Je poste directement la suite vu que ce chapitre n'est pas très long. Bonne lecture ;)


Chapitre 2 : Retour sur terre

Dans les heures qui suivirent, les conversations se firent mouvementées entre les passagers. Certains croyaient à un énorme canular, et d'autres criaient à l'invasion de mort-vivants, de vampires, de loups-garou et à toutes sortes de créatures qu'Hollywood avait un jour porté sur un grand écran.

Un des passager parlait russe, et il put traduire approximativement ce qu'avait dit les commentaires de la télévision : Une épidémie était à l'œuvre. Une maladie qui rendait les gens fous et leur donnaient des pulsions cannibales, et qui se transmettait par les morsures et les griffures. Les journalistes recommandaient à la population de se barricader chez eux ainsi que de ne pas hésiter à utiliser des armes contre les infectés.

"-La situation est sûrement mondiale, affirma Émilie, mais le mieux serait de survoler les villes américaines pour voir dans quel état elles sont."

On les avait finalement autorisés à rester dans le cockpit, vu la situation d'en bas.

"Le problème est que nous serons bientôt à cours de carburant", répondit Steve.

Ils avaient dépasser le Japon et plusieurs petites îles du Pacifique. Jusqu'à là, les villes qu'ils avaient croisés semblaient toutes en proie au désordre le plus total.

Émilie craignait que Merwan n'est été traumatisé par la vidéo. Le jeune garçon était resté dans son coin, les yeux rivés sur ce qui semblait être un portable.

En vérité, Merwan avait réussi à accéder à un réseau 4G grâce à une petite manipulation. Il savait que les rédactions internet des grand journaux se situaient en ville, et que par conséquent les rédacteurs n'avaient pas eu le temps de poster des informations. Il se résolut donc à se connecter via Tor pour accéder aux blogs des journalistes indépendants du deep web. A sa satisfaction, la plupart avaient publié des articles sur ce qu'ils appelaient « l'invasion zombie ». Enfin, il trouva plusieurs informations intéressantes sur les contaminés. Il appela la jeune punk.

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Onze heures après avoir survoler Kiev, ils atteignirent les côtes américaines. Émilie constata que la situation semblait moins grave vu qu'il n'y avait pas de grands incendies, même à Los Angeles qu'ils aperçurent de loin.

Néanmoins, les deux pilotes pensaient qu'il serait tout de même trop périlleux de s'y poser.

Jusqu'à qu'ils arrivent prés de Oklahoma City. Là, le co-pilote dit :

"-Steve?

- Ouais.

- On est à sec...

- Merde...

- On essaye de se poser ?

- Ça va être chaud, mais bon. Les deux derrière, accrochez vous aux poignées à côté. "

Ils entendirent tous l'un des moteur s'arrêter, et Steve, après avoir juré, commença à faire descendre l'appareil. Ce qui fut plutôt brutal, en fait. Les passagers qui ne s'étaient pas attacher furent propulsés au devant de l'avion, contre le cockpit, et Émilie entendit distinctement leur crâne se fracasser contre le mur. Quant aux autres, ils hurlaient, absolument paniqués.

Le sol se rapprochait maintenant à toute vitesse. À une centaine de mètres d'altitude, Steve réussi au prix d'un gros effort à redresser l'avion grâce au dernier moteur. Ils atterrirent dans de grandes secousses. Émilie n'était même pas sûre que le commandant avait pris la peine de sortir les roues.

Quand enfin l'appareil s'immobilisa, on entendit plus que les gémissements des blessés.

"-Merwan ? Ça va ?

- Non ! J'ai perdu mes lunettes..."

Elle le vit s'accroupir pour chercher ses affreuses lunettes, et en conclut qu'il allait bien.

"Il faut évacuer l'avion, annonça Steve au bord de l'apoplexie. Si le moteur a été endommagé il risque d'y avoir encore plus de dégâts. "

Joignant les gestes à la parole, il détacha sa ceinture et se dirigea vers la porte. Tout à coup, il sembla remarquer l'absence de réaction de son coéquipier. Il vit que sa tête était tournée dans un angle bizarre... elle était inversée par rapport au corps. Le pauvre homme ressemblait à petite fille dans l'exorciste.

"Putain, c'est pas possible..."

Émilie réalisa en même temps que Steve que le co-pilote était bel et bien mort, à deux pas d'eux. Prenant son courage à deux mains, elle ouvrit elle même la porte du cockpit et constata l'étendue des dégâts. Au moins la moitié des passagers étaient morts ou mal en point. Des corps agonisant s'entassaient à ses pieds en une bouillie de chair humaine. Elle referma la porte, et en s'adressant au commandant pétrifié elle balbutia:

"- Il...Il y a beaucoup de victimes...

- ...

- Monsieur ?

-...

-Euh... Merwan ? Je crois qu'il est en état de choc...Tu peux faire l'annonce ?"

Merwan, qui avait retrouvé ses lunettes, compris immédiatement ce qu'elle voulait. Malgré le fait qu'il avait peur de parler en public, il attrapa le microphone et parla le plus distinctement possible:

"Vous devez descendre de l'appareil par les issues de secours. Les toboggans se gonfleront bientôt si ce n'est pas déjà fait. Ceux qui n'ont pas subi de dommages importants sont priés d'aider les blessés. "

Il s'arrêta et échangea un regard entendu avec Émilie.

"Rectification : les blessés et les morts doivent être laissés dans l'avion. "

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"Quoi ?!"

Steve était sortit de sa torpeur et avait crié de surprise.

"-Faites moi confiance. Les blessés et les morts ne doivent pas sortir de l'avion.

-Alors excuse moi si j'ai du mal à faire confiance à un gosse de treize ans, commença le commandant, mais c'est encore moi qui décide ici !

-Sandrine..." Merwan regarda du coté d'Émilie en quête de soutiens.

"-C'est Émilie..., le reprit-elle. Faites ce qu'il dit, commandant. Il a raison."

Le commandant lâcha un soupir résigné et sortit dehors par la sortie de secours du cockpit. Merwan et Émilie le suivirent.

Lorsqu'elle sortit de l'appareil, Émilie fut surprise par la familiarité du paysage. Ils avaient atterri dans une petite plaine d'herbe verte, et les seuls éléments présents aux alentours étaient deux ou trois collines parsemées de pins. Elle se serait presque crue en Lorraine ou en Alsace.

Les passagers se trouvaient rassemblés à cinquante mètres de là, craignant sans doute que l'avion n'explose. Émilie s'empressa de les rejoindre.

"-Ils ne sont pas nombreux..., murmura t-elle à Merwan à coté d'elle. Deux, quatre, six... Ils doivent être une vingtaine à peine.

-L'important, c'est qu'ils soient vivants.

-Une vingtaine sur près de quarante passagers, ce n'est pas vraiment une victoire."

Steve se mit face au groupe de survivants, et leurs parla en tant que commandant de l'avion :

"S'il vous plaît ! Que personne ne panique ! Nous nous sommes posés dans un pays civilisé, nous ne sommes pas loin d'Oklahoma City et par conséquent nous ne serons pas obligés de nous dévorer entre nous pour survivre... ( Il réalisa que cette image n'était pas vraiment adaptée, vu les circonstances.) Alors voilà : je propose que nous marchions tous à la ville la plus proche pour trouver du secours.

-Et les blessés ! Cria un homme, ma femme est toujours dans l'avion !

-Et moi mon père !"

Une femme leva la main pour prendre la parole. S'adressant au commandant, elle dit :

"Si nous allons dans une ville, qui nous dit que nous ne serons pas attaqués par les créatures ? Personne n'a d'arme, de couteau ou de pistolet. Qui nous défendra ? Je ne veux pas finir comme la petite fille russe. Alors moi, je reste ici et je m'occupe des blessés.

-Ouais, moi aussi !"

Il s'ensuivit d'un brouhaha, tandis qu'Émilie montait sur un petit rocher pour faire face aux passagers.

"Les morts reviendront !"

Les survivants se turent quand ils entendirent la jeune femme. Le vent soulevait ses lourds cheveux blonds, et Merwan pensa qu'elle ressemblait à une jeune manifestante appelant à l'anarchie.

"Ce n'est pas une épidémie qui se transmet par le contact. La morsure ne fait qu'entraîner la mort. Puis, le cadavre se réveille et devient à son tour un contaminé. Les blogueurs ont constaté que les personnes mortes par balle revenaient aussi."

Elle reprit après une courte pause :

"Les morts dans l'avion vont tôt ou tard se réveiller. Les blessés graves n'ont aucune chance de survivre sans soins. Vu l'état des villes que nous avons survolé, je pense que les pompiers ont mieux à faire que de venir secourir le petit groupe de survivant d'un crash d'avion.

-On va à Oklahoma City alors ? Demanda Steve.

-Non, on ne peut pas prendre ce risque. Il vaut mieux chercher un village, ou une petite ville. Comme ça on pourra s'enfuir en cas de pépin."

L'homme dont la femme était toujours dans l'avion protesta :

"Il est hors de question que je parte ! Tant que je serai là, il n'y a aucune chance que ces bestioles ne bougent d'un doigt !"

Steve pris un air résigné et clama avec autorité :

"Bon, que ceux qui veulent venir viennent avec nous. Les autres, faites ce qu'il vous chante. Si on croise des secours on vous les enverra, mais n'attendez pas de nous que nous revenions vous aider."

Puis, ils s'informèrent de qui viendrait avec eux. Leur idée ne rencontra pas beaucoup de succès, puisque après de nombreux débats avec les passagers seule une famille choisit de les suivre.

Ce fut donc six personnes qui partirent: Le vieillard de l'avion avec sa fille, une femme d'âge mur en talons aiguille, et une petite fille de neuf ans. Guidés par un pilote au sang chaud, une scientifique punk et un jeune génie coincé.

"Une belle équipe...", pensa Émilie.


Merçi d'avoir pris la peine de lire :)

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