Merci à steph, nepheria, cuca, lefandeharry, liv et Bp Horadus pour vos reviews. Quelques petits mots de réponse à ceux que je ne peux pas joindre en direct. Désolée, lefandeharry, mais je dois vraiment être handicapée du clavier. Je suis incapable d'aller sur ton blog et ta fic avec les indications que tu m'as laissées. Faut-il passer par un site pour y accéder ? Il faut que tu me mettes tous les w, les point- machin et autres, parce que sinon, je n'y arrive pas. Et c'est pourtant pas l'envie qui me manque !!( A l'aide, n'hésitez pas à me donner vos conseils, merci !)

Quand je t'ai lue, liv, j'ai bien rigolé. Tu as une bonne plume, toi aussi ! Tu ne veux pas te mettre à l'écriture ? En tous cas, tu as du flair !!!(Non, non, c'est pas que je suis prévisible. C'est toi qui as un don de voyance !!) Bien contente de t'avoir fait rire avec l'épisode Bulstrode. Je l'adore, cette armoire à glace, avec son franc-parler. Du moins c'est comme çà que je l'imagine.

Alors comme çà, vous n'avez pas fait plein d'affreux cauchemars (dommage) ? En gros, çà vous plaît quand çà devient gore (comme le dit si bien BPHoradus …) ? Cà ne vous gênerait pas plus que çà si je faisais de Harry un Mangemort-loup-garou défiguré et boiteux ! Bon, vous me décevez, là.. Un peu de respect pour nos héros, voyons !

Allez, je vous laisse lire la suite, qui n'est peut-être pas à la hauteur de vos attentes en matière de cannibalisme ou d'étalage de boucherie...

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CHAPITRE 11

AU FOND DU GOUFFRE

-Où est Harry Potter ?

Son beau visage dur crispé par la colère, Lucius tenait Drago dans l'étau de son regard. Le père et le fils se dressaient face à face dans la chambre du garçon. Ken n'avait pas pénétré dans le quartier B. Il ne fallait pas que son rôle d'indicateur soit révélé aux jeunes gens.

-Je n'en sais absolument rien. Lança Drago, visiblement aux abois.

-Cesse de mentir. S'il est entré ici, il doit y être encore, puisque personne ne l'a vu en sortir.

-Vous pouvez chercher. Si vous le trouvez, tant mieux pour vous.

Lucius fit un pas vers son fils, la voix radoucie, mais légèrement tremblante.

-Drago, ce que tu fais est très dangereux. Tu le sais. Pourquoi mets tu ta vie en péril ?

-Si vous m'accusez devant le Seigneur des Ténèbres, j'aurai moi aussi bien des révélations à faire sur vous.

Lucius tressaillit. A quoi le gamin faisait-il allusion ?

-Ne joue pas au plus fin avec moi. Je n'aurai nul besoin de t'accuser moi-même. Plusieurs personnes ont vu Potter entrer dans ce quartier, à commencer par le portier. Je cherche au contraire à te sauver, en réparant les dégâts avant qu'il soit trop tard.

-Je parlerai quand vous m'aurez dit pourquoi vous vous intéressez plus àPotter qu'à votre propre fils. Quand je pense que vous êtes son Tuteur à lui, alors que moi, vous m'avez laissé me débrouiller sans même vous préoccuper de savoir où j'en étais dans ma préparation…

Une moue d'enfant gâté tordait les traits fins de Drago. Lucius se retint de sourire. Il y a peu, il aurait craché le nom de Potter avec autant de dégoût que venait de le faire son fils.

-De la jalousie…! Mais enfin, Drago, tu sais bien que c'est le Maître lui-même qui m'a chargé de cette mission !

-Vous auriez pu au moins venir vous informer de mon état, de mes progrès…

Le gamin avait raison, et c'était d'autant plus agaçant.

-Drago, tu n'es plus un enfant.

-N'empêche que votre…empressement auprès de Potter est…bizarre, et injuste.

Enervé et mal à l'aise, Lucius fit quelques pas. Son fils était odieux, et lui, il avait un mal de crâne du tonnerre.

-Potter est important aux yeux du Maître, Drago, on n'y peut rien. Il m'a chargé de m'occuper de lui, je ne peux me dérober à cette tâche. Maintenant, arrête de tourner autour du pot et crache le morceau. Ne m'oblige pas à user de la force.

Une lueur de défi passa dans les yeux du fils. Puis soudain, elle vacilla et s'éteignit. Il passa une main crispée dans ses cheveux presque blancs à force d'être blonds.

-Il est là-haut, à l'hôtellerie. On l'a laissé dans un couloir. Marmonna-t'il.

-Quoi ? Mais comment avez vous fait pour passer ?

-La cape d'invisibilité de Nott…

-Bande d'idiots ! Et les loups-garous ! S'exclama Lucius en se précipitant sur la porte, derrière laquelle il trouva quatre serpentards agglutinés qui avaient espionné sans vergogne toute la scène et qui se dispersèrent comme une volée de moineaux surpris par un chasseur…


Les nouvelles fouilles n'avaient rien donné, et les quatre sorciers décidèrent de quitter les lieux après s'être recueillis une dernière fois sur la tombe des Potter.

Le visage grave, Hermione tressa une couronne de fleurs qu'elle déposa sur le tertre, au pied de la dalle de granit, et Remus l'enchanta pour qu'elle ne fane jamais. Lui-même avait ramassé une belle pierre plate sur laquelle il avait inscrit grâce à un sort :

Lunard pleure son frère Cornedrue et la douce Lily. Ils nous ont quittés trop tôt et vivent toujours dans notre souvenir. Qu'ils reposent en paix !

Tonks et Hermione firent une dernière fois le tour de la colonne. La jeune fille avait noté toutes les runes encore lisibles sur un carnet, mais elle regrettait de ne pas être assez douée en dessin pour faire une copie parfaite du lion gravé. Pour finir, elle trouva la solution en agrandissant magiquement une feuille de papier et en prenant l'empreinte du bas relief.

-Je reviendrai donc ici dès que possible avec un expert du Ministère pour l'examen approfondi de cette colonne, confirma Remus. Mais il faut que cela soit fait dans la plus parfaite discrétion.

-Le plus tôt sera le mieux…Il faudra faire valoir que tout cela est en relation avec Harry et Voldemort, et peut influer grandement sur les recherches qui sont lancées pour retrouver Harry et Ginny ! Appuya Tonks.

-J'essayerai d'être très convaincant. Je ne suis malheureusement pas bien vu au ministère, en tant que loup-garou. J'aurai besoin du soutien de certains… Arthur, Kingsley…Est-ce que çà sera suffisant ?

Après avoir démonté les tentes et rassemblé leurs affaires, ils entamèrent la remontée à travers la forêt broussailleuse. Remus se retourna plusieurs fois pour poser un dernier regard sur ce lieu à la fois doux et triste, chargé de mémoire.

La chaleur était déjà forte et la sueur se mit vite à dégouliner de leur front.

-Je rêve d'une bonne douche, ou d'un bain de mer…Soupira Ron en repoussant sa tignasse trop épaisse pour la saison.

-La douche, c'est incompatible avec le camping sauvage… Répliqua Hermione. Si ton rêve, c'est des vacances dans un quatre étoiles, il fallait le dire plus tôt… !

-C'est quoi, un Carétal ?

Remus avait rejoint Hermione qui se cramponnait des pieds et des mains pour gravir la pente raide et accidentée.

-Tu désires te rendre dès maintenant Square Grimmaurd, n'est-ce pas ? Dit-il, essoufflé.

-Oui, si c'est possible, bien que Ron demande à aller s'installer dans un Palace. Vous êtes d'accord pour que nous nous rendions à Londres tout de suite ? Nos parents ne nous laisseront pas partir une deuxième fois, alors autant tout faire dans la foulée…Vous pensez que le mot de passe n'est plus fonctionnel ?

-A vrai dire, je n'en sais rien. Comme nous le disions tout à l'heure, le propriétaire est maintenant Harry, et c'était toujours le QG de l'Ordre jusqu'à la mort de Dumbledore. Mais comme Snape connaissait ce lieu et le mot de passe, il ne paraît pas prudent de…

-Snape sait qu'il risquerait gros en remettant les pieds à cet endroit, tu ne crois pas ? fit remarquer Tonks qui grimpait un peu en avant.

-Oui, sans doute. Peut-être que le seul risque est simplement que la maison reste inaccessible.

-Je suis désolée de vous déranger encore avec ce qui a l'air d'être un caprice, mais…

-Je ne vois pas d'inconvénient à ce que nous nous rendions là-bas, Hermione, et Tonks non plus. Dès que nous arriverons en haut de cette côte, nous transplanerons à Londres, le plus près possible de la maison des Black.

-Pourquoi ne pas le faire tout de suite d'ici ? protesta Ron. Cà nous éviterait de nous épuiser dans cette côte interminable…

-Allez, tu es jeune et en bonne santé, non ? Le taquina Hermione. Sortons d'abord de ces fourrés. Tu raterais ton transplanage. Je tiens à te garder entier !

Elle l'attrapa par le cou et déposa un baiser sur ses lèvres. Tout content, Ron reprit l'ascension avec une énergie décuplée. Il se sentait soudain la force de grimper trois fois au sommet de l'Everest.

Ils parvinrent enfin sur un replat, non loin de la route qui menait au village de L.

Pour être sûrs de bien atterrir tous au même endroit, Ron prit le bras de Remus et Hermione celui de Tonks. Ils parvinrent sans encombre à l'aire réservée au transplanage la plus proche du square Grimmaurd. Il y avait ensuite dix minutes de marche dans ces quartiers misérables pour parvenir à destination.

L'après midi était bien avancée quand ils se trouvèrent face aux n° 11 et 13. A leur grand soulagement, le n° 12 apparut comme autrefois à la simple évocation mentale de son existence. Remus posa sa baguette contre la porte et murmura le mot de passe. Lui non plus n'avait pas été modifié. Le bruit bien connu de chaînes et de serrures se fit entendre et la porte s'ouvrit.

Les quatre sorciers se dépêchèrent d'entrer, et se trouvèrent dans un noir complet quand la porte se fut refermée. Puis les lampes à gaz s'allumèrent en hésitant, et le hall fut éclairé d'une lueur blafarde.

-J'espère que la vieille Mme Black ne va pas se mettre à nous hurler dessus…Murmura Ron en avançant derrière Lupin.

-On dirait qu'elle a perdu sa voix. Je ne vais pas vérifier si son portrait est toujours là, derrière son rideau. Si elle est aphone, qu'elle le reste.

-Elle est peut-être partie dégoûtée en apprenant que Harry était le nouveau propriétaire…, suggéra Hermione en avançant dans le couloir. Oh, il y a besoin d'un bon ménage, ici. Comme quoi Kreattur n'était pas si sale et paresseux que çà. Il n'y avait pas autant de toiles d'araignées l'année dernière !

-Arrête, Kreattur n'en fichait pas une ! C'était maman qui avait tout nettoyé ! Et nous aussi, d'ailleurs. Rappelle-toi la chasse aux doxys !

-Quelle horreur ! J'en ai fait quelques cauchemars depuis.

Remus avançait prudemment, baguette en avant. Il voulait s'assurer avec Tonks qu'il n'y avait dans la maison aucune personne indésirable, ni aucun piège laissé par des Mangemorts.

-Attendez ici quelques instants, les jeunes, le temps qu'on fasse le tour rapidement.

Hermione et Ron ne discutèrent pas. Ils avaient promis à Remus qu'ils le laisseraient prendre toutes les mesures nécessaires pour leur sécurité. Le loup-garou tenait à se montrer digne de la confiance qu'on mettait en lui.

Dans la semi-obscurité du couloir, Ron enlaça Hermione, et la jeune fille reposa la tête sur l'épaule de son ami. Ils restèrent un long moment ainsi sans parler, écoutant les bruits de la maison.

-Finalement, tu l'auras, ta douche…Fit-elle dans un souffle.

-Ouais, si l'eau n'a pas été coupée au départ de Kreattur…

-J'aime être avec toi…Murmura-t-elle.

Il lui caressait les cheveux, en cherchant ses lèvres.

-Et moi, J'ADORE être avec toi, même si je me sens toujours si bête et maladroit en ta présence. Dit-il avec une sorte de timidité enfantine.

Dans un rire léger, il l'embrassa tendrement.

-Qu'est-ce que tu racontes ? Reprit-elle avec douceur quand leurs lèvres se furent séparées.

-Rien. Je…quand je me sens heureux cinq minutes, je m'en veux ! Chuchota-t-il très bas.

-Tu veux dire, à cause de Ginny…et Harry ? Oui, moi c'est pareil. Pourtant, ils n'ont pas besoin de nos pleurs mais plutôt que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider…

-Tu as raison, comme toujours. Tiens, on dirait que la voie est libre ?

Remus et Tonks revenaient les chercher.

-Bon, tout va bien, il semble qu'il n'y ait pas de danger. Je vais essayer de préparer quelque chose à manger pendant que vous vous installez ! proposa Remus. Descendez vos victuailles dans la cuisine !

Hermione était impatiente d'aller faire ses recherches et dès qu'elle eut déposé son sac dans un coin après l'avoir vidé de ses réserves alimentaires, elle se mit en quête de la bibliothèque. Impérieuse, elle avait donné des consignes à Ron, qui n'avait pas osé la contredire :

-Tu fouilles la maison pour retrouver la grande armoire, tu sais, celle dans laquelle il y avait tout un bric à brac, les objets que Sirius n'avait pas mis à la poubelle…Je ne sais plus dans quelle pièce elle se trouve. Moi, je m'occupe de chercher une généalogie complète de la famille Black, sur laquelle figurent bien tous les prénoms des membres !


Allongée sur son lit, Ginny ne broncha pas lorsque l'elfe Daisy lui apporta son plateau repas. La petite créature la regarda avec inquiétude, mais n'osa pas lui adresser la parole et disparut furtivement après avoir déposé le dîner sur la table.

Le visage de la jeune fille était baigné de larmes, entouré de la masse chatoyante de ses cheveux dénoués, étalés sur l'oreiller.

Comment faire pour mourir ? Plusieurs possibilités s'offraient à elle. Elle pouvait cesser tout simplement de s'alimenter. Mais on essayerait peut-être de la nourrir de force, histoire de conserver le « précieux moyen de pression ».

Elle pouvait aussi s'ouvrir les veines avec un éclat de pierre qu'elle détacherait du mur, ou s'étrangler avec un de ses draps qu'elle aurait déchiré pour en faire une bande et qu'elle attacherait à… Oh, çà ne serait pas facile, mais elle y arriverait. Il suffisait d'être déterminée. Et la motivation était bien là : elle devait disparaître. Par sa faute, Harry était tombé encore bien plus bas qu'elle ne l'avait imaginé.

Mais en serait-il libéré pour autant ? Les Mangemorts lui cacheraient sa mort et continueraient leur horrible chantage.

Quant à elle, ils pouvaient lui faire subir toutes les tortures. Tout lui était désormais indifférent.

Quelque chose s'était brisé en elle.

Elle revit le visage de Harry qui fermait les yeux en l'embrassant, et un élan d'amour la fit frémir. Comment n'avait-elle pas su lire en lui sa détresse ? Etait-il devenu si habile dans la dissimulation, ou était-elle trop obsédée par son propre désarroi pour détecter celui de Harry ?

Maintenant qu'elle y repensait, elle avait vu l'angoisse dans son beau regard, et elle devait reconnaître qu'il avait esquivé toutes ses questions. Elle aurait dû insister, refuser de lui répondre tant qu'il ne lui aurait pas décrit plus précisément ce qu'il subissait.

Il ne lui avait pas laissé voir la Marque. Mais aurait-elle supporté la vue de cet horrible signe d'infamie sur son bras ?

Et comment aurait-il pu évoquer en présence des Mangemorts l'enfer que Lucius Malefoy lui faisait vivre ?

Elle eut une vision fugitive de Harry, son visage mince et si expressif contracté sous le coup de la douleur et de l'humiliation, soumis aux jeux pervers du Mangemort, sans la moindre possibilité d'échappatoire. Dans un mouvement brusque, elle se recroquevilla en chien de fusil et tenta de chasser de son esprit cette image dégradante.

Et si Bellatrix avait menti ? Cette femme n'était-elle pas complètement folle, et d'une cruauté extrême ?

Ginny se raccrochait à cet espoir, mais sans y croire vraiment. Harry avait forcément dû payer de sa personne pour qu'on les maintienne en vie, elle et lui.

Voldemort avait eu beau lui parler de ses projets d'avenir aux côtés de Harry, elle se doutait bien que ce n'était que soumis aux pires pressions qu'il avait accepté de recevoir la Marque des Ténèbres…et qu'il avait certainement dû accepter bien d'autres choses encore plus humiliantes.

Le présent lui était devenu insupportable. Si elle avait été sûre que sa mort délivrerait réellement Harry de l'esclavage dans lequel il se trouvait, elle n'aurait pas hésité une seconde à se fracasser la tête contre un mur.


Lucius et Ken se hâtaient. Le Mangemort pestait contre les couloirs interminables, les barrages innombrables, les confrères qui le retardaient en lui adressant la parole, son mal de crâne persistant...

Il avait peur. Il avait peur non pour lui-même, mais pour Harry Potter. Et ce sentiment presque totalement nouveau le déroutait. Il avait déjà eu peur pour son fils, dans un passé lointain. Pour sa femme, il n'avait jamais éprouvé ce genre de crainte. Au contraire, il avait souhaité plus d'une fois qu'elle disparaisse définitivement de son univers.

Alors, qu'est-ce que cela signifiait ? Il refusait d'admettre ce que sa raison lui soufflait sournoisement à l'oreille. L'amour n'existait pas, c'était une pure invention de moldus incapables, d'adolescents boutonneux et de Poufsouffles sentimentaux. Il fallait lutter contre toute forme d'attendrissement, contre tout ce qui pouvait affaiblir, rendre vulnérable.

Il était attiré physiquement par Potter, çà, c'était une évidence et il ne le niait plus depuis longtemps. Qui ne le serait pas ? Dès qu'il l'aurait mis dans son lit, cette ridicule obsession disparaîtrait, ou du moins, s'atténuerait. De sentiments réels, il n'était pas question. Un Mangemort expérimenté, de sang pur et aristocratique, dans la force de l'âge, ne tombe pas amoureux d'un morveux de l'âge de son fils, un sang mêlé de surcroît, tout gracieux et doué soit-il.

Mais à présent, il avait peur de l'état dans lequel il allait retrouver ce gamin. Et surtout, il avait peur de ne pas le retrouver vivant.

Ne serait-ce pas plus simple qu'il fût mort, après tout ? Le Maître abandonnerait ses projets fantasques et reviendrait aux bonnes vieilles pratiques d'autrefois. Le corps des Mangemorts retrouverait son unité. Et lui, Lucius, serait délivré de cette stupide faiblesse qui le fragilisait.

Son cœur se serra et il accéléra le pas. Inutile de s'interroger. Sa migraine ne faisait que s'accentuer.

Ils passèrent la dernière porte, celle qui fermait le quartier de l'hôtellerie. Ken n'était jamais entré dans cette zone, et Lucius ne la connaissait guère. Ils se trouvèrent à un embranchement, et hésitèrent. Lucius se décida finalement au hasard pour le couloir de droite.

Les torches murales, trop espacées, n'éclairaient l'espace que faiblement, et ils faillirent passer à côté de la créature sans la voir. Mais ils l'entendirent. Un bruit étrange de succion, le bruit qu'on fait quand on lèche une glace qui fond trop vite et dont on ne veut surtout pas perdre une goutte. Lucius se figea. Epouvanté, Ken recula de deux pas et se plaqua au mur.

Fenrir Greyback, à genoux sur le sol, était penché au dessus de quelque chose…On ne voyait que son dos voûté et sa tignasse grise, crasseuse et en désordre, qui s'agitait dans un mouvement de va et vient. Il n'avait même pas remarqué la présence des deux hommes, trop absorbé par son festin.

La chose au sol était un corps, qui avait dû être vêtu d'une étoffe rouge maintenant en lambeaux. Greyback s'agrippait à ce corps de ses deux mains et son visage était couvert du sang de sa victime.

Lucius avait vu et fait beaucoup de choses horribles dans sa carrière de Mangemort, puis dans les sombres cachots d'Azkaban. Jamais pourtant il n'avait éprouvé un tel sentiment d'horreur et de révolte.

Le sort qu'il lança sur le loup garou fut si violent qu'il l'envoya rouler à dix mètres, et le projeta contre la paroi de pierre.

Tandis qu'il se précipitait sur Harry, il entendit la voix rauque du monstre grasseyer comme celle d'un ivrogne.

-Il n'est pas mort…Et je ne l'ai pas mordu. Il était déjà en sang. Je me suis contenté d'y goûter… C'était si bon…un corps si jeune…

-Taisez vous ! Hurla Malefoy, écoeuré, en cherchant le pouls de Harry après avoir ramassé les lunettes cassées.

-Mais… c'est toi, Lucius ? Qu'est-ce que tu fais là ? Eructa Greyback.

Malefoy ne répondit pas. Le cœur du garçon battait faiblement. Son visage était affreusement tuméfié, et le reste du corps ne valait guère mieux. Malefoy connaissait ce maudit sort qui avait lacéré la peau lisse et vidait le garçon de son sang. Il savait aussi qui en était l'inventeur. La main tremblante, il formula le contre-maléfice, stoppant aussitôt l'hémorragie. Pour la cicatrisation, on verrait plus tard.

Titubant, Greyback s'approchait. Lucius le foudroya du regard.

-Restez où vous êtes ! Vous ne toucherez plus à ce garçon !

-Oh Lucius, tu as l'air d'une mère poule qui protège ses petits. S'esclaffa le loup-garou en découvrant ses dents jaunes et pointues. Qui est ce précieux jeune homme, que je n'ai fait que nettoyer? Il était dans un état !

-Cà ne vous regarde pas. Laissez moi passer.

Greyback fit une parodie de révérence et s'effaça en grimaçant un sourire grotesque devant Lucius qui faisait précautionneusement léviter Harry après l'avoir stupéfixié, à défaut de pouvoir l'allonger sur un brancard.

-Quel dommage que tu ne me le laisses pas… Je me serais fait une joie d'y goûter plus franchement…Je n'ai eu droit qu'à la mise en bouche…

Lucius s'enfuyait, suivi de près par Ken. Les paroles obscènes de Greyback résonnaient encore à leurs oreilles quand ils parvinrent à la porte et la franchirent sous le regard médusé du factionnaire.

L'appartement de Malefoy n'était heureusement pas très éloigné. Ils étaient presque arrivés quand ils rencontrèrent Snape qui venait dans leur direction.

Rien ne changea dans l'expression du maître de potions lorsqu'il eut reconnu Harry et put évaluer l'état dans lequel il se trouvait.

-Vivant ? Se contenta-t-il de demander à mi-voix.

-Tout juste, et parce qu'il est diablement résistant. Je l'ai arraché à Greyback !

-C'est lui qui l'a…

-Non ! Se récria Lucius. Il avait eu droit plus tôt dans la soirée à un sectumsempra -tu connais ce sort, n'est-ce pas ? -et à quelques autres joyeusetés du même genre.

-Ton fils ?

-Oui, mais pas tout seul. Répondit Lucius froidement. Tu peux venir ? Je crois que je vais avoir besoin de toi.

Snape hésita, visiblement ennuyé.

-Je te fais apporter du Dictame . Et…Il y a apparemment des fractures, des ecchymoses…Envoie moi ton esclave, je lui donnerai tout ce qu'il te faut. Tu soigneras ce gamin beaucoup mieux que moi.

-A ta guise. Mais ne tarde pas, il y a urgence.

Et du menton, Lucius fit signe à Ken de suivre Snape. Puis il continua à faire avancer Harry jusqu'à la porte de son appartement.

-Sang et fidélité ! Murmura-t'il.

La porte s'ouvrit, puis se referma silencieusement derrière lui. Maintenant toujours Harry en lévitation, il le fit avancer jusqu'à la chambre d'amis dont la porte était ouverte. Là, il le déposa avec douceur sur le lit après avoir vivement dégagé couvre-lit et couverture de sa main libre. Puis, avec un profond soupir, il rangea sa baguette et essuya la sueur qui dégoulinait sur son front. La migraine était tenace.

Quelle ironie du sort ! Il avait secrètement imaginé que le jeune Potter viendrait s'installer dans cette chambre. Tout avait semblé vouloir contrarier la réalisation de ce projet. Et voici que grâce à la stupide brutalité de son propre fils, il concrétisait finalement ce à quoi il avait failli renoncer.

En attendant, le garçon était méconnaissable, et son visage, terriblement enlaidi par le nez gonflé, les ecchymoses et les balafres, n'avait plus rien de séduisant.

Heureusement que le Maître ne l'avait pas vu dans cet état. Il se serait déchaîné contre Drago, et sa colère aurait pu aller jusqu'au meurtre. Pourvu que la rumeur de ce qui s'était passé ne remonte pas trop vite aux oreilles du Lord.

Lucius repoussa avec douceur les mèches noires qui collaient aux restes de sang, sur le front et les joues de Harry. Il avait levé le sort de stupéfixion et le corps s'était détendu. Mais le garçon n'avait pas repris connaissance. Avant tout, il lui fallait une potion fortifiante, pour compenser la perte de sang. Lucius gagna la salle de bain et prit dans un placard une fiole contenant un liquide bleuté. Il revint auprès de Harry et leva sa baguette.

-Enervato !

Harry battit des paupières. Ses lèvres fendues et enflées se tordirent dans une grimace et il laissa échapper un gémissement . Ses yeux verts étaient intacts. Il les promena autour de lui, et dut apercevoir Lucius penché qui le regardait.

-Où…C'est…

-Ne dis rien, Harry ! murmura Lucius, la gorge serrée. Il passa un bras sous les épaules du garçon et le souleva légèrement. Harry laissa échapper un cri de douleur.

-Bois ! Cà ira mieux après. C'est un fortifiant.

Lucius collait le flacon ouvert contre les lèvres tuméfiées et le liquide coula dans la bouche de Harry qui déglutit. Précautionneusement, Malefoy le laissa à nouveau reposer.

Il y eut quatre coups légers frappés à la porte, selon un rythme précis. C'était Ken. Lucius ouvrit précipitamment d'un mouvement de baguete. L'esclave portait trois fioles de différentes couleurs.

-J'espère que ce saligaud ne s'est pas amusé à mettre de fausses étiquettes sur des bouteilles de poison ! Grommela Lucius entre ses dents. Viens m'aider !

Sans se faire prier, Ken suivit son maître dans la chambre d'amis.

-Commençons par les os, c'est le plus urgent ! Il doit souffrir atrocement de ses fractures. J'espère qu'il n'y a pas de déplacement…

-Mr Snape m'a dit que l'effet du Soudos ne se faisait sentir qu'au bout de plusieurs heures. Et c'est très douloureux.

-Je sais tout çà. Raison de plus pour démarrer tout de suite. Après çà, nous appliquerons du Dictame sur les balafres, et l'Arnica sur les ecchymoses.

-Si le maître le désire, je peux m'en occuper. Le maître doit avoir besoin de repos.

Soudain alerté, Lucius lança à Ken un regard soupçonneux.

-Non, c'est à moi de le faire, mais tu vas m'aider. On ne sera pas trop de deux.

Pourquoi refusait-il l'offre de l'esclave ? Sa proposition était toute naturelle, et il n'allait tout de même pas être jaloux de ce personnage insignifiant ! De plus, le mal de tête de Lucius s'était encore accentué et il était épuisé. Pourtant, il ne pourrait prendre du repos que lorsqu'il serait assuré que Harry était tiré d'affaire et qu'il retrouverait un visage et un corps intacts.

-Soulève le, je vais lui faire avaler le Soudos.

-Il faut qu'il boive tout le contenu, maître.

-J'ai bien compris, abruti. Allez, vas-y !

Harry fit d'abord mine de régurgiter et les deux infirmiers retinrent difficilement un cri de victoire quand il avala enfin et que sa respiration se fut calmée.

-Il n'y a plus qu'à attendre que çà fasse de l'effet. Nous allons appliquer le Dictame.

-M. Snape a dit qu'il fallait d'abord le laver, et bien nettoyer les plaies.

-Evidemment ! Je m'en serais douté. Va prendre le nécessaire dans la salle de bains !

Pendant l'absence de Ken, Lucius entreprit de débarrasser Harry de son vêtement. Greyback avait sans doute déchiré avec impatience la robe rouge, et il n'en restait que des lambeaux qui collaient aux plaies. Le garçon, à peine conscient, tressaillait mais essayait de retenir ses plaintes. Ses mains agrippaient le drap sur lequel il était étendu. Il ne fut bientôt plus vêtu que de son boxer. Une de ses jambes était terriblement enflée au niveau du genou et le thorax, noir ou bleuté par endroits, était zébré de vilaines estafilades. Il semblait que chaque inspiration provoquât une douleur à peine supportable chez lui et il se mordait les lèvres pour ne pas gémir. De plus, il était secoué de tremblements convulsifs signalant une forte montée de fièvre.

La Marque des Ténèbres grossièrement imprimée sur son bras ne semblait qu'une trace supplémentaire, laide et dégradante, des outrages que ce corps venait de subir. Mais il n'était pas question de l'effacer, bien que Lucius en fût vaguement et inexplicablement tenté.

Ken revint, portant une bassine d'eau chaude, un désinfectant, un gant de toilette et une serviette. Lucius s'écarta à regret pour le laisser laver le corps et les plaies. Plus d'une fois, Harry laissa échapper un râle, et lorsque Ken tenta de le retourner avec l'aide de Lucius, il poussa un cri tellement déchirant qu'ils n'insistèrent pas.

-Il faut attendre que les potions fassent plus d'effet. Il y a déjà du progrès. Regarde son nez !

Etrangement ému que son maître lui parle soudain comme à un égal, Ken sourit et balbutia :

-Oh oui, il a presque repris sa taille… et sa couleur normales !

Ils attendirent de longues minutes. Lucius buvait du whisky et marchait nerveusement de long en large. Quand il leur sembla que la respiration de Harry s'était apaisée, ils jugèrent qu'il était temps d'appliquer le Dictame.

Ken répéta consciencieusement les instructions de Snape. Si on voulait que l'effet du produit soit rapide et parfait, il fallait non seulement en appliquer une dose généreuse, mais aussi faire pénétrer en massant les cicatrices, au risque de faire cruellement souffrir le patient.

Lucius s'assit sur le lit et s'enduisit les doigts de la potion huileuse. Puis il se mit à l'étendre sur l'affreuse balafre qui marquait toute la joue gauche de Harry, sans tenir compte des frissons qui secouaient le garçon. Sous ses doigts, l'estafilade disparaissait lentement. Ne pouvant se contenir plus longtemps, Ken s'exclama joyeusement :

-Quelle chance ! Il va redevenir comme avant ! Sa petite amie aurait été trop triste de le voir défiguré !

-Va plutôt me chercher de quoi boire, je meurs de soif, au lieu de dire des stupidités ! Grogna hargneusement Lucius.


Au moins trois bonnes heures s'étaient écoulées et Malefoy avait presque achevé son ouvrage. Il avait été obligé d'accepter que Ken prenne plusieurs fois le relais, le temps qu'il vide quelques verres supplémentaires, qu'il mange un morceau et qu'il repose ses doigts et ses poignets endoloris.

Ils avaient réussi à allonger Harry sur le ventre après avoir complété le traitement des ecchymoses par l'Arnica. Une dernière plaie lui coupant le dos en diagonale, de l'épaule au bassin, exigeait qu'on la soignât. Le garçon s'était endormi, signe que la douleur s'était fortement atténuée. Lucius avait renvoyé Ken, expliquant qu'il s'en sortirait très bien tout seul, maintenant que la guérison était si bien avancée.

Tout en massant et malaxant, Lucius souriait vaguement, contemplant avec satisfaction le dos du jeune blessé redevenu presque parfaitement lisse. Une ossature bien charpentée, joliment proportionnée, des muscles longs, une peau douce qui brillait sous l'effet de la potion huileuse… Il ne restait plus qu'une légère trace de balafre, qui disparaîtrait dans les prochaines heures.

Il était quatre heures du matin.

Le Mangemort laissa traîner sa main pour la détendre, et le geste se transforma en caresse. Le garçon dormait…la main suivit la courbe des hanches étroites, s'attarda dans le creux des lombaires, erra le long de la colonne jusqu'aux cervicales, caressa l'épaule mince et cependant ronde, puis vint s'enfouir dans la masse de cheveux noirs et indisciplinés.

Une sorte de vertige s'emparait de Lucius. Sa tête bourdonnait. Il avait abusé de l'alcool, il était si épuisé qu'il n'avait même plus la force d'être excité. Seule lui restait une envie, pressante : s'allonger à côté du garçon et s'endormir ainsi, une main plongée dans ses cheveux, tout en sentant son corps brûlant de fièvre contre le sien.

Mais ce fut l'instant que Harry choisit pour s'agiter. Il tressaillit et fit mine de vouloir se retourner. Lucius retira sa main.

-Gin…Ginny ? Bredouilla le jeune homme en se redressant à demi.

Le visage congestionné, Malefoy se tut. Harry regardait autour de lui. Il paraissait à demi-éveillé.

-Oh, c'est vous ? Dit-il d'une voix pâteuse en reconnaissant Lucius. Merci… pour tout ce que vous avez fait !

Il retomba sur le lit, frissonnant, et se tourna sur le dos, essayant de se couvrir du drap tâché de sang et de potions.

-Il faut sauver Ginny…Continua-t'il comme s'il délirait. Son visage avait presque retrouvé son aspect normal, mais ses pommettes et ses oreilles étaient écarlates. Drago ne doit plus…Je veux l'empêcher de… Vous comprenez ?

Lucius soupira, puis se pencha en avant et murmura à l'oreille du garçon.

-Ne t'inquiète pas. Je m'en occupe. Repose toi maintenant.

Puis il se leva , éteignit les torches murales d'un mouvement de sa baguette et sortit de la pièce, titubant de fatigue.


-Si j'ai demandé à vous voir, Maître, c'est que j'ai une requête à vous adresser.

Severus Snape se tenait debout au milieu du salon de Voldemort. Le Mage Noir était appuyé à la cheminée et encouragea l'ex-professeur à poursuivre.

-Je suis venu solliciter votre indulgence.

-Allons bon ! Aurais-tu quelque chose à te reprocher, mon cher Severus ?

-Oh, il ne s'agit pas de moi !

-Tu joues les intermédiaires ? L'affaire est donc si grave ?

-C'est à dire…Elle concerne les jeunes initiés.

Voldemort fronça les sourcils.

-Tu veux parler de Drago Malefoy et Théodore Nott ?

-Oui, Maître, ainsi que Harry Potter.

Le Maître posa le verre qu'il avait à la main sur le manteau de la cheminée.

-Dis moi tout, Severus. Fit-il en plantant son regard rouge dans les étroits yeux noirs de Snape.

-Eh bien voilà. Potter est allé provoquer Drago dans leur salle commune. Comme vous vous en doutez, la confrontation a vite dégénéré, les jeunes gens se sont emportés et Potter a subi quelques…mauvais traitements.

-Comment se fait-il qu'il n'y ait pas entre eux une bonne entente ?

-Oh Maître, vous n'êtes pas sans connaître la vieille opposition qui règne entre serpentards et gryffondors ! Ces garçons n'ont hélas pas encore tourné la page de leurs années d'étude.

Le visage tendu de Voldemort paraissait plus squelettique encore que de coutume.

-Parle moi franchement. Dans quel état est Potter ?

-Il a été …secoué, mais il n'y a rien dans son état que la médecine magique ne puisse soigner.

Furieux, Voldemort s'éloigna de plusieurs pas. Sa haute silhouette parut grandir quand il s'écria :

-Les sales petits voyous ! J'ai pourtant prévenu que quiconque toucherait un cheveu de la tête de Potter aurait à subir ma colère !

Malgré lui, Snape rentra la tête dans les épaules, mais continua courageusement.

-Je me permets de vous rappeler que c'est Potter qui est venu les provoquer dans leur salle commune.

-Connais-tu ses raisons ?

-Non, Maître. Mais je suppose qu'il s'agit d'une rivalité quelconque. Une histoire de fille, peut-être ?

-Drago s'est intéressé de trop près à la petite Weasley, c'est çà ? Hmmm…Potter est jaloux…Ma foi, ce sont des histoires de leur âge. Mais çà ne doit sous aucun prétexte venir perturber l'ordre qui doit régner dans cette Cité. Ils méritent un châtiment exemplaire.

-Ne vaudrait-il pas mieux étouffer l'affaire, Maître ? Lucius est entrain de soigner Potter. Demain, il n'y paraîtra plus.

-Ces jeunes gens ont bravé un interdit. Ils m'ont désobéi. Je ne peux laisser passer un tel écart de conduite.

-Il est à craindre que vous augmentiez leur animosité envers Potter, Maître. Ne faut-il pas leur laisser le temps de s'habituer à sa présence parmi nous ?

-Je n'ai guère d'estime pour ces jeunes, Severus. Je les trouve fades, sans caractère, sans volonté. Quoique tu en dises, Potter vaut mille fois mieux qu'eux. Ecoute moi. Je veux bien accéder à ta demande et rester magnanime en ne leur faisant qu'une bonne leçon de morale, mais toi, tu vas me promettre une chose.

-Maître ?

-Tu vas mettre tes compétences au service de Potter. Je veux que tu participes, avec Lucius, à ses entraînements.

Snape eut un mouvement de recul. Ses yeux noirs se rétrécirent.

-Vous voulez lui rendre sa baguette ?

-Non, Severus. Pas la sienne. Nous lui prêterons une baguette bridée. Mais il a besoin de réapprendre le duel. Je veux le faire sortir mardi.

Le teint cireux de Snape devint franchement verdâtre.

-N'est-ce pas terriblement risqué, Maître ? Articula-t'il avec difficulté.

Voldemort eut un geste d'impatience.

-J'ai déjà discuté de tous ces aspects avec Lucius. Cette sortie est indispensable. Et nous gardons la petite Weasley !

-S'il en est ainsi…Mais je pense que ma présence dans ces entraînements va être perçue comme…au mieux, une gêne par Lucius et Potter.

-Que veux-tu dire par là ?

-Vous n'êtes pas sans avoir remarqué à quel point ils sont devenus…complices. Je me permets d'ailleurs d'attirer votre attention sur les dangers que représente une telle relation au sein de cette Cité.

-Et bien ? N'est-il pas souhaitable que le Tuteur s'occupe avec dévouement du jeune initié ?

Snape eut un sourire plein de sous-entendus.

-Maître, il s'en occupe si bien qu'il mange dans sa main. Potter fait de Lucius ce qu'il veut. Cela me paraît extrêmement préjudiciable.

Voldemort resta songeur quelques instants.

-Je crois que tu exagères, Severus. Par ailleurs, je ne vois pas en quoi une amitié entre un homme mûr plein d'expérience et un adolescent en devenir peut être nuisible. Ce type de relation a toujours existé, depuis la Grèce antique jusqu'à nos jours, y compris dans le monde magique.

-Et bien si vous le concevez ainsi…Murmura Snape maussade en s'inclinant légèrement.

-En quoi penses-tu que cela soit néfaste ? Insista cependant Voldemort, soudain inquiet.

Surpris, Snape se troubla.

-Oh…Il me semble que Potter n'a pas une bonne influence sur Lucius.

-Comment ! Ce serait le plus jeune qui exercerait une influence sur le plus vieux ?

-Maître, sans vouloir accuser mon confrère de quoi que ce soit…je dirais simplement que Lucius est totalement envoûté par le gamin et serait prêt à faire n'importe quoi pour…obtenir ses faveurs, dirons nous.

Voldemort parut préoccupé. Ses paupières sans cils voilaient son regard rougeoyant. Il redressa soudain la tête.

-Bien. J'écouterai tes avertissements et me montrerai plus vigilant. Mais cela ne change rien dans l'immédiat. Tu t'occupes des entraînements. Potter sortira mardi soir comme prévu. Quant à moi, je me montrerai compréhensif envers tes protégés.

Snape salua profondément et sortit d'un pas vif, tandis que Voldemort, pensif, reprenait son verre et retournait à sa contemplation du feu.


Pas trop déçus par cette fin en demie-teinte ?On avance à petits pas, je sais… Il ne peut pas y avoir à chaque fois un suspense haletant, des corps déchiquetés, etc…Même pour la St Nicolas !

Allez, une petite review ?