Salut tout le monde !
Comme il m'a été justement conseillé, j'ai remplacé le rating M par un T. J'avais choisi M plus par précaution qu'autre chose, mais je me rend compte que ça n'ira pas beaucoup plus loin que maintenant, et qu'au risque de décevoir certains lecteurs, aucune scène lemon n'est prévue !
Woaw ! Plein de reviews ! Youpiiii ! Je vais essayer de pas trop m'éterniser ;)
Emy0708 : Voilà le nouveau chapitre fraîchement pondu ! Je les post généralement le week-end, à deux ou trois semaine d'intervalle ^^ Mais est tu bien sur qu'il s'agisse de Daryl ? Héhéhé !
Bee : Merci pour ta review, ça donne du courage pour la suite ! Daryl est tellement galant quand il s'y met... (oups je vient de contredire la réponse d'au dessus... xD)
Ajisai HiME : Merci ;) effectivement je me rend pas trop compte à quel niveau on passe au M, mais comme dit un peu plus en haut, c'était plus pour pas me faire allumer par les modos au cas ou.
Et je vois pas pourquoi vous pensez tous que c'est Daryl ! Il reste T-Dog, Andréa (bon...hum), Shane ou même un Oc !
Dark-Wings-of-Angel : Je suis contente que ça te plaise :) J'espere que tu continuera à aimer (et à poster des reviews!)
Nnoxx : Hey, ça fait plaisir de voir que mon histoire te plait autant. Je te signale aussi au passage que même si j'ai pas reviewer, j'aime beaucoup ta fic !
Innocens : Je ne vais pas faire une réponse très développée vu que je t'ai répondu par mp, mais en effet Merwan est un personnage important, mais qui va plus s'endurcir que se fabriquer une coquille. Les différences culturelles seraient une bonne chose à exploiter :D d'ailleurs, deux ou trois trucs dans ce chapitre... Merci de m'avoir donner l'idée :)
Un yaoi Merwan/Daryl ? Mmmm... xD
Je tient aussi à remercier tout ceux et celles qui lisent, même s'ils ne postent pas de reviews. Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 5: L'appel de la forêt
« Ils sont blonds, pas blancs. »
Émilie se retourna brusquement et tomba nez à nez avec une arbalète braquée sur elle. La flèche était en bois taillé, à quelques centimètres de sa peau prête à lui transpercer le buste, et elle pouvait presque sentir la pression énorme que la corde tendue exerçait sur elle.
Son regard remonta le long de la flèche, de l'arbalète, mais s'arrêta aux mains de l'homme. Elle ne voulait pas voir son visage. Elle avait peur, et elle se rendit compte qu'elle tremblait. Un geste du tireur, et elle était foutue. Après réflexion, elle regretta un peu de l'avoir contredit sur la couleur de ses cheveux. Il soupira et dit :
« M'en fous, c'est pareil. Pourquoi t'espionne mon groupe ? »
Émilie ferma un instant les yeux et sentit sa machette qui traînait par terre attachée à sa ceinture. Le temps de l'attraper et de porter un coup, c'en serait fini pour elle. Il fallait faire plus rapide.
Instinctivement, elle fit une sorte de roulade sur le coté et se releva du mieux qu'elle pu.
« Hé ! Bouge pas ! » ordonna l'homme.
Elle inspira une grande bouffée d'air, et sans prévenir se jeta sur lui en hurlant. Sous l'effet de la surprise, l'homme lâcha son arbalète pour se protéger de ses mains. Émilie lui écrasa son poing en plein dans la figure, puis entama un sprint vers la ferme d'Hershel. Les deux hommes qui discutaient près des voitures la regardèrent surgir des buissons sans comprendre, jusqu'à ce que l'homme n'apparaisse à son tour, le visage ensanglanté. Il se mit à poursuivre Émilie en l'insultant, mais il n'avait heureusement plus son arbalète.
Ce fut à cet instant que Maggie sortit de la maison avec l'intention d'aller boire tranquillement son café sur la terrasse. Quand elle vit arrivée Émilie toute essoufflée, avec à ses trousses un homme hystérique, elle hurla furieusement :
« Ça suffit ! Vous n'avez aucun droit d'agresser les gens qui vivent ici ! »
L'homme stoppa sa course et Émilie alla se cacher derrière Maggie. Celle-ci dit à celle qu'elle croyait être la victime :
« Ça va ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Il me menaçait avec son arbalète !
-Quoi ?! »
Le visage de Maggie pris une couleur écarlate.
« Espèce de connard ! Si je racontais à mon père ce que vous avez fait, il vous chasserait d'ici ! Émilie est sous notre protection, vous n'avez vraiment aucun respect !
-J'l'ai vu nous espionner , répondit rageusement l'homme à l'arbalète, et regardez c'qu'elle m'a fait ! (Il désigna son nez en sang) c'est pas d'ma faute si vous savez pas la tenir !
-Ce ne serai jamais arrivé si vous ne l'aviez pas menacer !
-Exact, crut bon d'ajouter Émilie, qui avait retrouvé son sang froid.
-J'ai menacé personne putain ! »
Le jeune homme asiatique du groupe s'approcha de lui et lui posa une main sur l'épaule.
« Daryl...
-J'ai rien fait ! S'emporta t-il.
-Excusez-le, il n'est pas bien méchant. Mais quand il se met en colère...
-J'vous emmerde tous. Surtout toi là-bas, fit-il en pointant du doigt Émilie. »
Maggie lui répondit par un regard méprisant, et rentra chez elle par la porte entrouverte. Émilie la suivie après avoir pris le soin d'adresser un magnifique doigt d'honneur à l'arbalétrier.
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Rick était assis sur le canapé, encore plus pâle que les jours précédents. Hershel avait en effet transfusé un peu de son sang à Carl, son fils. Le père semblait de plus en plus faible, et ce fut avec un demi sourire qu'il accueilli Émilie et Maggie dans le salon. Il leur demanda :
« Vous avez fait connaissance avec les membres de mon groupe ?
-En quelque sorte, fit Émilie en échangeant un regard gêné avec Maggie.
-Tant mieux. On va sûrement rester ici le temps que mon fils soit soigné. Donc autant coopérer.
-Euh ouais... Sinon toujours pas de nouvelles de Shane et d'Otis ?
-J'ai bien peur que non.
-Ne vous inquiétez pas, dit Maggie, Otis est débrouillard. Il chasse depuis longtemps, alors lui et votre ami n'ont rien à craindre. »
Rick lui fit un sourire fatigué et ferma les yeux. Émilie était sur le point de partir lorsqu'elle se souvint de quelque chose :
« Vous ne m'avez pas dit ce qu'il s'est passé à Atlanta.
-Pourquoi vouliez vous le savoir ? Fit-il calmement.
-Nous avions prévu d'y partir pour trouver le camps de réfugiés. »
L'homme soupira, et Émilie vint s'asseoir en face de lui.
« Alors pourquoi êtes vous partit ?
-Il n'y a jamais eu de camps de réfugiés... Ou alors il a été détruit par les morts. Au début, j'avais aussi entendu parler de ce prétendu camps par un ami. J'ai voulu m'y rendre. Heureusement que les autres étaient là car c'est eux qui m'ont sauvé la vie : cette ville est un cimetière, les rares vivants que nous y avons croisé vivent cloîtrés dans des bâtiments. Il n'y a aucun espoir pour Atlanta. »
Émilie sentit une vague de désespoir la traverser. Cette ville avait, durant leurs dures journées, représenté leur but à tous. Rick continua :
« Nous avions un campement à la périphérie de la ville, qui était relativement sûr. Mais les mort-vivant nous ont attaqué et nous avons dû fuir. C'est comme ça que nous sommes arrivés ici.
-Mais vous cherchez une femme de votre groupe ?
-Oh, on vous en a parlé... En fait, c'est une petite fille. La fille de Carol, vous savez ? On l'a perdu près de l'autoroute.
-Je suis désolée... »
Émilie se prit la tête entre les mains. Cette petite fille était sans doute morte à l'heure qu'il était, bien que les deux hommes de dehors aient parlé d'aller la chercher dans les bois. Émilie se sentit soudain fatiguée. Ils n'iraient pas à Atlanta, alors pourquoi se battre ? S'il n'y avait plus d'espoir, si même les enfants mourraient... A quoi bon partir, ils resteraient ici en attendant la fin. C'est sur ces tristes pensées qu'elle commença à s'endormir dans son fauteuil.
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Beth et Merwan étaient assis côte à côte près de la clôture, sur l'herbe sèche. Cela faisait près d'un mois qu'il n'avait pas plût, chose courante en fin d'été dans ces régions. Par ce début de soirée, le ciel commençait à prendre une teinte rosée, signe qu'il leur faudrait bientôt rentrer, car la nuit était plus dangereuse que le jour. Merwan arrachait des brins d'herbe et les envoyait autour de lui. Il aimait bien Beth, principalement parce qu'elle avait son âge. C'était aussi la seule, excepté ceux de son propre groupe, à parler bien français. Comme Merwan n'avait que des rudiments d'anglais, cela lui permettait de pouvoir s'exprimer pleinement, sans avoir recours à d'étranges mimiques pour se faire comprendre. Il dit à l'adolescente en rigolant :
« Je te jure ! Emilie lui a mis une droite, comme ça ! Bam ! »
Il mima maladroitement un coup de poing dans l'air, et Beth éclata de rire.
« Le gars savait plus où il était ! Ensuite ta sœur est sortit et elle a commencé à l'engueuler, soit disant qu'il devait pas s'en prendre aux filles, et tout ça...
-Haha le pauvre !
-Il y a même un type de son groupe s'est retourné contre lui.
-Et lui, il a fait quoi ? Lui demanda Beth, hilare.
-Bah une fois qu'elles sont rentrées il a ramassé son arbalète et il est partit vers la forêt. Je pense qu'il s'est bien défoulé sur les... tu sais quoi... »
Le sourire de Beth disparut et. Merwan regretta instantanément d'en avoir parlé. Ils savaient aussi bien l'un que l'autre que le sujet des mort-vivants était sensible. Par conséquent, ils n'en parlaient jamais directement. Une sorte d'accord tacite que Merwan venait de rompre.
« Désolé...
- Non, t'inquiète.
-Je voulais pas casser l'ambiance... Et te rappeler ta mèr... euh enfin, rien. Je...
-C'est pas grave je te dis. On a qu'à parler d'autre chose.
-Ok, de quoi ?
-T'a qu'à me parler de toi. Je connais presque rien sur ta vie.
-Bah y'a pas grand chose à dire.
-C'était comment ta vie d'avant ?
-Génial comparé à maintenant. On habitait à Paris, dans un immeuble du septième arrondissement...
-Invalides, Tour Eiffel, Assemblée du peuple...
-On dit Assemblée nationale. Bref, mes parents étaient... Sont médecins. On était pas trop proches, parce qu'ils étaient jamais là.
-Ca devait être dur.
-Bof.
-Sinon t'as une petite amie ?
-Euh... Pas vraiment... hum, et toi ?
-Oui. Enfin 'un' petit ami bien sur. Il s'appelle Jimmy, et il va sûrement nous rendre visite dans la semaine. Je te le présenterai.
-Hum...Ok. »
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Émilie fut réveillée par des pleurs, ou plutôt par des cris de tristesse. Se redressant brusquement sur le fauteuil, alerte, elle vit Patricia, effondrée sur le sol du salon. Autour d'elle se tenait à peu près tout le monde : son groupe, celui de Rick et la famille d'Hershel. Tout le monde, sauf Otis.
Hershel dit à Patricia :
« Calme toi... Il... Il est mort en héros... »
Émilie ouvrit grand la bouche, abasourdie. Elle mit quelques secondes avant de comprendre ce qu'Hershel avait dit. C'était impossible. Otis était mort... Celui qui les hébergeait, qui leur avait fait confiance. Celui qu'elle avait appris à connaître. Car oui, Patricia et lui étaient peu à peu devenus ses parents, et perdre un parent était l'une des pire chose lorsque tout s'effondrait autour de soi. Bien sur, Émilie savait que ses véritables parents n'étaient pas vraiment eux. Mais cela lui donnait un repère, et elle venait de le perdre de vue à moitié.
Otis était mort ! La première victime de l'invasion qu'elle connaissait et aimait. Otis était... Elle vit défiler devant ses yeux toutes les personnes qu'elle aimait. Puis, chacune d'entre elle tomba à terre, morte. Oui, c'était ce qui allait arriver, c'était leur destin : mourir. Ses parents étaient morts! Charlie était mort ! Sa grand-mère, ses amis...
Elle se leva brusquement, s'attirant les regards interrogateurs des personnes présentes. Elle avait besoin d'être un peu seule. Steve s'approcha d'elle comme pour lui parler, mais elle s'esquiva et fonça vers la porte en regardant les yeux baissés. Elle passa devant Hershel, Patricia, Rick, et des personnes qu'elle ne connaissait même pas, sans en regarder aucun. Elle ne voulait pas qu'ils voient à quel point elle était bouleversée.
Alors qu'elle tendit la main pour ouvrir la porte, celle-ci s'ouvrit dans un claquement, manquant de peu de frapper Émilie de plein fouet. La jeune fille surprise se stoppa net et devant elle apparut l'homme qui l'avait... ou plutôt qu'elle avait agressé, et dont elle ignorait le nom. Le jeune homme asiatique avait bien dit son nom, mais elle était alors paniquée et elle n'avait pas pu s'en souvenir. D'ailleurs, elle n'avait pas vraiment regardé son visage. Pas du tout même. Elle se représentait, d'après le souvenir de sa voix, un homme grand, la quarantaine, cheveux ras du genre skinhead, avec des tatouages partout et des cicatrices..
Étrangement, l'homme qu'elle vit ressemblait très peu à celui qu'elle avait plus ou moins imaginé. Il avait des cheveux châtain clair, mais pas du tout courts, et il semblait plus jeune. Son regard en revanche, était froid et dur.
L'homme sembla aussi surpris qu'elle de la voire, et une lueur d'étonnement passa dans ses yeux d'acier. Émilie le scruta, ce qui fit faire détourner le regard de l'arbalétrier. Il la poussa presque pour rentrer en marmonnant :
« Fait un peu attention... »
Émilie ne pensa même pas à lui répondre tant elle fut surprise de son changement de ton par rapport à leur première rencontre. Elle tenta de chercher et une explication, et finit par se dire qu'il se serait sans doute vengé s'il n'était pas dans une maison en deuil. Tout en priant pour ne jamais le recroiser dehors, Emilie sortit. La nuit, fraîche et humide, était déjà tombée. La jeune fille regarda sa montre, et constata avec étonnement qu'il n'était que quinze heures trente. Les jours commençaient à se faire courts, et les feuilles des arbres à tomber : cela faisaient presque deux mois qu'ils étaient ici. Pourtant, ils étaient comme coupés du monde extérieur, comme s'ils passaient leurs vacances à la ferme dans l'Amérique profonde.
Émilie regarda l'ombre que dessinait la forêt à quelques centaines de mètres. Elle se sentit attirée par cette masse sombre, comme lorsqu'elle était attirée par le vide en même temps qu'elle en avait peur. Elle voulait voire des morts-vivants, tout comme elle voulait les éviter. En fait, elle voulait tester les limites, comme elle l'aurait fait lorsqu'elle était adolescente.
Elle sauta par dessus la clôture, puis marcha vers le bois. Tout était silencieux, excepté ses pas et quelques grillons. S'arrêtant à quelques mètres des premiers arbres, elle tira lentement de son fourreau la machette qu'elle portait à la ceinture, et observa le sous-bois obscure. Rien ne bougeait. Même les feuilles des arbres semblaient figés. Elle s'avança doucement, sur ses gardes, et pénétra dans la forêt.
Émilie n'avait jamais fait de promenade nocturne dans un bois de sapins. Si cela avait été le cas, elle aurait sans doute su que les feuillages des conifères cachait la lumière des étoiles. Par conséquent, on n'y voyait pas à plus de cinq mètres devant soi, ce qui était assez embêtant lorsqu'on n'avait pas de lampe sur soi.
Au bout de quelques minutes à marcher sur un tapis de feuilles mortes, la poussée aventureuse qui avait réussi à amener Émilie jusqu'ici disparue. La jeune fille s'arrêta et pensa avec regret qu'elle aurait dû rester chez Hershel, car elle commençait à être gelée. Elle tourna sur elle même et se rendit soudain compte qu'elle ne savait absolument pas où elle était. Par où était-elle venue ? Le sapin à sa droite lui semblait vaguement familier, peut être était-elle passée devant. Ou peut-être pas. La pierre en forme de champignon à coté de l'arbre n'était pas là, lui sembla ... Il fallait se rendre à l'évidence : elle était perdue. Dans une forêt. Pleine de zombies.
Sur ce dernier point, elle avait plutôt eu de la chance. Peut-être ces créatures dormaient-elles, après tout. Elle fut tentée de pouffer de rire en imaginant un zombie ronfler. Mais elle se reprit, il lui fallait rentrer immédiatement.
Ce fut à cet instant qu'elle entendit des grognements saccadés loin, quelque part au fond du bois. Elle se figea en entendant ceux-ci se rapprocher. La créature qui émettait ces bruits n'était visiblement pas seule, puisque plusieurs autres grognements se joignirent aux premiers, à des octaves différentes. Les plus aiguës devaient appartenir aux zombies femmes, et les plus rauques aux zombies hommes.
Émilie sentit son sang se figer. Elle se sentait presque comme dans un jeu vidéo, avec sa machette tendue devant elle et ses cheveux devant les yeux. Oui, c'était cela. Il lui fallait réfléchir de la même manière que lorsqu'elle jouait à Dead Island. Réfléchir comme une machine. Quelles étaient ses possibilités ? Monter à un arbre : Impossible, vu la hauteur des branches. Appeler à l'aide : Cela ne servirait à rien, à part à alerter les zombies. Ne pas bouger : Les morts-vivants la trouveraient et la mangeraient. Restait trois options : courir, les combattre ou se faire hara-kiri. Elle choisit le premier choix.
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Il faisait nuit noire lorsque Merwan et Beth rentrèrent. L'adolescent avait pensé qu'Hershel les disputerait pour être rentré si tard, mais il n'en fut rien. Ils trouvèrent le salon occupé seulement par l'asiatique,Glenn, qui discutait avec Maggie en pleurs. Beth accourut prés de sa sœur, et lui murmura :
« Qu'est-ce qui se passe Maggie ?
-Otis...est mort...
-Quoi ?! »
Beth se pétrifia, et des larmes commencèrent à rouler sur ses joues. Sa sœur la pris dans ses bras, et elles pleurèrent ensemble. Toutes deux connaissaient Otis depuis qu'elles étaient enfants. Elles le considéraient comme un oncle. A la douleur de l'avoir perdu s'ajoutait celle d'avoir récemment perdu leur mère. Lorsqu'on le lui avait annoncé, Beth n'avait pas pleuré. Ni après d'ailleurs. Elle n'avait tout simplement pas réussi à réaliser que sa mère était morte, qu'elle ne serait plus jamais comme avant. La mort d'Otis réveilla donc cette blessure enfouit.
« Est-ce qu'on pourra... le revoir ? » demanda Beth.
Maggie fronça les sourcils.
« Non. » fit-elle sèchement.
Ses yeux croisèrent le regard surpris de Merwan, mais se détournèrent aussitôt. Il y eut un silence gêné, durant lequel seuls les sanglots de Beth résonnèrent dans la pièce. Malgré le fait qu'il ne soit pas très doué pour ça, Merwan sentit qu'une tension venait de s'installer. Après tout, il était normal de vouloir voir le corps d'un proche une dernière fois, pour lui dire adieu. Il était aussi normal qu'elle ne puisse pas voir le corps d'Otis, vu qu'il avait sans doute été déchiqueté par les morts, mais... La manière dont avait répondu Maggie était étrange. Elle avait peur de quelque chose. Ou peut-être avait peur qu'il découvre quelque chose. Sinon, elle n'aurait pas répondu aussi rudement à la question de sa sœur.
Hershel fit irruption dans la pièce avec un visage impassible, comme toujours. Il regarda Beth, et il dut constater que la nouvelle lui avait été annoncée. Il ferma un instant les yeux, puis fit quelques pas en avant. Il demanda :
« Vous ne savez pas où est Émilie ?
- Non, fit Maggie, pourquoi ?
-On l'a trouvé nulle part... »
Merwan sentit son cœur s'arrêter. Maggie et Glenn haussèrent les épaules avec perplexité.
« -C'est bizarre quand même, reprit Hershel, Elle n'a pas pu se faire kidnapper ! »
Beth se redressa brusquement et dit d'une voix mal assurée :
« Tout à l'heure, elle a mis une raclée à un type pas net...
-Il s'appelle Daryl, intervint Glenn.
-Ok. Peut-être que... Daryl... a voulu se venger... »
Maggie se leva de sa chaise et annonça en se dirigeant vers la porte :
« Je vais aller le chercher. »
Glenn soupira et dit à Hershel :
« Je ne pense pas que ce soit Daryl... Il est pas aussi con que ça. Et puis, elle a put se faire attaquer par un geek.
-On l'aurait entendu dans ce cas.
-En tout cas, c'est pas de la faute de notre groupe. »
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Emilie courait le plus vite qu'elle pouvait, des petites branches lui fouettant le visage. Ses poumons étaient sur le point d'exploser et sa gorge était en feu. Elle ne savait absolument pas où elle allait. En revanche, elle savait que si elle s'arrêtait trop longtemps, ce serait la fin. Les zombies qui la poursuivaient depuis bientôt dix minutes semblaient aller aussi vite qu'elle, car à chaque fois qu'elle ralentissait pour reprendre son souffle, elle entendait leurs grognements derrière elle. Ils devaient la pister grâce à leur odorat. Nouvelle observation qu'elle noterait dans son carnet lorsqu'elle serait de retour. Du moins, si elle revenait.
Ses pieds entrèrent en contact avec une substance froide et imprégnante. Elle fit un bond en arrière, puis se pencha un peu pour voir de quoi il s'agissait. Elle entendit le clapotis de l'eau mouvante : c'était sans doute un petit ruisseau qu'elle n'aurait aucun mal à traverser. Elle se souvint alors qu'il y avait aussi un ruisseau pas très loin de la ferme, peut-être se rejoignaient-ils à un endroit. La question était en haut ou en bas. Les grognements saccadés qui reprirent la firent sortir de ses réflexions. Elle devait prendre une décision. Maintenant. Se baissant légèrement, elle laissa traîner sa main dans l'eau pour déterminer le sens du courant, et pris la même direction.
Au bout de cinq cent mètres environ, elle déboucha sur une clairière éclairée par la Lune. Le ruisseau continuait jusqu'à un vieux moulin à eau et une maison se dressait à l'autre bout du pré. Mais malheureusement pour Émilie ce n'était ni celle d'Hershel, ni celle d'Otis. Elle semblait abandonnée, vu l'absence de lumière et la longueur des herbes aux alentours, ce qui était évidemment inquiétant. Mais ce qui était vraiment préoccupant, c'était la dizaine de morts-vivants qui errait dans la clairière, entre la maison et Émilie.
