Comme chaque fois, un grand merci à celles et ceux qui ont pris la peine de laisser une review pour le dernier chapitre. Je ne dirai jamais assez à quel point j'apprécie vos messages. Les réponses sont en bas de page pour les « anonymes ».
Les évènements vont continuer à se précipiter, mais vous commencez à me connaître, vous savez que j'ai une fâcheuse tendance à m'étaler... J'espère que vous supporterez mes longueurs. Ce chapitre marque un nouveau tournant dans l'histoire…Mais nos héros ne sont pas encore tirés d'affaire, comme vous allez pouvoir le constater.
Bonne lecture !
CHAPITRE VINGT ET UN
HORCRUXES
Le Maître avait enfin quitté son fauteuil et souriait, frottant ses longues mains maigres l'une contre l'autre. Multipliant les courbettes, Longneck s'essuyait le front avec un superbe mouchoir en dentelles. Ce type était encore plus obséquieux que Pettigrew. Lucius se sentait sur le point de vomir, malade à la fois de dégoût et d'impatience.
Greyback les avait rejoints quelques instants plus tôt, et Lucius avait frissonné en voyant ses mains tordues et son visage déjà presque bestial en ce début de soirée précédant la pleine lune. Le Maître lui avait demandé de patienter jusqu'à ce qu'il en ait fini avec Longneck, et le loup garou s'était mis à arpenter le luxueux cachot, émettant des grognements bizarres et répandant autour de lui des effluves suspects.
D'un pas raide, Lucius suivit le Maître qui se dirigeait vers la sortie. Snape marchait à ses côtés et lui jeta de biais un regard meurtrier. Il ne digérait visiblement pas l'humiliation de tout-à l'heure. Peu importait à Lucius. Une seule chose comptait à présent : rejoindre ses appartements et s'assurer que le petit Potter était toujours assis bien sagement, lisant un roman tout en ébouriffant ses cheveux noirs, ou, mieux encore, endormi sur le canapé. Il serait si agréable d'entrer dans ce salon pour y trouver l'adolescent allongé dans une pose abandonnée, et se pencher au-dessus de lui en le taquinant de diverses manières jusqu'à ce qu'il se réveille…
En vain Lucius tentait-il de repousser l'image beaucoup moins plaisante qui se présentait à lui, celle d'un Harry au regard sauvage courant dans les couloirs armé d'une baguette, à la recherche de sa petite amie. Il fallait espérer que Snape, malgré son incompétence, avait au moins pris soin de rendre l'infirmerie inaccessible…
-Mes amis, dit le Maître, je vous avoue que je suis fatigué. Je vais rejoindre mes appartements. Nous nous reverrons demain matin à 9h dans la bibliothèque pour échanger les nouvelles et affiner notre stratégie. S'il n'y a pas urgence, Fenrir, je préfèrerais reporter notre entretien. Tu seras certainement en meilleure forme demain. Tu ferais bien de remonter vite dans tes quartiers pour t'y enfermer quelques heures. Je vous souhaite à tous une bonne…
Ils étaient sur le point de parvenir à l'embranchement qui séparait l'appartement du Maître de celui qui menait aux quartiers des favoris et des invités. Il y eut soudain un bruit de course précipitée mêlé d'exclamations indistinctes. Lucius se tendit. Il avait l'impression désagréable qu'une brique venait de tomber dans son estomac.
Trois gardes firent irruption du couloir de droite, visiblement essoufflés, et le premier se laissa tomber aux pieds du Mage noir. Les deux autres restèrent en retrait, observant la scène avec inquiétude.
-Maître…Permettez…Haleta l'homme, la tête baissée.
-Qu'y a-t'il ? Parle ! Ordonna Le Maître.
- Le garde chargé de la réception des hiboux a été agressé !
Les hiboux ? Lucius se demanda s'il avait bien compris. Harry était-il mêlé de près ou de loin à cette histoire ? Hélas, c'était plus que probable.
-Quoi ? Agressé comment ? Par qui ? Interrogea Voldemort d'une voix dure.
-Wild a expliqué qu'une femme…euh… la devineresse roumaine, s'est approchée de lui pour lui demander des renseignements, et qu'un instant après, il a été pétrifié puis ligoté par un sort. D'après ce que Wild a pu voir et entendre, il semblerait que ce soit Potter qui ait fait le coup. La petite Weasley se serait échappée par la cheminée.
Voldemort eut un instant de désarroi. Son visage sans nez était d'un blanc de craie. Dans un geste nerveux, il porta une main crispée à sa poitrine gauche, comme s'il était pris d'un malaise cardiaque. Lucius se sentait lui aussi de plus en plus mal. Ses jambes allaient-elles le lâcher ici, en plein couloir ?
-Potter a filé avec elle ? réussit à articuler le Mage noir.
-Non, Maître, pas que je sache.
Lucius eut le sentiment que le Maître éprouvait le même demi-soulagement que lui. Mais où le garçon pouvait-il bien se trouver ? Se terrait-il quelque part dans la Cité, caché sous sa cape d'invisibilité qu'il avait peut-être réussie à récupérer ?
Snape laissa échapper une sorte de ricanement.
-Vous voyez, Maître ! Je vous avais prévenu qu'il ne fallait surtout pas faire confiance à cette petite crapule.
Flamboyants, les yeux rouges se posèrent sur l'ex-espion.
-Je me passe de tes leçons de morale, Severus. Va plutôt à l'infirmerie pour éclaircir cette affaire. Il me semble que c'était toi qui étais chargé de la sécuriser. Vous trois! S'écria-t'il à l'adresse des gardes. Organisez immédiatement une battue à l'extérieur pour retrouver la gamine, si elle s'est effectivement enfuie. Prenez le nombre d'hommes nécessaire. D'autres créatures peuvent vous être utiles, n'hésitez pas à les solliciter. Fenrir, accompagne les, va vite rassembler les tiens !
Il marqua une pause durant laquelle il reprit son souffle avec difficulté.
-Qu'on m'amène Wild sans tarder, que je puisse entendre son témoignage. Et toi, Lucius, suis-moi immédiatement !
Ludmila avait passé un nouveau barrage gardé cette fois par deux hommes et elle avançait à présent dans un couloir que Harry ne connaissait pas et qu'il supposa être celui qui donnait accès aux appartements de Voldemort. Au bout de quelques pas, la jeune femme s'arrêta devant un mur et leva une main. Appliquant sa paume ouverte contre une grosse pierre lisse, elle murmura :
-Aperto !
Aussitôt, les contours d'une large porte en bronze se dessinèrent dans le mur. Les lourds battants sans serrure ni poignée s'ouvrirent lentement. Harry, dont le cœur semblait s'être arrêté de battre, se glissa derrière la jeune femme et entra avant que la porte massive ne se referme derrière eux dans un bruit sourd.
Ils étaient arrivés dans une sorte de vestibule sombre qui conduisait sur la droite au salon de Voldemort. Apparemment endormi, Nagini était roulé devant le feu qui brûlait allègrement dans la cheminée.
-Vite, Harry ! Faites ce que vous avez à faire ! Souffla Ludmila dont le visage était très pâle.
Harry balaya la pièce d'un regard angoissé, puis se tourna vers la jeune femme, baguette levée.
-Pardonnez moi… Je vais devoir vous…ligoter…Sinon, vous risquez d'être accusée de complicité…
-Oh…Ca ne servira à rien ! Dit-elle avec un haussement d'épaules. Mais si ça peut vous rassurer, allez-y !
-Allongez vous d'abord…Ce sera moins désagréable. Ajouta-t'il en rougissant légèrement.
Docilement, elle s'allongea sur le tapis et lui jeta un coup d'œil d'encouragement tout en ajustant sa jupe.
-Incarcerem ! Cria-t'il trop fort. Dans son état de tension extrême, le contrôle de sa voix semblait lui échapper.
Soudain réveillé, le grand serpent dressa la tête et siffla en regardant le jeune homme.
-Que fais-tu là, Toi-qui-sais-parler-aux-serpents ? Pourquoi as-tu mis cette femelle à terre ? Tu veux faire avec elle des petits d'homme ?
Harry, de rose qu'il était, se sentit devenir écarlate. Ridicule ! Cette bête stupide ne pouvait pas comprendre ce qui se passait, de toute façon, bien heureusement !D'ailleurs, elle allait très vite perdre ses maigres facultés de réflexion. Devait-il lui répondre en fourchelangue ? Non, il n'avait pas le temps de lui expliquer qu'il était là tout simplement pour l'anéantir.
La main du garçon tremblait quand il leva à nouveau sa baguette. Allait-il savoir jeter l'Impardonnable ? Et de plus, avec cette baguette, qui n'était pas la sienne ?
Avant tout, il devait se persuader qu'il haïssait cet horrible serpent, qui renfermait sous ses écailles un morceau d'âme de son Maître. Il ne devait ressentir aucune once de pitié pour cette bête cruelle qui, en vivant, assurait à Voldemort l'immortalité.
-Avada kadavra !
Le sort manqua sa cible. Mais un jet de lumière verte avait bien jailli de la baguette, allant se fracasser contre le mur le plus proche. Il fallait recommencer.
Comme si elle avait compris qu'il cherchait à la tuer, la bête siffla, menaçante, et se redressa, glissant vers lui, les yeux fixes, ses crocs acérés apparaissant dans sa gueule énorme.
-Avada kadavra !
L'éclair vert vint heurter le serpent de plein fouet. Secoué de frissons nerveux, Harry vit la bête s'écrouler sans vie, foudroyée, sa tête triangulaire allant heurter le bras d'un fauteuil puis rouler au sol tandis que son grand corps gisait là, immobile après un dernier et violent spasme.
Des bruits de pas et de voix parvinrent à Harry à travers la porte de bronze. Affolé, il courut dans l'entrée.
-Collaporta !
Il revint précipitamment dans le salon et se plaça devant la vitrine qu'il essaya d'ouvrir d'un alohomora. Evidemment, la porte vitrée refusa de bouger. Dans son énervement, il tenta stupidement de briser la vitre de son poing. Il n'y gagna qu'une intense douleur dans la main. Le verre devait être magiquement blindé et paraissait incassable.
Derrière la porte, les trépignements, les vociférations se faisaient plus intenses. Il y eut des impacts de sorts contre le métal secoué de puissantes vibrations sonores.
-Anihilo ! Cria Harry.
La vitrine explosa, projetant des débris un peu partout. Un morceau de verre atteignit le jeune homme à la pommette, lui déchirant la peau juste au bord des lunettes, tandis qu'un autre lui entaillait l'épaule. Harry jeta un rapide coup d'œil à Ludmila, toujours étendue ligotée sur le sol. Silencieuse, elle le regardait intensément, son visage grave éclairé par l'éclat mouvant des flammes. Elle paraissait indemne.
Les battants de la porte de bronze s'ouvrirent alors dans un grand fracas.
-Anihilo ! Cria à nouveau Harry avec désespoir, la baguette orientée sur le coffret qui devait contenir la coupe de Helga Poufsoufflle. Il y eut une forte explosion, une intense lumière verte aveugla le garçon, suivie d'un épais nuage de fumée noire. Harry, qui avait eu le réflexe de se protéger le visage de ses bras, sentit sa baguette lui échapper des mains et il fut brutalement projeté au sol par un maléfice, au milieu des éclats de bois et de verre.
Snape entra précipitamment dans l'infirmerie et découvrit Drago ligoté sur le sol, toujours muet et prêt à exploser de fureur. Dès qu'il fut libéré, le jeune homme sauta sur ses pieds et exprima sa colère avec toute la violence dont il était capable. Son professeur le laissa parler un moment avant de le faire taire sèchement.
-Tu n'avais pas à entrer clandestinement dans l'infirmerie, en mon absence, et sous une cape d'invisibilité de surcroît ! Si j'avais su, je ne t'aurais jamais donné mon mot de passe !
-Mais vous savez comme moi qu'on m'a injustement interdit l'accès de l'infirmerie ! Je n'avais pas d'autre choix !
-Tu pouvais te passer de voir cette gamine durant quelques heures !
-Je craignais qu'elle quitte l'infirmerie ! Elle n'était plus réellement malade, n'est-ce pas ?
Snape eut un sourire entendu.
-Elle aurait pu le rester encore un certain temps, juste assez pour justifier sa présence ici.
-De toute façon, ce n'est pas moi qui ai fait entrer Potter ! Se défendit Drago.
-Non, mais grâce à toi, il a pu s'armer d'une vraie baguette, et d'une cape d'invisibilité. Dis moi, la roumaine était-elle avec lui ?
Drago hésita.
-La roumaine ? Non…Je ne crois pas. Je ne l'ai pas vue. Pourquoi cette question ?
-Oh, pour rien. Son rôle dans cette histoire ne me semble pas clair, c'est le moins qu'on puisse dire…Les deux tourtereaux se sont donc échappés par le passage secret qui avait pourtant été condamné !
Drago fit la grimace en entendant les mots choisis par son Tuteur. Sa fureur sembla monter encore d'un cran.
-Oui, après m'avoir ligoté comme un vulgaire saucisson ! Ce Potter, si je mets la main sur lui…Et Weasley ? Savez vous où elle se trouve maintenant ?
-Elle s'est échappée !
-Quoi ? Vous plaisantez ? Je croyais qu'il était impossible de sortir de cette Cité sans l'accord du Maître.
-Elle a filé par la cheminée des hiboux.
Le visage de Drago était devenu livide. Ses lèvres se mirent à trembler.
-Toute seule ou avec Potter ? Articula-t'il d'une voix faible.
-Il semblerait que ce cher Potter ait choisi de rester parmi nous.
-Mais…Il faut la rattraper ! S'écria Drago dont le visage avait repris un peu de couleur à cette annonce. Elle ne peut pas être bien loin ! Elle ne sait pas transplaner !
-Une battue est organisée pour la récupérer avant qu'elle donne l'alerte et nous fasse repérer.
-Vite ! J'y vais !
-Où cours-tu comme ça ? S'enquit Snape en retenant Drago par le bras.
-Rejoindre ceux qui partent à sa recherche, bien sûr. Plus nous serons nombreux, plus nous aurons des chances de lui mettre la main dessus.
Snape soupira. Dégageant son bras, le garçon avait déjà filé vers la porte de l'appartement.
-Drago ! Appela l'homme.
Le jeune Malefoy se retourna, regardant Snape avec un agacement non dissimulé.
-Tu n'as même pas de baguette !
Drago rougit, embarrassé.
-C'est vrai. Comment faire ?
Haussant les épaules avec résignation, le maître des potions passa dans son salon.
-Accio baguette de Potter !
Un tiroir de son bureau s'ouvrit et une baguette en jaillit pour voler dans la main ouverte de Snape. Il la tendit aussitôt à Drago.
-Tiens, prends ceci. Elle te revient de droit, puisqu'il a pris la tienne. Et sois prudent ! Il y aura des loups garous, prends garde qu'ils ne s'attaquent pas à toi !
Drago eut un geste d'impatience.
-C'est bon, professeur, rassurez vous, je n'ai aucune envie de mourir déchiqueté par un de ces monstres.
Et il se précipita dans le couloir.
Essoufflée, griffée par les buissons épineux qui barraient à demi l'accès extérieur de la cheminée, Ginny réussit enfin à se hisser sur le bord du trou. Elle resta un moment allongée pour reprendre haleine avant de se redresser et de regarder autour d'elle, éblouie par la lumière d'un jour pourtant assez terne.
Elle se trouvait sur une sorte de corniche couverte de buissons, perchée aux trois quarts de ce qui ressemblait au flanc raide d'une colline. La pente était herbue et rocheuse par endroits, des rhododendrons en fleurs et des bosquets de genêts constituant la principale végétation dans ce décor sauvage et inhospitalier.
Au pied de la colline, une forêt s'étendait à perte de vue.
Si Ginny n'avait pas été triste et profondément épuisée, elle aurait probablement trouvé absolument magnifique ce paysage de landes et de forêts. Mais une boule semblait avoir élu domicile dans sa gorge, la faisant suffoquer, lui donnant envie de pleurer.
Elle avait perdu Harry. Elle revoyait ses yeux quand il l'avait regardée avant de lui avouer qu'il ne pouvait s'échapper avec elle. Elle avait lu dans ce regard un mélange de détermination farouche et de profonde terreur.
Depuis qu'il était prisonnier de Voldemort, il avait vécu des horreurs, et il s'apprêtait à vivre pire encore. Mais son courage et son sens du devoir étaient plus forts que son désir de retrouver la liberté.
Elle soupira et se secoua. Il n'avait pas couru tous ces risques pour qu'elle reste là à attendre que les Mangemorts viennent la cueillir et la ramènent sur un plateau à leur Maître.
Après avoir soigneusement essuyé ses mains pleines de terre et de fientes dans les touffes d'herbe qu'elle trouva à proximité, elle se mit à descendre tant bien que mal la pente abrupte, tombant et se relevant un nombre incalculable de fois. Ses pieds nus la faisaient souffrir et elle fut vite glacée par la bise qui soulevait ses cheveux et lui coupait le souffle. Elle avait les pieds en sang quand elle parvint enfin au bas de la colline. Elle tenta un sort de cicatrisation qui la soulagea momentanément mais se révéla peu efficace dans la durée.
Se retournant, elle essaya de trouver un repère qui lui permettrait, le cas échéant, de retrouver l'entrée de la cheminée. Mais c'était impossible au milieu de ce maquis broussailleux. Et elle ne devait plus perdre de temps.
Elle n'avait aucune idée de la direction à prendre. Pour plus de sûreté, elle se cacha sous la cape d'invisibilité de Drago, et partit au hasard à travers bois.
Elle marcha longtemps ainsi, le plus vite possible, espérant qu'elle ne tournait pas en rond, lançant divers sorts sur ses pieds de plus en plus douloureux.
Quand elle sentit ses forces l'abandonner, elle décida de faire une pause. Elle avait une faim terrible, et elle cueillit des myrtilles et quelques fraises des bois qu'elle mangea goulûment. La forêt bruissait de mille sons, galops de bêtes sauvages, pépiements d'oiseaux, chant d'un ruisseau au bord duquel elle alla apaiser sa soif. Elle n'avait aucune peur des animaux, mais elle guettait les éventuels bruits de Mangemorts lancés à sa poursuite.
Elle se remit en route après un arrêt de quinze petites minutes. Premier signe de présence humaine, elle avait trouvé un sentier de bûcherons et décida de le suivre. Il devait forcément mener quelque part.
Un cri lointain la fit sursauter. La lumière commençait à baisser. Les ombres s'allongeaient dans un soleil couchant qui avait fini par percer le plafond nuageux.
C'était un cri étrange. Un hurlement qui n'avait rien d'humain. Il se rapprochait, et semblait se démultiplier, comme émanant de plusieurs gorges de bêtes torturées. Ginny frissonna et se mit à courir avec le peu de forces qui lui restait.
Il fallait qu'elle trouve un arbre sur lequel grimper pour passer la nuit. Couverte par la cape d'invisibilité, elle pourrait peut-être échapper à ses poursuivants.
Mais elle avait beau avancer et regarder tout autour d'elle, elle ne voyait aucun arbre qui se prêtât à une ascension aisée. Les premières branches des grands chênes et des hêtres élancés qui l'entouraient démarraient beaucoup trop haut pour qu'elle pût s'y accrocher.
Hors d'haleine, elle fit une nouvelle pause. Les cris se faisaient de plus en plus distincts. Des loups. Ou des loups-garous.
Ginny leva les yeux vers le ciel. Les premières étoiles clignotaient dans le firmament à présent parfaitement dégagé. Pas trace de lune cependant.
Elle se remit en route, au bord des larmes. Si Voldemort avait lancé des loups garous à ses trousses, elle n'avait aucune chance de s'en sortir. Elle avait appris que lorsqu'elles sont en état de transformation, ces créatures ont un odorat exceptionnel et aucune cape d'invisibilité ne la protègerait de leur flair redoutable. Elle en avait eu une première démonstration quelques heures plus tôt, quand Greyback les avait repérés à l'odeur, Harry et elle, malgré leur invisibilité
Soudain, elle le vit. C'était un magnifique chêne qui se trouvait légèrement à l'écart du chemin. Sa première branche, épaisse et solide, était facilement accessible pour la jeune fille. Elle courut et l'attrapa des deux mains après avoir attaché la cape autour de sa taille et pris sa baguette entre les dents. D'un rétablissement, elle se hissa sur la branche, déchirant au passage sa chemise de nuit déjà bien éprouvée . Monter ensuite dans l'arbre jusqu'à se trouver à une hauteur de quatre mètres fut pour elle un jeu d'enfant .
Elle s'installa sur la fourche d'une grosse branche et passa à nouveau la cape sur sa tête. Certes, elle ne risquait pas de s'endormir, mais la moindre seconde d'inattention pouvait lui être fatale. Elle regretta de n'avoir rien de consistant à se mettre sous la dent, mais prit son mal en patience. Le lendemain, à la lumière du jour, elle suivrait le sentier qui la conduirait certainement à un village. De là, elle pourrait trouver refuge quelque part.
Un hurlement très proche la fit sursauter. Elle resserra la cape autour de son corps.
Elle leva les yeux. Dans le ciel piqué d'étoiles, la lune venait d'apparaître entre les sombres silhouettes des arbres. Elle était pleine.
-Harry Potter! Tu m'as trahi!
Voldemort se tenait debout au-dessus du garçon, baguette levée, la fureur faisant étinceler ses yeux écarlates et voler sa cape autour de son long corps squelettique.
Harry ne bougea pas. Les morceaux de verre lui entraient dans la peau, et il s'attendait visiblement à être foudroyé d'un instant à l'autre par un avada kadavra.
Malefoy constatait les dégâts autour d'eux. Nagini, le grand serpent, était mort. Lucius ne l'avait jamais aimé, mais il savait l'importance que le monstre avait aux yeux du Maître. Pourquoi Harry s'était-il attaqué à cette bête avec laquelle il avait la capacité de converser ? Avait-il voulu se venger de l'animal pour une quelconque raison connue de lui seul ? La bête l'avait-elle insulté dans sa langue fruste, ou avait-elle tout simplement tenté de le dévorer ? Peut-être l'avait-elle trouvé appétissant, elle aussi, à sa manière…
Le jeune homme ne s'était pas contenté d'assassiner l'animal favori du Maître. Il avait également ravagé sa plus belle vitrine. Là encore, ce geste paraissait inexplicable et suicidaire.
La roumaine gisait au sol, ligotée. Quelle mouche avait donc piqué le jeune Potter ? Le plus probable était qu'il avait définitivement perdu la raison, après avoir permis à sa petite amie de s'échapper. Il lui avait suffi de quelques minutes pour semer la désolation autour de lui.
Et c'était lui, Lucius, qui était à l'origine de ce désastre, et qui risquait d'en payer lourdement les conséquences.
Par sa faute, un otage précieux s'était échappé, et Harry était devenu fou.
Dommage. Son intelligence n'était pas pour rien dans son attrait. En la perdant, il perdait aussi la moitié de son charme.
-Endoloris !
Légèrement rassuré, Lucius pensa que si le Maître torturait le garçon, c'était que son intention n'était pas de le tuer, du moins pas dans l'immédiat.
Les halètements et les cris de Harry auraient dû sonner délicieusement aux oreilles de Lucius. Après tout, le jeune homme l'avait trahi lui tout autant que le Maître. Mais ce fut tout autre chose qui se produisit. Il observa avec un sentiment d'horreur le garçon se tordre de douleur, les éclats de verre entrant profondément dans sa chair alors qu'il se contorsionnait misérablement sur le sol.
Voldemort ne semblait pas vouloir mettre fin au maléfice. Moite de sueur, Lucius était sur le point de lui saisir le bras pour lui demander de faire preuve de clémence quand le Maître abaissa enfin sa baguette.
-Lève-toi ! Ordonna Voldemort.
Harry ne put obéir aussi vite qu'il eût fallu pour contenter le Mage noir. Couvert de sang, il reprenait son souffle en cherchant un endroit où poser sa main sans la blesser plus cruellement encore quand un nouveau sort l'atteignit de plein fouet, le projetant violemment contre le mur. Après un instant d'immobilité totale, il sembla trouver assez de force pour se relever péniblement et, appuyé contre le mur, il se tourna pour regarder le Maître.
-Pourquoi as-tu fait ça ? Interrogea Voldemort.
Lucius admira une fois de plus l'extraordinaire regard vert du garçon qui défiait le Maître sans desserrer les lèvres. Ses cheveux en bataille étaient pleins de poussière et de morceaux de bois. Du sang coulait de sa pommette le long de sa joue jusque dans son cou. Son T-shirt déchiré était marqué de taches sombres qui s'agrandissaient à vue d'œil. Un sort de sectumsempra ne l'aurait pas blessé plus sauvagement, mais en dépit de sa situation désespérée, il tenait fièrement tête au Maître. Il savait qu'il risquait la mort et faisait face avec un courage impressionnant. A moins que ce ne fût l'effet de sa folle inconscience.
-J'avais l'intention de faire de toi mon second, mon double, mon héritier. Et voilà comment tu me remercies.
Lucius sentait la déception et l'humiliation dans la voix du Maître. Cela ne présageait rien de bon.
-Faut-il que je vous remercie d'avoir tué mes parents ? Souffla Harry d'une voix rauque, la mâchoire contractée par ce qui semblait être un mélange d'indignation et de douleur.
-Endoloris !
Une nouvelle fois, Harry s'écroula, terrassé par le maléfice. Recroquevillé sur lui même, le garçon serrait les dents pour ne pas crier, mais la souffrance devait être si insoutenable qu'il finit par se remettre à hurler. Quand le sort s'interrompit enfin, il resta prostré sur le sol, le visage tourné vers le mur.
-Tu es un ingrat et tu n'as jamais été à la hauteur de l'espoir que j'ai mis en toi. Cracha Voldemort avec du dégoût dans sa voix grinçante. Tu n'as rien trouvé de mieux que de venir chez moi exterminer mon compagnon préféré et anéantir les souvenirs auxquels je tenais le plus précieusement. A présent, tu vas payer. Relève-toi !
Tandis que le garçon s'exécutait avec lenteur, s'accrochant aux meubles, Voldemort se tourna vers Ludmila, et la libéra d'un mouvement de baguette. Elle se redressa, remettant de l'ordre dans ses vêtements tout en soutenant le regard du Mage noir.
-Que s'est-il passé, Ludmila ? Interrogea à nouveau le Maître avec froideur.
Elle hésita.
-Je suis entièrement coupable ! Lança Harry avec une précipitation suspecte, la voix enrouée d'avoir crié. Je l'ai menacée de la tuer si elle ne me conduisait pas ici, puis je l'ai suivie sous ma cape d'invisibilité.
-Est-ce exact, Ludmila ?
Les beaux yeux obliques de la jeune femme allaient de Harry à Voldemort. Elle baissa la tête sans répondre.
-Comment expliques-tu cela ? Ta prédiction n'annonçait pourtant rien de tel ! Insista Voldemort avec une ironie cinglante.
Ludmila releva fièrement les yeux.
-Ma prédiction concernait l'aboutissement de votre Quête, et non les épreuves intermédiaires qui doivent y conduire !
-Le destin choisit un chemin étrangement chaotique pour nous mener à ce fabuleux avènement que tu m'as promis, Ludmila. Je m'interroge sérieusement sur le rôle que Harry Potter est sensé jouer dans cette affaire. Et le tien me semble encore plus …inattendu.
La jeune femme se tut et Voldemort se tourna vers Lucius qui frissonna.
-Lucius, tu me dois aussi quelques explications, ne crois-tu pas ?
-Oui, Maître. Murmura-t'il en baissant les yeux. Je vous les donnerai dès que vous me les demanderez.
Le visage grimaçant, Voldemort toisa à nouveau Harry de son regard rouge.
-Bien ! Nous reparlerons de tout cela. En attendant, Potter, tu vas redescendre plus bas que l'enfer d'où je t'avais tiré pour t'élever à mes côtés. Si je ne te tue pas dans l'instant, c'est que je veux d'abord te faire parler, et j'ai pour cela des moyens on ne peut plus efficaces, comme tu le sais fort bien. Gardes ! Cria-t'il d'une voix qui avait retrouvé toute son implacable dureté.
Les deux hommes qui surveillaient la porte d'accès au couloir entrèrent précipitamment dans la pièce.
-Emmenez Potter dans le quartier de haute sécurité, et jetez le dans le cachot le plus profondément enfoui. Je veux qu'il subisse le pire qu'un homme est en mesure de supporter sans mourir…et qu'il regrette amèrement d'être encore en vie.
Bon ben…voilà, c'est tout pour aujourd'hui…N'oubliez pas de laisser un message, même si c'est pour me traiter de tous les noms, ça me donnera l'envie et la force de continuer !
Lefandeharry :Aha, tu as bien été le premier à rewiever cette fois ci, félicitations ! En effet, c'est ennuyeux que Drago ait vu Harry délivrer Ginny, mais Harry ne pouvait quand même pas le tuer, et il ne sait pas jeter les sorts d'oubliettes ! De toutes façons, tout le monde peut se douter de qui a fait le coup, n'est-ce pas ? Quant au gardien, il a vu en plus Ludmila, ce qui ne va rien arranger. Merci encore pour ta fidélité, et à bientôt !
Mika : Tu as hâte de lire la suite ? Tant mieux, la voilà qui arrive. Je sais que tu aimes quand je vous torture, alors j'en rajoute une louche à chaque fois. J'espère que tu ne seras pas déçue. Merci de me faire part de ton impatience, rien ne peut me faire plus plaisir.
Nepheria : Merci, je suis toujours contente de trouver un signe de toi !
Liv : Oh la la, ne te réjouis pas trop vite pour Ginny, la pauvre, j'adore la mettre à rude épreuve. Mais c'est parce que je l'aime beaucoup et que son cas m'intéresse. Sinon, je l'aurais laissé jouer à la poupée au Terrier ! Et puis je la vois comme quelqu'un de très fort, elle en a déjà vu de toutes les couleurs (dès sa première année à Poudlard !) En tombant amoureuse de Harry, elle ne savait pas dans quoi elle mettait le pied…- Oui, tu as raison, la mission de Harry et Ludmila a tout de l'attaque-suicide, comme tu vas le découvrir dans ce chapitre.- Harry aurait pu devenir ministre ou premier conseiller de Voldemort, c'est vrai. Aurait-il fait bon ménage avec ses charmants collègues ? Mais je crois que de toute façon, maintenant, il est grillé, le pauvre. -Oh, tu pars à la montagne ? Quelle chance ! En général, quand on est sur les pistes, on se passe très bien d'internet, et des fanfics par la même occasion. Et ça fait le plus grand bien ! En tout cas, reviens nous bien bronzée et en pleine forme !
