Alors, il paraît que c'est la St Valentin aujourd'hui… ? La fête préférée de ce cher et regretté Gilderoy Lockhart … D'accord, d'accord, il n'est pas mort, mais bon…C'est tout comme, non ? Il vaut peut-être mieux ne pas en parler à la pauvre Ginny qui a suffisamment de problèmes comme ça, et qui doit garder un drôle de souvenir de son premier 14 février à Poudlard…Quoique finalement, elle ait réussi à le conquérir, son cher « corbeau aux yeux verts comme un crapaud frais du matin »…

Décidément, j'ai de plus en plus de mal à avoir de l'avance dans les chapitres et je cours après le temps…Mais rassurez vous, c'est toujours avec autant de plaisir que je continue cette histoire, surtout que j'ai encore plein d'idées toutes plus machiavéliques les unes que les autres, héhéhé…(Aïe, vous allez m'attendre au tournant là, je le sens).

Bon, trêve de blabla ! Avant tout, cent mille mercis à Nepheria, Alecto 89, lefandeharry, BP Horadus et Liv pour leurs reviews. Je crois que si je n'avais pas ces témoignages de l'intérêt que vous portez à cette histoire, j'aurais arrêté depuis longtemps. Comme à chaque fois, je réponds en bas de page à ceux qui ne sont pas inscrits sur le site.

Et maintenant, bonne lecture !!


CHAPITRE VINGT

EVASION

Caché sous sa cape d'invisibilité, Harry suivait Ludmila qui avançait rapidement dans les sombres galeries de la Cité, tout en hésitant fréquemment devant les embranchements. Ils passèrent deux portes gardées avant de parvenir à un couloir détourné, heureusement désert. Ludmila ralentit son allure et finit par s'arrêter dans un virage, face à un des murs de pierre de la galerie.

-Voilà ! Murmura-t'elle, légèrement incertaine. Il me semble que l'accès se trouve ici. Il y a une marque au sol. Pouvez vous lancer un sort de révélation ?

Glissant la pointe de sa baguette hors de la cape, Harry s'exécuta, mais aucune porte n'apparut. Après avoir vérifié que personne n'approchait, la devineresse lui demanda de renouveler son essai à un emplacement légèrement différent.

Après plusieurs tentatives infructueuses, Ludmila pesta à voix basse et s'ébouriffa les cheveux d'un geste impatient.

-Je n'ai pourtant pas rêvé quand je l'ai vu dans le Miroir de ma Vasque. L'accès au passage secret devrait se trouver dans le coin. Malheureusement, il semblerait qu'il ait été supprimé au lieu d'être simplement interdit à celui qui risquait d'en user abusivement...Tant pis ! On va changer de méthode. Daisy ! Appela-t'elle.

La petite elfe se tint aussitôt devant eux.

-Daisy, je voudrais que tu me montres comment accéder au passage secret de l'infirmerie! Dit Ludmila à mi-voix.

Bouche ouverte, Daisy eut une hésitation. Son visage étrange se tordit sous l'effet du combat qui se livrait dans sa tête volumineuse, et ses paupières battirent plusieurs fois devant ses grands yeux globuleux. Ludmila et Harry étaient suspendus à ses lèvres.

-Le passage a été condamné ! Glapit-elle avec effort. Cependant…Je peux l'ouvrir à Miss Radulescu, de l'intérieur, si Miss Radulescu le désire.

L'expression de l'elfe semblait contredire ses propos amènes. Elle se tordait les mains et se mordait les lèvres, visiblement abominablement torturée.

-Oh oui, Daisy, si tu veux bien…Il faut absolument que je voie Ginny !

La créature disparut dans un léger POP, et presque instantanément, une ligne définissant le contour d'une porte apparaissait dans le mur. Ces elfes de maison, sous leur aspect minable, avaient décidément des pouvoirs insoupçonnés ! Depuis qu'il avait eu l'occasion de mieux connaître Dobby, Harry en savait quelque chose, mais il était à chaque fois surpris devant leurs incroyables capacités, et le peu d'usage qu'ils en faisaient pour améliorer leur propre condition.

Une seconde après, la porte s'ouvrait, révélant Daisy qui se tenait debout au pied d'un étroit escalier. C'était presque trop beau pour être vrai !

Suivie de près par Harry, Ludmila s'engagea dans l'escalier.

-Daisy referme la porte, maîtresse ?

-Oui, s'il te plaît. Mais pourrai-je la rouvrir en redescendant ?

-De l'intérieur, la porte s'ouvre par un simple sort de déverrouillage. Hoqueta la petite créature.

-Dans ce cas, je te remercie, Daisy. Je saurai me débrouiller.

L'elfe, qui paraissait sur le point d'éclater en sanglots, agitée de soubresauts nerveux, réussit à faire un signe de tête et claqua des doigts, disparaissant aussitôt tandis que la porte du passage se fermait, laissant Ludmila et Harry dans un noir complet.

-Lumos ! murmura la devineresse.

Mais sa baguette ne diffusait qu'une faible lueur intermittente. Harry se dégagea de sa cape et alluma sa propre baguette. Les marches luisantes d'humidité apparaissaient beaucoup plus nettement, et ils entamèrent l'ascension en silence.

Harry devait se baisser pour ne pas heurter de la tête le plafond bas du passage. Les marches étaient glissantes et il manqua tomber à plusieurs reprises, contrairement à Ludmila dont les pieds paraissaient très sûrs dans ses chaussures fines.

Une bonne quarantaine de marches plus haut, ils parvinrent devant une nouvelle porte. Ludmila se tourna vers Harry et chuchota à son oreille.

-Il vaudrait mieux remettre votre cape.

- Des fois que Ginny ne serait pas seule…Ajouta Harry sur le même ton en se couvrant, le cœur battant la chamade.

La devineresse poussa lentement la porte. Harry se glissa derrière elle. Ils étaient dans l'infirmerie.

C'était une pièce austère et mal éclairée dans laquelle se trouvaient deux lits en fer, une table, une chaise et une armoire. Un paravent dans un coin devait dissimuler les sanitaires.

Debout au milieu de la pièce dans une chemise de nuit blanche à bretelles, ses longs cheveux roux épars sur ses épaules, Ginny étonnée regardait Ludmila approcher. Son beau visage mince était marqué par la fatigue et la tristesse. Elle était pieds nus.

Eperdu de bonheur, Harry arracha la cape et se précipita vers la jeune fille qui laissa échapper un cri de surprise ravie.

-Je vous laisse, ne traînez pas, je vous attends sur la première marche ! Dit hâtivement Ludmila en souriant tandis que Harry serrait la jeune fille dans ses bras, joignant ses lèvres aux siennes avec une incroyable ferveur.

-Oh Harry! murmura Ginny en reprenant sa respiration. Tu es enfin venu !

-Vite, nous n'avons pas le temps. Coupa-t'il en la prenant par les épaules et en plongeant son regard dans le sien. J'ai une baguette. Il faut partir. As-tu d'autres vêtements ?

-Non. Tout est resté dans le cachot.

-Des chaussures ?

-Non plus.

-Tant pis, on se contentera de ce que tu portes sur toi. Viens !

Il lui prit la main, l'entraînant vers le passage secret.

A cet instant, la porte qui donnait sur l'appartement de Snape s'ouvrit toute seule en silence, et une seconde plus tard, Harry s'effondrait sur le sol, stupéfixé.


Maugrey Fol-oeil avait posé le médaillon de Serpentard sur un large bloc de granit gris, au milieu de son « atelier ». Adepte inconditionnel du principe selon lequel on n'est jamais trop prudent, il avait fait le vide tout autour, évacuant scrupuleusement tous les objets qui encombraient habituellement le vieux hangar.

Il installa ensuite à une distance raisonnable son paravent anti-projection et repousse-maléfice. Il avait lui-même mis au point cette protection qui s'était avérée bien utile à de nombreuses reprises. Un unique trou était aménagé pour laisser passer la baguette, et une vitre haute sécurité installée à hauteur des yeux permettait de viser.

Aucune combinaison anti-sort ou gilet pare-maléfice n'était aussi efficace que ce paravent. De plus, avec sa jambe de bois et sa corpulence, il ne pouvait guère enfiler ces tenues aérodynamiques qu'affectionnaient certains aurors, leur donnant l'allure ridicule d'extra-terrestres à peine descendus d'un vaisseau spatial.

Maugrey préférait agir seul. Il ne faisait confiance à personne. Nul mieux que lui ne saurait détruire cet objet dangereux, dont le caractère malfaisant ne faisait plus de doute après qu'il l'eût testé de toutes les manières possibles.

Tous ses détecteurs de Magie Noire étaient entrés en transe quand Maugrey avait approché d'eux le bijou suspect. Il avait donc définitivement renoncé à sa première idée, qui avait été de l'ouvrir pour mieux découvrir ce qu'il dissimulait si jalousement avant de le détruire.

A l'intérieur était caché un morceau d'âme du plus sombre Mage de tous les temps.

Cet objet élégant, apparemment inoffensif, était en réalité une redoutable arme de destruction massive. Pas de quartier. Il fallait l'anéantir .

Il se cacha derrière le paravent et prit son temps pour viser.

-Anihilo ! Lança-t'il enfin.

Un éclair fusa de sa baguette et vint heurter de plein fouet le médaillon, qui s'ouvrit brutalement. Une violente explosion déchira l'atmosphère, accompagnée d'une intense lumière verte. Puis, s'élevant un instant au dessus de la pierre, le médaillon disparut dans un nuage de fumée noire.

Maugrey soupira, puis sortit de derrière son paravent en s'essuyant le front. Il avança et regarda la roche dans laquelle une nouvelle excavation était apparue, provoquée par la violence de la déflagration. Des éclats de granit jonchaient le sol. Il n'y avait plus trace du médaillon en or de Serpentard.

-Eh ben mon vieux, je crois que personne ne regrettera cette maudite relique ! Grogna Maugrey en soufflant. Pour la colonne de Gryffondor, ça risque d'être une autre paire de manches !


-Vous pouvez compter sur moi, Maître !

-Je le savais, Julius. Lorsque tu m'as trahi, il y a bien longtemps, je t'en ai mortellement voulu, mais à présent, tu vas pouvoir te racheter en soutenant notre Cause.

Le cachot de Longneck était luxueusement meublé. Plusieurs chandeliers complétaient l'éclairage des torches murales, et de la vaisselle en or traînait sur la table couverte d'une nappe richement brodée. Enorme, le visage dégoulinant de sueur, l'homme se tenait respectueusement debout devant Voldemort qui était assis dans un beau fauteuil de velours, les doigts croisés.

Lucius Malefoy et Severus Snape observaient la scène, debout eux aussi de part et d'autre du Maître.

Passablement ennuyé, Lucius avait du mal à masquer le dégoût que lui inspirait l'homme obèse. Malgré lui, ses pensées dérivaient, et il n'était qu'à demi attentif à ce qui se disait.

Harry l'attendait dans son salon. Le temps passait inexorablement, et le garçon ne resterait pas éternellement à lire dans un fauteuil. Tôt ou tard, il serait tenté de regagner sa cellule pour continuer son courrier, ou pire, d'aller rejoindre cette femme désœuvrée pour feindre de disputer une partie d'échecs…Pourquoi Lucius n'avait-il pas bloqué la porte magiquement ? Le dispositif habituel du mot de passe rendait l'appartement inaccessible de l'extérieur, mais n'empêchait nullement d'ouvrir la porte de l'intérieur !

-Ahaha ! Quand nous aurons fait connaître de quelle manière ils se sont fait acheter …Tous aussi corrompus les uns que les autres !

-Il faudra me réhabiliter, Maître, car mon nom en sortira également sali !

Ecœuré, Lucius ne put retenir une grimace. Ah, que n'était-il vautré dans son canapé devant un bon verre de whisky, en compagnie d'un Harry fatigué, se frottant les yeux et baillant, juste dans l'état propice à une petite séance d'hypnose ! Il l'amènerait ensuite facilement dans sa chambre, et après quelques agréables divertissements, il serait aisé de le dissimuler sous la cape d'invisibilité si Narcissa venait à regagner ses quartiers…Certes, Lucius aurait préféré un Harry consentant et actif, mais à défaut, il se contenterait encore une fois de tirer lui même les ficelles du joli pantin…D'ailleurs, un jour ou l'autre, il n'aurait plus à recourir à la magie, ni à l'hypnose. Cela, il en était parfaitement sûr.

Mais en attendant, le temps durant lequel il aurait pu profiter de la présence de l'adolescent filait comme de l'eau entre les doigts d'un homme assoiffé devant une source qui se tarit.

-Quand j'aurai le poste de Ministre, je te nommerai à la tête du département de l'Industrie Magique, Julius. Ne t'inquiète pas, tu seras dignement récompensé.

Un sourire hideux élargit encore -si c'était possible- la face luisante de Longneck. Lucius laissa échapper un soupir. Heureusement que Harry n'entendait pas cette petite conversation…Il en aurait été scandalisé et se serait jeté sur le premier venu pour lui arracher sa baguette et tirer sur tout ce qui bougeait.

Soudain, il tressaillit. Une pensée horriblement inquiétante venait de lui venir à l'esprit. La baguette ! Il avait oublié de reprendre à Harry sa baguette !

Bon sang ! Comment avait-il pu être distrait à ce point ? C'était une négligence impardonnable, qui pouvait lui valoir la pire des punitions !

Son cœur se mit à battre furieusement. Il fallait qu'il quitte ce cachot, qu'il aille immédiatement s'assurer que Harry n'était pas en train de commettre l'irréparable… Mais comment le faire sans alerter le Maître, ou Snape, ce qui ne valait guère mieux ?

C'était impossible. S'il demandait à s'absenter, le Maître serait surpris et chercherait à lire dans son esprit. Il fallait donc attendre ici que l'entretien s'achève, en espérant que le gamin se tiendrait à carreau.

L'impatience de Lucius se transforma dès lors en véritable supplice.


-Nous pouvons saisir la Gazette, Rufus !

-Peut-être, mais le Chicaneur sortira de toute façon. Non, mes amis, il n'y a rien à faire ! Se lamentait Scrimgeour, marchant nerveusement de long en large dans son bureau.

Le ministre s'était entouré d'une quinzaine de ses proches, représentant les différents départements du Ministère, et tenait un véritable conseil de guerre depuis plusieurs heures. Ils avaient tous l'air épuisés et au fur et à mesure que la discussion avançait, l'anxiété générale se transformait en un sentiment proche de la panique.

-Mais puisque vous n'avez rien à vous reprocher ! Insista Green, un des plus proches conseillers du ministre. Vous n'avez pas à capituler ! Que ceux qui sont effectivement corrompus payent maintenant la facture !

Scrimgeour eut un grand geste impatient de la main.

-Et les otages ! Et les prisonniers, qu'en fais-tu, mon vieux ? Il est hors de question de les sacrifier ! Sa voix se fit soudain menaçante. Ah, ce Harry Potter, j'aurais dû être beaucoup plus méfiant vis à vis de lui! Quand je pense aux offres généreuses que je lui ai faites, et qu'il a repoussées avec mépris !

-Je vous avais pourtant mis en garde ! Fit remarquer sèchement Dolores Ombrage en essuyant sa large face de crapaud avec un mouchoir en dentelles. Ce n'est qu'un gamin gâté et arrogant, aux pensées malsaines. Il a retourné sa veste dès que son vieux mentor n'a plus été là pour le cadrer.

Toute de rose vêtue, elle était assise avec raideur dans un petit fauteuil satiné qui semblait avoir été prévu tout spécialement pour elle.

-Voyons, cessez de dire n'importe quoi ! Protesta Arthur Weasley qui n'avait pas dit grand chose jusque là. Il est peut-être actuellement aux côtés de Vous-savez-qui, mais sous la contrainte, et il n'est certainement pas sincèrement gagné à sa cause !

-Ca, c'est vous qui le dites, Weasley ! Votre fils Percy, qui le connaît bien, est tout à fait d'accord avec moi pour penser que Potter n'est qu'un opportuniste qui se met du côté du manche. N'est-ce pas, Percy ?

Le jeune homme roux, qui se tenait debout non loin du ministre, hocha vivement la tête sans regarder son père.

-Faut-il accepter officiellement la capitulation, endormir la méfiance du Mage Noir, puis organiser une attaque surprise, ou plutôt une défense exceptionnelle au ministère le jour J ? Suggéra Shakklebot, qui représentait le corps des aurors.

-Il faut y réfléchir, Kingsley. Mais j'avoue que je redoute un massacre. Ce serait de ma responsabilité ! Nous ne pouvons risquer autant de vies humaines. Dit le ministre en secouant sa belle crinière.

-Vous allez donc accepter les conditions de Vous-savez-qui ?

Le Ministre s'arrêta et croisa les bras.

-Ai-je vraiment le choix ?


L'air triomphant, Drago émergea de sous sa cape. Rejetant en arrière ses mèches blondes, il fit quelques pas en direction de Ginny, après avoir refermé la porte derrière lui, les bras ouverts comme s'il s'attendait à ce qu'elle l'accueille en sauveur.

Il n'avait pas fait quatre pas quand il trébucha et s'effondra à son tour.

A l'instant où Harry était tombé, dissimulé par un des lits, Ginny, ne sachant à qui ils avaient à faire, s'était baissée et avait vivement saisi la baguette du jeune homme qu'elle avait cachée derrière son dos. Voyant Drago s'extirper d'une cape d'invisibilité et avancer vers elle avec son odieux sourire plaqué sur le visage, elle avait lancé sans hésiter au jeune homme un sort d'entrave, qu'elle fit suivre aussitôt d'un Incarcerem. Très fière d'avoir si brillamment sauvé la situation, elle délivra ensuite Harry qui se releva, légèrement sonné.

-On l'a échappé belle ! S'écria la jeune fille en remettant du bout du doigt les lunettes de Harry en place.

-Ginny, tu es vraiment un as ! Et moi le plus nul des nuls.

Riant de soulagement, Harry la serra dans ses bras, puis se dirigea vers Drago. Il gisait au sol ligoté, le regard étincelant de fureur. Harry se baissa, lui arracha sa baguette et ramassa la cape d'invisibilité de Nott qui traînait un peu plus loin.

-Et dire que le Maître te fait confiance, Potter ! Cracha Drago haineusement.

-Silencio ! Lança Harry.

Il prit la main de Ginny et se précipita vers la porte secrète. Ludmila les attendait et les précéda dans l'escalier qu'ils dévalèrent vivement.

-Voulez vous utiliser cette cape ? Demanda Harry à Ludmila quand ils furent arrivés en bas.

La jeune femme hésita un instant.

-Non. Il faut que je puisse faire ouvrir les sas de sécurité. Prenez chacun une cape, vous serez mieux cachés ! Et suivez moi de près !

-C'est que…Dit Ginny d'une voix faible. Je ne suis pas sûre que j'arriverai à marcher vite. Je n'ai pas avalé grand chose depuis…

-Oh mais bien sûr, ma chérie ! Je suis certaine que Harry se fera un plaisir de vous soutenir !

Harry sourit. Sans répondre, il commença par réduire d'un sort la cape de Nott pour la glisser dans une poche (apparemment, il s'en sortait très bien avec la baguette de Drago), puis il fit passer sa propre cape sur leurs deux têtes et il saisit fermement la jeune fille par la taille en lui jetant un regard possessif. Elle lui sourit à son tour, rassurée. Elle tenait toujours dans une main la baguette bridée.

-Comment peut-on sortir de cette Cité ? Interrogea Harry.

-Je n'en ai aucune idée. Reconnut Ludmila qui voyait la baguette de Harry irradier de la lumière sous la cape . Quand le Maître m'a fait venir, il y a quelques jours, je suis entrée par une porte de pierre qui est gardée par plusieurs hommes, mais je pense que seul le Maître peut en commander l'ouverture. J'ai essayé d'en savoir plus en usant de mes talents de devineresse, mais le résultat n'a guère été concluant. Ce qui est certain, c'est qu'il est impossible d'utiliser cet accès là.

-Appelons Daisy !

-Non ! Elle ne pourra pas nous faire sortir. N'oubliez pas qu'elle ne peut trahir son véritable Maître.

-Alors, essayons de trouver une cheminée ! Proposa Harry.

-Il y a bien les cheminées d'aération, mais elles sont étroites et horriblement hautes…Dit pensivement Ludmila.

-Et la cheminée d'accès des hiboux ? Relança Harry . Je sais qu'il en existe au moins une. Je suppose que pour la trouver, il faut monter aussi haut que possible.

-C'est une idée intéressante ! Espérons qu'elle soit assez large… Bon, en bref, on cherche d'où viennent les plus gros courants d'air ! Lança Ludmila en ouvrant la porte du passage qui donnait sur le couloir.

Elle sortit, suivie de Harry et Ginny invisibles et grisés de se sentir soudain si proches l'un de l'autre, et si proches de la liberté.

……………………………………

Ludmila se fit ouvrir sans difficulté trois barrières. A chaque fois, elle faisait des sourires charmeurs aux gardiens qui avaient visiblement l'habitude de la voir circuler librement dans la Cité.

Elle marchait vite, et Ginny haletait, épuisée par le régime de privation auquel elle avait été soumise depuis plusieurs jours. Harry la soutenait du mieux qu'il pouvait, ravi et troublé de sentir son corps souple et chaud tout contre le sien.

Lorsque Ludmila se trouva à l'embranchement entre le quartier des favoris et celui des invités, elle hésita. Il fallait prendre le couloir qui montait le plus raide, et il semblait que ce fût le second.

Soudain, un bruit de pas irréguliers se fit entendre, se rapprochant rapidement, et un instant plus tard, un homme trapu et voûté aux cheveux gris en désordre fit son apparition. Sous la cape, Harry tressaillit en reconnaissant avec horreur Fenrir Greyback. Le loup garou semblait agité, son souffle était encore plus précipité que d'habitude, ses yeux luisaient et ses mains paraissaient crispées, étrangement recroquevillées sur elle mêmes. Etait-on en période de pleine lune, et l'homme loup était-il sur le point de se transformer ? En tout cas, on ne pouvait plus mal tomber.

En voyant la jeune femme, ses yeux s'allumèrent et il s'approcha d'elle, haletant.

-Vous semblez perdue, ma chère ? Grogna-t'il de sa voix rocailleuse en se léchant les lèvres, gardant ensuite la bouche ouverte, la langue légèrement pendante.

Baguette levée, Harry serra Ginny plus fort contre lui.

-Oh…Non…Je me demandais simplement…J'attends un courrier de ma lointaine famille et…Savez-vous par où arrivent les hiboux ?

-Vous vous sentez seule ? Demanda Greyback en avançant encore vers la jeune femme, son œil jaune luisant dangereusement, ses mains crochues tendues en avant.

-Non…C'est-à dire que ma famille me manque un peu, forcément…

-C'est bien compréhensible…Susurra le loup-garou. Ne vous inquiétez pas, le message vous sera apporté dès qu'il arrivera. Le factionnaire là-haut intercepte les hiboux dès qu'ils pointent le bout de leur bec.

En faisant un geste vague en direction de son quartier, il s'était encore approché de la jeune femme et elle recula pour éviter de respirer son haleine fétide. Soudain, l'homme-loup tourna la tête dans la direction des deux adolescents invisibles et il fronça le nez.

-Mmmm…Il y a une odeur par ici…De la chair fraîche…(NDA : désolée, on se croirait vraiment dans « Le petit Poucet »… !)

Soudain paniqué, Harry tenta de s'éloigner, entraînant silencieusement Ginny. Mais Greyback les suivait en reniflant, le bras tendu, marmonnant des paroles confuses qui ressemblaient à des grognements.

-Je connais cette odeur…Cette chair si jeune…J'y ai déjà goûté il y a peu…

-Le Maître vous a convoqué pour un entretien ? Intervint fermement Ludmila dont le visage avait perdu toute couleur.

Le loup-garou s'arrêta, légèrement hagard, et tourna la tête vers elle pour la regarder à nouveau, comme s'il retrouvait soudain ses esprits.

-Non, mais je suis à sa recherche. J'ai des informations importantes à lui communiquer.

-Il est dans le cachot de Longneck. Descendez vite, vous risquez de le manquer !

Harry et Ginny en avaient profité pour remonter vivement le couloir, mettant le maximum de distance entre eux et l'homme-loup, et ils attendaient plus haut, le cœur battant, leurs mains moites étroitement entremêlées.

Ludmila réussit enfin à se débarrasser de l'horrible personnage et reprit sa marche. Quand elle passa à côté d'eux, Harry eut un petit claquement de langue pour signaler leur présence. Elle sourit sans s'arrêter, passant une main sur son front moite de sueur.

Le couloir continuait à monter. Sur les côtés, des passages conduisaient aux chambres des invités. On entendait par moments de drôles de bruits. Grognements, gémissements, éclats de rire sinistres, échos de conversations bruyantes. Qui donc séjournait dans ces quartiers ? Mangemorts étrangers, géants (ils devaient avoir du mal à tenir debout dans ces galeries, pourtant), loups-garou sur le point de se transformer, autres créatures peu recommandables… ? Harry préférait ne pas trop étudier la question.

Signe qu'ils étaient sur la bonne voie, ils sentaient de plus en plus nettement un courant d'air frais qui faisait voler la cape, les obligeant à la maintenir en place avec fermeté.

Ludmila marchait toujours aussi vite, et ils débouchèrent enfin sur un replat qui s'ouvrait sur une grande caverne, dans laquelle convergeaient plusieurs galeries. Ils devaient se trouver à proximité de la grande Salle, mais Harry ne connaissait pas cet endroit.

Ils virent un homme assis devant une table, une écharpe autour du cou, qui semblait rêvasser et regarda avec surprise Ludmila avancer vers lui. Le courant d'air était assez violent à présent, et le gardien parut captivé par la jupe de la jeune femme qui, en se soulevant, révélait en partie ses jolies jambes .

-C'est bien vous qui êtes chargé de réceptionner les hiboux ? Demanda Ludmila d'un ton affable.

-Oui, comme vous voyez…L'homme semblait flatté que cette belle femme, favorite du Maître, s'intéressât à lui. Il doit y avoir de la tempête, ça souffle là haut, je vais attraper une angine. Quelle poisse !

-Oh…Ce sont les risques du métier…Les oiseaux descendent donc par ici… ?

-Ouais, cette cheminée, là au-dessus ! Fit l'homme en levant le bras d'un air las. Les hiboux la connaissent, c'est plein de crottes, il ne faut pas se mettre en dessous. Et c'est ouvert par tous les temps, alors vous pensez…

Ludmila s'en approcha et leva le nez, puis elle se tourna et fit un léger clin d'œil en direction de Harry. Ce dernier comprit et pointa sa baguette.

-Stupefix !

Le gardien se figea, pétrifié sur sa chaise. Harry et Ginny rejoignirent précipitamment Ludmila qui examinait la cheminée.

Elle était assez large, circulaire, et une personne mince pouvait sans doute se hisser à l'intérieur. Cependant, les parois de pierre paraissaient glissantes, pleines de fientes d'oiseau et luisantes d'humidité. De plus, elle était complètement verticale, et il semblait que l'issue fût plus ou moins recouverte de plantes car on n'apercevait qu'un tout petit bout de ciel gris, environ quatre mètres au dessus .

Apercevoir la lumière du jour était cependant un formidable appel vers la liberté.

-Ginny, tu vas monter par là ! Dit Harry.

-Tu passeras après moi, alors ? Demanda la jeune fille d'une petite voix.

-Il faut que je te fasse monter d'un sort. J'espère que ça va marcher.

-Et ensuite, ce sera ton tour, puis celui de Ludmila, n'est-ce pas ? Avec cette baguette, je dois pouvoir vous faire monter tous les deux ? Un sort d'attraction…Ou alors, je peux nouer les deux capes pour faire une sorte de corde ?

Harry hésita.

-Non, Ginny. Je ne pourrai pas te suivre. Je n'ai pas fini ce que j'ai à faire ici.

Le visage de la jeune fille se tordit sous l'effet de la déception et de l'inquiétude.

-Mais pourquoi ? C'est maintenant ou jamais ! La liberté sans toi, ça ne m'intéresse pas !

Il lui prit les mains.

-Ecoute, Ginny. Ce qui est important, c'est que toi, tu sortes d'ici. Tu sais que moi, j'ai encore une…une mission …à accomplir ici, avant de pouvoir m'échapper.

Et il l'embrassa avec passion, l'empêchant de protester.

-Et vous Ludmila ? Demanda-t'elle d'une voix pleine d'espoir quand il l'eut lâchée.

-Non, Ginny. Je dois rester. Moi non plus, je n'ai pas achevé ma mission. Dit la jeune femme avec tristesse, son beau regard si sombre que ses yeux paraissaient noirs.

-Il faut t'enfuir au plus vite, le plus loin possible, et retrouver ta famille. Dit Harry d'une voix précipitée. Je suis désolé de ne pas pouvoir t'aider plus que ça… Prends soin de toi.

Ils échangèrent un dernier baiser fiévreux.

-Vite ! Lança Ludmila. Ginny ! Il faut monter. Tu as la baguette ?

-Voici la cape d'invisibilité que j'ai prise à Malefoy. Elle te sera utile. Dit Harry en la nouant autour de la taille de la jeune fille pour qu'elle conserve les mains libres.

Il la serra ensuite encore une fois tendrement dans ses bras. Elle pleurait. Il sécha ses larmes avec la paume de sa main. Pendant ce temps, Ludmila reculait tant bien que mal l'homme sur sa chaise et plaçait la table juste en dessous de la cheminée.

-Monte là dessus ! Ce sera plus facile.

Tremblante, Ginny s'exécuta.

-Wingardium leviosa ! Dit Harry, les dents serrées par l'effort de concentration.

La jeune fille s'éleva d'abord légèrement, mais elle retomba presque aussitôt. Le sort n'était pas assez puissant . Ou était-ce la baguette de Drago qui s'avérait inefficace entre les mains de Harry ?

-Mobilocorpus !

Cette fois, l'élévation fut plus nette. Ginny réussit à s'agripper aux pierres saillantes. Tenant la baguette des deux mains et tremblant dans l'effort, Harry grimpa à son tour sur la table tandis que Ginny commençait à s'élever dans la cheminée, s'accrochant tant bien que mal de ses mains et de ses pieds nus aux parois glissantes et se hissant, sa baguette entre les dents pour faciliter l'ascension.

Elle avait toujours été agile et malgré sa fatigue et l'état des pierres, elle réussit en quelques minutes à atteindre le haut de la cheminée. Ils virent sa chemise de nuit blanche disparaître à travers les feuillages, et Harry interrompit le sort, soupirant de soulagement.

Il descendit de la table, regardant en l'air pour s'assurer qu'elle ne réapparaissait pas. Il était hors de question de lancer des cris pour s'informer de l'état de la jeune fille.

Déstabilisé et vidé de son énergie, Harry restait les bras ballants. Ludmila lui secoua l'épaule.

-Remettez votre cape, Harry. Il faut ligoter cet homme, dit-elle en désignant le factionnaire qui commençait à s'agiter. Il n'y a pas de temps à perdre.

-Vous savez comment rejoindre les appartements de…Vous-savez-qui ?

-Je vais essayer de vous guider. Vite !

-Incarcerem ! murmura le garçon.

Toujours sur sa chaise, le factionnaire se trouva ligoté.

-Je ne sais pas jeter les sorts d'oubliettes…Dit le garçon avec gêne.

-Tant pis ! Dit Ludmila en haussant les épaules. De toute façon…Ca ne changerait plus grand chose !

Harry disparut à nouveau sous sa cape, et Ludmila se remit en route, dévalant rapidement les couloirs dans une direction connue d'elle seule.

C'est alors qu'ils entendirent derrière eux, étouffés par la distance, des cris et des appels. Le garde pétrifié et ligoté venait d'être découvert.


Et voilà, on finit sur une note optimiste, pour une fois, non ? Certes, il y a encore du pain sur la planche pour nos héros, mais on tient le bon bout…A moins que…Allez, j'arrête avant de me faire assassiner, et j'attends avec impatience vos reviews, sans lesquelles je vous assure que je ne trouve absolument aucune inspiration !

Nepheria : Merci !! J'ai été bien contente de trouver à nouveau un signe de toi !

Lefandeharry : Oh, ne t'inquiète pas, même si tu n'es pas le premier, j'apprécie énormément de lire tes encouragements et de savoir que tu es fidèle à cette histoire. Tu n'as pas publié de nouveau chapitre de ta fic cette semaine ?Il faut se méfier, parfois, les fics disparaissent au moment du changement de page, c'est arrivé à la mienne cette semaine…Merci encore et j'espère à bientôt !!

Liv : Merci de m'avoir rassurée pour le dernier chapitre. Je trouvais qu'il m'avait donné bien du mal et que je n'avais pas pu le retravailler suffisamment, mais celui-ci m'a coûté encore plus d'efforts. Autant je suis à mon aise quand il s'agit de décrire ce qui se passe dans la tête des uns et des autres, autant j'ai des difficultés avec les scènes d'action…Et pourtant, j'adore en lire ! –Oui, Ginny intoxiquée par une pastille de ses frères…! C'est que Snape a omis de lui donner la deuxième, la violette, celle qu'il faut prendre pour retrouver la forme une fois qu'on a réussi à convaincre tout le monde qu'on était malade…-Tu as aimé l'entraînement ? Tant me fait bien rire quand tu dis que Harry « fait un stage chez les mangemorts ». C'est vrai, c'est tout à fait ça ! Mais pourquoi ne connaîtrait-il pas l'anihilo ? Après tout, il a suivi des tas de cours pendant six ans (certes, les profs n'étaient pas tous à la hauteur), et surtout, il a été prof de l'AD et il a dû pour ça se plonger (avec Hermione) dans des bouquins divers. Je ne vois pas ce sort comme appartenant à la magie noire, même s'il est assez…radical. Et il faut qu'ils sachent détruire les horreurs que les Mangemorts peuvent faire apparaître devant eux, non ? Mais je précise que ce sort est réservé aux objets et n'a aucun effet sur les créatures vivantes… (eh oui, ici, c'est MOI le chef, na !)-En effet, Bulstrode est assez douée pour la danse du ventre, la pauvre. Je suis cruelle avec elle…Mais voyons, Lucius n'a pas le mauvais goût d'être jaloux, quand même ! -Ah, Harry va-t'il s'échapper ? Il faut lire ce nouveau chapitre pour le savoir .-Et tu as apprécié la lettre de menace de Voldemort ? Très bien. L'étau se resserre sur le monde sorcier…-Hélas, Harry va voir sa réputation encore embellie par ce que révèle cette lettre. Mais il n'est plus à ça prêt, n'est-ce pas ?-Merci encore pour tes reviews si savoureuses et j'espère à bientôt !

Voili voilou, le bouton bleu est juste là en dessous…pour ceux qui ne l'auraient pas vu !