Et c'est reparti pour un tour ! Merci aux reviewers…Le nombre de lecteurs a baissé depuis deux chapitres, peut-être parce que la fic devient lassante et en déçoit certain qui s'estiment trompés sur la marchandise, peut-être parce que les chapitres sont maintenant trop longs (de plus en plus longs, à vrai dire...). Faut-il les raccourcir ? A vous de me le dire. Et puis il y a eu plein de bonnes fics à lire ces derniers temps (je pense au nouveau chapitre des « Portes »…) En bref et tant mieux, y a de la concurrence sur ce site.
Merci à BPHoradus pour ses reviews intelligentes (je me répète, allez lire sa fic « Le syndrome d'Horadus », elle est géniale). Bravo à Cucaracha pour sa clairvoyance (oui, bien vu, le coup du baptême et de l'ordination! J'imagine volontiers Voldemort en gourou d'une espèce de secte à l'idéologie extrême, exploitant la crédulité de ses adeptes.) Merci à Steph (chouette, un (ou une ?) nouveau venu sur cette fic…), à C, et à Ewilan Potter d'avoir pris le temps de mettre un mot. Cà fait chaud au cœur…
Alors, bon courage pour la lecture!!
CHAPITRE NEUF
QUAND HARRY RENCONTRE GINNY
-Tu vois, ma jolie, j'ai accepté que tu rencontres ton ami aujourd'hui même…Me considères-tu encore comme un monstre sanguinaire?
Les yeux agrandis par l'horreur, Ginny regardait Voldemort marcher de long en large dans son cachot, une parodie de sourire étirant sa bouche mince. C'était la première fois qu'elle le voyait en chair et en os (surtout en os), et il lui paraissait plus effrayant encore que ce qu'elle avait imaginé dans ses pires cauchemars. Son immense corps maigre, enveloppé d'une cape noire, jetait une ombre menaçante devant et derrière lui, obscurcissant la pièce déjà mal éclairée. Il s'arrêta brusquement face à elle.
-Tu ne dis rien…Réponds ! Aimes-tu Harry Potter ?
Le ton était impérieux. Pourquoi lui poser cette question stupide ? Etait-ce un piège ?Ginny ravala sa salive.
-C'est mon ami. Dit-elle doucement.
-Très bien. Sache que moi aussi, à présent, je suis son ami.
Les yeux rouges la transperçaient de leur regard impénétrable. Elle ne comprenait pas. Que voulait exactement cet être dont le visage n'avait plus rien d'humain ?
-Tu ne comprends pas ? C'est normal. Beaucoup de choses ont changé. Ecoute moi bien ! Potter est destiné à me seconder. Je veux en faire mon porte parole, mon émissaire. Et toi, grâce à lui, tu seras élevée au rang de princesse.
Ginny tourna lentement la tête en signe de dénégation. Sa gorge se refusait à émettre le moindre son. L'homme était fou.
-Je sais que tu me hais, peu importe. Il suffit que tu aimes Harry. C'est moi que tu aimes à travers lui. Drago ne t'a pas parlé de tout cela ?
Encore une fois, la jeune fille dit non de la tête. Voldemort éclata d'un rire grinçant.
-Ahaha ! Cà ne m'étonne pas. Il n'a rien compris, et il est jaloux, ce jeune imbécile. Ce n'est certainement pas de lui que je ferai mon bras droit ! Il me faut des gens solides, intelligents, fins. Comme Harry, comme toi.
-Vous vous trompez, je…
-Tu vas le rencontrer tout-à l'heure, ton cher et tendre. Reprit-il en l'interrompant. Il faut qu'il comprenne que je ne lui veux que du bien, et que c'est la Cause de la Magie toute entière que je veux défendre avec lui à présent. Le monde sorcier a bien assez souffert, nous devons arrêter de nous déchirer et mettre en place un Ordre Nouveau, un Ordre de Lumière.
Etait-elle entrain de rêver ? Peut-être cet homme squelettique n'était-il pas Voldemort ? Ou débitait-il un galimatias de bonnes paroles destiné à endormir sa méfiance ?
Soudain, il s'approcha, et elle recula jusqu'à ce qu'elle se trouve acculée au mur. Une des grandes mains osseuses et glacées de l'homme à face de serpent vint se placer autour de son cou, sans exercer de pression.
-J'aurais dû venir te voir plus tôt. Tu as pensé que je ne m'intéressais pas à toi, que tu n'étais qu'un vulgaire appât. N'est-ce pas ?
Certes, il avait raison, elle avait cru que personne à part Drago ne se préoccupait de son sort. Et elle se serait bien passée des attentions du jeune Malefoy. Elle ne désirait pas plus celles de Voldemort .
Cependant, il continuait son monologue.
-Tu es bien jolie. Le peuple acclamera une princesse aussi charmante.
Il accentua légèrement sa prise, et elle frémit d'horreur. S'apprêtait-il à l'étrangler ? Mais il semblait plutôt trouver du plaisir à sentir sous sa grande main le cou gracile de la jeune fille. Il continua à mi-voix.
- Profite pleinement de ton Harry. Quand il sera l'heure pour lui d'aller combattre, tu n'auras plus guère loisir de le voir.
Il la lâcha et après avoir fait signe aux deux Mangemorts masqués qui l'accompagnaient de le suivre, il sortit, faisant voler sa cape dans son sillage.
……………………………………………..
Le cœur battant et les jambes tremblantes, Ginny s'assit sur le fauteuil. Elle ne comprenait pas. Que voulait le Mage Noir ? S'il s'imaginait que Harry et elle allaient collaborer avec lui, il se trompait lourdement. Mais pourquoi ce revirement ? La lumière ? Cette expression ne ressemblait pas à ce qu'elle croyait savoir de Voldemort. Renonçait-il à la Magie Noire ? Impossible. Tout cela sentait la ruse à plein nez, et les Mangemorts auraient beau déployer tous leurs artifices, elle ne se laisserait pas berner aussi facilement.
Mais elle allait voir Harry, très bientôt. Et cette pensée, plus forte que toutes les autres, s'imposa à elle, faisant battre son cœur encore plus vite. Il était donc vivant. Mais Drago avait-il dit la vérité, à propos des séances de torture, de sa soumission, de la Marque? L'avait-on contraint à s'allier à Voldemort, avait-il accepté cette trahison indigne pour lui sauver la vie ? Elle avait trop de questions à lui poser.
Des larmes brûlantes lui montèrent aux yeux. Elle aurait voulu ne jamais être née. En s'exposant avec lui à Poudlard, elle l'avait mis en péril, et à travers lui, elle avait fragilisé tout le monde sorcier. Innocemment, elle avait été si fière, si heureuse de pouvoir l'embrasser et le serrer dans ses bras devant tous, devant cette stupide Romilda Vane et toutes les autres petites cruches qui bavaient devant lui…
Et maintenant, dans quel état allait-elle le trouver ?
-Remus ! Remus, s'il te plaît, réveille toi ! Oh bon sang, il n'y a rien à faire !
Affolée, ses cheveux brusquement passés du rose vif au gris souris, Tonks secouait le corps inerte qu'elle n'avait pas réussi à réanimer d'un enervato. L'homme paraissait endormi, son cœur battait normalement, bien que faiblement. Tonks testa sa baguette que Ron avait ramassée deux mètres plus loin pour analyser le dernier sort qu'il avait lancé.
-Un sort de détection magique, rien de plus… Fit-elle dépitée.
-Il a peut-être été victime d'une attaque venant de la forêt ? S'inquiéta Hermione
Suivie de Ron, elle se mit à chercher les traces d'une éventuelle présence humaine ou animale, tandis que Dora tentait toujours de réanimer Lupin. Les deux jeunes gens s'arrêtèrent un instant devant la tombe. Seuls les noms de Lily et James étaient gravés sur la pierre de granit, ainsi que leurs années de naissance et de décès. On ne pouvait voir aucune mauvaise herbe, bien au contraire, de ravissantes fleurs violettes et bleues ornaient la tombe, comme si un sort particulier de très longue durée y avait été posé.
Hermione se dirigea vers la colonne et se mit à en faire le tour, promenant ses doigts sur la surface lisse. Elle finit par repérer là aussi des runes presque effacées par le temps, et tenta d'en déchiffrer quelques unes, mais l'usure était trop importante.
Alors qu'elle se demandait de quel type de pierre il s'agissait, elle remarqua un léger relief dans la surface lisse, à mi- hauteur, côté forêt. Elle se pencha pour l'observer de plus près. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir les contours d'un lion de belle taille, dressé rugissant sur ses pattes arrière, gracieusement tracé dans la roche !
-Viens voir, Ron !
Le garçon accourut, bientôt rejoint par Tonks.
-C'est étrange, ce lion me rappelle quelque chose… Murmura Ron.
-Çà ne serait pas le lion de Gryffondor ?
La jeune fille avait l'impression de mettre peu à peu à jour les morceaux d'un puzzle.
-C'est çà ! Godric Gryffondor. Ce pilier a quelque chose à voir avec le Fondateur ! Approuva Ron, excité.
-Mais pourquoi Remus est-il allongé à plusieurs mètres de là, sans connaissance ? Se désola Tonks.
-Je n'en sais rien. Tu devrais tester cette colonne, Dora. Réagit-elle au sort de détection de magie ?
-Oh, attends ! C'est peut-être justement en envoyant ce sort de détection que Rémus a été atteint ! Avertit Ron. Il faudrait nous mettre à l'abri !
Tonks approuva, visiblement impressionnée par la maturité du jeune homme.
-Tu as raison, Ron. Je vais d'abord mettre Remus en lieu sûr.
Elle fit léviter son ami à bonne distance, de l'autre côté du mur, et enjoignit à Hermione et Ron de rester auprès de lui. Puis elle se posta elle-même derrière un tas de pierre, et ne sortit que les deux doigts qui tenaient sa baguette pour jeter le sort de détection.
-Revelio !
Il y eut à nouveau une bruyante déflagration, et un halo lumineux rougeoyant nimba quelques instants l'étrange colonne. Quand la rougeur eut disparu, Tonks se releva et s'approcha.
-C'est vraiment bizarre. On dirait que cette pierre renferme en elle un mélange de Magies Blanche et Noire assez détonnant.
-Explosif, même !
Plutôt secoué, Ron avait avancé à son tour, tenant la main d'Hermione.
-En attendant, je suis très inquiète pour Remus ! Se lamenta Dora, le visage décomposé.
-Et tu as tort, ma chérie ! Dit une voix derrière eux qui les fit sursauter.
Remus se tenait debout là où ils l'avaient laissé. Il avait repris connaissance et, les cheveux en bataille et les vêtements en désordre, il leur souriait, appuyé d'une main au muret de pierre. Tonks, dont la tignasse avait retrouvé instantanément une belle couleur rose bonbon, se jeta dans ses bras.
-Qu'est ce qui s'est passé ? Tu m'as fait une peur !
-Tout bêtement, j'ai fait le tour de la colonne et après avoir découvert qu'elle était ornée et gravée, j'ai jeté le même sort de détection que toi. C'était franchement imprudent de ma part, et je ne me souviens plus de rien, sauf d'un souffle extrêmement brutal qui m'a projeté trois mètres plus loin.
Ils commentèrent l'incident un moment encore, puis se rapprochèrent de la tombe devant laquelle ils se recueillirent plusieurs minutes. Remus paraissait particulièrement ému.
Tandis qu'ils s'organisaient pour installer le bivouac, Hermione montra à Ron le petit livre noir que Lupin avait trouvé dans les ruines et qu'il lui avait confié.
-Je parie que la moitié des réponses à nos questions se trouvent dans ce bouquin. Tu vois maintenant à quoi çà peut servir, l'étude des runes ?
-Je n'ai jamais dit que c'était inutile ! Mais je pense que si tu te charges du déchiffrage, ce sera plus vite et mieux fait que si je m'y mettais, même si j'en avais fait quatre ans à Poudlard !
-Mouais… Tu te plains que je sois intello, mais tout compte fait, çà t'arrange bien, quand il s'agit de faire le boulot !
-Allez, les jeunes, arrêtez de vous chamailler ! On va allumer un feu ! Intervint Tonks qui avait fini d'installer la tente légère qu'elle allait partager avec Remus.
La soirée leur parut longue. La tristesse pesait sur eux et rendait les échanges difficiles. Une fois encore, ils tentèrent d'imaginer ce qu'avait fait Harry le soir de la disparition de Ginny . Ne trouvant comme d'habitude aucune réponse à cette énigme, ils contemplèrent les flammes en silence, écoutant les oiseaux de nuit.
Il était encore tôt quand ils rejoignirent leurs sacs de couchage et Hermione ne réussit à s'endormir que bien plus tard, sa main pressée dans celle de Ron. Elle avait mis à profit ses heures d'insomnie pour assembler les premiers morceaux du puzzle, et elle pensait avoir quantité d'éléments nouveaux à communiquer à ses compagnons dès leur réveil…
Dans la Cité Secrète, tout avait été prévu, des cuisines jusqu'aux laboratoires en passant par des salles de torture… On y trouvait même un « parloir », aménagé dans le but de permettre d'éventuelles confrontations entre prisonniers.
C'était une salle relativement petite, installée dans la zone supérieure de la cité. Elle était coupée en son milieu par une grille tenant toute la hauteur du sol au plafond, faite d'épais barreaux métalliques biseautés.
Quand Harry, Malefoy et Snape entrèrent dans cette pièce par une de ses deux portes, ils purent constater qu'ils étaient les premiers. Ils s'assirent sur un banc qui courait le long du mur, en attendant qu'arrive Ginny.
Visiblement très énervé, Harry ne tenait pas en place et il se mit presque aussitôt à marcher de long en large. Il portait toujours sa robe rouge qui avait eu le temps de sécher.
Les deux Mangemorts échangeaient quelques mots sans enthousiasme, surveillant l'un et l'autre le garçon du coin de l'œil.
Lucius sentait l'hostilité palpable de Snape, et il redoutait un incident. Il tenait à ce que tout se déroule de manière apaisée et correcte. A vrai dire, il voulait pouvoir proposer à Harry de s'installer dans ses appartements, et cela ne serait possible que si le jeune homme sortait satisfait de cette rencontre avec son amie.
Déjà, il avait craint que la cérémonie de l'Initiation, le matin même, tournât au désastre. Et il avait été extrêmement surpris par le comportement de Harry. Le garçon n'avait fait qu'un seul faux pas, cette petite hésitation au moment de mêler son sang à celui du Maître. Dans l'ensemble, il avait fait honneur à son Tuteur.
Lucius l'avait observé avec admiration dans sa lutte pour dominer à la fois sa faiblesse, la douleur physique et son sentiment général de révolte contre le rituel.
Il avait pu contempler, comme tous les autres Mangemorts, sa mince silhouette debout devant le bassin dans toute la pureté de sa nudité, transfigurée par l'éclairage violent qui tombait de la voûte, en une splendide mise en scène théatrale. Le Maître avait le sens du spectacle. Cela expliquait en partie le culte que lui vouaient de nombreux Mangemorts.
Quand le garçon avait plongé, il avait suivi des yeux sa progression sous l'eau, inquiet. Harry n'avait pas encore retrouvé toute sa vigueur, après les épreuves qu'il avait traversées. Mais tout s'était bien passé, il était remonté sans encombre, à peine essoufflé, resplendissant.
Le plaisir que Lucius avait éprouvé à lui enfiler la robe écarlate avait atteint son point culminant quand il avait relevé les cheveux, puis frôlé de ses mains le corps frissonnant du garçon. Heureusement, il avait réussi à se maîtriser, et personne n'avait dû remarquer le tremblement qui l'agitait.
Par contre, le baiser sur le front avait été pour lui un véritable supplice. Le Maître avait prolongé de manière suspecte ce geste déplacé, et Lucius, furieux, avait senti Harry prêt à tourner de l'œil.
A l'époque où lui, Lucius, avait reçu la Marque, le Maître était encore un homme séduisant, et la perspective de se rapprocher de lui, de mêler son sang au sien l'avait stimulé au contraire dans sa démarche d'apprenti Mangemort. Ce matin, l'apparence effrayante de Voldemort avait donné à la scène un caractère proprement indécent. C'était comme si la Mort elle-même dévorait l'incarnation de la jeunesse et de la beauté, et s'en nourrissait avidement.
Il avait suivi le garçon dans les couloirs jusqu'à sa cellule, après la collation offerte dans la bibliothèque. Bien qu'il eût été fortement tenté de l'accompagner dans sa cellule, il avait senti son désespoir et sa colère, et il n'avait pas osé entrer derrière lui, le laissant assis à sa table, la tête dans les mains.
Lucius avait réalisé à cet instant que l'avenir dépendait de la manière dont se déroulerait l'entretien avec Ginny.
L'entrée de Bellatrix et Pettigrew masqués encadrant la petite Weasley dans l'autre partie du parloir ramena Lucius à la réalité. Tandis que Snape et lui même se levaient et se tenaient prêts à parer à toute éventualité, Harry se précipitait en avant et agrippait les barreaux, dévorant la jeune fille des yeux.
Elle était vêtue d'un jean simple, mais bien coupé et d'une chemisette rayée, près du corps, qui mettait en valeur ses formes féminines. Il fallait reconnaître qu'elle était charmante, bien qu'un peu pâle et amaigrie. Sa fière et mince petite personne avait quelque chose d'un animal sauvage, vif et gracieux.
Dans un élan, elle courut rejoindre le jeune homme et s'arrêta tout près de lui, comme intimidée, en jetant un coup d'œil apeuré vers les Mangemorts.
Lucius sourit , moqueur. Non, miss, vous ne pourrez pas profiter de votre petit ami en toute intimité, vous devrez tolérer la présence de surveillants qui ne se boucheront ni les oreilles, ni la vue. La Cité Secrète du Seigneur des Ténèbres n'est pas un hospice de bienfaisance, et si vous êtes autorisée à voir ce garçon, ce n'est que grâce à l'extrême mansuétude du Maître. Il aurait pu tout aussi bien vous tuer, vous défigurer, vous torturer sous les yeux de ce garçon dont vous semblez croire qu'il vous appartient de droit…
-Ginny ! Dit Harry tout bas, la voix étranglée par l'émotion.
-Oh Harry ! Que… Tu étais donc bien ici ?
Il saisit les deux mains de la jeune fille, plongeant son regard dans les grands yeux bruns remplis de larmes.
-Bien-sûr ! Je n'ai pas hésité, tu t'en doutes bien ! C'est par ma faute que tu vis cet enfer !
-J'avais si peur qu'ils te tuent… Tu es vivant ! Et tu parais même plutôt en forme ! Ajouta-t'elle en esquissant l'ébauche d'un sourire.
Harry grimaça et passant son bras entre les barreaux, rangea une mèche de cheveux de la jeune fille derrière son oreille.
-Je suis passé par des moments… difficiles… Mais çà va mieux. Beaucoup mieux. Et toi ? C'est vrai que tu es bien traitée ?
Ginny ne répondit pas à la question. Elle ne souriait plus et ses lèvres tremblaient.
-Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Cette robe…Murmura-t'elle avec effroi.
-Ne t'inquiète pas pour moi, je te dis que je vais bien. Dis moi plutôt comment tu vas, toi.
Elle hésita, jetant à nouveau un regard angoissé vers les Mangemorts présents.
-Je ne suis pas maltraitée. J'ai de quoi manger, je… je m'ennuie beaucoup, je me sens triste. Je pense à toi, à toute la famille. Et…J'ai vu…Il est venu me voir…
-Qui, Ginny ? Qui est venu ?
-Vo… Voldemort. Chuchota-t'elle plus bas encore. Il dit des choses étranges. Elle cherchait ses mots. Il dit qu'il est de ton côté. Il est fou, non ?
-Oh, ce n'est que çà ? C'est de l'intox, Ginny. Ne te fais pas de souci pour si peu. Il ne t'a pas fait de mal ?
-Non, pas lui. Personne…Sauf…Il y a juste…
-Juste quoi, qui, Ginny ? Dis moi ? Pressa Harry en serrant plus fort les mains de la jeune fille.
-Rien, Harry. Je te dirai plus tard. Dis, ce n'est pas vrai ? Tu n'as pas pris la Marque ? Murmura-t'elle dans un souffle.
-Ecoute, je n'ai pas eu le choix. Ne regarde pas ! Ajouta-t'il vivement alors qu'elle essayait de remonter sa manche.
-Oh Harry… Pourquoi, pourquoi ?
Il ferma les yeux un instant, et ne répondit pas à sa question. Levant à nouveau une main, il caressa sa joue, suivant la ligne de sa pommette. Puis il l'attira suffisamment près pour poser ses lèvres sur sa bouche tremblante, entre deux barreaux.
-Tu ne devrais pas… On ne devrait pas s'embrasser…Dit-elle doucement sans se retirer.
-Et pourquoi ? Nous n'avons plus rien à perdre. J'étais tellement inquiet…Il sentait une délicieuse chaleur l'envahir au contact de sa bouche qui s'entrouvrait pour parler. De sa langue, il taquina la lèvre supérieure de la jeune fille. Tout à coup, plus rien d'autre n'avait d'importance.
-Pourquoi as-tu pris la Marque ? Que vont-ils t'obliger à faire maintenant ?
-Je t'ai dit de ne pas t'inquiéter. Je pense que je maîtrise à peu près la situation. Dit-il très bas, mais avec fermeté. Qu'est ce que tu voulais me dire ? Juste quoi, qui ne va pas ? articula-t'il tout contre elle en posant de petits baisers sur les parties accessibles de son visage.
-C'est… C'est Drago… Malefoy. Il….
-Drago ? Il fait quoi, Ginny ? Insista Harry soudain alarmé, en s'éloignant légèrement et en la dévisageant .
-Il me harcèle…Tu sais, il …
A cet instant, Harry vit avec horreur le visage de la jeune fille se déformer en une grimace de douleur. Elle poussa un cri et s'effondra sur le sol sans que le garçon ait pu la retenir. Epouvanté, il la regarda se tordre en gémissant à ses pieds, mais elle était inaccessible. Soudain, il comprit. Furieux, il cria à l'adresse du Mangemort masqué qui se trouvait derrière Ginny et qui tenait sa baguette levée :
-Arrêtez immédiatement. Qu'est-ce qui vous prend ?
Un rire aigu de démente s'échappa de derrière le masque, et Harry reconnut aussitôt celle à qui ils avaient à faire. Lucius et Snape s'étaient avancés, baguette dressée.
-Vous n'avez pas le droit ! Vous m'aviez promis… ! S'écria rageusement Harry en se tournant vers Lucius qui paraissait plutôt désemparé.
-Arrête, Bellatrix. Laisse cette fille tranquille. Ordonna sèchement Malefoy à la Mangemorte en la menaçant de sa baguette, tandis que Ginny toujours à terre sanglotait maintenant sous le coup du doloris
-J'arrêterai quand j'en aurai envie ! Et ce n'est pas toi qui vas me dire ce que je dois faire ! Ces gamins sont très touchants, mais ils doivent se souvenir de qui commande ici ! Ils n'ont qu'à demander la protection du Seigneur des Ténèbres, s'ils ne sont pas contents ! Et elle éclata d'un rire hystérique.
-Expelliarmus ! Lança Lucius. Mais la Mangemorte avait prévu le sort de Malefoy rendu maladroit par les barreaux, et elle l'évita sans difficulté. Quant à Pettigrew, il restait les bras ballants, ne sachant pour qui prendre parti.
Hors de lui, Harry se jeta sur Snape pour lui arracher sa baguette. L'ex- professeur n'avait pas vu le choc venir et il y eut une courte lutte entre eux, durant laquelle Lucius essayait toujours sans succès de désarmer Bellatrix.
Avec un juron, Snape finit par repousser brutalement Harry qui fut projeté au sol. Aussitôt, l'homme l'immobilisa d'un stupéfix .
Voyant cela, Bellatrix interrompit le doloris et Ginny se détendit enfin, trop choquée pour comprendre tout de suite de quoi il retournait.
-Je rendrai compte de ton comportement, Bella, sois en sûre ! Menaça Lucius d'une voix sifflante en agitant sa baguette pour désensorceler Harry.
-C'est çà, va donc cafter et prendre le parti de ton petit protégé. Je te mets en garde, Lucius. Tu n'es plus toi-même ces derniers temps. Tu es prêt à trahir ton camp pour ce garçon.
-Cesse de dire n'importe quoi. Je ne fais qu'exécuter la volonté du Lord, et tu le sais très bien ! Répliqua Lucius d'une voix hachée par la colère.
Ginny avait réussi à se relever en se tenant aux barreaux, tandis que Harry, à nouveau sur pieds, se rapprochait d'elle. Mais Snape lança sur le garçon un maléfice d'entrave qui le fit trébucher.
-Cà suffit, Potter, vous en avez assez fait. De toute façon, votre temps de parole est écoulé. Vous allez retourner à votre cellule.
-Brute ! Cria Ginny, furieuse. Mais déjà, ses deux gardiens l'avaient saisie par les bras et la tiraient en arrière, vers la sortie. Pour la faire taire, Bellatrix lui jeta un sort de mutisme .
Ecoeuré, Harry se relevait lentement, foudroyant Snape du regard.
-Vous m'aviez dit que nous aurions dix minutes. Non seulement…
-Je n'avais rien dit du tout, Potter ! Répliqua Snape aigrement. Je n'ai nullement l'intention de me laisser séduire comme d'autres par vos serments fallacieux.
Indigné, Harry fit mine à nouveau de se jeter sur Snape. Lucius le retint par le bras.
-Laisse, Harry. Tu auras prochainement une autre occasion de la voir, je te le promets. Dit-il sur un ton ferme, lançant à Snape un regard chargé de colère.
-Vous m'aviez garanti que nous aurions le temps…
-N'as-tu pas pu t'assurer qu'elle est en bonne santé, et correctement traitée ?
-Non. Elle avait quelque chose d'important à me dire quand cette folle hystérique lui a envoyé un doloris.
-Venez, Potter. Nous n'avons plus rien à faire ici. Coupa Snape en le poussant sans ménagement vers la sortie.
Dans le couloir, sans un mot de plus, Snape s'éloigna en faisant tournoyer ses robes, et Harry se retrouva seul aux côtés de Lucius. Ils firent quelques pas en silence.
-Où se trouve votre fils ? Interrogea soudain le jeune homme avec brusquerie. J'aimerais le rencontrer.
Sa voix tremblait de nervosité et de colère.
-Et pour quelle raison ?
Harry s'arrêta net. Ses yeux verts flamboyaient.
-Pourquoi dois-je vous donner une raison ? N'ai-je pas le droit maintenant de parler avec qui je veux ?
Lucius eut une hésitation.
-Je suis simplement étonné, Harry. Il me semble que Drago et toi n'avez jamais été en bons termes et…
-Et bien j'ai besoin de lui parler et je pense avoir largement mérité votre confiance.
-Il n'est pas question de confiance, Harry. Ou plutôt, si. Je n'ai aucune confiance en mon fils…
-Vos problèmes familiaux ne m'intéressent pas. Dîtes moi simplement où je peux le trouver.
Lucius soupira.
-Drago loge avec Théodore Nott et quelques autres jeunes dans le quartier B., deuxième niveau. Mais je te déconseille de t'y rendre.
-Et pourquoi donc ?
-Tu es désarmé et ils ne se sont pas encore habitués à te considérer comme l'un des nôtres.
Harry haussa les épaules sans répondre. Au moment où Lucius s'apprêtait à le quitter, devant la porte de sa cellule, il lui dit :
-Pourriez vous m'envoyer Ken dès qu'il sera disponible ? J'aurais besoin de ses services.
Lucius leva un sourcil, mais se retint de poser une question. Il hésita un instant, puis inclina la tête en signe d'assentiment.
-Alors, tu en as bien profité, de ton joli tourtereau ?
Ginny ne pouvait pas répondre, mais elle sentit ses poils se hérisser. Cette femme était vraiment trop odieuse !
-Tu devrais avoir honte ! Vous lécher la pomme comme çà, devant tout le monde ! On ne vous a pas appris la pudeur ? Encore Potter, çà peut se comprendre : il a été élevé par des moldus. Mais toi ! Une sorcière de sang pur !
Et à ton âge !
Elle partit à nouveau d'un rire strident.
- C'est bien ce que je pensais. Tu es une vraie petite traînée. On va te mettre à disposition de tous les mâles de la cité. N'est-ce pas, mon cher Queudver ?
Pettigrew marmonna quelque chose derrière son masque.
-Tu vois, il est d'accord. Il se déclare même candidat pour la première passe. Qu'en dis-tu, ma poupée ?
Ils étaient arrivés devant la cellule de Ginny. La femme entra avec elle et fit quelques pas en sifflant ironiquement.
-Eh ben dis donc, c'est un vrai palace, ce cachot. Et le lit est assez grand. Je te fournirai les accessoires pour que tes clients ne repartent pas frustrés…
Elle se mit à tourner autour de Ginny, la regardant des pieds à la tête, une expression sardonique traînant sur son visage trop maquillé.
-Je me demande ce que tu peux lui trouver, à bébé Potter…Une belle fille comme toi ! Tu me diras, maintenant qu'il porte la Marque, il a gagné des galons. Et tout çà pour toi, pour sauver ta misérable petite personne !
Elle eut un nouvel éclat de rire, et une lueur de folie passa dans ses yeux noirs.
-Tu sais ce qu'il fait, Potter, pour te sauver la mise, hein ? Tu le sais ?
Ginny, toujours sous le coup du sort de mutisme, ne pouvait pas répondre, mais ses grands yeux épouvantés disaient assez son sentiment d'horreur. Bella se planta devant elle.
-Il est devenu le giton de Lucius ! Tu ne sais pas ce que çà veut dire ? Tu veux que je te fasse un dessin ? Mais oui, d'autres que toi le trouvent à leur goût, ma pauvre chérie…Tu ne t'es pas demandé comment çà se fait que vous soyez encore vivants, toi et lui ? Ah, tout ce qu'il a dû faire pour te préserver…Et ce n'est qu'un début !Tu n'en ferais pas moins à sa place, n'est-ce pas ?
Emettant toujours ses horribles ricanements, Bellatrix sortit enfin, laissant derrière elle une Ginny prostrée, profondément bouleversée.
-Lucius, nous devons parler à présent de la prochaine expédition, qui sera la première pour nos tous nouveaux Mangemorts. C'est pour cela surtout que je t'ai fait venir. Avant de lancer l'opération, je voudrais avoir ton avis sur un certain nombre de points.
Le Maître était assis dans un magnifique fauteuil couvert de velours vert, une coupe de champagne à la main. Ce n'était que la troisième fois que Malefoy était invité à le rejoindre dans ses luxueux appartements. Rares étaient ceux qui pouvaient se vanter d'avoir déjà été admis dans ce salon richement meublé et décoré.
Un frisson parcourut le dos de Lucius tandis qu'il inclinait respectueusement la tête pour marquer sa reconnaissance d'être l'objet de telles marques de confiance. Pourvu que le Maître ne tente pas de lire dans son esprit ! Lucius était encore furieux contre Bellatrix et Severus, et le Maître l'avait fait appeler avant qu'il ait eu le temps de se ressaisir.
De plus, il sentait une sorte de sourde contrariété alourdir son cœur pourtant depuis longtemps endurci. Il avait vu le beau visage de Harry transfiguré par … mais comment fallait-il appeler cela au juste ? L'amour ? Allons, inutile de chercher à mettre un nom sur cette…faiblesse d'adolescents. Bref, il avait vu son jeune visage encore embelli, en quelque sorte illuminé, tandis qu'il serrait les mains de la fille. Le plaisir fou que le jeune homme avait éprouvé à baiser les lèvres de cette gamine, à caresser son visage et son corps, était si évident ! Jamais lui, Lucius, ne réussirait à éveiller une telle flamme chez le fougueux jeune sorcier, à moins de recourir à des artifices.
Et il s'en voulait de cette ridicule déception. Qu'avait-il espéré ? Que Harry cracherait au visage de la jeune fille ? Ce garçon n'était pas attiré par les hommes. Certes, il n'avait pas eu de père et pouvait rechercher une figure paternelle, la protection d'un homme plus âgé. Mais il n'y aurait probablement jamais d'attirance physique dans ce sentiment.
A moins que…qu'il sache, lui Lucius, l'initier à cela, comme il l'avait déjà fait avec d'autres tout aussi récalcitrants. Il avait l'expérience, l'art et la manière. Cette petite potion de contrebande dont Snape, à l'époque, avait su lui refaire un flacon, elle fonctionnait à merveille sans laisser de trace. Et puis après tout, il pouvait user de violence. Qu'est-ce qui l'en empêchait ? D'où lui venaient ces scrupules indignes de son rang ?
Lorsqu'il était entré dans l'appartement du Maître, ce dernier lui avait d'abord demandé un compte rendu de la rencontre entre Potter et la petite Weasley.
Lucius n'avait pas dit grand chose. Il jugeait inutile d'accuser Bellatrix. Son dérapage n'avait rien d'étonnant, et le Maître devait s'y attendre en confiant la petite Weasley à cette folle. Lucius n'était même pas sûr que l'ordre de torturer la jeune fille devant Harry n'était pas venu du Maître lui-même…Bien que cela parût contraire à ses intentions apparentes.
Lorsque Lucius l'avait quitté, Harry était tellement révolté que son Tuteur n'avait bien sûr pas pu faire sa proposition d'emménagement au garçon. Cette idiote de Lestrange avait tout gâché. Le pire était que la confiance du jeune homme, laborieusement gagnée, avait été nettement ébranlée par cet épisode fâcheux.
Lucius avait aussitôt envoyé son esclave retrouver Harry, bien qu'il fût quelque peu inquiet au sujet des intentions de son protégé. Il ne voulait surtout pas le contrarier encore une fois.
-Où en es-tu avec Potter ?
Mal à l'aise, Lucius hésita un instant avant de répondre. Il n'osait pas demander à Voldemort de préciser sa question, et se sentait nu devant le regard du Maître.
Devait-il cacher l'attirance qu'il ressentait pour le garçon, au risque que le Maître soit déjà au courant et l'accuse de dissimulation, voire de trahison ? Il s'éclaircit la voix avant de choisir la prudence.
-Je pense que nous avons fait de grands progrès. Il semble avoir maintenant confiance en moi.
-Il t'a fait honneur ce matin. Son comportement a été admirable. Tu as fait du bon travail, Lucius. Je ne regrette pas de te l'avoir confié.
Soulagé, Malefoy fit un humble signe de tête. En général, le Maître était plutôt avare en compliments. Et apparemment, il ne cherchait pas pour le moment à sonder les états d'âme de son fidèle Mangemort.
-Tu sais que nous devons mettre Harry Potter en situation de faire ses preuves. La prochaine expédition sera l'occasion idéale de tester son nouvel attachement à notre cause.
-Si je puis me permettre, Maître, n'est-ce pas un peu tôt pour le tester? Nous ne pouvons ignorer qu'il n'a pris la Marque que pour sauver sa petite amie…
-Evidemment, évidemment. J'ai fouillé son esprit, il est révolté contre la situation et ne compte pas travailler avec nous pour l'instant. Mais tout est assez confus dans sa tête et je pense qu'il va y venir plus vite que tu ne le penses.
-Précisément, n'est-il pas plus sage d'attendre que…
- Je suis quelqu'un d'impatient, mon cher Lucius, tu me connais. Plus tôt nous pourrons présenter ce jeune homme comme l'un des nôtres au monde magique, mieux nous ferons avancer notre Cause. Je compte d'abord faire pression sur le Ministre de différentes manières… L'idée d'un ultimatum d'ici quelques semaines me paraît intéressante.
-En vue de la reddition de Scrimgeour ?
-Tout à fait. Deux jeunes sorciers extrêmement précieux sont entre nos mains. C'est le moment d'en profiter.
-Mais dans ce cas, pourquoi exiger de Potter qu'il porte la Marque et agisse comme l'un des nôtres ? Votre idée est plutôt, si j'ai bien compris, de menacer la communauté sorcière de le…tuer au cas où le Ministre ne cèderait pas le pouvoir !
-Lucius, je voudrais vraiment ne pas avoir à recourir à ce procédé qui me discrédite pour l'avenir. J'ai beaucoup réfléchi, j'en ai longuement parlé avec Radunescu en Roumanie. D'ailleurs, j'ai le projet de la faire venir ici, dans notre Cité, pour la mettre en présence de Potter. C'est une voyante extraordinaire, tu sais ! Je suis curieux de connaître son avis sur le garçon.
Lucius ne put retenir un léger froncement de sourcils. Depuis la collation du matin, il avait mal à la tête et n'avait pas eu le temps de se soigner. Il commençait à perdre le fil. Que venait faire la roumaine dans cette affaire ?
-Maître, je ne vous suis pas bien. De quelle manière pensez vous faire intervenir Potter dans votre ultimatum au Ministère ?
-Il faut que tu comprennes que le peuple sorcier croit dans le pouvoir de Potter. Ils sont tous persuadés qu'il est plus fort que moi, et qu'il est capable de me battre en toute circonstance. Bien que cela soit dur à admettre, je ne me fais pas d'illusion à ce sujet. En parlant avec Radunescu, j'ai beaucoup avancé là- dessus. Elle au moins, elle ose me dire des vérités qui font mal.
Voldemort grimaça et but une gorgée de champagne avant de poursuivre. « C'est pour cela que j'ai tant besoin de ce garçon. Si tous ces naïfs constatent qu'il nous a rejoints de son plein gré, leur système de pensée s'effondrera.. Ils seront terrorisés à l'idée que Potter n'est plus là pour faire écran entre nous et leurs fragiles petites personnes. Ils suivront donc volontiers son exemple, et se jetteront à mes pieds. »
-Même l'Ordre du Phénix ?
-Allons, sans Dumbledore, l'Ordre n'est plus rien !
-Et la fille ?
-Elle peut servir à convaincre les plus récalcitrants. Elle sera aussi de notre côté, un vrai conte de fée avec prince et princesse. Et si elle résiste, elle retrouvera sa fonction d'otage. Qui voudrait la mort d'une aussi charmante créature ? Champagne, whisky ?
Lucius n'eut pas le courage de refuser et accepta le verre que Voldemort lui faisait servir. Il en était lui-même à sa troisième coupe.
-La prochaine expédition doit être exemplaire. Potter sera avec nous, mais il ne faut pas encore le faire savoir au monde sorcier. C'est trop tôt, comme tu dis, il n'est pas prêt, et la communauté magique n'a pas encore assez mariné dans son jus.
-Que comptez vous faire alors dans l'immédiat ?
- Je veux convertir Potter à notre combat. Il nous faut trouver pour cette fois ci une cause juste.
Lucius leva un sourcil.
-Juste ?
-Ce n'est pas un mot qui fait ordinairement partie de mon vocabulaire, n'est ce pas ? S'esclaffa Voldemort. J'entends, une cause « juste » aux yeux de Potter. Il faut trouver une cible qu'il ait lui aussi envie de détruire.
-Mission impossible…A moins de lui ordonner de massacrer Severus et Bella…
-Comme tu y vas, mon cher Lucius, comme tu y vas ! Non, non... Je pense avoir eu, comme d'habitude, une idée brillante. Et tu vas me dire tout de suite ce que tu en penses…
Voili voilou…Un peu compliqué, tout çà, peut-être…J'espère que ce n'est pas trop laborieux, mais il était nécessaire d'en passer par là pour la cohérence de l'histoire.
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