Chapitre 3 : Une décision, Deux traîtres, Trois Choix

Je me mis en action. Je n'avais pas besoins de me demander par ou je pouvais bien commencer. Je le savais depuis près de six ans déjà. Je sortis, cachés au fond de mon placard quelques petites réserves de nourriture que j'avais rassemblés discrètement depuis la découverte du livre, quelques semaines auparavant, pour ce jour que j'avais tant attendus. Je choisis cependant de ne pas trop m'encombrer. Je sélectionnais soigneusement un paquet de barres chocolatées et quelques petits paquets de gâteaux, j'ajoutais à cela une bouteille d'un litre d'eau. Je passais ensuite à l'inspection de mes tiroirs pour y prendre une grosse lampe électrique et des piles pour la faire fonctionner. Puis, j'ouvris mon armoire et me saisis d'une doudoune munit d'une capuche, d'un pull bien chaud, mon préféré, de gants, d'une écharpe, d'une paire de jeans, d'un col roulé, d'un tee-shirt manche longue et de basquets confortables. Je fourrais la pluparts de mes affaires dans mon sac à dos. Je me sentais bien, légère, alors que je préparais mon départ. Je me sentais forte. L'excitation montait peu à peu en moi à mesure que le temps passait. Ces dernière semaines d'attente avaient étaient un véritable calvaire, pire lorsque je revenais à la maison, ou j'étais confronté à la trahison de mes parents à cause de leur douloureuse présence, qu'à l'école où je parvenais à me libérer un peu de ce sentiment.

Je ne m'étais pas décidé de quoi faire à propos de mes parents. Devais-je leur laisser un mot, ou bien ne pas le faire ? Et si je leur écrivais quelques mots, que devrais-je leurs écrire ? Je finis cependant par prendre une feuille et me mettre à leur écrire.

« Chère Mère, cher Père,

Je quitte la maison dès ce soir. Je suis devenu trop différente de vous.

Nous nous sommes peu à peu séparer et aujourd'hui plus rien ne vous lie à moi.

Ne me cherchez pas. Je ne vous reverrai pas.

Soyez heureux tout les deux. Je vais là ou se trouve mon bonheur.

A jamais, Chihiro »

Mon message était court mais je ne trouvais rien d'autre à ajouter. Je le laissais en évidence sur mon bureau, puis me vêtis avec soin pour me préparer à sortir. Je m'étais bien équipé car la nuit était froide et à l'apogée du solstice d'hiver, les tempêtes étaient, d'après le livre, très fréquentes à cause des esprits qui ce trouvaient alors à l'apogée de leur puissances. Une fois fais, je me plantais devant le miroir. Je me reconnue alors, pour la première fois, depuis plus de six ans. Ma silhouette était devenue élancée à cause, entre autre, de mes entraînements aux arts martiaux que je m'étais mis à pratiquer depuis mon retour dans le monde des humains, chose que je n'aurais pas à regretter dans le monde des esprits. J'en étais persuadé. Depuis ma dernière aventure là-bas, un peu plus de force physique et spirituelle ne pouvais que m'être bénéfique. J'enfilais encore un pull par-dessus mon col roulé avant de hisser une anse de mon sac sur mon épaule et de prendre ma veste à la main. Je sortis dans le couloir tout en lançant un dernier regard en direction de ma chambre, puis, vers celle de mes parents qui dormaient surement d'un sommeil paisible à cet instant. Il ne me restait plus qu'à quitter la maison, ce que je fis sans grande difficulté. Je sortis sous la douce lumière de la pleine lune à peine voilée par quelques nuages. Je n'aurais aucun besoin de la lampe avant d'être en forêt. Je devais d'ailleurs me dépêcher d'y entrer avant que quelqu'un ne me voit à terrain découvert, c'était peu probable à cette heure, mais pas impossible. Je me mis donc à courir. Au bout d'une vingtaine de minute je parvins à la lisière de la forêt et me remis à marcher pour reprendre mon souffle agréablement réchauffé par l'effort. A l'abri des premiers arbres, je fis une petite pose bien mérité pour boire. Je repartis vite pour ne pas laisser la fatigue me gagner. Je longeais un long moment la forêt marchant aussi vite qu'il m'était possible de le faire sans pour autant trop me fatiguer. Au bout d'une bonne heure de marche j'arrivais enfin sur le chemin familier qui s'enfonçait dans la forêt. Je le perdais de vu entre les larges ombres des arbres. Je sortis ma lampe de mon sac, et l'allumais. Ce n'était pas la première fois que je me rendais au tunnel en cachette en pleine nuit. Les ombres massives des arbres m'étaient devenues familières au cours des ans. Je m'engageais entre les arbres. Je marchais tout en observant grâce au faisceau de la lampe les petites maisons de pierre et les sculptures qui longeaient le chemin. Je me sentis alors comme à chaque fois que je les croisais, observé par un millier d'yeux taillés dans la pierre. J'accélérais ma marche. Je dus cependant ralentir et même m'arrêter pour faire une pause car le terrain en pente me fatiguait après ma course rapide et ma longue marche. J'en profitais pour me désaltérer et manger un peu pour me remettre de mes émotions. Je repartis avec moins d'entrain et je vis que quelques flocons de neiges commençaient voleter devant mon nez. Le seul fait de penser à Haku me poussait en avant sur l'interminable chemin plongé dans l'obscurité, mais la neige me convainquit d'accélérer à nouveau le pas. Alors que le vent commençait à se lever et la neige à tourbillonner de plus en plus fort, j'aperçus la statue qui faisait face au tunnel. Je me mis à courir, de toutes mes forces et me stoppait net devant l'entrée. J'étais enfin arrivé à la frontière entre le monde des humains et celui des esprits. Le monde des humain ou je m'étais fais trahir par mes parent et abandonné par mes pairs, se tenait derrière moi, et devant moi, le monde des esprits où vivaient mes chers amis.

Je m'engageais sans un regard en arrière dans le sombre couloir. L'endroit était comme lors la première fois, six années auparavant. Je sortis du vieux bâtiment en ruine et débouchais sur la prairie qui était à présent recouverte d'une belle couche de neige. Je me mis à courir, je me souvenais de l'eau, de la rivière qui c'était transformée en un fleuve en quelques minutes à peine puis en un océan qui s'étendait à perte de vue au delà de l'horizon. J'atteins les marches de pierre sans encombre, seul un mince filet d'eau barrait ma route et serpentait entre quelques cailloux noirs. Je n'eus aucun mal à passer de l'autre côté et je le fis, sans hésitations. Je gravis les escaliers avec excitation. Aburaya apparut à nouveau devant moi identique à ce qu'elle était six années auparavant. Les esprits déambulaient dans la grande rue entre les stands qui regorgeaient de mets divers. Je sentis mon cœur se serrer sous l'émotion. J'étais de retour, j'étais enfin de retour. Je me mis en route pour la maison des bains. Le seul que je savais où trouver à coup sûr était Kamaji. Je partis donc lui rendre visite. Je marchais donc d'un pas résolu jusqu'au pont. Et je fis comme Haku me l'avais conseillé la première fois, je retins ma respiration et passais sans encombre devant les employés des bains. Heureuse d'avoir passé cette épreuve haut là main, je pris le passage dissimulé par lequel les souvenirs délivré par Haku m'avaient permis de rendre visite à Kamaji. Les marches du grand escalier que je retrouvais malheureusement au même endroit, me parurent aussi dangereuses que la première fois, malgré le fait que j'avais beaucoup grandis depuis, je les trouvais encore très raides. Je me souvenais, que l'une d'elle, pourrie, avait cédée sous mon poids lorsque j'avais onze ans. De se fait, je préférais courir pour descendre. Je m'élançais sans hésiter dans l'escalier et arrivais saine et sauve, heureusement, mais en m'écrasant tout de même à nouveau contre le mur, malheureusement. Je retrouvais la porte de la chaufferie là où je l'avais laissé et y pénétrais. Kamaji fouillait dans ses tiroirs à herbes quand je l'aperçus. Je laissais glisser mes affaires de mes épaules et mon sac produit un bruit étouffé lorsqu'il toucha le sol.