Hello !
Le nouveau chapitre tout chaud est là ! Il est un peu plus long que les autres, et je posterai sûrement la suite rapidement car... JE SUIS EN VACANCES ! YOUHOUHOU (tout le monde s'en fout, pas grave xD). Mais du coup j'ai plus de temps pour écrire ;)
Voili voilou, je tiens à remercier tout ceux qui lisent cette fiction, et plus particulièrement ceux qui laissent des reviews :) C'est ça qui donne envie de continuer, et tout les commentaires que vous faites peuvent influencer le cours de l'histoire, qui n'est pas totalement fixée. Aussi, si vous avez des idées, des demandes particulières, ou si vous voulez critiquer... Lâchez vous ! (J'ai d'ailleurs reçu une magnifique critique hihi)
Alors, les reviews :
Emy0708 : Merci beaucoup ;) Mais pour l'instant, Daryl est un redneck antipathique qui n'a aucune envie de la retrouver vu ce qu'elle lui a fait.
Rore 30 : Merci !
Bee : Bonnes questions ;) Peut-être ne va t-elle tout simplement pas s'en sortir...
EnoraSanoraShow : Je suis super contente que tu aimes, et que tu ais pris le temps de poster une review avec un téléphone qui bug (je connais à quel point c'est chiant...)
Guest : Coucou béchamel ! Merci de ta review, c'est sûr que Merwan est traumatisé après ce qu'il vient de se passer, seulement jusqu'à présent on l'a plutôt vu en point de vue externe, donc cet aspect n'a pas été développé. J'essaierai de le faire dans les prochains chapitres :)
Neunonska: Ta review me touche beaucoup, car j'avoue que c'est principalement sur mon style d'écriture que j'avais des doutes. Je suis heureuse que tu aime ;)
spleen : CA c'est du lourd ! Merci S., ta review m'a fait beaucoup rire ! Je vais aller corriger les fautes d'orthographe et d'expression que tu m'as signalé :) C'est vrai que malgré le fait que je me relise, je laisse filtrer un certain nombre d'erreurs. J'espère que les lecteurs qui ont été dérangés par ça m'excuseront :) Il y a cependant certains points de ta review auxquels je voudrais répondre :
-Le terme « sushi en pagaille », c'était plus pour faire un petit effet, tu vois... Mais je vais changer l'intro si effectivement elle n'est pas claire ;)
-Oups, c'est vrai qu'il n'est spécifié nul part au début qu'elle est française... Promis, j'arrange ça ! (+Erasmus world, EXCUSE MOI hihihi)
- « les mèches rouges sur des cheveux platines alors qu'elle a des yeux verts, stop, alerte faute de goût. Elle aurait dû partir sur des teintes bleutées. » Comment peux tu dire ça ? Justement, les couleurs chaudes font ressortir les yeux clairs, et ça donne un coté « dark » sur des cheveux blonds. Elle est pas fan de K-pop, elle !
- Elle doit quand même passer 9h à coté de lui, sans autre compagnie... C'est pas qu'elle est méchante, mais Émilie n'est pas très mature au début, son caractère va évoluer tout au long de l'histoire :)
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
« Oups... »
Elle se baissa rapidement pour se cacher derrière le buisson de houx qui se trouvait devant elle. En observant tout ces zombies errer, Émilie regretta amèrement d'être partit de la ferme sur un coup de tête. N'aurait-elle pas simplement pu s'isoler dans sa chambre ? Ou aller faire un tour dans la propriété ? Non, évidemment, il avait fallu qu'elle aille se perdre dans ce maudis bois. Cela lui rappela les films d'horreur qu'elle regardait parfois le soir avec ses amis pour le plaisir du frisson. Elle se voyait à cet instant dans le rôle de la pauvre cruche blonde qui s'attirait inévitablement les pires ennuis par ses gaffes. Et qui mourait toujours la première. Le personnage indispensable à tout les films d'horreur. Les gens aiment avoir peur, pensa t-elle. Mais seulement lorsque cette peur est fausse, quand on sait qu'il n'y a aucun autre danger que celui que l'on s'invente. A présent, Émilie ressentait la vraie peur. Celle qui donne des sueurs froides et qui tétanise jusqu'aux os, et cela était loin d'être agréable.
Il y avait sûrement encore les zombies qui la poursuivait, mais ils devaient être loin car elle n'entendait pas leurs halètements rauques. Elle avait donc toujours la possibilité de faire demi-tour, de prendre une autre direction que celle de la rivière, et d'aviser après. Cela lui sembla être la meilleur solution. Elle remarqua à sa gauche un petit sentier, ou ce qu'il semblait en être un dans l'obscurité. Si elle arrivait à l'atteindre sans être vue... Lentement elle se redressa jusqu'à être debout le dos courbé, et elle déplaça précautionneusement sa jambe sur le coté. Les feuilles sèches lui semblèrent rompre le silence dans un bruit de frottements indiscrets. Mais les morts-vivants qui ne devaient pas avoir l'oreille fine n'entendirent rien. Peut-être serait-ce plus facile que prévu. Faire à nouveau deux petits pas sur le coté, et partir en courant. Le plus important étant avant tout la discrétion. Silencieuse comme une ombre...Ce fut à ce moment que la catastrophe se produisit.
L'obscurité est la pire des traîtres lorsqu'il s'agit de se déplacer dans un milieu potentiellement inégal. Alors qu'Émilie déplaça sa deuxième jambe, celle-ci heurta un objet dur, sans doute un cailloux. La jeune fille bascula sur le coté et tenta de se redresser à la dernière seconde. Elle vacilla puis chuta en avant. Dans le houx.
« AAAHHH ! PUTAIN DE PLANTE VERTE ! »
Les piquants des feuilles semblèrent lui transpercer le corps, puis les mains quand elle se releva. Elle eu alors le déplaisir de voir la bande d'anthropophages se ruer vers elle en boitillant. Tant mieux, elle avait la haine. Contre la pierre sur laquelle elle avait buté, et contre ce houx idiot, qui avaient fait échouer son magnifique plan. Émilie saisit le cailloux à ses pieds et l'envoya rageusement sur le zombies le plus proche, le manquant évidemment de plusieurs mètres. Ainsi, on continuait à lui résister... Elle brandit sa machette au-dessus de sa tête et se rua sur la créature. La lame s'abattit sur son crâne et le fendit en deux dans un craquement morbide. Puis, Émilie la leva de nouveau pour frapper un autre zombie qui s'approchait. Cette fois-ci, le coup mal calculé trancha son bras et libéra un flot de sang noir. La bête ne se rendit compte de rien, mais restait comme hypnotisé par Émilie. La jeune fille leva une seconde fois la machette, et lui coupa net le cou. La tête encore vivante tomba au sol et suivit le reste du combat des yeux, en lançant des grognements affamés.
Émilie était en transe. Elle frappait n'importe où, sans plus se soucier des morceaux de chair qui l'éclaboussaient, ou de la peur qui lui tenaillait le ventre il y avait encore quelques instants. Elle était sur un champ de bataille. Elle n'entendait que son propre sang battre dans ses tempes comme des tambours. Elle ne voyait que les visages hideux de ses adversaires, et la seule odeur qu'elle percevait était celle de leurs haleines putrides.
Quand enfin le dernier mort-vivant tomba à ses pieds, elle se laissa elle même tomber à genoux. L'adrénaline redescendit. Elle retrouva le calme de la clairière, un petit pré tranquille éclairé par la lune. Émilie se demanda si elle avait été griffée, car plusieurs fois au cours du combat les zombies avaient approché leurs mains de son corps. Mais les douloureuses plaies que lui avaient laissé les feuilles de houx l'empêchaient de savoir si l'une de ses blessure était une griffure, ou même une morsure. Il fallait qu'elle s'en aille maintenant, avant que d'autres zombies n'arrivent, car elle n'était pas sure de pouvoir encore se battre.
Tout à coup, elle entendit un sifflement. Surprise, elle releva brusquement la tête vers le haut de l'arbre voisin, d'où il semblait venir. Ce n'était pas le chant d'un oiseau ou d'un insecte, mais plutôt le sifflement maladroit d'un humain. Elle tendit l'oreille.
« Hep... S'il vous plaît... »
Une voix frêle, étrangement aiguë prononça ces paroles. Émilie se leva et brandit sa machette.
« Qui est-ce ? Montrez vous ! Ordonna t-elle.
- Aidez-moi, je vous en pris... Je suis dans l'arbre sur votre droite...
- Je vais vous aider. Pourquoi ne descendez-vous pas ?
- J'ai peur... »
Émilie abaissa son arme et soupira. Elle ne pouvait pas rester ici plus longtemps, pas plus qu'elle ne pouvait abandonner la personne qui se trouvait dans l'arbre. Elle dit d'une voix rassurante :
« Vous pouvez venir, je vous défendrais. On peut essayer d'aller jusqu'à la maison là-bas. Après, je vous emmènerais voir mes amis... Comment vous appelez vous ? »
Une silhouette se laissa glisser du haut d'une branche. S'approchant d'Émilie, elle révéla une gamine dont les cheveux reflétaient la lumière pâle de la lune. Elle leva ses yeux craintifs vers la jeune fille.
« Sofia Peletier... »
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Carol était assis devant sa tente, les yeux fixés sur l'horizon. Elle pensait à sa fille, Sofia. Elle ne pouvait pas être morte, elle le savait. C'était une petite fille très débrouillarde. C'était sa fille... Sa fille qu'elle aurait voulu voir grandir, s'épanouir dans un monde sain. Si elle avait eu cette chance, Sofia aurait été à l'université, aurait eu un petit ami. Ensemble, ils auraient vécu de grandes aventures, ils auraient vu mille choses. Puis, elle se serait marié et aurait eu des enfants et un bon travail. Elle aurait finit sa vie entourée d'enfants et de petits-enfants, à raconter ses histoires de jeunesse au coin du feu, comme le font les grand-mères. Elle aurait eu une vie bien pleine, et sûrement plein d'anecdotes. Sur sa mère par exemple. La façon dont elle la consolait quand elle tombait, ou quand elle était frappée par son père... Ed... Non, sur ce point, Carol espérait qu'elle aurait réussi à quitter son mari, et qu'elle aurait pu faire oublier à sa fille les moments terribles qu'elle avait vécu.
Une larme roula sur sa joue. Même s'ils la retrouvaient, Sofia ne connaîtrait jamais ces petits bonheurs de vie. Elle vivrait à jamais dans la peur et le désespoir.
Carol sursauta lorsqu'elle entendit quelqu'un s'asseoir à coté d'elle. Tournant un peu la tête, elle vit qu'il s'agissait de Daryl. Le visage dur, tourné vers le sol, l'homme ne semblait pas vouloir lui faire la conversation. Pourtant, il s'était assis à coté d'elle... Pourquoi ? Malgré que Carol le connaisse depuis plusieurs semaines, elle ne le comprenait toujours pas vraiment. Il semblait se dissimuler constamment sous une apparence de dur à cuire, mais Carol avait bien remarqué qu'au fond il n'en était rien... Par exemple à cet instant, il la regardait pleurer du coin de l'œil d'un air profondément indifférent. Mais qui sait ce qu'il pensait vraiment. Savait-il seulement comment réagir ? Lorsque Carol croisa son regard, il détourna la tête, sans doute pour cacher sa gêne, et chercha son paquet de cigarette dans sa poche de veste. Il en sortit une, la mit entre ses lèvres et l'alluma avec un briquet. Au bout de quelques minutes, Carol lui dit doucement :
« Merci Daryl...
-De quoi ? Fit-il toujours sans la regarder.
-Pour Sofia.
-Ah, ça...
-Je t'en suis très reconnaissante.
-Ouais, de rien, répondit-il, gêné.
-Tu peux être tellement généreux quand tu le veux... Je me demande pourquoi tu ne veux pas le montrer...
-C'est bon, arrête !
-Tu vois ! Pourquoi tu t'énerve alors que je te fait des compliments ? »
Daryl souffla et se tourna carrément dos à elle. Carol reprit :
« Tu as peur de quelque chose ?
-Ta gueule. »
Ces derniers mots firent extrêmement mal à Carol. Elle voulait juste l'aider, de la même manière dont lui même l'aidait en ce moment. Elle avait pensé pouvoir parler avec lui comme elle aurait parlé à un fils. Mais il la rejetait. A cette pensée, elle sentit à nouveau les larmes monter à ses yeux, et elle se cacha la tête dans ses mains pour pleurer. Daryl se retourna en entendant les sanglots étouffés qu'elle émettait. Il hésita quelques instants, puis se retourna pour faire comme s'il n'avait rien vu. Carol remarqua son indifférence entre deux sanglots, et se leva pour le faire réagir. Il n'en fut rien. Il resta dos tourné à elle, tirant de temps à autre une bouffée sur sa cigarette. Contrariée, elle fit demi-tour et partit vers les autres tentes tout en se demandant tristement si elle ne l'avait pas mal jugé. Après tout, peut-être était-il véritablement insensible à sa détresse.
Néanmoins, si Carol avait été face à Daryl, elle aurait pu le voir mordiller anxieusement sa lèvre inférieure tandis qu'elle partait. Puis, il éteignit sa cigarette sur la terre sèche en jurant à voix basse. Il n'avait pas voulu lui faire de la peine, mais elle l'avait énervé avec ses grands airs. Il entendit une voix dire derrière lui :
« Entre elle et Emilie, vous n'avez pas l'air très doué avec les femmes. »
Daryl se retourna brusquement et il vit l'une des fille d'Hershel, la plus âgée, qui le scrutait dans l'obscurité. Il ne se souvenait pas de son prénom. D'ailleurs, il n'avait appris son existence que lorsqu'elle avait pris la défense de sa copine punk psychopathe, et l'avait presque oublié jusqu'alors. Il se leva et mima un air blasé tout en disant :
« Ça y est ? T'as finis de torcher l'cul de tes putains de canassons fillette ? »
La jeune Greene sembla sur le point de répliquer violemment, mais se repris.
« Mon père a raison. Vous êtes complètement taré.
-C'est pour ça que t'es venue ? Répliqua t-il.
-Non. Je cherche Émilie.
-Connais pas.
-Rappelez vous, la fille qui vous a mis une raclée tout à l'heure. Ça vous revient ? Fit-elle en voyant Daryl faire une grimace.
-Ouais, j'vois bien sa tête.
-Elle a disparue.
-Pas mon problème. Au moins elle viendra pas me faire chier comme certains... »
Maggie le foudroya du regard et lança :
« Mon père et moi avons de bonnes raisons de penser que vous y êtes pour quelque chose, si vous voyez ce que je veux dire. Vous n'auriez pas voulu vous venger par hasard ? »
Daryl ricana dans sa barbe. Les insinuations de la jeune fille lui semblait ridicules. Il n'était pas idiot à ce point, s'il avait voulu se venger il aurait trouver un moyen bien plus subtile que de faire disparaître la personne directement.
Maggie le jugea du regard. Elle tonna :
« Si vous savez quelque chose, dites-le !
-Hey, fit Daryl, j'comprend que ça t'plaise de jouer l'apprentie flic, mais j'y suis pour rien. Ta copine a du partir s'pendre à un arbre...
-Je vous rappelle que vous êtes chez mon père et que...
-Gnagnagna... Alors j'veux voir ton père, pas toi.
-Il vous attend à la maison. »
Daryl soupira et se dirigea vers la maison d'Hershel d'un pas déterminé. Il devait convaincre le groupe qu'il n'avait rien fait à la gamine, car il n'était pas sur que le vieux le croirait. Ce n'était pas de sa faute si elle avait fugué, de toute façon il avait passé sa journée dans les bois à tuer des écureuils. Il était ensuite revenu chez le vieux et... Il s'en souvenait ! Il avait croisé la jeune fille alors qu'elle sortait de la maison. Toujours avec son petit air supérieur, elle l'avait presque bousculé pour sortir. Il avait été surpris qu'elle ne lui dise rien quand il avait croisé son regard. Elle aurait du s'énerver contre lui de nouveau...
Tandis qu'il arrivait près du porche, il aperçut le gamin français tout boutonneux, assis sur le fauteuil à bascule. Il l'avait entendu parler à Rick lorsqu'ils étaient chez Hershel. Le pauvre gosse arrivait à peine à aligner deux mots, et quand il les prononçait, c'était avec un accent horrible. Daryl passa devant l'adolescent sans lui accorder un regard. Le garçon avait l'air proche de cette Émilie, ce qui en faisait un potentiel accusateur. Il pensait sans doute qu'il l'avait tué... Daryl ouvrit un peu trop brutalement la porte, faisant sonner un carillon, et il s'engouffra dans la maison.
Merwan avait discrètement suivi des yeux l'homme qui était passé devant lui. Il avait tout de suite reconnu le motard qu'Émilie avait frappé (il avait suivi la scène de loin). Il l'avait ensuite revu lorsqu'ils étaient réunis pour l'annonciation de la mort d'Otis : il avait presque heurté Émilie lorsqu'il était entré, puis il était resté debout auprès de Rick comme un garde du corps. Il n'avait pas prononcé un mot de la soirée, et Merwan se souvint qu'il l'avait regardé bizarrement quand il avait été discuter un peu avec Rick dans un effort inhabituel de sociabilité. Le leader de l'autre groupe l'avait écouté avec bienveillance, il avait aidé le jeune garçon à trouver ses mots, le rectifiant parfois. Il lui avait aussi promis de lui présenter Carl, son fils, une fois que celui-ci serait remis de sa blessure. Enfin, il lui avait serré la main avec un sourire paternel. Durant toute leur conversation le motard, Daryl, n'avait pas cessé de dévisager Merwan. Puis, il avait quitté la pièce discrètement.
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Émilie s'élança à travers le pré, suivie par Sofia. Conformément aux instructions que l'étudiante lui avait donné, la petite fille ne la quitta pas d'une semelle, marchant presque sur ses pas. Enfin, elles arrivèrent à la porte d'entrée de la maison abandonnée qui était grande ouverte. La jeune fille hésita à s'y engouffrer. Il était fort possible que les propriétaires aient été zombifiés à l'intérieur, ou même que d'autres soient rentrés après. La porte ne semblait pas avoir été forcée d'une quelconque manière, mais Émilie remarqua dans l'entrée des traces de boue. Ou de sang. La petite fille derrière elle lui chuchota :
« Il n'y a personne ici. Je suis déjà venue. »
Émilie lui sourit et s'engouffra prudemment dans la maison. Il y faisait encore plus sombre qu'à l'extérieur, si bien qu'on ne voyait absolument pas où l'on allait. Emilie sortit son iPhone de sa poche et alluma l'application de lampe torche. Sa batterie allait sans doute y passer, mais elle n'avait pas vraiment le choix. Elle découvrit à la lumière de son portable un couloir menant sans doute aux pièces principales. Le papier peint avait été arraché des murs, eux même transpercés par des éclats de balles. Aucun doute : les résidents avaient lutté. D'un geste de main, Sofia indiqua l'escalier en bois à la droite d'Émilie. La petite fille le monta sans hésiter, et l'étudiante dû la suivre bien que cet endroit ne lui inspira pas confiance. Chaque marche grinça horriblement fort sous son poids, si bien qu'elle eu peur d'avertir les morts-vivants qui pouvaient se trouver ici. L'avantage par contre était qu'aucun d'entre eux ne pourrait monter sans qu'elle ne l'entende.
Elle déboucha sur un autre couloir, un peu plus grand, et qui donnait sur trois portes. Sofia se faufila par la deuxième. Émilie entra et découvrit une chambre d'enfant. Plusieurs mobiles colorés pendaient au plafond et les mur était recouverts d'un papier peint sur lequel était dessinées des petites voitures bleues. La pièce était meublée d'un lit d'enfant aux couvertures défaites, d'une commode, d'un tapis de jeu et d'une penderie. C'était ici que Sofia venait de se glisser. Elle était à moitié allongée sous les vêtements qui pendaient aux cintres et qui la dissimulait. Autour d'elle, plusieurs boites de raviolis vides étaient éparpillées. Émilie dit à Sofia :
« T'es certaine que cet endroit est sûr ? »
La petite fille acquiesça de la tête.
« Ne bouge pas. », lui ordonna Émilie.
Elle sortit de la chambre et alla ouvrir la porte voisine. C'était la chambre des parents, avec un grand lit et plusieurs photos accrochées au mur. Émilie s'approcha. La plupart des cadres montraient les photos d'un petit garçon métisse, en train de souffler des bougies, sur les genoux de son grand-père, en train de faire un bisou à un petit chiot, en train de rire... Émilie fouilla rapidement quelques tiroirs puis sortit. Elle tenta d'ouvrir la troisième porte, mais celle-ci était verrouillée. Elle pensait à défoncer la porte lorsqu'elle entendit un bruit au rez-de-chaussée. Comme un raclement.
Avec son portable dans une main et sa machette dans l'autre, elle entreprit de descendre les marches le plus silencieusement possible. Une fois en bas, elle pris le couloir et arriva dans la cuisine. Il n'y avait aucun signe de vie, excepté de gros asticots blancs qui grouillaient sur un reste de poulet. Émilie trouva un cabas de course posé par terre et elle l'enfila sur son coude. Puis, elle ouvrit plusieurs placards pour se servir dans ce qu'elle pourrait trouver. Elle ramassa un paquet de spéculos, une bouteille d'eau, un sachet de café et plusieurs petites boites de conserve, qu'elle mit dans le sac. Elle vit aussi des bouteilles de coca dans un coin, mais elle se dit qu'elle reviendrait les chercher après. C'est alors qu'un autre bruit retentit dans la pièce d'à coté.
Emilie posa son sac de provision sur la table, et brandit fermement sa machette. Elle avança le long du couloir, presque collée au mur. Quand soudain, une chose la renversa lourdement. Elle poussa un cri en se débattant, la lumière du portable dans sa main s'agitant n'importe où sur les murs. Cette chose qui l'écrasait était vivante. Elle pouvait voir ses yeux pâles, presque blancs, à quelques centimètres des siens, et de sa bouche qui cherchait à mordre sa gorge dégoulinait de la bave écarlate, qui tombait sur son cou. La chose la voulait. Dans un ultime effort, elle le repoussa violemment, se releva et lui ouvrit la boite crânienne en deux. Elle soupira de soulagement, et tandis qu'elle s'apprêtait à entrer dans le salon, elle se souvint d'une chose importante. Elle s'agenouilla et trancha de sa machette l'auriculaire du zombie qui gisait à terre, qu'elle glissa dans sa poche arrière avec une grimace de dégoût. La peau du doigt était froide et humide, comme un bout de pain moisi qui serait resté dehors trop longtemps.
Émilie alla ensuite dans le salon, une grande pièce moderne qui avait du être confortable. Elle fouilla plusieurs tiroirs et trouva enfin ce qu'elle cherchait : une carte de la région.
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Cela faisait presque une heure que Hershel, Maggie, Patricia et Steve interrogeaient Daryl. Celui-ci était assis sur une chaise, son arbalète posée sur ses jambes, et les jugeant de son regard d'acier. Il répondait à chaque question par monosyllabes. Rick et Dale s'étaient improvisés comme étant ses avocats qui le défendaient avec ferveur. Au bout d'un moment, il y eu un silence durant lequel Daryl laissa échapper un profond soupir.
Steve se planta debout face à lui et le toisa. Le pilote portait son éternel uniforme de commandant de bord, tout comme les autres membres des groupes qui mettaient tout les jours les même vêtements. Mais étrangement, les siens ne semblaient pas trop abîmés, seule la chemise était un peu sale. Sur son veston était toujours accrochée l'épinglette qui représentait deux ailes d'oiseaux déployées, indiquant qu'il était pilote. Il tonna :
« Je sais que vous lui avez fait quelque chose ! Vous êtes un salaud, un... Raaah ! Comment avez vous osé vous en prendre à une fille sans défense ? Hein ? Regardez-le, Hershel, il est coupable ! Il a tué Émilie ! Je demande qu'on le condamne à mort !
- J'l'ai pas tué... »
Steve l'attrapa violemment par le bras, comme pour le relever. Daryl eu un mouvement de recul. Son corps entier se crispa, et il posa la main sur son couteau de chasse accroché à sa ceinture.
« J'aime pas qu'on me touche, grogna t-il.
-Rassure toi, moi non plus j'aime pas te toucher sale yankee. »
Daryl dégagea son bras et foudroya Steve du regard. Rick, qui voyait les choses s'envenimer, intervint :
« Écoutez. Nous n'avons aucune preuve que Daryl ait fait quoi que ce soit. Et il y a ce que l'on appelle la présomption d'innocence dans ce pays...
-Quel pays ? Répondit Steve. Il n'y a plus d'État, plus de tribunaux ! Qui se soucie encore d'appliquer la loi ?
- Vous êtes fou ! S'écria Dale. Vous voulez donc une exécution sommaire sans que nous sachions s'il est coupable ? Peut-être n'y a t-il plus d'État, mais il reste les lois naturelles. Le fait qu'on ne condamne pas un homme injustement, par exemple ! »
Steve répliqua :
« Nous ne pourrons de toute façon jamais rien prouver, mais avouez que cet homme est probablement le coupable. D'ailleurs, quelqu'un m'a raconté le passé assez... chaotique... de son frère, Merle Dixon (il jeta un regard à Glenn qui se mit à rougir). Ce garçon a du sang de criminel... »
Dale attrapa Daryl qui s'apprêtait à en venir aux mains. Il tenta de le calmer, mais le motard attrapa son arbalète et la braqua sur Steve :
« Parle encore une seule fois d'mon frère, et j'te donne à bouffer aux rôdeurs. »
Steve ouvrit la bouche comme pour répondre, mais la vue de l'arbalète lui en ôta toute envie. Il se rétracta un peu plus loin en grommelant. Les autres échangèrent des regards embarrassés, et au bout de quelques secondes Dale reprit :
« On n'est même pas sûr qu'Émilie soit décédée à l'heure qu'il est. Je pense que nous devrions attendre un peu, et que certains d'entre nous devraient partir à sa recherche.
-Bonne idée ! S'exclama Rick, soulagé. Nous commenceront demain. »
Hershel les regarda, et soupira :
« Très bien. Si vous la retrouvez, et que vous prouvez l'innocence de Monsieur Dixon nous vous laisserons tranquilles. En revanche, si vous n'avez aucune preuve... je vous demanderai de quitter ma propriété.
-Quoi ?! S'écria Steve. Vous laisseriez s'échapper un assassin ? »
Un homme, qui était jusqu'ici resté caché dans l'obscurité d'un coin de la pièce s'avança parmi eux. La mâchoire serrée, une étrange lueur au fond des yeux, Shane annonça sous les regards médusés de son groupe :
« Non. S'il est coupable, nous l'exécuterons. »
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« Pourquoi ?! »
Rick avait pris Shane à part dans une autre pièce, après que celui-ci n'ait suggéré de tuer Daryl . Tout les membres avaient été choqués par sa proposition, comme s'il les avaient trahi dans ses choix. Rick repris :
« Daryl est notre équipier. Jamais, je dis bien JAMAIS nous ne le tuerons. C'est un type bien. Il a fait beaucoup de choses pour nous, il a cherché Sofia, il nous a défendu.
-C'est un meurtrier. Je n'ai aucune tolérance pour ces gens là.
-Ce n'est pas lui !
-On en sait rien. Moi, je préfère protéger mes arrières plutôt que risquer de me prendre un coup de couteau dans le dos. Regarde son frère...
-Qu'est-ce qui t'arrive Shane ? »
L'ancien policier le dévisagea et éclata d'un rire sans joie.
« Ce qui m'arrive, Rick ? Je vit dans un monde qui part en couille. Alors, tu vois, j'essaye de survivre. Tu devrais commencer à t'y mettre toi aussi... »
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Daryl était assis sous le porche, en train de fumer une cigarette. Sa main était agitée de tremblements incontrôlables à chaque fois qu'il la portait à sa bouche, ce qui l'énerva. Il ne comprenait pas pourquoi il était anxieux. Certes, Shane l'avait trahi, mais il aurait dû n'en n'avoir rien à faire après tout...
Dale sortit de la maison et vint le rejoindre. Sans aucun détour, il lui demanda :
« Tu l'as tué ?
-Nan. Elle m'a presque cassé l'nez, mais j'lui ait rien fait. »
Il hésita quelques instant avant de se tourner vers le vieil homme et de lui dire droit dans les yeux :
« Je l'jure. »
Bon, ce chapitre est pas non plus très marrant, mais il est important. Vous pouvez laisser une review pour dire ce que vous en pensez :)
Bises et bonne semaine !
