Bonjour à tous ! Merci de tout cœur à ceux qui ont pris la peine de mettre un mot de commentaire. Je vous réponds en bas de page, comme d'habitude. Votre avis m'intéresse (non sans blague ?), et quand je vous lis, je me dis que vous êtes des lecteurs attentifs, exigeants, bourrés d'humour, bref, stimulants ! A moi de tout faire pour combler vos attentes ! (Ca, c'est la petite flatterie hebdomadaire pour continuer à recevoir des reviews !!)
Apparemment , la fin du dernier chapitre vous a mis dans un état d'angoisse proche de l'arrêt cardiaque. C'était bien sûr l'effet recherché, mais à présent, ça va être dur de ne pas vous décevoir. Quel défi !! Hm hm…J'ai attrapé quelques suées en écrivant ce qui suit (pour tout vous dire, mon clavier est trempé)…Et dire que je fais ça pour le plaisir… !
Allez, une très bonne lecture, et surtout, gardez le moral comme j'essaye de le faire moi-même !!
CHAPITRE DIX-SEPT
A LA MANIERE DE SHEHERAZADE
Bizarrement, Lucius s'était rapidement endormi ce soir là, alors qu'il avait la ferme intention de profiter de la dernière nuit sans la présence de Narcissa pour rendre visite à Harry. Quand le garçon était parti se coucher, il avait pris une douche, avait enfilé un léger short de pyjama et avait souri devant le miroir, satisfait de l'image qui lui était renvoyée. Décidément, les années et les épreuves coulaient sur lui sans rien lui enlever de sa prestance. L'esprit tranquille, il s'était couché très détendu, et du coup, s'était endormi comme un bébé.
Il se réveilla en sursaut vers deux heures, excité par un rêve évocateur et, après avoir consulté sa montre, jugea le moment propice pour tenter sa petite expédition. Il s'apprêtait à se lever quand il entendit s'ouvrir la porte de Harry.
Il faillit continuer son mouvement pour venir à sa rencontre. Mais l'instant suivant, comme retenu par une sorte d'intuition, il opta pour l'attente, curieux de découvrir ce que le garçon avait l'intention de faire, et il s'allongea à nouveau, ramenant le drap sur lui, l'oreille aux aguets.
Sa surprise fut grande lorsqu'il entendit la poignée de sa propre chambre silencieusement actionnée. Son cœur accéléra brutalement. Il n'en avait pas espéré autant de sa liqueur de prune, d'autant plus qu'il n'avait même pas usé de la potion miracle... ! Là encore, il prit le parti de faire le mort, pour voir, sachant qu'il y avait un risque : Harry avait peut-être tout simplement l'intention de le tuer!
Si tel était le cas, le garçon s'apprêtait-il à l'étrangler, le poignarder avec un couteau de cuisine, ou l'assommer à coups de presse-papier ?
Potter se déplaçait comme un voleur, apparemment entraîné à ce genre d'exercice clandestin. Lucius glissa un coup d'œil à travers ses paupières baissées. Une faible lumière parvenait de la chambre d'ami et la silhouette déliée de l'adolescent se détachait en ombre chinoise. Il approchait du lit. Déjà sur ses gardes, Lucius se crispa légèrement.
Indéniablement, Harry n'avait pas l'intention immédiate de s'attaquer à lui mais cherchait plutôt quelque chose . Tout d'abord, il inspecta maladroitement la table de chevet . Sa main heurta le réveil et si Lucius avait dormi même profondément, il n'aurait pas manqué d'être brutalement réveillé.
Il alla ensuite fouiller l'intérieur du meuble, apparemment sans succès. Lucius avait très vite compris : l'intrus était en quête de sa baguette, ce qui n'avait rien de surprenant, mais en disait long sur l'état d'esprit du gamin. Si Lucius avait pensé un moment pouvoir lui faire confiance, il savait à présent qu'il n'en était plus question.
Comme toujours, Potter ne manquait pas d'audace, et il poussa la témérité jusqu'à venir glisser sa main sous l'oreiller. Avant de réagir, Lucius savoura cet instant suspendu durant lequel il sentit le souffle chaud du garçon, légèrement saccadé, caresser sa joue… Un grand rire intérieur le secoua quand enfin, il agrippa le poignet qui lui frôlait l'oreille et tira le jeune impudent vers lui, usant de toute sa force.
Il constata avec déception que Harry, étrangement, était resté habillé, malgré la chaleur. Il portait toujours sa chemise de coton léger et son jean. Lucius lui avait pourtant donné un agréable pyjama d'été dont il aurait pu ne porter que le bas par une pareille canicule ! Mais le gamin avait eu sans aucun doute le projet ambitieux de partir à la conquête de la liberté, armé d'une baguette. La situation était si burlesque que le Mangemort se retint d'éclater de rire en murmurant ses questions à l'oreille du coupable pétrifié de terreur, après l'avoir immobilisé sans aucune difficulté.
-Si vous me lâchez, je pourrai vous expliquer…Souffla Harry en guise de réponse.
C'était une plaisanterie ! Le lâcher ? Alors que Lucius sentait avec délectation le jeune corps prisonnier se tortiller sous le sien, enfin à sa disposition pour une nuit presque entière ? N'était-il pas venu de lui-même jusqu'à son lit ? Lucius était après tout en situation de légitime défense!
-Te lâcher ? Certainement pas, espèce d'affreux cambrioleur. Gronda-t-il d'un ton menaçant. Tu vas voir ce qu'il en coûte de s'introduire ainsi chez les dormeurs innocents.
Comme on aurait pu s'y attendre, Harry se démenait à présent pour se libérer, donnant de franches ruades et des coups de genou, et ses mouvements faisaient réagir Lucius plus ardemment encore.
L'homme était tellement grisé par ce contact rapproché qu'il en oublia de prendre les mesures nécessaires. Il eût fallu quelques bonnes claques ou l'aide d'une baguette pour venir à bout du vigoureux garçon qui, aidé par sa souplesse et sa vivacité, réussit à se dégager et s'échappa, tombant du lit et se relevant précipitamment pour courir le plus loin possible. A croire qu'il avait une longue expérience en matière de bagarres de dortoir ou qu'il n'en était pas à son premier combat rapproché . La vie devait être mouvementée chez les gryffondors !
Furieux, Lucius avait attrapé sa baguette toujours coincée sous l'oreiller :
-Collaumur !
La commode qui se trouvait derrière Harry s'écarta avec fracas et le garçon se trouva brutalement épinglé à la cloison avant d'avoir eu le temps de gagner la porte.
En silence, Lucius alluma les torches et se leva lentement, se dirigeant vers Harry qui le regardait avec inquiétude, le souffle court, les joues écarlates. La lutte avait eu raison des boutons de sa chemise qui pendait, ouverte et déchirée au niveau de l'épaule. Lucius sourit, jouissant du spectacle et pour une fois, fort de son bon droit.
-Ecoutez moi…Supplia le garçon. Je dois vous expliquer.
Oh, cette voix pressante et affolée ! L'homme ne pourrait bientôt plus contrôler ni dissimuler la fièvre qui l'enflammait …Et à quoi bon d'ailleurs ? Le voleur ne méritait-il pas un châtiment exemplaire ?
Mais qu'est-ce que le gamin allait bien pouvoir trouver pour sa défense ?
Soudain, la curiosité prit la place de l'impatience dans l'esprit de Lucius. Après tout, ils avaient quelques heures devant eux. Avant d'aller plus loin, il serait amusant de mettre Harry dans l'embarras en écoutant ses explications qui n'allaient pas manquer d'être pitoyables ! Et Lucius profiterait plus longtemps de ce joli tableau, qui, grâce à l'éclairage mouvant des torches murales, valait mille fois les Caravage qu'il avait admirés à Venise…
-Vas-y, dis moi tout…Murmura-t'il, restant à une distance raisonnable, la baguette toujours menaçante.
-Dans cette…position ?
-Evidemment ! Tu ne crois quand même pas que je vais t'offrir un fauteuil, alors que tu es venu m'attaquer lâchement dans mon sommeil ? Moi qui te faisais confiance !
Le gamin parut accablé mais trouva assez de contenance pour répondre.
-Bien…Si vous y tenez. Je…Je vais commencer par le début.
A l'évidence, Harry était très mal à l'aise et cherchait désespérément ses mots.
-C'est çà. Par le début ! Approuva Lucius avec un sourire en coin. Après une hésitation, il fit demi-tour et s'installa tranquillement en travers du lit face à Harry, s'allongeant et jouant avec sa baguette, la tête appuyée sur son autre main.
Le garçon avala sa salive puis rejeta d'un mouvement de tête ses cheveux en arrière. Des mèches collaient à son front et à ses tempes. L'atmosphère était étouffante.
-Eh bien, qu'as-tu à dire pour ta défense ? reprit Lucius avec une certaine impatience, passant volontairement la langue sur ses lèvres d'un air gourmand.
Harry s'éclaircit la gorge.
-J'ai été élevé par des moldus, comme vous le savez.
-En effet. Ce sont eux qui t'ont appris à voler les gens ? Dumbledore aurait pu au moins te confier à une famille honnête !
Le garçon secoua vivement la tête avant de reprendre d'une voix un peu plus assurée.
-Oh non, ce sont des gens on ne peut plus rangés, ils détestent les voleurs et tout ce qui ne fait pas partie de ce qu'ils estiment être la bonne société.
-Alors, c'est que tu as eu de bien mauvaises fréquentations…A leur insu ?
-Laissez moi parler ! Protesta le jeune insolent. Ces gens avaient l'habitude de …de m'affamer. Aussi, la nuit, je me réveillais souvent le ventre creux, criant famine.
Lucius vit la sincérité sur le visage du garçon. Son attention grandit.
-Souvent, donc, je me levais silencieusement et je descendais à la cuisine pour ouvrir le réfrigérateur ou un placard, et grignoter tout ce que je pouvais…
-Rien de plus légitime…Murmura Lucius .
-Mais ma tante a fini par remarquer que son frigo se vidait bizarrement pendant la nuit, et …
-Ils ont installé un piège à souris ?
-Oui, en quelque sorte. Ils se sont juré de me prendre en flagrant délit. Mon oncle s'est embusqué une nuit dans la cuisine, et au moment où j'ouvrais la porte du réfrigérateur, il m'a sauté dessus.
-Quel âge avais-tu ?
-Oh…6 ou 7 ans.
-Tu n'utilisais pas la magie à l'époque ?
-Je ne savais pas que j'étais un sorcier.
Impressionné, Lucius émit un léger sifflement. Décidément, ce gamin était étonnant.
-Alors, que s'est-il passé ?
-Après m'avoir sérieusement rossé, il m'a enfermé à clef, dans un placard sous l'escalier. C'est là que j'ai passé les années suivantes.
Etrangement ému, Lucius observait le visage tourmenté de Harry dont la lueur douce et vacillante des torches dessinait les traits.
-Les sales brutes…Et Dumbledore a laissé faire ça ?
-Il…Il ne le savait pas... je suppose. Mais ce n'est pas pour me lamenter que je vous raconte cela. Une nuit, il s'est passé quelque chose d'étrange.
Avec un sens impressionnant du suspense, le garçon marqua un temps d'arrêt.
-Dans mon sommeil, je me suis levé, poussé par la faim, et la porte du placard, qui était pourtant verrouillée, s'est ouverte doucement…Vous allez me dire : puisque je dormais, comment ai-je pu m'en rendre compte ?
-En effet…Les somnambules ne se souviennent en général de rien.
-J'ai compris bien plus tard le phénomène. Je dormais, j'avais faim, la porte du placard s'ouvrait. J'allais manger à la cuisine, puis je revenais, toujours en dormant, et la porte se verrouillait à nouveau.
-Bizarre. Mais venant de toi, rien ne m'étonne, mon cher Harry…Dit doucement Lucius.
-Le problème, c'est que mon oncle et ma tante ont constaté que les vols avaient repris. Et là, ça s'est singulièrement compliqué…
Lucius se sentait bercé par la voix de Harry-Shéhérazade. Le garçon continuait son histoire de plus en plus délirante, avec un don extraordinaire pour le petit détail qui rend le tout amusant et surtout, parfaitement crédible. Les nombreuses digressions allongeaient d'autant le récit.
De cette fable à « dormir debout », il fallait comprendre que Harry, depuis son plus jeune âge, se levait la nuit et allait explorer son environnement, à la recherche de nourriture, ou d'autre chose quand il n'était pas affamé. Les représailles à répétition de sa terrible famille n'avaient fait que stimuler son ingéniosité et ses incroyables dons magiques. Sans savoir comment, il avait réussi à faire en sorte que les paquets de biscuits qu'il ouvrait se retrouvaient scellés sans trace d'effraction, ou que le bloc de beurre reprenait sa forme initiale après qu'il y eût largement goûté.
-Mais tout ce beau conte ne m'explique pas ce que tu es venu faire dans ma chambre cette nuit ?
Harry appuya la tête contre le mur derrière lui. Son visage exprimait une réelle fatigue. Au lieu de répondre à la question, il lâcha dans un souffle.
-Je n'en peux plus…Pouvez vous me libérer ?
Lucius ricana, mais continua à jouer avec sa baguette.
-Ne penses-tu pas que tu me dois d'abord des excuses ?
-Mais.. . je n'ai pas fini…S'empressa de dire Harry, à nouveau alerté.
-En effet, tu m'as raconté une belle histoire, mais tu ne m'as nullement expliqué pourquoi tu venais farfouiller sous mon oreiller. A ce que je sache, ce n'est pas là que je stocke les barres de chocolat. Et tu n'étais pas affamé ! Je t'ai nourri correctement, hier soir !
Rouge et embarrassé, Harry soupira.
-Je vais vous expliquer. Mais d'abord…J'ai soif…
Le petit malin cherchait à retarder par tous les moyens le vrai moment de s'expliquer. Il allait comprendre à qui il avait à faire ! Sans répondre et sans bouger de sa place, Lucius fit venir une des grappes de raisin italien qui était restée sur la table. D'un wingardium leviosa, il la guida jusqu'à ce qu'elle s'arrête à la hauteur du visage du gamin. Les gros grains verts lui taquinaient la joue et caressaient sa lèvre supérieure.
-Allez, sans les mains ! L'encouragea Lucius avec un sourire ironique.
Il contempla avec délice la langue du garçon attraper habilement les grains bien gonflés et les amener jusqu'à ses lèvres expertes qui à leur tour se refermaient délicatement autour du fruit et le happaient avec un plaisir si contagieux que Lucius se sentit pris du désir de goûter à la fois au fruit juteux et aux lèvres entre lesquelles il disparaissait.
Quand Harry eut mangé trois ou quatre grains, Lucius attira d'un sort la grappe jusqu'à lui pour en prendre à son tour.
-Je t'écoute…Dit-il en détachant un grain avec sa bouche.
-Oh…C'est que j'ai encore soif ! Protesta Harry avec un demi sourire.
Le Mangemort renifla, feignant d'être excédé. Le gamin voulait jouer ! Très bien, Lucius ne demandait pas mieux. Avec une apparente mauvaise grâce, il fit apparaître un verre d'eau devant le garçon. Le liquide lançait des reflets à hauteur de ses yeux. Les mains toujours fixées au mur, Harry était incapable de le saisir. Il regarda son tourmenteur avec une expression désespérée qui fit rire Lucius.
-Allez, viens le chercher ! Dit l'homme en agitant sa baguette.
Le garçon faillit s'écrouler par terre quand ses bras se détachèrent. Il retrouva plus ou moins son équilibre et avança la main tendue à la suite du verre qui se déplaçait lentement, flottant dans l'air, en direction du lit.
-Je n'irai pas plus loin ! Murmura Harry, s'arrêtant à un bon mètre, le verre se trouvant quasiment au dessus de Lucius. Ce dernier partit à nouveau d'un éclat de rire. Il s'amusait comme un petit fou.
-Je ne vais pas te manger ! Regarde, je l'écarte …Tu peux venir !
Harry s'enhardit, avança et tendit à nouveau la main. Le verre s'éloigna et descendit, l'obligeant à s'asseoir pour s'en emparer. Visiblement malgré lui, il se mit à rire à son tour.
-Installe toi ! Il y a de la place pour deux ! Prends un oreiller ! Invita aimablement Lucius tandis que Harry buvait enfin avec soulagement. Le garçon, tout en surveillant son tuteur du coin de l'œil, posa le verre sur la table de nuit et ramena les jambes vers lui pour les croiser en tailleur, le dos calé contre un des gros coussins.
-Allez vas-y maintenant, dis moi tout…. Reprit Lucius tout en chatouillant négligemment du bout du doigt la plante d'un des pieds nus du garçon, gardant cependant prudemment la baguette hors de sa portée.
-Certaines nuits, dans mon sommeil, je vois … quelque chose que je désire ardemment…
-Sans blague !…Tu sais que tu n'es pas le seul à avoir ce genre de vision ? Ricana Lucius. Devine qui m'apparaît, à moi, au milieu de mes rêves ? Tu ne vois pas ? Non…? Bon, mais si je comprends bien, cette nuit, c'est ton cher tuteur qui t'est apparu en songe et que tu es venu trouver…
Harry laissa échapper un rire léger.
-Non, pas vraiment. Désolé !
-Dommage ! Je me disais aussi…
-C'est ma cape d'invisibilité, héritée de mon père, qui flottait devant mes yeux…Je suis arrivé ici sans savoir comment. Elle doit se trouver dans cette pièce, non ? Dit le garçon en regardant autour de lui.
-Mais que cherchais tu sur le chevet, sous mon oreiller ? Quand même pas ta cape ?
-Je dormais…Ma main agit seule dans ces cas là, sans que ma volonté intervienne d'aucune manière.
-Là, tu pousses un peu loin le bouchon, tu ne crois pas ?…Tu te crois dans les « Mille et une nuits » ?
Amusé par la mauvaise foi évidente du gamin, mais quelque peu assoiffé, le Mangemort fit apparaître un verre de whisky pour lui, et le conte se prolongea. Lucius s'était carrément allongé, et Harry, à présent beaucoup plus décontracté, était affalé sur le ventre dans les gros oreillers, battant des jambes, croisant et décroisant les doigts, ébouriffant sa tignasse, baillant à s'en décrocher la mâchoire tout en racontant ses fadaises, quand il n'écoutait pas Lucius qui ajoutait ses propres souvenirs plus ou moins transformés à ceux du garçon.
-Regarde moi un instant, Harry ! Murmura soudain Lucius. Je voudrais voir quelque chose…
Sans méfiance, Harry leva les yeux vers lui. L'homme , voyant l'heure avancer dangereusement, avait décidé de passer à la vitesse supérieure. S'il était mauvais en occlumencie, il se souvenait tout à coup qu'il avait toujours montré quelques dons pour l'hypnose.
Bien qu'il n'eût pas fait usage de cette technique depuis un temps certain, il devait lui en rester quelque chose. Et le gamin était mûr à point. Il accrocha le regard du garçon trop fatigué pour être sur ses gardes et ne le lâcha plus, lui parlant doucement.
-Tu te rappelles le jour où tu es monté pour la première fois sur un balai ? Le vent dans tes cheveux ? L'air frais sur tes joues ? La lumière tout autour de toi ? Les cris de ceux qui apprenaient à voler avec toi, et qui restaient tout en bas, alors que toi, tu planais très haut dans le ciel, comme un oiseau les ailes ouvertes…
Lucius savait que Potter était particulièrement doué pour le quidditch. Il l'avait d'ailleurs déjà vu à l'œuvre et secrètement admiré à Poudlard. Sûr que l'évocation de ce plaisir intense ferait rêver Harry, il continua sur le même ton. Les yeux verts, piégés par ceux de Lucius, étaient devenus à la fois fixes et absents, tandis qu'un léger sourire flottait sur les lèvres du garçon. Puis ses paupières commencèrent à se fermer, sa tête à osciller et il finit par la laisser tomber dans l'oreiller, profondément endormi, du moins en apparence.
Lucius se pencha vers lui.
-Tourne toi sur le dos ! Ordonna-t'il d'une voix douce, mais ferme.
Mou comme une poupée, Harry obéit docilement, les yeux clos. Sa respiration restait calme.
-Parfait ! Je n'aurais pas cru que ça serait aussi facile. Et dire que j'ai attendu tout ce temps ! Marmonna Lucius. Retire tes lunettes ! Dit-il d'une voix plus sonore.
Le garçon s'exécuta et Lucius prit les lunettes qu'il déposa sur le chevet.
-Et il paraît que tu résistes à l'Impérium ? Elle est bien bonne celle là ! Ricana Lucius intérieurement. A quoi bon une baguette magique ? Très bien, monsieur Potter ! Vous voilà enfin entièrement à ma merci !!
………………………………………….
Deux bonnes heures s'étaient écoulées quand il y eut soudain des coups frappés à la porte de l'appartement. Alerté, Lucius se redressa. Harry, complètement avachi, ne broncha pas.
-Bon sang, qui çà peut bien être…Quoi, il est déjà cinq heures et demie ? Il fait presque jour ! S'écria Lucius en secouant Harry et en sautant du lit pour enfiler sa robe d'intérieur. Fripouille, tu m'as fait perdre toute notion du temps ! Grogna-t'il sur un ton de reproche affectueux, en se dirigeant vers la porte. "Qui est là?" Cria-t'il sans ouvrir.
-C'est Mrs Malefoy, votre épouse ! Dit la voix de Ken.
Lucius revint en courant dans la chambre, ouvrit un tiroir et en sortit la cape d'invisibilité qu'il jeta à la figure d'un Harry migraineux, totalement ahuri, cherchant ses lunettes et ne comprenant ni où il était, ni ce qu'on attendait de lui.
-Dépêche toi de mettre ça et file dès que possible. Rejoins ta cellule. Je te ferai appeler, l'esclave viendra te chercher dans la journée...
Il était déjà devant la porte tandis qu'il finissait sa phrase à voix basse, et Harry invisible, qui commençait à y voir plus clair, tituba jusqu'à sa chambre pour rassembler ses quelques affaires.
Lucius ouvrit la porte et sa femme entra.
-C'est incroyable! Vraiment incroyable!
-Tu es sûre que tu n'es pas en train de faire un affreux contre-sens?
-Mais non, Ron. C'est incroyable parce que c'est tellement extraordinaire! Tu veux savoir ce que j'ai compris?
-Ca fait trois heures que tu n'arrêtes pas de t'exclamer en traduisant ce bouquin, alors vas-y, crache le morceau!
-Parfait. Ecoute bien!
Les cheveux négligemment relevés, le visage entouré de petites mèches qui dégringolaient de son chignon, Hermione était assise devant le bureau de Sirius, un gros dictionnaire de runes posé devant elle. Assis par terre sur le vieux tapis élimé, Ron triait un tas de vieux papiers, cherchant tout ce qui concernait Regulus, le frère de Sirius, et admirant à la dérobée la grâce de son amie.
-Ce lieu, Godric's Hollow, a servi de refuge à Godric Gryffondor lors de la guerre de Bat…Oh, je n'arrive pas à déchiffrer ce nom, et jamais Binns ne nous a parlé de ça à Poudlard ! Reprit la jeune fille avec impatience.
-Ah, parce qu'il nous a parlé de quelque chose ? J'ai tellement bien dormi pendant ses cours que je ne me souviens de rien.
Hermione soupira, résignée.
- Je n'en attendais pas moins de toi. Bref, je n'ai pas très bien compris ce passage là, mais il semblerait qu'il ait été pourchassé par des partisans de Serpentard.
-Ca ne m'étonne pas ! Déjà à l'époque, ils étaient à couteaux tirés.
-Moui, il semblerait que la paix ne régnait plus depuis un moment entre les Fondateurs. Bref, Gryffondor s'était retiré plus ou moins en ermite au fond de cette forêt et y a vécu secrètement plusieurs mois durant. Pour se ménager une possibilité de fuite, il a mis au point un système lui permettant de rejoindre les souterrains de Poudlard.
-Quoi?
-Tu as bien entendu, Ron. Arrête de prendre cet air ahuri ! Figure-toi que la colonne qu'il a bâtie était en fait une porte ouvrant un passage vers l'école, ou plutôt, vers ses fondations.
-Comment ça?
-Voilà, si j'ai bien compris, la figurine de lion, qu'il a taillée lui même à cette époque, dans la même roche, s'encastre dans une petite niche qui lui est réservée en haut de la colonne . Nous ne l'avons pas vue parce qu'il faut prononcer une incantation particulière, que je n'ai pas traduite, pour que cette niche apparaisse. Quand la figurine est à sa place, il suffit de dire une formule en touchant le pilier de ta baguette et tu te trouves transporté dans les souterrains de Poudlard.
-Bon sang! Tu crois que James savait ça?
-Certainement! C'est probablement pour cette raison qu'il est venu s'installer là avec Lily et Harry.
-Mais pourquoi ça n'a pas marché, quand Vol...Voldemort a débarqué? Ils auraient pu s'enfuir !
-Je ne sais pas… Je suppose...qu'ils n'ont pas eu le temps ?
-Quel gâchis! Et Dumbledore, il devait être au courant!
-A coup sûr ! Mais cela représentait un danger pour l'école. A mon avis, c'est pour ça qu'il a gardé le lieu secret.
Ron resta rêveur un moment avant de dire doucement:
-Alors Voldemort savait que cette colonne était marquée du sceau de Gryffondor, s'il en a fait un horcruxe.
-Oui. Mais il devait ignorer l'accès qu'elle offrait vers Poudlard.
-Pourquoi? Il s'en serait servi ? Lui non plus, il n'en a pas eu le temps!
-Ce qui est étrange, continua la jeune fille songeuse, c'est que Dumbledore ait laissé traîner sur place la figurine et ce livre, après les évènements tragiques qui s'y sont produits…
-C'est vrai…Il a peut-être souhaité que Harry vienne un jour sur les lieux et trouve tout par lui-même ?
Hermione se caressait pensivement la joue avec la plume qui lui avait servi à noter la traduction.
-Peu importe. Dumbledore est malheureusement parti avec ses secrets…Il va falloir détruire cette colonne, s'il est prouvé qu'il s'agit d'un horcruxe.
-Quel dommage! Tu te rends compte, Harry aurait été rudement intéressé par cette découverte! Ca l'aurait rapproché de son père ! Et on aurait pu essayer de faire le grand saut ...Un nouveau moyen de débarquer à Poudlard, incognito, au nez et à la barbe du vieux Rusard !
-Je ne suis pas certaine que Mac Go aurait apprécié . Le coup de la voiture volante lui a suffi, si tu veux mon avis !
-Dis moi, c'est une drôle d'heure pour débarquer chez les honnêtes gens!
-Je te dérange? Aurais tu oublié que je suis ta femme, mon cher Lucius?
-Nullement! Mais je dormais à poings fermés, et je dois dire que je t'attendais plus tard dans la matinée.
-Bizarre, tu n'as pas l'air de quelqu'un qui dormait à poings fermés. Et ton haleine empeste le whisky ! Elle marqua une pause tout en se promenant dans le salon, l'œil critique.
- Je te dois une explication, c'est vrai. Continua-t'elle. J'ai préféré partir au moment où les aurors qui occupent le manoir dormaient tous comme des souches. En général, ils arrivent à tenir jusqu'à trois, quatre heures du matin, puis ils craquent et s'endorment. Ils se réveillent ensuite vers six heures…J'en ai profité pour transplaner. J'avais prévenu le Maître, bien entendu !Il n'a eu qu'à m'appeler à l'heure que je lui avais indiquée !
-Très astucieux ! J'espère que tu as été prudente et que tu n'as laissé aucun indice !
-Je vois que tu me fais confiance !
-On n'est jamais assez vigilant ! Lucius s'éclaircit la gorge. Désolé, ta chambre ne doit pas être prête.
-Oh, je ne m'attendais pas à ce qu'elle le soit. Par contre, je boirais bien quelque chose…
Lucius ouvrit grand la porte pour appeler Ken. Harry en profita pour se glisser dans le couloir.
Caché sous la cape, il avait brusquement l'impression d'avoir retrouvé la liberté. Il se sentait épuisé et il avait mal à la tête, mais il savait qu'il devait profiter de ce moment pour faire avancer le plus possible sa mission. Lucius était le seul à savoir qu'il se baladait actuellement librement dans la cité, invisible et donc dangereux. Et le Mangemort était occupé avec sa chère épouse…
Mais que pouvait entreprendre le garçon sans l'aide d'une baguette, les mains chargées de ses vêtements, tout en maintenant tant bien que mal la cape en place ?
Le fiasco de son expédition chez Lucius lui avait enlevé toute confiance dans ses propres capacités. Que s'était-il passé ? Il avait sans doute réveillé le Mangemort en fouillant sa table de nuit. Sa maladresse était impardonnable…Tant bien que mal, se souvenant de l'inventive Shéhérazade, il avait réussi ensuite à retarder le plus possible l'heure de rendre des comptes -et de passer à la casserole, en racontant des histoires plus ou moins véridiques.
Mais à un moment dont il ne parvenait pas à se souvenir, il avait perdu le contrôle. Il s'était endormi. Qu'avait fait ensuite Malefoy ? S'était-il contenté de le regarder dormir ? Sans doute, car toute action brutale n'aurait pas manqué de réveiller sa victime. Et si Harry avait subi un outrage, il en aurait ressenti maintenant les effets. Pourtant, il lui semblait peu crédible que l'homme se soit contenté de le laisser piquer un petit roupillon en restant les bras croisés. Lui avait-il jeté un sort d'oubliettes ? Avait-il d'une manière ou d'une autre, grâce à la magie, effacé les traces ? … A cette pensée, il sentit son estomac chavirer de dégoût.
Il était temps de se ressaisir. Chassant ses idées malsaines et improductives, Harry se persuada que rien ne l'empêchait d'aller explorer des recoins auxquels il n'avait pas eu accès jusque là. La courte cheminée par laquelle descendaient les hiboux l'intriguait fortement. C'était l'occasion où jamais de la localiser. Si elle n'était pas trop étroite, elle pourrait peut-être servir par la suite d'issue de secours pour Ginny et lui ?
Sans hésiter, Harry choisit le couloir qui montait. La cité était déserte à cette heure matinale.
Par où était donc arrivée Narcissa ? Elle avait communiqué d'abord avec Voldemort, sans doute par hibou, et le Maître l'avait fait venir par transplanage, grâce à la Marque, comme il avait dû le faire pour Ludmila. Tout cela restait finalement assez obscur, et personne ne s'inquiétait d'informer Harry sur ce genre de détails. A l'évidence, on ne lui faisait aucune confiance.
Il arriva en vue d'un sas. Comment passer ? Le factionnaire dormait sur une chaise, mais sans baguette, Harry ne pouvait espérer ouvrir la lourde porte verrouillée. Devait-il risquer de s'emparer de celle du garde ?
Silencieusement, le garçon se rapprocha de l'homme. La bouche ouverte, le garde ronflait bruyamment. Sa baguette devait se trouver dans une des poches de sa cape prévues pour cet usage.
Les mains encombrées de ses vêtements, gêné par la cape d'invisibilité, Harry n'était guère habile et quand il effleura la poche du factionnaire, ce dernier se redressa brusquement, l'œil hagard. Harry recula précipitamment pour se trouver hors de portée de l'homme.
-Qui va là ! Lança le garde en se levant et en sortant aussitôt sa baguette de la poche que Harry avait tenté de fouiller.
Raide comme une statue et retenant son souffle, l'adolescent attendit cinq bonnes minutes que l'autre se calme et se rassoie, soufflant et pestant dans sa barbe contre ses cauchemars et l'inconfort de sa chaise.
Puis il partit à pas de loup, revenant sur ses pas. Découragé et convaincu de sa propre nullité, il avait renoncé à toute idée d'exploration. Il serait à jamais prisonnier de ce cloaque, incapable d'accomplir une quelconque mission et de délivrer son amie.
Il n'avait plus qu'une idée en tête : trouver sa cellule et se coucher.
Mais il était si fatigué qu'il se perdit. Cherchant le couloir qui descendait vers le troisième niveau, il en prit un autre qu'il ne connaissait pas. Après avoir erré à l'aveuglette pendant un temps infini, faisant demi tour quand il apercevait un sas, il finit par repérer un renfoncement dans un mur. Epuisé, il s'y laissa tomber, cala sa tête sur ses habits et s'endormit aussitôt profondément.
-Alors, ce médaillon, il est passé où ? Grogna Mondingus à l'antiquaire qui leur souriait d'un air sournois.
-Je te l'ai déjà dit, mon cher Mondingus. Je l'ai vendu une bricole à un inconnu qui est parti sans laisser d'adresse.
-Vous mentez ! S'énerva Rémus en sortant sa baguette, l'expression menaçante.
Ils avaient quitté le square Grimmaurd de bon matin, malgré la nuit courte, pour se mettre en quête du fameux médaillon de Serpentard. Les membres de l'Ordre ne devaient débarquer que vers onze heures, et Remus avait tenu à partir à la recherche du médaillon avant la réunion.
Désireux de se faire pardonner, Ding l'avait conduit dans le dédale -encore peu fréquenté à cette heure- du Chemin de Traverse, jusqu'à l'Allée des embrumes, quartier qui semblait bien connu du vieil ivrogne, au contraire de Remus qui n'y avait jamais mis les pieds. Là, ils avaient encore tourné un moment dans les ruelles avant d'entrer dans une boutique encore plus miteuse que celle de Barjow et Beurk. La porte branlante avait carillonné bruyamment pour prévenir le propriétaire des lieux.
C'était un homme aussi propre et frais que sa boutique était sale et défraîchie. En reconnaissant Mondingus, il avait paru légèrement mal à l'aise et avait dévisagé Remus avec inquiétude. Le loup garou s'était présenté comme un simple ami, à la recherche d'un cadeau pour sa fiancée. Mieux valait ne pas alerter l'homme sur l'importance de leurs recherches.
-Oh, pourquoi vous énerver, mon bon monsieur ? J'ai beaucoup d'autres articles dans cette boutique qui pourraient plaire à votre future !
-Le problème, c'est que vous ne nous dites pas la vérité ! Insista Lupin, la baguette toujours levée. Son instinct de loup garou ne pouvait pas le tromper.
L'homme se troubla.
-Mais ce médaillon, si j'ai bon souvenir, ne présente aucun attrait ! En plus, il est impossible à ouvrir.
-Raison de plus pour que personne n'ait eu envie de vous l'acheter !
-Mais pourquoi tenez vous tant à le reprendre ? On pourrait le faire fondre pour récupérer le matériau…Je peux me charger de la transformation et vous faire parvenir l'or, si vous le désirez !
-Non ! Je tiens à offrir ce médaillon là à ma fiancée, j'aime sa couleur et la qualité de son décor extérieur. Nous trouverons bien le moyen de l'ouvrir ! Vous allez nous l'apporter immédiatement, et sans discuter. Nous sommes prêts à vous le racheter un meilleur prix que ce que vous avez payé à Mondingus quand il vous l'a présenté.
L'homme sembla hésiter. Son regard faux et suspicieux allait de l'un à l'autre, mais l'attitude résolue de Remus eut finalement raison de sa mauvaise volonté.
-Si vous insistez…Marmonna finalement le receleur. Mais votre fiancée va penser que vous lui faites une mauvaise blague, si je puis me permettre…
-Ding va vous accompagner, histoire que vous fassiez bien ce qui vous est demandé. Coupa Remus d'un ton sans réplique.
Mondingus partit à la suite du marchand qui s'enfonça dans l'arrière boutique, tandis que Remus, rangeant sa baguette, se mettait à flâner entre les étagères, à la recherche…mais oui, pourquoi pas, d'un vrai cadeau pour Tonks !
-Potter !
Le garçon se réveilla en sursaut. La cape s'était envolée, attirée par un accio. Droit comme la justice et sombre comme un vautour, Severus Snape se tenait debout devant lui. Dans son sommeil, Harry avait certainement dévoilé un pied ou une main qui l'avait signalé à l'attention du Mangemort.
-Que faites vous dans ce secteur ? Lucius vous a chassé de son lit ?
Le rouge de l'humiliation et de la fureur monta brutalement aux joues de Harry.
-Je vous interdis de me parler sur ce ton !
-Pourquoi étiez vous caché ? Continua imperturbablement Snape . Qu'est-ce que vous manigancez encore ? Et qu'est-ce que c'est que cette tenue ?
L'esprit confus, Harry chercha une réponse qui n'aggrave pas trop son cas.
-Je…Je me suis perdu…Bafouilla-t'il, essayant vainement de fermer sa chemise en loques, aussi mal à l'aise que lorsque l'ex-professeur le surprenait en vadrouille la nuit dans les couloirs de Poudlard.
-Je vois que vous reprenez vos bonnes vieilles habitudes de mensonge et de dissimulation ! Conclut Snape avec mépris. Suivez moi !
-Où m'emmenez vous ?
-Là où vous êtes sensé être. Chez votre tuteur.
-Heu…Il vaudrait mieux…
-Je vous écoute, Potter.
-Je cherchais à regagner mon ancienne cellule, et je ne l'ai pas trouvée.
Snape eut un rictus moqueur.
-Ne comptez pas sur moi pour vous servir de boussole. Et si vous avez des problèmes avec Lucius, ce n'est pas mon affaire. Je vous conduis auprès de lui, il verra lui-même ce qu'il convient de faire de vous. A moins que vous préfériez que je vous amène au Maître ?
-Oh…Non !
Snape rit méchamment.
- Passez devant !
-Puis-je récupérer ma cape ?
-Certainement pas ! Je ne comprends même pas comment elle a pu se trouver entre vos mains !
Sous la menace de la baguette de Snape, Harry fut bien obligé de remonter vers l'appartement de Lucius. Il espérait de tout cœur que Narcissa aurait déjà quitté les lieux. Regardant sa montre, il vit qu'il était à peine huit heures. La femme devait finir de déjeuner, ou goûter un repos réparateur dans sa chambre.
Quand ils arrivèrent en vue de la porte des Malefoy, Harry aperçut avec soulagement Ken qui venait à leur rencontre.
-Oh, Harry ! S'écria le jeune esclave. Je t'ai cherché partout!
Snape ricana, tandis que Harry bredouillait une explication. Ken proposa de conduire le garçon à sa cellule, mais le maître des potions refusa catégoriquement.
-Il n'en est pas question. Annonce nous à Lucius ! Je tiens à laisser ce garçon entre de bonnes mains.
Comprenant qu'il ne servait à rien d'insister, Ken s'exécuta. Il frappa à la porte et entra. Un instant plus tard, il réapparut et fit signe à Severus et Harry de le suivre. Tremblant d'appréhension, l'adolescent retint son souffle…
Alors, rassurés ? Pas vraiment, hein ? Ah, je sais, je suis une vraie peau de vache. Même si vous êtes furax, s'il vous plaît, laissez un commentaire!!
Maintenant, place aux reviewers, par ordre d'arrivée !
Le-fan-de-harry : Aha ! Le suspense de cette fin de chapitre ne te suffit pas, à ce que je vois ! Tu as raison, j'aurais pu couper plus tôt, et laisser Lucius venir à la rencontre de Harry…Il y a toujours de multiples options, et on est obligé d'en choisir une ! Mais pour ce qui est du comité d'accueil, je suis moins d'accord. Lucius tient à son intimité avec Harry et n'aurait pas apprécié que d'autres Mangemorts viennent squatter sa chambre pour surprendre son petit protégé en flagrant délit. Il s'est bien gardé de donner l'alerte !-En tout cas, merci pour ta review et à bientôt !
Nepheria : Merci pour ton appréciation enthousiaste ! Ca me fait plaisir !
Liv : Ouf, ta review est si riche que je ne sais par quel bout commencer !-Comme tu le dis si bien, Harry ferait mieux, pour pouvoir accomplir sa mission, de se couler dans le moule du parfait Mangemort, mais le problème, c'est qu'il en est incapable. Le doloris de Voldemort n'est pas très grave, mais l'interdiction de voir Ginny l'est plus, car Harry ne cesse de se ronger les sangs à son sujet, plus ou moins consciemment. -Qui a empoisonné Ginny ?Aha, les paris sont ouverts.- Ludmila est gentille, en effet. Tu comprendras pourquoi plus tard. Ce que Voldemort attend d'elle ? Elle lui a déjà donné beaucoup ( !), et il est fasciné par elle. Que veux-tu, je suis pour qu'il reste une part d'humanité à ce monstrueux psychopathe…-Ce que le ministère pense de l'enlèvement de Harry ? Tu en sauras plus là dessus dans le chapitre suivant (désolée, j'ai du mal à écrire du concentré, je m'étale beaucoup sur certaines scènes et après, il n'y a plus de place pour le reste…)-Harry va perdre la confiance de Lucius…Bof, était-elle très grande, cette confiance ? Lucius ne se fait guère d'illusion sur l'engagement de Harry du côté des Mangemorts et n'est pas excessivement surpris, comme tu le verras. Tu crains le pire pour Harry ?? Tu me diras si tes craintes se sont réalisées (ah, je suis sadique, je sais).-Bon, encore un immense merci et à bientôt j'espère !!
Venice : Bienvenue sur cette fic, merci pour ta review ! Je ne sais que répondre, il faut que tu lises le chapitre…Pauvre Harry, son séjour en pays Mangemort n'est pas de tout repos, il y laissera forcément quelques plumes !! A bientôt !!
Mika : Ah, j'aime vous torturer, et aussi savoir que vous aimez ça !! Merci de l'avoir écrit !! A bientôt pour de nouveaux supplices!
Esther Malfoy : Contente de trouver à nouveau un signe de toi ! Oui, on n'en sait pas beaucoup sur Hermione et les autres, mais ils avancent aussi de leur côté, comme tu verras dans ce nouveau chapitre. J'espère que l'histoire continuera à t'intéresser ! A bientôt !!
