Je remercie chaleureusement Nepheria, C, 666Naku et BP Horadus pour leurs reviews. Allez tous lire "Le syndrome d'Horadus", la fic géniale de BP Horadus (lien dans mes auteurs favoris, sur mon profil). Je pense avoir répondu aux reviews directement, mais il s'est passé des trucs bizarres sur ce site ces derniers temps. On ne recevait plus les alertes de reviews, par exemple.

Malheureusement, aucun de vous ne paraît connaître les années de naissance et de décès de Lily et James. Je crois qu'ils ont été assassinés en 81, non? Mais l'année de leur naissance...Bon, il va falloir que je me débrouille toute seule.

Je continuerai à poster le mercredi (et non le jeudi, comme je l'avais écrit par erreur), mais je ne pourrai pas mettre à jour la semaine prochaine...J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop! (Ca serait bien, au contraire! Ca voudrait dire que vous êtes accros!)

Assez de blablas, voici la suite. On raccroche le prologue... La boucle est bouclée...

CHAPITRE SIX

ACCOMPLIR UNE MISSION

Drago Malefoy se tenait une fois de plus devant elle, le sourire aux lèvres. Ses cheveux blonds coiffés avec soin, la mine réjouie, il semblait impatient. Bizarrement, il n'était pas venu seul cette fois, Théodore Nott l'accompagnait.

Ne sachant si elle devait se réjouir ou s'inquiéter de cette nouveauté, Ginny s'était assise dès que les deux garçons étaient entrés dans le cachot.

Elle s'attendait à être très vite stupéfixiée ou réduite à l'état de poupée de chiffon, comme Drago ne manquait pas de le lui faire subir à chacune de ses visites. Il pouvait ensuite à sa guise déblatérer devant elle, ce qui ne la gênait pas outre mesure. Il se laissait aller souvent à des confidences qui lui en avaient déjà appris beaucoup sur ce qu'était la vie dans l'ombre de Voldemort…

Là où les choses empiraient, c'était lorsqu'il accompagnait ses discours de gestes déplacés. Il commençait en général par caresser ses cheveux ou ranger une mèche rousse derrière son oreille, mais peu à peu, il s'enhardissait et se mettait à la tripoter ou à embrasser ses lèvres plus ou moins timidement, comme si elle n'était effectivement qu'une marionnette entre ses mains. Le dégoût soulevait le cœur de la jeune fille pendant les longues heures qui suivaient ces visites, et elle essayait de se représenter mentalement le visage de Harry, comme pour se laver de la souillure qu'elle ressentait après ces contacts.

Heureusement, Drago n'avait pas été bien loin dans ses attouchements jusqu'à présent, plus par couardise que par respect pour elle, lui semblait-il.

-J'ai une bonne nouvelle à t'annoncer ce matin, Weasley ! Claironna Drago en se pavanant comme un jeune paon à la parade.

Comme elle ne répondait pas, il enchaîna :

-Je vais enfin entrer dans la cour des grands. Tu vois ce que je veux dire ?

Elle haussa les épaules, toujours muette.

-Théo et moi allons recevoir la Marque des Ténèbres, ma jolie ! Insista-t'il en s'approchant d'elle, baguette à la main.

-Et alors ? Que veux-tu que çà me fasse ? Je pensais que tu étais déjà tatoué depuis belle lurette !

Il prit un ton mystérieux et solennel pour lui répondre :

-Sache que pour pouvoir entrer dans le cercle des fidèles du Lord, il faut d'abord faire ses preuves. Cà n'est pas donné à tout le monde.

-Encore faut-il en avoir envie !

-Ce que je vais t'annoncer maintenant va peut-être te faire passer le goût de la raillerie…Répliqua Drago, le ton soudain menaçant, tandis que Nott partait d'un léger ricanement.

Malgré elle, Ginny se sentit frémir. Décidément, elle était de plus en plus facilement atteinte par les rodomontades de ce jeune coq. Où était passée son ancienne combativité ? Non vraiment, elle n'attendait rien de bon venant de lui. Il profitait honteusement de sa vulnérabilité, et elle n'avait plus la force de résister…Elle avait beau tout faire pour paraître indifférente, ce fut pourtant un regard angoissé qu'elle leva vers son tourmenteur tandis qu'il articulait lentement, savourant son petit effet :

-Nous serons trois à recevoir la Marque. Et devine qui sera le troisième ?

La gorge de Ginny se serra et elle fut incapable de répondre. Pour faire durer le plaisir, Drago se mit à marcher de long en large en silence. Nott la mine patibulaire, restait immobile, toisant la jeune fille d'un regard provocant.

-Mais oui, tu as bien deviné. Allez, dis le. Qui sera le troisième ? Finit par grincer Malefoy.

Il s'était rapproché de Ginny et saisit son menton, relevant son visage vers lui. Les yeux de la jeune fille se remplirent de larmes tandis qu'elle se dégageait avec colère.

-Pourquoi pleures-tu ? Tu n'es pas fière de ton cher balafré ? Tu n'es pas heureuse qu'il rejoigne nos rangs, qu'il soit distingué par le Maître ?

-Ce n'est pas possible ! Réussit-elle à murmurer d'une voix brisée. Harry ne…

Drago éclata de rire et se tourna vers Théo.

-Tu vois, elle refuse de me croire. Elle nie même que Potter soit enfermé ici.

Nott haussa les épaules.

-Quand elle verra son avant-bras , elle sera bien forcée d'accepter la réalité ! Constata-t'il sobrement, jouant avec sa baguette.

-Hmmm…Je suis impatient de voir çà ! Potter à genoux devant le Maître, en train de baiser le bas de sa robe…

-Tais toi ! Cria Ginny, révoltée par le ton de l'apprenti Mangemort. Tu n'as donc rien d'autre à faire que de venir ici déverser ton fiel ?

-Je t'assure que le spectacle sera divertissant, n'est-ce pas Théo ? Ajouta Drago. Les deux garçons partirent d'un rire narquois, et la jeune fille se boucha ostensiblement les oreilles.

Drago refit quelques pas, allant jusqu'à la table sur laquelle traînait un livre ouvert. Dans sa grande générosité, il avait fait apporter à la jeune fille de la lecture, quelques romans et un ou deux manuels de Magie Noire. Il fit soudain volte-face.

-Bon maintenant, si tu veux bien Théo, laisse nous seuls ! Lança-t'il, l'expression de son visage devenue soudain gourmande. Nous avons besoin de… d'intimité.

Et avec un sourire de crocodile, il agita sa baguette vers Ginny en marmonnant ce sort qu'il affectionnait depuis quelques temps. Elle s'affaissa aussitôt, réduite à une totale passivité.

Nott grimaça un sourire et, après une légère hésitation, tourna les talons et sortit.


Dans la cuisine du Terrier, Hermione aidait Molly à préparer le repas du soir.

Elles ne parlaient guère. De temps à autre, la plus âgée laissait échapper un long soupir. La plus jeune ne cessait de renifler et se mouchait toutes les deux minutes.

-Rémus aura peut-être des nouvelles fraîches tout à l'heure ? Hasarda la jeune fille sans quitter des yeux le saladier dans lequel elle était en train de mélanger une vinaigrette.

-Je l'espère, ma chérie… Trois jours que nous attendons, et toujours rien… Pas le moindre petit signe. Il y a de quoi désespérer !

La voix de Molly se brisa sur les derniers mots.

-J'essaye de me dire qu'il faut faire confiance à Harry…

-Confiance à Harry ? Mais comment veux-tu que… Oh, tu as raison, Hermione. Il est fort, n'est-ce pas ?. Il est tellement… Il vous a sortis plus d'une fois de situations si délicates… Mais… Sans Dumbledore…

La main de la pauvre femme tremblait violemment tandis qu'elle maintenait sa baguette au-dessus de la poêle dans laquelle sautaient des champignons.

La porte s'entrouvrit et une tête rousse apparut.

-Mmmm… Cà sent bon ici !

Un sourire forcé plaqué sur le visage, Ron avança vers sa mère et passa un bras sur ses épaules. Puis il se pencha et l'embrassa.

- Ce sont les champignons que nous avons cueillis ? Qu'est-ce que çà réduit ! Tu n'as pas un sort de démultiplication ?

-Oh Ron, comment as-tu le cœur à plaisanter ? Protesta sa mère avec un faible sourire qui ressemblait à une grimace.

- Mais je suis sérieux ! Si nous voulons résister efficacement au découragement ambiant, il faut absolument nous alimenter copieusement. Ces champignons ont fondu comme neige au soleil !Il faut faire quelque chose !

Hermione lui lança un regard désapprobateur tout en se mouchant une énième fois.

- Allez, arrête tes grands discours et viens m'aider à laver cette salade, puisque tu veux te rendre utile. Elle est pleine de boue.

Fronçant le nez d'un air dégoûté, le garçon rejoignit la jeune fille qui lui mit un couteau dans les mains.

-Je n'ai jamais dit que je voulais me rendre utile ! Marmonna –t'il avant de dire plus fort : « Il faudrait vraiment que tu m'apprennes des sorts de lavage et d'épluchage, maman. Quand j'essaye par moi-même, la salade sort déchiquetée et les légumes en bouillie. »

-J'ai autre chose à faire en ce moment, mon garçon ! Répondit sèchement Molly. Je vous laisse quelques minutes, je dois cueillir des tomates au jardin. Hermione, surveille les champignons !

Dès qu'elle fut sortie, Ron murmura :

-J'en ai parlé à Fred et George. Ils pensent que c'est risqué, mais en même temps, ils nous comprennent et ils sont prêts à nous aider.

-Tu sais bien que le problème va être : que dire à tes parents ? Ils sont tellement terrorisés ! Ils ne nous laisseront jamais partir ! Hier soir encore, il y a eu cette expédition de Mangemorts à N. Ils ont tué une dizaine de moldus et capturé deux aurors !

-Il faudrait… Demander à quelqu'un de confiance, un adulte responsable, de nous accompagner.

Hermione secoua la tête, sceptique.

-Mais enfin, Ron, les parents ne veulent pas nous quitter des yeux ! Et on les comprend ! Continuons plutôt les recherches pour trouver qui est ce R.A.B. !

Ron plongea quelques feuilles de salade dans l'évier rempli d'eau, puis il se mit à les frotter distraitement.

- Disons leur que nous n'en pouvons plus… C'est la vérité, d'ailleurs. On est en prison ici. Je vais craquer, moi, si çà continue ! Faisons valoir par exemple qu'un petit séjour au bord de la mer nous ferait le plus grand bien ! On n'est pas obligés de dire où on va !

Comme Hermione se contentait de soupirer, Ron abandonna sa salade pour s'approcher d'elle et l'enlaçer, en évitant de la toucher de sa main trempée. Il posa la tête dans le creux de son épaule.

-Nous devons le faire pour Harry. Murmura-t'il à son oreille. Il a une mission à accomplir. S'il est dans l'incapacité de continuer, c'est à nous de reprendre le flambeau ! C'est ce que nous lui avons promis !

-Je sais tout çà, Ron, je suis la première à t'en avoir parlé. Mais nous devons être prudents et surtout… Comment convaincre nos parents de nous laisser quitter le Terrier ?

-Eh bien, ne leur demandons pas ! Après tout, c'est bien ce qu'a fait Harry !

-Ron ! Comment peux-tu dire une chose pareille ! Ne vois-tu pas dans quel état est ta mère en ce moment ? S'indigna Hermione en se dégageant de ses bras.

Dépité, il retourna à la table et reprit le couteau pour détacher de nouvelles feuilles.

-Ecoute, un jour ou l'autre, ils devront ouvrir les yeux et voir la réalité en face. Nous ne sommes plus des gamins !

Hermione soupira.

-Avec toi, on se demande… ! Mais elle se rapprocha de lui, leva le menton et posa un baiser léger sur ses lèvres.

Ron sourit, absolument pas vexé. Il réfléchissait tout en maniant son couteau. Tout à coup, il le lâcha et saisit la jeune fille par le poignet.

-Je sais ! La solution ! Rémus !

-Qu'est ce que tu racontes ? S'impatienta Hermione.

-Ecoute, parlons-en à Remus. Je suis sûr qu'il acceptera de venir avec nous. Et c'est un sorcier exceptionnel ! Allez, il suffit d'oser ! Et c'est toi, Hermione, qui vas te charger de lui en parler, n'est-ce pas, après le dîner, entre quatre yeux !

-Tiens, çà m'aurait étonnée… Tu ne crois pas qu'il a autre chose à faire, par les temps qui courent ?

-Pour l'instant, ils n'ont aucun indice. Et tout le pays est sens-dessus-dessous, en vain. Disons lui que c'est une autre façon de se rendre utile !

-Je te trouve tout-à-coup bien subtil, pour un Griffondor…Elle réfléchit un instant. Puis elle ajouta pensivement : « Ma foi, pourquoi pas ? On peut toujours tenter le coup… ».

Ron la prit dans ses bras et la fit tournoyer, manquant renverser la poêle et bousculant Molly qui rentrait juste à cet instant, les mains pleines de tomates.


Le front plissé, Remus regardait tour à tour Ron et Hermione. Ils étaient assis tous les trois sur le banc du jardin, face au soleil qui disparaissait derrière la colline.

-Vous savez à quel point la situation est dangereuse ?

Ils hochèrent la tête avec une belle unisson.

-Vous avez pensé à vos parents ? Ron, ta mère pleure déjà ta sœur…Quant à Arthur…

-Je sais, Remus. Mais je n'en peux plus. Et nous avons promis à Harry…

-Si j'ai bien compris, c'est à moi de leur expliquer que vous avez l'intention d'aller …vous balader au bord de la mer ? Et que je propose d'être votre garde du corps ? Moi, un loup-garou notoire ?

-C'est-à dire que… Si c'est nous qui…

-Cà va, ne te fatigue pas. Ils vont penser que nous avons des désirs bien frivoles, vous ne croyez pas ? Et si je me porte garant pour vous, je me dois de vous ramener entiers à vos familles. Ce qui signifie qu'il est hors de question que vous vous mettiez dans des situations périlleuses.

-Aller à Godric's Hollow n'est pas particulièrement dangereux. Dit Hermione doucement. Nous voulons simplement voir les lieux, inspecter les ruines pour chercher un indice et nous recueillir sur la tombe des parents de Harry. C'est ce qu'il avait l'intention de faire. Nous étions dans les préparatifs quand Ginny…

Elle baissa la tête. Nerveusement, Rémus croisa, puis décroisa les mains.

-Vous savez que je ne suis jamais allé à Godric's Hollow. Grâce à tes recherches Hermione, on devrait trouver sans trop de difficulté. Mais tout cela est très hasardeux… Cependant, j'ai accepté de vous aider… A propos, peut-on mettre Tonks dans le coup ? La présence d'une auror pourrait se révéler utile !

Les deux jeunes le regardèrent, étonnés et ravis.

-Bon, je vois que l'idée vous plaît.

-Ce serait…génial de vous avoir tous les deux ! Et les parents seront plus faciles à convaincre ! S'exclama Hermione, les yeux illuminés par le soleil couchant.

-Bon ! Demain, vous préparez vos affaires ! Je pense que nous avons intérêt à fixer le départ pour après demain matin, le temps de prendre les dispositions nécessaires. Comme par exemple, de faire signer un ordre de mission pour Dora. Et puis, çà nous laisse du temps avant la pleine lune !


-Vous montrerez donc votre bonne volonté en répondant favorablement à la demande la plus pressante de notre maître, qui, soit dit en passant, vous fait un honneur immense : vous nous rejoindrez, nous les fidèles, en acceptant que vous soit apposée… la Marque des Ténèbres.

Harry regardait Malefoy sans comprendre. Il avala sa salive avec difficulté et sous le choc, il se laissa glisser le long du mur jusqu'à se trouver assis. Il éprouvait soudain du mal à respirer, et dans un geste précipité et maladroit en raison de sa faiblesse, il fit passer son sweat-shirt au-dessus de sa tête pour se retrouver en chemise à petites manches. Malgré cela, il suffoquait.

Malefoy s'approcha et s'accroupit devant lui, une expression concernée sur le visage.

-Est-ce la proposition que je viens de vous faire qui vous met dans cet état ?

-Vous…Vous vous moquez de moi en parlant de m'apposer votre espèce de tatouage ? Réussit à dire Harry d'une voix hachée en défiant Lucius du regard.

L'homme sourit sans perdre le calme qu'il avait si vite retrouvé.

-Je vous ai simplement exposé nos conditions, Potter. Vous semblez tenir à voir l'otage, la jeune Ginny Weasley. Nous tenons à ce que vous rejoigniez notre cause en recevant la Marque, ce qui, de notre point de vue, n'a rien d'avilissant, bien au contraire. N'est-ce pas un marché honnête ?

Harry, dont la respiration s'était calmée mais dont le front était à présent couvert de sueur, serra les poings rageusement.

-Vos méthodes de chantage sont ignobles. Je n'accepterai jamais de ramper devant Voldemort.

-Je ne suis pas certain qu'il soit exigé de vous des comportements aussi… extrêmes. Susurra ironiquement Lucius. Vous allez prendre le temps de réfléchir à tout çà, Potter. Je me doute que les choses ne se présentent pas de la manière que vous aviez prévue.

La voix de Lucius était étrangement douce. Soudain, il avança une main et, du bout du doigt, écarta une mèche noire qui collait au front moite du garçon.

-Je reviendrai vous voir d'ici peu. Sachez que les heures sont comptées, surtout pour votre jeune amie.

Harry le suivit des yeux tandis qu'il se relevait et quittait le cachot de sa démarche souple et aristocratique, sans jeter un coup d'œil en arrière.

……………

Révolté et désespéré, le jeune homme remonta ses genoux contre lui et cacha son visage dans ses bras. Des pensées confuses s'agitaient dans son esprit.

Il comprenait à présent : Ignorant la fin de la prophétie, Voldemort , au lieu de vouloir le tuer, avait décidé de l'asservir, de le soumettre. Il pourrait ainsi l'utiliser à des fins que Harry se refusait à imaginer.

Mais pourquoi Voldemort renonçait-il à connaître la fin de la prophétie ? Il n'était apparu que tout récemment, revenu d'un voyage dont Harry ignorait la destination, il ne l'avait guère torturé, et malgré la douleur atroce qu'il avait ressentie dans sa cicatrice, Harry avait survécu sans dommage aux doloris du Mage Noir.

Peut-être avaient-ils fini par croire qu'il ne connaissait pas la prophétie, comme il se tuait à le leur répéter ?

Que faire ? Comment refuser ce marché ignoble sans mettre Ginny en danger ?

Et d'ailleurs, pourquoi attendaient-ils d'avoir son accord. ? Ne pouvaient-ils pas le contraindre, lui imprimer la Marque de force ?

Après tout, il s'était évanoui à plusieurs reprises au cours des séances de torture. Pourquoi n'avaient-ils pas profité de son comas pour le marquer comme un mouton, s'ils tenaient tant que cela à ce qu'il porte ce tatouage répugnant? Il y avait certainement une –mauvaise- raison pour expliquer ces « égards » incompréhensibles.

Etrange. Le comportement de Malefoy était déjà étrange en lui-même. Ces gestes qui semblaient destinés à le réconforter, alors qu'il s'était montré d'une brutalité inouïe jusqu'à présent, ces regards compréhensifs, voire amicaux, alternant avec sa froideur, sa dureté habituelles...

Soudain, quelque chose bascula dans la tête de Harry. Son rythme cardiaque s'accéléra.

Et s'il acceptait ? Après tout, jouer le jeu, leur jeu malsain, pourrait être aussi pour lui l'occasion rêvée d'accomplir sa mission !

Quel meilleur moyen d'approcher les Horcruxes et Voldemort que celui de faire partie de ses proches, comme ils venaient de le lui proposer ?

Brusquement très excité, Harry tenta de calmer ses pensées bouillonnantes pour réfléchir posément.

En supposant qu'il recevrait cette Marque de son plein gré, il saurait se débrouiller pour gagner leur confiance. Tant et si bien qu'il récupèrerait sa baguette, un jour ou l'autre. Qu'il retrouverait les Horcruxes, du moins ceux qui seraient accessibles, à commencer par Nagini. Et qu'il mettrait tous les éléments de son côté pour parvenir à son but ultime.

Mais avant tout, il devait savoir à quoi il s'exposait en recevant cette Marque.

Il sentait que Lucius était celui sur lequel il pourrait compter pour arriver à ses fins. L'homme semblait sincère, et il n'y avait plus dans ses yeux la haine viscérale qu'il lisait dans ceux de Snape.

Peut-être la prison avait-elle changé Malefoy senior ? Il était passé de l'autre côté de la barrière. Il avait vécu l'humiliation, la solitude du captif.

Et aujourd'hui, il lui avait apporté à manger.

Pourquoi refuser de s'en faire un allié ?


Lucius remontait lentement les couloirs pour aller faire son rapport.

Déjà, la vue de Harry lui manquait. Il avait aimé lire l'étonnement dans les yeux du garçon quand il était entré avec sa cruche et son morceau de pain.

La manière dont Harry avait dévoré le croûton, dont il avait ensuite demandé de l'eau, avec son espèce de candide mauvaise grâce, l'avait amusé au plus haut point.

Suivre ensuite des yeux le parcours des gouttes d'eau le long du cou délié et brun, contempler ces lèvres entrouvertes et humides entre lesquelles luisaient des dents parfaites, lui avait procuré un plaisir intense. Il s'était difficilement retenu de se pencher pour mordre avidement cette bouche naïvement offerte. Il avait d'ailleurs failli s'oublier, incapable de résister au besoin de toucher ce corps si proche.

La détermination du garçon, malgré sa faiblesse évidente et pathétique, à exiger que Ginny lui soit présentée dans un état de parfaite santé, avait provoqué en lui une sorte de pincement au cœur, fait d'un sentiment mêlé de pitié et…oui, de jalousie.

C'est avec haine qu'il avait évoqué les moments inoubliables qu'ils avaient dû partager. Oh, Lucius n'avait aucun mal à les imaginer, les deux tourtereaux, leurs jeunes bouches jointes, leurs corps entremêlés…

Potter tenait à la jeune fille. Pire, il en était amoureux.

Bon sang, que pouvait-il bien trouver à cette rouquine insignifiante ? Certes, elle avait un joli visage et un corps bien tourné, mais… D'accord, on ne pouvait nier sa vivacité et la force de sa personnalité…

D'ailleurs, Drago lui-même semblait sous le charme.

A cette pensée, Lucius sourit. Si Drago parvenait à déflorer, voire à pervertir cette gamine, elle perdrait tout son prix aux yeux de Harry.

Le garçon avait failli tourner de l'œil quand Lucius avait parlé de la Marque… Un accès de faiblesse dû au manque de nourriture et aux séances de torture, sans doute. Avec ravissement, Lucius l'avait vu se déshabiller. Dommage qu'il se fût arrêté si vite. Il avait quand même dévoilé son ventre plat le temps qu'il se dépatouille de son sweat-shirt, et cette fois, Lucius n'avait rien fait pour lui venir en aide… Et cette simple chemise beige en toile légère seyait merveilleusement à sa peau mate.

A nouveau, il n'avait pu résister à l'envie de toucher, et fasciné par l'expression désemparée du garçon qui accentuait encore son air d'extrême jeunesse, il avait repoussé cette mèche collée au front humide de sueur.

A l 'évidence, la partie était gagnée. Potter accepterait. Potter rejoindrait le cercle des fidèles. Et pour cela, il aurait besoin d'un Tuteur. Et ce Tuteur, ce serait…

………………….

Il entra dans la bibliothèque où se trouvaient encore Voldemort , Snape et l'insupportable Queudver. Bellatrix avait apparemment quitté les lieux, et Lucius en éprouva un certain soulagement. Sa haine pour Harry égalait celle de Snape, et il sentait qu'elle ferait tout pour contrarier les dispositions favorables du Maître à l'égard du garçon. Il ne faisait aucun doute qu'elle était mortellement jalouse.

-Approche, Lucius, approche ! Sourit Voldemort. Alors, comment s'est déroulée cette entrevue ?

Lucius vint se placer face à lui, raide comme un soldat au rapport.

-Après avoir donné à boire et à manger à Potter, je lui ai exposé les termes du contrat, Maître. Il a d'abord mal réagi, puis j'ai vu qu'il se mettait à envisager la chose comme étant de l'ordre du possible. Pour moi, il ne fait pas de doute qu'il va céder d'ici peu.

-Bien, Lucius, bien ! Tu retourneras le voir demain matin, avec des aliments un peu plus consistants. Viens maintenant te joindre à nous. Tu ne refuseras pas un verre de remontant avant de regagner tes appartements ?

Tandis que Lucius acceptait avec gratitude le verre d'alcool que Queudver lui tendait, Snape se leva et, après s'être incliné devant le Maître, partit d'un pas décidé sans un mot ni même un regard pour son vieil ami Malefoy.

Alors, vos impressions?