Papa j'ai un secret

WARNINGS : violence et blah blah blah

Disclaimer : Tout ce que je possède, c'est mon corps.

Rating : M

A/N: Un peu de joie dans nos coeur!

Bonne lecture …

Papa j'ai un secret

Partie deux

- Rappelle-moi ce qui te plait chez elle ? demanda Paul à son fils alors que Madeline tirait Gillian vers la salle de bain.

Alfred déglutit. C'était vrai qu'il avait réfléchit à cette question, mais il avait eu tellement de mal à y trouver une réponse … Il regarda Arthur en face de lui pour un soutient moral, et s'expliqua.

- Elle est très … jolie.

- C'est tout ? demanda son père.

Alfred jura intérieurement, il ne savait pas comment on devait complimenter une fille, il ne l'avait fait qu'avec des garçons depuis son plus jeune âge.

- Elle est aussi très … hum, originale ? Et uh, intéressante … Riche ? Enfin, ce qui compte, c'est que je l'aime.

Paul hocha la tête, visiblement peu convaincu et se tourna vers Arthur. L'anglais avait l'air d'avoir un meilleur contrôle de la situation que son petit ami.

- Et toi, Arthur, qu'est-ce qui te plait le plus chez Maddie ?

- Et bien, pour commencer, la liste est vraiment longue, et je vais devoir m'en tenir au points les plus importants.

Alfred roula les yeux devant l'attitude hautaine de l'anglais. Il avait fallu du temps à Alfred pour lui apprendre à parler avec son cœur, plutôt qu'avec des mots compliqués.

- Je t'écoute … fit Alfred.

Arthur plissa des yeux en sa direction, et dans le regard d'Alfred, il pouvait voir que la conversation allait se transformer en une compétition.

- Madeline a une personnalité débordante de bienveillance.

- Ah ouais ? Et bein, Gill pense toujours à la personne qu'elle aime, c'est-à-dire moi, avant de s'occuper d'elle.

- Madeline cuisine comme une déesse.

- Gillian boit comme son père !

- Madeline sourit comme un ange.

- Gillian … hum …

- Madeline chante à merveille.

- Hum … G-Gill … Putain, pourquoi c'est aussi dur de lui trouver des qualités ?

Paul le regarda l'air déçu. Il soupira avant de prendre la parole.

- Je t'en prie, Alfred, dis-moi que tu as trouvé cette fille dans la rue, et qu'elle n'est pas ta petite amie …

Alfred rougit et regarda son assiette vide. Il pouvait toujours partir de cette idée … Mais ce serait avouer sa défaite, et il ne ferait jamais ça, surtout pas devant Arthur !

- Tu l'as bien regardée ? continua Paul, personne ne sera jamais capable d'aimer une telle personne, elle doit certainement faire le trottoir, vu qu'elle s'habille comme une prostituée. C'est le genre de fille qui ne trouvera jamais l'amour, et elle le mérite.

Paul se prit le contenu d'un verre de vin en pleine tête.

- GILLIAN ! cria la voix de Madeline derrière eux.

L'albinos se trouvait derrière Paul, un verre vide en main, et son visage fumait de rage.

- TU TE PRENDS POUR QUI FILS DE PUTE ! hurla-t-elle.

Madeline lui prit le verre des mains afin d'éviter une arme potentielle, et demanda à l'albinos de se calmer. Gillian ne l'écouta pas, et continua de verser sa rage sur l'homme couvert de vin. Il n'avait pas l'air impressionné le moins du monde.

- Et laisse moi te dire un truc, enfoiré ! J'ai trouvé l'amour !

Elle se retourna et embrassa Madeline avec force. Arthur et Alfred dirent « Non ! » d'une même voix mais il était trop tard.

- J'en ai rien à foutre d'Alfred, c'est qu'un enculé, littéralement ! D'ailleurs, il couche avec Arthur, t'es content ? C'est pas toi qui voulait qu'Alfred se trouve quelqu'un comme Arthur ?

L'homme se tourna vers Alfred, le regard menaçant. Le garçon déglutit, puis se tourna vers Arthur, qui fixait intensément Gillian visiblement mécontent.

- Mes enfants sont normaux.

La phrase jeta un froid dans leur petite pièce.

- J'ai raison ? demanda-t-il.

Un nouveau silence. Gillian, la plus audacieuse des quatre prit la parole.

- Bien sûr qu'ils sont normaux, ducon !

- Tu viens pourtant de me dire le contraire.

L'homme gardait un ton calme et posé. On aurait dit une autre personne. Sa froideur ne faisait qu'enflammer l'albinos.

- Je t'ai dit qu'ils étaient gays, putain, j'ai jamais dit qu'ils n'étaient pas normaux !

- Gill, implora Madeline, calme-toi s'il-te plait … Avant de faire quelque chose que tu pourrais regretter …

- Et toi là ! continua Gillian sans se soucier de sa copine et en pointant son doigt vers Alfred. Tu ne dis jamais rien ! Tu te prends pour un héros ? Tu restes là dans ton coin et laisse la petite amie de ta sœur, une fille se battre à ta place ! Je viens une fois de plus de prouver la supériorité du sexe féminin.

Alfred fronça des sourcils. Il était évident que Gillian disait cela pour qu'il sorte de sa torpeur, mais comme l'américain était incapable de lire l'atmosphère, il prit la remarque à cœur.

- Je sais mener mon propre combat merci, dit-il d'un ton menaçant.

- Ah ouais ? Amène-toi, qu'on règle ça ici même !

- T'as pas les couilles pour ça ! dit Alfred en se levant.

- Bien sûr que j'ai pas les couilles ! Mais j'ai des ovaires en béton !

Personne ne prêtait plus attention à Paul qui fulminait alors que la réalité le frappait. Ses enfants étaient bel et bien attirés par les personnes du même sexe. Les deux d'entre eux. Qu'est-ce qu'il avait fait de travers ?

Gillian invita Alfred à faire le tour de la table, et ce dernier le fit en courant, les poings serrés sur les côtés.

- Je vais te faire regretter d'être venue au monde, Ghost Girl !

Il leva la main, prêt à frapper, mais son bras fut retenu par sa grande sœur qui le supplia du regard d'arrêter.

- Maddie, laisse le se battre putain ! cria Gillian.

- LA FERME ! hurla la canadienne. VOUS TOUS ! Vous la fermez, tabernacle ! Vous êtes deux gamins ! À quoi vous jouez !?

La pièce retenait son souffle. Personne n'avait jamais vu Madeline en colère à ce point. Elle avait le visage rouge et les larmes aux yeux. Elle passa entre Gillian et Alfred et posa une main sur l'épaule de son père.

- Papa, je suis désolée, j'aurais aimé te le dire autrement … Pardonne-moi.

- Non, Madeline Je ne peux pas te le pardonner.

Des rivières jumelles coulèrent sous les yeux de la jeune fille. Elle se tourna vers Gillian, marcha vers elle et lui dit.

- J'espère que tu es satisfaite, conasse !

Et sans un regard en arrière elle quitta la pièce. Elle se mit à courir le long de la route. Ses escarpins serraient ses pieds comme jamais et elle avait mal.

Une fois suffisamment éloignée, elle s'assit sur le trottoir et laissa couler sa rage et sa peine sous forme de larmes. Elle en avait marre. Marre des comédies de Gillian, marre du comportement de son frère.

Elle enfonça sa main dans ses cheveux et tira. Elle avait envie d'avoir mal, de tout oublier. Elle releva la manche de sa robe grise et regarda les cicatrices décorant son avant bras.

À cette époque, tout était plus simple. Il n'y avait pas Gillian, elle ne voyait jamais Alfred et même si elle ne lui parlait pas, son père ne la rejetait jamais.

Elle était seule.

À l'époque, elle aurait tout donné pour être remarquée. Elle se mutilait dans ce but. Et maintenant qu'elle avait tout, elle n'en voulait plus.

Elle voulait être seule.

Peut-être c'était ça la solution à ses problèmes ... Retrouver le silence et la solitude ... Rompre avec Gillian.

Cette pensée lui fit mal au cœur. Elle avait trouvé quelqu'un qui l'aimait et qu'elle aimait, et pourtant elle n'en voulait pas. Elle n'en voulait plus ...

Quel comportement d'enfant pourri.

Elle se releva après cinq minutes à méditer et se remit à marcher vers la maison où elle ne serait plus jamais la bienvenue. Cette pensée faisait mal, aussi mal que de s'imaginer loin de Gillian ...

C'était deux sujets opposés. Son père et Gillian ... Ils étaient pourtant tous les deux toujours prêts à aider leur prochain ...

Il était gentil, même s'il prenait souvent les gens de haut. Et même s'il avait des lacunes niveau tolérance, il ne cracherait pas devant une personne ayant besoin d'aide.

Elle avançait en baissant la tête et entendit derrière elle le son d'une sirène elle se retourna pour voir arriver une ambulance. Elle la dépassa, et Madeline s'imagina un instant qu'elle était pour une des personnes chez elle. Avec Gillian, tout était possible ...

Elle rit à ce trait de caractère qu'elle adorait chez l'albinos. Elle accéléra le pas, sa nature inquiète lui disant que c'était fortement probable que cette ambulance soit pour Alfred ou son père.

Xx-xX

La porte d'entrée claqua alors que Madeline s'enfuyait dehors. Gillian se retourna vers Alfred, le cœur en flamme. Elle avait toujours eut un caractère assez chauvin, mais cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus ressenti une telle rage.

Elle était énervée contre Madeline pour l'avoir insultée, elle en voulait à Arthur de rester immobile, elle se sentait bouillir devant Alfred qui se contentait de regarder la porte prêt à courir après sa sœur, elle fulminait car Paul se tenait le ventre prêt à vomir, dégoûté de ses enfants. Cependant, le pire, c'était la rage qu'elle ressentait envers elle-même.

Comment avait-elle pu parler comme ça a la personne qu'elle aime ? Pourquoi était-elle incapable de résoudre ses problèmes diplomatiquement ? Et surtout, pourquoi avait-elle une fois de plus tout gâché ?

Dans le silence de la pièce où tout le monde était trop choqué pour réagir, les peurs primaires de Gillian se montrèrent à nouveau. Et si Madeline ne lui pardonnait jamais cette soirée ? Et si c'était la goutte d'eau faisant débordé le vase et que Madeline mettait un terme à leur relation ? Gillian serait à nouveau seule ... Plus personne pour la soutenir ... Elle avait eut tellement de mal à trouver quelqu'un qui l'aimait.

Quand elle réalisa ceci, Gillian comprit qu'il y avait quelque chose de plus important que sa colère pour le moment. C'était Madeline, dévastée et certainement en crise de larmes quelque part dehors. Rien que le fait de l'imaginer fit son cœur se tordre douloureusement dans sa poitrine.

- T'es contente de toi, Ghost Girl ?

Gillian, qui n'avait pas remarqué avoir baissé la tête la releva vers Alfred qui fulminait.

- Je t'avais pourtant prévenu, continua-t-il en faisant un pas qui fit craquer le plancher. Je t'avais dit que si tu blessais ma sœur, tu aurais à faire à moi !

Gillian laissa échapper un rire amer. Il pensait vraiment à ça dans un moment pareil ? Il avança vers elle d'un pas décidé et leva le poing.

- Alfred, stop ! dit Arthur.

C'était maintenant qu'il se réveillait ? Bien évidement, Alfred ne l'écouta pas et lança un poing dans le ventre de Gillian. Elle eut à peine le temps de serrer les abdos qu'il le frappait avec une force étonnante.

Gillian serra les dents en sentant qu'elle allait avoir un énorme bleu. Elle venait à peine de récupérer de son dernier match, étant albinos, elle marquait rapidement.

Elle se jeta sur Alfred qui se retrouva sur le sol avec Gillian au dessus de lui, lui donnant des coups de poings répétés au visage. Arthur se décida à arrêter l'albinos en l'attrapant par derrière pour la relever. Elle se mit à se débattre en tapant des poings et des pieds. Du coin de l'oeil elle pouvait apercevoir Paul figé devant tant de violence sous son toit.

Arthur finit par prendre un coup de coude dans le nez, le faisant saigner. Il ne fallut que cela pour réveiller en lui son instinct de bagarreur enfuit en lui depuis son adolescence dans la drogue et la délinquance. Il lança Gillian qui vola vers la table et qui glissa le long de celle-ci avant de s'imobiliser au milieu. Les plats et les assiettes volaient sur le sol, et pendant une micro seconde, Gillian eut peur qu'Arthur attrape un couteau, mais se rassura elle-même en se disant qu'il n'irait jamais aussi loin.

- Arrêtez ça immédiatement ou j'appelle la police !

C'était Paul qui se réveillait. Il était grand temps quand même ...

Elle se redressa sur les coudes seulement pour voir qu'Alfred et Arthur étaient flanqués à sa gauche et à sa droite lui tenant les bras. Elle gesticula dans tous les sens, frappant son bassin et ses jambes contre la table en bois.

- Deux mecs pour arrêter une gonzesse, huh ?

Elle continuait de gesticuler, faisant trembler le sol et les murs par les impacts de ses coups puissants sur la table. Elle ferma les yeux sous l'effort alors que ses bras se libéraient de plus en plus.

Soudain, elle entendit comme un craquement au dessus d'elle. Elle ouvrit les yeux et vit le lustre en couteau descendre d'un coup sec. Il chutait, une des pointes dirigée vers sa poitrine. Tout paraissait arriver au ralentit. Les cris de Paul au dessus de son crâne, quelqu'un la tirant par les épaule la faisant glisser en partie hors de la trajectoire de l'objet en chute, et Arthur et Alfred à ses côtés levant les bras pour attraper la mortelle œuvre d'art.

Cela ne suffit pas. L'objet s'écrasa sur Gillian, une des pointes s'enfonçant dans sa joue droit, juste en dessous de son œil et explosant les dents de sa mâchoire supérieure, et une autre lame lui transperça le bas ventre. Elle hurla, ne retenant ni sa voix ni sa douleur.

- Oh mon Dieu ! fit Paul dont la voix était masquée par les cris de l'albinos.

Il dut parler plus fort pour continuer.

- Surtout les garçons, tenez bien le lustre, il ne faut pas qu'il s'enfonce d'avantage et il ne faut pas le retirer non plus. Je vais appelez une ambulance.

Alfred et Arthur hochèrent la tête. Ils tenaient le lustre par ses lames, leur sang coulait sur la table. Arthur avait le cercle métallique éguisé d'où partaient toutes les lames enfoncé dans son épaule.

- Putaaain, Artie ! C'est d-de ma faute !

Arthur comprenait la détresse d'Alfred. Les cris de Gillian étaient insupportables. Il se sentait certainement coupable d'avoir lancé le premier coup. Ses mains et son épaule étaient en feu, et pourtant, il savait qu'il devait calmer l'albinos. Cependant, la douleur l'empèchait d'articuler et Alfred fut plus rapide que lui sur ce coup là.

- Gillian ! cria-t-il. Calme-toi ! Si tu ne te calmes pas tu vas mourir d'une hémorragie !

Cela sembla la calmer légèrement. Ses cris cessèrent, mais pas ses sanglots.

- M-Maddie ... J-je suis désolée Maddie ... Maddie, M-Maddie ...

Ses plaintes étaient à briser le cœur, mais cela signifiait qu'elle était en vie.

- C'est bien Gil, continua l'américain, reste calme, reste avec nous ...

- M-Maddie ...

Elle se contentait de répéter ce nom encore et encore, mais au moins, elle parlait. Elle crachait continuellement le sang s'accumulant dans sa bouche. Arthur était impressionné par le sang froid de son petit-ami. Paul revint, le front en sueur certainement à cause du stress et leur annonça que l'ambulance arriverait dans quatre minutes. Il avait un gant de toilette humide entre les mains et s'approcha de Gillian. Il le lui passa sur le front et essuya les larmes venant de son œil gauche avec.

- Tout va bien se passer, d'accord ?

Arthur se demanda se qu'il était arrivé à l'homme froid et homophobe avec qui ils avaient souper. Paul tentait de rassurer Gillian du mieux qu'il pouvait.

- Je vais mourir ... disait-elle, je vais m-mourir et Madeline ... M-Maddie ... Birdie ... Ma B-Birdie ...

- Shh, tu ne vas pas mourir, tout va bien ... Tu vas allez à l'hopital, et quand tu ouvriras les yeux, ma fille sera là ...

Ce furent les quatre minutes les plus longues de toute la vie d'Arthur. Ses bras tremblaient comme de la gelée et il ne sentait même plus ses doigts. Il allait certainement avoir besoin de points de sutures ... Quand les ambulanciers arrivèrent enfin, tout alla très vite. Alfred et lui durent enfin lever le lustre et les ambulancier mirent le corps de Gillian sur une civière. Lorsqu'ils demandèrent un accompagnateur, Paul se proposa.

Arthur se demanda pourquoi Alfred ne se proposait pas et le vit tomber en arrière. Il s'effondra sur le sol alors que l'ambulance démarrait sans que l'anglais ne réagisse. Il rejoignit précipitamment Alfred et retint sa respiration quand il vit dans quel état il était. Son poignet saignait abondamment là où une lame l'avait profondément coupé, la paume de sa main avait été transpercée entièrement, et une lame s'était décrochée et était toujours enfoncée dans son pied.

- Idiot ! Pourquoi tu n'as rien dit aux ambulanciers !

Sa vue était brouillée par les larmes et il ne savait pas quoi faire. Il retira sa chemise, ne le laissant qu'en tank-shirt, et la déchira en lamelles. Il en enroula une autour de son poignet, une autour de sa main et il retira la lame et la chaussure de son pied pour se trouver nez-à-nez avec sa chaussette imbibée de sang. Ses mains travaillaient automatiquement, enroulant le tissus autour de la plaie.

Il le prit dans ses bras et le porta comme on porte un nouveau né. La porte s'ouvrit violemment et Madeline fit son apparition, le visage paniqué.

- C'est maintenant que tu arrives ? Demanda Arthur.

Elle écarquilla les yeux en voyant le corps de son frère.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Où est Gillian ? Et Papa ?

- Je te raconterais ça en route, tu crois que tu peux conduire ?

Xx-xX

Madeline paniquait. Sa conduite n'avait jamais été si mauvaise de toute sa vie. Si elle avait croisé un autre automobiliste sur la route isolée vers l'hopital, il était clair qu'il y aurait eu impact.

Sa vue était brouillée par les larmes, ses mains et ses pieds tremblaient et deux fois elle avait confondu la pédale de frein avec l'accélérateur.

Arthur venait de lui raconter ce qu'il s'était passé. Madeline s'en voulait tellement ... Gillian était peut-être morte à l'heure qu'il était et c'était entièrement sa faute. Si seulement elle avait jeté cet affreux lustre ! Elle s'en voulait tellement avoir voulu rompre avec Gillian tout à l'heure ! Elle était la pire petite amie du monde entier ! Sur la banquette arrière et dans les bras d'Arthur, Alfred pâlissait de plus en plus.

Pour la deuxième fois dans sa vie, Madeline était heureuse que cette banlieue isolée possédait un hôpital. S'il avait fallu faire plus de trente kilomètres, Alfred serait déjà loin. Et dire que lors de sa première visite, c'était elle qui était pâle comme un linge et qui avait les poignets ensanglantés ...

Elle esquiva de peu deux voitures venant en sens inverse et une troisième deux kilomètres plus loin qui klaxonna à sa mauvaise conduite.

L'hôpital n'était plus bien loin, Madeline pouvait voir les phares de l'ambulance éclairés le bâtiment. Elle s'arrêta près de l'entrée et elle et Arthur sortirent en vitesse. La jeune femme voulait l'aider à porter son frère, mais sous l'adrénaline, l'anglais oubliait ses blessures et courait déjà vers le bâtiment. Madeline allait déplacer sa voiture quand une personne l'interpella.

- Mademoiselle, cette place est réservée aux ambulances, veuillez vous garer autre part.

Elle jura et se retourna vers la voix. Ce n'était même pas un membre de l'hôpital, juste une bourgeoise et son chien qui n'avait rien de mieux à faire qu'une ballade près d'un hôpital à onze heure du soir.

- Vous connaissez votre code ?! Hurla Madeline et la femme sursauta. Pour se garer, le moteur doit être arrêté, tabernacle ! Fermez votre gueule et dégagez de mon chemin ! Je n'voudrais pas risquer de vous écraser vous et votre cabot de merde ! Ma copine est catcheuse et pourrait vous botter l'cul !

C'était mal ... Elle ne devrait pas déverser sa colère, son stress et sa peur sur une inconnue ... Mais ça faisait tellement de bien. Fulminant, elle monta dans sa voiture, mit la marche arrière et démarra au quart de tour. Les pneus crièrent sur le sol puis elle partit se garer vingt mètres plus loin, sans enclencher la marche avant.

Elle sortit de la voiture et courut jusqu'à l'entrée, faisant un bras d'honneur à la femme en passant près d'elle. Une fois dans l'hôpital, elle chercha frénétiquement l'anglais du regard et le trouva. Arthur se tenait contre un mur du hall occupé par des infirmiers courant dans tous les sens et des personnes attendant des nouvelles d'autres patients.

Lorsque Madeline arriva au niveau d'Arthur, elle remarqua qu'il repoussait une infirmière brune voulant soigner ses blessures.

- Mais enfin Monsieur, disait-elle, si vous voulez mourir à cause d'une infection, c'est votre problème, mais nous ne voulons pas que votre sang tâche notre sol.

- Laissez-moi ! fit Arthur, je veux voir Alfred en premier !

Madeline s'avança encore puis s'arrêta net en voyant l'infirmière de plus près. Une brunette, des yeux clairs, un accent italien fort prononcé et une bouclette incoiffable ...

- Feliciana ?

Elle se tourna vers Madeline en inclinant la tête.

- Ve ? On se connaît ?

La jeune femme allait répondre quand son père fit son apparition, le front en sueur.

- Madeline, c'est quoi son nom de famille ? Ils en ont besoin pour accéder à son dossier !

- Beilschmidt, répondit-elle immédiatement. Gillian Beilschmidt.

- Ve ? Comme Luddy ?

- Pas maintenant Feli !

- Viens avec moi, dit Paul, c'est trop difficile à prononcer.

Madeline hocha la tête et se mit à le suivre. Elle cria à Arthur de se faire soigner alors qu'elle s'éloignait.

L'anglais soupira et tendit sa main à l'infirmière.

- Faites vite.

- Pas de problème, fit-elle joyeusement. Suivez-moi, ça ne sera pas long.

Arthur suivit la jeune femme jusqu'à une salle avec des lits et des milliers de produits. Elle le fit s'asseoir sur un des lits libres et commença par son épaule. Elle coupa la manche de son tank-shirt avec une paire de ciseau et commença son travail.

Elle nettoyait la plaie de son mieux lorsqu'elle posa une question :

- C'était qui la demoiselle qui connaissait mon nom ?

Arthur ne savait ni s'il devait répondre ni si elle avait le droit de poser la question, mais il ne voyait pas de mal à donner cette information.

- Madeline Williams.

Elle fronça les sourcils alors qu'elle sortait du fil et une aiguille. Arthur avala difficilement. C'était exactement pour ça qu'il ne voulait pas se faire soigner. Il ne trouvait pas naturel de recoudre un humain, ça lui donnait la chaire de poule. L'infirmière sentit son stress et lui sourit.

- Ne vous inquiétez pas, vous ne sentirez rien ...

C'était un mensonge, il le savait, ce n'était pas la première fois qu'il se faisait recoudre et il n'arrivait toujours pas à s'y faire.

- Parlez-moi si vous le voulez ... continua-t-elle.

Il serra les dents alors que l'aiguille lui traversait la peau.

- J'ai rien à dire ...

- Ve ! Alors c'est moi qui vais parlez ! Votre amie a parlé d'une Gillian Beilschmidt ... Est-ce qu'elle est une albinos allemande ?

Il sentit l'aiguille le transpercer encore une fois, puis une autre. Son souffle s'accélerait et il se dit qu'il ferait mieux de parler pour ne pas y penser.

- Oui ...

Elle accéléra sa couture et il ferma les yeux.

- Ve ... Elle a les cheveux court et s'habille avec des vêtements super larges et met du parfum pour homme et se bande la poitrine ?

Arthur ouvrit les yeux pour fixer Feliciana avec étonnement. Il avait du mal à imaginer Gillian, qui revendique sa féminité à tout bout de chant, en garçon manqué ... Elle bandait sa poitrine ? Elle qui en était si fière ? Il allait se servir de cette information contre elle ...

- Pas vraiment, répondit Arthur, mais elle est très égocentrique et vantarde. Elle boit souvent et aime faire la fête.

Elle coupa le fil, mit un bandage et prit ses mains. Elle recommença le travail avec la main gauche.

- Je crois que c'est la même que moi ... C'est la sœur de mon mari. Ve, elle était très gentille et elle m'a même embrassé avec la langue et les caresses ... Je voulais pas trop mais elle me disait que c'était ce que faisait les sœurs des petits copains en Allemagne ...

Arthur ferma à nouveau les yeux lorsqu'elle sortit une seconde aiguille. L'histoire de Feliciana lui était familière. Il se souvenait que Gillian avait embrassé une fille qui sortait avec son frère et que depuis ils ne se parlaient plus. L'anglais avait toujours trouvé ça exagéré pour un simple baiser ...

- Alors elle m'a embrassé et puis elle m'a déshabillé ... Elle m'a caressé les seins ... J'étais mal à l'aise mais je l'ai laissé faire.

Elle coupa une nouvelle fois le fil sans qu'Arthur ne réalise qu'elle avait déjà terminé. Il ne comprenait pas pourquoi elle lui racontait tout ça, mais le regard vide de la jeune femme lui dit qu'elle était déjà loin. Elle commença à désinfecter sa main droite tout en continuant.

- Elle s'est déshabillé aussi, et m'a dit que je devais aussi lui toucher les seins ... Je les faits et elle m'a sourit. On était toutes les deux nues et elle m'a dit qu'en Allemagne les filles se léchaient ... Là en bas quand elle voulait être amies ... Alors elle m'a lécher, mais ça ne me plaisait pas de trop ...

Elle sortit une troisième aiguille.

- Elle m'a demandé de le lui faire, je ne voulais pas et elle m'a dit que je ne voulais pas être son amie ... Alors je l'ai fait. Ça lui a plu plus qu'à moi parce qu'elle gémissait ... Elle m-m'a dit de m-mettre des doigts ...

Sa voix tremblait à présent. Arthur la regarda pour voir qu'elle pleurait. Il était vraiment mal à l'aise. Cette femme qu'il ne connaissait pas lui racontait son viol. Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire cette situation. Gillian avait abusé de la naïveté Feliciana et avait fait les préliminaires avec elle.

Elle continuait de le recoudre, ayant quelques hoquets de temps en temps. Lorsqu'elle eut terminé, elle se releva et le regarda dans les yeux.

- L-Ludwig est entré à ce moment là. Il m'a insulté pour l'avoir trompé et a traité sa soeur de monstre. Il l'a a-attrapé et forcé à regarder d-dans ses yeux. Il m'a dit qu'elle avait prit quelque chose et m'a d-demandé si elle m'avait donner quelque chose.

Elle baissa la tête et banda la main d'Arthur.

- Je n'avais rien prit, mais Gillian était droguée. J'ai du lui expliquer ce qu'elle m'avait raconté. Il m'a cru et a décidé de ne plus jamais adresser la parole à sa soeur.

Elle essuya ses larmes d'un revers de manche et lui sourit.

- Voilà ! Vous êtes réparé ! Ça aide de parler, n'est-ce pas ? Vous n'avez rien senti !

Arthur la regardait tristement. Il comprenait maintenant pourquoi les deux allemands ne se parlaient plus. Il se demanda si Madeline était au courant de cette histoire, ou si elle aussi avait été assez naïve pour tomber dans les pièges de séduction de Gillian.

Et si Gillian avait fait la même chose à Maddie ?

A/N: Je m'arrête là parce que je le veux! Il y aura une partie 3 alors :)

J'attends vos avis :) Je sais que le Yuri ne plait pas à tout le monde, mais moi, j'adore :D

J'ai un autre Yuri en cours d'écriture, je le posterai bientôt (ou pas, je dis ça à chaque fois xD), et je pense que ce sera le dernier avant un bon moment ... Dommage j'avais tellement d'idées pour de bons nyo!prucan ...

Un p'tit review? Même si c'est pour me dire que la blessure de Gilian est improbable ou illogique ... (j'ai fais de mon mieux, mais même moi je sais que c'est impossible ... C'est qu'une fanfic après tout lol)

Bye~!