avoir une expression calme sur le visage pour n'importe qui mais je pouvais voir la tension dans ses yeux et sa bouche.
"Est-ce que ça va?" lui demandai-je. Elle hocha la tête et se dirigea vers la sortie me laissant la suivre.
Dans la voiture je l'observai. Elle ne pleurait pas mais elle semblait être sur le point de le faire.
"Y-a-t-il quelque chose que tu veuilles prendre chez toi? " demandai-je. Nous n'avions pas trop de temps et s'il y avait des choses qu'elle avait besoin de récupérer c'était maintenant.
Elle déglutit. "Oui mes albums photos sont là-bas. Et la dessus de lit en patchwork que ma mère m'a fait."
"On va s'arrêter alors."
"Il y a beaucoup de choses encore au dortoir aussi. On n'a amené chez toi que les choses dont j'avais besoin."
"Je suis sûr que l'un des Cullen sera content d'y aller et de les récupérer pour toi."
"Non, ils ont assez fait comme ça. Ça n'a pas d'importance."
"Si ça a de l'importance," insistai-je. "Nous voulons que tu aies le moins de regrets possible. Aucun de nous n'a eu la chance de se préparer à cette vie. Tu nous donnes l'opportunité de réparer ça - indirectement en tous cas."
Bella resta dans la voiture pendant que j'allai à l'intérieur récupérer ses affaires. Je fus surpris qu'elle ne veuille pas entrer mais je ne la poussais pas. Après avoir rassemblé ce qu'elle m'avait demandé plus quelques autres choses, qu'elle voudrait sûrement avoir, nous retournâmes chez les Cullen et je commençai à évaluer la tâche qui m'incombait. Bella voulait que ce soit moi qui la transforme et je savais qu'elle croyait que je pouvais le faire. Ce dont je n'étais pas sûr moi-même. Cependant j'essayais d'ignorer cela, l'odeur du sang de Bella continuait à brûler ma gorge. Rien que cette pensée renforçait cette douleur. Comment ferai-je pour m'arrêter quand je serai directement confronté à son goût?
Nous finîmes par arriver. Je me tournai vers Bella qui me regardait déjà.
"C'est la dernière chance que nous avons de nous enfuir," dis-je.
Elle secoua la tête. "Non, je ne veux pas m'enfuir. Pourquoi lutter contre l'inévitable? Nous pourrons nous enfuir une fois que je serai vampire - je serai capable de suivre alors."
Je lui souris tendrement, tristement, sachant qu'elle voulait être courageuse pour moi. "Allons voir ce qui nous attend, alors."
Dès que j'ouvris la portière, la puanteur des loups m'assaillit. J'aidais Bella à sortir lorsque l'odeur devint plus intense.
"Alice ne plaisantait pas," me plaignis-je.
Bella me lança un regard perplexe.
"Ça pue le loup dans le coin," lui expliquai-je.
"Ils sont toujours par là?"
Je hochai la tête. "Ça grouille. Ils sont en état d'alerte maintenant qu'ils savent que beaucoup de vampires arrivent en ville. Ils se sentent obligés de protéger Forks."
"Je suis contente . Je sais que les Volturi ne viennent pas pour faire des dégâts ici mais s'ils ont faim... il faut que quelqu'un protège les gens."
Carlisle et Esmée firent leur apparition, prêts à nous guider dans ce processus de transformation d'un humain en vampire.
"Bienvenue," dit Esmée avant de nous étreindre tour à tour. "Le cottage est prêt - nous avons pensé que vous voudriez un peu d'intimité pour faire cela. Le reste de la famille voudrait vous voir avant d'y aller si cela ne vous dérange pas."
"Bien sûr," dit Bella étonnée, je savais qu'elle ne comprenait pas que les Cullen la considère déjà comme une membre de la famille.
Lentement ils arrivèrent. A ma grande surprise ce fut Rosalie la première.
"Je voulais juste te dire que j'étais désolée pour toi Bella," dit Rosalie en lui touchant le bras doucement. "Tu mérites mieux."
Bella bougea maladroitement. "Merci Rosalie." Elle se détourna mais me jeta un regard. . . .
Je l'ignorai. Bella voulait cela de toute façon. Elle avait besoin de moi pour affronter cette épreuve pas de ma culpabilité.
"Lorsque la transformation sera finie nous irons chasser," dit Emmett en s'avançant derrière Rosalie. Il enlaça Bella, absorbant sa petite silhouette et elle écarquilla les yeux de surprise. "Je te montrerai comment t'y prendre avec un grizzly."
"Grizzly? Grizzly? L'ours?"
Jasper sortit de la cuisine et vint vers nous à ce moment là. "Ce n'est pas si mauvais que ça en a l'air," dit-il. Jasper étreignit Bella aussi mais c'était intentionnel. Nous sentîmes la vague de calme avec un peu d'excitation qu'il lui envoya mais elle ne se rendit compte de rien.
"Je crois que je vais préférer commencer plus petit," dit-elle avec inquiétude en regardant les deux vampires.
"Petit," se moqua Emmett. "Tu verras c'est un jeu très satisfaisant."
Jasper roula des yeux. "Tu penses vraiment qu'elle est intéressée, Emmett?"
"Pourquoi pas?" demanda-t-il sans réfléchir. "Les grizzlis sont les meilleurs. Mis à part l'ours polaire mais je me sens toujours coupable de m'attaquer à..."
"Bon ça suffit," interrompit Esmée. "Vous allez rendre cette pauvre fille nauséeuse."
"Tu as des nausées Bella?" demanda Emmett.
"Euh... ça na va pas tarder," dit Bella en me regardant. "Tu ne me laisseras pas manger un ours polaire pas vrai?"
"Jamais," ris-je.
"Il est temps de laisser la place," soupira Rosalie et elle entraina Emmett dans un coin. Dans l'escalier Tanya et Jacob attendaient sans se toucher mais proches l'un de l'autre. Ils avancèrent en tandem c'était étrange.
"Je ne le crois toujours pas," leur dit-elle. "Allez-vous vraiment essayer ça?"
"Eh bien il faudra un certain temps pour s'habituer à l'odeur mais il peut être si doux," répondit Tanya. "Tout le monde ne peut avoir votre chance en amour."
"Je t'en prie," se moqua Jacob. "Bella sait à quoi de côté elle passe." Il ponctua cette déclaration en faisant jouer ses sourcils.
"Oh je t'en prie Jake, tu es juste jaloux que j'ai trouvé mon vampire en premier."
Il haussa les épaules, laissant tomber. "Tu es sûr que tu veux faire ça, Bells? La meute se chargera de ces sangsues italiennes pour toi. Si par l'enfer ils ont envie de se battre."
Bella frissonna. "Non, je ne veux pas mettre quelqu'un d'autre en danger. C'est ce que je veux."
"Si tu le dis." Il semblait sceptique mais pas disposé à discuter avec elle.
Kate et Irina interrompirent l'échange saluant Bella d'un sourire chaleureux.
"Nous allons bien nous amuser quand tu ne seras plus fragile," lança Kate.
"Tu devras venir chasser avec nous. Les garçons pensent qu'ils sont les maîtres mais ils ne connaissent rien à la chasse en fait," ironisa Irina. "C'est le meilleur moment."
"Parlons-nous encore de nourriture?" demanda Bella en percevant un sous-entendu dans la voix d'Irina.
Elle se contenta de rire. "Tu verras quand tu te réveilleras. J'ai le sentiment que la première chose à laquelle tu penseras ne sera pas le grizzly."
Bella se mit à rire. "J'avais pensé que ce ne serait pas ça."
Le moment de légèreté prit fin lorsque Alice arriva près de Bella. Elle était délibérément restée en retrait attendant que les autres en finissent, elle savait qu'elle voulait monopoliser l'attention de Bella.
Alice essaya d'être calme mais Bella leva les yeux et lui fit signe. "Viens me prendre dans tes bras Alice, je sais que tu n'attends que ça."
A ces mots elle se précipita et prit Bella dans une étreinte serrée. "Tout ira bien. Je vois une transition en douceur pour toi. Tu seras tellement belle."
"Merci Alice."
"Et ça se passera bien pour tes parents, vraiment."
"Est-ce que les Volturis seront satisfaits?" demanda Bella en s'inquiétant.
"Pour le moment oui. Je ne sais pas comment cela va changer quand ils arriveront ici. Avec les loups autour c'est difficile de voir ça."
"Très bien." Bella n'avait pas l'air convaincue. Elle hésita. "Autre chose?"
Je le vis en même temps qu'Alice qui devinait ce qu'elle allait demander. Alice sourit. "Oui Bella, il le fera."
"Bien sûr que je le ferai," ajoutai-je, amusé par ses bêtises. Elle voulait savoir si je la trouverais belle en tant que vampire mais comment ne le pourrai-je pas? La vision d'Alice avait été à couper le souffle. Et je pensais qu'en réalité ce serait encore mieux.
Bella rougit et détourna les yeux. "Je suppose qu'il est temps alors."
Elle se tourna vers la porte et tomba sur Carlisle qui lui bloquait le passage.
"Il y a encore autre chose avant," dit-il en riant.
Bella le regarda, perdue puis lui demanda. "Quoi?"
Le médecin lui désigna sa jambe, toujours plâtrée.
"Oh ça?"
"J'ai tout installé dans le séjour, si tu es prête, je le suis."
Elle grogna. "Vous plaisantez? Je suis prête depuis que vous me l'avez mis."
"Eh bien alors ne perdons pas de temps," dit-il et il emmena Bella dans le séjour. Alice me conseilla mentalement de ne pas les suivre. Carlisle veut l'aider à se préparer comme lui seul peut le faire.
Je hochai la tête pour lui montrer que j'avais compris. "Vais-je être capable de faire cela Alice?"
Elle s'était installée sur l'un des accoudoirs du fauteuil. "Oui, et sais-tu pourquoi?"
Je secouai la tête.
"Elle a besoin que ce soit toi qui le fasse. Tu ne peux pas la laisser tomber, pas maintenant."
Mais si je ne pouvais pas m'arrêter?
Alice soupira. "Ça suffit Edward. Tu t'arrêteras. Je l'aime aussi tu sais. Crois-moi quand je dis que je ne te laisserai pas faire ça si je n'étais pas sûre que tu puisses."
"Bien sûr, Alice. Je suis désolé, "dis-je doucement.
"C'est bien que tu le sois," dit-elle d'un ton sec.
Une scie commença à ronronner dans le séjour et Esmée se précipita pour offrir son soutien. Prenant cela comme un signal je commençai à aller vers la porte mais Alice m'arrêta.
"Pas encore. Laisse leur un moment pour échanger, d'accord?"
"Ils auront tout le temps pour ça plus tard," me plaignis-je.
Alice me sourit comme si elle essayait de ménager un petit enfant. "Oui elle te fait déjà confiance. C'est important qu'elle ait confiance en chacun de nous dans sa prochaine vie."
"Je ne comprends pas," admis-je et ses pensées ou ses visions vagues ne faisaient rien pour m'éclairer.
"Bella n'est pas habituée à être prise en charge mais elle va se mettre sous notre pouvoir, ce faisant elle va compter sur nous. Sur toi principalement mais elle va encore être un nouveau-né et il nous faudra tous l'empêcher de faire du mal à quelqu'un."
"Très bien," grommelai-je en acceptant son analyse mais elle me donna une sensation étrange de picotement. Je voulais que Bella ne compte que sur moi seul - ridicule - mais c'était ce que je ressentais quand même.
Tandis que Carlisle travaillait avec Esmée il lui parlèrent de la transformation, à quoi elle pouvait s'attendre pendant et après et pourquoi elle ne devait pas avoir peur. Elle semblait les croire, plus que moi, je n'étais pas sûr si je devais en être reconnaissant ou offensé.
Quand ils eurent fini Bella sortit sans ses béquilles et vint droit à moi.
"Ça fait mal de marcher?" lui demandai-je
"Un peu," admit-elle.
"C'était un peu trop tôt pour l'enlever mais le venin finira le travail," me dit Carlisle.
Nous restâmes silencieux pendant un moment. Personne ne voulait être le premier à suggérer ce qui devait arriver.
Bella sentit la tension. "Allons à la maison maintenant, Edward."
Je hochai la tête et regardai vers Carlisle. "Peut-être que quelqu'un d'autre devrait venir juste au cas où je perdrais le contrôle."
"Ce serait plus sage," convint Carlisle. "C'est très difficile surtout la première fois."
Alice nous fixait mais je l'ignorais. Bella ne semblait pas, non plus, très heureuse de cette conversation.
"Puis-je d'abord avoir un peu de temps seule avec Edward?" demanda-t-elle en me regardant. "Juste une heure?"
"Prenez en deux," suggéra Alice. Apparemment elle savait quelque chose qu'elle avait réussi à me cacher.
"Deux heures," acceptai-je.
"Je serai là quand vous serez prêts," promit Carlisle.
Après avoir dit au revoir à tout le monde Bella et moi marchâmes côte à côte jusqu'à la rivière. Je la portais pour la traverser et pour tout le reste du chemin. Le chalet avait été terminé et était complètement meublé et prêt pour nous. Je posai Bella dans le salon puis je la suivis dans le couloir. Il y avait deux chambres. La plus grande était entièrement meublée. La petite ne contenait qu'une table médicale avec des sangles. Bella blêmit en la voyant.
"Est-ce pour moi?" dit-elle alarmée.
"Je suppose. Qu'est-ce qui t'inquiète?" demandai-je pour la taquiner mais également pour la comprendre. Nous pourrions avoir à l'attacher pour l'empêcher de se blesser.
"C'est tellement... clinique. Ce n'est pas ce que j'imaginais."
"Comment l'imaginais-tu?"
Pour une raison quelconque je pensais que ce serait dans un lit," admit-elle. Elle se tourna vers moi en souriant timidement. La façon dont ses cheveux tombaient autour de son visage rendait son regard très jeune en cet instant. "Je suppose que je pensais que ce serait plus ... romantique."
"Ça ne va pas être comme le cliché du vampire sexy que tu as vu à la télé," luis dis-je à contrecœur. "Nous pouvons le faire où tu veux mais ça va faire mal. Tu n'en seras pas consciente de toute façon, peu importe comment nous le faisons."
"Je veux que l'avant soit un peu spécial, au moins," dit-elle et elle s'avança pour passer ses bras autour de mon cou. Je dégageai les cheveux de son visage pour mieux regarder dans ses yeux ardents.
"Nous pouvons faire tout ce que tu veux."
"Alors, allons dans la chambre," dit-elle.
"La chambre?" Je savais à quoi elle faisait allusion et je pourrai difficilement lui refuser mais ça me surprit.
"Tout ce que j'ai entendu à propos des nouveau-nés me fait peur, je ne serai plus moi-même avant longtemps. Je veux me souvenir de ce que c'est que d'être avec toi. Je ne veux pas perdre ça."
"Bella je ne te laisserai pas le perdre," promis-je et il était impossible de m'empêcher de l'embrasser quand son visage était aussi doux et mélancolique. Elle répondit à mes lèvres avides.
Je la portai dans la chambre et je retirai ses vêtements debout au pied du lit. Elle enleva les miens encore plus vite mais j'allais faire en sorte que cette dernière fois soit bonne. Ce ne serait pas la dernière fois - Dieu savait que je ne laisserai pas faire ça - mais c'était la dernière fois avec elle humaine.
Je n'étais pas inquiet de perdre sa douceur humaine. Je remarquai avec excitation que dans peu de temps Bella ne risquerait plus rien entre mes bras et je pourrais lui faire l'amour sans réserve. Mais c'est son côté humain qui m'avait attiré au départ et la sensation méritait d'être conservée éternellement dans ma mémoire et... elle le serait.
"Ma jambe a l'air ridicule," se plaignit-elle une fois qu'elle fut nue devant moi. En effet sa jambe était toute maigre après un mois d'emprisonnement.
"C'est mignon," gloussai-je. "D'ailleurs elle ne restera pas longtemps comme ça."
"Tu es sûr qu'elle ne va pas rester comme ça? Le Dr Cullen a dit qu'elle allait revenir à la normale pendant la transformation mais..."
"Oui et même si ce n'est pas le cas tu seras toujours parfaite pour moi," lui promis-je.
"Je suppose que je ne devrais pas m'inquiéter? "dit-elle en posant une main sur ma poitrine nue. "Tu es si parfait."
"Et je suis mort de la grippe espagnole," soulignai-je. "J'aurai pu être maigre et coiffé comme au saut du lit pour l'éternité."
"Tu serais mignon avec la tête de celui qui sort du lit," sourit-elle apparemment rassurée. "T'ai-je dit aujourd'hui combien je t'aimais?"
"Pas aujourd'hui, non. Mais je le sais de toute façon," dis-je et je la pris dans mes bras. "Je t'aime ma petite fille courageuse."
Elle m'embrassa la poitrine. "Montre-le moi?"
"Je ne serai jamais capable de le te montrer assez mais je vais essayer."
Je tirai les couvertures et la déposai sur les draps blancs. Je rampai près d'elle et rabattis les couvertures sur nos têtes.
"Tu as froid?" taquina-t-elle amusée par mes pitreries.
Je ne relevai pas. "C'est notre petit monde pour maintenant, ici dans ce lit. Rien d'autre n'existe."
"Ok," murmura-t-elle comprenant mon sérieux. "Juste toi et moi."
Elle prit mon visage dans ses mains et je l'embrassai doucement. Il n'y aurait jamais assez de temps pour apprécier pleinement la douce chaleur de sa bouche et la délicatesse de ses lèvres pulpeuses. Chaque sensation avec elle était si riche et si complexe. J'espérais qu'elle ressentirait la même gamme de plaisirs une fois qu'elle possèderait les sens d'un vampire.
Nous nous installâmes de côté jusqu'à ce que mon impatience prenne le dessus, je la fis rouler sur le dos, en faisant attention à sa jambe encore fragile.
Ses cuisses s'écartèrent facilement pour moi et bien que je veuille tout faire bien pour elle juste une dernière fois nous n'avions que peu de temps. Je regardai dans ses yeux, si noirs et sombres, une expression que je voyais rarement quand nous étions ensemble comme ça. Bella leva sa main et caressa ma joue de ses doigts, voyant quelque chose dans mon expression qui l'inquiétait. "Edward ... tu es sûr que ça ne te dérangera pas que je ne sois plus humaine?"
"J'en suis sûr," promis-je. J'étais toujours étonné qu'elle pense à tout. "Bella, je ne m'inquiète pas."
Elle paraissait indécise et ça me fit de la peine. "Aie confiance en moi, Bella. Aie foi en mon amour." Je caressai son nez du bout du mien. "Je ne te voudrai pas moins, ou t'aimer moins que je le fais maintenant. Je ne mentirai pas à ce sujet. "
"Je sais que tu le ferais pas." Ses cils retenaient ses larmes.
"Ne sois pas effrayée," murmurai-je contre ses lèvres. Et je m'introduisis en elle doucement. Elle haleta mais ne fit pas d'objection à cette intrusion. "Ce sera toujours comme ça. Toujours."
Elle enroula ses bras autour de moi aussi fort qu'elle put et posa ses lèvres sur les miennes et je l'aimais du mieux que je pus. Son petit corps paraissait même plus fragile que d'habitude et je fis très attention d'être moins rapide et plus délicat dans mes baisers et nos contacts. J'avais pensé, lorsque nous étions arrivés dans la chambre, que notre dernière fois serait frénétique mais maintenant tout ce que je voulais c'était de la faire durer le plus longtemps possible. Tout en elle était si précieux : chaque rougissement, chaque endroit doux, chaque souffle. Il était difficile de croire que je voudrai vraiment être en mesure de me rappeler de toutes ces petites choses pour toujours - je sentais que je devais les mémoriser toutes une fois de plus.
"Tiens-moi," murmura-t-elle en posant ses mains sur mon visage. Je glissai mes bras sous elle en la berçant et nous restâmes ainsi basculant lentement jusqu'à ce qu'elle vienne au ralenti en vagues lentes et brûlantes. Je la suivis tranquillement après, libérant tout ce que j'avais en elle tandis que je flottais dans cet endroit où elle seule pouvait m'emmener.
L'odeur de ses larmes me fit revenir à la réalité. Je les embrassais mais elles continuèrent à couler.
"Bella, Bella amour, ne pleure pas."
"Je suis désolée," renifla-t-elle. "Je ne peux pas m'en empêcher."
Je me redressai assez pour regarder dans ses yeux. Je l'avais rarement vue avoir peur mais jamais d'une chose contre laquelle je ne pouvais pas lutter.
"Parle-moi," suppliai-je.
Elle passa ses doigts distraitement sur mon épaule. "C'est la partie la plus difficile c'est tout. Je savais que ça le serait mais je ne m'étais pas encore préparée."
Je soulevai son menton pour qu'elle me regarde correctement. "... Bella je sais que tu as eu beaucoup d'au revoir à faire mais ce n'est pas ça ici. Tu ne me dis pas au revoir, tu n'auras jamais à me le dire, jamais."
"Que vais-je faire si je en me souviens pas de toi quand je serai vampire?" s'inquiéta-t-elle, enfonçant ses doigts dans ma peau. "Que faire si je ne me souviens pas de ce que je ressens pour toi? Je ne veux pas l'oublier."
"Si cela arrive, je te le rappellerai Bella. Je n'abandonnerai pas jusqu'à ce que tu te souviennes de tout."
"Tu me le promets?"
Je déposai un baiser sur sa tempe, sa joue puis ses lèvres. "Je le jure."
Pendant longtemps je la tins serrée dans mes bras. Nous ne parlions pas, que pouvait-il rester à dire? Mais je ne pouvais pas me résoudre à appeler Carlisle.
Finalement et comme d'habitude Bella se révéla la plus courageuse de nous deux.
"Je pense qu'il est temps, n'est-ce pas?"
"Nous pourrions attendre un peu," lui offris-je. "Les Volturi ne sont pas encore dans l'avion. Pourvu que tu sois transformée au moment où ils arriveront ici..."
"Il n'y a aucune raison d'attendre davantage. Je suis aussi prête que possible. Je veux en finir."
"Nous allons le faire maintenant alors." Je me levai et m'habillai rapidement puis aidai Bella à se rhabiller.
"Je veux le faire ici," dit-elle. "Je suis désolée, ce qu'il y a côté est juste trop effrayant."
"D'accord," acquiesçai-je en souriant. "Nous allons le faire ici."
On frappa à la porte. C'était Carlisle et je vis dans ses pensées que c'était Alice qui l'avait envoyé.
"Entre," murmurai-je. Il se glissa à l'intérieur.
Es-tu prêt? demanda-t-il silencieusement.
"Je crois que oui."
J'ai compris que la transformation était plus efficace si le venin est injecté en plusieurs points - le cou et les poignets au moins mais d'autres endroits aussi si tu peux le gérer. Je vais rester dehors - je surveille son rythme cardiaque pour toi, que je sache si tu en prends trop. Ce serait mieux que tu ne boives pas pendant tout le processus. L'ingestion du venin semble déclencher une réaction psychologique qui s'apparente à une libération d'endorphines chez les humains. Son goût va te donner envie de te nourrir mais tu devrais pouvoir gérer ça.
Je hochai la tête. "Merci Carlisle."
Il se tourna vers Bella qui avait observé notre échange plutôt silencieux.
"Je serai tout près si vous avez besoin d'aide mais je pense que vous devriez bien vous en sortir tous les deux."
"Merci," dit-elle. "J'apprécie vraiment tout ce que vous avez fait pour nous Dr Cullen."
"Je pense qu'il est temps de commencer à m'appeler Carlisle, d'accord?" Il lui offrit un sourire paternel. "Je dois te dire qu'il sera bon d'avoir quelques jeunes autour de nous à nouveau. J'espère que ça ne te dérangera pas de rester un peu parmi nous."
"J'aimerai ça," dit-elle sincèrement.
Carlisle s'excusa et Bella s'approcha du lit sans avertissement.
Je la rejoignis. "Je vais faire de mon mieux Bella mais ça va faire mal. Beaucoup."
"Je sais, de toute façon je ne fais pas le poids contre toi."
Un par un je recensais les endroits où j'allais mordre, poussant ses manches et déplaçant ses cheveux. J'énumérai chaque veine comme ça elle savait à quoi s'attendre.
"Je dois aller à l'artère fémorale aussi," dis-je en regardant vers ses cuisses."
"Je vais l'enlever, "dit-elle en le retirant. "Mais assure-toi que je sois habillée après? Je ne veux pas que tout le monde me voit en sous-vêtements pendant les trois prochains jours."
"Bien sûr, je ne te laisserai pas exposée."
"Très bien." Elle prit une profonde inspiration. "Faisons-le alors."
Elle tourna la tête exposant son cou. Doucement je guidai son visage vers moi, je rencontrai ses yeux et embrassai ses lèvres chaudes une dernière fois. Bien que ça me tue de m'éloigner, je laissais tomber mes lèvres sur son cou et pour la première fois je laissais aller mes dents dans sa peau.
Bon eh bien voilà nous y sommes
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Je mettrai la suite assez rapidement
Mais sachez que tous les chapitres sont comme ça jusqu'à la fin
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Suspens ...
