Bonjour à tous mes chers lecteurs ! Merci merci à ceux qui prennent de leur précieux temps pour me dire qu'ils ont lu, qu'ils ont aimé ou au contraire, détesté…Si vous saviez comme ça compte pour moi ! Comme d'habitude, je vous réponds en fin de chapitre.

Oui, vous trouvez que Harry joue de malchance, c'est vrai que je ne le ménage pas. Et je ne suis guère plus tendre avec la pauvre Ginny. Mais avouez que si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, on n'aurait plus rien à raconter !

Certains semblent quelque peu contrariés de ne pas savoir ce qui s'est passé pendant les fameuses « deux heures »…D'abord, sachez que j'ai une grande confiance dans votre capacité à imaginer la scène…Et vous la décrire par le menu ne serait peut-être pas aussi intéressant que de vous laisser rêvasser et gamberger tout à votre aise. Certains préfèrent peut-être d'ailleurs rester dans le flou, ne pas avoir à se représenter les choses…Ensuite, si vous tenez vraiment à en savoir plus, et que vous ne pouvez vous contenter de ce qui va être révélé au fil des chapitres suivants, vous me le dites, je m'y attelle sérieusement et je change le rating de la fic pour la mettre définitivement en « M ». Autre option : vous avez tellement d'idées sur la question que vous proposez de l'écrire vous même en annexe à cette fic, vous me le faites savoir et je vous fais de la pub. Bref, à vous de jouer !

PS : Dans ce chapitre, je fais deux emprunts à BP Horadus, avec son accord bien sûr ! D'abord, ce fameux sort qui vous transforme en poupée de chiffon , je me permets de le nommer désormais « musclomolusk », comme il me l'a suggéré dans une de ses reviews. D'autre part, je propose l'arrière boutique de Fred et George comme nouveau QG de l'Ordre, comme il l'a fait dans sa fic géniale « Le syndrome d'Horadus ». Rendons à César ce qui est à César !

CHAPITRE DIX HUIT

REVELATIONS

Lucius les attendait debout, les poings sur les hanches, l'air fatigué et le visage fermé. Assise devant une table bien garnie (Harry sentit son estomac vide gargouiller à la vue des appétissantes victuailles), la blonde Narcissa levait vers eux ses yeux froids. Elle quitta sa chaise en voyant Snape approcher et alla à sa rencontre d'une démarche gracieuse, tendant une main blanche aux longs ongles vernis.

-Oh, mon cher ami, quel plaisir de te voir ici !

-Narcissa ! Te voici parmi nous ! Dit le Mangemort d'une voix sourde en s'inclinant pour lui faire un baisemain.

Pendant ce temps, Lucius fixait Harry d'un air sévère. Le garçon aurait donné beaucoup pour pouvoir disparaître six pieds sous terre. La femme se tourna vers lui.

-Oh…Mais c'est Harry Potter ! Laissa-t'elle échapper d'une voix traînante et nasillarde, comme si elle ne l'avait pas identifié plus tôt. Que vous est-il arrivé, jeune homme ? Vous vous êtes battu contre un hippogriffe ?

-Non, contre un Troll des cavernes ! Répondit Harry bravache, regardant Lucius d'un air provocateur. L'homme se détourna pour dissimuler un sourire.

-Lucius, j'ai découvert Potter vautré sous cette cape dans les couloirs du quartier C. Il semblait dormir, mais il préparait sans doute un mauvais coup. Je ne suis en rien responsable de l'état de ses vêtements. Il paraît se complaire à se pavaner dans des tenues…outrageusement négligées.

L'air sévère de Lucius s'accentua et devint carrément féroce, mais le coin de sa lèvre tremblait.

-Bien, Severus, je te remercie. Je vais mettre ça au clair avec Potter. Tu peux me rendre la cape à présent.

Avec une évidente mauvaise grâce, Snape tendit l'étoffe soyeuse à Malefoy qui s'en saisit, la réduisit et la glissa dans une poche.

-Je pense qu'il n'est pas souhaitable que Potter se serve de cette cape, Lucius. Ajouta Severus d'un ton de reproche.

Malefoy eut l'air agacé et se força visiblement à répondre de manière polie.

-Je pense savoir ce qui est souhaitable ou ne l'est pas en ce qui concerne ce garçon, Severus.

-Je ne te demande pas comment il est entré en possession de cette cape que nous lui avions confisquée, je suppose qu'en tant que Tuteur, tu es capable de juger…Lâcha encore Snape avec une moue dédaigneuse.

-En tant que Tuteur ? Tu es le Tuteur de Potter ? Demanda vivement Narcissa à son époux qui passait une main lasse dans ses cheveux moins bien peignés que de coutume.

-Oui, Narcissa. Sur la requête du Maître.

-Permets moi de te dire que je tombe des nues…

Tout en parlant, elle dévisageait Harry d'un air soupçonneux. Le garçon dans sa chemise déchirée, son paquet de vêtements sous le bras, se sentait de plus en plus mal à l'aise.

-Mon époux est-il un bon Tuteur, jeune homme ? Ajouta-t'elle à son adresse sur un ton plein d'insinuation, le faisant sursauter et rougir tout à la fois.

-Oh…Mais oui, bien sûr ! Extrêmement assidu ! S'empressa-t'il de répondre en jetant un coup d'œil goguenard à Lucius qui se mordait toujours la lèvre pour ne pas rire.

Snape se racla la gorge pour ramener l'attention sur sa personne.

-Tu viens séjourner parmi nous ? Demanda-t'il à Narcissa.

Harry fut surpris d'entendre, venant de la bouche du Mangemort, une voix qu'il ne connaissait pas. Douce, attentionnée, légèrement tremblante. Curieux, il observa l'ex-professeur avec intérêt. La blonde et vénéneuse créature semblait lui faire de l'effet…

-Oui, comme tu peux voir. Le Maître m'offre l'hospitalité ! Dit la femme en partant d'un rire léger et charmeur. Je me ferai un plaisir de venir te rendre visite. Je suis curieuse de découvrir cette Cité et de voir comment tu es installé !

A ces mots, le visage de Snape, habituellement d'une pâleur cadavérique, se couvrit de plaques rouges. Lucius jouait négligemment avec sa baguette, visiblement impatient que Severus prenne le chemin de la sortie.

-Je vais vous laisser ! Dit ce dernier en s'inclinant. Dans une heure, nous sommes convoqués à la bibliothèque pour une réunion avec le Maître. En seras-tu, Narcissa ?

-Oh…J'ai vu le Maître en arrivant tantôt, c'est lui qui m'a accueillie, bien sûr. Répondit-elle en jetant à nouveau un coup d'œil méfiant vers Harry. Après une nuit blanche, je suis épuisée, et je crois que je vais plutôt me reposer.

Elle fit un petit signe de tête à Severus et retourna s'asseoir devant sa tasse de thé. Ken fit sortir le Mangemort et comme Harry s'apprêtait à le suivre, Lucius le rappela.

-Harry ! Attends un instant, veux-tu ?

Surpris et embarrassé, le garçon s'immobilisa. Il jeta à son Tuteur un regard interrogateur.

-Pourquoi n'es-tu pas dans ta cellule ? Interrogea l'homme d'une voix dure. Que faisais-tu dans ce couloir, à l'étage inférieur ?

La blonde Narcissa le toisait d'un air hautain et sur son visage pâle et fin traînait comme toujours l'expression de quelqu'un qui découvre un nid de cloportes sous son oreiller.

-Je me suis égaré. Et comme j'étais… fatigué, je me suis endormi dans un coin.

-Je vois ! Dit Lucius qui préférait visiblement ne pas trop insister. Eh bien il est grand temps de regagner ta cellule. L'esclave va-t'y emmener.

-Bien monsieur ! Mais…Devrai-je être présent moi aussi à cette réunion à la bibliothèque ?

Narcissa éclata d'un rire méprisant. Lucius la regarda avec agacement et quand elle eut fini, il dit d'un ton ferme :

-C'est possible, Harry. Je ne connais pas les intentions du Maître à ce sujet. S'il désire ta présence, tu sentiras l'appel de la Marque. Tu n'auras qu'à transplaner, et tu atterriras à l'endroit où le Maître t'attend.

Harry baissa la tête en signe d'acquiescement et tourna les talons, son paquet de vêtements sous le bras.

Il était à nouveau dépossédé de sa cape. Il n'avait pas récupéré sa baguette. Il n'avait aucune nouvelle de Ginny. Après toutes ces épreuves et ces inutiles prises de risque, il en était toujours au même point. Sa mission n'avait pas avancé d'un iota. Tandis qu'il suivait Ken dans les couloirs, éreinté et affamé, un profond découragement l'envahit.

………………………….

Enfin au calme dans sa cellule, il s'allongea sur sa couchette après s'être sommairement lavé et avoir échangé sa chemise en lambeaux contre un T-shirt froissé, mais intact.

Ken avait promis de lui apporter quelque chose à manger, ainsi qu'un parchemin et une plume. Quelques instants plus tard, le jeune esclave revenait chargé d'un plateau.

Harry mangea et but de bon cœur. Son moral remonta légèrement. Il repensait aux évènements de la nuit. Bizarrement, les moments vécus avec Lucius, après l'effroi de la première confrontation, n'avaient pas été si désagréables. Le Mangemort avait une manière d'écouter, de poser des questions, de s'intéresser à lui que le jeune homme n'avait jamais connue précédemment, sauf peut-être brièvement avec Sirius.

Mais que s'était-il passé ensuite ? Il s'était endormi…Harry frotta ses yeux fatigués. Mieux valait en rester là et ne pas chercher à approfondir une question dont il ne connaîtrait sans doute jamais la réponse. Il ne se voyait pas allant demander à Malefoy un compte rendu détaillé de ses activités entre trois et cinq heures du matin, la nuit précédente.

Décidé à se secouer, il s'installa à la petite table avec son parchemin, et commença sa lettre à Ginny.

Il devait trouver les mots justes sans rien révéler de compromettant ni mettre la jeune fille en danger.

Soudain, alors qu'il trouvait enfin une formulation adéquate, sa Marque se mit à brûler sur son avant-bras. Harry se redressa brusquement et saisit la lettre qu'il cacha précipitamment sous sa paillasse. Il regarda sa montre. 9h... Voldemort désirait donc bien le voir prendre part à la réunion.

Il toucha la Marque rougie de son pouce droit et se concentra pour le transplanage. Il devait pour cela penser au mage noir, et cela lui était particulièrement désagréable.

Au lieu d'atterrir dans la bibliothèque, il s'aperçut avec étonnement qu'il avait pris pied dans l'appartement du Maître. Celui ci se tenait devant lui, grand et maigre, enveloppé de sa cape de velours.

-Bonjour Harry. Comment vas-tu ? Bien dormi ?

Décontenancé par l'amabilité de Voldemort, le garçon eut cependant la présence d'esprit de saluer à son tour et de répondre qu'il allait bien. Il n'était pas question d'évoquer ses déboires de la nuit passée, et son esprit devait rester hermétique à toute incursion indésirable.

-Ludmila craint de s'ennuyer pendant la réunion que je vais tenir avec mes plus anciens Mangemorts ce matin. Es-tu d'accord pour disputer contre elle une partie d'échec ?

Stupéfait, Harry vit avancer à sa rencontre la devineresse, souriante, vêtue d'une chemisette rouge et d'une jupe noire plissée qui dégageait ses jambes fines.

-Vous n'avez pas l'air enchanté de ma proposition, Harry…Dit-elle avec son accent charmant, visiblement amusée.

-Mais…Mais si, au contraire ! Se rattrapa le garçon en rougissant.

Voldemort rit en frottant ses longues mains l'une contre l'autre.

-Bien. Dans ce cas, je vous abandonne avec Nagini qui dort au coin du feu, je ne vais pas faire attendre mes fidèles Mangemorts. Harry, ne te laisse pas faire ! Ludmila me dira si tu as fait des progrès depuis la dernière fois !

Et il partit d'un grand rire moqueur avant de disparaître en transplanant.


-Toi qui travailles au Ministère, Arthur, où en sont-ils actuellement ?

-Ils semblent plus affectés par l'enlèvement de Longneck que par la disparition de Harry et Ginny.

-N'oubliez pas que Tu-sais-qui va certainement en profiter pour révéler au grand public toutes les histoires de pots-de-vin que Longneck a versés à Fudge, Scrimgeour, Ombrage et compagnie… ! C'est sur ce point là surtout qu'ils se sentent vulnérables.

-C'est une simple histoire de gros sous, il n'y a que ça qui les intéresse.

-Et le pouvoir, Remus, et le pouvoir, ne l'oublie pas ! Scrimgeour ne vaut pas mieux que Fudge.

-Je sais, Maugrey…Mais tout de même, ils ont intérêt à ce que l'enquête sur la disparition de Harry et Ginny avance ! La presse ne parle que de ça. On les traite d'incapables !

-En tout cas, il est hors de question de révéler ce que nous savons sur Harry ! S'écria le professeur Mc Gonagall d'une voix ferme. Si la presse apprend qu'il se trouvait parmi les Mangemorts, son nom sera une fois de plus traîné dans la boue.

-Très juste, Minerva ! Appuya Molly Weasley, dont les yeux étaient rouges comme si elle avait pleuré. Il ne faut rien dire pour l'instant.

-Nous espérons que Hagrid va en apprendre plus sur la prochaine expédition que Vous-savez-qui a en projet. Reprit la nouvelle directrice de Poudlard. Ses contacts parmi les géants l'ont informé que le Seigneur Noir cherche à en enrôler quelques uns… mais pour l'instant, notre gardien des clefs n'en sait pas plus.

-J'ai reçu un hibou d'un de mes informateurs lycantropes. Dit Remus. Il semblerait que de ce côté là aussi, le mage noir s'active. Et c'est Greyback qui lui sert de médiateur !

Les membres de l'Ordre présents étaient réunis depuis un bon moment dans la cuisine du square Grimmaurd et Remus Lupin avait exposé en détail les derniers évènements. Hermione, Ron et les jumeaux avaient été autorisés à assister au conseil, après que Molly et Arthur les aient serrés fougueusement dans leurs bras. Remus avait insisté pour que les jeunes soient présents. Il tenait à ce que Hermione explique les résultats de ses recherches. Il avait d'ailleurs posé bien en évidence au milieu de la table le fameux médaillon en or, et avait parlé des Horcruxes. Maugrey avait réagi violemment et avait repoussé catégoriquement l'idée de faire intervenir un expert du Ministère.

-Je me charge de cet objet malfaisant ! Avait-il décrété en se saisissant du médaillon et en l'enveloppant dans un carré de tissu qu'il avait glissé dans une de ses poches.

-Et pour la colonne ? Avait glissé Tonks.

-J'en ferai mon affaire ! Vous m'accompagnerez sur les lieux, Lupin et Weasley !

-Vous saurez l'expertiser ? Avait risqué timidement Hermione. Ce serait dommage de la détruire inutilement…

L'œil de verre de Maugrey avait tourné trois fois sur lui-même sous le coup de ce qu'il considérait visiblement comme une insulte.

-Comment, jeune fille ? Tu oses insinuer que je ne suis pas capable de reconnaître un objet truffé de magie noire ?

-Oh…Non, jamais de la vie ! S'était défendue Hermione, rouge de confusion.

-Pardonne moi, Maugrey, mais je serai indisponible les trois prochains jours…Avait rappelé Remus avec une certaine gêne.

-C'est bon, mon ami, ne t' inquiéte pas. Shakklebot fera très bien l'affaire, si tu nous mets sur la bonne voie !

La discussion s'orienta ensuite sur la nécessité de choisir un autre quartier général pour l'Ordre. Surprenant d'abord tout le monde, les jumeaux proposèrent leur arrière boutique, et Remus ayant trouvé cette idée tout à fait intéressante, il fallut convaincre Mc Gonnagall et Molly du bien fondé de la proposition. Tout cela conduisit la réunion jusqu'à une heure assez avancée de l'après midi, et on se dispersa sans avoir mis au point aucune stratégie, mais avec le projet ferme d'installer dès le lendemain le nouveau QG dans ses nouveaux quartiers.

Quant aux jeunes gens, il fut décidé qu'ils quitteraient immédiatement le square Grimmaurd jugé dangereux, surtout en l'absence de Remus. Molly et Arthur repartirent donc avec Ron et Hermione, tandis que les jumeaux regagnaient leur magasin sur le Chemin de Traverse.


-Avant que nous commencions cette partie d'échecs, Harry, j'ai quelque chose à vous donner. Dit Ludmila d'un ton grave dès que Voldemort eut quitté la pièce.

Elle sortit de la poche de sa jupe un parchemin roulé qu'elle lui tendit.

-Voilà. Prenez le temps de lire cette lettre, installez vous près du feu, si vous voulez. A moins que vous préfériez la lire quand vous serez seul, dans votre cellule ?

-Oh…Non, je vais lire tout de suite…Merci ! Bafouilla Harry en prenant le parchemin d'une main tremblante.

Il s'assit dans un fauteuil, déroula la missive et la lut avidement, soudain indifférent à tout ce qui l'environnait.

Harry,

quand le désespoir m'envahit, c'est à toi que je pense et c'est ton image qui apparaît devant mes yeux, me raccrochant à la vie, toute cruelle qu'elle soit,

quand je pleure, j'entends ta voix et c'est elle qui sèche mes larmes,

quand je souffre, je vois tes yeux et c'est ton regard qui apaise ma douleur,

et si je pouvais être sûre que toi aussi, tu trouves en pensant à moi un quelconque réconfort, je pourrais dire que malgré l'horreur de la situation, la vie vaut la peine d'être vécue…

Ta Ginny, qui t'aime depuis le premier jour où elle t'a vu.

Harry enroula lentement le parchemin, bouleversé.

Non, depuis qu'il était dans cette Cité, la pensée de Ginny ne l'avait jamais réconforté, au contraire. Il se consumait d'inquiétude à son sujet et il ne pouvait l'imaginer que torturée, violentée et humiliée par sa faute.

Il fallait donc qu'il change sa manière de voir. Elle l'aimait. Et cet amour devait lui donner de la force. Une force qui l'aiderait dans ses projets. Grâce à elle, il réussirait.

Il leva des yeux humides vers Ludmila. Elle regardait pensivement le feu, mais elle lui sourit quand il se tourna vers elle.

-Lui avez vous écrit, vous aussi ?

-Pas encore. J'ai commencé…Je continuerai tout à l'heure.

-Il faut que vous sachiez…Ginny est malade.

Harry se sentit pâlir.

-Malade ?

-Oui. Elle a eu des vomissements violents, et on l'a transférée à l'infirmerie.

-Mais…Qui s'occupe d'elle ?

-Un certain Snape. Vous le connaissez ?

Harry s'était levé avec brusquerie.

-Bien sûr ! Oh, mais c'est impossible ! Si ça se trouve, c'est un empoisonnement, et c'est lui le coupable ! Ou Lestrange…

Harry se souvint trop tard qu'il parlait devant l'amie de Voldemort. Comment avait-il pu l'oublier ?

La devineresse plissait le front d'un air soucieux.

-Cela se pourrait en effet. Mais quelles seraient ses motivations ?

-Je n'en sais rien, mais rien de bon ne peut venir de cet homme là ! Laissa échapper Harry, envoyant au diable la prudence qu'aurait exigé l'ambiguïté de la situation.

-Sachez que je vais la voir très régulièrement et qu'elle va mieux. Je pense que si elle a été intoxiquée, cela ne devait pas être trop dangereux et que c'était simplement une manœuvre pour l'éloigner de son cachot. Tenta de le rassurer Ludmila. Pour quelle raison aurait-on fait ça…oh, j'en ai bien une vague idée… Ajouta-t'elle comme pour elle-même. Mais avant de vous en parler, je dois en vérifier le bien-fondé !

- C'est incompréhensible, et scandaleux ! S'emporta-t'il sans écouter la fin. S'attaquer ainsi à une jeune fille sans défense…Si c'est encore une manière de faire pression sur moi… !

-Non, je ne crois pas, Harry ! Mais ne vous énervez pas. Nous n'avons pas de certitude. Je vais faire le maximum pour que tout rentre dans l'ordre…quoique l'expression n'est peut-être pas appropriée…En attendant, écrivez lui, elle sera tellement heureuse de vous lire !

En y repensant, Harry avait une bonne raison d'être furieux contre Lucius. Le Mangemort ne lui avait rien dit de l'état de Ginny, alors qu'il était certainement au courant de son triste sort. Il avait préféré lui tenir des discours oiseux sur l'inconstance féminine, osant insinuer que la jeune fille lui était déjà infidèle !

Il écarta Lucius de ses pensées et se tourna vers Ludmila

-Mais comment lui transmettre ma lettre… ?

- Je vais vous expliquer quelque chose, Harry. Asseyez vous ! Dit elle plus bas. Le regard bleu foncé se concentra, devint intense, excessivement sérieux. « Je suis ici pour vous aider. A accomplir votre mission. »

Elle avait dit les derniers mots à mi-voix. Le grand serpent, enroulé près du feu, semblait toujours endormi.

-Vous voulez dire…Aux côté de…du Seigneur des…

Harry ne pouvait se résoudre à prononcer cette expression ridicule. Quant au mot « Maître », il refusait de franchir ses lèvres. Elle eut un geste de la main, comme pour chasser une mouche.

-Non, non ! La vôtre. Votre mission à vous.

Désemparé, Harry resta bouche bée.

-La Roumanie…Les dragons…Ca ne vous dit rien ? Glissa-t'elle en jetant à nouveau un coup d'œil au serpent comme s'il avait pu comprendre leur conversation.

-Je …Charlie…Vous connaissez Charlie ? Chuchota Harry, tremblant de nervosité.

- Je ne peux vous en dire davantage. Ceci doit rester absolument secret.

-Mais comment avez vous fait pour…pour gagner la confiance de Voldemort…

Elle eut un sourire douloureux, et son beau visage s'empourpra légèrement. Elle parut embarrassée en répondant.

-J'ai payé le prix fort pour gagner cette confiance, Harry, croyez moi. Cet homme avait une grande admiration pour ma mère, qui était une prophétesse célèbre. Il l'a reportée sur moi, surtout depuis que j'ai fait une prédiction le concernant et qui l'a…disons, bouleversé… Mais ne m'obligez pas à en dire plus maintenant.

Muet de stupeur, le garçon ouvrait des yeux ronds.

-Pour votre lettre, ou quand vous aurez besoin de venir dans cet appartement, en l'absence du Maître… Appelez une elfe du nom de Daisy. Continua Ludmila d'une voix un peu plus assurée. Elle a été affectée au service de Ginny et au mien également. Je vais la mettre au courant, et elle viendra simplement auprès de vous, vous lui donnerez le courrier, ou vous lui direz ce que vous avez à me communiquer et elle me transmettra fidèlement le message. Je viendrai à votre rencontre et je vous amènerai ici… Mais il faudra… vous rendre invisible, d'une manière ou d'une autre…Acheva-t'elle d'un ton hésitant.

Harry la regardait comme si elle s'était transformée brutalement en chien à trois têtes.

-Mais comment faites vous…Voldemort est un legilimens exceptionnel, non ?

Elle eut un petit rire.

-Oh…Il n'essaye plus de pénétrer mes pensées. Il garde un souvenir cuisant de la fois où il l'a tenté.

Décidément estomaqué, Harry n'osa pas en demander plus. Elle lui sourit à nouveau, et chuchota, les pommettes rouges.

-Je vous prêterais volontiers ma baguette, mais je suis la seule à pouvoir m'en servir, et ses pouvoirs sont extrêmement limités. Je ne suis pas une sorcière, mais une devineresse…Cela aurait simplifié singulièrement notre tâche, n'est-ce pas ?

Notre tâche … ? Rêvait-il, ou était-elle réellement de son côté ? A moins que ça ne soit un piège ? Et si elle avait la confiance de Voldemort, pourquoi ne tentait-elle rien contre lui, puisqu'elle était dans le camp opposé ? Harry se sentait si troublé qu'il se leva et s'écarta de quelques pas pour tenter de se ressaisir. Son regard tomba sur la vitrine, dans laquelle le coffret trônait toujours à sa place.

-Il vous faut une baguette, Harry. Dit Ludmila toujours à mi-voix, comme si elle avait pu lire ses pensées. Je ne doute pas que vous réussissiez à vous en procurer une. Maintenant, si vous n'êtes pas trop fatigué, venez par ici ! Vous ne m'avez pas l'air très frais, et je crois que je n'aurai aucun mal à vous battre aux échecs !


-Allons, Weasley, vous devez manger ce que je vous apporte. Sinon, je vais être obligé de faire venir le Maître.

Ginny leva vers Snape un regard froid. Sa menace puérile d'aller chercher le grand croquemitaine la laissait de glace.

-Eh bien, faites le donc venir ! Je pourrai ainsi lui demander l'autorisation de regagner mon cachot.

Le Mangemort eut un geste d'impatience et s'approcha du lit sur lequel la jeune fille était assise, les bras résolument croisés.

-Ecoutez, je sors d'une réunion importante avec lui et je peux vous assurer qu'il a autre chose à faire que de se préoccuper des maux de ventre d'une gamine. Mangez, si vous voulez guérir.

-Vous voyez bien que vos menaces sont ridicules ! Vous vous contredisez ! En tout cas, sachez que je ne toucherai plus à ce que vous m'apportez.

-Très bien !

Exaspéré, Snape prit l'assiette de Ginny, posée sur le chevet, et porta à sa bouche une cuiller de purée.

-Vous voyez, j'en mange moi-même. Si j'y avais mis du poison ou une quelconque potion, croyez vous que je prendrais ce risque ?

Ginny fit une grimace, mais se tut.

-Du reste, vos malaises ont peut-être une cause toute naturelle…Glissa soudain Snape d'un ton plein de sous-entendus.

-Que voulez vous dire ?

-Etes vous sûre que vous n'êtes pas tout simplement enceinte ?

Ginny se leva d'un bond dans sa chemise de nuit sans manches, pied nus sur le sol froid. Ses poings étaient serrés de rage.

-Cessez de raconter n'importe quoi ! S'écria-t'elle, le regard plein de défi.

Snape souriait bizarrement.

-Allons…Souffla l'homme entre ses dents. Vous refusez que je vous examine sérieusement…Ne doit-on pas en déduire que vous avez quelque chose à cacher ? Les occasions ne vous ont pas manqué, avec Potter, puis avec Drago…Reconnaissez le…

-Vous êtes fou !

-N'oubliez pas à qui vous vous adressez, Weasley ! Votre insolence n'a d'égale que celle de votre petit ami. A croire qu'il déteint sur vous.

-Vous me provoquez en insinuant des choses stupides !

-Je cherche simplement à comprendre. Montrez moi votre langue !

Ginny lui jeta un regard furieux mais s'exécuta de mauvaise grâce. Le Mangemort examina de près la langue de la jeune fille puis avança une main pour tâter son cou, à la recherche des ganglions.

-Tout paraît normal…Marmonna-t'il. Ouvrez la bouche et dites « ah » !

Une fois encore, Ginny obéit et Snape, allumant l'extrémité de sa baguette d'un lumos, explora la gorge et les amygdales de la jeune patiente.

-Rien de particulier de ce côté là non plus. Il faudrait que j'aille voir plus bas.

-Il n'en est pas question ! S'écria-t'elle avec brusquerie.

L'idée de sentir le regard et pire, les mains de cet homme sur son corps lui était insupportable. Plutôt mourir dans d'atroces douleurs.

Snape recula d'un pas, sans se départir de son sourire désagréable.

-Très bien. A votre guise. Mais ne me demandez pas dans ce cas de vous laisser réintégrer votre cachot. Je vous garde en observation. En attendant, mangez, Weasley, si vous voulez rester séduisante. A ce régime, vous ne tarderez pas à ressembler à un tas d'os. Et vous pouvez boire tranquillement ! Voyez, cette eau ne devrait pas vous faire peur ! Je précise que je n'ai pas la peste…

Dans un geste théâtral, Snape porta à ses lèvres le verre de Ginny et en but ostensiblement une gorgée. Puis il sortit après l'avoir reposé sur le chevet et s'être incliné en une révérence pleine de sarcasme.

La jeune fille, après une hésitation, prit son assiette et se mit à manger. Elle se sentait affamée, ce qui était bon signe, et n'avait plus qu'un désir : quitter cette infirmerie où elle n'avait aucune intimité et où elle se trouvait à la merci de Snape.

Heureusement, elle n'avait pas reçu de visite de Drago depuis la dernière fois. La devineresse avait-elle tenu sa promesse ? Un élan de reconnaissance lui vint pour cette femme dont elle ne savait rien, mais pour qui elle éprouvait une inexplicable sympathie.

Quand aurait-elle un signe de Harry ? Avait-il eu sa lettre ? Quel était cet engagement qu'il n'avait pas honoré ? Et quel nouveau chantage exerçait-on sur lui ?


Il fallait qu'il parle à son Tuteur. La situation était intolérable. C'était la deuxième fois qu'il tentait d'accéder à l'infirmerie par le passage secret, et ce dernier se révélait obstinément fermé.

Dans une heure, il devrait partir déjeuner chez sa tante, et là, il verrait sa mère…Mais il se sentait si contrarié par cet échec que sa faim s'était envolée, et qu'il n'avait plus de goût pour les retrouvailles familiales.

Oh, comme il s'était réjoui de voir Ginny ! Il avait rêvé d'elle la nuit passée. Nimbée d'un halo de lumière dorée, elle lui faisait signe, ses longs cheveux brillants dénoués sur ses épaules, vêtue d'une petite robe légère qui dévoilait sa gorge, ses épaules, ses jambes. Il la rattrapait, lui prenait la main puis l'embrassait fougueusement, serrant dans ses bras son corps gracile. Par malchance, il s'était réveillé brûlant de désir alors qu'il la voyait faire glisser lentement les bretelles de sa robe, ses yeux plongés dans les siens, ses lèvres entrouvertes esquissant un sourire tentateur...

Et à présent, il se trouvait pour la deuxième fois de la matinée dans ce couloir sombre face au mur, agitant vainement sa baguette dans l'espoir qu'apparaisse la porte qui ouvrait un accès à l'escalier secret. Il ne se trompait pas de lieu, pourtant. Il y avait un repère au sol, il n'y avait pas d'erreur possible. Le passage ne fonctionnait plus. Qui était à l'origine de ce contre temps ? Pourquoi Severus ne lui en avait-il rien dit ? Avait-il de son propre chef condamné la porte ?

Il n'avait pas vu son Tuteur depuis la veille. L'ex professeur déjeunerait peut-être avec sa mère et sa tante ? Mais Drago ne pourrait évoquer la question devant les deux femmes. Certes, Bella était au courant de ses visites à Ginny. Mais il ne tenait nullement à ce que sa mère le soit. Ceci dit, il n'y avait pas de secret entre les deux femmes. Sa mère serait très vite informée, si elle ne l'était pas déjà.

A cette pensée, Drago sentit sa contrariété monter d'un cran. Sa mère devait considérer Ginny comme une moins que rien. Jamais elle ne tolèrerait une relation entre son fils et la jeune Weasley. Quant à son père, il lui avait déjà interdit de revoir la jeune fille dans son cachot, et cela pour obéir aux ordres de sa Sainteté Harry Potter !

Mais il se garderait bien de demander l'autorisation ! Son Tuteur, sans doute ravi de faire un pied de nez à l'Elu des dieux et à ses admirateurs, s'était arrangé pour que Ginny quitte son cachot afin que lui, Drago, puisse la rencontrer librement. Et voilà que ce beau plan tombait à l'eau sans raison apparente…

Serrant les poings de rage et de frustration, Drago renonça. Provisoirement ! Car il comptait bien passer par la grande porte si la petite refusait de s'ouvrir, quitte à utiliser pour cela la cape d'invisibilité de Nott.


Lucius avait fait appeler Harry. Il l'attendait avec impatience, maintenant que sa femme bien reposée, bien bichonnée, était partie déjeuner chez sa sœur en bonne compagnie et voir son cher Drago, également invité à cette petite sauterie familiale. Lucius avait froidement décliné l'offre que lui avait faite Bellatrix de se joindre à eux, trop content d'être débarrassé de sa femme, et avait regagné son appartement avec soulagement après la rencontre avec le Maître.

Peut-être à cause de sa nuit blanche, la réunion avait été éprouvante pour Lucius. Les plans du Maître lui apparaissaient très ambitieux et passablement risqués. Il comptait faire jouer à Harry un rôle déterminant, et Lucius voyait ce projet avec scepticisme. Il s'était bien gardé cependant de parler du comportement récent de son protégé, mais il savait que le Maître n'aurait aucun mal à lire dans son esprit, pour peu qu'il prît la peine de le faire.

Que faisait le garçon ? Ken était déjà revenu une première fois lui dire que Harry n'était pas dans sa cellule. Lucius avait renvoyé l'esclave à sa recherche. Pourquoi mettait-il tant de temps ?

Assis dans un fauteuil un verre à la main, le Mangemort revivait la nuit précédente. Avait-il fait preuve de trop de clémence ? Après tout, le garçon s'était introduit clandestinement dans sa chambre pour lui dérober sa baguette. Lucius n'avait pas su se montrer inflexible. D'où lui venait cette regrettable indulgence, ces scrupules indignes de lui ?

En y réfléchissant, il devait avouer que torturer Harry ne lui procurait plus aucune satisfaction, en tout cas pas de la manière brutale qu'eût exigé son comportement insoumis. Face au garçon, Lucius se trouvait en quelque sorte désarmé. Il ne voulait surtout pas provoquer de sa part un rejet. A vrai dire, il désirait plutôt…s'en faire aimer. Oui, il devait regarder avec objectivité les sentiments qui l'agitaient: rien ne le satisfaisait plus que le sourire amusé qui naissait sur les lèvres du garçon ou l'éclat de ses beaux yeux soudain attentifs ou reconnaissants.

Finalement, il s'était surtout bien amusé et, malgré la trahison de Harry, il l'avait senti plus proche que jamais, au sens propre comme au figuré. Certes, pour étancher sa soif, il avait dû en fin de nuit user d'un stratagème qui avait rendu son partenaire à peine plus réactif qu'un vulgaire sort de musclomollusk, mais il l'avait tenu librement dans ses bras et …

Non, il se mentait à lui même. Son désir dévastateur n'était nullement assouvi. Pour commencer, il n'avait pas réussi à allumer la lueur du plaisir dans les yeux verts, pour la bonne et simple raison que ces yeux étaient fermés ou alors totalement absents.

Et s'il avait été divertissant de faire exécuter au jeune homme, docile comme un robot moldu télécommandé, ce que lui dictaient sa fantaisie et son désir, le vide de son regard avait enlevé au jeu une bonne part de sa saveur…Il avait disposé du corps de Harry, mais non de l'intégralité de son être. En gros, c'était un coup d'épée dans l'eau. Le garçon n'était pas réellement présent et n'en garderait aucun souvenir. Alors, à quoi bon ?

Il y eut enfin les trois coups frappés à la porte et Lucius ouvrit d'un mouvement de baguette. Harry entra et s'arrêta devant lui les mains dans les poches, les yeux illuminés par l'éclat du jour ensoleillé. Il ne portait plus sa chemise déchirée, dommage, mais son T-shirt mettait en valeur sa silhouette juvénile. Lucius sentit son cœur chavirer. Non seulement les évènements de la nuit dernière n'avaient pas calmé son attirance pour le jeune captif, mais au contraire, il semblait qu'il fût plus que jamais habité par cette passion délicieuse… et dangereuse.

Dangereuse, parce que le Mangemort avait mesuré à quel point le jeune homme était décidé à trahir la Cause en s'enfuyant, et pour cela, à se servir de lui, Lucius, quitte à le mettre en porte-à-faux vis à vis du Maître ou même, à l'attaquer ouvertement si cela s'avérait nécessaire.

-Où étais-tu ? Questionna abruptement Lucius en se levant de son fauteuil.

-En quoi cela vous regarde-t'il ?

Oh, cette insolence ! Les choses s'engageaient particulièrement mal ! Surtout, il fallait éviter de braquer le garçon contre lui. D'ailleurs, en y regardant de près, Harry avait l'air étrangement troublé…Etait-ce dû aux évènements de la nuit ?

-Je suis et reste ton Tuteur dans cette cité, Harry, jusqu'à nouvel ordre. Martela l'homme. N'oublie pas quelles sont ta place et celle de ta petite amie!

Le visage crispé du garçon ne se détendit pas, mais il passa comme pour gagner du temps une main sur son front, essayant en vain de dégager ses cheveux rebelles.

-Je…je dormais.

-Pourtant, tu n'étais pas dans ta cellule. L'esclave ne t'y a pas trouvé tout à l'heure.

-C'est vrai. En fait, je jouais aux échecs. Lâcha Harry avec un soupir.

Le cœur de Lucius manqua un battement.

-Quoi ? Avec la roumaine ?

Le garçon approuva d'un signe de tête. Lucius se sentit bouillir. Comment le Maître pouvait-il autoriser une chose pareille ?

-Et…tu as gagné ? Demanda-t'il ironiquement, tachant de cacher sa contrariété.

-Non. Elle est forte, et je n'étais pas vraiment performant. Je m'endormais sur l'échiquier.

-Je vois. Encore pire que d'habitude, en somme. Mais l'essentiel, c'est que tu as eu le temps d'admirer son décolleté ?

Le gamin ne devait pas s'attendre à cette réplique et il rosit tout en souriant malicieusement. Il retrouvait soudain sa nature enjouée.

-Oh…Non, elle portait malheureusement une chemise bien boutonnée. Par contre, sa jupe était courte, et… elle a de très jolies jambes…

Son effronterie devenait inadmissible. Mais Lucius savait qu'il n'avait eu que la monnaie de sa pièce.

-Eh bien ! La pauvre petite Weasley a du souci à se faire ! Grinça-t'il piteusement.

-A propos de Ginny, pourquoi ne m'avez vous pas dit qu'elle a été empoisonnée et qu'elle est à l'infirmerie ? Dit brusquement Harry sur un ton de défi.

Aïe…La situation ne faisait qu'empirer.

-Allons, allons. Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'empoisonnement ? Ton amie souffre de maux de ventre, c'est tout. Ils sont certainement dus à son état de stress. Je ne t'en ai pas parlé pour ne pas t'inquiéter.

Mais Harry repartit à la charge.

-Je n'ai pas l'autorisation d'aller la voir, j'aimerais au moins pouvoir compter sur vous pour me donner de ses nouvelles ! Surtout qu'elle est entre les mains de Snape !

Décidément, le gamin était particulièrement hargneux ce matin. La fatigue, sans doute…

-Si la gamine avait été en danger réel, je te l'aurais dit, Harry. Et Snape est un excellent médicomage.

Le garçon renifla d'un air sceptique, visiblement excédé, et bougonna quelque chose que Lucius ne comprit pas. Il décida de couper court à cette discussion oiseuse.

-Je t'ai fait venir, Harry, pour te dire que le Maître a prévu pour toi de nouveaux entraînements.

-Quoi ? Ah oui, c'est vrai…Déjà ? Avec qui…Avec vous ?

L'air ahuri du garçon valait son pesant d'or.

-Entre autres, Harry, mais pas avec moi seulement. Une expédition est prévue prochainement, comme tu le sais. Pour renforcer la bonne entente entre les Initiés, le Maître a souhaité que tu t'entraînes avec tes camarades et leur instructeur, Severus Snape.

-Chouette alors ! Grimaça Harry. Et quand commençons nous ? Demain ?

-Non, mon garçon. J'espère que tu es en forme, parce qu'ils nous attendent dès maintenant dans la salle d'entraînement.


Eh oui, pauvre Harry…Il n'a pas fini de déguster. Allez, encore un effort, soyez sympas, laissez moi un petit mot… !

Esther Malefoy : Merci, je suis contente que tu accroches. Tu ne vois pas comment tout ça va finir ? Mouahaha ! Et encore heureux ! Tu n'arrives pas à imaginer Lucius « aimant » Harry ?Tout dépend du sens qu'on donne au verbe « aimer ». Mais je te comprends, c'est plutôt perturbant. Il l'a tellement voué aux gémonies que son comportement est quelque peu étrange. Que veux tu, on ne choisit pas ses attirances… !

Le-fan-de-harry : Eh non, tu n'étais pas le premier à reviewer cette fois ci ! En fait, je publie le mercredi après midi et la fic apparaît sur le site le mercredi soir. Non, je ne peux pas mettre à jour plus souvent, je n'ai pas le temps, malheureusement Si c'était possible, je le ferais volontiers, rien que pour toi ! A propos, est-ce bien toi qui écris la fic : « la dernière bataille ? » Si c'est le cas, je te dis bravo, et merci encore pour ta fidélité ! J'espère à bientôt !

Mika :Merci pour tes encouragements ! C'est très important, je les goûte avec délice !

Cuca : Oui, Lucius en hypnotiseur…Pourquoi pas, hein ? C'est dangereux en effet pour ce pauvre Harry. Je ne suis pas gentille de jeter un voile pudique sur ces « deux heures » où tout est peut-être arrivé ? Ma foi, c'est peut-être mieux comme ça, tu ne crois pas ? Merci encore et à bientôt !

Liv : Ahaha ! Ainsi donc, je maltraite les lecteurs ! Mais ces lecteurs ont une imagination galopante qui va les entraîner bien plus loin que ce que je saurais faire moi même, je n'en doute pas un instant, surtout en ce qui te concerne ! Bon, si tu trouves que j'exagère, dis le moi et je ferai comme j'ai dit en intro. –Oui, Harry aussi va faire marcher son imagination, le pauvre, je n'aimerais pas être à sa place. -Lucius a plus d'un talent en effet. Tout le plaisir est là !-Harry a du talent lui aussi en matière de conte de fées. Il pourra se reconvertir quand il aura fini le travail .-Ludmila…éhé…ça y est tu vas en savoir plus et tu ne crois pas si bien dire en ce qui concerne l'aide qu'elle peut apporter !-Hermione a bien travaillé. Espérons que ça ne sera pas en vain !-Oui, les aventures de Shéhérazade au pays des Mangemorts vont continuer et se précipiter quelque peu dans les prochains chapitres. Merci encore pour tes longues reviews auxquelles je suis totalement accro !