Hi guys !
Vraiment désolée pour le retard, pour vous consoler sachez que ce chapitre est plus long que les autres : 6074 mots, alors que le premier chapitre n'était que de 2087 mots. Je crois que je m'améliore avec le temps ^^ En fait c'est surtout grâce à vos reviews, elles me motivent à fond ! Alors hésitez pas à en laisser une si vous avez envie;)
Promis, pour le prochain chapitre j'essaye de passer la barre des 10 000 mots ;) Non mieux, je ferais 10 000 mots pile ! Aucun intérêt évidemment, c'est juste un défi personnel xD
C'est partie pour les réponses aux reviews :
Bee : Haha merci !
EnoraSanoraShow : Ouiii ! J'espère que tu diras ça à tout les chapitres ;) Effectivement, je fais tout pour que l'histoire soit un peu humoristique, avec bien sûr certains passages qui le sont moins (pour rester dans l'esprit de la série). En tout cas, merci beaucoup !
Emy0708 : Heureuse hein ? Ok xD alors j'y étais pas du tout pour l'abréviation.
Sur ce, j'espère que vous aimerez ce huitième chapitre (déjà) !
Chapitre 8: pour une poignée de patates
C'était maintenant une certitude, il n'y aurait pas de nouveau pique-nique ce dimanche. Et pour cause, dehors il pleuvait des cordes.
Émilie se tenait près de la fenêtre du salon et observait à travers la vitre les énormes nuages d'orage au-dessus de la maison. Elle pouvait entendre les gouttes d'eau frapper violemment le toit, et le vent faire craquer les murs. Hershel lui avait assuré que des orages de la sorte se produisaient chaque année à cette saison. Il n'y avait donc aucune raison de s'inquiéter.
Elle entendit T-Dog soupirer. L'homme était assis, ou plutôt affalé sur le canapé, à regarder les mouches voler. En face, sur le fauteuil, Merwan lisait d'une bande-dessinée d'Asterix et Obelix, qu'il semblait plus ou moins comprendre à cause des images.
« Bon... lança Émilie d'un ton ennuyé.
-Bon, … » fit T-Dog en écho.
Merwan leva distraitement la tête vers eux, mais reprit presque aussitôt sa lecture.
« C'est pas qu'on s'ennuie ici..., continua l'homme.
-Pff... en même temps il y a rien à faire le matin quand il pleut...
-Carrément. »
En vérité, ils attendaient Hershel. Celui-ci leur avait proposé de l'accompagner à l'église, qui se trouvait au village. Bien que n'étant pas croyants, Émilie et Merwan avaient accepté pour tenter de tromper l'ennui. La jeune fille soupira. A peine rentrée à la maison, et elle se tournait déjà les pouces...
Hershel ouvrit brusquement la porte de la chambre de Carl, Émilie avait d'ailleurs remarqué qu'il ouvrait toujours les portes à la manière d'un ouragan, puis l'ancien vétérinaire s'avança dans la pièce. La jeune fille lui demanda poliment :
« Comment va le garçon ?
-Pas trop mal, soupira Hershel, mais je suis quand même un peu inquiet... Il lui faudrait des médicaments. Peut-être qu'il y en a à la pharmacie de la ville.
-Ah. Hum... »Se contenta t-elle de répondre.
La dernière chose dont elle avait envie, c'était bien d'aller en ville. D'après ce que leur avaient raconté Rick, tout les endroits qui avaient été densément habités étaient désormais des nids à zombies. S'il fallait des volontaires pour aller chercher des médicaments, elle serait bien la dernière à se proposer. Non, elle n'avait jamais vraiment eu le sens de la communauté... Elle devait seulement croiser les doigts pour qu'il ne lui demande pas d'y aller.
A son grand soulagement, Hershel sembla mettre cette idée de côté, et il appela d'une voix forte :
« Beth ! Maggie ! Vous êtes prêtes ? »
Quelques secondes passèrent avant qu'ils n'entendirent des pas dans l'escalier. Puis, Maggie et Beth apparurent, plus resplendissantes que jamais.
Les deux jeunes filles devaient avoir l'habitude de se pouponner pour aller à l'église, car elles s'étaient mises sur leur trente et un.
Beth avait fait une coiffure assez sophistiquée, avec des sortes de choux de chaque côté de la tête. Princesse Leila... pensa Émilie en pouffant discrètement. Néanmoins, cela était plutôt joli, et s'accordait assez bien avec sa robe rose pâle. Elle remarqua également que l'adolescente n'y avait pas été de main morte sur le maquillage.
Quant à Maggie, elle portait aussi une robe, mais de couleur rouge, et n'avait pas changé sa coiffure à la garçonne.
Les deux descendirent lentement, assez satisfaites de leur petit effet. Surtout sur la gente masculine. Merwan avait les yeux fixés sur Beth, et T-dog sur Maggie. Les jeunes filles pouffèrent, et vinrent se poster près de leur père.
Celui-ci annonça à toutes les personnes présentes :
« Bien. Alors comme vous le savez, on va aller à l'église qui se trouve à la sortie du village. Vous avez pris vos Bibles les filles ?
-Ouiii, lancèrent en cœur Beth et Maggie.
-Parfait. Hum, donc ce sera dangereux. Nous irons avec la jeep, et je tiens à ce que tout le monde reste groupé une fois descendus. Une équipe formé de certains membres du groupe de Rick nous escorteront, fit-il avec un signe de tête à T-Dog, les trois autres nous attendent dans la voiture. Allons-y... »
Hershel se dirigea vers la porte et sortit sous la pluie battante, suivi de Beth, de T-Dog et de Merwan. Émilie y alla après eux, juste après que Maggie lui ait glissé enthousiasment :
« C'est la première fois depuis l'invasion que je quitte la ferme... »
La grosse voiture les attendait tout près du porche, ce qui ne les empêcha pas d'être totalement trempés après deux pas sous la pluie. A travers le vacarme causé par les gouttes, Émilie entendit Beth jurer sur son maquillage qui coulait.
Ils virent Dale sortir de sa caravane garée un peu plus loin et courir vers la jeep. Il se posta près de la porte arrière et cria :
« On vous attendait ! Entrez vite ! »
Hershel trotta vers la voiture et s'engouffra côté passager. Puis, Emilie couru vers la porte arrière. Dale lui ouvrit gentiment la portière, et la laissa atterrir sur la banquette arrière.
La jeune fille frissonna. Elle se rendait compte que ses habits n'étaient pas du tout adaptés à la saison. Le débardeur que Maggie lui avait prêté, et qui continuait à remonter d'ailleurs, s'était imbibé d'eau à la manière d'une éponge, ce qui était très désagréable sur la banquette en tissu. Une flaque d'eau s'était formée à ses pieds, et ne cessait de grossir.
La jeune fille éternua.
Dale entra après elle, et elle fut obligée de se décaler sur la place du milieu. Le vieil homme la remercia. Tout en se secouant la tête à la manière d'un cocker il lança :
« Eh bah mon vieux, si c'est pas de la flotte ça ! »
Il retira de son dos le fusil trempé et le mit entre ses genoux. En voyant l'arme dégouliner d'eau, Émilie failli lui demander si cela ne l'abîmait pas. Mais avant qu'elle n'ait pu prononcer un mot, elle vit Maggie entrer elle aussi dans la voiture. Cela força Dale à se décaler encore, et donc elle-même aussi.
« Pardon, pardon ! Vite ! Il pleut ! »
Heureusement, le véhicule était large et elle décida de se pousser jusqu'au fond, pour être tranquille. Au fur et à mesure qu'elle se déplaça le long de la banquette, elle sentit l'odeur de tabac froid du véhicule lui agresser les narines.
Tout à coup son genoux rencontra un obstacle mou. Elle tourna la tête, et sursauta presque en croisant un regard d'acier. Comment n'avait-elle pas remarqué que le taré se trouvait là, au fond de la voiture ?
Elle éloigna rapidement son genoux qui touchait le sien, et tenta d'ignorer le regard agacé de l'homme. Curieusement, il ne semblait pas trempé, et son éternelle arbalète reposait entre ses bras, menaçante. Émilie bredouilla un « Salut » rapide, qui ne reçu pas de réponse.
Elle frissonna de nouveau, mais cette fois-ci ce n'était pas de froid. Non. Elle put également sentir comme... des papillons dans son ventre. Un sentiment étrangement familier. C'était un sentiment qu'elle avait aussi ressenti une journée auparavant. C'était de la peur. Ce regard qu'elle sentait posé sur elle l'angoissait, sans qu'elle puisse dire vraiment pourquoi.
Dale se déplaça de nouveau à coté d'elle, puis Maggie, pour laisser passer Beth. Le vieil homme dit au conducteur :
« On va être serrés à l'arrière ! On aurait pas pu prendre une autre voiture, Shane ? »
Celui-ci, foudroya Dale du regard dans le rétroviseur.
« Les voitures roulent pas à l'eau.
-C'est sûr, mais on fait pas deux cent bornes non plus, parce que là...
-Écoute ! Quand on peut faire des économies d'essence, on en fait ! De quoi tu t'plains ? Y a des centaines de gens qui tueraient pour être à ta place ! Ok ? »
Le vieil homme lança un regard confus à Émilie, et haussa les épaules.
Seulement, lorsque Merwan arriva à son tour, il poussa tout le monde, ce qui obligea Emilie à se pousser vers le fond, vers Daryl. Malgré ses efforts inutiles pour rester du côté de Dale, qui d'ailleurs semblait lutter contre la poussée irrésistible qui l'entraînait lui aussi, la jeune française finit par se retrouver avec sont épaule plaquée contre celle de Daryl.
Et par un malheureux karma, lui aussi était bras nus, ce qui donna l'occasion à la jeune fille de constater à quel point il avait chaud. Et à l'homme à quel point elle était trempée.
Enfin, Beth fût obligée d'aller sur les genoux de sa sœur pour laisser assez de place à T-Dog, qui ferma la portière derrière lui. Shane démarra sans attendre qu'ils soient bien installés. La voiture s'engagea sur le chemin boueux en éclaboussant d'eau sale l'herbe en bordure. Le conducteur alluma les essuies-glaces et le chauffage, ce qui combiné avec l'eau qui tombait sur le capot, faisait un bruit infernal pour les passagers.
Emilie était écrasée entre Dale et Daryl, et osait à peine respirer tellement qu'elle était mal à l'aise. Elle essaya sans succès de se décoller un peu des cuisses de ce dernier, puis voyant que c'était physiquement impossible, elle tenta de se concentrer sur la route. Mais lorsqu'elle tourna un peu la tête pour regarder le paysage par la vitre elle vit du coin de l'oeil que Daryl semblait encore plus mal en point qu'elle.
Il avait agrippé son arbalète à deux mains, s'y cramponnant fermement comme pour se protéger de quelque chose. Et puis, son visage paraissait anxieux. Il se mordait la lèvre inférieure sans vraiment sembler s'en rendre compte. Elle remarqua aussi qu'il s'était collé le plus possible à la portière, afin d'échapper au contact de la jeune fille.
Au bout de quelques secondes passées dans un silence glacial, et embarrassé pour certains, Hershel dit à l'intention d'Emilie :
« J'espère que la moisson était presque finie, parce qu'avec toute cette eau ce qui reste sera foutu. »
Emilie déglutit péniblement, toujours avec cette sorte d'angoisse au fond d'elle. Tout en tentant d'oublier la présence à côté d'elle, elle répondit :
« On a rentré environ les trois quarts dans la grange d'Otis. »
Otis. Ce mot résonna plusieurs fois douloureusement dans sa tête. Le silence s'installa de nouveau dans la voiture, mais le bruit de la pluie semblait répéter son nom.
Dans l'espoir de se sortir ce refrain de la tête, Émilie reprit rapidement, sans même vraiment réfléchir à ce qu'elle disait :
« Si demain il fait beau, on y retournera et on finira.
-Non, je viens de te dire que la récolte sera foutue. Tu sais, demain les tiges seront si molles que tu auras beau donner des coups de machette, ce sera comme donner des coups dans l'eau. Et puis les grains auront commencé à pourrir, à moisir. »
Comme les rôdeurs, se surprit à penser Émilie.
« Normalement, on aura assez de réserve pour l'hiver, continua Hershel, enfin, ça dépendra de notre nombre... »
Il jeta un coup d'œil du côté de Shane qui conduisait, la mâchoire toujours serrée. L'ancien vétérinaire semblait avoir accepté le fait que le groupe de Rick resterait un peu plus longtemps que prévu.
Emilie comprit le sous-entendu, et observa la réaction de Shane dans le rétroviseur. Mais curieusement, il n'y eut aucun changement dans son attitude, et il garda son regard froid fixé sur la route. La jeune fille tourna donc légèrement la tête pour regarder discrètement T-Dog. L'homme semblait perdu dans ses pensées, le regard dans le vide.
Visiblement, aucun des deux n'avait compris qu'Hershel venait juste de leur accorder officieusement le droit d'asile sur sa propriété. Emilie soupira, et passa une main dans ses cheveux pour remettre une mèche détrempée en place.
Grave erreur.
Alors que la mèche en question éclaboussa les alentours immédiat d'eau de pluie à la forte odeur de shampoing au tilleul, la jeune fille entendit un juron résonner tout près de son oreille. Elle tourna sa tête vers Daryl pour l'interroger du regard.
« T'es obligée de t'recoiffer maintenant ?! » grogna t-il d'une voix rauque.
Elle sentit son cœur bondir hors de sa poitrine. Ce gars lui faisait vraiment peur. Néanmoins, elle inspira un grand coup pour lui répondre d'une voix qu'elle voulait agressive :
« En quoi ça te pose un problème ?
-Ça m'pose un problème parce que tu l'fait juste à côté de moi.
-Et... Et alors ?
-Bah j'aime pas être éclaboussé ! »
Puis il rajouta à voix basse :
« En plus tes cheveux puent... »
Un étrange sentiment foudroya Émilie. Elle avait peur. Mais cette dernière phrase lui avait puissamment fait monter la moutarde au nez. Avant qu'elle ne puisse les retenir, les mots sortirent tout seuls de sa bouche.
« Au moins MES cheveux puent pas le whisky et le shit à deux kilomètres... »
Shane coupa net la conversation par un « Bordel ! » exclamatif lorsqu'il vit un mort-vivant en plein milieu de la route. La bête qui était à quelques centaines de mètres se retourna lentement lorsqu'il entendit la voiture. Il ouvrit sa bouche putréfiée en laissant tomber quelques dents sur l'asphalte. Enfin il courut, d'un point de vue zombie bien sûr, ce qui signifiait boiter lamentablement d'un point de vue humain.
Les passagers sentirent une petite secousse lorsque le corps fut broyé par les roues.
oO00Oo
Il était subjugué par la beauté de ses yeux.
Noirs. Avec de longs cils. Ils semblaient extrêmement doux.
Il décida de s'avancer, pour les voir d'un peu plus près. Un pas, puis un autre, tout doucement. Il ne fallait pas l'effrayer.
L'animal ne bougea pas.
Alors, il sentit un sourire se dessiner sur ses lèvres. L'animal lui sourit en retour. Un sourire qui emplie son cœur de joie.
Il lui disait quelque chose. Quelque chose de beau.
Et ses yeux s'éteignirent. Le cerf tomba à terre.
Une violente brûlure lui traversa la poitrine.
oO00Oo
Il ouvrit les yeux, lentement. La première chose qu'il vit fut son papa, penché sur lui. Il lui parlait, ça il en était sûr car il voyait ses lèvres bouger. Mais il n'entendait rien, comme s'il avait du coton dans les oreilles. Alors il referma les yeux et se rendormit.
Il rêva d'un cerf, un rêve étrangement familier. Mais quand il se réveilla de nouveau, il l'oublia.
Cette fois-ci il se redressa sur son lit. Il n'était plus du tout fatigué, mais il sentait toujours une sorte de gêne au niveau de son thorax, comme si une barre de fer était coincée à l'intérieur. Son père n'était plus là. Il se frotta les yeux, puis il regarda autour de lui. Où était-il ?
La pièce était petite, mais assez lumineuse. C'était vraisemblablement une chambre. La fenêtre était grande ouverte, et les rideaux de coton transparents flottaient devant, porté par le vent léger.
Il fronça les sourcils, pensif. Dans ses derniers souvenirs il... Quels étaient ses derniers souvenirs ? Il revoyait vaguement un cerf, ou une biche il ne savait plus, mais les images étaient flous dans son esprit encore embrouillé.
Après quelques secondes, cela lui revint. Il l'avait juste rêvé.
Il se redressa sur son matelas et glissa ses pieds sur le côté pour s'asseoir sur le bord du lit. Un éclair jaillit devant ses yeux. La gêne qu'il avait ressentit dans sa poitrine quelques instants avant se transforma en douleur, supportable certes, mais inquiétante. D'autant plus qu'en baissant ses yeux vers son torse nu, il vit qu'un bandage l'entourait entièrement.
« Papa ? »
Pas de réponse. La porte resta fermée. Il hésita un instant, puis à l'aide de ses bras, se leva difficilement. Il sentait bien qu'il était instable, que ses jambes faibles menaçaient de céder sous son poids.
Il marcha jusqu'à la porte, l'ouvrit, et passa dans un autre pièce inconnue. Un salon cette fois-ci. Sa mère était assise dans un petit canapé crème. Elle lisait un magazine... il avança d'un pas... sur les chevaux semblait-il. Pourtant, sa mère n'aimait pas beaucoup les animaux.
« Maman ? »
Lorie redressa la tête, rejetant ses longs cheveux bruns derrière ses épaules. Elle ouvrit de grands yeux et elle s'écria :
« Carl ! Mon Dieu, tu es debout ! »
Sans lui laisser le temps de parler, elle se précipita sur lui et l'étreignit de toute ses forces. La douleur dans sa poitrine se raviva, mais il n'en laissa rien paraître. Il avait bien trop de questions à poser.
« Maman... pourquoi je suis içi ? »
Sa mère se détacha lentement de lui et le regarda dans les yeux. Quelques larmes coulaient le long de ses pommettes.
« Ne t'inquiète pas. On est en sécurité. Tu... Tu as été blessé, maintenant il faut que retourne te coucher, le docteur va bientôt revenir. Tout va bien. Je suis là. Oh, Carl... »
Elle l'enlaça de nouveau. Le petit garçon sentit les larmes de sa mère dans son cou, mais il était ailleurs. Certains souvenirs lui revinrent en mémoire, leur camp, Sophia, les rôdeurs...
C'était bien la réalité.
oO00Oo
Pour Merwan, le trajet se déroula entre nausées dues à son mal des transports, et nausées dues à la vue des nombreux cadavres ambulants qui se promenaient sous la pluie battante dans les champs. Ils erraient sans but, et à la vue de la voiture, ils la regardaient passer avec un air idiot. Ils se mettaient ensuite à courir, toujours d'un point de vue zombie, sans se rendre compte qu'ils ne pourraient jamais les rattraper.
Shane en écrasa un de nouveau. Cela provoqua une petite secousse qui projeta en avant les passagers. Et qui accessoirement fit remonter la nausée de Merwan. Le jeune garçon sentit un goût de vomit dans sa bouche, mais se retint. Il était serré entre T-Dog et Maggie, qui avait Beth sur ses genoux, et il n'était pas sûr que leur vomir sur les pieds remonterait leur estime pour lui. Il tenta donc de se concentrer sur le paysage, des petites collines sous la pluies, et oh ! Un petit arc-en-ciel là-bas !
Son regard fut attiré par un rôdeur qui leur courait après sur le bas coté. Il portait un costume déchiré, sans doute autrefois de grande qualité, et ses yeux sortaient de leurs orbites.
Sa nausée lui revint.
Il tourna la tête vers Émilie. La jeune fille était étrangement pâle, ses cheveux blonds et humides étaient rejetés en arrière. Elle avait le regard perdu dans le vide, mais Merwan la voyait de temps en temps jeter des coups d'œils sur les côtés, comme si elle s'inquiétait de quelque chose.
Et ce t-shirt... Ce T-shirt ! Pourquoi était-il si moulant ? Ah, il fallait qu'il arrête de penser à ça. De toute façon, ils étaient arrivés à l'église, une sorte de grosse baraque en bois peint en blanc.
La voiture s'immobilisa devant l'entrée. Shane éteignit le contact et il annonça :
« T-Dog, Daryl, avec moi. On va sécuriser le périmètre et l'intérieur. Dale reste ici. »
Les trois concernés acquiescèrent. T-Dog armé d'un pistolet et assis à coté de Merwan, fut le premier à sortir. Puis Daryl et Dale suivirent, obligeant Émilie à sortir elle aussi pour les laisser passer.
« Bougez pas les enfants, on revient. » Fit Shane en leur jetant un regard sévère dans le rétroviseur et descendit à son tour.
Au bout de quelques minutes passées dans un silence complet, les passagers virent Shane s'avancer vers la voiture et leur faire un signe de la main. Il leur signifiait que tout était sûr. Merwan descendit et se retrouva de nouveau sous la pluie battante, trempé jusqu'aux os. Il se dépêcha de suivre Hershel qui entrait dans l'église par une porte en métal.
La décoration de l'intérieur le surprit. Bien qu'il n'allait jamais à l'église sauf pour les visiter, il avait l'habitude des grands vitraux colorés, des dorures, des tableaux représentant la vie de Jésus. En comparaison, celle-ci était vide. Cinq rangées de bancs, un autel surmonté d'une croix, rien d'autre. Les murs étaient blancs, comme inachevés, le carrelage poussiéreux. Hershel s'avança.
« Si vous le voulez bien, nous allons prier ensemble pour nous donner du courage face à cette époque terrible que nous traversons. Et pour notre ami Otis, qui n'est plus. »
Il alla s'asseoir sur un des banc, bientôt imité par les autres. Beth invita Merwan à s'asseoir près d'elle.
« On n'a pas le droit à un petit sermon ?Lui chuchota t-il en s'asseyant.
-Non, mon père n'est pas pasteur.
-Ah ok... Et du coup on fait quoi maintenant ?
-On prie. »
Puis, Beth se tourna vers l'autel. Elle ferma les yeux et bougea les lèvres en silence. Merwan l'observa quelques secondes avant de lui demander :
« Tu dis quoi ? »
Beth ouvrit les yeux et le foudroya du regard.
« Je prie, je m'adresse au Seigneur. Et ça se fait sans bruit.
-D'accord, désolé... »
Beth reprit sa prière silencieuse et Merwan décida de l'imiter. Il joignit ses mains et ferma les yeux.
Dieu, Bouddha, le père Noël ou je sais pas qui, si il y a quelqu'un en haut... Vous êtes pas très gentil d'avoir fait ça. Voilà, donc ce serait bien si vous pouviez arrêter l'épidémie zombie. Et la pluie par la même occasion..
Puis, il compléta :
Ah oui : s'il vous plaît.
Il attendit.
Bon, hum, moi j'ai finit, mais je vois que Beth et Maggie sont toujours en train de vous parler. Je suppose que vous pouvez pas écouter tout le monde en même temps... Ceci dit ces temps-ci votre emploi du temps doit pas être trop chargé. La moitié de l'humanité a crevé, alors vous pourriez faire l'effort de répondre à ceux qui restent.
Toujours rien.
Tu m'entend crétin ? T'es qu'un bon à rien…. Haha ! J'ai même pas été foudroyé ! Voici la preuve que tu n'existe pas ! Blablabla, je parle au vide, c'est gé peux dire ce que je veux, personne me punira. Attends... Je vais t'insulter... Gros blaireau ! Hahaha, moule tétraplégique ! Face de pâte à modeler ! Hihihi... Tu dis toujours rien ? Pfff...
« Il te répond parfois le bon Dieu ? » demanda t-il à Beth.
Beth soupira :
« Merwan... s'il te plaît...
-Non, je te dis ça parce qu'il me répond pas à moi.
-Peut-être que tu ne t'adresse pas à lui de la bonne manière. Essaye encore.
-Sérieusement... Le coup des morts-vivants, tu penses que c'était prévu par lui ?
-Mon père pense qu'ils sont malades.
-Tu crois ça aussi ? »
La jeune fille se mordit la lèvre et elle attrapa sa Bible rangée dans la poche de sa veste. Elle l'ouvrit à la fin, à une page cornée.
« Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans.
Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. C'est la première résurrection. »
Elle la referma d'un air grave.
« Apocalypse, de Saint-Jean.
-J'ai pas tout compris.
-C'est pas grave, l'important c'est que la Bible dit que des morts reviennent à la vie. Mais c'est seulement ceux qui n'ont pas été de bons chrétiens.
- Sauf que c'est pas le cas... »
Elle haussa les épaules.
« Peut-être. Mais j'aime bien me dire que Dieu y est pour quelque chose. C'est rassurant. »
oO00Oo
L'atmosphère dénudée de l'église pesa rapidement sur Émilie, qui finit par décider de sortir malgré la pluie. Elle poussa la lourde porte et s'avança un peu dehors.
« Hey. »
Elle tourna la tête. Shane se tenait debout à quelques mètres d'elle, une carabine à la main. Il regardait anxieusement les environs, et durant un instant, Émilie se demanda si c'était bien lui qui lui avait parlé. Mais vu qu'il n'y avait personne d'autre, elle lui répondit :
« Hey. »
Il tourna légèrement sa tête vers elle.
« Allergique aux églises ?
-Ouais, grommela t-elle, disons que j'en ai pas gardé un très bon souvenir quand j'étais gamine.
-Vraiment ? A cause de tes parents ?
-Entre autre »
L'homme haussa un sourcil, mais ne dit rien. Émilie l'en remercia intérieurement. Elle ne savait même pas pourquoi elle lui en avait parlé, peut-être parce que sous ses airs agressifs, Shane était... déterminé. Il inspirait confiance, comme si on pouvait lui confier toutes les responsabilités sans qu'il n'en néglige aucune.
Tout en se mordant la lèvre elle reprit :
« Shane... Je voulais te demander... Enfin, t'es pas obligé de répondre bien sûr, mais euh... Tu sais, comment... comment... »
Elle lui lança un regard suppliant, espérant qu'il comprendrait son appel à l'aide.
« Comment est mort Otis ? Lâcha t-il d'une voix neutre.
-Oui, c'est ça. »
Shane haussa les épaules.
« Il s'est sacrifié. On était poursuivis, tu comprends, alors... Il a fait ce qu'il devait être fait. Il m'a dit de courir et de ramener les médocs à Carl. C'était un brave gars, et il est mort en héros. »
Émilie laissa échapper un petit rire nerveux. Dans l'église, elle avait prié pour l'âme d'Otis, bien qu'elle ne l'aurait avoué à personne. Ni dieu, ni maître, ni croquettes, comme aurait cité son frère, Mais cela lui avait fait du bien. De se dire qu'il y avait un espoir qu'Otis entende ses remerciements pour sa gentillesse. Pour les avoir accueillis alors même qu'il n'en était pas obligé.
Son souvenir si proche lui brûla la gorge.
« Non. Il est mort dévoré par des zombies, je trouve pas du tout que ce soit héroïque comme fin. »
Shane cilla.
« Qu'est-ce que tu veux dire ?, dit-il d'une voix soudainement plus dure.
-Comment ça ? S'étonna t-elle.
-Par "pas héroïque", qu'est-ce que... ce n'était pas un lâche. Il s'est sacrifié, je vois pas en quoi c'est répréhensible.
-Non, je voulais juste dire qu'il y a mieux comme mort ! »
Shane la regarda, un expression indéfinissable gravé sur son visage. Puis il se retourna vers la campagne, coupant court à la conversation.
oO00Oo
Au bout d'un quart d'heure, ils retournèrent enfin dans la voiture pour rentrer à la ferme. Émilie prit bien soin de ne pas se retrouver à côté de Daryl. Elle se retrouva donc entre Maggie et Dale, ce qui lui permit de discuter avec la première, et un peu avec le second puisqu'il se joignit à la conversation.
Lorsqu'ils arrivèrent, ils eurent deux bonnes surprises. La première était que Carol avait préparé des pommes de terre sautées avec du canard pour le déjeuner, ce qui déclencha chez les arrivants des exclamations joyeuses. La seconde surprise, qui les ravit tout autant bien qu'ils ne se montrèrent pas aussi démonstratifs qu'avec la première, était que Carl avait reprit connaissance.
Le jeune garçon était assis sur son lit, les yeux dans le vague. Lori et Sofia étaient assises sur des chaises au coin de la pièce et l'observaient avec une inquiétude silencieuse.
Shane déboula dans la chambre, un grand sourire aux lèvres.
« Salut Carl ! Comment tu t'sens gamin ? »
Abasourdi, l'homme s'arrêta en plein mouvement pour voir le gamin en question lever la tête vers lui. Il lâcha un « oh » surpris et il réprima difficilement un mouvement de recul en découvrant la peau presque translucide qui recouvrait ses joues, laissant apparaître les veines bleutées de l'enfant. Il avait beaucoup maigri, aussi bien au niveau du visage, qui semblait s'être allongé, qu'au niveau de son torse. Et lorsque leurs regards se croisèrent il put voir dans ses yeux terne... en fait, il ne vit rien. C'était bien ça le problème, son regard semblait vide de toute émotion, comme s'il était totalement déconnecté du monde.
Mais cela ne dura qu'un infime instant, le temps d'un éclair. C'était étrange de le dire ainsi, mais l'enfant ressemblait à l'un de ces corps sans vie, et pourtant toujours animé, à l'allure décharnée.
Carl cligna plusieurs fois des yeux comme un somnambule qui se réveille, et son regard s'alluma d'une lueur de joie.
« J'ai un peu mal. Là, fit-il faiblement en tapotant le bandage sur sa poitrine. Et toi ? »
Shane rit un peu, amusé et soulagé que Carl, son Carl aille bien. Il s'était fait beaucoup de mauvais sang depuis que ce gros balourd d'Otis lui avait tiré dessus.
Otis... Shane secoua la tête, il préférait ne pas y penser maintenant. Le défunt chasseur avait déjà hanté une partie de son sommeil, pour ne pas dire sa nuit entière. Il s'était réveillé plusieurs fois en sursaut dans son sac de couchage, persuadé qu'il le guettait à travers l'obscurité. Et le matin même il s'était rasé les cheveux. Dans une impulsion de rage, comme pour se débarrasser de l'odeur de sang qui qui continuait à couvrir sa tête même après cinq shampoings, pour se débarrasser d'Otis une bonne fois pour toute.
« Moi ça va bien. Très bien, très bien. »
Il avait juste tué un homme.
« Écoute... Dès que tu seras sur pied, je te ferais visiter la ferme. Tu verras, y'a plein de trucs géniaux à faire ! »
Carl se contenta de lui rendre son sourire, peut-être un peu faiblement, et de fermer les yeux.
En sortant de la chambre, Shane croisa le regard noir de Lori.
oO00Oo
« Ok, place l'échantillon sous le microscope. Oui, juste là, au centre. C'est parfait. »
La jeune fille se pencha et colla son œil à l'oculaire improvisé, vestige d'une vieille caméra inutilisable. A côté d'elle, Merwan et Beth trépignaient d'impatience de savoir ce qu'elle voyait du morceau de doigt qu'elle avait ramené de son escapade.
Bien sûr, le microscope avec lequel ils faisaient leurs observations était plutôt rudimentaire puisqu'il avait été bricolé par Merwan avec de vieux objets trouvés chez Otis, dont, entre autres, une caméra Super 8, des rouleaux de papier toilette, une paire de lunette, une nintendo ds, des pommes de terre et des guirlandes de noël. Posée sur le bureau, l'installation semblait s'y méprendre avec une sculpture d'art contemporain, avec des fils et des lumières dans tous les coins.
Le reste du bureau était littéralement occupé par un champs de patates. Une centaine d'après Merwan, bien que Hershel, ex-propriétaire mécontent desdits légumes avait assuré qu'il y en avait au moins trois cent. Mais aucun des deux ne les avait vraiment compté.
Merwan les avait « emprunté » dans le grenier de l'ancien vétérinaire, et lui avait demandé l'autorisation après. L'homme avait évidemment refusé que ses bonnes patates qu'il gardait pour l'hiver soient charcutées par deux scientifiques en herbe, même si c'était pour le bien de l'humanité. En comprenant que Merwan s'était déjà servi il avait piqué une crise, et Maggie avait été obligée de s'en mêler pour l'empêcher de frapper le jeune garçon. Il avait finalement accepté de négocier. Ils pouvaient utiliser les pommes de terre, mais pour un après-midi seulement, et une fois fini ils devraient préparer le souper avec.
Les cent patates, ou trois cent selon les versions, étaient chacune transpercées par deux clous à leurs extrémités, lesquels étaient attachés aux autres clous avec des fils de fer. Cela formait une sorte de potatoes wide web qui produisait assez d'électricité pour alimenter la led de la guirlande de noël placée sous les lames du microscope.
N'y tenant plus, Beth s'exclama :
« Alors ? Qu'est-ce que tu vois ? »
L'étudiante française releva la tête et grimaça.
« Pas grand chose en fait... la lentille n'est pas assez puissante.
-Ohhh, fit Merwan, déçu. Mais tu vois quand même quelque chose ? Un petit truc, n'importe quoi ?
-Oui, exactement la même chose que si je regardais un morceau de viande pourri à la loupe, c'est à dire rien d'intéressant. »
Elle secoua la tête et regarda de nouveau à travers l' se pencha vers le doigt posé sur la table, sur lequel avait été prélevé l'échantillon.
« Beurk, l'ongle est super long. Le gars à qui appartient ce doigt devait pas se couper les ongles souvent. Peut-être un genre de hippie dégoûtant...
-Non, lui répondit Merwan, c'est parce que les poils et les ongles continuent à pousser après la mort. Je crois que c'est pour ça qu'ils ont tous des ongles de sorcière.
-Mouais... En gros faudrait couper les ongles à tout les zombies du monde...
-Et leur arracher les dents...
-Bah voilà ! On l'a notre remède !
-Ha ha ha très penses bien qu'on en aurait au moins pour tout une vie... voir plus, pour faire ça à cinq milliards de zombies. »
Emilie qui était toujours penchée sur son microscope leva un sourcil.
« Petite correction Merwan, intervint-elle, les ongles et les cheveux ne poussent pas après la mort. C'est juste une illusion, parce que la peau se dessèche et se fripe, ce qui fait apparaître la partie de la kératine qui était sous la peau.
-Merci mademoiselle je-sais-tout. C'est encore plus dégoûtant que ce que je pensais. Le gars avait tout ça sous sa peau, quoi ! S'exclama t-il en désignant l'ongle jaune de cinq centimètres qui couvrait le doigt. Par contre la peau à l'air humide...
-C'est sûrement de la moisissure, répondit-elle en haussant les épaules.
-Eurrrrk, firent Beth et Merwan en chœur.
-Olalah c'est bon. Vous avez qu'à sortir si vos nerfs sont trop fragiles. »
Ils continuèrent à fixer le morceau de chair avec dégoût, et Émilie regretta de leur avoir dit ça. Elle même à leur âge avait été répugnée lors de ses premières dissections au lycée, non pas parce qu'il y avait du sang, mais parce que c'était le corps d'un être vivant. Un animal qui avait ressentit des émotions, de la peur, du désir, de la souffrance, et que désormais leurs carcasses n'avaient plus aucune valeur, même nutritive. Elles ne servaient qu'à illustrer un cours de biologie ennuyant.
Mais à force, Émilie s'y était fait. Observé le doigt d'un humain mort ne l'avait pas effrayé. A peine avait-elle cillé lorsqu'elle avait dû en couper un petit bout avec un couteau de cuisine, après tout, ce n'était que de la viande.
Mais elle comprenait que les deux jeunes ados à côté d'elle réagissent de cette façon. Eux n'avaient sans doute pas eu le temps de passer par la case dissection.
« Bon, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
-Commence par la mauvaise s'il te plait, dit Beth.
-Le microscope est pas assez puissant. On pourra rien faire avec ça, faudrait pouvoir zoomer cent fois plus. La bonne nouvelle, c'est que je crois avoir vu quelque chose d'inté . »
Chacun à leur tour, les Beth et Merwan se penchèrent pour observer à travers le microscope. Ce qu'ils virent les déçurent. Il n'y avait que des sortes de petits carrés roses agglutinés entre eux, avec quelques points blancs minuscules qui bougeaient. Rien de spectaculaire en résumé.
« Et ?
-C'est de l'ongle ne remarquez rien ?
-Tu m'énerve, grogna Merwan, dis nous ce qu'il y a de spécial.
-Oh c'est bon. Regardez les particules qui se déplacent.
-Des bactéries ? Demanda Beth.
-Non, c'est trop gros pour ça. Ce n'est pas vivant, en fait c'est un liquide. Ça pourrait être de l'eau qui s'évapore. Sauf que manque de pot, il n'y a que très peu d'eau dans les cellules des ongles et des cheveux. Et encore moins dans ceux d'un mort.
-Alors c'est quoi ? S'impatienta la jeune américaine.
-J'avais pas terminé. Vous vous souvenez des symptômes qui apparaissent lors d'une morsure ou d'une griffure ? Fièvre, nausées, nécroses, délires, mort. Ça ressemble fortement à ce qui arrive lors d'une morsure de serpent, de certains du moins. Et ces petites boules blanches sont du venin.
-Mais l'homme ne fabrique pas de venin !
-C'est vrai, seulement... je sais pas. Il y a dû avoir une modification de l'environnement, qui fait que les morts produisent du venin. Ça paraît totalement fou, mais bon...
-Alors explique-moi seulement en quoi c'est une bonne nouvelle ?
-Eh bien, normalement tout les venins peuvent être contrés par un anti-venin, logique. Si c'est vraiment ça, on pourrait vraiment empêcher une morsure de devenir fatale. Mais...»
La jeune fille marqua une pause embarrassée.
« Mais ? Reprit Beth.
-Bah ce serai vraiment bizarre que les scientifiques n'y aient pas pensé.»
Au bout d'une demi-heure d'intense observation ils décidèrent de remettre ça à plus tard, lorsqu'ils auraient trouvé du meilleur matériel. Merwan débrancha la guirlande de noël des patates électriques.
« Bon, c'est bien joli de discuter, mais on a une soupe à préparer nous. »
