Bien le bonsoir à tous et à toutes !
Vous remarquerez que j'ai légèrement modifié ce que j'avais annoncé au début (Rien de grave bien sûr !). Seulement en ce qui concerne la chronologie des événements. Pourquoi donc ? PARCE QUE. J'avais envie, c'est tout.
Sinon, merci à Bee pour ta review, ma première review ! Youpi ! :D Je suis super contente que tu aimes l'histoire, j'espère que ça continuera ! La rencontre avec le groupe ne va pas tarder, j'en dis pas plus...
Merci aussi à anonyme (Sofia). Heureusement qu'une fic Walking Dead est apocalyptique, c'est ce qui fait tout son charme ;) ! Pour répondre à ta question, le personnage de Merwan est surtout inspiré du cliché intello-geek-antisocial (spoil: même si il est bien plus que ça !) Mais comme son caractère me faisais penser à un gars de ma classe quand j'étais au collège, je lui ai donné son prénom xD ! J'espère que ça continuera à te plaire.
Mille mercis à Rebecca qui a eu la gentillesse de relire ce chapitre, et qui me donne confiance en ce que j'écris grâce à ses encouragements :)
Sur ce, bonne lecture !
Le jour commençait à tomber sur les collines. Émilie était exténuée et affamée à cause du décalage horaire. Elle avançait comme dans un rêve, trébuchant sur les racines des arbustes, sans vraiment savoir si tout cela était réel. Dire qu'il y a vingt-quatre heures elle était tranquillement chez elle en train de faire ses valises... chez elle... maison... Ses parents ! Elle se souvint soudain de leur existence, et sentit une boule se former dans son ventre. Sortant son portable de sa poche, elle constata qu'elle n'avait pas de réseau.
« Hé Merwan ! Ton portable capte quelque chose ? »
L'adolescent, essoufflé et en sueur, n'avait visiblement pas l'habitude de faire du sport. Il regarda rapidement l'écran de son téléphone avant de secouer la tête en signe de négation. Tant pis. La jeune fille essaya d'oublier un peu sa famille et de se concentrer sur ses propres problèmes.
La femme qui les accompagnait s'appelait Caroline. Lors du crash de l'avion, elle s'était cognée la tête au siège avant. Son arcade sourcilière avait commencée à saigner abondamment. Steve l'avait soutenue pour l'aider à marcher, tandis que sa fille, Lisa, était en pleurs à voir sa mère pleine de sang.
Au bout d'une heure, ils arrivèrent à un charmant petit village. Des ranchs en bois, quelques Jeeps garées, tout avait l'air parfaitement normal. Steve fit asseoir Caroline contre une voiture et ordonna aux autres de ne pas bouger. Il se dirigea avec Émilie vers ce qui semblait être une épicerie.
Il poussa la porte de la boutique, ce qui fit résonner une cloche à l'intérieur. A peine avait-il fait deux pas qu'un vieil épicier avait braqué un fusils sur sa tête. Il hurla d'une voix grave dans un anglais mâché:
«-Vous voulez quoi ! Z'avez été mordu ?
-Non ! Posez cette arme, répondit le pilote avec autorité, notre avion a eu un accident, nous cherchons juste de...
-Z'avez été mordu alors ?
-Non, nous sommes...
-Marnie ! Y'en a deux pas nets en bas !
-Mais non bordel ! Je suis en pleine forme sale bouseux ! »
Émilie vit que Steve perdait une fois de plus son sang froid. Ce qui est une mauvaise idée lorsque vous avez quelqu'un près à vous exploser la cervelle en face de vous.
Elle tenta de calmer le jeu en éloignant le pilote de l'épicier. Puis, elle parla à celui-ci sur le ton le plus pathétique dont elle était capable.
« Monsieur... je vous promet que nous ne sommes pas contaminés. Mais... ma mère est blessée... Nous aurions seulement besoin d'un endroit sûr et d'un peu de nourriture... »
L'homme sembla touché par la détresse de la jeune fille.
Il balbutia quelques paroles gênés et il disparu à l'étage par des escaliers, au fond de la boutique. Steve et Émilie entendirent des paroles étouffées. Puis le vieux commerçant revint avec un carton dans les bras et leur tendit.
«-C'ma femme qui vous l'donne. Y'a d'la nourriture et d'leau. Z'êtes combien ?
-Nous sommes six, répondit Émilie en acceptant le carton.
-Z'en aurez pas assez alors. » Il agita sa main par dessus son épaule.
« Nous on a plus rien. Si vous en voulez plus, y'a un type qui chasse par içi.
-Et où peut-on le trouver ?
-Dans l'ranch à l'extérieur d'la ville. Vous y trouverez aussi un gars qui pourra soigner ta mère.
Enfin, il ajouta :
« Les morts sont passés par ici c'te nuit. J'en ai pas revu depuis, mais faites gaffe. Et saluez Hershel de ma part.»
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Ils regagnèrent le reste du groupe et leur expliquèrent la situation. Le ranch indiqué ne fut pas difficile à trouver vu que c'était le seul qui avait les lumières allumées. Émilie frappa à la porte en bois et s'éloigna un peu en se souvenant de la réaction de l'épicier.
A la surprise de tout le groupe, ce fut une jeune adolescente qui leur ouvrit. Avec de longs cheveux blonds et un visage d'ange, elle était loin d'être menaçante. Elle les dévisagea d'un air étonné et demanda d'une voix douce :
« Je peux vous aider ?
-Bonjour, la salua Émilie, nous voudrions acheter du gibier. Il paraît que vous en vendez.
Son interlocutrice fut sincèrement surprise, et après quelques secondes d'hésitation, elle les fit entrer et les conduisit dans un petit salon. Le petit groupe laissa de larges traces de boue sur le parquet ciré.
« Papa ! Il y a des gens ! »
Merwan s'affala sur un petit canapé blanc, sous l'œil désapprobateur d'Émilie.
Un vieil homme en pantalon à bretelle débarqua dans la pièce, et se stoppa net quand il vit son salon occupé par des sortes de randonneurs sales et transpirant.
« -Beth ! Je t'avais dit de n'ouvrir à personne !
-Pardon... » La jeune fille se fit toute petite tentant de se cacher derrière Steve.
« -Vous voulez quoi ?
-Nous sommes venu sur les indications d'un vendeur du village, répondit Steve, nous voudrions acheter du gibier que vous chassez.
-C'est Otis, notre voisin qui chasse. Il est pas encore rentré. Maintenant sortez s'il vous plaît.
-Nous pouvoir attendre ici ? », demanda Merwan avec un accent horrible.
Émilie, surprise, se tourna vers l'adolescent. Il parlait visiblement très mal anglais. Avachi sur le pauvre petit sofa, et il tentait de garder les yeux ouverts. « Aucunes convenances... », pensa désespérément Émilie.
« Il en est hors de question. Nous ne sommes ni une auberge, ni un centre de vacances.
-Mais notre amie est blessée... tenta Steve qui, lui aussi, avait besoin de repos. Il désigna Caroline. Celle-ci mima une grimace de douleur et réussi à pleurer quelques larmes.
Le vieil homme se résigna :
« Bon... J'imagine que le temps que je lui fasse des points de suture, Otis sera revenu... Mais que personne ne s'avise à bouger de cette pièce. »
Il partit chercher son matériel médical, tandis que chacun tenta de trouver une chaise ou un fauteuil pour s'asseoir.
« J'en peux plus, j'ai les jambes en coton... », se plaignit Émilie. Assise sur une chaise en bois, elle se sentait à la limite du sommeil.
L'homme revint et commença à désinfecter la blessure.
« Vous venez de loin, non ?
-Notre avion s'est crashé à quelques kilomètres, répondit Émilie, nous sommes français.
-Ça, je l'aurai deviné. »
Devant le regard perplexe d'Émilie il ajouta :
« L'accent. Et la saleté. »
Elle ouvrit la bouche d'un air scandalisé mais le vieil homme se contenta de rire.
« Moi c'est Hershel Greene. Et voici ma fille Beth. Elle est un peu timide, alors lui en voulez pas si elle vous parle pas beaucoup. »
Ils se présentèrent chacun à leur tour, sauf Merwan qui dormait maintenant à poings fermés.
« Vous n'avez pas encore croisé de malades ?
-Des malades ? Vous voulez dire des morts-vivants ? Non. Mais il paraît qu'il y en a par ici.
- Eh bien... » Hershel sembla soudain perdu dans ses pensées.
« Ma femme et moi n'étions au courant de rien. Et puis, hier, nous avons entendu des coups de feu. Je suis sortit pour voir ce qu'il se passait. Il y en avait des dizaines. Ils marchaient lentement, comme... hypnotisés. Au début, je n'ai pas compris. Mais quand j'ai vu les habitants du village leur tirer dessus...Ce que je veux dire, c'est que les malades n'ont pas choisi ce qu'il leur arrivait. Même s'ils nous attaquent avec leurs dents et leurs griffes, ce sont des êtres humains... »
Il rangea ses instruments sur un plateau en métal. Trois points de suture avait été nécessaire pour refermer la plaie. Il resta immobile, le regard dans le vide.
Ses pensées furent interrompues par un bruit à la porte. Steve et Émilie sursautèrent. L'histoire d'Hershel leur avait fait froid dans le dos, et à la seule pensée qu'une de ses choses puisse se trouver juste dehors les terrifiaient...
« Hershel ! C'est moi, Otis ! »
Ils relâchèrent leurs épaules en même temps que leur bienfaiteur. Celui-ci alla ouvrir au chasseur et l'emmena dans le salon. C'était un gros gaillard chauve à la barbe poivre et sel qui ressemblait vaguement à un ours. Hershel les présenta à son ami et lui expliqua qu'ils voulaient lui acheter ses prises de chasse. Otis accepta volontiers mais il leur signifia qu'il ne voulait pas d'argent. Selon lui, les dollars ne vaudraient plus rien d'ici quelques jours et il n'avait rien à acheter dans l'immédiat. Steve lui demanda donc comment ils pouvaient le payer, et Otis lui répondit :
« Je possède deux champs de blé. Les épis sont pas tout à fait mûrs, mais j'aimerais tout récolter par précaution. Et inutile de vous dire qu'avec le peu d'essence qu'il me reste, la moissonneuse est à oublier ! Si vous pouviez me filer un coup de main...
-Ce serai avec plaisir, répondit Émilie, mais nous n'avons pas d'endroit où nous pourrions rester.
-Je peux vous héberger le temps qu'il faudra.
-Alors, c'est entendu », dit Steve.
Hershel leur proposa néanmoins de dormir ici cette nuit prétextant avec humour que puisqu'ils avaient salit son parquet, autant que cela serve à quelque chose. Il leur apporta des matelas, leur servis des assiettes de spaghettis et tout le monde mangea en silence.
Bien qu'Émilie se sentait en sécurité dans cette maison, elle n'arrivait toujours pas à accepter que le monde tel qu'elle l'avait connu avait disparu à jamais. Les morts faisait maintenant partit du monde des vivants. Comment cela était-il biologiquement possible ? D'où provenait l'énergie qui les animait ? Pourquoi leurs morsures étaient-elles mortelles ?
Néanmoins, de cette situation apocalyptique était né un esprit d'entraide entre les êtres humains. Jamais auparavant un inconnu ne les aurait héberger chez lui. Et jamais un commerçant ne leur aurait offert gratuitement de quoi manger. Bien sur, cela avait aussi créer de la méfiance. La peur qu'un étranger infecté n'amène la mort dans son foyer. Steve en avait fait l'amère expérience.
Émilie trouva qu'eux mêmes étaient chanceux de n'avoir croisé aucun mort-vivant. Ils n'étaient pas armés, et n'auraient sans doute que pu courir si ils en avait vu. Avec le grand-père, ce n'était pas gagné.
Tandis que Steve éteignait la lumière, elle s'allongea sur son matelas de fortune et soupira. Désormais, il fallait se serrer les coudes. Ils étaient tous dans la même galère.
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Au soulagement d'Émilie, on leur avait autorisé à prendre une douche chaude après leur réveil. Cela leur avait donné du courage pour affronter la dure journée qui s'annonçait. Le groupe entier, excepté le vieil homme et sa petite fille, était rassemblé autour de la table du salon. La fille aînée d'Hershel, Maggie, et sa femme les avaient également rejoint.
« Chacun va moissonner sa zone et rassemblera les épis devant le pick-up. Moi je les chargerai et je ferai des aller-retours jusqu'à la grange. Vous avez compris ? »
Otis était en train de leur expliquer la répartition de la moisson de ses champs. A cinq, ils en auraient sans doute pour deux semaines. Cela rassura Émilie : tant qu'ils auraient du travail, ils auraient la sécurité d'une maison. Quand à après... Steve avait l'ambition de les conduire dans une grande ville pour trouver refuge auprès de l'armée. Il leur disait que le gouvernement américain les rapatrierait d'urgence en France, où ils rejoindraient chacun leur famille.
Otis reprit :
« Pour couper les tiges vous allez utiliser des machettes. Vous faites des mouvements horizontaux, en utilisant le côté tranchant. Si vous croisez un infecté, vous lui plantez votre lame entre les deux yeux. »
Il leur donna à chacun une machette en inox. Celle d'Émilie faisait à peu près quarante centimètres et était légèrement recourbée au bout. Elle constata que vu l'usure de la lame, elle avait déjà servi pour couper des branches d'arbres ou des buissons.
Ils montèrent à bord d'une Jeep kaki conduite par Maggie, qui semblait très enthousiaste à passer la journée dans les épis de blé.
« Vous allez voir. Au début c'est dur mais quand vous serez habitués, vous vous amuserez comme des petits fous !
-J'imagine... », répondit Steve, qui n'avait visiblement pas l'habitude de la campagne.
Maggie les déposa un à un près de la zone qui leur avait été attribuée, leur donnant à chacun des dernières recommandations en cas de problème. Émilie fut la dernière à descendre. Sa zone s'étendait du bord d'une forêt de sapins à à peu près au quart du champs où commençait la zone de Merwan.
Elle commença à couper le blé qui tombait par touffes à ses pieds. Au bout d'une heure, elle attrapa une crampe au bras droit et changea de main sa machette. Sous le soleil brûlant de fin de matinée, elle se sentait faiblir à cause de la chaleur. Elle enleva sa veste en cuir et se retrouva en débardeur. Soudain, elle entendit un hurlement.
Cessant tout mouvement, elle se mit à l'affût. Un nouveau cri retentit, et Émilie reconnu distinctement la voix de Merwan.
« J'arrive Merwan ! »
Elle s'élança à travers le champs, les longs épis lui fouettant ses bras nus, et elle couru vers la direction du cri. Elle aperçut enfin au loin l'adolescent assis dans le blé coupé. Et en face de lui... l'un d'entre eux. Un « malade », comme les appelait Hershel. Un mort-vivant qui marchait vers Merwan, qui n'était qu'à quelques mètres de lui. Émilie lui cria désespérément:
«Cours, cours ! »
Le zombie était tout proche, et Merwan ne bougeait pas.
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Merwan haïssait cet endroit. Il détestait les champs de blé, cette ville pourrie et l'Amérique entière. Même les gens avec qui il était l'horripilait. Il voulait rentrer dans son appartement, à Paris, s'enfermer dans sa chambre et reprendre ses petites expériences de chimie.
Il frappa furieusement les épis de blé avec sa machette. Pour la punk...Chtac ! Pour le pilote... Chtac ! Pour Hershel... Re-chtac ! Tout à coup, il aperçu une silhouette à une vingtaine de mètres. Sans doute venait-on lui apporter son repas. Tant mieux, il avait faim.
Il se raidit toutefois quand il remarqua l'aspect de la personne qui se dirigeait vers lui : c'était une femme, d'un âge impossible à déterminer. Elle avait des cheveux bruns dégoûtants, la peau de son visage était verte-grise, comme putréfier, et ses pupilles presque dorées occupaient la totalité de ses yeux. Elle regardait fixement Merwan avec une lueur bestiale au fond de son regard, tout en avançant elle émettait des grognements... inhumains.
Merwan sentit sa machette glisser d'entre ses mains. Son cœur s'emballa tandis qu'il restait pétrifié par le regard de cette morte. Il se laissa tomber par terre avec un cri d'effroi, puis son corps fut agité de tremblements provoqués par les poussées d'adrénaline.
La revenante pressa ses pas trébuchants, et esquissa un sourire sanglant en tendant le bras vers lui.
C'en était fini. Il ferma les yeux et poussa un nouveau cri. De désespoir, cette fois.
« Cours, cours ! »
On dit que quand on va mourir, notre vie défile devant nous. Mais Merwan ne voyait rien à part la noirceur de ses yeux clos. Il repensa à ses parents, une dernière fois, et ensuite... Plus rien. Les secondes s'écoulèrent, il ouvrit prudemment un œil. Puis deux.
Émilie tenait sa machette enfoncée jusqu'au manche dans le crâne de la revenante, le bout de la lame ressortant par son orbite. Elle la ressortit dans un bruit écœurant puis regarda le corps tomber à ses pieds.
« T'es pas blessé ? »
Non. Non, il n'avait rien. Il était juste mort de peur. Il tenta de formuler sa pensée, mais il ne réussi qu'à émettre un gargouillis avec sa bouche. Il sentit la honte l'envahir.
« Vient, je vais te ramener à la ferme. »
Émilie le releva et le soutint sur une épaule, le portant presque dans un geste protecteur.
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Hershel laissa Merwan sur le canapé, et il rejoignit Émilie qui faisait les cent pas dans la pièce d'à coté. Elle se jeta littéralement sur lui en le voyant.
« Alors ?
-Il est intacte, confirma t-il, mais il semble vraiment traumatisé. Vous devriez le laisser seul un moment.
-Ouf... Merci Hershel.
-Merci pour quoi ? S'étonna-t-il.
-Pour tout ce que vous faites pour nous.
-Ah ça... » Il haussa les épaules.
« La seule chose que je pourrai vous dire, c'est qu'il faudra que ce gamin s'endurcisse. Les règles ont changées. Il devra apprendre à se défendre pour survivre... »
Merci, j'espère que vous avez aimé ! Pour les questions/commentaires/conseils/plaintes/menaces laissez une review ;) C'est encourageant et ça me permet de m'améliorer pour la suite !
