Voici la suite... Je fais subir à ce pauvre Harry- que j'emprunte , ainsi que tous les autres persos, à notre chère J.K.R , quelques moments plutôt désagréables...

Une petite mise au point: A ceux qui me demandent s'il s'agit d'un slash, je ne peux dire qu'une chose: Je n'ai voulu ranger cette fic dans aucune catégorie car il ne s'agit en aucun cas d'un slash "classique" comme on en voit dans de nombreuses fics, où les protagonistes de même sexe filent le parfait amour dès le troisième chapitre. Ici, Harry va devoir faire face à une situation délicate : il n'est pas maître des sentiments qu'il peut provoquer chez certains, ou de l'attirance qu'il exerce, et il devra y faire face et en subir les conséquences (ou l'utiliser à son profit). Donc, je sollicite votre compréhension! Pardonnez moi de ne pouvoir vous livrer dès maintenant la réponse à toutes vos questions.

Merci de laisser une review, même pour me dire que ça vous déplaît, que ça vous énerve, ou que c'est incohérent! Si je vois qu'il y a des lecteurs, je continuerai à mettre à jour le jeudi.

CHAPITRE TROIS

DEMUNI

Il sentit la cape d'invisibilité arrachée de ses épaules, sans doute par un accio informulé, tandis qu'au même instant, un expelliarmus muet le désarmait. Presque aussitôt, un stupéfix l'immobilisa, dos au sol.

Les trois sorts l'avaient atteint sans qu'il eût pu faire quoi que ce soit pour les contrer. Il se trouvait au milieu d'un cercle de lumière, comme dans le faisceau d'un puissant projecteur, et tout autour régnait l'obscurité la plus dense.

Ebloui, à demi assommé sur le sol de pierre, Harry pensa avec amertume à sa propre naïveté. Il s'était consciemment jeté dans la gueule du loup tout en ayant feint de croire qu'il serait capable de dominer la bête…

Le bruit de pas résonant sur le dallage s'amplifiait, indiquant que plusieurs personnes approchaient. Deux silhouettes sombres apparurent dans le champ de vision de Harry, à la limite du cercle de lumière.

Glissant sur le sol, les capes noires qui les couvraient avancèrent jusqu'à le toucher, tandis qu'un dernier sort de ligotage venait à la fois l'enserrer dans une corde des pieds à la tête et le libérer de sa stupéfixion.

Un rire moqueur retentit :

-Voici donc le célèbre héros du monde magique !

Il connaissait cette voix sarcastique et doucereuse. Les visages de ses agresseurs disparaissaient dans l'ombre, ils semblaient d'ailleurs masqués. Mais il aurait parié que cette voix était celle de Malfoy senior, bien qu'il n'ait eu que rarement l'occasion de l'entendre.

-Quel plaisir de vous revoir, Potter ! siffla alors le deuxième personnage, et son timbre vibrant de haine et de menace était reconnaissable entre mille.

Quelle jolie paire… Snape et Malfoy ! Les deux personnes qui le haïssaient le plus au monde, si l'on exceptait Voldemort, lequel n'allait sûrement pas tarder à se joindre à ce sympathique duo.

-Ainsi, Potter, vous nous avez fait l'honneur de venir à notre rendez-vous ? S'enquit Lucius Malfoy sur un ton plein d'ironie.

-Potter est un vrai Griffondor, tu le sais bien !

Les deux mangemorts éclatèrent d'un rire qui sonnait comme le grincement de cent pinces de scroutts à pétards géants.

Harry profita de cette charmante explosion de gaîté pour se tortiller dans ses liens. Mais l'effet obtenu fut hélas le contraire de ce qu'il escomptait. La corde magique se tendit encore plus, saucissonnant ses membres des chevilles jusqu'au cou. Il se sentit suffoquer, à demi étranglé.

-Une petite sensation d'inconfort, Potter ? Glissa Malfoy derrière son masque en s'inclinant vers lui, plein de sollicitude.

-Où est Ginny ? murmura Harry comme il pouvait, malgré la corde qui lui enserrait la gorge.

Les deux hommes lui répondirent par un nouveau rire qui dura plus longtemps que le premier.

Il y avait quelque chose de totalement incongru dans le fait d'entendre Snape s'esclaffer ainsi bruyamment. Harry songea qu'en six années, cela ne lui était jamais arrivé.

Qui était le vrai Snape ? Celui qui riait ainsi, ou celui de Poudlard, qu'on voyait tout au plus autoriser un mince rictus à étirer ses lèvres ?

Le rire de l'homme ne valait pas mieux que sa voix parlée, aussi sinistre et encore plus menaçant.

Ce fut d'ailleurs Snape qui se ressaisit le premier pour articuler :

-Vous n'espériez pas que nous allions vous le dire, Potter ?

Harry ne répondit pas. Evidemment, il ne s'était pas attendu à voir Ginny aussitôt, encore moins à pouvoir la prendre dans ses bras.

Il ravala sa colère, tentant de garder son sang froid, car le moindre mouvement risquait de l'étouffer.

Le seul fait de respirer lui donnait l'impression de tendre plus cette maudite corde. Paniqué, il ferma les yeux.

-Dommage que nous ne puissions pas présenter ce précieux paquet à notre Lord dès ce soir…Mobilocorpus ! Dit la voix doucereuse de Malfoy.

Harry se sentit soulevé de terre. Le faisceau de lumière les suivait tandis qu'ils se déplaçaient avec lenteur.

Ils se trouvaient dans ce qui semblait être une haute salle souterraine bordée de colonnes, et les bruits de pas résonnaient contre les parois et le plafond.

Harry entendit plus qu'il ne vit d'autres mangemorts qui les croisaient et qui ricanaient, félicitant Malfoy et Snape pour leur belle prise. Ceux-ci répondaient par mono-syllabes, parfois même avec mépris.

« Ils sont tout aussi odieux avec leurs congénères, pensa Harry. Pas que ça me console… »

Ils empruntèrent un couloir, éclairé comme la salle précédente par des torches fixées au mur. Le faisceau lumineux avait cessé de les suivre.

Harry eut l'impression qu'ils s'enfonçaient dans les profondeurs de la terre. Il sentait passer sur son corps des courants d'air chaud ou froid, et l'humidité augmentait, le faisant frissonner.

Des cris, des hurlements même, remontaient le long du couloir à intervalles réguliers. Harry songea que les hommes du Moyen-Age ne devaient pas se représenter autrement le corridor de l'enfer.

Il lui sembla que la descente dans ce dédale souterrain durait une éternité...

Il y eut un bruit de clef dans une serrure, puis on le fit entrer dans ce qui paraissait être une sorte de cachot taillé dans le roc. La pierre était sombre et luisante. La lumière vacillante d'une torche ne suffisait pas à éclairer les coins obscurs.

Harry était toujours maintenu ficelé à cinquante centimètres au-dessus du sol. Sans prévenir, Malfoy abaissa sa baguette et le prisonnier tomba brutalement, sa tête heurtant la pierre avec un bruit sourd. Pendant quelques instants, des étincelles explosèrent allègrement devant les yeux fermés de Harry tandis qu'il se demandait si son crâne était encore entier, et que la douleur dans tout son corps le submergeait, le faisant suffoquer.

Le sol était sale, terreux et irrégulier. Les deux hommes riaient à nouveau.

L'un d'eux marmonna cependant un sort qui desserra les liens du garçon. La sensation d'étranglement s'atténua, et il put respirer, soulagé malgré sa souffrance.

Après une courte discussion à mi-voix, Snape et Malfoy semblèrent s'être mis d'accord sur la marche à suivre.

Ils avaient jeté Harry au milieu de la pièce, et sans même utiliser un sort, ils le poussèrent du pied comme un vieux déchet jusqu'à ce qu'il touchât le mur qui faisait face à la porte.

Là, ils le prirent à bras-le-corps pour l'asseoir, de manière qu'il pût les regarder.

La corde s'adapta magiquement à cette nouvelle position, et Harry leva les yeux vers les deux mangemorts, le regard plein de défi, malgré ses lunettes de travers et ses vêtements souillés.

Malfoy et Snape se regardèrent, puis Lucius inclina légèrement la tête .

-A toi l'honneur, Severus !

Harry serra les dents quand il vit la baguette de l'ex-professeur se lever vers lui.

-Ecoutez-moi, Potter. Ce soir, le Lord Noir n'est pas parmi nous. Il nous a chargés de mener auprès de vous un… petit interrogatoire. Il y a quelques informations qu'il désire obtenir. Il nous fait confiance et nous nous devons de mériter cette confiance.

Snape marqua une pause. Malfoy se tenait un peu en retrait. A l'instar de Snape, il avait retiré son masque et son visage froid, aux traits réguliers, n'exprimait rien tandis qu'il fixait Harry de ses yeux pâles.

Son séjour à Azkaban ne paraissait pas l'avoir affaibli, bien au contraire. Plus que jamais, son maintien était celui d'un aristocrate dédaigneux et imbu de lui-même.

-Où est Ginny ?

Le garçon avait tenté de donner de l'assurance à sa voix. Il n'y parvint qu'à moitié, mais au moins, les mangemorts ne rirent pas. Snape soupira.

-Melle Weasley est entre nos mains, mais il n'est pas question pour l'instant de vous dire où elle se trouve. Et vous n'êtes pas en situation d'exiger quoique ce soit, me semble-t-il. Malgré la faiblesse de votre intelligence, vous l'avez sans doute compris !

Il n'y avait rien à répondre à cette évidence, et Harry se contenta d'exprimer son agacement en levant les yeux au ciel.

-Endoloris !

Il s'était attendu à recevoir un sort, mais la violence et la soudaineté de la douleur le surprirent, à croire qu'il avait perdu l'entraînement. Tandis qu'il se tordait dans ses liens sans pouvoir retenir ses cris, le corps transpercé de piques enflammées, les deux mangemorts parlaient vivement entre eux.

Le garçon n'était pas en état d'écouter ce qu'ils se disaient, l'Impardonnable se prolongeant, et lorsque enfin, Snape abaissa sa baguette, Harry, haletant, s'étonna de ne pas avoir perdu conscience.

-Ceci pour vous rappeler les règles de la politesse, Potter, dit Snape avec froideur.

Malfoy laissa échapper un ricanement et fit quelques pas pendant que Snape observait Harry. Le garçon cherchait à calmer son rythme cardiaque en soufflant.

-Il y a une chose en particulier que notre Maître aimerait connaître, Potter.

-Votre maître…Vous voulez parler de Voldemort ? ne put s'empêcher de railler Harry, la voix rauque d'avoir crié, le regard provocateur.

Cette fois, ce fut Malfoy qui jeta le sort. Décidément, ces types manquaient d'imagination. La douleur fut abominable, bien que de nature différente. Harry avait la sensation qu'on l'écorchait vif, et plus il s'agitait, plus sa peau le brûlait atrocement. Il se mit à pleurer, mais conserva suffisamment de fierté pour ne pas demander grâce.

Quand enfin la douleur diminua, le garçon resta prostré le visage contre le sol sur lequel il avait roulé, toujours ligoté. Il ne bougeait plus, mais on le voyait respirer, et il renifla. Un mince sourire étira les lèvres de Snape.

-Votre insolence vous perdra, Potter.

D'un mouvement de sa baguette, il redressa brutalement le garçon qui se trouva à nouveau assis, adossé au mur. Ses paupières étaient abaissées.

-Regardez moi ! Cria Snape.

Harry ouvrit les yeux. Des larmes y brillaient, elles avaient trempé ses joues poussiéreuses. Snape ricana.

-Vois-tu ça, Lucius ? Harry Potter pleure comme une gamine !

-Espèce de lâche !

Les rires reprirent. Les mâchoires serrées, Harry attendait le sort suivant.

-Revenons à ce qui nous intéresse. Le Seigneur des Ténèbres voudrait en savoir plus au sujet de cette prophétie… Celle qui semble vous concerner, Lui et vous même.

Harry entendait maintenant la voix à travers une sorte de voile cotonneux, sans doute un effet secondaire des sorts qu'il venait de subir. Il mit un certain temps à réagir .

-Je n'ai rien à dire là-dessus ! Grogna –t'il quand son esprit eut enfin analysé la phrase de Snape.

-Vous en savez au contraire beaucoup, car Dumbledore vous a révélé son intégralité !

Le sang de Harry ne fit qu'un tour.

-Comment osez-vous parler de lui ? S'indigna–t-il avec ce qui lui restait de voix.

-Endoloris !

A nouveau la douleur l'atteignit comme une violente bourrasque, si intense que Harry pensa que c'en était fini. Personne ne pouvait supporter pareille souffrance. Ses sanglots se muèrent en cris, puis en râles.

-Réfléchissez, Potter ! Dit Snape quand il eut jugé bon d'interrompre le maléfice. Ou vous énoncez cette prophétie devant nous, et nous en rendons compte au Seigneur des Ténèbres, ou c'est lui-même qui viendra vous la faire cracher, et je peux vous assurer que ses méthodes ne sont pas des plus douces…

-Jamais… Souffla Harry après un silence, les yeux clos.

-Je vous rappelle, Potter, que la magie met à notre disposition de nombreux moyens pour faire céder les récalcitrants ou délier les langues des muets. Et nous avons tout notre temps.

Harry sentait le désespoir s'infiltrer en lui , comme un dangereux brouillard, glacé et aveuglant. Il était démuni. Il avait perdu. Il trouva la force de murmurer :

-Faites de moi ce que vous voulez... Je ne dirai rien.

-Vous êtes bien sûr de vous, Potter, comme d'habitude…Je vous informe que nous avons des doses tout à fait considérables de Véritasérum dans nos réserves, bien que ce soit une méthode peu divertissante comparée à d'autres. Je pense que notre Maître l'utilisera en dernier recours.

Malfoy, qui s'était tenu en retrait, approcha jusqu'à dominer Harry de toute sa haute taille.

-Je pense que ce jeune Griffondor sera beaucoup plus disposé à coopérer quand nous aurons fait subir sous ses yeux à la petite Weasley ce qu'il vient lui-même de vivre.

Soudain alerté, Harry leva un regard brouillé vers Malfoy.

-Vous mentez… Elle... Elle n'est pas ici.

Mais le cœur n'y était pas. Il sentit alors que Snape , qui s'était reculé sans le quitter des yeux, essayait de s'infiltrer dans ses pensées. Etait-il déjà à la recherche d'une trace de la prophétie, ou venait-il simplement sonder son cœur pour y trouver une faille ?

Il rassembla ses dernières forces pour fermer son esprit à toute incursion.

-Et où se trouve-t-elle donc, à votre avis ? fit Malfoy sur le ton de la conversation.

-Je… Je ne sais pas. Mais tant que je ne l'aurai pas vue, je ne vous croirai pas !

-Ainsi, vous préférez prendre le risque que nous la torturions devant vous ? Je n'aurais pas pensé cela d'un jeune homme au cœur si chevaleresque !

-Vous… Vous êtes…un monstre !

Malfoy rit avec indulgence, et agita sa baguette nonchalamment de sa main gantée, en homme habitué de longue date à torturer sans se salir les mains .

Pour la 4ème fois , Harry se tordit sous le coup du sortilège impardonnable qui dépassait en intensité ceux qu'il avait déjà subis ce soir là.

La sensation qu'on lui broyait le corps sous un poids énorme s'accompagnait d'une horrible impression d'étouffement, due au resserrement extrême de ses liens. Il lutta désespérément pour rester en vie.

Le noir se fit devant ses yeux, et il perdit connaissance.


Oui, pauvre Harry, sa situation ne fait qu'empirer. Si vous voulez connaître la suite, en particulier ce qui arrive à Ginny et ce qui se passe dans la tête des Malfoy père et fils, cliquez sur le petit bouton bleu et laissez moi une review, même anonyme!