Auteur : taoist elf
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : M
Genre(s) : Angst/Romance
Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à taoist elf. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Bêta : Nephtys56...Merci Florianne!
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!
- Chapitre : Reign ~ seconde moitié -
La soirée se précipita à vitesse grand V vers minuit, alors que des hurlements déchiraient le silence illuminé par les éclairs.
L'attente.
C'était toujours le plus dur.
Comme le voulait la tradition, la Meute avait enflammé des tonneaux en fer à l'avant et à l'arrière de la maison. C'était à la fois un avertissement et un rappel de ce qui arriverait à n'importe quelle sangsue qui oserait pénétrer sur leurs terres.
Et c'était toujours très sinistre. À regarder les flammes vaciller et danser, si brûlantes et attentivement entretenues par les plus jeunes loups que la pluie s'évaporait à leurs contacts - il était impossible d'oublier qu'ils étaient au beau milieu d'une guerre.
"Ma belle, tu devrais venir te reposer," soupira Malia, depuis le pas de la porte.
Bella releva la tête du jambon qu'elle était en train de couper pour préparer des omelettes pour le retour des garçons (parce qu'ils reviendraient tous.)
Ses cernes violettes soulignaient l'inquiétude de son amie alors qu'elle berçait un petit Liam en pleurs contre son épaule - les enfants sentaient toujours les conflits.
Les plus âgés des enfants étaient assez grands pour avoir vraiment peur cette fois, mais ils s'étaient enfin endormis, tous ensemble comme des chiots dans le lit de Sam et Bella - le seul endroit où ils avaient accepté d'aller. Elle se demandait si ça avait quoi que ce soit à voir avec le réconfort et la sécurité inné qu'apportait l'odeur de leur Alpha. Les enfants écoutaient toujours beaucoup plus leurs instincts que les adultes.
Mais les plus jeunes ne voulaient aller nulle part et restaient collés à leurs parents. Le propre bébé de Bella s'agitait dans son ventre.
Avec un petit hoquet, Bella lâcha le couteau et pressa son poignet contre un coup particulièrement brusque contre ses côtes. Elle n'avait pas tellement pris de ventre mais le bébé jouait déjà au foot.
"Ça va?" demanda Malia, les sourcils froncés en s'approchant d'elle.
Bella releva la tête de la planche à couper et acquiesça. "Ouais, il est nerveux aussi," dit-elle avec un minuscule sourire.
"Non," la corrigea Malia en continuant à s'approcher. "Est-ce que ça va?" demanda-t-elle, les yeux fixés sur les mains de Bella.
Le regard de Bella se posa sur ses mains qui tremblaient comme des feuilles.
Plaçant ses deux mains sur la table pour calmer les tremblements, Bella baissa brièvement la tête. Honnêtement, elle était folle d'inquiétdute - comme toutes les autres personnes présentes. Sam avait su qu'une attaque des Denali était inévitable; ils s'étaient préparés et entraînés et avaient tous été prévenus...mais ça ne rendait pas les choses plus facile. Leurs hommes (et leur sœur) avaient peut-être été destinés à se transformer et à combattre les cauchemars, mais comme âmes-sœurs, elles avaient aussi un destin unique:
Attendre.
Bella devrait y être habituée. Au cours de sa relation avec Paul, elle avait enduré cinq conflits majeurs - les pires avaient même été centrés autour d'elle. Mais c'était différent.
Tout était différent maintenant.
Du coin de l'œil, elle regarda Malia s'asseoir de l'autre côté de la table. Le feu à l'extérieur créaient des ombres effrayantes sur le mur et la maison était aussi silencieuse qu'une tombe.
"Je l'aime," chuchota Bella.
Malia haussa les sourcils et hocha la tête sans mot dire.
"Je veux dire, genre, comme j'ai jamais aimé personne," continua Bella en s'effondrant sur le banc. Ses yeux se posèrent sur le feu qui dansait à l'extérieur.
"On sait."
Le murmure de Malia lui fit tourner la tête.
"Franchement, Jay le sait depuis longtemps," murmura-t-elle avec un petit sourire moqueur.
Bella renifla et laissa ses yeux retomber sur_la table. Sa main commença à jouer avec le couteau alors que son cerveau tournait à cent à l'heure. Elle n'avait parlé à personne de ses sentiments - Jacob était son meilleur ami mais c'était un garçon et Angela et Malia étaient mal à l'aise et elles étaient occupées avec leurs familles.
"Sam t'aime aussi, tu sais," chuchota Malia. "C'est vraiment beau à voir."
Les yeux de Bella retournèrent sur elle et notèrent qu'elle l'observait attentivement. "Il veut me marquer," souffla-t-elle. "Ça rompra l'imprégnation mais j'ai peur."
"C'est quelque chose d'effrayant." Malia déplaça Liam sur son épaule.
Bella pencha la tête et fronça les sourcils.
"Je veux dire, c'est effrayant de prendre une décision qui va affecter le reste de ta vie," dit doucement Malia. Liam miaula et elle lui caressa distraitement la tête alors que ses grands yeux verts étudiaient attentivement le visage de Bella. "Avec l'imprégnation..." Elle rigola et leva les yeux au ciel. "T'as pas vraiment à réfléchir."
Bella rigola aussi et lui fit un sourire distrait.
"Mais maintenant - après tout ce que t'as traversé - ton cerveau tourne à cent à l'heure." Elle agita les sourcils. "Tu sais que tu vas avoir un homme intense. Un métier dangereux sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Une vie complètement dingue enrobée de conneries aussi."
Bella se mordit la lèvre.
"L'imprégnation vient du cœur, Bella." La voix de Malia redevint sérieuse. "Le marquage est une question de possession. Est-ce que c'est ça qu'il veut?"
Avec un long soupire, le regard de Bella se reposa sur la table et elle découpa une tranche de jambon.
Le marquage unissait le corps et l'âme d'une femme à l'homme qui l'avait marqué et c'était complètement définitif et irréversible. Maintenant, elle comprenait pourquoi seul l'Alpha était autorisé à marquer une femme - il pouvait techniquement en faire ce qu'il voulait.
Mais Bella n'appartenait pas à Sam. Pas vraiment. Sam était l'ultime stratégiste. Et même s'il avait utilisé la toute puissante 'Prérogative de l'Alpha' - n'importe quelle arme qu'il avait - pour obtenir ce qu'il voulait, il l'avait fait parce qu'il la voulait. Parce qu'il l'aimait. Du véritable amour - cette dévotion complètement dingue qui leur avait déjà fait traverser le pire.
Jusqu'ici: la maison.
Et, tout bien considéré, comme Sam, elle se moquait de ce que les gens pensaient d'eux. C'était dingue, stratégique, tordu - mais c'était eux et elle aimait ça.
Non, le marquage n'était pas une question de possession. C'était quelque chose de très différent pour eux.
Un petit sourire étira les lèvres de Bella - un sourire éthéré qui venait de son âme.
Malia changea légèrement de position et Bella releva la tête vers son amie qui berçait son bébé avec la patience infinie qu'elle partageait avec son loup.
"Sam et moi changeons toutes les règles," chuchota Bella.
Des yeux verts se plongèrent dans ses yeux chocolat et les lèvres de Malia s'étirèrent en un lent sourire.
"Oui. En. Effet," chuchota-t-elle et ses lèvres s'entrouvrirent, révélant ses dents et son propre sourire ensoleillé.
Pendant plusieurs minutes, les deux femmes se regardèrent en silence, alors que Liam babillait et agitait les poings; alors que les feux dehors faisaient danser des ombres de serpents sur les murs.
Finalement, Malia fit passer Liam sur son autre épaule. "Tu sais, Bella," sourit-elle. "Jake est fou de joie que t'ais enfin trouver quelqu'un qui te mérite - parce qu'il le sait," elle cligna des yeux. "Mais je le pense aussi."
"Merci," renfila Bella. "Maintenant on-..."
Une douleur vive semblable à un coup de couteau fit mourir les mots dans sa gorge.
Les épaules de Bella s'afaissèrent et ses doigts se pressèrent contre son cœur. Elle n'avait pas ressenti ce genre de douleur depuis...
"Bella!" paniqua Malia en se levant brusquement et le petit Liam, surpris, fondit en larmes.
Bella déglutit difficilement, prit une minute pour se recentrer avant de relever la tête. "Tout va bien," chuchota-t-elle. "C'est juste le bébé."
Elle avait toujours été une très mauvaise menteuse et l'expression sur le visage de Malia lui dit que ça n'avait toujours pas changé.
Bella cessa de prétendre.
"Monte à l'étage, Mal," ordonna-t-elle, doucement et fermement. "Ne redescend pas."
"B-Bella-..." balbutia Malia, surprise alors même que ses yeux agissaient plus vite que son cerveau et s'écarquillaient sous l'effet de la peur.
"Maintenant," l'incita Bella en se levant "Si je ne peux pas le faire moi-même, dis à Sam que je l'aime, okay?"
Sentant la peur de sa mère, Liam pleura plus fort.
Bella pouvait voir que Malia voulait la questionner, mais cette étrange compulsion qu'elle semblait désormais contrôler la traîner pratiquement dans les escaliers. Elle tituba vers la porte, regardant frénétiquement autour d'elle avant de se précipiter dans le couloir.
Bella l'écouta monter les marches quatre à quatre.
Avec un noeud de la taille d'une balle de golf dans la gorge, Bella se leva et retourna à sa planche à couper. Sa main s'enroula autour de la poignée du long couteau de cuisine et ses yeux glissèrent sur la longue lame alors que son cerveau tournait à cent à l'heure.
Puis elle recommença à couper la nourriture.
Ses yeux se posèrent sur l'ombre du feu dansant sur le mur en face d'elle. Et elle attendit.
De l'ombre des flammes, une silhouette immense émergea comme un démon.
Le cœur de Bella s'emballa alors qu'elle regardait la silhouette de l'homme approcher de la porte, son couteau comptant les secondes en rythme.
La moustiquaire grinça...et se referma ensuite.
Et Bella attendit.
"Est-ce que je t'ai manqué?" Un murmure moqueur à son oreille la fit sursauter - ils étaient si rapides et silencieux.
Elle ferma les yeux et se mordit la lèvre plus fort alors qu'un doigt effleurait sa nuque pour venir repousser ses cheveux derrière son oreille.
"Ma femme," souffla-t-il.
Une odeur d'alcool lui monta au nez - lui retournant l'estomac. Il était aussi ivre que le jour où elle avait espéré en finir avec lui une bonne fois pour toute. Pressant la lame contre la planche de cuisine, sa main se resserra autour du couteau.
"Qu'est-ce que tu veux, Paul?" cracha Bella à travers ses dents serrées. Il valait mieux ça qu'elles claquent.
Sa grande main s'enroula autour de sa gorge, attrapant sa mâchoire entre son pouce et son index, d'une façon sinistre et non pas sensuelle.
Avec un brusque mouvement du poignet, il lui fit pencher la tête sur le côté. "À moi," murmrua-t-il contre sa peau avant de faire glisser son nez sur son pouls.
Bella fit volte-face, se dégageant de ses bras et leva le couteau entre eux. "Je ne suis plus à toi."
Mais la lame finit presque au sol - elle n'avait pas été préparée à ce qu'elle avait ressenti en le regardant dans les yeux.
Il était toujours aussi beau et il le savait. La tête penchée sur le côté, avec son sourire en coin si particulier, il ne portait qu'un pantalon - et des tâches sombres recouvraient sa peau et son jean - accentuant son corps anormalement parfait. Il était intelligent, sexy, brusque - le bad boy type avec assez de vulnérabilité dans les yeux pour convaincre une fille qu'elle pourrait le changer.
Bella connaissait la vérité.
Mais le destin semblait s'en moquer. L'imprégnation lui laçera le cœur et son sourire en coin fut accompagné par un haussement de sourcil suggestif.
"Pieds nus, enceinte," ses yeux voyagèrent sur son cœur avant de voyager dans la pièce. "Belle baraque. Tout ce que t'as toujours voulu - j'ai pas pu t'en donner assez, hein?"
Bella fit un autre pas en arrière, levant le couteau en signe d'avertissement. "Ça n'a ja-jamais été la question," cracha-t-elle, détestant entendre sa voix trembler.
Il se tourna vers elle avec un penchement de tête semblable à celui d'un loup et son sourire s'accentua. "Mais je parie qu'il ne te baise pas aussi bien que moi," lui dit-il avec un clin d'œil.
"Sam ne me baise pas," cracha Bella, une lueur de colère vacillant dans ce vent de peur.
"Menteuse," ronronna-t-il, en penchant la tête de l'autre côté et en inspirant profondément.
Bella fronça le nez avec dégoût et elle fit un autre pas en arrière. Elle garda une de ses mains sur la table pour se garder centrée alors que l'autre brandissait stupidement le couteau.
C'était un loup.
Paul rigola; il pensait clairement la même chose. "T'utilises un couteau dans un combat de chien?" Ses lèvres s'étirèrent en un sourire condescendant. "Peut-être que ça aurait aidé ces bons vieux Seth et Toby."
Avec un halètement, elle réalisa soudain ce qu'il avait dû traverser pour pouvoir entrer dans la maison...
Et ce qu'étaient les tâches sur son torse et ses cuisses.
Bella regarda avec inquiétude. "Paul! Qu'est-ce que...?"
En un seul geste, elle fut attirée contre un torse dur comme la pierre, une main s'enroulant fermement autour de ses poignets.
"Tu ne peux pas te permettre de te défendre, bébé," lui murmura-t-il à l'oreille, alors qu'il pressait sur ses tendons jusqu'à ce que le couteau tombe de ses doigts engourdis. "Tu risquerais le fils de ce bâtard."
Il rattrapa nonchalamment la lame avant qu'elle ne touche le sol.
"Paul, laisse-la tranquille," ordonna la voix grave de Josiah depuis les escaliers.
L'instant d'après, le couteau volait à travers la pièce. Il se planta dans la poutre à côté de la tête de Josiah.
"Pourquoi tu t'occuperais pas de tes propres putains d'oignons!" cracha Paul, sa nature volatile s'embrasant en une seconde.
Josiah leva calmement les mains devant lui.
"Bébé, dis-lui," ordonna Paul.
Le souffle de Bella était entrecoupé de larmes, mais elle réussit à se calmer et parla avec autant de confiance qu'elle put en rassembler.
"Josi, retourne à l'étage," demanda Bella, en essayant de garder une voix calme aussi bien pour l'homme inquiet à l'autre bout de la pièce que pour le loup derrière elle. "S'il te plaît. Empêche les autres de descendre."
Les yeux de Josiah se posèrent sur Paul avant de retourner sur Bella alors même que ses pieds l'entraînaient contre sa volonté.
"Tu as toujours eu une grande bouche, n'est-ce pas?" ricana doucement Paul. "Il m'a fallu des mois avant que cette MERDE!"
Il continua à crier alors qu'il la forçait à lui faire face, "DISPARAISSE!"
Bella déglutit difficilement malgré son cœur qui battait la chamade. Elle ne savait absolument pas quoi faire - si elle avait été seule, elle l'aurait griffé et mordu et serait tombée au combat.
Mais ce n'était pas qu'elle. Plus maintenant.
Paul commençait tout juste à comprendre ça. Il se lécha rapidement les lèvres, déconcerté, alors que ses yeux parcouraient le corps de Bella, comme s'il la voyait vraiment pour la première fois.
"Bordel de merde," toussa-t-il, comme s'il essayait de rire, mais son amusement restait coincé dans sa gorge. "Putain, t'es enceinte jusqu'aux yeux. J'ai pas..."
Bella se focalisa sur son incertitude.
Ses yeux noirs se plongèrent dans les siens, brillant d'une incertitude toute humaine et soudainement, elle comprit: il n'avait rien planifié.
Bella utiliserait tout ce qu'elle pourrait.
"Tu n'as pas réalisé qu'il ne me restait plus que quelques mois," chuchota-t-elle, d'une voix calme et apaisante. "Je sais que tu ne ferais jamais de mal à un enfant." Elle ne pensait pas qu'il était aussi cruel - même lorsqu'il était au plus bas.
Son clignement de paupières confirma ses deux théories.
Les yeux sauvages de Paul étudièrent son visage pendant un moment alors que ses lèvres se retroussaient plusieurs fois, apparemment malgré lui. Puis il la relâcha si brusquement qu'elle se cogna contre le banc. Il n'avait pas réfléchi à ce qu'il allait faire: c'était purement une vengeance illogique exacerbée par des mois passé à l'état sauvage, sans sa Meute. Il n'était déjà pas très stable à la base...
Il lui tourna le dos et s'agrippa les cheveux.
Bella essaya de faire fi de toute la terreur qu'elle ressentait et réfléchit à une image qui pourrait le calmer pour l'offrir à toute cette folie. L'image apparut sur son œil mental: les yeux noirs de Sam lorsqu'il lui faisait l'amour.
Belle prit une profonde inspiration et tira sa force de ce souvenir. "Je reviendrais après," murmura-t-elle en mettant dans sa volonté dans la douceur de sa voix. "Je suis ta femme, ton âme-sœur..." Elle découvrit soudainement que c'était facile de mentir quand tant de choses précieuses étaient en jeu.
"S'il te plaît, on peut recommencer," murmura-t-elle à son dos. Ses muscles se contractaient sporadiquement, et elle n'aurait pas su dire s'il était sur le point de céder ou d'exploser. "Chéri-..."
"NE M'APPELLE PAS COMME ÇA!" Il fit volte-face, avec la bave aux lèvres, littéralement. "Est-ce que tu penses que je suis stupide?!"
Bella secoua frénétiquement la tête en s'éloignant de lui, se pressant contre la table.
"Il a pris ce qui était à moi!" Il montra vicieusement les dents et fit un pas vers elle. Mon âme-sœur. Ma femme. Ma femelle! Il ne la gardera pas!"
Soulevant le banc, il le lança à l'autre bout de la pièce et s'approcha d'elle.
"Je sais, c'est pas juste," haleta-t-elle, sa peur l'étranglant finalement. "Mais on-on peut arranger ça-"
Un gémissement d'agonie venant de dehors l'interrompit et diminua sa terreur.
Les yeux de Bella se tournèrent vers le porche arrière. "Est-ce qu'ils vont bien?" chuchota-t-elle.
"Ouais," rigola-t-il sombrement. "Toby pleure comme un bébé. Le pauvre petit bâtard."
Bella se figea. "Qu'est-ce que tu as fait?" murmura-t-elle.
"Ce que je fais de mieux," cracha Paul. "Tout casser."
Puis il se jeta en avant et la tira vers lui - elle n'essaya même pas de résister.
Il parcourut son visage des yeux avec un sourire en coin. "Seth a environ dix minutes avant de se vider de son sang, donc tu ferais mieux de la fermer et de faire ce que je te dis."
Hochant la tête, elle croisa son regard - sauvage et détruit, il n'y restait plus rien de l'homme qu'elle avait connu. Bien qu'ils avaient tous été des victimes du destin, il avait fait ses propres choix quand à la façon de mener la vie qui lui avait été donnée.
L'équilibre entre sa compassion et sa responsabilité était très fine et Bella était en train de pousser ses limites. Elle ne le ferait plus. Elle abandonna et ne fut absolument pas surprise par la haine qui emplit instantanément chaque parcelle libre de son corps.
Tout était une question de survie maintenant - la survie de son bébé, la survie de sa Meute...
"Allons-y," chuchota-t-elle.
Il vit probablement ce qu'il voulait sur son visage - un abandon total de contrôle. Un sourit paresseux étira les coins de sa bouche et ses yeux voyagèrent sur elle avec une convoitise intense - comme un enfant qui venait d'obtenir un nouveau jouet.
Une main brusque glissa sur sa joue.
Elle cligna rapidement des yeux lorsqu'il lui caressa maladroitement la mâchoire, ses yeux noirs suivant ses doigts.
"Magnifique," renifla-t-il. "Et à moi, putain."
Bella pouvait sentir l'odeur métallique du sang de ses amis et sentir cette maudite imprégnation se réveillait dans sa poitrine, huileuse et manipulatrice. Elle la haïssait, et elle haïssait cet homme. Une vague de nausée la submergea lorsqu'il se pencha en avant.
Puis il l'embrassa.
Les yeux de Bella se fermèrent comme si ça pouvait la faire disparaître de la façon dont la bouche de Paul bougeait contre la sienne, brûlante et exigeante. Les piqûres incessantes de l'imprégnations se transformèrent en un ronronnement apaisant, mais ce n'était rien comparé à l'agonie qui lui transperçait le cœur.
Peu importe la décision des Dieux, ce n'était pas l'homme qu'elle voulait. Ce n'était pas l'homme qu'elle aimait.
Paul se recula, le souffle court et fier de lui et se pencha vers son oreille. "Je vais te baiser toute la nuit," chuchota-t-il. "Et te marquer. À moi," cracha-t-il.
Puis il se redressa et la souleva dans ses bras comme si elle ne pesait rien.
"Dîtes-lui que j'ai pris ce qui était à lui!" cria-t-il dans la maison alors qu'il traversait la cuisine pour sortir par devant. "Dîtes-lui que j'ai gagné!"
Bella pinça les lèvres pour retenir les sanglots qui voulaient lui échapper, mais il y a beaucoup à faire.
Lorsqu'ils traversèrent le salon, elle leva les yeux vers l'étage d'où Josiah la regardait avec anxiété.
"Seth est blessé - et Toby aussi," haleta-t-elle. "Descendez les aider dès qu'on sera partis." Elle ne savait pas combien de temps durerait la compulsion.
"Malin," renifla Paul en ouvrant la porte. "Je suppose que c'est naturel de donner des ordres. Est-ce que c'était bien d'être la chienne de l'Alpha?" cracha-t-il. "On va bien s'amuser aussi."
Bella ne répondit pas et se contenta de fermer les yeux pour essayer de calmer sa nausée.
Une pluie rédemptrice tomba sur eux lorsqu'ils quittèrent l'abri du porche. Dehors, elle pouvait entendre les craquements du feu et le tonnerre roulant comme une vague dans la nuit.
Elle avait osé commencer à espérer. Mais une fois de plus, le Destin s'en était mêlé avec ses mains glaciales et l'avait traîné à nouveau auprès de l'homme qu'elle avait cru pouvoir échapper.
Paul la fit passer d'un bras à l'autre et elle ouvrit les yeux pour le voir manquer d'arracher la portière de la voiture de Jacob. Les flammes se reflétaient sur la peinture noire du véhicule donnant l'impression que c'était un chariot de feu.
Il la jeta brusquement dans la cabine et avec un clin d'œil et un coup de poignet, il arracha la poignée intérieure.
Mais soudainement, il se jeta en arrière, les sourcils froncés. La seconde suivante, ses oreilles humaines entendirent un long hurlement, s'entremêlant au loin avec les autres, comme des fils de soie.
"Putain, ils étaient complètement submergés, comment-..." Son grommellement fut interrompu lorsqu'il claqua la porte derrière lui.
C'était le premier rayon d'espoir qu'elle avait et elle s'y agrippa comme un chien à un os.
Quelqu'un était peut-être en train de venir - elle devait gagner du temps.
La main de Bella appuya sur le loquet de fermeture automatique et toutes les portes se verrouillèrent avec un petit bruit. Elle attrapa les clés qui étaient sur le contact et se jeta contre la porte, aussi loin du côté conducteur que possible avant de se mordre les lèvres en espérant ne pas avoir fait d'erreur.
Paul était déjà en train de la regarder à travers la vitre.
Fou de rage, ses lèvres se retroussèrent sur ses dents et il enfonça son poing à travers le carreau, un grognement bas lui déchirant la gorge alors qu'il arrachait pratiquement la portière.
Pendant qu'il montait dans la voiture, Bella jeta les clés derrière elle mais ses réflexes surnaturels permirent à Paul de les rattraper.
Frénétiquement, elle lui griffa la main pour essayer de lui les faire lâcher. Il la souleva de son siège sans le moindre effort, et, désespérée, elle lui mordit la main - de toutes ses forces.
Paul lâcha les clés avec un cri de rage et son poing lui agrippa les cheveux. D'un geste brusque, il lui écrasa le visage contre le tableau de bord, assez fort pour lui faire voir des étoiles.
"Tu penses qu'il tient à toi?!" cria-t-il, en ramassant les clés alors que Bella retombait sur son siège, le sang de son nez cassé lui coulant dans la bouche.
"Les pères! Les profs! Les Alphas! Ils sont TOUS PAREILS!" lui cria-t-il. "Ils se foutent de tous les autres!"
Elle pouvait le sentir lui postillonner dessus dans sa véhémence alors qu'elle levait la tête vers le ciel et essayait de respirer malgré la douleur et le sang qui recouvrait son visage.
"Tu dois PRENDRE ce que tu veux!"
Haletante, Bella plongea son regard dans ses yeux fous. Le visage livide et sauvage, il était complètement enragé.
Cet homme était son mari: le premier homme qu'elle avait accueilli dans son corps et essayai de garder dans son cœur. Elle avait accepté son destin et essayé tellement fort.
"Je t'ai donné tout ce que j'avais," lui dit-elle doucement.
"Ouais!?" hurla-t-il. "Alors comment ça se fait que j'ai RIEN!"
Bella avala le sang qui coulait dans sa bouche alors que la tête continuait à lui tourner. "Parce que tu as tout foutu en l'air, Paul," murmura-t-elle.
Avec un grondement sauvage, il écrasa ses poings sur le volant si fort que le plastique plia. Bella se pressa encore plus contre la porte alors qu'il montrait les dents, comme s'il envisageait de lui arracher tout simplement la tête tout en cherchant le contact pour y glisser la clé.
Démarrant le moteur, il se tourna complètement vers le volant.
"PUTAIN!"
Le regard trouble de Bella se posa sur le pare-brise. Illuminé par les phares, Jacob Black se tenait devant la voiture, trempé par la pluie et silencieux.
Montrant les dents, Paul écrasa l'accélérateur pour l'écraser.
Mais au même moment, Jacob jeta son grand corps en avant contre le pare-choc.
Poussant un cri à cause du bruit assourdissant, Bella vola à travers la cabine et atterrit contre la porte, alors que le véhicule faisait des têtes-à-queue avant de finir dans un arbre. Elle n'eut même pas le temps de reprendre son souffle avant que des mains brusques ne la traînent sur la banquette puis hors de la voiture.
Paul la pressa contre son torse en enroulant son avant-bras autour de son cou et les mains de Bella le griffèrent frénétiquement pour essayer de reprendre son souffle.
"Tu penses que t'as la moindre chance en enfer de me battre, Black?" rugit Paul derrière elle. "Cette merde de sang bleu n'a plus aucun effet sur moi! Je ne fais plus partie de cette Meute!"
Les pieds pendants à une dizaine de centimètres du sol, Bella griffa son bras alors qu'il reculait comme un animal acculé avec sa proie - ce qu'il était.
Il se figea en entendant une voix profonde serpenter des ténèbres comme une vipère - lisse, et froide, et létale.
"Voilà qui est vrai."
Paul fit volte-face pour voir Sam sortir des bois, éclairé par les flammes. Ses cheveux détachés et humides volant derrière lui comme des volutes de fumée, ses yeux était des diamants noirs glacials incrusté dans un visage de bronze impassible.
Ce regard ne quittait pas l'homme qui la retenait captive. "Tu l'étrangles," siffla-t-il, ses lèvres se retroussant vicieusement sur ses canines pointues.
Paul relâcha distraitement sa poigne et les orteils de Bella s'étirèrent pour toucher le sol alors qu'elle prenait une profonde inspiration.
"Il-il y avait tout un clan-..." bégaya-t-il, son choc supprimant clairement ses défenses. Bien qu'il était brillant, Paul n'avait ni la patience ni la discipline pour la moindre stratégie - il ne choisissait jamais rien qu'il ne pouvait pas obtenir par la force brute. Il avait dû les surveiller et attendre cette bataille - mais il ne pourrait jamais planifier suffisamment quoi que ce soit pour contrer Sam Uley...
Sam pencha la tête sur le côté tout en continuant à avancer vers eux. "Je les ai tous tué," murmura-t-il.
"Seth est blessé," toussa Bella dès qu'elle eut repris son souffle.
"Brady s'occupe de lui," siffla Jacob dans sa périphérie.
Sam continuait à avancer vers eux. "Es-tu prêt à mourir, Paul?" Ses mots étaient doux et chantant comme une berceuse.
"Tu sais à quel point c'est facile de leur briser le cou," cracha Paul derrière elle, en la soulevant à nouveau du sol dans sa véhémence. "Ça les tuera tous les deux!"
Les pieds de Sam s'immobilisèrent alors que Bella essayait de se mettre sur la pointe des pieds. Sa voix claqua comme un fouet. "C'est ma compagne."
Paul explosa derrière elle. "Elle est À MOI! Ma femme! Mon ÂME-SŒUR!"
"Alors combats-moi comme un animal pour elle," cracha Sam, son nez se fronçant et révélant ses canines pointues. "Pas avec la faiblesse d'un homme."
"Ouais! Parce que c'est réglo ça," cracha Paul. "Dès que je la relâche, ta Meute va se jeter sur moi."
Sam pencha la tête, une légère brise faisant voleter ses cheveux. "Je livre mes propres batailles, Paul," ronronna-t-il.
Paul aboya un rire amer.
Alors qu'elle attendait que son kidnappeur décide de la laisser vivre ou non, Bella ne pouvait rien faire d'autre que de regarder l'homme qui se tenait immobile, éclairé par la lueur des flammes. Elle voulait désespérément voir ses yeux - leur réconfort, leur impassibilité.
Des larmes indésirables reflétèrent les flammes lorsqu'elle coulèrent rejoindre le sang qui couvrait son visage. Elles coulèrent sur ses lèvres créant un goût métallique et salé.
"Un combat réglo pour décider du meilleur!" hurla soudainement Paul. Mais même lui savait que chaque mot de Sam Uley était une promesse. "Donne-moi ta parole!."
Sam n'hésita même pas une seconde et hocha brusquement la tête.
Puis, pour la première fois, le regard de Sam croisa celui de Bella. Il plongea ses yeux noirs dans les siens avant de parcourir son visage. Puis il ferma brièvement les yeux avant de les poser au sol entre eux, un muscle se contractant dans sa mâchoire.
Il écrasa les mots entre ses molaires comme du verre pilé. "Lâche-la maintenant."
Paul s'agita un petit peu - elle pouvait le sentir se tendre. Ses muscles se contractèrent et l'odeur entêtante des phéromones s'élevèrent de sa peau.
"Ta Meute n'interviendra pas," confirma Paul. "Et si je gagne, tu me donneras tout."
Les yeux noirs de Sam se posèrent dans les siens. "Oui," chuchota-t-il.
Elle sentit Paul hocher la tête derrière elle alors que son bras relâchait sa gorge. Elle se plia en deux, respirant profondément par la nez, les lèvres pincées pour essayer de contrôler son estomac rebelle. Elle savait que Sam allait le tuer.
Ce qui la rendait malade, c'était qu'elle voulait que Sam le tue.
Une main se refermant brusquement sur ses cheveux la tira en arrière. Avec un cri, son regard se posa sur le visage grimaçant de Paul.
Lançant un regard clairement provocateur à l'homme en face d'eux, Paul se pencha et écrasa sa bouche sur celle de Bella dans un baiser lubrique.
Bella s'étrangla sur sa langue en essayant désespérément de repousser son torse de pierre.
Avec un long gémissement lascif, il se recula avec un sourire sombre et chercha son regard. "Pour la chance," murmura-t-il. "Profite du spectacle." Sur ce, il la repoussa et elle tomba au sol, se mettant immédiatement à quatre pattes pour chercher Sam du regard.
Les muscles de son visage se convulsaient comme s'il luttait de toutes ses forces pour garder forme humaine.
"Sois prudent," murmura-t-elle.
Ses yeux qui étaient encore noirs et humains se plongèrent dans les siens pour un battement de cœur supplémentaire avant qu'ils ne s'enflamment soudainement d'une rage incandescente.
Faisant volte-face, il se dirigea vers le gazon, à l'opposé de là où Jacob venait de s'agenouiller à côté d'elle.
Paul le suivit, claquant son poing dans la paume de son autre main, faisant craquer ses doigts.
"Tu devrais le savoir maintenant," cracha Paul.
Et c'est là qu'elle le vit: le couteau de cuisine, glissé à l'arrière de son pantalon.
"Sam!" hurla-t-elle.
Paul attrapa le couteau au même moment où Sam faisait volte-face.
"Je ne me bats jamais à la régulière," cracha Paul en enfonçant le couteau dans le ventre de Sam.
Sam ne fit pas un bruit, pas même alors qu'il se pliait en deux. Paul enroula un de ses bras musclés autour du cou de Sam et le redressa contre lui. Sortant le couteau du ventre de Sam, il l'enfonça ensuite dans son torse.
Ça n'avait prit que deux secondes.
La Meute émergea des ténèbres, arrachant Paul de Sam et le loup solitaire se débattit en poussant des hurlements sauvages. Les cris autour d'elle semblaient être à des millions de kilomètres.
S'étirant contre la poigne de Jacob, Bella regarda, horrifiée Sam chanceler, sa main se posant sur la garde du couteau planté dans son torse.
Comme au ralentit, il s'agenouilla, se rattrapant lourdement sur une de ses cuisses. Un liquide rouge visqueux et choquant coula de ses lèvres et goutta dans l'herbe.
Et le temps s'arrêta.
Le souffle de Bella lui résonnait dans les oreilles, lent et haletant.
Chaque goutte d'eau qui s'écrasait sur ses joues lui transperçait la peau.
Un roulement de tonnerre bas et incessant envahit ses oreilles.
Et dans le halo des flammes, Sam croisa son regard.
Puis sa tête tomba en avant.
Comme si le coup d'envoi avait été donné, les bruits et le temps reprirent leur course, la submergeant complètement.
Soudainement, le corps de Jacob se convulsa violemment derrière elle, la libérant alors qu'un chœur de hurlements s'élevaient dans la nuit.
Folle de panique, Bella rampa et se traîna sur le gravier, mais des mains douces la rattrapèrent, la relevant doucement.
"Bella, arrête," lui murmura la voix de Jacob.
Quelque chose dans le ton de sa voix la glaça jusqu'à l'os. Se mordant les lèvres, son regard se posa sur l'homme affalé dans l'herbe.
Son Alpha. Son Amant. Son Loup.
L'homme qu'elle aimait.
La tête baissée, Sam effleura maladroitement la garde obscène du couteau. Puis il enroula son poing autour et l'arracha de son torse avec un petit grognement.
Se remettant difficilement debout, il s'appuya sur la voiture pour garder l'équilibre et le couteau glissa de ses doigts pour atterrir au sol.
Les cheveux plaqués au front par la pluie et du sang coulant de son nez et de sa bouche, il releva la tête, lentement, difficilement, comme si elle pesait une tonne.
"T'as menti bâtard!" criait Paul, de là où il se débattait contre les mains anonymes qui le plaquaient au sol.
Sam passa lentement le dos de sa main sur sa bouche. "Lâchez-le," haleta-t-il, d'une voix très différente de sa voix habituelle.
Paul repoussa les loups hésitants et se remit sur pied avec un grondement sourd.
Bella se tourna vers Jacob et le supplia du regard. "Aide-le."
"Je ne peux pas," souffla-t-il. "Il m'a donné la Meute."
Les yeux écarquillés, Bella fit complètement volte-face pour étudier le visage sérieux de Jacob. Sam lui avait tout donné pour que ça ne puisse pas lui être enlevé.
"En tant que leader, je dois respecter son honneur. " Ses yeux voyagèrent sur son visage et ses lèvres s'étirèrent presque imperceptiblement. "Maintenant, il ne se bat que pour toi."
Avec un sanglot, elle reporta son regard sur Sam, qui faisait un pas chancelant en avant. Il se rattrapa à nouveau au véhicule avec un bruit sourd de métal écrasé.
"Comme voler sa sucette à bébé," Paul faisait rouler ses épaules et secouait ses bras tout en avançant. "Tu vois ça, bébé?"
Sam se poussa de la voiture et tituba en avant. "Je ne t'ai pas assez combattu la première fois," chuchota-t-il, d'une voix doucereuse et dangereuse. "J'aurais dû..." Il déglutit difficilement et fit un autre pas hésitant en avant dans la direction de Paul, qui se balançait légèrement sur la pointe des pieds.
"La première fois?" aboya Paul, avant d'éclater d'un rire moqueur. "Tu me l'as donné-..."
Sam explosa en avant, son premier coup de poing s'écrasant sur le visage de Paul avec un bruit assourdissant. Son corps voyagea à travers la pièce mais Sam avait déjà atterri sur son torse comme un chat avant même qu'il n'atterrisse, avec le coup suivant déjà prêt.
Et le suivant.
"Je...n'aurais...jamais...dû..." cracha-t-il, chaque syllabe accentuée par les coups qu'il abattait sur Paul. "Te...laisser...la toucher!"
Paul se remit enfin de sa surprise et bloqua le coup suivant, profitant de l'élan de son adversaire pour le repousser.
Volant dans les airs, Sam atterrit lourdement face contre tête et Paul se tortilla pour se relever...et atterrit à quatre pattes. Montrant les crocs, le loup gris chargea en claquant des dents.
En un clin d'œil, Sam roula sur le dos et attrapa la mâchoire de l'animal à quelques centimètres à peine de son visage.
Pendant plusieurs des battements de cœur de Bella, ils restèrent dans cette position: une immense mâchoire salivante de haine liquide qu'un Sam ensanglanté gardait ouverte à la force des bras.
D'une manière ou d'une autre, il réussit à glisser ses pieds entre eux. Sam lui mit un coup de pied brutal qui fit voler l'animal dans les airs. Il atterrit sur la camionnette avec un geignement et un bris de glace.
Sam se mit à quatre pattes et bondit à sa suite, se transformant en plein air en un loup noir qui se jeta sur sa proie assommée.
Dans un mélange d'ombres, de fourrures et de grognements féroces, les deux animaux disparurent dans les bois, au-delà du champ de vision mortel de Bella.
Jacob l'avait traîné au bord de l'allée, et il la souleva dans ses bras. "Oh, mon Dieu, chérie," murmura-t-il en reculant, les yeux fixés sur les bois et le bruit des arbres renversés ponctués de grognement et de geignement de douleur.
Son frère le rejoignit en courant. "Les âmes-sœurs sont hors de la maison," dit-il dans un souffle.
"Bien," approuva Jacob en la posant sur la première marche du porche. "Seth?"
"En route pour la clinique," haleta Embry.
Les yeux de Bella essayaient frénétiquement de distinguer des silhouettes dans l'obscurité. Un éclair fendit le ciel et le tonnerre rugit alors que les flammes dévoraient la pluie.
"Lee, Quil, Jared," appela Jacob. "Lorsqu'il revient, on attaque Paul ensemble."
"Mais et?" commença Embry, les sourcils froncés.
Il interrompit son frère d'un coup d'œil. "Tu as la Meute."
"Jake," siffla Bella en se remettant debout. "Qui gagne?"
Elle chancela alors que le monde se remettait à l'endroit et il la stabilisa d'une main.
Jacob pinça les lèvres et repoussa ses cheveux mouillés de son visage. "Sam est gravement blessé," lui dit-il doucement. Il était toujours honnête avec elle. "Chérie, on ne guérit pas assez vite pour-..."
Les yeux de Bella voyagèrent frénétiquement dans les siens, cherchant la moindre lueur d'espoir.
Elle n'en trouva pas.
"Je ne comprends pas comment il fait pour être encore debout," murmura Jared dans un souffle.
La main de Jacob s'abattit lourdement sur la nuque de Bella et son pouce lui caressa le creux derrière son oreille. "Par amour," murmura-t-il.
Bella se mordit la lèvre alors que des larmes coulaient sur son visage tout en écoutant les bruits sauvages qui résonnaient dans la forêt.
"Recule," murmura Jacob en lui faisant monter les marches.
Quelques secondes à peine plus tard, les deux loups réapparurent dans la lueur des flammes. Leurs yeux jaunes, brillant d'une haine primale, leurs fourrures étaient trempées et sales, avec des morceaux de peaux manquantes.
Bella plaqua sa main sur sa bouche alors que les deux animaux roulaient dans l'herbe dans une lutte sanglante et sans pitié.
Dans une attaque vive comme l'éclair, le loup gris plaqua le loup noir sous lui, mais Sam reprit rapidement forme humaine, profitant de la différence de taille pour se dégager de lui.
Paul reprit forme humaine et ils s'affrontèrent à coups de poing et de pieds jusqu'à ce que Sam reprenne le dessus.
Avec une feinte et un coup de coude vicieux dans les côtes, il le vit voler dans les airs avant de le plaquer au sol si fort que le porche vibra. Sam l'immobilisa ensuite au sol d'un avant-bras bien placé.
Montrant les dents, Paul se dégagea. Mais lorsque le corps de Sam vola dans les airs, celui-ci se transforma, effleurant à peine le sol de ses quatre pattes avant de se jeter à nouveau à la gorge de Paul.
D'un coup de rein, Paul se remit debout et se jeta dans la fourrure pour contrer l'assaut. Et d'un tacle rugissant, il remit l'animal noir au sol.
Immobilisé, le loup d'ébène gigota, évitant à grand peine les dents aiguisées qui claquaient à quelques millimètres à peine de sa jugulaire. Désespéré, Sam reprit forme humaine, mais le loup gris semblait avoir anticipé cette transformation cette fois et garda l'homme fermement plaqué au sol.
Ses immenses pattes lourdes immobilisant les épaules de Sam, le loup gris montrer les crocs, prêt à lui porter le coup final.
Bella eut à peine le temps de crier avant que, les yeux en feu, Sam plonge violemment des canines hybrides dans la patte de l'animal.
Puis il se transforma.
Le bruit d'un os réduit en miette brisa le silence avec la violence de la transformation avant un hurlement de douleur sauvage fut étouffé par le tonnerre.
À peine le loup noir s'était-il échappé de l'étreinte de son ennemi abasourdi qu'il se jetait à nouveau en avant. Pulvérisant un triceps cette fois, sa proie se débattit en hurlant à l'agonie.
Le jardin fut soudainement silencieux.
La pluie tombait sur le toit de métal et murmurait dans les arbres alors que les feux dansaient. De grosses larmes roulaient sur visage de Bella alors qu'elle haletait, essayant désespérément de comprendre ce qu'il s'était passé malgré l'état de choc dans lequel elle était.
Des volutes de buée s'échappant de sa gueule, le loup noir restait juste hors de portée alors que le loup gris essayait de se relever sans succès. Les deux jambes brisées, il était complètement impuissant.
Puis le loup noir recula, sa silhouette rétrécissant. Des ombres semblèrent glisser du corps de l'homme alors que sa fourrure noire disparaissait.
Sam se redressa lentement, et fit un pas vacillant en avant, avant de retomber au sol; sa silhouette semblant vaciller comme un mirage.
À la deuxième tentative, il reprit complètement forme humaine et se redressa complètement.
Puis avec un cri animal, il se jeta sur le loup gris qui haletait. Ses muscles semblèrent exploser alors qu'il arrachait l'animal du sol. La créature était si immense que les pattes de l'animal pendaient un millimètre à peine au-dessus du sol, l'une d'entre elle s'agitant pathétiquement dans les airs alors que l'autre, complètement réduite en charpie, pendait inutilement.
La voix de Sam était comme un murmure de mort - quelque chose qui n'aurait jamais dû être entendu dans le monde des vivants.
"Je veux tuer l'homme."
Avec un geignement, le loup essaya faiblement de se dégager.
"TRANSFORME-TOI!" hurla-t-il en secouant la bête.
"Non," haleta Bella en essayant frénétiquement de se dégager des mains de Jacob.
La fourrure sembla fondre de sa peau comme un cauchemar alors que le monstre redevenait lentement Paul, son corps brisé pendant piteusement dans les mains de Sam.
Agrippant ses cheveux à une main, l'autre main de Sam s'enroula autour de la gorge de Paul.
"Sam!" cria Bella en se débattant dans les bras de Jake.
"Bella, non," lui souffla Jacob à l'oreille.
Elle fit volte-face, les lèvres retroussées comme un loup. "Si tu m'aimes, relâche-moi," cracha-t-elle.
Il la regarda une seconde de plus puis elle dévala les escaliers.
"Sam!" appela une fois de plus Bella, sa voix plus forte et plus ferme cette fois.
En l'entendant, Sam tourna la tête vers elle et Bella se figea. Il n'avait jamais semblé moins humain qu'à cet instant.
Illuminé par la lueur des flammes, l'enfer brûlait dans ses yeux et ses canines étaient couvertes de sang. Mais il avait toujours cette même grâce sauvage, son dos était droit et fier et ses longs cheveux noirs étaient collés à son dos par la pluie. Chaque muscle de son corps était tendu.
"Tue le loup," murmrua-t-elle d'une voix douce.
Elle fit prudemment quelques pas vers lui, sa robe en coton lui collant aux cuisses.
Bella essayait juste de ressentir - de rester consciente de chaque souffle haletant qui résonnait dans ses oreilles, de chaque battement de son cœur.
Elle pouvait sentir la boue entre ses orteils, la pluie sur sa peau...leur bébé s'agitant dans son ventre.
Elle pouvait sentir que même si l'animal avait complètement pris le contrôle, Sam emplissait encore tout son être.
"Mais Sam," dit-elle doucement. "Ne le tue pas dans ce corps."
Le vent soupira dans les arbres, donnant l'impression que la pluie tombait encore plus fort, enroulant sa robe autour de son ventre.
"Les animaux se battent pour leurs compagnes," continua-t-elle à voix basse. "Mais l'homme a gagné mon cœur il y a bien longtemps déjà."
Elle vit les muscles de son visage se tordre dans une grimace sauvage, comme s'il essayait désespérément de comprendre les mots humains.
"Ne tue pas par amour, Sam," chuchota-t-elle. Elle pouvait entendre les respirations difficiles des deux hommes, raclantes et rauque à cause de tous les abus de leur combat.
Bella s'arrêta à quelques pas à peine d'eux. "Tue-le dans la peau du loup," souffla-t-elle. "Je me suis déjà donnée à l'homme."
Pinçant les lèvres, elle attendit.
Les narines de Sam se gonflèrent, alors même que ses lèvres se retroussaient sur ses canines. Ses doigts griffus étaient si férocement enfoncés dans la gorge de Paul que du sang coulait le long de son torse.
Elle se sentait si petite et fragile et humaine à côté de ces hommes sauvages. Mais elle n'avit pas peur. Ses yeux étaient plongés dans les yeux sauvages et brûlants de Sam.
Elle attendait. Elle l'aimerait quoi qu'il choisisse.
Au loin, le tonnerre murmura à l'horizon, bas et sombre. Elle pouvait sentir la chaleur qui émanait des barils enflammés, se glissant à travers le tissu trempé de sa robe pour réchauffer sa peau. Elle pouvait sentir les gouttelettes d'eau prises dans ses cheveux glisser ensuite le long de ses nus, comme les larmes glissaient sur ses loups, se mêlant au sang séché sous son nez.
Tellement de violence.
Tout ce qu'elle voulait c'était de l'amour. C'était tout ce que chacun d'entre eux voulait - même s'ils ne le réalisaient pas.
Sam bougea. Un simple petit gigotement dans l'herbe mouillée.
"Regarde-la."
Il fallut une seconde à Bella pour réaliser que Sam avait parlé - sa voix était raclante et rauque et aussi grave que le tonnerre qui déchirait la nuit.
Tirant la tête de Paul en arrière, il lui cracha à l'oreille. "Regarde-la."
Les yeux injectés de sang de Paul s'ouvrirent et roulèrent dans ses orbites.
Le visage complètement impassible, Bella garda ses yeux plongés dans ceux de Sam. Elle regarda l'holocauste qui faisait rage dans ses yeux noirs et y répondit avec toute la tendresse dans son être. Ça faisait longtemps qu'il se battait.
Maintenant, elle était là pour se battre à ses côtés.
La bouche ensanglantée de Sam tremblait et formait des mots qui mourrait sur ses lèvres.
Ses yeux inhumains plongés dans les siens, il se pencha sur l'oreille de Paul. "Tu sais ce qui est pire que ne rien avoir?" souffla-t-il, de sa voix profonde et rauque et à peine audible sous la pluie.
"Savoir que tu avais tout."
En lui montrant les dents, Sam le relâcha, le jetant brusquement au sol.
Silence.
Pendant de longues secondes silencieuses, il la garda captive dans ses yeux - Il l'aimait. Il était un guerrier et il lutterait à mort pour elle - même si c'était contre lui-même.
Bella lui tendit les bras. "Viens," murmura-t-elle.
Sam fit deux pas vacillants vers elle et s'effondra ensuite à genoux. Il s'assit sur ses talons et Bella fit le dernier pas avec inquiétude, ses mains tendues avec incertitude.
Il baissa la tête et elle glissa ses doigts dans ses cheveux pour les repousser de son visage. Au contact de sa peau brûlante, son instinct prit le dessus. Ses mains caressèrent ses joues, prirent la forme de sa mâchoire alors que ses yeux chocolat parcouraient son visage impassible et se remplissaient de larmes.
Elle se demanda s'il ressentait même la douleur.
"Sam," souffla-t-elle en attirant tendrement son visage vers son sein.
Soudainement, une corde invisible céda comme si elle avait été coupée, relâchant son cœur qui enfla rapidement pour contenir tout l'amour qu'elle éprouvait pour l'homme qu'elle serrait dans ses bras.
Avec un halètement, ses yeux se posèrent automatiquement derrière Sam. Allongé sur le dos, sa bonne main pressée contre son cœur, Paul haletait doucement. Ses yeux sombres se plongèrent dans les siens, reflétant le feu.
"C'est parti?" souffla-t-elle, en pressant Sam encore plus fort contre son cœur alors que ses bras à lui s'enroulaient maladroitement autour d'elle.
La main de Paul tomba lourdement dans l'herbe alors que ses yeux se levaient vers le ciel agité. "Le loup sait qui est le meilleur de nous deux," murmura-t-il aux étoiles.
Bella le regarda un instant avec incrédulité alors que ses mains maintenaient fiévreusement Sam contre son cœur. Fermant les yeux, Bella déposa un baiser sur son front.
Puis les bras de Sam retombèrent lourdement à ses côtés.
"Est-ce que ça va, chéri?" demanda-t-elle, faisant glisser sa main avec inquiétude pour essayer de voir son visage.
"Bella." Jacob s'accroupit à côté d'elle.
Elle croisa son regard sombre et se figea. Secouant brusquement la tête, elle attira Sam plus près.
"Chéri-..."
Comme une marionnette dont les fils auraient été coupés, Sam s'effondra au sol et son grand corps fut bien trop pour qu'elle puisse le soutenir avec sa faible force d'humaine. Jacob la rattrapa et la souleva dans ses bras alors que le corps de Sam tombait dans la boue.
"Sam!" hurla-t-elle, en se tordant dans tous les sens pour voir Jared et Embry se laisser tomber à genoux à côté de lui.
Son visage était figé. Si figé.
"Ramenez-le à l'intérieur!" ordonna Jacob alors qu'il se dirigeait vers la maison, Bella toujours dans ses bras.
Bella escalada pratiquement son épaule pour essayer de voir le corps de Sam être soulevé dans les airs par ses frères de Meute.
"Où veut-il être, Bells?" chuchota Jacob en montant sous le porche.
"Non!" Elle se tourna, les yeux fous.
Il pinça les lèvres en continuant à avancer. "On va chercher Sue, mais chérie-..."
"Ne le dis pas!" cracha-t-elle férocement.
Quelqu'un ouvrit la porte et Jacob se précipita à l'intérieur, faisant volte-face pour superviser les hommes qui portait le corps de Sam sous le porche.
"Dans la chambre," murmura Bella avant de s'effondrer contre l'épaule de Jacob.
Les dents serrées, Jacob monta les marches deux à deux. "Est-ce que ça va?" lui souffla-t-il alors qu'il parcourait le couloir.
Elle le regarda sans émotion. Elle ne pouvait rien ressentir pour le moment - mais elle savait qu'elle n'irait vraiment pas bien.
Ses yeux s'adoucirent. "Le bébé," murmura-t-il.
La main de Bella se posa automatiquement sur son ventre et elle hocha la tête en fermant les yeux. L'enfant de Sam était fort.
Bella allait devoir être encore plus forte.
La lampe était encore allumée sur la table de chevet, créant une ambiance sereine dans la pièce - comme si elle était protégée du monde.
Elle ne l'était pas.
Jacob la déposa doucement au pied du lieu et se tourna ensuite, frottant ses mains sur son jean en regardant son frère entrer dans la pièce.
Bella se mit à genou sur le lit, se reculant pour leur laisser la place de manoeuvre Sam.
Ça avait l'air tellement plus terrible à la lumière.
En plus des traces de crocs et de griffes, des bleus et des lacérations, il y avait une longue entaille dans son ventre.
Mais la pire de toutes les blessures était celle sur son torse: le sang coulait librement - des rivets paresseux cramoisi coulant de la plaie.
Une main tremblante recouvrant sa bouche, elle rampa jusqu'à lui.
Quelqu'un apporta des serviettes de la salle de bain et Bella en pressa une contre le trou dans son torse, essayant de stopper le sang.
À son contact, les yeux de Sam s'ouvrirent, trouvant immédiatement les siens.
"Sam," chuchota Bella, sa main glissant sur sa mâchoire.
Ses yeux noirs voyagèrent sur son visage, faisant son inventaire habituel mais ils étaient vitreux.
Sa main tomba lourdement sur l'épaule de Bella, lui tirant un halètement surpris. Mais ce n'était qu'un bref arrêt en direction de son visage. Des doigts délicats effleurèrent son nez gonflé.
"Tellement désolé," murmura-t-il avant que sa main ne retombe lourdement sur le genou de Bella.
"Non," souffla-t-elle en secouant la tête alors qu'elle se perdait dans le noir vitreux de ses yeux.
Ils la capturèrent, la dévorèrent, prirent tout ce qu'elle offrait. "Laissez-nous," chuchota Sam.
Le regard de Bella se posa sur Jacob. "Sue?"
"Elle est en route," murmura-t-il, ses yeux inquiets parcourant son visage - et lui disant un million de choses qu'elle ne voulait pas entendre. Jamais.
Bella détourna les yeux et les reposa sur l'homme qui la regardait depuis le lit de douleur où il était couché. "Laissez-nous," souffla-t-elle.
Alors que la porte se refermait derrière le dernier loup, sa main tremblante repoussa les cheveux noirs de Sam qui lui collait au front à cause de sang et de la sueur.
"Je t'ai trouvé. J'ai vu derrière ces yeux, Sam," lui dit-elle doucement. "Je ne peux pas te perdre."
Ses yeux noirs voyagèrent sur son visage, rassemblant toutes les petites parcelles de son cœur brisé. Puis ses lèvres s'étirèrent en un sourire qui transforma complètement son visage.
"Chut," murmura-t-il. "Ça va aller."
Soudainement, elle prit conscience de la chaleur humide qui se répandait sous son poing et baissa les yeux vers la serviette déjà imbibée de sang.
Avec un halètement, elle l'enleva et en attrapa une autre.
Son poignet fut attrapé par une main prudente. Elle adorait ses mains: si patientes, si tendres, si aimantes.
"J'ai besoin de te serrer contre moi," chuchota-t-il d'une voix cassée et rauque.
Bella étudia son visage...et fit ensuite passer sa robe par-dessus sa tête.
Des yeux affamés parcoururent son corps avant de remonter dans les siens. Les lèvres de Sam s'étirèrent en un sourire paresseux et il lui tendit la main. "Viens."
Bella s'allongea à côté de lui alors qu'il se tournait douloureusement, se pressant contre son dos. Lentement, son bras lourd s'enroula autour d'elle, ses doigts trouvant l'emplacement habituel entre le matelas et ses côtes.
Il enfouit son visage dans la nuque de Bella. "Mmm." Son murmure satisfait se perdit dans ses cheveux.
Des larmes lui brûlant les yeux, Bella se mordit férocement la lèvre pour les empêcher de couler. Elle tira la main de Sam de sous ses côtes et la pressa contre son ventre et leur bébé qui s'agitait.
Elle l'entendit renifler un rire puis sa main commença à voyager. Chaude et tendre, elle caressa ses courbes alors qu'il s'enroulait autour d'elle.
Bella se pressa contre lui, maximisant leur contact.
"Parfois les mots ne veulent rien dire," chuchota-t-il.
Sa main calleuse la caressait, patiente et indulgente comme un dimanche matin.
Elle le sentit presser son nez dans ses cheveux. "Parfois ils doivent être dits."
Les mots furent presque inaudible, craquelant intimement à son oreille. "Je t'aime. Depuis le tout premier jour," souffla-t-il. "Merci de m'avoir trouvé, Bella."
Bella attrapa la main de Sam et la porta à sa bouche. Elle pressa ses lèvres tremblantes contre ses phalanges tout en essayant de ravaler ses larmes.
"Tu ne peux pas m'abandonner, Sam," pleura-t-elle contre sa peau.
"Chut," l'apaisa-t-il.
Elle l'entendit déglutir difficilement à son oreille et ensuite il prit une profonde inspiration tremblotante...
Il n'expira pas.
"Sam," chuchota-t-elle en se tournant avec panique. Elle lui tourna la tête et des paupières lourdes luttèrent pour réveler des yeux vitreux.
Attrapant son visage à deux mains, elle se laissa tomber sur ses lèvres pour y déposer un baiser sauvage. Ses lèvres étaient complètement relâchées et couvertes de sang.
"Tu ne peux pas m'abandonner," siffla-t-elle en serrant ses joues alors que son regard paniqué voyageait sur le visage de Sam. "Tu me l'as promis, Sam. C'était une part de notre accord!" hurla-t-elle.
Essayant désespérément d'ouvrir les yeux, les lèvres de Sam tremblèrent sous le poids de mots trop lourds pour être prononcés.
"Tu m'as dit que je pouvais décider! Je TE veux! Tu as dit qu'il connaîtrait son père!"
Bella se mit à genou, secouant la tête de Sam de gauche à droite. "Tu TIENS TOUJOURS PAROLE!"
Les paupières de Sam s'ouvrirent, révélant ses yeux noirs dont les pupilles étaient dilatées et sauvages. Il se battait toujours si fort.
"Tu m'as promis," pleura-t-elle en le voyant perdre la bataille.
"Sam..."
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Les jours passèrent.
Parfois, ils passèrent si vite que Bella avait encore du mal à croire que cette nuit avait eut lieu il y a dix ans déjà.
Son regard tomba sur la tasse en céramique où son thé était presque froid maintenant. Elle la fit lentement tourner, effleurant la tasse faite main - elle l'avait acheté à un PowWow annuel il y a quelques années de ça.
Elle porta la tasse à son visage, inspirant l'odeur de Jasmin et de thé vert avant d'en boire une gorgée.
Elle n'était pas capable d'avaler quoi que ce soit aujourd'hui.
Et c'était une si belle journée.
Reposant la tasse à côté d'elle sur les marches, elle posa ses mains derrière elle et offrit son visage à un des rares jours de printemps de Forks.
Elle détestait toujours cette journée - ses amis savaient maintenant garder leurs distances et lui offrir leurs services pour du babysitting. Mais que ce soit parce que cet anniversaire marquait la décade ou à cause de la solitude, cette année, c'était vraiment dur pour elle.
"Maman!"
La voix d'un garçon la fit se redresser, son cœur s'emballant avant même qu'elle ne puisse s'en rappeler.
Jacob lui fit un sourire et un signe de la main alors qu'il suivait le garçon, une canne à pêche à l'épaule et un seau pandant dans sa main.
Sammy avait un de ses rares sourires aux lèvres - un sourire qui transformait tout son visage. Il devenait si grand - dans quelques mois, il aurait lui aussi dix ans et il arrivait presque à l'épaule de Jacob.
"Est-ce que vous avez attrapé quelque chose?" demanda-t-elle en se forçant à sourire.
"Ouais," dit-il en hochant fièrement la tête. "Tonton Jay dit même que le poisson est assez gros pour être mangé."
Bella se leva lentement et jeta un coup d'œil au pauvre poisson qui tournait en rond dans le seau. Elle fronça le nez.
"Tonton Jay le videra," annonça-t-elle sèchement.
Jacob lui fit un clin d'œil provocateur. "Contre paiement, bien sûr." Il agita les sourcils.
"Chantage," haleta Bella, faussement outrée.
"Je pense qu'il va demander une des tartes," intervint sagement son fils. Sammy avait l'esprit acéré de son père après tout.
Jacob renifla mais confirma la ruse.
L'attention de Bella se reporta sur son fils et elle le trouva en train de l'observer de ses yeux noirs et indéchiffrable. Habituellement, ils la rendaient plus heureuse qu'elle ne l'aurait jamais cru...mais aujourd'hui, ils lui rappelaient juste Sam.
"Tout ira bien," lui dit sobrement son fils, d'une voix de petit garçon.
Elle eut l'impression qu'une main s'enroulait autour de son cœur.
"Viens là, mon chéri," dit Bella, en essayant de dissimuler ses émotions sous son masque de mère-poule inquiète. "Ta tresse," regretta-t-elle en faisant tourner l'enfant.
Jacob et lui échangèrent un regard qui fit comprendre à Bella qu'ils n'étaient pas dupe.
Alors que Jacob posait le poisson sous le porche, elle enleva l'élastique des cheveux de son fils, le fit passer à son poignet et démêla rapidement ses cheveux des doigts.
"T'as plein de feuilles et de brindilles," grommela-t-elle en les jetant dans l'allée au fur et à mesure.
"Oh mon Dieu, il s'est sali au lac," s'horrifia sarcastiquement Jacob.
Avec des réflexes nés d'années d'entraînement, elle lui mit un coup de poing dans l'épaule.
"Aïeee!" hurla-t-il dramatiquement, titubant jusqu'aux escaliers avec autant d'exubérance que possible.
Sammy se tourna pour le regarder avec un amusement enfantin qui lui rappela que malgré son héritage et sa nature, une partie de son enfance avait survécu.
"Ouais, t'es plus qu'un simple mortel maintenant," lui rappela Bella avec un rire machiavélique. "Le niveau est bien plus bas maintenant."
Jacob leva les yeux au ciel avec un roulement d'épaules macho et un reniflement inutile. "T'aimerais bien."
Mais malgré sa moue boudeuse, Jacob n'avait eu aucun mal à renoncer au loup. En fait, la plupart des membres de la Meute originelle avaient arrêté de se transformer il y avait des années de ça. Bien qu'ils agissaient toujours comme une Meute, un par un, ils avaient renoncé aux guerres et aux sangsues pour se contenter du réconfort d'une famille humaine.
Mais pas Bella.
Elle rattacha la tresse de Sammy et l'embrassa sur la tempe.
"Je vais voir s'il y a du courrier," annonça-t-il dès qu'elle eut fini.
Bella hocha la tête et il monta les escaliers. Il avait la dextérité de son père et il adorait les maquettes - il en attendait une nouvelle; une qu'il avait acheté avec l'argent qu'il avait consciencieusement économisé.
Elle le regarda partir, s'arrêtant pour pousser le poisson du doigt avec curiosité.
Le poisson sauta en réponse et Sammy se tourna pour faire un sourire malicieux à Bella.
Il ressemblait tellement à son père.
Sam lui manquait tellement.
"Tu vas bien, Bells?" Jacob l'attira dans ses bras et ils montèrent sous le porche. Elle savait qu'il était encore plus exubérant que d'habitude aujourd'hui, juste pour essayer de la faire sourire. Mais elle n'en avait tout simplement pas la force.
Hochant la tête, Bella se pencha pour ramasser sa tasse de thé avant de rentrer dans la maison.
"Malia fait la sieste avec les petits?" devina Jacob en ouvrant la porte pour elle.
Bella hocha à nouveau la tête et bu une gorgée de thé alors qu'elle effleura la longue table de la cuisine du bout des doigts.
Elle était différente maintenant - comme tout l'était chaque jour. Certains des bancs avaient été changés, les coins de la table étaient éraflés. Il y avait des entailles dans le bois et des traces de feutres et une usure dûe à d'immenses hommes-loups complètement concentrés sur leur nourriture.
"Mère."
Les yeux de Bella volèrent à l'autre bout de la pièce, instantanément concentrés. Sammy ne l'appelait comme ça que quand il se passait quelque chose de sérieux.
"Il y a un homme étrange dehors," reporta-t-il d'une voix bien trop sûre pour un enfant de son âge. Son petit menton était légèrement relevé - criant son héritage. Son esprit vif notait chaque détail.
"Il a des cicatrices à la gorge...comme celles d'un loup."
La tasse échappa aux doigts de Bella et se brisa au sol.
"Monte à l'étage," ordonna-t-elle en jetant un coup d'œil à Jacob alors qu'elle traversait la pièce.
Elle embrassa rapidement Sammy sur le front. "Monte. Veille sur les petits avec ta tante," ajouta-t-elle - certaine qu'il se concentrerait sur sa tâche.
Égal à lui-même, Sammy fit volte-face et monta à l'étage pour accomplir sa tâche.
"Tu penses qu'on devrait appeller quelqu'un?" chuchota Jacob, sur ses talons.
Bella secoua sèchement la tête. "Je ne me laisserais pas intimider," cracha-t-elle.
Bella se précipita sous le porche et se figea ensuite.
Elle ne s'était pas préparée au choc qu'elle ressentirait en revoyant Paul pour la première fois depuis une décennie.
Adossé à une voiture de sport, il portait une veste en cuir, un jean et un de ses plus beaux sourire en coin.
Bella se reprit rapidement - il n'avait plus aucun effet sur elle maintenant.
"Reste là," dit-elle à Jacob en descendant les marches en tapant des pieds.
"Tu as un sacré culot de venir ici aujourd'hui!" cracha Bella.
Son sourire en coin disparut et il pinça les lèvres et baissa les yeux au sol.
Le cœur de Bella battait la chamade en revoyant cet homme, en ce jour précis, dans son allée. Mais elle avait traversé plusieurs guerres et prit soin d'une Meute qui s'était agrandie plus vite que les loups n'avaient vieillis. Elle ne tomberait pas en morceau à l'instant même où Paul Lahote revenait en ville. Elle n'était plus cette fille.
Bella essaya rapidement de faire un point sur la situation.
Comme Jacob, il était humain maintenant et ce depuis un petit bout de temps. En plus de sa musculature grandement diminuée, elle pouvait voir les rides qui avaient changé son visage. Mais il y avait d'autres changements aussi. Les vêtements étaient portés, la voiture louée. Il était détendu et sûr de lui - mais pas arrogant non plus.
Dans ses mains, il tenait une enveloppe.
Le regard de Bella remonta à ses yeux qui l'observaient de sous ses cils.
Il releva la tête et parcourut son visage du regard. "Ça fait un bail, Bella," murmura-t-il d'une voix basse et veloutée. "Et tu n'as pas changé. Toujours aussi belle-..."
"Oh, crois-moi, j'ai changé, " cracha-t-elle presque. "Qu'est-ce que tu veux?"
Paul ferma brièvement les yeux. Puis il prit une profonde inspiration et les rouvrit.
"Je suis venu te donner ce que je te dois depuis longtemps," dit-il doucement, simplement. "Une conclusion."
Les yeux de Bella retournèrent à l'enveloppe qu'il tenait avant de retourner au visage si familier mais si différent à la fois.
"Je suis venu te demander pardon." Paul haussa un sourcil. "Et te donner les papiers du divorce."
Bella ne savait pas quoi dire - il n'y avait pas de duplicité, pas de ressentiment ni de provocation.
Alors qu'elle se contentait de le regarder, la mâchoire au sol, il prit une profonde inspiration et fit un pas en avant.
Bella se tendit complètement en réponse.
Ça perturba clairement Paul. Il fronça les sourcils et l'étudia une seconde avant de fermer les yeux et baisser la tête comme s'il essayait de remonter le temps.
"Écoute," il releva la tête et la regarda droit dans les yeux. "Je ne suis pas là pour causer le moindre problème - je suis juste là pour rendre les choses meilleures possibles."
Bella déglutit difficilement et agrippa la couture de son t-shirt.
"Je ne me suis plus jamais transformé," lui dit-il dans un souffle, relevant presque distraitement la tête pour lui montrer les cicatrices que Sam lui avait infligé en lui arrachant presque la gorge.
"Tu m'as dit que j'avais besoin d'aide et," il aboya un rire et leva les yeux au ciel. "Éventuellement, je t'ai écouté." Il haussa un sourcil, un sourire désabusé aux lèvres. Sûr de lui.
Bien dans sa peau.
C'était l'homme qu'elle avait toujours su qu'il pouvait devenir.
Il baissa les yeux sur l'enveloppe qu'il triturait nerveusement avant de mettre les mains dans son dos.
"J'ai laissé l'animal derrière moi," lui dit-il d'une voix basse et égale - semblable à une confession. "Tout l'alcool et l'adultère et toutes mes conneries."
Il s'interrompit, ses yeux se posant tout autour de lui et elle regarda sa pomme d'Adam monter et descendre lorsqu'il déglutit. Finalement, avec un coup de langue sur ses lèvres, il la regarda à nouveau avec sincérité.
"Je suis désolé pour la façon dont je t'ai traité," murmura-t-il, d'une voix tremblante d'émotion. "J'étais si...si...si...," Il secoua la tête. "Tordu."
Il s'agrippa brusquement les cheveux. "Je suis désolé pour ce que j'ai fait à Sam-..."
"Qu'est-ce que tu veux, Paul?" l'interrompit Bella. Il avait probablement besoin de ça - c'était probablement une des étapes d'un programme ou quelque chose. Mais elle ne voulait pas entendre sa confession hésitation ou ses demandes de pardons.
Pas aujourd'hui. Jamais.
"Rien," dit-il rapidement. "Je ne veux rien du tout."
Bella essaya de se calmer - elle prit une profonde inspiration pour se recentrer. Elle avait de l'expérience quand il fallait gérer des situations difficiles et des loups sur le point de perdre le contrôle. Cette conversation était un jeu d'enfant en comparaison.
"Alors pourquoi es-tu venu?" Elle réussit à tourner sa question en simple interrogation et non pas en provocation.
Il renifla un rire et enfonça sa main libre dans la poche de sa veste avec un calme calculé. Il lui avait toujours dit que malgré ses sourires en coin, il était nerveux, et elle pouvait voir la véracité de ses propos.
Il haussa nonchalamment les épaules. "Je me suis dit que je devrais te donner ces papiers en main propre," murmura-t-il en levant les papiers qu'il tenait.
Bella pinça les lèvres. "C'est un papier officiel. Hey, t'aurais pu me faire signifier," renifla-t-elle en descendant les marches restantes. "Je connais un bon sheriff en ville."
Elle ne lui rendait pas les choses faciles - mais la vie n'était jamais facile.
"Pourquoi tu es venu ici, Paul?" Bella s'arrêta à quelques pas de lui et croisa ses bras sur sa poitrine.
Paul ouvrit la bouche mais les mots moururent sur ses lèvres alors que ses yeux voyageaient convulsivement sur le visage de Bella, encore et encore.
Mais d'aussi près, elle pouvait le voir et elle ne le voulait vraiment vraiment pas: il avait fait beaucoup de travail sur lui-même mais il y avait toujours des sentiments pour elle réprimés qui brillaient dans ses yeux. Elle allait y mettre le holà. Tout de suite.
Alors avec toute la confiance et tout le talent qu'elle avait accumulé au cours des dix dernières années, elle le détruisit en une seconde.
"Tu es venu pour toi," lui dit-elle fermement.
La limite entre compassion et responsabilité était fine comme une lame de rasoir et Bella avait appris à la parcourir sans se couper.
"Je suis contente que tu ailles mieux. Je suis fière du chemin que tu as parcouru," dit-elle calmement. "Mais venir chez moi...me traîner à nouveau dans ta vie pour que je puisse te faire te sentir mieux. Juste pour voir s'il y a encore quoi que ce soit entre nous..." Elle plissa les yeux et prit une profonde inspiration avant de carrer les épaules.
"C'est égoïste, Paul," lui dit-elle sèchement, sans aucune émotion. "Et tu as travaillé dur pour te débarrasser de l'homme que tu étais."
Les yeux de Paul se plissèrent sous l'effet de l'émotion, voyageant dans les siens.
Avec un minuscule sourire d'encouragement, Bella haussa un sourcil.
Le regard de Paul se posa au sol, comme s'il rassemblait ses pensées qui s'étaient éparpillée comme un collier de perles brisé.
Puis il montra à quel point il avait changé.
"Tu as raison," souffla-t-il en plongeant son regard dans le sien avec un ahurissement candide.
"Si tu es venu me demander pardon, je t'ai pardonné il y a bien longtemps," lui dit-elle doucement. "Je ne vais pas gâcher ma vie avec de l'amertume et du ressentiment."
Paul déglutit difficilement tout en la regardant, clairement perturbé de ne pas savoir quoi répondre.
"J'ai toujours voulu que tu sois heureux et ça n'a pas changé," continua Bella, d'une voix ferme mais contenant l'intonation qu'elle utilisait toujours pour calmer un loup.
"Mais Paul, je ne veux plus jamais te revoir."
Ses yeux noirs retournèrent aux siens.
Il l'observa une seconde de plus. Elle le vit imaginer ce qui aurait pu être - alignant des "et si" qui ne feraient que le blesser.
Puis il hocha la tête et son regard se posa sur l'enveloppe qu'il lui tendit.
Bella la prit avec sérieux. Elle n'en avait pas besoin, bien sûr, mais si elle était vraiment honnête et cherchait au plus profond de son cœur, ça l'avait dérangée d'être encore unie par un mariage qu'elle n'avait jamais choisi. Ça ressemblait trop à une imprégnation.
Elle avait décidé il y a bien longtemps qu'elle ne s'unirait à un autre homme que par amour. Pas pour un contrat ou un arrangement, mais par amour.
Et c'était ce qu'elle avait fait.
"Est-ce que tu es heureuse?" lui demanda doucement Paul en enfouissant ses mains dans ses poches.
Bella fit un pas en arrière. Inconsciemment, il cherchait encore des détails...un petit quelque chose personnel pour adoucir la séparation mais Bella ne lui le donnerait pas.
"J'ai tout ce que je veux," lui dit-elle sèchement, en se demandant s'il comprenait même le sens de sa phrase.
"Tu avais raison. Mes œuvres ont du succès," essaya-t-il. "J'ai une exposition-..."
Elle ne voulait pas en savoir plus.
"Adieu, Paul," l'interrompit-elle avec un sourire cordial avant de faire volte-face.
Ce vaurien de Jacob Black n'essayait même pas de dissimuler son sourire moqueur.
Alors qu'elle le regardait de travers tout en retournant vers la maison, Paul dut finalement le saluer. Jacob leva une main nonchalante avec tous les doigts sauf le majeur un peu trop recourbés pour être poli.
Bella ravala un reniflement mais leva les yeux au ciel alors qu'elle retournait à pas mesuré dans la maison.
Sans même un regard pour son meilleur ami, Bella ouvrit la porte alors qu'un moteur ronronnait derrière elle.
Elle se dirigea droit dans la cuisine et jeta l'enveloppe sur la table.
Puis elle explosa.
"C'est quoi ce délire!"hurla-t-elle alors que Jacob arrivait juste à ton pour le show. Elle essayait de contrôler sa colère - vraiment - mais s'il y avait bien une occasion pour exploser...
"Seigneur! Et ce bâtard savait quel jour on est!" Elle traversa la cuisine en tapant des pieds, mettant un coup de pieds dans les débris de sa tasse préférée pour les regarder s'éparpiller par-terre. "Je veux dire, s'est-il même jamais rappelé d'un foutu anniversaire dans toute sa vie?!"
Jacob s'adossa à la porte, les bras croisés sur son torse et un petit sourire aux lèvres. Il adorait qu'elle s'énerve...ce petit con.
"Je te préviens, Jacob Black, je vais faire disparaître ce sourire de ton visage," le menaça-t-elle en agitant un doigt et tout. Elle n'avait pas besoin de ça en plus du reste. "Tu ne seras plus aussi amusé quand-..."
Ses mots se désintégrèrent en un hurlement surpris lorsqu'elle fut lancée dans les airs, si haut qu'elle faillit presque se cogner à une poutre.
Elle avait été prudemment lancée donc elle redescendit pour affronter son adversaire et fut rattrapée par des mains puissantes qui absorbèrent sa chute.
Des mains qu'elle adorait: des mains patientes, tendres et aimantes.
"SAM!" cria-t-elle, enroulant ses bras autour de lui alors que ses lèvres se posaient sur les siennes attirées comme un aimant.
Pendant une minute ou une heure - elle ne savait pas et elle s'en moquait - elle essaya de le dévorer, engloutissant goulûment son goût, son odeur, la chaleur de sa peau.
Il était parti près de trois semaines.
"Est-ce qu'on peut descendre?" demanda une voix de femme à l'étage.
Bella se recula, le souffle court et étudia le visage de Sam. Des yeux sans fond et indéchiffrable la regardèrent, adouçis par un sourire délicieux sur toute cette intensité, qui lui donnaient envie de lécher ses lèvres épaisses.
Les paupières alourdies de désir, Bella se pencha en avant pour faire exactement ça.
"Ça dépend," répondit Jacob avec un petit rire. D'une voix un peu plus basse, il dit: "Bells, Mal descend les enfants."
Se figeant avec la bouche collée à celle de son loup, elle réalisa qu'elle avait enroulé ses jambes autour de sa taille, qu'une de ses mains agrippait son épaule alors que l'autre était plongée dans ses cheveux noirs. Bella était pratiquement en train de molester leur père au beau milieu de la cuisine.
Elle se recula avec un halètement qui résonna dans la cuisine.
Elle étudia son visage, essayant de mémoriser chacun de ses pores - avec une sorte de désespoir. Ils n'avaient jamais été séparés aussi longtemps et entre ça et la visite de Paul, honnêtement, elle se sentait un peu traumatisée.
Sam attendit patiemment de voir ce qu'elle allait faire, l'étudiant de ses yeux semblables à une nuit sans étoiles, calmes et composés, et emplis d'amour. Il haussa un sourcil sulfureux qui s'accorda parfaitement à son sourire en coin alors que ses grandes mains lui caressaient paresseusement les fesses. C'était à elle de décider: l'homme serait ravi de suivre son exemple alors que le loup la prendrait volontiers sur la table, se moquant de qui regarderait.
Se mordant la lèvre, les yeux de Bella voyagèrent une fois de plus sur son visage alors qu'elle lissait les cheveux qu'elle avait ébouriffés. Elle gigota pour lui demander de la poser par-terre, mais ses grandes mains restèrent refermées sur elle, lui faisant lever les yeux sur son visage.
"Tu m'as terriblement manqué," souffla-t-il lentement, ses lèvres caressant les mots. Ses yeux étaient encore plus expansifs et il se pencha en avant pour frotter sa mâchoire puissante contre la sienne, sensuellement.
Les yeux de Bella se fermèrent alors qu'elle savourait sa peau satinée, son odeur, le ronronnement satisfait qu'elle avait ignoré jusque là mais qui faisait vibrer son torse depuis son arrivée.
Elle le sentit la reposer au sol et elle détacha ses jambes de sa taille alors qu'il frottait son nez dans ses cheveux.
Puis avec un petit coup de nez dans la tempe, il se redressa. Elle rouvrit les yeux pour croiser son regard noir emplit de promesses. Bientôt.
Le pouce de Sam effleura son menton et il se tourna ensuite vers les autres personnes présentes dans la cuisine, qui avaient respectueusement attendu qu'ils aient fini.
Bella se tourna pour voir que Sammy se tenait à côté de Jacob, la main de son petit frère Charlie, dans la sienne.
"Papa!" couinait le bambin en trépignant alors que son grand frère le retenait.
Les yeux de Sammy étaient posés sur son père, attendant silencieusement un signe.
Elle ne les laissait jamais voir l'aspect sexuel de leur relation bien sûr (c'était la raison pour laquelle ils partaient pour des soirées pyjamas chaque weekends), mais ça ne la dérangeait pas qu'ils voient l'affection lupine entre eux - elle espérait que ça modèlerait leur comportement et que ça les aideraient à contrôler toute cette passion primale.
Quand ils se transformeraient.
Parce qu'ils le feraient. Puisque la Meute grandissait, que la société changeait et que de plus en plus de vampires apparaissaient, Sam avait décidé de continuer à se Transformer aussi lontemps qu'il le faudrait pour les guider au mieux - et aider son fils à prendre les rênes.
C'était dur pour une mère d'accepter ce fait, mais c'était son devoir en tant que compagne et meilleure amie d'un homme qui comprenait encore le loup mieux que lui-même. Leurs enfants et lui avaient un héritage qui s'étendait au-delà même des frontières de la tribu: Sam devenait un leader respecté et reconnu bien au-delà de la simple Réserve où ils vivaient. Ces trois dernières semaines, il avait été au Canada avec une tribu dont les gènes de Métamorphes venaient de se réveiller.
Suite à un signe qu'elle ne perçut pas, Charlie fut relâché, et comme un cheval sauvage, il se précipita vers son père avec un cri de joie assourdissant.
Sam se pencha et l'attrapa au vol, le jetant en l'air et le faisant éclater d'un rire sans peur avant de le rattraper tranquillement.
"Papa! Tu es parti longtemps!" s'exclama-t-il en s'accrochant au cou de son père avec abandon.
La grande main de Sam caressa les cheveux clairs de l'enfant alors que ses yeux trouvaient leur fils aîné, qui attendait naturellement le bon moment.
Sam lui tendit silencieusement la main et l'enfant s'approcha de lui, carrant visiblement les épaules. Il était à un âge où il imitait tout ce que faisait son père. Mais c'était naturel. Et comme toujours, Sam lui donnait l'espace et la neutralité nécessaire pour qu'il soit qui il voulait, mais ils se ressemblaient tellement.
Sam le guida lentement alors que Bella battait en retrait. Ils prenaient tous les deux soins de différents aspects de leurs enfants et respectaient les décisions de l'autre. Elle savait que Sam était le seul qui pourrait leur apprendre à être un homme et un loup, alors qu'elle s'occupait de leurs cœurs et de leurs esprits. Peu importe à quel point elle voulait intervenir et céder à ses besoins de mère-poule, elle tenait toujours sa langue.
Ce n'était pas difficile - Sam et elle se respectaient toujours.
Sam attira son aîné dans ses bras. Pendant un long moment, il serra ses fils dans ses bras, les yeux fermés et la tête baissée comme s'il méditait. Sam prenait chaque instant comme il venait et certains devaient être chéris - comme celui-çi. Il prit une profonde inspiration alors que Charlie essayait de lui faire relever la tête, babillant et essayant d'attirer son attention.
Puis avec une lente expiration, il se tourna enfin vers l'enfant, haussant un sourcil amusé.
"Patience, louveteau." Un rire profond s'enroula autour des mots alors qu'il faisait sauter l'enfant sur son genou.
L'ignorant, Charlie enroula ses bras autour de la tête de Sam et déposa un gros bisou baveux d'enfant quelque part entre sa joue et son œil.
"Charlie!" intervint Bella, pour sauver Sam.
Sam plissa les yeux et cligna des paupières pour essayer de se débarrasser de la bave alors qu'elle prenait l'enfant dans ses bras. Avec un petit rire, elle utilisa sa manche pour essuyer la bave qui le recouvrait. Son regard noir croisa le sien et ils échangèrent un regard amusé avant qu'il ne se tourne vers leur fils aîné.
Bella le regarda par-dessus son épaule alors qu'il s'asseyait sur le banc, attirant Sammy devant lui.
Malia souriait à côté de son mari, leur fillette de cinq ans dans les bras.
"Sarah, tu es sûre que tu veux que ce petit monstre vienne dormir chez toi?" demanda-t-elle avec amusement. Pure question de rhétorique.
La fillette hocha la tête avec enthousiasme. Charlie était comme une poupée vivante pour elle - Malia et Jake avaient décidé de s'arrêter à trois enfants et elle était la benjamine.
Sam et Bella avaient choisi d'attendre quelques années avant d'avoir Charlie. Entre les guerres, les guérisons, le temps qu'il leur fallait pour s'aimer et pour élever l'héritier de la Meute, cinq ans avaient semblé parfaits.
Il y avait d'autres fils d'Ephraïm prêt à prendre le manteau de l'Alpha si jamais Sammy avait choisi une autre destinée mais dès l'âge de trois ans, n'importe qui aurait pu voir qu'il était né pour ça.
Tout comme Sam.
Bella se retourna vers Sam, qui était assis sur le banc, ses avant-bras posés sur ses cuisses alors qu'il écoutait attentivement son fils, debout devant lui, sérieux et droit comme un piquet.
Malia emmena les petits à l'étage pour préparer le sac de Charlie, alors qu'elle faisait quelques pas vers eux pour entendre ce qu'ils se disaient.
Elle était sûre de savoir.
"Tu as bien agi," lui dit Sam, de sa voix basse et chaleureuse. "Mais ta mère et toi étiez toujours en sécurité - nous vous surveillions."
Ses yeux croisèrent ceux de Bella avant de retourner à son fils.
Elle soupçonnait depuis longtemps qu'il ordonnait à des loups de surveiller la maison quand il n'était pas là, mais il lui avait toujours dit que la sécurité de la Meute était sa responsabilité. Et Bella lui faisait confiance.
"Pourquoi, papa?" lui demanda Sammy.
"Parce que j'ai laissé ta mère sans protection une fois et elle a été blessée," lui dit-il simplement. "C'est inexcusable de refaire la même erreur."
Leur fils hocha la tête. "Oui."
Avec un coup d'œil à Bella, Sam haussa un sourcil et pencha la tête sur le côté. "Mais quoi d'autre?" murmura-t-il.
"Parfois ça arrive," récita Sammy en relevant fièrement le menton. "Et si tu ne te le pardonnes pas, ça se reproduira."
Un sourire étira lentement les lèvres de Sam. "Viens."
Il se redressa et Sammy se glissa dans les bras de son père. Il attira la tête de l'enfant contre son épaule pour une longue étreinte tendre. Parfois les mots ne voulaient rien dire.
"J'ai vu le poisson," murmura Sam en caressant la tête de leur fils avant de se reculer, gardant tout de même l'enfant dans ses bras.
Sammy hocha la tête. "Tonton Jay dit qu'il est assez gros pour être mangé," lui dit-il joyeusement - redevenant un enfant de neuf ans comme par magie.
"Tonton Jay le prend avec lui," intervint Bella en lançant un regard noir à son meilleur ami.
"Maman dit que Tonton Jay doit le vider," reporta Sammy. "Il est en train de négocier une tarte en échange."
Les yeux indéchiffrables de Sam voyagèrent dans la pièce, se posant d'abord sur Bella puis sur Jacob.
Il reporta son attention sur son fils. "Cody et toi pouvez le vider après son match," lui dit-il de sa voix grave. "Si tu décides de prendre une vie, tu dois être assez fort pour aller jusqu'au bout."
Bella se mordit la lèvre pour garder le silence. Ce genre de chose était si dur pour une mère - voir son fils était entraîné à tuer...
Mais c'était la réalité et le destin de son loup et de son fils.
"Tu dois décider si tu es prêt," continua Sam, d'une voix neutre qui laissait le choix à son fils. "Parfois, le meilleur choix c'est de relâcher sa proie."
Ce fut subtil, mais Bella vit le léger tic d'irritation de chaque côté de son nez - un éclair de déplaisir lupin réprimé. Peu importe à quel point l'homme évoluait et apprenait, le loup vivait toujours en lui.
Et c'était ça la raison pour laquelle Bella pouvait regarder son fils être préparer à livrer une guerre: la guerre la plus dure qu'il livrerait jamais serait contre lui même.
"Je vais y réfléchir," dit Sammy, en hochant sobrement la tête alros que son père se reculait un peu, effleurant la joue de l'enfant du dos de la main au passage.
"On le prendra quand même avec nous," intervint Jacob, avec un clin d'œil pour Bella et un sourire éblouissant. "Content de te revoir, cousin." Il lui tendit la main.
Sam se releva et les deux cousins s'agrippèrent l'avant-bras. "Merci," dit-il avec un minuscule coup de menton en direction de Bella.
Ils partageaient toujours tout et Jacob et Malia avaient été géniaux pendant son absence - l'aidant avec les enfant, lui tenant compagnie.
Surtout aujourd'hui.
En regardant ses deux enfants se préparer à aller dormir chez Jacob ou Embry - leurs maisons étaient interchangeable pour tous les enfants - afin de leur donner un peu de temps à eux, Bella savoura chaque seconde de cette normalité.
C'était un antidote dont elle n'avait jamais assez - elle n'avait jamais oublié la nuit où Sam avait failli l'abandonner. En fait, il l'avait abandonné. Il était resté sans vie dans ses bras pendant ce qui lui avait semblé être toute une vie, jusqu'à ce que Sue arrive et qu'il lutte pour revenir.
Sam était un guerrier jusqu'au bout...et il tenait toujours parole.
Entre les guerres et les sangsues, la violence et les loups, tous les membres de la Meute avaient vécu des traumatismes. Leur survie avait résidé dans le soutien de la Meute. Mais c'était différent. Elle savait que certains de ses amis ne comprenaient pas - tout s'était bien fini non?
Mais serrer l'homme qu'elle aimait dans ses bras, couvert de sang et mutilé. Sans souffle. Sans battement de cœur. Sans espoir. Bella avait regardé la mort droit dans les yeux et s'était noyée dans le désespoir.
Elle ne serait plus jamais la même.
Pas qu'elle voulait l'être. Avec ce qu'elle avait enduré pendant son mariage et après - elle était devenue assez forte pour se tenir aux côtés de Sam. Pour autant qu'elle en savait, changer était toujours douloureux.
Alors chaque année, à cette date, elle se forçait à se rappeler de ce qui s'était passé, pour pouvoir aussi se rappeler de tout le reste. Pour apprécier chaque inspiration, chaque jour, chaque battement de cœur et chérir chaque instant avec cet homme.
Bella prenait chaque instant comme il venait.
Sam comprenait.
"C'est fini," lui chuchota-t-il en enroulant ses bras autour d'elle pour l'attirer contre son torse.
Bella hocha silencieusement la tête en regardant la voiture passer devant la maison. Jacob klaxonna et elle fit un signe de la main à son fils, qui les regardait si sérieusement par la fenêtre.
Elle pensait que Sammy comprenait peut-être aussi.
Sans le moindre avertissement, elle fut soudainement soulevée dans des bras musclés. Un gloussement lui échappa alors que Sam la portait comme une mariée, et elle enroula ses bras autour de son cou.
Il se pencha et inspira profondément contre sa tempe, ronronnant de plaisir alors qu'il ouvrait distraitement la porte et la portait dans la maison.
Fermant les yeux avec extase, Bella pressa sa joue contre l'épaule brûlante de Sam alors qu'il retournait dans la cuisine.
"Je n'arrive pas à croire que tu as bien pu regarder," sourit Bella, les yeux fermés, bercée par sa démarche chaloupée.
Elle savait que le loup voulait toujours tuer Paul plus que tout. En fait, jusqu'à aujourd'hui, elle n'avait pas été certaine que Sam ne l'avait pas déjà traqué pour le tuer.
"Tu avais besoin de le faire toi même," murmura-t-il.
Les yeux de Bella se rouvrirent pour se poser sur le visage stoïque de Sam. Il avait raison - ça l'avait rendue plus forte. Étrangement, ça l'avait soulagé aussi. Confrontée par les démons de son passé, et en ressortir entière lui avait confirmé qu'elle n'était plus la fille qui avait échangé son respect d'elle-même et sa confiance en elle contre des coups et de l'impuissance.
Et même si ça l'avait probablement rongé de l'intérieur, il l'avait suffisamment respecté pour rester en retrait et la laisser faire ce qui lui fallait.
Mais Sam était un guerrier jusqu'au bout. Elle n'avait aucun doute qu'il combatterait à mort pour elle...même contre lui-même.
Seigneur, qu'est-ce qu'elle aimait cet homme.
Elle leva la main et effleura son profil du bout des doigts.
Lorsqu'elle atteignit sa bouche, il embrassa ses doigts avant d'étirer ses lèvres en un sourire sauvage. Sam baissa les yeux vers elle. "J'ai tout de même envoyé Toby et Joe après lui pour confirmer ta demande avec un peu plus de force."
Ses yeux se reposèrent sur sa destination sans attendre sa réaction.
Bella renifla un rire (un peu trop satisfait) et se mordit la lèvre - au moins il ne l'avait pas fait lui-même. Paul survivrait probablement.
Puis elle fut déposée sur la table de la cuisne. Elle avait toujours pensé que Sam l'avait faite un peu plus haute que la normale parce que les loups étaient si immenses, jusqu'au jour où elle avait découvert que c'était la taille parfaite pour d'autres choses aussi.
Tout ce que Sam Uley faisait était stratégique.
Soutenant son regard avec une œillade enflammée, il se glissa entre ses jambes. Sans un mot ni une autre seconde d'hésitation, il lui arracha sa robe, se débrouillant pour lui enlever sa culotte au passage.
Elle sourit et l'attira contre lui et il frotta sa joue contre son ventre et ensuite entre ses seins alors qu'un petit ronronnement de plaisir vibrer dans son torse. Elle se cambra sous lui lorsqu'il attrapa un de ses tétons en bouche.
"Tu es prête pour un autre enfant?" souffla-t-il en déposant des baisers sur sa clavicule, remontant lentement jusqu'à la marque au creux de son épaule.
"Oui," haleta-t-elle, alors qu'il traçait chacun des quatre point du bout de la langue. Des étincelles explosèrent sur ses paupières.
Bella voulait au moins deux autres enfants et elle avait le temps. Son corps et son âme étant lié à l'Alpha de la Meute, elle vieillissait avec lui - et donc pas du tout jusqu'à ce qu'il arrête de se transformer. Sam lui laissait le choix, mais elle savait qu'il voulait autant d'enfants qu'elle lui en donnerait...
"Bien," ronronna-t-il contre sa peau en frottant son nez contre sa gorge. "Parce que tu es déjà enceinte," chuchota-t-il en embrassant ensuite son cou.
Bella fit un drôle de bruit, à mi-chemin du rire et du gémissement et pencha la tête sur le côté pour lui laisser plus d'espace.
"Qu'est-ce que tu aurais fait si j'avais dit non?" rigola-t-elle.
"Mmm," ronronna-t-il contre le tendon de sa gorge. Elle pouvait le sentir sourire contre sa peau. "Je peux me montrer très persuasif," souffla-t-il avant de recouvrir sa marque de sa bouche, la suçotant et la mordillant.
Sa marque était comme une connexion direct à son système nerveux - Bella faillit jouir. "S-Sam," supplia-t-elle, ses doigts agrippant ses côtes alors que ses talons essayaient désespérément de l'attirer plus près.
Avec un rire sombre diabolique, il se recula, ses yeux brillant d'un feu sauvage adouçi par l'amour humain qui imprégnait chacun de ses traits. Le souffle de Bella se coupa dans sa gorge. Comment était-ce possible de l'aimer autant? Chaque jour, son amour semblait impossiblement plus fort.
Elle ne sait pas combien de temps elle resta comme ça - noyée dans ses yeux et frissonnante de désir. Toujours aussi patient, Sam soutint son regard avec un sourire sentimental qu'elle pourrait passer toute sa journée à admirer.
Finalement, il s'avança légèrement et pencha la tête - un geste purement animal. "Ça va?" murmura-t-il.
Bella se mordit la lèvre et hocha silencieusement la tête, mais ses mains s'enroulèrent autour des épaules larges de Sam. Juste pour le tenir. Dans ses bras.
Aujourd'hui.
"Tu sais, avec ces papiers," chuchota-t-il en haussant un sourcil. "On pourrait rendre notre accord officiel."
Bella cligna des yeux pour revenir au présent et ses yeux se plongèrent dans ceux de Sam, à la recherche du moindre indice.
Elle le trouva dans le gonflement de ses narines. Si les loups étaient quelque chose, c'était possessif - ça l'avait dérangé aussi.
"Tu as toujours tout eu," lui murmura Bella, lui rappelant que malgré le destin et les Dieux, malgré ce que les papiers officiels avaient à dire, elle était à lui. "Et c'est déjà officiel là où ça compte le plus."
Et c'était vrai - leur relation était reconnue par la Meute et le Conseil et ils avaient eu une cérémonie devant la Tribu (et ses parents). Et il y avait la marque - le signe le plus indélibile et définitif qui soit.
Il fronça le nez, prétendant être gêné par une mèche de cheveux - une expression étrangement lupine cependant.
Bella sourit doucement et leva la main pour repousser son prétexte derrière son oreille. Tout trace d'amusement disparut alors que ses doigts s'attardaient sur le visage de Sam, dessinant son sourcil, effleurant sa pommette, dansant sur sa barbe de trois jours.
"Qu'est-ce que tu veux?" lui demanda-t-elle doucement.
Elle releva les yeux vers Sam et le trouva en train de la regarder. Comme toujours.
Mais ensuite, un lent sourire étira ses lèvres, sensuelles et bien pleines - une oasis dans toute cette intensité. "Tu ne peux pas dire que tu ne sais pas ce que je veux, Bella," murmura-t-il.
Il se recula légèrement et une de ses mains quitta la table pour enfin s'approcher de sa braguette.
"Alors pourquoi tu me demandes?" Elle étira les lèvres en un sourire pudique. "Le mariage n'est-il pas une autre des Prérogatives de l'Alpha?"
Les mots étaient légers, mais ils lui firent visiblement quelque chose.
Il se pencha en avant déposa un baiser sur ses lèvres alors que son ronronnement sourd la faisait frissonner.
"Ça l'est, en effet," souffla-t-il dans sa bouche.
Puis il la pénétra.
FIN
Est-ce que vous êtes toutes en train d'hurler derrière vos écrans? Ouais, j'ai réagi pareil. Cette histoire est beaucoup trop courte n'est-ce pas? Et pourtant, la longueur est parfaite. Paradoxale, non?
Tout le monde sait à quel point j'aime les fics de Taoist Elf, et cette histoire n'était pas différente. J'ai adoré partager cette histoire avec vous, et j'espère que TE en écrira encore d'autres.
En attendant, je vous retrouve sur une autre de mes traductions! A plus!
Une dernière review pour me dire comment vous avez trouvé ce chapitre?
