Une seule review pour le chapitre précédent... C'est dur, c'est même décourageant. Bon, je m'accroche encore un peu en vous postant la suite. Mais... Le coeur n'y est plus!
Chapitre Quatre
SOLITUDE
L'écho lointain de hurlements la fit sursauter.
Pourtant, elle aurait dû y être habituée, c'était le fond sonore presque permanent de son nouveau lieu de vie.
Mais dans ces hurlements là, elle avait l'impression de reconnaître une voix.
Une voix aimée, désirée, chérie.
Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait.
Il fallait qu'elle s'endurcisse, elle ne devait pas se laisser aller.
C'est ce qu'ils attendaient d'elle, justement, qu'elle craque. Ils voulaient qu'elle les supplie, qu'elle en vienne à tout dire, à trahir les siens, l'Ordre… Harry.
Jamais. Jamais elle ne leur cèderait. Ils pouvaient la tuer, et d'ailleurs, ils avaient commencé à la faire mourir à petits feux. Elle savait très bien que c'était une stratégie de leur part. Elle n'était pas stupide.
L'abandon dans lequel ils la laissaient, sa solitude, c'était là leur stratégie mesquine et destructrice. A moins qu'ils l'aient tout simplement oubliée après l'avoir jetée là, dans ce cachot.
Depuis qu'elle était arrivée ici, dans cette caverne, le bras enfermé dans la main de fer de cette fausse Luna, elle n'avait vu quasiment personne.
Un Mangemort masqué l'avait aussitôt désarmée, tandis que la jeune fille qui l'avait piégée et dont le visage se transformait à vue d'œil disparaissait dans un ricanement sinistre, avant qu'elle ait pu l'identifier.
Deux autres Mangemorts étaient apparus et l'avait conduite dans ce cachot.
Bien que sombre et humide, il n'était pas mal aménagé. Etonnée, elle avait découvert un lit presque douillet, un bureau, une chaise, un fauteuil et une armoire dans laquelle elle avait rangé le linge de rechange qu'on lui avait donné peu de temps après.
Visiblement, tout était prévu pour un enfermement de longue durée.
Elle avait vite compris qu'il était aussi inutile de poser des questions que de se rebeller. On n' avait pas répondu à ses interrogations, et quand elle s'était énervée, un des Mangemorts l'avait fait taire d'un sort de mutisme.
L'inactivité, voilà ce qui était le plus dur à supporter. Elle n'avait aucun livre, ni parchemin ni plume, et ses seules occupations étaient de manger ce qu'on lui apportait, de se laver dans la bassine qu'on mettait à sa disposition, et d'écouter les cris qui résonnaient dans les interminables couloirs.
Cris de prisonniers, cris de Mangemorts…Sanglots, supplications… Injures, rires grossiers.
Elle ne voulait pas se boucher les oreilles. Elle voulait pouvoir reconnaître les voix. Sa voix…
Au début, elle s'était étonnée qu'on la traitât aussi « bien ».
Au moment où elle avait compris qu'il s'agissait d'un piège, lorsque la fausse Luna avait brusquement agrippé son bras après l'avoir entraînée dans cette ruelle déserte sous prétexte de lui révéler une "chose extraordinaire "(ce qui n'avait rien d'insolite de la part de Luna), elle s'était attendue à quelque chose de terrible.
Elle s'était vue face à Voldemort, torturée, violée. Tuée.
Mais on ne lui avait rien infligé de pire que ce désarmement et ce sort de mutisme , qui ne s'etait guère prolongé.
Le lendemain de son « arrivée », elle avait reçu la visite de Lucius Malefoy. Elle l'avait reconnu sous son masque à son timbre de voix caractéristique. Derrière lui, un Mangemort masqué, plus petit et plus fin, s'était tenu immobile durant tout l'entretien.
Car il fallait bien parler d'entretien. Il n'y avait pas eu d'interrogatoire ni d'affrontement verbal d'aucune sorte. L'homme avait été presque courtois malgré les insultes qu'elle lui avait d'abord envoyées à la figure.
Elle ne pouvait oublier qui lui avait généreusement remis le journal intime de Voldemort, lors de sa première année.
Il lui avait dit simplement que le Seigneur des Ténèbres attendait d'elle une collaboration entière et sans détour, et que si elle refusait, elle risquait de mettre en danger des personnes qu'elle aimait.
Quand elle avait voulu savoir en quoi consistait cette « collaboration », il avait répondu qu'elle en saurait plus d'ici quelque temps, mais qu'elle devait d'abord se faire à l'idée de travailler avec eux pour un monde meilleur dans lequel la magie serait reconnue à sa juste valeur.
Elle avait éclaté d'un rire sans joie, et n'avait rien dit de plus.
Depuis, elle était seule.
L'inquiétude la rongeait. Il n'y avait pas de fenêtre, et rien d'autre que sa montre pour lui rappeler le moment de la journée ou de la nuit où elle se trouvait.
Il lui était impossible de dormir. Pendant des heures, elle se tournait et se retournait entre ses draps, laissant ses larmes couler librement.
A voix basse, elle parlait à Harry, elle sentait sur elle le regard tendre et attentif de ses yeux magnifiques.
Elle revivait les doux moments où il l'avait serrée dans ses bras, leurs courses dans la forêt, leurs rires et leurs baisers.
Elle le revoyait passer une main négligente dans ses cheveux toujours en désordre, elle sentait sous ses doigts sa joue lisse qu'elle avait si souvent caressée, et contemplait l'ombre que ses longs cils noirs jetaient sur ses pommettes .
Elle le voyait voler sur son balai, si gracieux et souple.
Puis elle tentait de repousser les nouvelles images qui se présentaient. Harry se tordant de douleur. Harry frappé, humilié, blessé.
Harry immobile, sans vie.
Mais non, elle devenait folle. Harry était fort. Harry vaincrait. Il ne pouvait en être autrement.
Le matin du troisième jour de sa captivité, après qu'elle eut mangé le frugal petit déjeuner que le Mangemort taciturne habituel lui apportait, et tenté de rafraîchir son visage en feu, elle se mit à marcher dans son cachot, comme elle le faisait plusieurs heures par jour afin de garder un corps alerte, prêt à réagir .
Un fauve en cage…
Elle avait l'espoir aussi qu'un peu de fatigue physique l'aiderait à trouver le sommeil.
Que le bruit de ses pas amortirait l'écho des cris qui lui vrillaient les oreilles.
Elle s'arrêta brusquement en entendant le bruit des serrures. Quelqu'un entrait.
Son rythme cardiaque s'accéléra et elle recula de quelques pas pour s'éloigner de la porte.
Un Mangemort s'avançait, masqué, et elle crut reconnaître à sa silhouette fine celui qui, la veille, était resté dans l'ombre de Lucius Malefoy.
Il abaissa son capuchon et retira son masque. Drago. Drago qui la défiait de son regard froid.
Elle hésita un instant. Qu'est ce qui l'empêchait de se jeter sur lui et de lui arracher sa baguette ? Il n'était guère costaud…
Avant qu'elle se décidât, comme s'il avait deviné son intention, il sortit vivement sa baguette et la pointa vers elle. Ils se dévisagèrent un moment en silence.
Il n'avait pas bonne mine. Ses yeux pâles, légèrement injectés de sang, étaient cernés et ses joues maigres, sans couleur. Sa main tremblait légèrement en tenant la baguette. "Je ne dois pas être au meilleur de ma forme, moi non plus " Songea Ginny avec amertume.
-Qu'est-ce que tu viens faire ici ? Finit-elle par demander sèchement, étonnée que sa voix fonctionne encore après une aussi longue mise au chômage technique.
Il eut un mince sourire. Il y avait dans ce regard soutenu, qui la parcourait de la tête aux pieds, quelque chose de désagréable, de provocant.
-Je suis venu voir si tu ne manquais de rien. Proposa-t'il sans quitter son sourire sournois.
-Quelle sollicitude ! Je n'en attendais pas moins de ta part !
Et pour appuyer l'insolence de sa réponse, elle fit quelques pas et s'assit dans le fauteuil en croisant les bras.
Drago avança, hésitant légèrement, la baguette toujours levée.
-Es-tu satisfaite de la manière dont tu es traitée ?
-Dis donc, qui est-ce qui t'envoie pour me poser des questions pareilles ?
-Réponds à ma question ! Je t'en dirai plus ensuite.
Elle étouffa un rire amer dans ses mains, cachant un instant son visage. Puis elle redressa la tête :
-Comment pourrais-je être satisfaite ? On m'a arrachée à ceux que j'aime. Je n'ai rien à lire, pas un parchemin pour écrire, je suis enfermée sous terre et je ne vois que des hommes masqués complètement autistes. Mais à part ça, tout va bien !
Bizarrement, elle crut déceler dans l'expression du garçon autre chose que le mépris dont il la gratifiait habituellement.
Une lueur d'intérêt.
-Tu as de quoi manger ? On ne t'a pas maltraitée ? questionna-t'il encore.
Stupéfaite, elle le dévisagea sans rien dire. Puis comme il attendait une réponse, elle hocha simplement la tête.
-Bien. Je voulais m'en assurer personnellement. De toute manière, tu manges certainement plus à ta faim ici que chez tes miséreux de parents !
Ginny frémit sous l'insulte.
-Je reconnais bien là ton intelligence et ta délicatesse légendaires ! S'écria-t'elle avec mépris.
Puis elle ajouta pour elle-même : « Comme si cette face de rat pouvait changer sa manière de se comporter. Plutôt espérer que les trolls dansent avec les sirènes… »
Elle crut que Malfoy allait lui renvoyer la monnaie de sa pièce, mais il vint s'asseoir sans rien dire sur la chaise non loin de la jeune fille. Il l'observait comme un biologiste observe la souris piégée avant de commencer ses premières expériences.
-Ecoute, Malefoy! Tu vas pouvoir m'expliquer ce que je fais ici. Vous ne m'avez certainement pas kidnappée pour me faire profiter d'une cure de re-nutrition ! Finit-elle par attaquer. Elle ne pensait pas pouvoir parler civilement avec cet individu.
- Eh, ne t'énerve pas ! Fit-il sur un ton condescendant. Tu as certainement compris que tu es un otage, et que ta captivité nous permet d'obtenir des …des choses que nous aurions plus de difficultés à obtenir sans ce moyen de pression.
-A savoir ?
Il croisa les jambes d'un air volontairement dégagé et lâcha sans la regarder :
-Des concessions de la part du monde magique. Et…
-Et ?
-Et Potter. Tu te doutes bien que Potter, en bon défenseur de la veuve et de l'orphelin, ne pouvait pas ne pas …intervenir !
Il avait craché les derniers mots avec dégoût, son visage pâle déformé par la haine.
Le cœur battant, Ginny essuya ses mains moites sur son pantalon de toile.
-Qu'a fait Harry ? Où est-il ?
Drago eut un rire méchant .
-Tu l'aimes, n'est-ce pas ?
Le rouge monta aux joues de Ginny.
-Ca ne te regarde pas. Réponds à ma question !
Malefoy se leva vivement et fit quelques pas en balançant négligemment sa baguette. Puis il se tourna brusquement vers elle.
-Pour je ne sais quelle raison, le Lord Sombre tient à ce que Potter soit vivant entre ses mains. Je ne comprends pas l'importance qu'il donne à ce… balafré.
Ginny se retint de répliquer. Elle attendit. Drago semblait en avoir gros sur le cœur, et besoin de se confier. Il fallait qu'elle en sache plus.
-J'aurais cru que notre maître le tuerait dès que Potter se pointerait. Bizarrement, Il le garde en vie. Ceci dit, je dois reconnaître qu'ils l'ont mis dans un triste état. Ils n'y vont pas avec le dos de la cuiller…
Il avait achevé avec un sourire rêveur qui mit Ginny hors d'elle. En un bond, elle fut debout, tout près de lui.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? Il est ici ? Ils le torturent, n'est-ce pas ?
Le sourire de Drago s'accentua.
-Le survivant n'est plus qu'une loque qui implore grâce en rampant aux pieds de notre Maître. Articula-t'il lentement, avec un plaisir évident.
-Tu mens. Jamais Harry ne ferait ça.
-Crois moi si tu veux. Je l'ai vu de mes propres yeux.
Révulsée, Ginny se précipita sur le jeune Mangemort. Mais il fut plus rapide. Le maléfice d'entrave partit aussitôt, la jetant à terre. Il murmura ensuite un autre sort qu'elle ne reconnut pas. Elle s'aperçut qu'il lui était soudain impossible de faire le moindre mouvement. Elle gisait au sol comme une poupée de chiffon, molle, incapable de commander à aucun de ses muscles.
Il la dominait en souriant. D'un mouvement de sa baguette, il la fit léviter jusqu'au lit. Puis s'asseyant à côté , il se pencha au-dessus d'elle sans la libérer du sort qui la maintenait aussi vulnérable. Elle se sentit paniquer quand il approcha son visage tout près du sien. Elle sentit avec dégoût son souffle contre sa joue, porteur d'une nette odeur d'alcool.
- Sache bien ceci, Ginny Weasley. Tu es à ma merci. Potter ne peut plus rien pour toi. Et il vaut mieux pour toi l'oublier désormais. Je peux faire de toi ce qui me plaît. Et si tu désires quelque chose, c'est à moi que tu dois t'adresser…
Il sembla hésiter un instant, puis il avança une main et caressa du doigt la base du cou de la jeune fille, là où palpitaient les battements de son cœur affolé, dans l'échancrure de la chemise. Cette jolie chemise qu'elle avait achetée chez Mme Guipure, juste avant sa rencontre avec Luna, et qu'elle avait été si fière de montrer à son amie…
-Ensemble, nous pourrons faire de grandes choses… Chuchota-t'il en suivant le contour de sa mâchoire.
Puis comme à regret, le garçon s'écarta et se remit sur pieds, la laissant avachie sur le lit, toujours impuissante, pour regagner la porte du cachot d'un pas rapide.
- Je reviendrai te voir très bientôt. Réfléchis bien à ce que je t'ai dit ! Tu sais qui a le pouvoir à présent !
Et après l'avoir libérée d'un mouvement de baguette, il sortit .
Alors, vous êtes allés jusqu'au bout? Si vous avez envie de connaître les projets de Voldemort et ce qui se passe dans la tête de Lucius, cliquez sur le petit bouton bleu et écrivez le moi... Quoi, du chantage? Mais c'est bien de cela dont il est question dans cette histoire, non?
