Un retour en arrière qui n'est que le début d'une explication...
CHAPITRE UN :
DISPARITION
Avant que tout bascule tragiquement, les choses ne s'étaient pourtant pas mal présentées pour Harry Potter en ce début de vacances scolaires.
Le séjour chez les Dursley n'avait pas été long. Et c'était la dernière fois que Harry mettait les pieds dans cette maison détestée.
Le cœur lourd, il avait été tenté de rester vautré du matin au soir sur son lit à ne rien faire. Mais la perspective de quitter ces lieux définitivement l'avait aidé à se ressaisir.
Au cours des trois jours qu'il y avait passés, il avait donc rassemblé ses affaires, le peu de livres et de papiers qu'il voulait conserver, les avait tassés dans un carton récupéré au supermarché du coin, et lorsque Tonks et Lupin étaient venus le chercher pour l'accompagner au Terrier, il n'avait que sa malle et ce petit carton que Rémus avait réduits pour le transport.
Il était 20h, et les trois Dursley qui avaient fini de manger se trouvaient au salon, affalés comme toujours devant le téléviseur. Harry se tenait dans l'encadrement de la porte, les deux autres sorciers attendant dans l'entrée qu'il fît ses adieux à sa famille. Le garçon s'était gratté la gorge pour attirer l'attention.
-Bon, et bien, au revoir ! Avait-il dit avec maladresse, regardant la tante Pétunia qui seule avait levé les yeux vers lui.
Dudley, avachi dans un fauteuil, avait vaguement agité celle de ses grosses mains qui ne tenait pas une glace, sans un regard pour son cousin en instance de départ définitif. Quant à Vernon, il avait grommelé quelque chose du genre « c'est ça, ou plutôt adieu, qu'on ne te revoie plus » dans sa moustache clairsemée. Puis retrouvant soudain sa combativité, il avait ajouté en levant le ton :
-Et débarrasse-nous de ces individus anormaux qui n'ont rien à faire dans une maison respectable !
Il avait accompagné ses aimables paroles d' un regard furieux de ses petits yeux porcins en direction de Tonks et Rémus qui restaient prudemment dans l'ombre.
Finalement, Pétunia s'était levée de son siège, et, surmontant la répugnance que lui inspiraient visiblement cette sorcière aux cheveux violets et cet homme ravagé, elle avait suivi son neveu dans le couloir.
Avant de sortir, Harry s'était tourné vers elle. Il avait cru discerner une expression étrange dans ses yeux, quelque chose qui ressemblait vaguement à de la bienveillance, et de la gêne, et même peut-être une sorte de regret.
Elle avait posé sa longue main osseuse sur son bras. Il était maintenant aussi grand qu'elle, et comme elle baissait un peu la tête, les épaules légèrement voûtées, elle devait lever les yeux vers lui.
-Au revoir, tante Pétunia ! Redit-il avec une douceur qui le surprit lui même.
Il éprouvait brusquement une sorte de pitié pour cette femme qui l'avait pourtant martyrisé. Sa vie, entre Vernon et Dudley, n'avait tout compte fait rien de très enviable. Mais il était un peu tard pour qu'elle se mette à apprécier la présence de son neveu.
-Au revoir …Harry ! Et… Elle hésitait, cherchant ses mots. Comme rien ne venait, son neveu avait franchi le seuil , dégageant son bras.
-Prends soin de toi ! Avait-elle articulé finalement à mi-voix, la mine piteuse.
Stupéfait, Harry s'était retourné vers elle, et sans rien dire, avait fait un petit signe de tête avant de suivre les deux sorciers qui l'attendaient à l'entrée du jardin. La porte s'était refermée silencieusement.
Une voiture les attendait. C'était un modèle d'apparence moldue, mais elle était blindée contre tout type de sortilège, capable de voler et de se rendre invisible. Une merveille de la technique magique, conduite par un chauffeur du ministère portant casquette et tout gonflé de son importance.
Ils étaient arrivés au Terrier sans encombre. Malgré la tristesse que tous ressentaient, due à la mort de Dumbledore, les Weasley lui avaient réservé un accueil aussi enthousiaste que de coutume.
Les jumeaux étaient présents et l'avaient presque jeté par terre à force de lui envoyer des bourrades affectueuses, gloussant quand Molly s'émerveillait qu'il ait encore grandi et embelli. Hermione ne devait les rejoindre que dans quelques jours, et Ron était ravi de retrouver son ami.
Quant à Ginny, ses yeux flamboyaient et ses pommettes étaient rouges. Pour se trouver en tête à tête avec elle, Harry avait dû attendre le moment où, ayant laissé Ron dans la chambre pour se rendre à la salle de bain, il avait pu frapper légèrement à la porte de la jeune fille et s'introduire dans sa chambre, après avoir vérifié que le palier était désert. Elle était en chemise de nuit, ses longs cheveux lâchés sur ses épaules. Elle s'était jetée dans ses bras et il l'avait serrée à l'étouffer.
-Eh, tu te prends pour maman ou quoi ? Avait-elle grogné, taquine, en essayant de se dégager.
-J'étais si impatient de faire ça…!
Et il l'avait retenue en murmurant dans ses cheveux des paroles incohérentes.
Ils n'avaient pu passer que quelques minutes seuls, puis il avait dû lui rappeler qu'il se comporterait avec elle comme si elle n'était qu'une simple amie, et les yeux de la jeune fille s'étaient durcis tandis qu'elle disait :
-Harry, tu sais que je n'ai pas peur.
-Je sais, mais c'est moi qui ai peur. Et pas que pour toi.
Il l'avait quittée après un dernier baiser passionné. Sachant qu'ils se verraient encore pendant plusieurs jours, même s'ils devaient se serrer la main ou s'embrasser en cachette, ils s'étaient séparés sans trop de peine.
Quelques jours avaient passé ensuite, assombris par les mauvaises nouvelles qu'ils lisaient quotidiennement dans la gazette, et dont la pire avait été sans aucun doute celle de l'évasion de cinq mangemorts, parmi lesquels Lucius Malfoy. Les circonstances étaient peu claires, mais une chose apparaissait comme évidente : Azkaban , de la forteresse imprenable qu'elle avait toujours été, s'était transformée en passoire, suite au départ des détraqueurs, et Scrimgeour était totalement débordé, incapable de prendre les mesures qui s'imposaient.
Dans ces circonstances, le mariage de Bill et Fleur fut fêté dans la plus stricte intimité, puisque n'étaient présentes que les familles rapprochées et quelques amis triés sur le volet. Fleur couvait toujours Bill du regard avec la même adoration, malgré les horribles cicatrices qui ne s'étaient guère atténuées, et Molly lui en était extrêmement reconnaissante .
Sa hargne s'était déplacée vers la mère de Fleur, qui était une demie-vélane (comme on pouvait s'y attendre), et qui semblait vouloir constamment se prouver à elle même qu'elle était toujours capable de séduire à son âge, pas si avancé du reste.
Son mari, un petit homme brun portant moustache, la considérait avec une indulgence amusée papillonner devant tous les mâles de la fête, rejeter sa blonde chevelure en arrière et onduler des hanches. Molly trouvait çà scandaleux, Hermione et Ginny pathétique, et les frères Weasley hilares faisaient des paris sur celui qui aurait le plus de chances de retenir définitivement l'attention de la belle-mère de Bill.
Lors du bal qui avait suivi la cérémonie de l'union menée par un juriste sorcier bien connu de la famille, tout le monde s'était détendu, et on avait même vu le professeur Mc Gonagall danser avec raideur au bras d'un Arthur Weasley très occupé à ne pas lui écraser les pieds.
Insouciant et gai pour une fois, Harry tenait la main de Gabrielle, la petite sœur qu'il avait remontée des profondeurs du lac lors du tournoi des trois (quatre) sorciers, et la faisait tournoyer sur la pelouse du terrier transformée en terrain de danse, quand Mme Delacour s'était avancée une fois de plus vers lui de sa démarche ondoyante et l'avait attiré un peu à l'écart.
-Mon cher Harry, si vous saviez, pas un jour ne passe sans que Gabrielle ne parle de vous. Elle vous adore et …c'est bien naturel…
Et elle avait conclu en battant des cils et en lui lançant un regard séducteur qui l'avait fait rougir malgré lui.
Déjà, il entendait les ricanements peu discrets de Fred et George qui l'observaient tout en gobant des tomates-cerise qu'ils avaient enchantées pour les faire voler directement dans leurs bouches.
Il n'avait su que répondre et avait ébouriffé la tête blonde de la fillette qui tournait autour d'eux en sautillant. Autant il était à l'aise avec la gamine, autant il ne savait comment se comporter avec la femme qui lui avait déjà plusieurs fois adressé ces regards gênants. Il avait beau savoir qu'elle était comme çà avec tous les mâles de 7 à 77 ans, il n'arrivait pas à le prendre à la légère. Et comme elle le sentait troublé, elle en rajoutait, et continuait de lui parler de sa voix un peu rauque de fumeuse, avec son accent charmant…Ceux qui avaient parié sur lui devaient se frotter les mains, pensait-il avec un découragement amusé, empêtré dans une réponse maladroite.
C'était finalement Ginny qui l'avait sauvé. Jetant à la vélane un coup d'œil courroucé, elle avait carrément invité Harry à danser une bourrée irlandaise. Il s'était empressé d'accepter, soulagé, les joues encore en feu.
La fête s'était prolongée tard dans la nuit, animée par un ensemble de quatre excellents musiciens traditionnels.
Tous les convives avaient trop mangé, trop bu, beaucoup ri, et oublié l'espace de quelques heures la menace qui pesait sur leurs têtes.
Percy avait fait une brève apparition, se contentant de serrer la main d'un Bill réticent et de s'incliner solennellement devant une Fleur embarrassée. Il avait à peine regardé ses parents et ses autres frères et sœur, et s'était empressé de repartir.
Peu affectés par ce comportement prévisible, et pour taquiner Ron, les frères Weasley avaient chacun à son tour invité Hermione à danser, la serrant de très près, et le pauvre garçon s'était finalement décidé à l'arracher à Charlie pour lui faire une timide déclaration après l'avoir entraînée dans un coin sombre. Elle l'avait embrassé avec un grand rire de bonheur, et ils avaient rejoint le groupe un long moment après, main dans la main.
Les jours suivants, la maison s'était vidée. Les jeunes mariés étaient partis pour la France avec les parents Delacour et Gabrielle.
Au moment des adieux, Mme Delacour avait fait promettre à Harry de venir le plus tôt possible leur rendre visite et découvrir la France, se proposant même de le guider sur les lieux les plus marquants , "les châteaux de la Loire ou la Côte d'Azur !" Fred et George ne s'étaient pas gênés pour ricaner et avaient juré aux français qu'ils leur amèneraient Harry, de force si c'était nécessaire. Gabrielle s'était si bien accrochée à son cou qu'elle avait fait tomber ses lunettes.
Le jour suivant, les jumeaux avaient taquiné sans relâche Harry, encouragés par ses rougissements et la fureur d'une Ginny plus possessive que jamais.
Mais les affaires ne pouvant attendre et au grand soulagement de la jeune fille, ils finirent par retourner à leur magasin du Chemin de traverse. Charlie, Rémus et Tonks avaient également pris congé, et tous avaient compris que les missions pour l'Ordre ne manquaient pas en ces temps troublés.
Harry, Hermione, Ginny et Ron essayaient d'en savoir plus à ce sujet, mais comme d'habitude, on les tenait à l'écart . Qui remplaçait Dumbledore à la tête de l'Ordre du Phénix ? Les spéculations allaient bon train…
Les quatre griffondor préparaient également aussi discrètement que possible la « mission » de Harry. Il avait décidé de commencer ses recherches par Godric's Hollow, le lieu où ses parents avaient été assassinés, et Ron tenait absolument à l'accompagner. Hermione avait décidé finalement qu'elle resterait avec Ginny, vivement soutenue dans ce choix par les garçons, bien qu'ils aient mesuré la perte d'intelligence et de potentiel magique que cette absence occasionnerait.
Il s'agissait maintenant de rassembler le matériel qui leur permettrait de camper plusieurs jours de suite, ainsi que le maximum de renseignements sur les lieux où ils comptaient se rendre.
Il s'avéra bientôt qu'une visite au Chemin de traverse était indispensable, pour les divers achats nécessaires à l'expédition. Mais ils ne pouvaient y aller sans une protection spéciale, et il était hors de question d'alerter tout le ministère pour quelques courses. Harry proposa de se servir de sa cape d'invisibilité, mais il paraissait peu réaliste d'espérer retirer de l'argent chez Gringotts sans décliner son identité.
On pensa au polynectar, mais sa préparation était trop longue. Hermione finit par déclarer qu'il fallait mettre les jumeaux au courant, et qu'ils pourraient leur venir en aide, étant quotidiennement sur place. Bill, le seul qui aurait pu retirer de l'argent pour Harry, était malheureusement en voyage de noces
Cependant, les jours passaient et Harry se laissait aller au confort de l'amitié, au plaisir d'échanger avec Ginny des regards malicieux et des baisers furtifs entre deux portes ou derrière un buisson, au cours des ballades que les jeunes s'autorisaient à proximité du Terrier, et le projet d'expédition n'avançait pas.
C'était si bon de voir Hermione heureuse, la main glissée dans celle de Ron, si apaisant de repousser les pensées inquiétantes, les perspectives de séparation et de danger…Harry savait qu'il aurait très bien pu partir les mains vides, il n'avait nul besoin d'un sac, de victuailles, d'une tente ou d'autres bricoles encombrantes.
C'était d'ailleurs ce qu'il s'était décidé à faire cette nuit là, tandis que le sommeil le fuyait, et il comptait l'annoncer aux autres dès le petit déjeuner.
Lorsqu'il descendit, un peu plus tard que de coutume, il fut étonné de ne trouver que Ron attablé, les cheveux ébouriffés et le visage encore gonflé de sommeil.
-Tu es tout seul ?
-Comme tu peux voir. Ces dames nous ont faussé compagnie. Tiens, lis çà ! Et Ron poussa vers lui un bout de papier couvert de l'écriture nette d'Hermione.
"Bonjour à tous les deux ! Ne vous affolez pas, nous sommes parties avec Molly et Arthur au Chemin de Traverse faire quelques courses. Nous devrions être rentrées pour déjeuner. Surtout, n'oubliez pas de préparer le repas, la réserve est pleine de victuailles…Pourquoi pas un petit poulet rôti ?"
-Elles sont gonflées ! Elles n'ont pas cessé de dire qu'il était hors de question d'aller au Chemin de traverse, que c'était beaucoup trop dangereux…, marmonna Harry en se servant du café.
-Papa et maman sont avec elles…Et il y a les jumeaux !
-Tu crois qu'elles vont pouvoir acheter la tente ?
-Probable. J'espère bien, d'ailleurs. Sinon, à quoi çà sert d'aller là-bas ?
-Mais avec quel argent ?
Ron haussa les épaules: « Fred et George leur prêteront le nécessaire »
Mal à l'aise à l'idée qu'une fois encore, la famille Weasley engagerait des frais pour lui alors que son coffre était plein à la banque, Harry se tut, beurrant machinalement son toast.
Il se sentait honteux de ne pas s'être occupé plus sérieusement de son matériel, d'avoir laissé traîner les choses , et que ce soit les filles qui aient pris la situation en main.
-Si elles se contentent de s'acheter des fringues et de manger une glace, je leur tords le cou ! Ajouta Ron, la bouche pleine.
-Tu sais bien qu'Hermione ira au moins faire un saut à la librairie.
-Pas besoin de Trelawney pour le prédire, en effet.
-Et puis de toute façon, on peut très bien se passer de tente. C'est ce que j'avais l'intention de te dire il y a cinq minutes.
-Tu rigoles ? Pour l'instant, il fait beau, mais çà m'étonnerait que çà dure ! On est en Angleterre, pas dans le Sahara.
Harry ne répondit rien et mordit dans une nouvelle tartine. Ce fut Ron qui brisa le silence.
-On fait quoi, ce matin ?
Harry hésita. L'absence de Ginny le contrariait plus qu'il n'aurait voulu l'avouer. Il aimait la voir le matin, avec ses yeux rieurs, ses longs cheveux emmêlés, sa robe de chambre mal fermée sur sa chemise de nuit…Il se secoua et proposa à Ron qui semblait de plus en plus grognon :
-Que dirais-tu d'une petite partie de Quidditch à la fraîche ?
-Comme çà, à deux ?
-Allez, on va travailler. Tu as besoin de bloquer des souaffles, j'ai besoin d'éviter des cognards fous et d'attraper des vifs…
-OK, ça fera passer le temps. Mais ne compte pas sur moi pour enchanter un cognard !
-Tu en serais bien incapable !
Ron, enfin souriant, tendit un de ses longs bras pour ébouriffer la tignasse déjà passablement désordonnée de son ami, toute torpeur disparue. Harry se sentait encore très vaseux, mais lorsqu'il eut fini de débarrasser la table, les effets du café commencèrent à se faire sentir.
Il faisait beau et l'atmosphère n'était pas orageuse à cette heure matinale. Les deux amis passèrent un moment de pur plaisir, prenant garde de ne pas voler trop haut pour ne pas se faire voir d'éventuels promeneurs moldus.
Harry avait retrouvé de l'énergie et réussi à chasser ses sombres pensées. Lorsqu'il volait, il vivait vraiment dans l'instant, l'œil aux aguets, les narines dilatées, un sourire d'excitation sur les lèvres.
Quand la faim commença à les tenailler, ils regagnèrent le Terrier et , après une douche rapide, se mirent à la préparation du repas. Harry avait des compétences en cuisine moldue, Ron avait quelques notions de cuisine sorcière. Ils réussirent sans trop de difficultés à faire cuire un poulet, des haricots et des pommes de terre.
Mais l'heure avançait et la cheminée restait désespérément vide. Affamés, ils finirent par s'attabler et mangèrent de bon cœur, très fiers de leur réussite et déçus d'être les seuls à l'apprécier.
Quand il fut 16h, ils conclurent que les autres avaient préféré déjeuner en ville, sur une terrasse, et Harry vanta les mérites du téléphone moldu qui permettait de se tenir informés et simplifiait la vie des ménagères. Ron le fixa avec des yeux ronds, et Harry lui conseilla en riant de laisser tomber.
A 18h30, ils commencèrent à trouver le temps long et s'avouèrent l'un à l'autre ressentir une certaine inquiétude. Harry s'était mis à faire les cent pas et Ron tournait sans les lire les pages d'un magazine de Quidditch. Finalement n'y tenant plus, Harry se planta devant la cheminée.
-J'y vais. Je ne supporte plus d'attendre. Bon sang, ils pourraient nous tenir au courant, par cheminée ,ou par hibou !
Ron le regardait ,indécis.
-Tu crois que c'est raisonnable ? Qu'est-ce que tu vas faire là-bas ? Et s'ils arrivent justement à l'instant où nous posons le pied de l'autre côté…
-Tu vas rester ici, et …
A cet instant, un corps surgit dans un tourbillon de cendres sous le manteau de la cheminée. Harry recula d'un bond, la main sur sa baguette. Ron poussa un cri en se levant si brutalement qu'il renversa sa chaise…
-Rémus !
Le loup garou paraissait hors de lui. Son visage était gris et creusé, ses yeux éteints.
-Il est arrivé quelque chose de… de très grave.
Ron se jeta sur lui, agrippant sa cape. Le front plissé, le souffle court, Rémus regardait alternativement Harry et Ron.
-Ginny a disparu !
Votre avis?
