Bonjour à tous ! Merci aux quatre lecteurs qui ont eu la gentillesse de laisser une review (Mika, Liv , le- fan- de- harry et BP Horadus). Rendez vous en bas de page pour les réponses, comme d'hab'. Si je calcule d'après les indications de mon compteur, ça fait environ 3 pour cent des lecteurs qui ont laissé un commentaire... Pas terrible, hein ? Allez, c'est que le chapitre devait être trop long ! Ne vous inquiétez pas, comme j'ai beaucoup de boulot en ce moment (eh oui, ce n'est pas l'écriture de fanfictions qui va me permettre de nourrir mon petit monde !),celui ci est beaucoup plus court, vous aurez peut-être encore la force de cliquer sur le bouton bleu en arrivant au bout !
Maintenant, place à la suite. Bonne lecture !
CHAPITRE SEIZE
SANCTION
-Tu te doutes bien, Harry, que je ne pouvais laisser passer les graves fautes que tu as commises sans réagir!
Le garçon ne répondit pas. Que savait Voldemort ? Lucius l'avait-il trahi ? Est-ce que par hasard le Mangemort avait menti en se prétendant un excellent occlumens ?
Le Mage Noir n'avait eu sans doute qu'à sonder l'esprit de son fidèle disciple pour connaître les moindres détails de l'expédition Longneck .
-En général, reprit Voldemort de sa voix grinçante, lorsque un Mangemort se conduit de manière aussi peu conforme aux instructions, il est châtié devant toute la communauté. Pour l'exemple.
Les flammes rouges de son regard semblaient luire avec une intensité toujours accrue tandis qu'il s'approchait de Harry. La cicatrice se mit à brûler plus nettement sur le front moite du garçon.
-Cependant, comme tu es nouveau parmi nous et que beaucoup ont encore du mal à t'accepter, je préfère que cet épisode regrettable ne soit pas porté sur le devant de la scène. Ta punition sera donc discrète et seuls toi et moi serons au courant.
Harry jeta un nouveau coup d'œil autour de lui. Non, Ludmila n'était pas présente, et il se trouvait seul face à Voldemort dont l'expression sinistre était accentuée par l'éclat mouvant du feu de cheminée.
-Reconnais-tu avoir mérité un châtiment, Harry ?
-Vous voulez dire…Pour avoir quitté mon poste ? Murmura l'adolescent après avoir difficilement avalé sa salive.
-Tu sais comme moi que tes écarts de conduite ne se limitent pas à cette désaffection.
Harry resta muet.
-Reconnais-tu avoir tout fait pour mériter d'être puni ? Martela à nouveau Voldemort sur un ton plus menaçant.
-Je reconnais …m'être comporté stupidement…Dit Harry en baissant les yeux.
Voldemort grimaça un sourire.
-Tu es malin. Tu t'arranges pour que ta réponse puisse être comprise de deux manières…Bien. Je me contenterai de ces demi-regrets. Maintenant, voici la sanction : tu ne pourras pas revoir ta petite amie prochainement comme tu l'avais demandé. Pour mériter cette faveur, il faudra que tu me prouves d'une manière plus convaincante ton engagement à mes côtés.
Furieux, Harry serra les poings.
-Pourquoi devrais-je être fidèle à un engagement alors que personne ici ne tient ses promesses ? Cria-t'il, les yeux brillants de colère.
-Endoloris !
Sous le coup du maléfice, le garçon s'effondra sur le tapis. La douleur avait beau lui être familière, il ne put retenir ses cris quand la sensation d'être écartelé devint plus intense.
Envahi par un profond découragement, il eut le sentiment que ce cauchemar ne finirait jamais, et que sa vie serait réduite jusqu'à son dernier jour à cet état d'esclavage qu'il supportait de plus en plus mal. Il n'aurait pas été plus désespéré si une horde de dix détraqueurs s'étaient penchés tous ensemble au dessus de lui, aspirant son âme ou le peu qui en restait.
Enfin, Voldemort abaissa sa baguette et Harry put reprendre son souffle. Il se redressa lentement et se tint devant l'homme, les jambes molles, tentant de se ressaisir et de fermer son esprit. Il devinait que le mage Noir tenterait de le sonder alors qu'il était affaibli par le sort qu'il venait de subir.
-Je ne voudrais plus avoir à te rappeler que tu me dois le respect, en plus de la fidélité, Harry ! Dit froidement Voldemort.
-J'accepterai tous les châtiments que vous voudrez m'imposer, mais j'ai besoin de savoir comment se porte Ginny. Risqua le garçon avec désespoir.
- Estime-toi heureux que tes agissements inconsidérés ne fassent pas plus de tort à la jeune fille. Nous aurions pu la torturer sous tes yeux, pour te faire passer l'envie de désobéir ! Mais je refuse à présent d'utiliser ce genre de méthodes. Dit le Maître d'une voix soudain radoucie. Ludmila va lui rendre visite et te donnera de ses nouvelles. Si tu veux lui écrire un mot, je t'y autorise.
Harry inclina légèrement la tête. Il pensait pouvoir faire confiance à la devineresse, qui transmettrait bien son message à la jeune fille si personne ne se mettait en travers de sa route.
-Bien. D'ici quelques temps, une nouvelle expédition, d'une tout autre nature, sera organisée. Tu seras informé en temps et en heure de ce que j'attends de toi à cette occasion. D'ici là, tu vas reprendre les entraînements avec Lucius et Severus. A présent, tu peux disposer. Pour cela, touche simplement ta Marque avec ton pouce droit en prononçant : « reverto », et tu te retrouveras à l'endroit exact à partir duquel tu as transplané.
-Le Mangemort m'a jeté un sort d'oubliettes…Il ne devait pas savoir que pour une métamorphomage, rien de plus facile que de contrer les effets de ce type de sort.
-Mais comment est-ce possible ? Questionna Hermione, bouillant d'impatience et de curiosité.
-Il suffit de changer quelque chose d'infime dans ton apparence. Par exemple, la forme de ton lobe d'oreille. Ainsi, le sort est jeté non sur toi, mais sur une sorte « d'artefact »…Tu reprends ensuite ton apparence normale, et l'effet du sort est aboli.
-Mais comment fais-tu pour te souvenir que tu dois revenir à ton ancienne apparence ?
-Rien de plus simple ! Tu y reviens tout naturellement, sans rien faire de particulier, puisque c'est ta forme originelle.
-Génial ! S'exclama Ron, tandis que Remus serrait Tonks dans ses bras.
-Ceci dit, je ne comprends pas pourquoi il ne t'a pas tuée, tout simplement...Fit remarquer le loup-garou, pensif .
-En effet, c'est très étrange. Tous les aurors, même Kingsley, ont été neutralisés, et cependant, aucun n'a été éliminé. Nous avons tous eu la vie sauve. Ils n'ont même pas fait de prisonniers, à part le gros Longneck.
-Ca ne ressemble guère aux méthodes habituelles de Voldemort. Comment interpréter cette clémence?
-Toujours est-il que ce gars bizarre m'a jeté ce sort d'oubliettes et...
Ils étaient tous les quatre dans la cuisine, attablés autour de la fameuse tisane. Les cheveux de Tonks avaient retrouvé leur couleur normale, si tant est qu'on puisse appeler le rose une couleur « normale » pour des cheveux. Soudain, une tête rousse bouffie de sommeil passa par la porte, suivie aussitôt d'une deuxième à peu près identique.
-Alors, on fait la fête sans prévenir les copains ?
-Allez, venez, les frères siamois…Dit Remus avec un sourire. Mais pas question d'alcool ! On n'a que de la tisane à vous proposer, c'est à prendre ou à laisser.
-Bien, professeur. (Il est pire que maman). OK, ça nous va. De toute façon, George connaît un sort pour changer l'eau en rhum. Ca donnera un grog, miam !
-Bon, je peux continuer ?
-Mais oui, vas-y, Tonks. Lança George. On a bien entendu ? Qui a osé te jeter un sort d'oubliettes ? Evidemment, tu ne peux pas t'en souvenir!
-Bien sûr que si, que je m'en souviens ! Un grand type, qui était caché sous une cape d'invisibilité, et qui a surgi quand Harry a attaqué un autre Mangemort qui torturait le fils Longneck.
-Harry ? Rugirent Fred et George d'une seule voix.
-Taisez vous ! Cria Ron.
-On a le droit de savoir ! Tonks, tu as vu Harry ?
-Oui, George. Harry faisait partie du groupe de Mangemorts, hier soir ! Répondit Remus avec gravité.
L'œil fixe, les jumeaux avaient pâli.
-Quelle horreur….Laissa échapper Fred.
-J'étais entrain de me battre contre deux types plutôt agressifs quand un troisième Mangemort est entré dans la pièce. Expliqua Tonks rapidement. J'ai cru que lui aussi allait m'attaquer, mais au lieu de çà, il a neutralisé un de mes assaillants. Là, j'ai compris que quelque chose n'allait pas.
-Ouf ! Harry n'a pas vraiment changé, alors !
-Evidemment, grosse nouille ! C'est Harry, dont on parle, là !
-Ron, tais-toi et bois ton eau chaude !
-Je l'ai suivi ensuite dans une pièce voisine, où deux autres bonshommes masqués torturaient les membres de la famille Longneck pour les faire parler. Harry a attaqué sans hésiter le tortionnaire. Mais à ce moment, un Mangemort qui se cachait jusqu'alors sous une cape d' invisibilité m'a pétrifiée, et s'est jeté sur Harry. Il l'a envoyé balader avant de nous jeter à tous des sorts d'oubliettes. Un véritable expert.
-Harry t'a parlé ? Demanda Remus.
-Non.
-Il était masqué?
-Oui.
-Et tu es sûre que c'était lui ?
-Oh oui, j'ai reconnu sa silhouette, ses mains, sa voix quand il a lancé les sorts, et même ses yeux ! Il portait ses lunettes sous le masque. Et puis, quel vrai Mangemort aurait eu un tel comportement ?
Le silence dura quelques secondes avant que Hermione dise, songeuse.
-Ce Mangemort qui se baladait sous une cape, il était là pour surveiller Harry, en fin de compte ?
-Ca m'en a tout l'air.
Ils frissonnèrent.
-Cette petite sortie n'a pas dû être une promenade d'agrément pour lui… Murmura Ron.
-Et on peut craindre qu'il ait eu à subir des représailles sévères pour avoir attaqué des Mangemorts. Continua Remus, soucieux.
-Ecoutez, il y a au moins une chose positive là-dedans, non ? Harry est vivant !
La voix de Tonks tremblait d'émotion.
-Tu as raison, c'est l'essentiel. Mais il semble être dans une situation plus que précaire. Dit Remus, les sourcils froncés. On peut supposer que Ginny est vivante elle aussi, et que si Harry fait partie des Mangemorts, c'est pour la préserver…
-Mais pourquoi Vol…Tu-sais-qui voudrait-il que Harry se batte aux côtés des Mangemorts ? Je croyais qu'il voulait le...le tuer…Protesta Ron.
-Et toi, pourquoi tu ne l'appelles pas Voldemort ? S'énerva Hermione.
-Pour une fois que mon petit frère ne pose pas une question idiote ! C'est vrai que c'est bizarre…
-Bon, les jeunes, je crois qu'il est grand temps que chacun retourne se coucher. Dit fermement Remus en se levant. Nous aurons le temps demain, ou plutôt, tout-à l'heure, de revenir sur cette affaire. Et nous devons sans tarder convoquer les membres de l'Ordre pour un conseil de guerre !
-Comment s'est déroulé ton entretien avec le Maître ? Interrogea Lucius en se servant de la salade.
Il n'avait pas vu Harry de l'après midi, ayant été retenu par une réunion de travail en vue du prochain ultimatum que le Maître prévoyait de lancer au Ministre.
-Plutôt mal. Il m'a envoyé un doloris et m'a interdit de voir Ginny. Dit Harry d'un ton amer.
Sans répondre, Lucius observa le garçon. Il ne paraissait pas trop affecté. Devait-il lui dire que sa petite amie était en ce moment soignée par Snape pour de graves « problèmes gastriques » ? Il préféra se taire.
-Il est omniscient en ce qui me concerne, mais il ne semble pas être au courant du comportement déviant des autres initiés…Ajouta Harry avec rancœur.
Lucius se sentit mal à l'aise. Le garçon avait-il compris qu'il l'avait trahi, lui, tout en protégeant les autres, dont son fils faisait partie ?
-Je suppose que tu ne lui en as rien dit ? Murmura l'homme avec douceur.
-Bien sûr que non ! Ah oui, autre chose, il m'a parlé d'une prochaine expédition… De quoi s'agit-il ? Continua Harry avec une fausse désinvolture.
-Je ne peux rien te dire pour l'instant . Je ne sais moi-même pas grand chose à ce sujet. Mais il est prévu que nous nous entraînions à nouveau, Harry.
-Mouais, je sais, avec Snape…Harry fit une grimace. Vous ne pouvez pas savoir comme çà me réjouit ! Et que devient ce cher Longneck ?
-Il se morfond dans un cachot, mais il n'est pas maltraité.
-J'ai de bonnes raisons de ne pas vous croire sur ce point là, n'est-ce pas ? Mais à quoi sert-il au juste de le garder captif, à part lui laisser dévorer vos maigres réserves alimentaires si honnêtement constituées ?
-Il pèse un certain poids, au propre comme au figuré, dans le monde magique. Sa mort serait mal vécue par beaucoup de gens haut placés.
-C'est donc un otage, lui aussi ?
-Lui surtout. Tu es conscient, j'espère, que pour nous, tu es bien plus qu'un simple moyen de pression !
Harry fit la moue.
-Je n'ai toujours pas compris ce que vous attendez de moi. Mais il me paraît clair que le fait de nous garder prisonniers, Ginny et moi, vous permet d'exercer une pression maximale sur le Ministère.
Lucius posa une main sur l'avant bras du jeune homme.
-En effet, Harry, inutile de vouloir le nier. Mais nous espérons que tu rejoindras notre cause, car notre Lord a de grands projets pour toi. Pour l'instant, tu ne nous suis que contraint et forcé, c'est évident, malheureusement. Ta manière de voir notre mouvement n'a-t'elle pas changé ?
Harry fit mine de s'énerver, puis il sembla renoncer, hésita un instant avant de glisser avec un sourire en coin:
-Je reconnais que j'ai découvert quelques...traits de caractère originaux chez certains d'entre vous.
Lucius rit de bon cœur et lui pressa affectueusement le bras .
-Des traits de caractère « originaux » ? Qu'entends-tu par là ?
Sans répondre, Harry joua du bout de sa fourchette avec une feuille de salade qui traînait dans son assiette. Soudain, il releva la tête :
-A propos, j'aurais besoin d'un parchemin et d'une plume !
-Ah oui ? Tu veux écrire tes mémoires ? Le public s'arracherait sûrement le journal intime du célèbre survivant !
-Oh non, je suis certain que Rita Skeeter se charge déjà de faire éditer ma biographie en regroupant tous les articles qu'elle a publiés à mon sujet. C'est plutôt pour écrire à Ginny. Le Maître m'a autorisé à le faire, à défaut de la voir.
Lucius se renfrogna légèrement.
-Bien. Je te ferai porter cela demain matin. Mais dis moi maintenant, où en es-tu de tes "1001 nuits" ?
-Oh… je ne cracherais pas sur une petite lampe merveilleuse à la manière de celle d'Aladin ! Son Génie me serait bien utile…Je n'aurais pas à quémander un morceau de parchemin ! Et lui au moins, il m'apporterait une baguette magique sur un plateau…
La conversation dériva sur les contes, l'Orient et la littérature. Comme Lucius, qui avait beaucoup lu et voyagé autant, était intarissable sur le sujet, la soirée se prolongea plutôt agréablement devant la fenêtre grande ouverte. Se contentant d'une simple bougie allumée sur la table, ils restèrent à parler face à un magnifique ciel étoilé, le garçon peu cultivé posant toutes sortes de questions à son Tuteur.
Le Mangemort avait servi à Harry un verre d'une liqueur de sa composition ...Après une hésitation, il y avait trempé les lèvres et le goût avait paru lui plaire. Lucius en surveillait du coin de l'œil les effets sur le garçon qui paraissait de plus en plus détendu, et sans être joyeux, se montrait affable. Il paraissait même légèrement saoul quand il se leva, s'étirant comme un chat avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire.
-Je crois que je vais aller profiter de ce bon lit pour la dernière fois…
Lucius se leva à son tour et s'approcha du garçon dans la demie obscurité. Il le retint par le bras.
-Attends un instant, Harry. Même si tu ne dors plus ici pendant… quelques nuits, sache que la porte te sera ouverte tant que je serai là, et je me ferai une joie de te recevoir.
-Et votre épouse ? Je crois savoir qu'elle ne m'apprécie pas particulièrement.
-Ne t'inquiète pas pour ça. Elle sera fourrée avec Bella la plupart du temps.
Harry tourna la tête vers ce qui était encore sa chambre pour une nuit.
-Vous pouvez régler la lumière ? demanda–t'il.
Depuis que le garçon s'était réveillé dans le noir complet, trois jours avant, ils s'étaient mis d'accord pour que Lucius maintienne pour la nuit une des torches faiblement allumée dans la chambre de Harry, puisque le garçon n'avait pas de moyen de contrôler l'éclairage.
Sans le lâcher, Lucius s'exécuta d'un mouvement de baguette, puis il attira le jeune homme vers lui. Réticent, Harry se dégagea.
-Pardonnez moi…Je suis fatigué. Dit-il à mi-voix.
Il s'éloigna de quelques pas.
-Bonne nuit ! murmura-t'il en entrant dans la chambre et en fermant doucement la porte.
Lucius resta un moment debout dans la même position, tremblant de frustration. Il avait été trop frileux, il aurait dû verser une dose de potion lubris dans le verre d'alcool qu'il avait servi au garçon... Il attendrait 1 ou 2 heures du matin, puis risquerait le tout pour le tout en s'introduisant carrément dans la chambre que Harry ne pouvait heureusement pas verrouiller.
-Ginny! Dit doucement Drago en avançant vers le lit sur lequel elle était allongée.
Elle était terriblement pâle, et ses beaux yeux étaient cernés de gris. Drago sentit son cœur se serrer.
-Qu'est-ce qui t'arrive ? Le professeur Snape est venu me prévenir que…
-Snape n'est plus professeur. Corrigea-t'elle avec raideur.
Cette répartie rassura Drago. La jeune fille n'avait pas perdu son caractère ombrageux et avait encore la force de s'opposer à lui. Il vint s'asseoir sur le bord du lit.
-C'est parce qu'il nous donne des cours de duel…se justifia-t'il en souriant.
-Tiens, passe moi un verre d'eau.
Le garçon s'exécuta avec empressement. Quelques jours plus tôt, il aurait couvert la jeune fille d'insultes pour avoir osé lui parler sur ce ton autoritaire. Elle releva la tête avec difficulté, et il vint à son aide en passant un bras derrière ses épaules pour la soutenir. Quand elle eut fini de boire, elle se laissa retomber sur l'oreiller.
-Tu ne devrais pas t'approcher. Je suis peut-être contagieuse…Dit-elle avec un sourire ironique.
L'inquiétude le gagna. Effectivement, il ne savait pas de quoi elle souffrait, Severus ne lui avait rien dit. Mais s'il y avait eu un risque, il l'aurait mis en garde !
-Non, çà m'étonnerait. Snape me l'aurait dit. Il marqua un temps d'arrêt. Tu es mieux ici que dans ton cachot ?
Avant de répondre, Ginny laissa son regard parcourir la pièce sombre dans laquelle elle se trouvait…L'infirmerie, attenant aux appartements de Snape. Rien de bien réjouissant.
-Pas vraiment. Je n'ai pas plus de liberté, et encore moins de choses à faire. De toute façon, je ne suis pas en état…
Drago saisit sa main et la caressa.
-Ca nous permet de nous voir…Dit-il timidement.
Elle eut un petit rire sans joie, mais ne répondit pas. Il s'inclina vers elle, avec l'intention de l'embrasser. Mais elle le repoussa.
-Non, laisse moi ! Je ne sais pas ce que j'ai, je suis malade. Garde tes distances, ça vaudra mieux !
Il s'apprêtait à protester quand la porte s'ouvrit, livrant passage à Snape. Furieux, Drago lui jeta un regard noir. L'homme lui avait promis qu'il aurait au moins un quart d'heure de tête à tête avec la jeune fille.
-Dépêche toi de filer, Drago ! Dit Snape entre ses dents. La roumaine arrive. Et vous, Weasley, tenez votre langue. Drago n'est pas venu ici !
D'un mouvement de sa baguette, le Mangemort actionna l'ouverture d'une porte secrète dans un des murs. A l'instant où Drago disparaissait par ce passage, Ludmila entrait dans la pièce derrière Snape.
-Comment allez vous ? Dit-elle aussitôt en se dirigeant précipitamment vers la jeune fille. Ginny s'assit dans le lit et lui sourit.
-Mieux. Je vais mieux.
La devineresse se tourna vers Snape qui était resté planté là à les observer, un peu en retrait.
-Pouvez vous nous laisser seules entre femmes, mon cher ? Demanda-t'elle aimablement.
Le visage inexpressif, Snape s'inclina avec raideur et sortit, regagnant son appartement. Aussitôt, Ludmila prit la place que Drago venait de quitter et s'empara affectueusement de la main de Ginny.
-Décrivez moi ce qui s'est produit.
Sans retenue, la jeune fille raconta comment une violente douleur au ventre l'avait terrassée, suivie de vomissements, et comment elle avait cru que sa dernière heure était venue.
-Un empoisonnement ? Questionna la femme.
Ginny approuva de la tête. "Je n'ai pas de certitude, mais ça y ressemblait fort " murmura-t'elle, tandis que Ludmila baissait la tête, préoccupée.
-Si c'est effectivement le cas, c'est très grave. Je vais parler à ce monsieur qui vous dispense des soins. S'il est médicomage, il doit savoir à quoi s'en tenir.
-Oh…Vous n'obtiendrez rien de lui…répondit Ginny avec une grimace.
Ludmila l'interrogea du regard.
-Je vois…Dit-elle doucement. Elle attendit un moment avant de continuer. Avez vous écrit à Harry, comme je vous l'avais proposé ?
-Oui…Mais ma lettre est restée dans le cachot. Sur le bureau, cachée sous un livre.
-Bien, je m'en occupe. Il l'aura dès que possible. Ne vous inquiétez pas.
-Pourra-t'il m'écrire, lui aussi ? Demanda Ginny avec espoir.
-Oui, je vous le promets. Sa situation est un peu compliquée, comme vous vous en doutez, mais je vais tout faire pour que…
-Savez vous s'il serait possible qu'il vienne me voir ici ?
Ludmila la regarda avec tristesse.
-Je crois que Harry a été…puni. On lui a interdit de vous rencontrer.
-Oh…Mais pourquoi ? S'indigna Ginny qui retrouvait des couleurs. Comme s'il ne souffrait pas déjà suffisamment !
-Il semblerait que…La jeune femme se troubla. Elle paraissait sincèrement peinée….Qu'il n'ait pas honoré un engagement.
Ginny crispa les poings. La colère faisait à nouveau flamboyer son regard.
-Un engagement ! S'il s'agissait de quelque chose de respectable, Harry l'aurait forcément honoré !
-Je ne peux vous en dire plus à ce sujet. Mais vous devez me faire confiance. Je suis là pour vous aider.
Encore sous le coup de l'indignation, Ginny chercha à répliquer. Puis elle s'affaissa, trop fatiguée, découragée.
-S'il vous plaît, je ne veux plus voir Drago…Murmura-t'elle dans un souffle.
-Drago ? Le jeune homme qui est sorti de la pièce au moment où j'arrivais ?
-Vous l'avez vu ?
-Bien sûr. Sa fuite n'avait rien de discret. Il vous importune ?
-Oui. Il me…Oh, ce n'est même pas la peine que je…Ginny sentait l'envie de pleurer l'étrangler, l'empêchant de parler. "Mais après tout, Harry est harcelé, lui aussi." Lâcha-t'elle amèrement.
Ludmila serra encore sa main.
- Il faut vous reposer, Ginny, vous êtes trop faible. Promettez moi de bien manger. Quant à moi, je vais faire tout mon possible pour que ce harcèlement prenne fin. Surtout, ne perdez pas espoir.
Après avoir reposé la main de la jeune fille avec douceur sur le drap, elle se leva et sortit rapidement.
Harry n'avait pas fermé l'œil. L'effet de l'alcool s'était rapidement dissipé, et ses pensées dérivaient sur Ginny. Il la voyait en pleurs, se débattant contre un homme masqué, ou gémissant de douleur, les vêtements déchirés, traquée comme un chevreuil poursuivi par une meute. En sueur dans la nuit étouffante, d'autant plus qu'il s'était couché tout habillé, il se sentait tendu comme un arc, et regardait sa montre toutes les cinq minutes.
Quand il fut 2h00, il se leva sans bruit, mit ses lunettes et passa dans le salon. Il avait déjà fouillé consciencieusement sa chambre les jours précédents, et il pensait avoir aussi bien exploré le séjour. Restait la chambre de Lucius à visiter. Quand le Mangemort s'absentait, il la maintenait fermée, bien sûr. Mais Harry en connaissait à peu près la disposition, il avait eu l'occasion d'y jeter un coup d'œil quand Lucius, présent dans l'appartement, en laissait la porte ouverte.
Il n'était bien sûr pas question d'aller farfouiller dans la commode ou d'ouvrir les tiroirs du bureau…Harry comptait s'emparer de la baguette de Malefoy, puis lancer un sortilège d'attraction. Normalement, il devrait par ce moyen pouvoir récupérer sa baguette et sa cape, à condition qu'elles se trouvent dans la pièce et qu'elles ne soient pas trop bien enfermées. Au pire, il entendrait un léger bruit qui signalerait la présence de l'objet essayant de répondre à l'appel du sorcier…Au moins, il saurait à quoi s'en tenir.
Il n'avait pas vraiment pensé à ce qu'il ferait ensuite, une fois récupérés ces précieux objets. Il aurait à agir très vite, après avoir neutralisé Lucius qui ne manquerait pas de se réveiller. Comment il parviendrait à atteindre les appartements de Voldemort, puis à délivrer Ginny, cela n'était pas clairement défini dans ses projets. C'était même totalement flou dans son esprit, il devait le reconnaître. Mais il avait tellement besoin de faire évoluer la situation...! Il improviserait le moment venu.
Le cœur battant, Harry appuya son oreille contre la porte de la chambre. Il avait laissé la sienne ouverte pour profiter de la faible lumière qui en sortait. Tout lui parut silencieux. Il appuya lentement sur la poignée. Elle n'offrit pas de résistance.
Comme prévu, la porte n'était pas verrouillée. Lucius lui faisait confiance ! Cette pensée fit naître chez Harry un léger sentiment de remords. La porte s'ouvrit sans le moindre grincement. Harry avança. Il était pieds nus et avait toujours été doué pour la marche silencieuse. Lors de ses nombreuses escapades nocturnes à Poudlard, il avait eu tout loisir de perfectionner sa technique. N'était-il pas le digne héritier des Maraudeurs?
Large, voire monumental, le lit trônait au centre de la pièce. Harry distingua la silhouette du Mangemort endormi, couvert d'un drap. L'épaule qui en dépassait était nue. Bizarrement, le garçon se sentit encore plus mal à l'aise. Il avait l'impression désagréable de violer l'intimité de l'homme. Vite, trouver la baguette !
Sans doute était-elle posée sur la table de nuit, à portée de main de son propriétaire. Harry avança jusqu'à se trouver tout près de Lucius, devant le chevet couvert d'une plaque de marbre. Il voyait mal dans la demie obscurité, et il passa la main sur la pierre. Il heurta malencontreusement un objet, sûrement un réveil. Pas trace de baguette. De plus, il avait fait du bruit. Lucius n'avait cependant pas bronché.
Il tira délicatement le tiroir du chevet, mais là non plus, il ne trouva rien. La sueur perlait sur son front. Mieux valait abandonner. Il essaya malgré tout la porte verticale du petit meuble. Elle s'ouvrit avec un bruit sec qui sonna à son oreille comme un claquement épouvantable. Il attendit en tremblant. Comme l'homme respirait toujours paisiblement, il poursuivit son inspection. Mais en baladant sa main à l'intérieur, il ne sentit que des livres, des boîtes de pilules et des mouchoirs .
Découragé, il allait renoncer quand une idée lui vint comme une évidence. L'oreiller ! Le Mangemort devait garder la baguette sous son oreiller !
Partagé entre le désir urgent de filer sans demander son reste et la pensée lancinante qu'il devait saisir sa dernière chance de pouvoir récupérer ce qui lui appartenait, Harry se tint quelques instants immobile, écoutant le rythme tranquille de la respiration de l'homme étendu .
Il se décida enfin et, se penchant en avant, il avança une main tout près de la tête blonde bien calée sur son oreiller volumineux. Lentement, il entreprit de glisser ses doigts sous le coussin, évitant soigneusement d'effleurer les cheveux de l'homme. Il sentit le contact du bois contre l'extrémité de son majeur. Un sentiment de triomphe l'envahit, l'obligeant à arrêter son mouvement de progression pour calmer sa respiration.
A cet instant précis, une main puissante lui enserra le poignet comme un étau. Il se sentit saisi et entraîné, tiré par une force irrésistible.
Malefoy ne dormait pas. Agripper Harry et le projeter sur le lit fut apparemment pour lui un jeu d'enfant.
-Ah ça, Mr Potter, je ne pensais pas que vous viendriez de vous même me rendre visite dans mon lit…Souffla Lucius à l'oreille du garçon tout en renforçant sa prise sur ses poignets.
Trop bouleversé pour répondre, Harry tenta de se dégager. Mais l'homme l'écrasait maintenant de tout son poids.
-Que me vaut l'honneur de cette visite ? Avais-tu envie de venir me border, ou souffres-tu de tendances cleptomanes que je ne soupçonnais pas chez le célèbre survivant ?
Non, ne me tuez pas...! A vous de jouer maintenant ! Je compte sur vos reviews pour continuer, ne l'oubliez pas !
Un mot pour ceux avec qui je ne peux communiquer directement :
Mika : Merci pour tes vœux et à bientôt j'espère !
Liv : Merci pour ta review ! Tu es toujours très perspicace et ton avis est important pour moi .Malheureusement, je crois qu'il n'y a guère plus d'action dans ce nouveau chapitre que dans le précédent. J'espère ne pas te décevoir !-Eh oui, pauvre Ginny…Ne crois pas, je l'aime bien, malgré les apparences ! Peut-être vas-tu mieux comprendre dans ce chapitre pourquoi elle doit subir toutes ces horreurs. C'est qu'elle a affaire au gang Lestrange/Snape/Drago Malefoy, et pour tout te dire, elle n'est pas sortie de l'auberge .-Oui, le lavage de cerveau que Lucius tente sur Harry est assez ridicule, n'est-ce pas ? S'il espère le « convertir » au dégoût de la gente féminine, il se fourre le doigt dans l'œil ! Mais Narcissa ne va pas tarder à venir remettre de l'ordre dans tout ça !-On ne sait pas grand chose sur Ludmila, c'est frustrant, je sais ! Patience, patience ! Et puis en effet, elle a le mérite d'énerver Lucius, c'est déjà pas mal, hein !- Que devient l'Ordre ?Bonne question. Pas grand chose pour l'instant. Ils vont comprendre lentement ce qui se passe et pouvoir réagir en conséquence…En tout cas, encore merci à toi de prendre le temps de mettre ces longues reviews qui me donnent vraiment envie de continuer, pour faire mieux !
Le-fan-de-harry : merci pour ta review…Bon, tu as l'âge requis ? Alors tant mieux, bien que cet « âge requis » me paraisse bien jeune, si je ne me trompe. Mais je trouve ça chouette, finalement, d'avoir de jeunes lecteurs. Après, il faut savoir ne pas les lasser ! C'est un défi intéressant pour moi, et je le relève volontiers !
