.
BONNE FOI d'AMETHYST JACKSON
...
CHAPITRE QUARANTE
...
"Tu as ramassé la moitié de la forêt dans tes cheveux." Elle se mit à rire en chassant toutes les brindilles de ma tête. Nous étions dans la salle de bain de notre petite maison après des heures de course, nous avions besoin tous les deux d'une bonne douche.
"Et à qui la faute?" la taquinai-je en passant ma chemise par dessus ma tête. Elle était recouverte de boue ainsi que mon dos. "C'est toi qui n'arrêtait pas de m'empêcher de me relever. "
Bella regarda l'étendue des dégâts et ensuite haussa un sourcil.
"Ouais d'accord, on se faisait tomber tous les deux," concédai-je, me souvenant avec émotion du moment où je l'avais prise par derrière sur le sol boueux près de la frontière canadienne. Inutile de dire que nous avions battu un record pendant cette course.
"Se bagarrer... rouler sur le sol... tout dévaster..." dit Bella en se déshabillant. "Je pense que tu as dû faire de graves ravages dans certains parcs nationaux."
"Je ne t'ai pas entendu te plaindre," dis-je ostensiblement, en enlevant mes chaussures.
Elle choisit sagement de ne pas répondre. Nous finîmes de nous déshabiller et entrâmes dans la douche. Bella eut un petit rire en voyant la boue sur mes fesses.
"Je suppose que j'aurai dû t'autoriser à garder tes vêtements," taquina-t-elle. "Maintenant je dois te laver le dos."
J'eus le sentiment que nous aurions beaucoup à laver.
C'est pendant que je lui lavais les cheveux qu'elle devint pensive et une fois qu'elle fut rincée elle se tourna vers moi.
"Qu'est-ce qui se passe dans cette tête?" demandai-je, parce que je vis une certaine hésitation dans son regard. Je n'avais aucune idée de ce qui pouvait l'inquiéter en ce moment.
"Les Volturi sont partis - ils ont vraiment disparu?" Elle jouait avec le gant celui qui allait servir à me laver le dos.
"Oui. Il doit bien rester quelques retardataires en Italie mais leur règne est fini. Ils se dispersent."
"Et maintenant quelqu'un d'autre prendra le relais. Probablement quelqu'un qui sera de notre bord. Les règles seront différentes."
"Oui, je suppose qu'il y aura des différences," concédai-je, incertain de savoir où elle voulait en venir. Ses yeux étaient prudents et je fus peiné de voir que ça la mettait mal à l'aise de me parler.
"Alors... si un vampire devait dire à un humain véritablement digne de confiance ce qu'il était, il n'y aurait pas nécessairement de punition?"
J'hésitai à lui donner une réponse affirmative. "Nous devons toujours faire attention Bella."
"Je sais," répondit-elle immédiatement, sur la défensive. "Je ne demande pas à le dire à tous, je n'ai même pas besoin de le dire à Angela, seulement à mes parents, Edward... Je veux juste pouvoir continuer à les voir. Je veux qu'ils sachent que je vais bien."
"Ce sera peut-être possible maintenant. Mais tu sais que ce n'est pas moi qui décide. C'est une décision qui devra être prise par les loups, s'ils choisissent de prendre le relais ou alors c'est quelqu'un d'autre qui le fera."
Elle hocha la tête satisfaite. "Je ne veux pas les faire paniquer ou quoi que ce soit. Je sais que mon père ne voudra pas connaître les détails. Ma mère pourrait vouloir tout savoir mais je pense qu'elle aussi peut garder un secret."
"Oui, je saisis," lui dis-je d'accord avec elle. Je ne pouvais même pas imaginer combien elle serait excitée à ce sujet.
"Est-ce que tu penses que je ne devrais pas leur dire?" demanda-t-elle finalement en me regardant avec des yeux interrogatifs.
"Tu les connais mieux que moi," soulignai-je. "Si tu penses qu'ils peuvent le supporter et si tu penses que tu seras plus heureuse s'ils le savent alors je pense que tu devrais leur dire."
Bella sembla enfin se détendre et elle fit mousser le gant dans ses mains. "Tourne-toi!" exigea-t-elle.
Je fis ce qu'elle demandait et la laissait s'occuper de mon dos.
"Alors... c'était quand même inattendu la façon dont tu as poursuivi Aro et l'a attaqué. Pourquoi as-tu fait ça? Je veux dire ne te méprends pas, je sais que nous ne pouvions pas les laisser partir comme ça ... je ne suis pas triste mais je ne comprends pas encore."
Je réfléchis cherchant la meilleure façon de lui répondre. "En fait ils ont abusé de leur pouvoir. Nous sommes tous d'accord pour dire qu'ils en faisaient trop. Beaucoup de vampires les respectaient et leur étaient reconnaissants parce que s'il y avait un danger ils nous protégeaient de l'exposition. Mais quand ils sont venus ici c'était juste une excuse pour nous entrainer avec eux - ou nous éliminer si cela ne fonctionnait pas. Ils n'allaient jamais nous laisser. Même si nous avions mis leur armée en déroute et les avions laissés partir ils auraient créé une autre armée et ils seraient revenus pour nous. Peut-être pas tout de suite ni dans l'année mais tôt ou tard ils l'auraient fait. C'était la seule façon de nous protéger. Mais... j'ai quand même eu quelques raisons égoïstes."
"Et quelles sont ces raisons?" demanda-t-elle. Ses mains ne faiblissaient pas dans leur travail, elle était détendue.
"J'ai touché Aro. Je n'avais pas nécessairement l'intention de le tuer. Je voulais juste les empêcher de s'échapper. Mais le contact lui a permis de voir toutes mes pensées. Chacun de mes souvenirs. Tout ce qui te concerne. Et je peux te dire qu'il était avide de ces pensées comme s'il était gourmand de toi. Je ne pouvais plus le laisser repartir avec tout cela dans sa tête pour l'éternité et ne pouvais pas le laisser en sachant qu'il te poursuivrait aussi longtemps qu'il vivrait."
Bella enroula ses bras autour de moi par derrière et appuya sa joue contre mon épaule. Le contact de sa peau contre la mienne eut un effet immédiat, je me détendis immédiatement.
"Je suis désolée que tu aies dû partager ça, même pendant une seule seconde."
Je me retournai et posai ma tête au-dessus de la sienne ce qui permit tout simplement à l'eau de s'écouler sur nous. "Est-ce que c'est égoïste que je veuille être le seul à tout connaître de toi, connaître tout ce que tu veux bien me montrer?"
Elle haussa les épaules et me donna un petit baiser sur l'épaule. "Il y a une raison que tu sois le seul à voir tout de moi. C'est peut-être égoïste mais je comprends. Je ressens la même chose. Je veux toujours être celle qui te connait le mieux."
"Tu le seras," lui dis-je. Là n'était pas la question. Même si nous restions avec les Cullen pour un millier d'années je serais toujours solitaire au fond de moi. J'avais été seul trop longtemps. Certaines choses étaient tout simplement trop ancrées. Il n'y avait que Bella qui avaient pu franchir ces barrières de ma solitude.
OOO
Douchés et habillés nous nous assîmes sur ce qui était devenu notre lit.
"Es-tu prête à aller voir les autres? " demandai-je. Elle s'assit en tailleur face à moi. Je regardai ses sourcils se froncer pendant qu'elle y réfléchissait.
"Je suppose," dit-elle. "Ça rendra tout cela plus réel. Jusqu'à présent ça été comme un long rêve. Il me semble que je vais me réveiller et me retrouver au mois de septembre, ce soir-là, quand je sortais de la bibliothèque."
"Je peux te pincer si tu veux," lui offris-je.
Elle sourit ironiquement. "Je parie qu'Alice est en train de mourir d'impatience. Nous devrions y aller."
"Très bien," soupirai-je. En fait c'était moi qui n'était pas prêt.
Nous partîmes et traversâmes la forêt et la rivière qui séparaient notre cottage de la maison. Alice, bien sûr, nous attendait sur la terrasse de derrière.
"Oh Bella! Regarde-toi!" se précipita-t-elle pour nous retrouver. Elle prit Bella dans ses bras en la serrant si fort que ça aurait dû lui briser les côtes il y a quelques jours.
Bella se mit à rire et étreignit la petite vampire assez fort pour la faire grimacer. "Dois-je passer à l'inspection?" demanda Bella.
"Bien sûr," dit Alice sur le ton de la réprimande. "Je ne peux pas croire que tu sois restée si longtemps absente. Je savais que tu ferais un vampire incroyable. Sais-tu depuis combien de temps j'attends pour te voir de mes propres yeux?"
"Désolée Alice," dit Bella même si elle ne semblait pas vraiment très désolée. "Tout le monde est ici?"
"Oui, presque tout le temps. Les loups aussi, Jake est rentré chez lui. Enfin. Je n'ai jamais pensé que je dirai ça mais il me tarde que Tanya s'en aille. Notre maison va sentir le chien mouillé pendant des mois. Emmett et Rosalie sont partis à la chasse juste pour s'éloigner un moment de cette puanteur, mais sinon tout le monde est ici."
Nous suivîmes Alice par l'escalier de derrière. Bella se tenait en retrait et arborait une expression tendue.
"Tu n'as pas besoin de te sentir nerveuse," lui rappelai-je tranquillement. "Ce sont tous des amis ici."
"Je sais," murmura-t-elle mais elle ne se détendit pas.
En bas il n'y avait que Carlisle, Esmée et Jasper qui nous attendaient. Ils étaient assis autour de la table de la cuisine avec un puzzle géant de 10 000 pièces. Quand nous entrâmes Jasper se plaignait à Carlisle qu'il ne devrait pas commencer le milieu avant d'avoir fini les bords.
Ils furent prompts à réagir et à prendre Bella dans leurs bras en lui faisant des compliments sur son apparence, ses capacités et son contrôle. Elle baissa la tête à chaque éloge, elle restait très modeste.
"Edward," Carlisle me prit à part. "Peut-on aller parler dans mon bureau?"
Je hochai la tête et allai avec lui à l'étage. Ses pensées vinrent immédiatement à moi. Je voulais te donner des nouvelles mais je ne voulais pas effrayer Bella en ce moment.
Je lui fis un signe de compréhension pour lui donner mon accord.
Certains loups se sont portés volontaires pour assurer la police du monde des vampires. En fait ils partagent la meute. Celle de Sam restera ici pour protéger le territoire Quileute. Et Jacob et ses partisans ont l'intention de voyager dans le monde et d'éradiquer les vampires malfaisants, pour le meilleur ou pour le pire.
Mon coup d'œil vers Carlisle en disait long. il s'agissait essentiellement de ce dont nous avions discuté mais nous savions tous les deux que ce ne serait pas aussi simple que cela. Nous atteignîmes le bureau et il me fit signe de m'asseoir alors qu'il s'installait dans son fauteuil.
"Je suppose que la seule question qu'il reste est de savoir comment ils comptent le faire," dis-je.
Carlisle sourit ironiquement. Eh bien Tanya et notre famille seront fortement impliquées en particulier dans le financement de l'opération. Les frais de voyage sont impossibles à gérer pour eux. En ce qui concerne leur responsabilité, Jasper a accepté de les former à la gestion des vampires récalcitrants et Alice a proposé ses compétences pour la recherche des zones à problèmes. Tanya et ses sœurs vont surveiller les signes d'activité de vampires aussi.
Tout cela semblait très raisonnable mais je ne pouvais pas imaginer qu'il n'y aurait pas de conflit. "Et les règles? Quel est leur point de vue sur ce qui est un comportement acceptable?"
Carlisle se pencha en arrière sur son fauteuil et se frotta les mains. Initialement ils avaient prévu d'éliminer tout vampire qui ne vivait pas comme nous, même régime alimentaire en fait. Nous les avons convaincus assez rapidement que nous étions contre cette politique. Toi et moi savons ce qu'il se passerait si les vampires réalisaient qu'il y avait une meute de loups qui essayaient de les exterminer. Ça ferait beaucoup plus de dégâts qu'autre chose.
Je hochai la tête pour montrer que j'étais d'accord.
Ainsi les loups ont décidé de se conformer plus ou moins aux anciennes règles. Tant que les vampires sont discrets dans leur alimentation et ne prennent pas plus de vies qu'il est nécessaire, ils n'interviendront pas.
Je me penchai en avant faisant reposer mes coudes sur mes genoux. "Carlisle," murmurai-je, espérant ne pas être entendu. "Bella veut dire à ses parents ce qu'elle est, au moins dans une certaine mesure. Est-ce que c'est permis?"
Carlisle réfléchit. "Je pense que pour Charlie ce serait bien."
Je laissai échapper un soupir. "Elle sera heureuse de l'entendre."
"Je suppose ..." dit Carlisle en hésitant, "...qu'elle voudra rester proche de son père. Avez-vous réfléchi à mon offre rester avec nous? Le chalet est déjà pratiquement à vous."
"Nous n'en avons pas encore parlé. Je crois que Bella va vouloir rester. Quant à moi... j'irai partout où elle ira, je serai heureux de rester ici."
"Ai-je mon mot à dire dans cette décision?" demanda Bella derrière moi. Elle s'installa à côté de moi et haussa un sourcil dans ma direction.
"J'ai juste dit que nous n'en avions pas encore parlé," me défendis-je. "Aucune décision n'a encore été prise."
"Eh bien, je pense que nous devrions rester," dit Bella. "Ça te conviendra?"
"Pourquoi pas? "demandai-je. "Ce serait ... bon, d'avoir des amis. Où irions-nous?"
"Vous pourriez aller où vous voulez," répondit Carlisle à la place de Bella. "Et c'est pourquoi ça signifierait beaucoup pour cette famille que vous choisissiez de rester."
"Alors nous restons," confirmai-je en jetant un coup d'œil vers Bella. Elle sourit joyeusement.
"Je savais que vous le feriez!" s'écria Alice bien sûr, debout dans l'embrasure avec Esmée, Jasper, Emmett et Rosalie tout juste arrivés qui planaient derrière elle.
"Bienvenue dans la famille," dit Esmée chaleureusement.
Famille. Il faudrait un certain pour s'y habituer.
OOO
Avec Bella nous restâmes assez longtemps à la maison pour voir le clan de Denali et satisfaire Alice. Ensuite nous repartîmes au cottage. Nous avions tous les deux besoin de temps.
"Alors," dit Bella tandis que nous nous étendions. "Que t'a raconté Carlisle? Il ne voulait que personne l'entende?"
Je serrai les lèvres. "Il me disait ce que les loups avaient décidé."
"Oh." Bella inspecta ses ongles. "Alors il ne voulait pas que j'entende."
"Il pensait que ça faisait beaucoup de choses à assimiler pour toi," dis-je gentiment. " Il essayait juste d'être compréhensif concernant ta période d'adaptation."
Bella roula des yeux. "Je sais. Mais ça m'agace. Alors qu'a-t-il dit?"
Je lui répétais tout ce que m'avait dit Carlisle. Je lui dis aussi ce qu'il avait pensé du fait qu'elle révèle ce qu'elle était à ses parents au cas où elle n'aurait pas entendu. Mais elle l'avait fait.
"Je voudrai parler avec mon père demain."
Je grimaçai. "Tu es sûre que c'est une bonne idée?"
Bella s'assit en se renfrognant. "Tu penses que je ne devrais pas lui dire?
"Ce n'est pas ce que je dis," répondis-je lentement. "Tout ce qui m'inquiète c'est que tu n'as pas approché d'humains depuis que tu as été transformée - ou au moins personne de complètement comestible," ajoutai-je en me souvenant du fait qu'elle avait plissé le nez en sentant Jacob. "Peut-être que tu devrais tester tes limites avant d'impliquer ton père."
Elle se recoucha avec un gros soupir. "Je déteste ça quand tu es si ... raisonnable," se plaignit-elle.
"Désolé. Je vais essayer d'arrêter," dis-je ironiquement.
OOO
Le jour suivant nous sortîmes pour tester le contrôle de Bella. Je demandai à Emmett de venir avec nous au cas où j'aurai besoin d'aide pour la retenir physiquement bien que je doute que nous en arrivions là. Elle n'avait pas vraiment montré de réaction en sentant son odeur humaine dans le cottage.
Bella était moins sûre d'elle-même. Une fois que je lui eus montré qu'un potentiel désastre était possible, elle commença à le craindre et maintenant elle était nerveuse. Je me sentis mal de l'avoir faite douter d'elle-même mais je savais que son succès serait bientôt toute la confirmation dont elle avait besoin.
"Marchons jusqu'en ville," suggérai-je quand nous fûmes dehors. "Tu n'as qu'à nous dire quand tu sens que tu as besoin de t'arrêter ou de ralentir."
"D'accord," dit-elle faiblement. J'attrapai sa main et nous commençâmes à nous déplacer.
"Alors Bella," dit Emmett, pour rompre le silence. "As-tu déjà cassé quelques meubles? Comment se porte le lit?"
Bella lui lança un regard dur. "Ce ne sont pas vraiment tes affaires!"
Il rit. "Pas du tout. Je suis juste curieux."
Je roulai des yeux mais ils ne remarquèrent rien, ni l'un ni l'autre.
"Nous avons cassé le lit. Déjà," dit Bella. "Mais bon le mur de la chambre fait aussi bien l'affaire."
Emmett s'esclaffa. "Bien."
"Avez-vous cassé beaucoup de lits avec Rosalie?" demanda Bella, en fronçant les sourcils.
"Oh Bella," Emmett sourit en secouant la tête. "Nous en cassons encore."
Elle fit la moue. "D'accord... c'est plus d'informations que je n'en demandais."
Emmett rit. "Fais attention quand tu joues avec le feu, petite fille. Tu pourrais te brûler."
Elle ricana. "Toi fais attention, Emmett. Edward m'a dit que je serai plus forte que toi pour l'année à venir. Je pourrai bien te botter les fesses."
"Et tu le crois!" se moqua-t-il.
"Et nous verrons combien..." commença-t-elle mais elle s'arrêta et se tendit.
"Qu'est-ce que c'est?" demandai-je immédiatement.
Elle me regarda anxieuse. "Je sens quelque chose? Des hommes ?"
Emmett et moi prîmes une grande inspiration. Dans un mélange d'odeur de verdure, de terre, de pluie, on devinait une odeur humaine. Emmett et moi étions assez désensibilisés pour la manquer.
"Oui, c'est humain, " confirmai-je. "Comment tu te sens?"
Elle haussa les épaules un peu. "Ma gorge me fait mal de nouveau. Je ne me sens pas envie de chasser ni quoi que ce soit cependant."
"C'est bien," dit Emmett d'une voix gentille et c'était inattendu. "Tu es géniale. On continue?" suggéra-t-il en me jetant un coup d'œil. "Dis-nous le quand ça devient limite insupportable, d'accord?"
Elle respira par le nez profondément et hocha la tête. "Entendu."
Nous arrivâmes au bout de l'allée sans que Bella ne se plaigne.
"Est-ce qu'on va jusqu'en ville?" demanda Emmett.
Je regardai Bella. "Qu'en penses-tu? Est-ce que tu veux aller plus loin?"
Elle prit le temps d'y réfléchir. "Je me sens bien encore. Allons-y ."
Nous restâmes derrière une ligne d'arbres, en sécurité, prenant un rythme légèrement plus lent pour nous diriger vers la ville. Bella n'avait pas encore apprivoisé son attitude pour agir comme un humain alors nous bougions vraiment très vite mais c'était bon tant que personne ne nous voyait.
Nous nous étions beaucoup rapprochés de la ville quand je commençai à capter des odeurs de la vie humaine. Je regardai Emmett par dessus la tête de Bella et je vis ses narines bouger. Bella, elle ne montrait aucune réaction. Je nous arrêtais au bord de la route principale.
"Bella? Comment te sens-tu? Bien?" demandai-je.
"Ouais," dit-elle comme si c'était évident. " Actuellement ça sent mauvais. Est-ce que c'est comme ça pour vous aussi les gars?"
"Décris-nous ce que tu sens," lui demandai-je ignorant sa question. Je n'aurais pas été surpris qu'elle trouve que l'odeur humaine la laisse indifférente mais qu'elle la dégoûte serait tout à fait inattendu."
"Bon... c'est comme si quelqu'un avait fait un grand repas et avait dispersé les restes partout et bon peut-être que la nourriture sent bon mais ça sent juste comme dans une poubelle. Et plus je peux sentir actuellement les poubelles entre autres choses."
Je ris et Emmett la regardait bêtement.
"Quoi?" demanda-t-elle en nous regardant tous les deux.
"Ça n'est pas normal," dit Emmett.
"Tu es extraordinaire," renchéris-je. "L'odeur du sang ne dépasse pas les autres odeurs pour toi. Ce n'est pas comme ça pour nous. Je peux sentir l'odeur des bennes à ordure, l'échappement des voitures et la graisse de la restauration rapide que tu a as sentie mais ça n'atténue en rien l'odeur des humains."
Bella me regarda avec des yeux pleins d'espoir. "Est-ce que ça veut dire que je pourrai voir mon père?"
"Je pense que ça va aller," l'assurai-je.
"Ouais mais tu devrais probablement l'avertir de vider sa poubelle...juste au cas où..." ajouta Emmett en riant à sa blague.
OOO
Le lendemain soir nous nous retrouvâmes dehors devant la maison de Charlie. Sa voiture était là dans l'allée et on pouvait voir la lumière de la télévision derrière les rideaux du séjour. Nous étions toujours dans la voiture, Bella portait des lunettes bien qu'il fasse noir, ordinairement elles ne seraient pas nécessaires. Elle voulait préparer Charlie avant qu'il ne les voie.
"Alors j'ai une question. Que va-t-il se passer si Charlie te tire dessus pour avoir transformé sa fille unique en vampire?"
Je réfléchis. "Tu sais je n'ai jamais reçu de balle mais j'imagine que ça piquerait un peu. D'autre part je suis capable de l'éviter. Nous nous déplaçons plus vite que les balles."
Elle me sourit. "Tu es plus rapide qu'une balle de fusil, hein? Ça fait de moi une Loïs Lane alors?"
Je roulai des yeux mais elle rit à sa mauvaise blague. Finalement elle était sous pression.
"Tu sais nous ne sommes pas obligés d'y aller ce soir," lui rappelai-je, nous n'étions pas encore descendus de la voiture.
"Non je veux le faire maintenant," soupira-t-elle, et elle ouvrit la portière. "Je ne serai jamais prête pour faire ça alors autant y aller."
"D'accord alors. Je reste juste derrière toi."
Nous allâmes jusqu'à la porte d'entrée et elle frappa au lieu d'entrer directement.
"Entrez," grommela Charlie c'était un défi pour lui de quitter son fauteuil. Quand nous ouvrîmes la porte Bella se tendit se préparant à quelque chose, son odeur, sa réaction ou les deux.
"Bells, que fais-tu là? " demanda-t-il en regardant ses lunettes de soleil et ses doigts qui s'agitaient. "Quelque chose ne va pas?"
"Non, tout va bien mais il faut que je te parle. Puis-je entrer?"
Charlie roula des yeux. "C'est toujours ta maison, Bella. Bien sûr que tu peux." Il me hocha la tête pour me saluer. "Bonjour Edward."
"Bonjour chef Swan." Je suivis Bella tandis qu'elle passait devant son père.
Nous nous assîmes dans le séjour. Charlie face à nous, dans son fauteuil, les bras croisés, haussant les sourcils parce que Bella n'avait pas encore retiré ses lunettes de soleil.
"Bon, que se passe-t-il? Si je ne le savais pas je penserai que tu es venue pour me dire que tu es enceinte."
Bella rit nerveusement. "J'ai... euh.. J'ai fait de grands changements. C'est en bien je pense mais c'est quelque chose que je ne peux pas vraiment cacher alors... je voulais te le dire pour ne pas que tu sois surpris plus tard."
"D'accord," dit Charlie doucement. Il était complètement perdu et je ne pouvais l'en blâmer. Et j'étais aussi un peu confus par les hésitations de Bella.
Elle tendit son bras et attrapa ma main que je caressai pour l'encourager.
"Et bien voilà beaucoup de choses sont différentes maintenant. C'est toujours moi, mais ... Papa je ne vais plus vieillir. Et je ne vais plus manger de la nourriture. Ma peau est froide. Et mes yeux vont être vraiment étranges pendant un certain temps," ajouta-t-elle en enlevant ses lunettes doucement.
Charlie la fixa, un long moment. "Tu portes des lentilles?" demanda-t-il, avec espoir.
Elle secoua la tête. "Mes yeux vont rester comme ça probablement pendant une année. Ensuite ils seront plus ...normaux."
Charlie se frotta le visage avec sa main droite. "Tes yeux sont ... rouges. Tu ne vieilliras plus, tu dis. Tu ne mangeras plus. Et tu es froide. Bella Marie Swan, qu'essaies-tu de me faire?"
"Rien du tout. Je suis sérieuse papa."
Charlie secoua la tête. "C'est quoi Bella?"
"Papa je suis différente. De beaucoup de façons. Et j'ai pensé que je ferai mieux de te le dire avant que tu commences à remarquer des choses par toi même."
Charlie se leva et se mit à marcher. "Ce n'est pas possible, " murmura-t-il. "Ce dont tu me parles n'est pas... humain."
Bella se leva et tendit son bras. "Papa touche ma main. Je suis sérieuse."
En soupirant il serra sa main. Son bras se raidit immédiatement. Je pouvais imaginer comment elle lui paraissait différente maintenant, froide et dure.
"Bella... diable que t'est-il arrivé?" souffla-t-il.
Elle haussa simplement les épaules. "Tu veux vraiment le savoir?"
"Non," admit-il d'un ton bourru. Il se retourna et alla vers la cuisine sans un mot. Bella me regarda, de la confusion et de l'impuissance sur le visage. Je souris désabusé.
"Détends-toi," murmurai-je. "Il est allé chercher une bière.
Elle ferma les yeux et laissa échapper un petit rire. "Bien sûr."
Nous avons entendu Charlie boire une demi-canette d'un seul coup avant de revenir vers nous.
"D'accord, bien. Alors tu es légèrement différente maintenant," nous dit-il. "Est-ce qu'il y a quelque chose dont je devrais m'inquiéter? Tu as ... des problèmes?"
"Non papa," dit-elle en secouant la tête et serrant ma main. "Je vais très bien. Je suis heureuse. Et ma vie va beaucoup changer à présent mais c'est moi qui l'ait choisie."
L'expression de Charlie se radoucit en regardant sa fille et il posa sa bière. "Tant que tu es en sécurité, en bonne santé et heureuse c'est tout ce que je veux pour toi. Je t'aime Bella. Je le ferai toujours."
Bella se leva pour le prendre dans ses bras. "Je t'aime Papa."
OOO
Bella était étourdie de soulagement sur le chemin du retour.
"Ça c'est plutôt bien passé pas vrai? Et maintenant peut-être que ses amis de la réserve lui diront pour leurs histoires de transformation - mais je ne veux pas être là quand ils dévoileront cette information."
"Je suis content que tu aies pu lui dire," souris-je. "Ce n'est pas très juste pour toi de couper les ponts avec tes parents."
Elle hocha la tête toujours souriante et regarda la paysage défiler par la vitre.
"Est-ce que tu penses qu'on pourrait les aider? "demanda-t-elle.
"Aider qui?" demandai-je. J'eus un sentiment de malaise en voyant venir la direction qu'allait prendre cette conversation.
"Les loups, Edward. La clan de Denali. Je veux dire nous sommes la raison pour laquelle les Volturi sont venus ici. Nous sommes la raison pour laquelle ils n'existent plus. Ne crois-tu pas que nous ayons une certaine responsabilité à assumer?"
"Oui un peu," acceptai-je à contrecœur. "Mais ce que nous avons fait n'était que de l'auto-défense. Je ne pense pas que ça signifie que nous devions être en première ligne pour le restant de nos vies. Et si je dois dire ce que j'en pense et bien je n'aime pas cette idée que tu pourrais être blessée."
"Mais je pourrai les aider, Edward. Mon bouclier t'a protégé dans la prairie. Je peux apprendre à l'utiliser..."
"Il y aura de nombreuses façons dont tu vas pouvoir aider Bella... mais il n'y a pas beaucoup de vampires comme Alec et Jane. Ils n'ont pas des capacités extraordinaires contre lesquelles ton bouclier peut nous protéger. La plupart du temps ce sera de la bagarre physique. Et tu ne seras pas capable d'aider mais tu pourrais être blessée."
"Ils pensent cependant," souligna-t-elle. "Ce sont des pensées que tu pourrais lire. Et ce serait un énorme avantage pour eux."
Je pinçai mes lèvres. "Je ne suis pas opposé à l'idée d'aider, Bella mais en ce moment? Pour le moment ma seule préoccupation c'est toi. Indépendamment de ce que je veux, tu as besoin de temps pour d'adapter à cette vie avant de partir en guerre contre les vampires et si je suis honnête je veux rester avec toi un certain temps. Est-ce si terrible?"
"Non," se radoucit-elle en posant sa main sur celle qui était sur le levier de vitesse. "Je me sens égoïste? J'obtiens tout ce que je veux et ce sont les autres qui en paient le prix."
"Personne ne paie. Bella. Les loups ont été impliqués au moment même où Jacob s'est imprégné de Tanya et les Cullen et les Denali t'aiment autant que les autres membres de la famille. Personne ne te blâme de quoi que ce soit. Sois juste égoïste ... avec moi."
"D'accord," murmura-t-elle. "Je n'ai pas pu résister à demander, mais promets-moi quelque chose?"
J'acquiesçai et attendis.
"Sois égoïste avec moi aussi. Je veux que tu prennes tout ce que j'ai à donner."
Je laissai échapper un rire. "Bella quand il s'agit de toi ... je n'ai jamais été rien d'autre qu'un égoïste. Tu es à moi."
"Je suis à toi," dit-elle avec un sourire malicieux. "A présent qu'est-ce que tu vas faire avec moi?"
Je souris et appuyai sur l'accélérateur. Il était temps de rentrer à la maison.
OOO
"Oh putain. Oh putain, Oh putain, oh putain."
Le lit heurta le mur à chacun de ses cris, à chacun de ses coups. Ça faisait une bonne heure que nous étions dans ce rythme effréné juste parce que nous le pouvions. Bella avait déjà joui trois fois - moi une seule. Mais c'était sur le point de changer.
"Retourne-toi," soufflai-je en la tirant. "Il faut que j'aille plus profond, Bella."
Elle gémit et se retourna sur le ventre, plantant ses genoux dans le matelas et soulevant son derrière parfaitement rond en l'air.
Je soupirai et la pénétrai sans avertissement en elle. "Putain," haletai-je, j'étais si loin et si bien en elle.
"Oh," geignit-elle, quand je commençai à pousser de nouveau, plus rudement encore. " Oh dieu je vais encore venir."
J'entendis le solide lit en chêne craquer.
"Nous allons finalement le casser, ce lit," dis-je essoufflé, mes jambes commencèrent à trembler, pas par manque d'endurance mais à cause du plaisir qui parcourait mes nerfs.
"Plus vite," souffla-elle, en résistant à mes coups de boutoir en arquant son dos. "Je suis si proche... si proche."
Je sentais mon orgasme se construire, j'en étais presque au point de rupture et je cherchai désespérément son clitoris et je le frottai fort. Elle se resserra autour de moi, criant très fort dans les aigus comme je ne l'avais jamais encore entendu et je me délectai de sa joie absolument non retenue.
Je laissai mon corps tomber lourdement sur le sien, sur le matelas posé par terre, entouré par les restes du lit.
Bella se mit à rire de nouveau. "Dieu que j'aime le sexe vampire.
On se retrouve en début de semaine prochaine pour l'épilogue?
