Bonjour à tous ! Je suis vraiment désolée pour le retard, une fois de plus, le site nous a joué des tours: le mercredi 11, il m'envoyait systématiquement un message d'erreur quand j'essayais de publier le chapitre ! Je commence à croire que le mercredi est un jour maudit, il doit y avoir trop d'affluence…Et la situation ne s'est pas améliorée le jeudi, ni le vendredi…J'ai fait un dernier essai le samedi, toujours aussi infructueux ! Argh… ! Un véritable supplice ! Et voilà, samedi après midi, je partais en vacances, dans un petit village vosgien tout perdu, avec une connexion internet défaillante, et sans mon ordi habituel… de là, j'ai tenté en vain de vous poster ce nouveau chapitre…Résultat des courses, il a fallu que je sois rentrée bien sagement à la maison pour parvenir à mes fins, et mettre à jour un vendredi sans avoir pu vous prévenir ! Sans exagération, je sens que je vais avoir besoin d'une AVALANCHE de reviews pour me remonter le moral !!
La semaine prochaine, je posterai sans doute le jeudi 26 au matin, sous réserve de nouvelles circonstances imprévues...
Merci à ceux qui ont laissé des commentaires, c'est vraiment très encourageant ! Continuez sur votre lancée, ce sont vos réactions qui me stimulent pour écrire !! Petit détail (inutile): les RAR des « anonymes » sont comme toujours en fin de chapitre.
Avant de vous laisser découvrir la suite, que certains d'entre vous semblent attendre avec une certaine impatience ( !), je rends hommage à Jean-Paul Sartre pour sa très belle trilogie romanesque « Les chemins de la liberté », dont je me suis permis d'emprunter le titre pour cet avant-dernier chapitre (je sais, ça fait un peu prétentieux, mais bon... autant faire connaître les bouquins qu'on aime !)
Très bonne lecture !
CHAPITRE VINGT- HUIT
Les chemins de la liberté
-Accio cape d'invisibilité !
Avant même que l'étoffe se fût envolée, révélant Harry et Lucius aux yeux de tous, le garçon était prêt. La baguette qu'il avait sortie de la poche de son Tuteur et qu'il orientait vers le Mage noir ne tremblait pas dans sa main. Le moment était venu, et la voie était libre. Harry se sentait soudain incroyablement résolu. Si Snape n'avait pas lancé le sort, il aurait lui même arraché la cape pour accomplir enfin la mission à laquelle il se destinait depuis si longtemps. La tension accumulée durant tant d'années allait enfin pouvoir se décharger en une formidable explosion libératrice.
-Avada Kadavra !
L'éclair vert foudroya le Maître en pleine poitrine avant que qui que ce soit ait eu le temps et la présence d'esprit de s'interposer.
L'homme à face de serpent eut une sorte de violent sursaut qui le souleva à demi du siège dans lequel il s'était affalé quelques instants auparavant. Son regard rouge, épouvanté, devint fixe.
Il était mort.
Une affreuse douleur enflamma presque instantanément les avant-bras de tous les hommes présents dans le cachot. Et comme en écho, on entendit la clameur de centaines de hurlements résonner à travers les couloirs de la Cité.
Harry était tombé à genoux. C'était une souffrance de même nature que celle ressentie en recevant la Marque, mais mille fois plus intense. Plié en deux, Lucius laissa échapper une imprécation, la mâchoire crispée. Quant à Snape, il avait laissé tomber l'épée de Gryffondor, et il suffoquait, adossé au mur, serrant de sa main indemne la Marque qui envoyait des ondes de douleur dans tout son corps.
-File ! Haleta Lucius entre ses dents à l'adresse de Harry.
Le garçon se releva en titubant. Snape le vit et, lâchant son avant-bras, leva vers lui sa baguette avec dans le regard une effrayante expression de haine. Mais Lucius se ressaisit et, plus rapide, envoya sur Severus un sort que ce dernier eut tout juste le réflexe de contrer, tandis que Harry en profitait pour s'échapper du cachot resté ouvert.
Déjà, un duel à mort s'était engagé entre Snape et Malefoy.
A peine la porte franchie, Harry tomba nez à nez avec Pettigrew qui revenait en geignant, tripotant son avant-bras de sa main d'argent, suivi du garde qu'il venait de libérer à l'instant où Harry jetait sur Voldemort le sort mortel.
Aussitôt, Harry stupéfixia Queudver qui s'écroula, pris par surprise. Quant au garde, il n'était pas armé mais, malgré la douleur, il fit mine de vouloir empêcher le garçon d'aller plus loin. Bien mal lui en prit. Il se trouva lui aussi neutralisé d'un Impedimenta.
Harry ne sentait plus la douleur. Pourtant, elle était encore violente et remontait jusqu'à l'épaule et de là dans toute sa poitrine, mais sa volonté était si tendue vers son but qu'on aurait pu lui couper le bras sans qu'il s'en aperçût. Et entre ses doigts, cette baguette qu'il ne connaissait pas réagissait aussi bien que la sienne propre. Sa puissance magique était elle renforcée du fait de sa toute nouvelle accession à la majorité ? Il avait lu des choses à ce propos…En tout cas, c'était une chance extraordinaire. Un retard d'un quart de seconde dans l'exécution du sort mortel aurait pu lui être tout simplement fatal.
Une grande rumeur descendait du haut de la Cité, amplifiée et distordue par le réseau complexe des passages souterrains. Harry devait à tout prix retrouver Ludmila avant qu'elle se fasse assassiner par le premier Mangemort venu, assoiffé de haine et de vengeance.
Il remontait le couloir en courant aussi vite que son état le lui permettait quand, trouvant un boyau qui descendait sur sa gauche, il l'emprunta. Les autres cachots étaient forcément plus bas, de ce côté là.
Quelques secondes plus tard, il aperçut un groupe de personnes qui, venant des profondeurs, progressait lentement dans sa direction. Sur le qui-vive, il s'arrêta net.
Il lui fallut quelques instants pour reconnaître Charlie Weasley d'un côté, dans des vêtements bizarrement étriqués, et Ludmila de l'autre, soutenant chacun un homme que Harry identifia avec un coup au cœur comme étant Arthur Weasley. Le père de Charlie était visiblement en très mauvais état. Harry s'élança à leur rencontre.
Un peu en arrière suivaient les deux otages aurors, Barclay et Spark. Se tenant par les épaules, titubant, ils paraissaient très affaiblis. Celui qui, des deux, semblait le moins gravement atteint était armé d'une baguette.
-Harry ! C'est toi ? S'écria Charlie avec un mélange d'enthousiasme et de méfiance.
-Hé, Charlie ! Oui, je suis bien Harry, tu peux me faire passer tous les tests que tu veux ! Répondit précipitamment Harry. Le faux Malefoy, au Ministère, c'était donc toi ? …Mais…ton père…
Il désignait Mr Weasley dont la tête maculée de sang dodelinait dangereusement.
Le visage de Charlie était sombre.
-Il est très mal en point. Il faut sortir d'ici ! Sais-tu comment faire au plus vite ?
-Est-il toujours impossible de transplaner ? Souffla Harry.
Invitant le garçon à soutenir le blessé à sa place, Charlie se concentra un instant pour essayer de se transporter un peu plus loin. Sans succès.
-Rien à faire. On n'a pas le choix, il faut marcher jusqu'à la sortie. Le mieux est que je le fasse léviter. Il ne tient pas debout.
Le groupe reprit sa progression, Charlie maintenant son père à l'horizontale, un mètre au dessus du sol.
-Comment va Ginny ? Demanda Harry avec un tremblement dans la voix.
-Elle se portait comme un charme quand je l'ai quittée. Mais dis moi, où sont passés Tu-sais-qui, Snape et le troisième larron ? Répondit Charlie nerveusement.
A l'évocation de ce qui venait de se passer dans son cachot, Harry sentit brusquement une vague de terreur l'assaillir, comme à retardement.
-Oh…Ecoute…Je …J'ai moi-même du mal à y croire mais…J'ai tué Voldemort.
Les dents du garçon claquaient violemment. Charlie ouvrit des yeux énormes. Ludmila souriait sans paraître surprise. A croire qu'elle avait prévu ce dénouement…
-Oh…C'était donc ça, les hurlements qu'on a entendus ?
-Oui. La Marque…ça fait atrocement mal, tu sais. Mais tu vois…elle est entrain de disparaître.
Harry montrait son avant-bras à Charlie, qui fit une grimace dégoûtée. Le tatouage s'était déjà presque totalement estompé. Machinalement, le garçon porta la main à son front. Sa cicatrice était par contre toujours bien présente, mais elle était devenue parfaitement insensible. Sans doute ne le ferait-elle plus jamais souffrir…
A cet instant, ils entendirent un bruit de cavalcade qui s'amplifiait rapidement. Un groupe nombreux descendait dans leur direction. Charlie déposa précautionneusement Arthur sur le sol pour faire face à une attaque frontale. Une demie douzaine d'hommes, dont les trois factionnaires du sas, firent leur apparition. Harry serra les dents. Il avait retrouvé tout son sang froid. Le combat s'engagea aussitôt.
Heureusement pour les fugitifs, les Mangemorts ne se montraient guère réactifs. Non seulement ils avaient -pour la plupart d'entre eux- abusé de la boisson, mais ils étaient également trop perturbés par les évènements entrain de se produire. Sans pouvoir expliquer d'où provenait cette atroce douleur qu'ils avaient tous ressentie quelques instants plus tôt, ils devinaient qu'une catastrophe en était à l'origine, et cette menace leur sapait le moral, leur enlevant tout répondant. Charlie tenta de crier au milieu de la mêlée et des sorts qui fusaient :
-Arrêtez ! Votre Maître est mort ! Cessez de vous battre !
Trois hommes abaissèrent leurs baguettes tandis que les trois autres continuaient à attaquer mollement. Charlie reprit :
-Le pouvoir va changer de mains ! Cherchez plutôt à nous aider, vous serez acquittés, au lieu de vous enfoncer davantage pour une cause perdue d'avance !
Tandis que Charlie haranguait ainsi les Mangemorts complètement déstabilisés, Harry se frayait un passage entre eux, faisant léviter Arthur devant lui. Ludmila le suivait et l'auror Barclay, porteur d'une baguette, couvrait leurs arrières.
Indécis, les Mangemorts ne réagissaient plus. Charlie s'adressait toujours à eux d'une voix forte et posée, tout en remontant lentement à reculons.
-Allez voir là en bas, dans les cachots ! Vous allez trouver le Maître. Il est mort ! Son pouvoir est anéanti !
-Qui l'a tué ? Qui a osé ? Cria un des hommes dont le visage congestionné était écarlate.
-Quelqu'un de plus puissant que lui. Allez voir, si vous ne me croyez pas !
Finalement, après un instant de tension extrême durant lequel Harry crut que les hommes allaient se jeter sur eux, l'un d'eux se décida à tourner les talons pour descendre vers les cachots, et les autres suivirent le mouvement, renonçant à arrêter les fuyards.
Soupirant de soulagement, Charlie courut rejoindre son père et ses compagnons. Ils passèrent sans difficulté le sas resté ouvert.
-Vous êtes en état d'arrestation ! Suivez nous immédiatement ! Ordonna celui qui semblait être le chef des Mangemorts entrés dans la boutique un instant auparavant, alors que plusieurs de ses acolytes se baladaient entre les étalages, arrachant des articles de leurs emballages et les jetant à terre avec des ricanements méprisants.
-Ah oui ? Et en quel honneur ? Demanda George sur ton de défi.
-Vous avez un mandat d'arrêt ? Renchérit Fred
-Qu'est-ce qu'on nous reproche exactement ? Reprit George.
L'homme éclata d'un rire bref avant de répondre:
-Activités subversives. Nous n'avons aucune explication à donner. Débita-t'il sèchement, ses mots claquant comme une rafale de mitraillette. Ordre du chef de la police. Et inutile de chercher à transplaner, des barrières ont été apposées tout autour de votre boutique.
Les jumeaux se regardèrent. La situation était grave. Avec en plus Drago ligoté au sous sol, leur cas était même totalement désespéré.
-Howkes, Gordon, Brink, fouillez moi ce magasin et ses annexes. Et vous, les gamins, vous me donnez vos baguettes et vous me suivez tous les quatre sans faire d'histoire.
-Tu crois que le Maître a besoin des deux autres ? Y a que les rouquins qui l'intéressent. Fit remarquer un Mangemort qui se tenait à la droite du chef. La fille noire, on peut s'en débarrasser tout de suite ! Pas besoin de salir la Cité du Maître avec un sang aussi impur !
-Espèce de sale raciste ! Cria Fred, tandis que Lee et George, d'un même mouvement, envoyaient sur celui qui venait de parler un stupéfix et un silencio.
Les Mangemorts ripostèrent aussitôt, et la boutique fut très vite transformée en véritable champ de bataille. Les jeunes gens s'abritaient derrière les étals et le comptoir, se protégeant tant bien que mal des sorts agressifs qui fusaient de toute part dans leur direction.
Mais les jumeaux disposaient d'armes originales, inconnues de leurs adversaires. Ces derniers furent soudain assaillis d'un vol de chauves souris fluorescentes qui poussaient des hurlements stridents et s'accrochaient à leurs cheveux, bientôt suivies d'énormes grenouilles gluantes et baveuses, qui leur sautaient à la figure en coassant : « Chérie, où as-tu mis mon caleçon ? ». Ils eurent ensuite droit à une charge de limaces géantes qui entreprirent de leur grimper dessus en émettant d'horribles bruits de succion. Les assaillants n'avaient pas fini de s'en débarrasser que des explosions diverses se produisaient à travers la boutique comme dans un joyeux feu d'artifice, les fusées déchargeant sur eux diverses poudres colorantes qui les rendaient par la même occasion aveugles, sourds et muets.
-Ah, chers messieurs ! Claironna Fred en envoyant un sort sur une caisse de bombabouzes particulièrement malodorantes qui jaillirent comme un geyser pour retomber sur les têtes des Mangemorts. Vous allez regretter de ne pas être venus plus souvent faire vos achats chez Weasley frères ! Pour la peine, vous aurez droit à une démonstration complète de la diversité de notre stock !
-Admirez ça, mes amis, et dîtes moi si vous pouvez résister à d'aussi pulpeuses créatures ! Ajouta George sur le même ton en libérant d'un coup de baguette de leur emballage une dizaine de fausses Marylin Monroe qui semblaient faites de chair et d'os et entamèrent une danse sensuelle et endiablée au milieu des Mangemorts, leur claquant des baisers sonores au visage avant de disparaître une à une avec des rires moqueurs.
Après ce carnage, seuls deux Mangemorts étaient encore sur pied et en état de riposter aux sorts que leur jetaient les frères Weasley et leurs amis. Mais c'étaient les plus redoutables, restés admirablement stoïques au milieu de la tempête, et indifférents à l'espèce de bave collante et verdâtre qui engluait à présent leurs vêtements et leurs mains. Angelina fut soudain atteinte d'un sort étrange qui la jeta à terre, sa chemise se maculant brusquement de sang. Elle avait le ventre ouvert au niveau de l'estomac. Lee poussa un cri d'horreur et abandonna le combat pour s'agenouiller auprès d'elle, cherchant désespérément un contre sort pour stopper l'hémorragie. Les autres Mangemorts se redressaient peu à peu, et deux d'entre eux réussirent à se glisser dans l'arrière boutique. Ils allaient sans aucun doute trouver rapidement le chemin de la cave.
Extrêmement inquiets et à court de nouvelles idées, les jumeaux tentaient de couvrir leurs deux amis, mais ils sentaient leurs forces diminuer.
C'est alors qu'un phénomène inexplicable et providentiel se produisit. Les Mangemorts s'arrêtèrent brusquement de jeter des sorts et se mirent tous à crier. Littéralement brailler de douleur, comme une meute de loups hurlant à la mort. Stupéfaits, les jeunes gryffondors les virent tous tomber à genoux, se tordant de souffrance, attrapant leurs avant-bras et se roulant par terre en suppliant qu'on leur fît grâce.
Sans demander leur reste, les jeunes gens coururent à la porte du magasin, débloquèrent la porte verrouillée par les Mangemorts et s'échappèrent, Lee et Fred soutenant la pauvre Angelina qui avait perdu connaissance.
-Quelles nouvelles, Tonks ? A-t'on appris quelque chose au sujet d'Arthur ?
-Hélas, rien de neuf, ma pauvre Molly. Soupira la jeune auror en se laissant tomber dans un fauteuil. Ses cheveux étaient gris souris.
Remus s'assit près d'elle, le visage fatigué, le regard sombre.
-Et Charlie qui a disparu…Il m'avait dit qu'il ramènerait les jumeaux ! Murmura Molly d'une voix éteinte.
-Maman, fais confiance à Charlie, il sait ce qu'il fait ! Assura Bill qui venait de les rejoindre à Brighton et arpentait nerveusement le petit salon, slalomant entre les guéridons et les bibelots.
-Tu sais bien qu'il a l'habitude du danger, il est entraîné, avec les dragons ! Renchérit Ginny d'un ton faussement enjoué, comme si elle cherchait à se convaincre elle-même qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. La jeune fille paraissait très éprouvée, elle était pâle et semblait prête à fondre en pleurs d'un instant à l'autre.
Les yeux cernés et les cheveux en broussaille, Hermione se taisait. La jeune fille se sentait responsable. C'était elle qui avait eu l'idée de lancer Charlie dans ce plan désespéré pour se rapprocher de Harry et lui parler des Horcruxes. Quant à Ron, il n'en menait pas large. Sentant le désarroi de son amie, qu'il avait toujours connue pleine de vaillance et de résolution, il était totalement désespéré, en particulier par la disparition de son père.
Remus se gratta la gorge et regarda anxieusement autour de lui. Pourquoi la tâche d'annoncer d'horribles nouvelles à cette pauvre famille martyrisée lui revenait-elle systématiquement, depuis quelques temps ? Il essaya tant bien que mal d'élever la voix pour bien se faire entendre de tous, mais ne parvint à émettre que des sons étranglés.
-J'ai …hmm…j'ai une chose très grave et triste à vous apprendre.
-Oh mon Dieu…laissa échapper Molly.
Tous les regards convergèrent sur Lupin qui, se troublant encore plus, articula avec difficulté.
-Le professeur Mc Gonagall a été assassinée, à Poudlard, hier soir.
Les sept personnes présentes dans la pièce en dehors de Tonks, qui était déjà au courant, se figèrent d'épouvante. Ce fut Joe Osborne qui demanda d'une voix blanche :
-Comment cela a-t'il pu se produire ?
-Je l'ai su par Hagrid. Il m'a envoyé un hibou en pleine nuit. Il semblerait que le crime ait été commis par un Mangemort qui avait pris l'apparence de l'auror Barclay. Minerva s'est laissée abuser. Hagrid s'en voulait terriblement de ne pas avoir été présent sur les lieux au moment où le meurtre a été perpétré.
-Tout est fini…murmura Molly, les yeux baissés.
On entendit alors un sanglot déchirant que quelqu'un tentait en vain d'étouffer, et on vit Ginny se lever précipitamment pour sortir de la pièce en courant.
Le groupe qui suivait Charlie et Harry s'était considérablement agrandi, au fur et à mesure qu'ils remontaient les couloirs de la Cité. Les nombreux Mangemorts qu'ils avaient croisés étaient à la fois saouls, étourdis de douleur et passablement déboussolés, et les fugitifs n'avaient eu guère de difficulté à les mettre hors d'état de nuire. Harry avait cependant remarqué qu'ils n'avaient eu affaire à aucun des proches de Voldemort. Les favoris du Maître restaient-ils sur le flan, ayant trop copieusement arrosé leur victoire, ou étaient-ils trop sévèrement éprouvés par la disparition de la Marque ? Harry n'aurait su le dire et ne cherchait pas à le savoir.
Comme les fuyards s'égaraient quelque peu dans le labyrinthe des couloirs de la Cité, le garçon avait appelé à tout hasard l'elfe Daisy, et la petite créature avait répondu présente, apparaissant soudain devant eux dans sa pauvre taie d'oreiller déchirée.
Bon nombre d'esclaves de la Cité s'étaient joints à leur groupe, et Ken se trouvait parmi eux. Il s'agissait pour la plupart de moldus ou de cracmols, aussi n'étaient-ils pas d'une grande aide dans les combats, mais comme Daisy, ils connaissaient bien la place et les guidaient vers la sortie. De plus, quelques unes des femmes qu'on avait fait venir de force pour divertir les vainqueurs, profitant pour s'échapper du moment où la grande douleur avait terrassé leurs agresseurs, étaient tombées sur leur groupe et les suivaient également, griffées, échevelées, les vêtements en lambeaux.
En approchant de la surface, ils se trouvèrent soudain face à des ennemis beaucoup plus redoutables que les Mangemorts hagards, orphelins de leur Maître disparu.
Alertés par le vacarme, les hôtes de Voldemort sortaient de leur quartier pour descendre en troupe vers les profondeurs de la Cité, menés par Fenrir Greyback. Derrière le loup garou se pressaient plusieurs de ses confrères, un demi géant et un troll armé d'un énorme gourdin, ces deux derniers se déplaçant pliés en deux en raison de leur haute taille.
Les deux groupes se figèrent, se mesurant du regard. Charlie, qui faisait léviter son père, le posa une fois de plus doucement à terre, contre une des parois du couloir qui était large à cet endroit.
Sentant qu'il fallait profiter de l'effet de surprise, Harry fut le premier à attaquer. Il était dans un état étrange, comme si la peur ne pouvait plus avoir de prise sur lui. Il lança sur Greyback un sort d'entrave qui jeta le loup garou au sol. Mais ses acolytes se précipitèrent en avant, suivis de près par les monstres. Le gourdin vola vers la tête de Harry, qui se baissa in extremis, espérant que personne d'autre derrière lui ne se trouvait sur la trajectoire.
La mêlée se densifia. Charlie faisait écran entre les attaquants et son père. Harry protégeait comme il pouvait Ludmila, que Greyback à nouveau sur pieds cherchait à atteindre par tous les moyens. Le loup garou avait la peau dure, mais Harry parvint à le neutraliser plus radicalement en le ligotant. Les aurors étaient maintenant armés tous les deux et se montraient efficaces malgré la précarité de leur état. Quant aux esclaves, ils se battaient à main nue avec la rage et l'énergie du désespoir, mais ils ne faisaient pas le poids face à leurs redoutables adversaires.
A lui tout seul, Harry enragé mit hors de combat trois loups-garous ainsi que le demi-géant. Le troll, dépourvu de son gourdin, avait attrapé dans son énorme main une jeune femme esclave à demi nue qui se débattait et poussait des hurlements. Il s'amusait de ses gros doigts à arracher les lambeaux de vêtements qui la couvraient encore. Charlie envoya alors dans les yeux exorbités du monstre un sort d'aveuglement qu'il connaissait pour son efficacité contre les dragons. Le troll lâcha sa victime en poussant des glapissements de goret. Il fut ensuite facile pour Barclay de le stupéfixier.
Quand tous leurs adversaires furent terrassés et ligotés sur le sol, les fugitifs s'essuyèrent le front en soufflant. La Cité maudite leur réservait-elle encore d'autres joyeuses surprises dans le même style? N'allaient-ils pas tomber maintenant sur une horde de détraqueurs en goguette, avides de jeunes âmes à aspirer ?
Légèrement titubants, ils se remirent en marche à la suite de Daisy. A en juger par les nombreux courants d'air, ils arrivaient au niveau de la grande salle où avait eu lieu le rituel initiatique. On approchait enfin de la sortie.
Tout en avançant, Harry laissait ses pensées divaguer. Il s'aperçut qu'il n'arrivait pas encore à saisir concrètement l'importance de ce qui venait de se passer... Il avait tué Voldemort… En entendant Charlie le proclamer haut et fort peu de temps avant, il s'était senti étrangement extérieur à cette réalité, comme si la chose se fût produite dans un rêve, indépendamment de sa volonté.
Ce qui lui semblait bien réel, par contre, c'était que très prochainement, il allait revoir ses amis, et surtout… Ginny…elle qu'il avait craint d'avoir perdue à jamais. Il respirerait l'odeur de ses cheveux, il la serrerait dans ses bras, il sentirait son corps mince contre le sien, il unirait ses lèvres aux siennes. Plus rien, plus personne ne pourrait s'interposer entre eux. Elle savait ce qu'il avait vécu, et il connaissait son calvaire à elle. Il y aurait entre eux une compréhension extraordinaire. A cette pensée, il se sentait frémir d'impatience et de désir.
Cependant, quelque chose n'allait pas, taraudant le jeune homme comme un douloureux aiguillon.
Qu'était devenu Lucius ? Quand Harry l'avait quitté, le Mangemort repentant se battait contre Snape. Harry savait à quel point ce dernier était redoutable dans les combats… Mais Lucius n'était pas mauvais non plus. Lequel des deux avait eu le dessus ?
Harry aurait pu, au moment de sortir du cachot, se retourner et jeter un sort contre Snape pour venir en aide à Lucius. Mais il ne l'avait pas fait. Pire, il n'y avait même pas pensé, tout à sa douleur, et à sa volonté d'aller au plus vite délivrer Ludmila.
Après avoir tué Voldemort, il était si secoué par ce qu'il venait d'accomplir, et obsédé par ce qu'il lui restait à faire, qu'il n'avait même pas songé à jeter un regard en arrière…
L'idée que Lucius ait pu perdre la vie dans ce duel frappa soudain Harry comme une sorte de monstrueuse évidence.
Il aurait dû s'en réjouir ! Lucius l'avait torturé, au sens propre comme au figuré. Il l'avait harcelé. Il avait été un Mangemort cruel et retors. Quelques années auparavant, il avait donné sournoisement à Ginny le maléfique journal intime de Voldemort. Il avait martyrisé Dobby, utilisé toute son influence pour nuire à Dumbledore, ourdi dans l'ombre des plans machiavéliques pour mettre Voldemort au pouvoir…
Et pourtant, Harry lui devait la vie. Et à travers lui, tout le monde magique pouvait lui être infiniment reconnaissant, bien que la bataille ne fût pas encore entièrement gagnée.
Force lui était de reconnaître que Lucius avait été courageux. Il avait pris des risques insensés pour venir à son secours. La nature exacte de ses motivations n'entrait pas en ligne de compte. Seuls ses actes importaient.
Par ailleurs, Lucius s'était révélé être un homme attachant. A la fois intelligent, cultivé, attentif… Harry réalisa brusquement que la mort de Lucius l'affecterait plus qu'il n'aurait osé se l'avouer.
Pourtant, en mourant, Lucius le délivrait de sa dette envers lui. Pour Harry, cela signifiait une liberté complète, totale. Une victoire quasi absolue sur les forces du mal. Le garçon aurait dû s'en féliciter. Mais cette pensée lui laissait au contraire une sorte de goût amer dans la bouche. Il avait profité, et peut-être abusé de la confiance et de l'affection que l'homme lui portait. Il n'avait pas su le remercier. Harry avait le sentiment diffus et inconfortable de s'être comporté en ingrat.
Enfin, ils parvinrent devant les grandes portes de la Cité. Les gardes avaient quitté leur poste et n'étaient nulle part visibles. La petite elfe fit un geste de la main, et les deux immenses battants de pierre s'ouvrirent silencieusement devant les yeux émerveillés des prisonniers. Le soleil couchant s'engouffra dans la salle à colonnes, formidablement éblouissant. Alors, Daisy s'inclina et couina de sa voix suraiguë :
-Voilà. Daisy vous a menés à la sortie. Daisy va maintenant repartir.
-Mais où vas-tu ? Que vas-tu devenir ? L'interrogea Harry, chassant un instant Lucius de ses pensées.
-Daisy n'en sait rien. Elle doit consulter ses amis, les autres elfes de maison employés dans la Cité. Daisy vous souhaite à tous bonne chance !
Elle avait à peine fini sa phrase qu'elle disparut.
Ils avancèrent vers la sortie. Un vent frais les accueillit, porteur d'une merveilleuse odeur d'été, un étourdissant parfum de foin et de fleurs sauvages.
-A présent, nous allons pouvoir transplaner! Annonça Charlie.
Il eut une hésitation. "Mais je vais aussi fabriquer des portoloins, car nous sommes trop nombreux !"
Il déposa précautionneusement son père sur le sol, s'assurant que son état n'avait pas empiré. Puis il retira ses chaussures -qui semblaient d'ailleurs beaucoup trop serrées- et s'agenouillant, il se mit à agiter sa baguette en murmurant plusieurs formules compliquées. Les anciens esclaves le regardaient faire avec une curiosité mêlée d'inquiétude.
Sans plus attendre, les deux aurors rassemblèrent le peu de force qui leur restait pour transplaner de leur côté après avoir salué leurs compagnons d'évasion.
Quand Charlie eut fini, il se redressa et lança d'une voix forte :
-Voilà qui est fait. Groupez vous autour de ces chaussures, et touchez les, ne serait ce que d'un doigt. Pour ceux qui ne peuvent les atteindre eux-mêmes, il suffit qu'ils s'accrochent à leurs amis. Vous allez être transportés en un lieu où des personnes amies prendront soin de vous et s'occuperont ensuite de vous rapatrier.
Mis en confiance par la tranquille assurance du jeune homme, les esclaves se rassemblèrent autour des portoloins, et un instant après, agglutinés en grappes, ils disparaissaient à leur tour.
Ken, le seul esclave qui ne se fût pas joint aux autres, s'empara de la main de Harry, qui prit celle de Ludmila. La devineresse avait saisi le bras de Charlie. Ce dernier tenait à présent fermement son père par la taille.
Calmant les battements de son cœur, Charlie se concentra, essayant de visualiser la plage de sable fin qui s'étendait devant la terrasse de la petite maison des Osborne. C'était sur cette même plage qu'il espérait avoir bien envoyé les esclaves fugitifs. Il ne tenait pas à ce que tous surgissent directement dans le salon, beaucoup trop étroit et encombré de meubles.
Mais soudain, Harry se dégagea. Mettant la main de Ken dans celle de Ludmila, il s'écarta de quelques pas.
Stupéfait, Charlie se tourna vers lui :
-Que fais-tu ?
Le regard de Harry, illuminé par le soleil couchant, était étrange, comme halluciné.
-Je ne peux pas partir. Pas encore.
On entendit dans les profondeurs de la colline une sorte de grondement sourd, et la terre trembla sous leurs pieds.
-Mais enfin, Harry, pourquoi veux-tu t'éterniser ici ? Tu tiens vraiment à te faire tuer ? Protesta vigoureusement Charlie.
-Je vous rejoins dans quelques minutes. Je dois simplement…m'assurer de quelque chose. Ne m'attendez pas. Ton père a besoin de soins urgents.
Les regards de Charlie et de Ludmila se croisèrent. La jeune femme fit à son ami un signe de tête silencieux.
-Sais-tu au moins où nous rejoindre ? Dit hâtivement Charlie.
-Au Terrier, n'est-ce pas ?
-Non, Harry. Le Terrier a été détruit par les Mangemorts et n'existe plus.
-… !
-Nous allons chez mon oncle Osborne, à Brighton. Osborne, tu as bien compris ? La maison se trouve sur le front de mer, elle porte une plaque au nom des «Trois briques », elle a des murs blancs et des volets verts…Ça devrait te suffire pour nous retrouver… De toute façon, je t'enverrai ta chouette, ce sera plus simple, tu pourras nous contacter dès que tu seras…prêt, et nous viendrons te chercher.
L'air absent, Harry acquiesça. Après un dernier regard inquiet dans sa direction, Charlie recommanda à Ken et Ludmila de bien s'accrocher, raffermit sa prise sur son père, puis se concentra. Un instant plus tard, le groupe disparaissait sous les yeux de Harry. Alors ce dernier, seul face au sanglant rougeoiement du soleil couchant, laissa échapper un long soupir et tourna les talons pour s'enfoncer à nouveau dans les sombres profondeurs de la Cité maudite.
Voili voilou…. Hm hm…Vous êtes tous follement heureux, j'espère ? Pas tant que ça ? C'est le moment de le faire savoir haut et fort en cliquant sur le bouton vert, en bas de la page.
Maintenant, le mot de réponse à mes chers reviewers anonymes :
Lefandeharry : Désolée pour le retard, c'était indépendant de ma volonté!! Héhé, alors comme ça, je ne pourrai plus sortir de chez moi sans mon gilet pare-balles, si je comprends bien ? Bon, ça va, tu n'étais pas sérieux, ça me rassure ! Mais les accoudoirs de ton siège en ont pris un coup…Ahlala, la fin approche…que faire?…Mais normalement, il y aura une suite, si je reçois tout plein de reviews, et si le site arrête de faire des siennes, parce que là, je commence vraiment à en avoir marre. A propos, j'espère que tu as bien marié ta soeur!! Merci à toi pour ta générosité et ta fidélité !!
Mika : Youpi, un petit signe de toi…!Te voilà revenue, ça fait bien plaisir. Bon, voilà la suite (avec quelque retard), car tes désirs sont des ordres !
Esther Malefoy : A vos ordres, mon capitaine ! Reconnais que j'en abats, du boulot, hein ! Et toi, n'oublie pas de me donner ton avis !! Merci et à bientôt !
Liv : Je suis confuse pour cet affreux retard, je déteste décevoir mes chers lecteurs…merci de m'avoir fait signe deux fois malgré tous ces imprévus! En tout cas, toi au moins, tu exprimes énergiquement ta colère, tu ne risques pas de faire un ulcère à l'estomac ! C'est parfait, j'adore vous faire enrager, tu le sais, n'est-ce pas ? Désolée pour les ongles de ta main droite ! -Non, ma crise de folie n'ira pas jusqu'à assassiner tout le monde, rassure-toi (ce serait de l'abus de pouvoir !!). -Tu as l'air de regretter que Lucius soit passé du côté des « gentils »… Le préfères-tu (comme moi) en affreux Mangemort sadique ? Ne t'inquiète pas, même du bon côté, il garde certains de ses « traits de caractère » que nous apprécions tous (toutes ?), héhéhé. – Des grenouilles sauteuses ?…Tu n'as pas honte, de me taquiner comme ça, hein ? Figure toi que celles des jumeaux sautent beaucoup plus haut que les autres. – Quoi, tu pars en Tunisie ? Là, vraiment, tu exagères !! Oh, quelle chance tu as, j'adore ce pays, en particulier les oasis de montagne, Dougga, les souks de Tunis, et surtout… les tunisiens…attention, ne fume pas trop le narghilé, n'abuse pas des cornes de gazelle…Oh mais si, tu aurais tort de ne pas en profiter ! Merci encore, bises et à bientôt !!
Mais oui, allez-y, n'hésitez plus, un dernier effort pour cliquer sur le petit bouton vert, et vous ferez mon bonheur (et votre B.A. par la même occasion) !
