Merci à celles qui m'ont laissé des reviews. Vous savez tous combien c'est encourageant et stimulant.

Voici la suite de mon délire. La situation ne va pas s'arranger pour Harry, qui a peut-être tendance , en général et ici en particulier, à agir un peu vite (Ah ouais? Tu crois ?)

CHAPITRE 2

MESSAGE ET DESARROI

Un court silence suivit la déclaration de Lupin. Harry avait l'horrible impression qu'une main glacée s'était refermée sur son cœur et l'empêchait de battre, tandis que sa gorge refusait d'émettre un seul son.. . Très pâle, Ron réussit à murmurer :

-Co…comment c'est arrivé ?

-Aucun de nous n'a vu ce qui s'est passé. Elle était avec Hermione toute la matinée, elles ont fait diverses courses et tout semblait normal.

Lupin déglutit nerveusement avant de poursuivre.

-Nous avions rendez-vous dans la boutique de Fred et George à 11h45. Je les y ai retrouvées, et nous attendions Molly qui n'était pas encore arrivée. Ginny a aperçu alors à travers la vitrine Luna Lovegood qui passait dans la rue. Elle s'est précipitée hors de la boutique et l'a appelée. Luna l'a rejointe et elles ont entamé une discussion animée.

« Tout en parlant, elles sont sorties de notre champ de vision et nous ne leur avons plus prêté attention, d'autant que Fred s'était lancé dans une spectaculaire démonstration d'un «projecteur de souvenirs », et nous étions littéralement scotchés, Hermione, Tonks et moi."

"Et puis Molly est enfin arrivée, toute essoufflée. Elle a regardé à son tour la fin de la projection, et nous a demandé ensuite où se trouvait Ginny. Nous lui avons dit qu'elle était sur le trottoir en compagnie de Luna. Molly, étonnée de ne pas l'avoir vue, est sortie à sa recherche. Ginny n'était plus là. »

-Et Luna ?, s'écria Harry avec impatience..

-Elle avait disparu également. Nous nous sommes tous lancés à leur recherche, et avons exploré en vain tout le Chemin de traverse, ainsi que l'Allée des embrumes, jusqu'aux recoins les plus improbables. Le ministère est alerté, les aurors sont sur le pied de guerre , ainsi que tout l'Ordre, bien sûr.

-Mais Luna était venue seule au chemin de Traverse ?

-Nous avons aussitôt contacté son père. Et le plus étrange est que Luna était chez elle, et n'en avait pas bougé de la journée.

-C'était donc une fausse Luna ! S'écria Ron en se tordant les mains.

-Du Polynectar à tous les coups ! Ajouta Harry, les poings serrés. Mais n'avez-vous pas trouvé de témoins ? Il devait y avoir du monde devant la boutique des frères Weasley !

Le visage de Rémus s'assombrit encore plus, si c'était possible.

-Nous en avons trouvé, en effet. Trois personnes, une femme et deux hommes, qui nous ont dit avoir vu deux jeunes filles en grande discussion s'éloigner du magasin et s'engager dans la rue des Tonneliers, tu sais cette ruelle déserte qui ne donne que sur l'arrière des maisons et rejoint plus loin la place des Vignes. Et là, plus trace des filles, plus âme qui vive.

Ron laissa échapper une sorte de sanglot, tandis que Harry se cachait le visage dans les mains. Il le savait, il l'avait toujours su. Il n'avait pas le droit d'aimer, et surtout, il n'aurait jamais dû s'afficher en compagnie de Ginny à Poudlard. Où était-elle à présent ? Qu'allait-elle subir par sa faute ?

-Où sont les autres ?, finit-il par demander d'une voix faible.

-Au ministère pour témoigner et faire le maximum. Molly et Hermione vont rentrer d'un moment à l'autre.

Incapable de se contenir, Harry se mit à arpenter nerveusement la pièce sous le regard inquiet de Lupin et Ron. Il s'arrêta soudain, le visage dur :

-Je sais ce qu'il me reste à faire.

-Tu vas dire une bêtise, Harry…, dit doucement Lupin en s'approchant de lui.

-Je vais me livrer à Voldemort. Il n'a aucune raison de garder Ginny si je le rejoins.

-C'est bien ce que je disais. Tu racontes des bêtises ! s'écria Rémus, énervé. Nous ne savons pas où est Ginny , et ce n'est certainement pas en te jetant dans la gueule du loup que tu la feras revenir (NDA: désolée, Lupin aurait pu trouver une autre expression!) .

-Mais c'est évident ! A travers elle, c'est moi qu'il cherche à atteindre ! Le plus tôt sera le mieux ! Tout ce temps où nous discutons, c'est du temps où elle est entre leurs mains ! Je n'ose pas imaginer…

Sa voix se brisa et il se détourna. Lupin posa une main sur son épaule.

-Harry, nous devons réfléchir. Il ne faut surtout pas agir sur un coup de tête . C'est ce qu'attend Voldemort, si c'est bien lui qui est derrière tout cela. Et d'ailleurs, nous n'en n'avons aucune preuve. Pas même un indice. Il faut attendre et laisser agir les aurors.

Désemparé, Harry regarda Ron... Son ami s'était assis, le visage dans les mains. Lupin reprit avec douceur :

- Si Ginny a été enlevée, c'est dans un but précis, comme tu l'as dit toi même, Harry. Nous n'allons donc pas tarder à recevoir un signe des ravisseurs… Je sais que l'attente est insupportable, mais il faut l'accepter.

Harry se dirigea vers la porte et sortit dans le jardin. Il avait besoin de respirer, il étouffait. S'il avait aperçu un gnome, il se serait jeté sur lui et l'aurait assommé. Il entendit des pas derrière lui et sut que Ron l'avait rejoint. Ils ne dirent rien pendant un long moment. Le vent leur paraissait froid et le ciel s'était couvert, menaçant.

De la maison leur parvinrent des voix. Ils s'empressèrent de rentrer et trouvèrent Molly et Hermione, le visage bouleversé, les mèches en désordre. La jeune fille se jeta dans les bras de Ron en sanglotant, tandis que Mme Weasley serrait Harry contre elle , les lèvres tremblantes. Rémus s'était mis à préparer le repas avec une certaine efficacité, et personne ne songea à l'en dissuader.

Ils mangèrent du bout des lèvres quelques pâtes et un œuf. A chaque bruit, ils sursautaient, s'attendant à voir apparaître un hibou, ou Arthur dans la cheminée…

Molly se lamentait sur la mort de Dumbledore, « le seul qui aurait pu faire face à la situation » selon elle. Vers 23h30 , Rémus invita les jeunes à monter se coucher.

- Nous aurons besoin demain de sorciers reposés, l'esprit en éveil, dit-il avec autorité, tout en jetant à Molly un regard désolé. Il était évident que la pauvre femme ne fermerait pas l'œil de la nuit.

Hermione, Harry et Ron montèrent sans discuter, mais la jeune fille suivit les garçons dans leur chambre. Elle ne pouvait imaginer se retrouver seule dans celle qu'elle partageait avec Ginny. Elle se laissa tomber sur le lit de Ron, et il lui prit la main en s'asseyant à ses côtés. Le silence s'installa entre eux.

Ron triturait de son autre main le bord de sa couverture, tandis que Harry ne cessait de passer les doigts dans ses mèches noires, ce qui les dressait plus que jamais sur son front. Il finit par enlever ses lunettes pour se frotter les yeux.

Ce fut Hermione qui la première prit la parole, d'une voix hésitante.

-Je suis désolée. C'est de ma faute. J'aurais dû empêcher Ginny de … C'est-elle qui a voulu absolument aller au Chemin de traverse.

Les garçons la regardaient maintenant, hébétés. Elle continua.

-Elle s'était mise en tête de trouver cette tente, pour te faire plaisir, Harry…. Et elle voulait s'acheter des chemises, et d'autres vêtements, s'empressa-t'elle d'ajouter en voyant l'expression horrifiée de Harry.

-Tu n'y es pour rien…, murmura Ron en embrassant doucement sa main. « Quand un ou une Weasley a quelque chose en tête… »

Sa voix s'était brisée.

Un nouveau silence s'installa. Les pensées de Harry sautaient d'une image de Ginny souriante, les yeux brillants, à celle de son visage bouleversé, baigné de larmes, tordu de douleur.

-Comment se sont-ils débrouillés pour faire du polynectar de Luna lovegood ? dit soudain Ron.

A la vivacité de sa réponse, Hermione montra qu'elle avait déjà réfléchi à la question, comme on pouvait s'y attendre :

-Le coup devait être préparé depuis longtemps. Ils ont certainement un stock de polynectar, et comme il suffit d'avoir un petit morceau de la personne dont on veut prendre l'apparence…

-C'est bon, Hermione, on sait tout çà …, grogna Ron.

-Il faut donc qu'il y ait eu quelqu'un… à Poudlard... qui soit complice, et qui ait pris un cheveu, ou…n'importe quoi de Luna pour fabriquer la potion … , glissa pensivement Harry.

Hermione approuva.

-Exactement. Et çà ne peut être que quelqu'un de l'entourage proche de Luna !

-Pas forcément. Prendre un cheveu sur le col d'une élève ne nécessite pas qu'on soit ami intime de cette personne, objecta Ron.

-C'est une piste, cependant.

Hermione refusait le découragement.

-Ca reste maigre…

La voix de Harry était mal assurée, et les deux autres lui jetèrent un regard inquiet. Le garçon était pâle, ses yeux verts encore agrandis par le désarroi. Il évitait de les regarder.

Il continua de cette voix blanche qu'ils ne connaissaient pas :

-Et comment ont-ils su que Ginny viendrait au Chemin de traverse aujourd'hui ?

-Hmmm…Bonne question….

-Tu sais, l'information circule vite entre sorciers. Ils devaient guetter une occasion. Ils ont des espions partout. Dès que nous avons été repérés, ils ont dû envoyer leur fausse Luna en mission.

Il n'y avait rien à ajouter. Hermione finit par se lever.

- Je vais me coucher. Pas que j'espère dormir…

- Je t'accompagne jusqu'à ta chambre ! Dit Ron avec douceur en maintenant la main de la jeune fille dans la sienne.

Harry les suivit des yeux, puis retomba dans une sorte de léthargie douloureuse quand la porte se fut refermée. A nouveau, les images de Ginny en pleurs s'imposaient à lui. Soudain, il sursauta.

Quelque chose, un grand hibou aux yeux durs, frappait du bec à la fenêtre. Le jeune homme se dressa d'un bond et alla ouvrir. L'oiseau entra du vol lourd de ses ailes sombres et tendit la patte. Les mains tremblantes, Harry détacha le parchemin. Il chaussa ses lunettes. Le message lui était adressé. Tandis que l'oiseau, sans attendre, repartait par la fenêtre restée ouverte, le jeune homme lisait fébrilement :

« Harry Potter,

Ce message ne concerne que toi. Nul ne doit en prendre connaissance à part toi. Il se détruira de lui même lorsque tu auras terminé de le lire.

Si tu tiens à revoir Ginny Weasley vivante, rends toi SEUL cette nuit , par transplanage, au lieu dit « le Vieux Chêne ».Pour cela, représente toi mentalement l'image d'un arbre mort à 7 branches en forme de chandelier, au centre d'une clairière. Tu trouveras au pied de l'arbre une botte. Tu t'en saisiras à 3h précises.

Si tu parles à qui que ce soit de ce message et de ce qu'il contient, nous le saurons et la jeune fille en subira aussitôt les conséquences. »

A peine Harry avait-il fini sa lecture que le parchemin se désintégrait entre ses doigts.

A cet instant, la porte se rouvrit, le faisant bondir.

-Qu'est-ce que tu fais ?, S'exclama Ron, surpris de le trouver hagard, les bras ballants au milieu de la pièce.

-Je… Rien, j'avais ouvert pour respirer, et je m'apprêtais à refermer.

-Il fait froid, dépêche toi !

Ron se mit à se déshabiller, tout en marmonnant.

- C'est peut-être idiot de se mettre en pyjama… Si on a des nouvelles pendant la nuit, qu'il faut partir en urgence… J'espère bien qu'on en aura, des nouvelles. Tu restes habillé ?

Harry s'était allongé et avait tiré la couverture sur lui, n'ayant enlevé que ses chaussures.

-Je vais essayer de dormir comme çà…

-Bon, maintenant que j'ai commencé…

Ron finit de se changer et s'allongea à son tour, n'osant plus adresser la parole à son ami dont les yeux étaient fermés.

-Allez, j'éteins la lumière. Salut, vieux !

Harry ne répondit pas, malgré l'envie qu'il ressentait de parler à Ron, et de tout lui dire. Il devait absolument se taire.

Ainsi donc, son heure était venue. Il fallait qu'il affronte Voldemort. Il savait qu'il n'était pas prêt . Mais le serait-il jamais ? Cette nuit, il sentait qu'il n'était encore qu'un gamin inexpérimenté, il était faible et maladroit. Même Snape était mille fois plus fort que lui.

Et surtout , il n'avait pas détruit les Horcruxes. Pas même commencé de remplir cette mission que lui avait confiée Dumbledore, et sans l'accomplissement de laquelle il était vain d'essayer de tuer Voldemort. A cette pensée, le désespoir le submergeait comme une vague.

Ron se tournait et se retournait dans son lit. Tiraillé entre son désir de lui parler et la décision qu'il avait prise de se rendre secrètement au rendez-vous anonyme, Harry ne bronchait pas, espérant que son ami penserait qu'il s'était endormi. Au bout d'un temps qui lui parut une éternité, Harry entendit la respiration de Ron s'apaiser, devenir profonde et régulière.

Cependant, la maison était loin d'être silencieuse. Des bruits de voix montaient du rez de chaussée, Arthur avait dû rentrer et les adultes veillaient au salon ou dans la cuisine. La cape d'invisibilité allait se montrer utile une fois de plus.

Il était 2h quand Harry se leva après avoir regardé pour la dixième fois sa montre à la lueur de sa baguette. Silencieusement, il prit sa cape dans sa malle et ouvrit la porte, ses chaussures à la main. Une fois sur le palier, il les enfila, puis s'enveloppa dans la cape et se mit à descendre l'escalier, guettant les bruits.

Le salon était allumé, bien qu'on n'entendît plus de conversation. Harry devait se glisser dans l'entrée jusqu'à la porte . Arrivé là, il allait devoir la déverrouiller, ce qui risquait d'être compliqué, le Terrier étant forcément bien protégé.

A son grand soulagement, il put gagner l'entrée sans encombre et les verrous se laissèrent ouvrir manuellement sans opposer aucune résistance. Les sorts posés sur la maison ne la protégeaient probablement que des tentatives d'effraction venant de l'extérieur. Il n'avait pas déclenché d'alarme, et il se hâta de s'éloigner du jardin, d'où il savait qu'il était impossible de transplaner.

Haut dans le ciel, la lune éclairait la campagne d'une lumière blanche. Il faisait froid, et Harry frissonnait sous sa cape. Il courait presque, inquiet de ne pas parvenir à transplaner. Il n'avait pas passé son permis, et il n'était absolument pas certain d'arriver entier sur les lieux du rendez vous.

Quand il estima s'être suffisamment éloigné du Terrier, il serra la cape contre lui et entreprit de se représenter mentalement le vieux chêne mort aux sept branches.

Etonnamment, le transplanage se fit sans difficulté, et il reprit pied en un seul morceau . Il se trouvait bien dans une vaste clairière, face à un arbre gigantesque qui se dressait seul en son milieu, silhouette menaçante tendant ses bras noueux vers le ciel. La forêt était silencieuse, et la fraîcheur plus humide, plus pénétrante.

Il s'approcha de l'arbre, et aperçut entre ses racines, à la lumière de sa baguette, la fameuse botte mentionnée dans le message. Elle était faite de vieux cuir râpé, sans rien de particulier.

Il n'était que 2h35, il allait falloir attendre dans ce lieu inhospitalier. Harry se mit à faire les cent pas, guettant les bruits, sa baguette serrée dans la main. Tout en marchant, il essayait de penser à ce qu'il allait faire au moment où le portoloin le déposerait face aux mangemorts qui l'attendaient certainement de pied ferme. Il devait absolument rester dissimulé à leurs regards. Verrait-il aussitôt Ginny ? Parviendrait-il à la délivrer ?

Il se doutait que les ravisseurs auraient pris leurs précautions, et on pouvait supposer que Voldemort serait présent pour l'accueillir et ne se laisserait pas berner par une cape d'invisibilité. Il devait prévoir un sort de bouclier efficace, et une stratégie pour se maintenir en vie jusqu'à ce que celle de Ginny ne soit plus en danger.

Ses pensées étaient confuses, et l'inquiétude le faisait marcher de plus en plus vite. Il trébuchait sur les irrégularités de terrain et il se prit plusieurs fois les pieds dans sa cape.

Quand il fut 2h58, il se baissa et saisit la botte en vieux cuir. Il réajusta la cape autour de son corps et sur sa tête, et attendit, le cœur battant, sa baguette dans l'autre main. Une chauve souris le frôla dans son vol et le fit sursauter .

Puis brutalement, il se sentit saisi par le nombril tandis que sa main collait à l'objet. Comme il ne pouvait lâcher sa baguette, il eut l'impression que sa cape lui échappait, ne couvrant plus que la moitié de son corps.

Enfin, il fut projeté au sol, et il sut à cet instant qu'il était perdu.

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