Coucou !
Comme promis, mon neuvième chapitre (:
Comme d'habitude remerciements à celles et ceux qui me lisent et à ceux qui laisse une trace de leur passage en reviewant (bon en fait y'a pratiquement tout le temps que Jane mais tant pis T.T) en espérant que ce chapitre vous plaira !
En relisant le PV de Shawn j'écoutais le titre "Bones - Ms Mr" et j'ai trouvé que ça allait assez bien avec (peut-être parce que j'adore cette chanson, mais quand même ^^) alors tentez si vous voulez :p
Je ne vous en dis pas plus et vous souhaite une bonne lecture 8D
Chapitre 9
Peu à peu le son des pas pressés de Shawn s'évanouit au fond du couloir, bientôt remplacé par un silence pesant. Sensible comme je suis, je suppose que je devrais me mettre à pleurer, mais je reste immobile, les mains posées sur mes genoux, assise comme l'écolière qui attend la sanction du maître. Je passe une main dans mes cheveux et soupire, un long soupir las. Je suis fatiguée, pourquoi cela m'arrive à moi, nous arrive à nous ? Peut-être devrais-je courir après Shawn, m'expliquer auprès de Rebecca, ou alors rentrer à l'hôtel, m'enfermer dans ma chambre et pleurer à chaudes larmes, ou encore attendre patiemment que Mike s'inquiète pour moi et vienne ici me chercher, pour me retrouver, brisée, presque nue, le regard absent. Non, aucune de ces solutions ne me conviennent. Je me lève donc, légèrement chancelante et comme perdue et sans repères, je remets correctement ma robe, mes talons et je jette un regard au miroir pour m'assurer que je suis présentable sans trop paraître triste puis prenant mon sac je sors de ma lodge. Pour aller où ? Aucune idée. Cette journée aurait dû être merveilleuse, depuis l'aube jusqu'au crépuscule. Si Rebecca n'était pas venue, ça aurait été ma première fois avec Shawn, tout était parfait, bien trop parfait, bien trop doux et tendre, bien trop rose, tel un monde de fillettes. D'un côté je la comprends, Rebecca, l'air absent de son mari à dû l'effrayer et pour lui faire plaisir elle a voulu lui rendre visite, avec ses enfants, après son grand retour à la WWE. Comment cela a pu nous arriver ? Maintenant qu'allons-nous faire ? Alors que sa femme nous a vu enlacer tous les deux, alors que ses enfants m'ont vue, volant un long baiser à leur propre père.
Après quelques minutes de marche au hasard, je me rends compte que mes pas m'ont finalement menés jusqu'au parking, désert. Je sors mon manteau de mon sac et l'enfile rapidement. Au vu de la température et du vent glacial, je pense que me changer et mettre la tenue bien plus chaude que j'avais prévue aurait été plus avisée, mais je n'avais ni le temps ni l'envie sur le moment bien que maintenant, une fois dans le froid, je le regrette. Je ne dois pas pleurer, quoi qu'il arrive. Ce sont Rebecca, Cheyenne et Cameron, voir Shawn qui ont toutes les raisons de pleurer, pas moi. Ce ne serait que m'apitoyer sur mon sort, comme j'ai l'habitude de faire, comme je fais trop souvent, il faut que je cesse de croire que tous les malheurs du monde sont sur mes épaules. Je m'arrête quelques secondes pour laisser mon corps grelotter de froid, pour respirer un bon coup et pour que mes idées se remettent en place, tout en cherchant dans quel endroit je pourrais me réfugier. Tout à coup j'entends mon nom être prononcé, presque crier. Surprise, j'hésite et sans même chercher à savoir qui m'appelle je pars en courant dans la rue. De nouveau j'entends les appels de cette voix, une voix d'homme que je crois reconnaitre mais je continue de courir dans les rafales de vent qui tourbillonnent autour de moi, me plaquant les cheveux contre mon visage. Sous la lumière des lampadaires je vois le sol scintiller à cause du gel, un sifflement aigu rentre dans mes oreilles, me faisant bourdonner la tête. Enfin, ma course est arrêtée nette par un chemin de goudron gris foncé, grouillant de voitures et autres taxis passant alors que la lumière du feu vert est bien visible.
En entendant les cris se rapprocher je mets mes mains sur le côté pour me protéger et je m'élance sur la chaussée rugueuse, en stoppant dans un crissement aigu de pneus le taxi qui aspirait à passer, dans un concert de klaxonnements je continue de courir sur la route, je me sens défaillir en entendant un terrible « crack » alors que ma cheville se tord emmenant le talon de mes escarpins avec elle. Sans même avoir le temps de tomber je sens de puissants bras m'étreindre aux aisselles pour empêcher ma chute, et me faire effectuer un demi-tour en me ramenant sur le trottoir. J'ai beau hurlé, me débattre comme un beau diable, rien n'y fait, mon geôlier tient bon, insensible à mes coups. Les chauffeurs de la voie la plus proche me fusillent du regard avant de recommencer à rouler comme si ne rien n'était, sans pour autant me venir en aide. En retrouvant appuie sur mes pieds je sens ma cheville me brûler, mais rien n'y fait, je continue de battre des pieds et des bras dans l'air, tapant dans le vide dans l'espoir qu'il me lâche.
- ALYA !
Je cesse de gigoter tant Stephen à hurler fort puisque je reconnais son timbre de voix. L'intonation prise pour crier mon prénom est sortie de sa bouche tel un ordre, claquant et rude mais aussi désespéré. Il garde ses mains autour de mes poignets mais me laisse tout de même me décoller de lui et retrouver mes esprits alors que je me tourne pour lui faire face.
- T'es pas bien ? Ça va pas ou quoi ? Tu as failli te faire écraser !
Je sens mes yeux me picoter en rencontrant son regard sévère, mais sincère. Ses cheveux roux sont lavés de son gel habituel et retombent sur son front, du sang perle sur sa joue suivant une longue rainure qui passe même sur la paupière, je l'ai griffé en me débattant. J'essaie encore doucement et en vain je le sais de me libérer en sachant déjà que la peine est perdue mais il contre mes coups et profite que je m'avance pour coller mon corps au sien et enfouir ma tête contre son torse. J'arrête définitivement cette fois-ci de me débattre et je le laisse bercer ma tête, sans pour autant laisser les larmes qui rêvent de couler le faire. Lorsqu'il me lâche enfin les poignets me laissant des marques violacées, je l'entoure sans y prendre garde pour me rapprocher encore plus de lui, et pour qu'il me serre plus fort. Un froid étrange m'enveloppe sans pour autant qu'il émane de lui.
- Alya.. Me chuchote-t-il ; Regarde.
En passant un doigt sous mon menton, il m'oblige à lever ma tête. Et je constate avec surprise et émerveillement que de gros flocons blancs commencent à tomber avec ferveur. Je souris, autant pour moi-même que pour Stephen qui a comme moi le visage illuminé de joie par le phénomène météorologique. Je me surprends même, à rire, en tournoyant sous la pluie de flocons toujours plus conséquente, en tendant mes mains pour emprisonner le moindre cristal d'un blanc éclatant. Cristaux qui, même en fondant sur le sol dès leur arrivée au sol, s'acharnent tout de même au point de blanchir peu à peu la chaussée. Stephen me regarde, les mains dans ses poches, il semble surveiller mes mouvements au cas où je voudrais de nouveau m'enfuir et cette pensée me fait sourire davantage, que d'avoir un garde du corps personnel pour moi. Après une dizaine de minutes à rire sous la neige, je me rends soudainement compte que je meurs de froid. Mes lèvres sont gercées et presque violettes et mes dents claquent. Stephen remarque que je me suis arrêté de « Jouer » restant immobile et face à lui, mes épaules à hauteurs inégales avec mon talon cassé, et il me colle contre lui puis, retirant son manteau me le passe autour de moi, dévoilant en dessous de celui-ci une seule chemise légère, moulant parfaitement ses abdominaux et pectoraux.
- Mais garde ça, je n'ai pas froid ! Tu vas tomber malade !
- Oui oui, je te crois. Et tes lèvres presque noires, ça le confirme que tu n'as pas froid.
Je regarde mes jambes nues, parsemées de frissons, puis mon pied gauche en souriant devant les dégâts faits sur mon escarpin.
- J'aurais dû prendre des cours pour savoir comment courir avec des talons de 12 centimètres sur une chaussée gelée lorsqu'on est poursuivie par un géant non identifié.
Il passe un bras au niveau de mes cuisses et l'autre sous les aisselles, pour me hisser dans ses bras, à la manière d'une princesse m'arrachant un cri de surprise.
- En attendant le géant non identifié t'empêche un pénible trajet pieds-nus sur une chaussée enneigée.
Je lui chuchote un « Merci. » et je ferme les yeux en posant ma tête contre sa poitrine et en passant mon bras autour de sa nuque. Un quart d'heure plus tard, Stephen ouvre la porte de sa chambre et me dépose sur son lit puisque même le seuil de l'hôtel passé, il a refusé de me laisser poser un pied sur le sol. Durant notre trajet, la neige n'a cessé de tomber, recouvrant ainsi petit à petit la ville qui ne dort jamais sous mes yeux émerveillés.
- Tu sais où est Mike ? Lui demandais-je.
- Il a un rendez-vous avec les bookers, tu ne te souviens pas ?
- Non... J'ai la tête prise à d'autres choses en ce moment.
- Ça on l'a remarqué. Commence-t-il alors que je m'assois sur son lit ; Tout le monde l'a remarqué. Tu.. Tu peux me dire ce qui ne va pas ? Parce qu'on l'a tous vu. Tes sautes d'humeurs, un jour heureuse, le sourire jusqu'aux oreilles et le lendemain enfermée dans ta chambre à pleurer de chaudes larmes. Crois ce que tu veux mais tu es indispensable pour la fed'. Ta présence c'est comme un rayon de soleil, tu es là, et tu illumines tout le monde, enfin.. Tu illuminais tout le monde, parce que justement depuis peu ce n'est plus le cas. Tu n'es plus le soleil des vestiaires, et on.. Je m'inquiète pour toi. Je veux savoir ce qui te tue à petits feux, lentement mais sûrement. Je ne veux pas te perdre, et je veux que tu rayonnes de nouveau, comme il y a quelques mois.
Je me mords la lèvre inférieure en l'écoutant me clamer à quel point je semble compter pour lui et pour les vestiaires de son point de vue, mes yeux picotants pour cette belle preuve d'amitié, mais je retiens mes larmes, n'oubliant pas mon serment d'il y a quelques heures.
- Stephen.. C'est adorable ce que tu me dis là. Bien trop gentil pour une simple personne comme mo..
- Tu n'es pas simple ! Loin de là ! M'interrompt-il en me toisant debout, de toute sa hauteur.
- .. Pour une simple personne comme moi. Tu ne peux pas savoir comme ça me touche, comme ça fait du bien, mais non. Désolé, de tout mon cœur, je ne peux pas tout te raconter. C'est trop long, trop compliqué, trop personnel aussi, trop intime. Je t'adore, si Mike n'était pas mon meilleur ami tu le serais, sans aucun doute, mais je ne peux pas. Ça ne concerne pas que moi.
Il paraît déçu de mon refus. Peut-être pensait-il que son sourire ravageur me ferait flancher, mais non, si je lui raconte tout je prends le risque de pleurer, encore, et je m'y refuse. Je refuse d'étaler de nouveau mes soucis, ma vie privée, mes ennuis, mes relations. Si je ne suis pas capable de m'occuper seule de mes affaires, c'est que je ferais mieux de retourner jouer dans une cours d'école. Je sens son regard bleu, avec ses deux yeux brillants comme des saphirs pénétrer au plus profond de moi alors qu'il fixe intensément mes propres prunelles, enfin il détourne son regard ;
- La personne, fin' .. Le type qui te met dans un tel état, est-ce qu'il compte pour toi, est-ce que tu l'aimes ? Si.. Si un jour, j'apprends qui il est, je .. je pense que je pèterais mon câble, je pense que je lui casserai la gueule au point de le défigurer tant ça fait mal de te voir comme ça à cause de je ne sais qui..
- Oui Stephen, il compte pour moi plus que tu ne peux l'imaginer, et si je suis comme ça ce n'est pas sa faute, c'est la mienne, il n'y est pour strictement rien, et la violence ne résout rien, crois-moi tu n'as pas besoin de lui « casser la gueule » ou je ne sais quoi. Si tu devais frapper la personne qui me rend triste alors tu devrais me frapper moi.
- Ça c'est ce que tu penses, tu penses que c'est ta faute et moi, moi, j'en suis pas vraiment convaincu, pas du tout même, je ne te crois pas, et ..
- Et chut, Stephen, s'il te plaît, pour moi, tu es adorable, mais je n'ai pas très envie d'en parler.
Le cœur qu'il met pour essayer de me convaincre que je n'y suis pour rien, sans même savoir de quoi il s'agit me touche, mais ma tête commence à s'échauffer, réfléchissant trop. Je couvre le bas de mon corps d'un plaid à carreaux rouges en remarquant que je commence à avoir froid. Pour ne pas laisser un blanc s'installer, il descend son regard sur ma jambe couverte ;
- Ta cheville ? On y a pas pensé depuis tout à l'heure, mais ça va ? Elle s'est bien tordue quand ton talon à céder.
Moi aussi j'avais totalement oublié en parlant avec lui, et l'air froid de l'extérieur devait apaiser la douleur lors de notre trajet pour rentrer. Il remonte le plaid installé quelques secondes plus tôt, et observe longuement ma cheville, légèrement enflée, et détentrice d'un bleu sur le côté mais ne semblant pas plus abimée que cela, alors que moi-même, je souffre bien moins que lorsque je me débattais.
- Ça a l'air d'aller, il faudra voir demain, tu veux que je te mette une poche de glaçon dessus ?
- Non c'est bon merci.
Je laisse tomber le haut de mon corps contre le matelas, et lui tourne le dos alors qu'il s'est aussi assit sur son lit. Je sens le sommier s'affaisser quand il s'allonge à mes côtés et je sens également la maladresse dans ses gestes lorsqu'il pose l'une de ses mains sur mes côtes, près de ma taille mais sans trop s'en approcher, et enfin, un discret soupir de satisfaction lorsqu'il sombre dans le sommeil.
OoOoO
*PV Shawn*
- REBECCA !
J'hurle à nouveau. Si fort et avec tant de désespoir que cette fois-ci, elle s'arrête. Enfin. J'ai dû lui courir après pendant une bonne dizaine de minutes, hurlant à tout va pour qu'elle m'entende, pour qu'elle m'accorde un répit. Une chance de m'expliquer. Pourquoi est-elle là ? C'est un cauchemar, ça me semble évident, pareille chose ne peut pas m'arriver, pas à moi, ça ne nous arrive jamais à nous, toujours aux autres. Je vais finir par me réveiller et tout cela ne sera plus qu'un mauvais souvenir, n'est-ce pas ? Je rattrape enfin Rebecca, ma femme, celle qui devrait être la femme de ma vie, mais qui ne l'est plus. Oui, je suis fixé elle ne l'est plus. Mais cela n'enlève rien au fait que je l'aime presque autant que j'aime Alya. Elle se retourne vers moi lorsque j'arrive en face d'elle, ses yeux emplis de larmes mais remplis de tristesse, et d'une once de fureur. Oh oui, j'ai sans aucun doute dû réveiller la fureur qui est en elle, la fureur qu'elle est. Un vrai ouragan lorsqu'elle s'énerve. Mais je crains avoir réveillé bien plus que ça encore. Cheyenne, dans ses bras me regarde elle avec innocence et incompréhension, sans comprendre ce qui se passe alors que Cameron lui, debout aux côtés de sa mère tire sur sa chemise avec une main crispée, et n'ose relever le regard vers moi. Lui semble entre autres avoir compris la situation. Je ne sais pas si elle va me hurler dessus, ou au contraire flancher, et verser toutes ses larmes, mais je sais que quoiqu'il advienne je lui ferais - à contre-coeur - de la peine. Je ne sais pas non plus si c'est à moi de commencer, ou si je dois patiemment, sagement attendre galamment qu'elle s'exprime, et après quelques minutes à regarder son visage, puis celui de mes enfants j'inspire une grande bouffée d'air.
- J'a..
- Pourquoi ? Pourquoi Shawn ?
Je reste la bouche ouverte, alors que sans même avoir eu ne serait-ce que le temps de prononcer une seule syllabe, elle me coupe, en lançant des mots claquant comme un fouet dans sa bouche pourtant si douce. J'ai peur, terriblement peur et pourtant je tente du mieux que je peux de conserver un quelconque sang-froid.
- Pas avec les enfants Rebecca. Rentrons, et parlons en tête-à-tête.
- Avec les enfants. Ils t'ont vu, ils sont concernés, tu leurs expliques en même temps que tu m'expliques à moi.
Je n'ose même pas répliquer de nouveau et je cherche dans mon cerveau bouillonnant une tournure de phrase, quelque chose de souple, pour dire ce que j'ai sur le cœur, sans pour autant que mes rejetons ne s'inquiètent de la situation et pour qu'ils pensent, innocemment que tout va rentrer dans l'ordre.
- Tu me demandes pourquoi Rebecca ? Commencais-je, en lançant un regard inquiet à mes enfants avant de me concentrer sur Rebecca ;
J'aimerais pouvoir seulement te répondre, seulement le savoir. Tu sais, il existe, un sentiment.. l'amour. Ce sentiment indescriptible que pourtant tout le monde essaie de décrire, cette chose merveilleuse, qui donne l'impression d'avoir des ailes, qui fait battre un cœur bien plus vite qu'il ne le faudrait. Je l'ai ressenti pour toi ce sentiment, je le ressens toujours. Oui, quand je te voie je souris, je me sens bien, je suis heureux. Je t'aime. Mais au fil des années ce sentiment a perdu en intensité, en valeur. Ce n'est plus la même chose qu'au premier jour. Et ce sentiment, l'amour je le revis.. avec Alya.
Les larmes ont cessées de faire briller les prunelles marrons de mon épouse, et son souffle semble s'être calmé, je croise les doigts pour qu'elle comprenne. Pour que nous trouvions une solution, tous les deux. Il y en a sans doute une, qui ne nuirait à personne. J'hésite à laisser un blanc pour qu'elle s'exprime mais elle semble attendre la suite des explications.
- Quand notre histoire à commencer. Je me suis torturé, nuit et jour par remords, de peur de te perdre toi, et toi ma douce Cheyenne et toi mon grand Cameron. De perdre ma famille, ce qui est le plus cher à mes yeux. De vous perdre vous, vous qui êtes tout ce que je suis. Mais plus le temps passait, et plus je sentais mon cœur battre, battre toujours plus fort, et plus les remords m'accablaient. Alya pensait aussi à toi. Nous avons cherché, cherché une solution. Je l'ai vu pleurer, je l'ai même fait pleurer. J'avais peur de tant de choses comme si le danger venait de chaque côté, comme si j'étais encerclé. La peur de faire demi-tour et de laisser Alya seule, la peur d'avancer et de te perdre toi et ma famille, la peur - orgueilleuse - de me salir en stagnant là où j'étais avec toi et elle.
La suite, j'aimerais vraiment, vraiment te la confier en seul à seul, elle ne concerne plus les enfants, et je veux être sincère, jusqu'au bout, si cela peut me racheter à tes yeux.
Je la regarde longuement, son visage est sans expression, impassible, et j'essaie sans succès de deviner le fond de ses pensées en scrutant ses yeux, sa bouche, ses membres dans l'espoir du moindre signe m'indiquant si je me montre coinvaincant, ou.. non. Elle soupire enfin, long soupir fatigué, et alors que je baisse les yeux vers Cameron, elle m'assène une violente gifle, me faisant valser la tête de l'autre côté. Je porte aussitôt ma main sur ma joue pour la frotter, elle a sans doute dû me laisser une sacrée marque rouge, et malgré la précarité de la situation, je réprime un sourire ; avec elle comme mère, mes enfants ne se laisseront jamais marcher sur les pieds.
- Suis-moi.
M'ordonne-t-elle brusquement. Je ne bronche pas et, malgré la douleur qui me lance sur ma joue, la suis, en constatant tristement, qu'aucun de mes deux enfants ne m'accorde un seul regard. Mon cœur se serre, si jamais il ne me considérait plus comme le même, jamais, jamais je ne me le pardonnerais.
La porte d'entrée grince lorsque Rebecca l'ouvre sèchement, elle ne m'a pas adressé la parole de tout le trajet, m'obligeant à me serrer entre Cheyenne et Cameron à l'arrière de la voiture. Et après une demi-heure de route accompagné d'un silence des plus glacials, je soupire discrètement en humant l'odeur familière du rez-de-chaussée. Je m'ébroue puisque de nombreux flocons parsèment mon manteau et ma chevelure, alors que nous roulions sur la chaussée, une violente averse nous à surprise, émerveillant les enfants. Je lance un regard interrogateur à Rebecca en retirant mon manteau, jamais je ne l'ai vu aussi froide.
- Vas coucher les enfants, s'ils te posent une question, tu leurs réponds.
Le ton qu'elle emploie m'exaspère, mais je suppose n'avoir rien, mais absolument rien à redire, je saisis donc ma petite princesse rousse dans mes bras et tends une main à Cameron qu'il refuse par un simple « Non ». Une fois à l'étage il rejoint sa chambre sans rien dire alors que je me dirige vers celle de Cheyenne, je la dépose délicatement sur le lit, et après lui avoir retiré ses atours de fée lui dépose un baisé sur la joue.
- Demain Maman ne sera plus fâchée ?
Je sens mes yeux me picoter. Peut-être qu'à cause de moi, ses deux parents seront toujours fâchés, se battront l'un contre l'autre pour avoir la garde, et plus jamais elle n'aurait une vie de petite fille normale, avec sa mère et son père aimants.
- J'espère ma puce, bonne nuit, dors bien, Princesse des mille et une nuits.
Elle me sourit en m'entendant la surnommer avec le surnom de son héroïne préféré et je sors de sa chambre, puis me rends à celle de Cameron. Lui est déjà dans son lit, tourné dos à la porte, les couvertures remontées jusqu'au nez.
- Je t'aime Cameron, fais de beaux-rêves mon grand.
Pas de réponse. Je redescends après avoir refermé sa porte. Je ne sais pas si je dois me lamenter ou me réjouir puisque l'heure des véritables explications sonne enfin. Je rejoins Rebecca dans le salon, et m'assieds face à elle sur l'un de nos fauteuils.
- Tu voulais continuer en tête-à-tête, continues.
Je soupire, et pose mes mains sur mes genoux pour contenir leur tremblement et éclaircir ma voix. Elle me toise d'un regard, digne de la plus grande reine, sans doute réfléchissant au jugement qu'elle me donnerait à la fin, on pourrait réellement se croire dans un tribunal, sauf que dans ce tribunal, la peine de mort ne serait pas abolie.
- Un instant, après des heures de réflexion fatigantes et inutiles j'ai cru que la bonne chose, était de rompre, de divorcer, de toi. Je l'ai même cru plus d'une journée. Jusqu'à ce que j'expose ma solution à Alya. Elle a tout fait, tout fait pour me dissuader, elle était touchée par cette preuve d'amour mais elle n'a pas voulu que je le fasse et m'a imposé d'y réfléchir. Ce que j'ai fais, et je me suis rendu compte, que cette solution non plus n'était pas la bonne. Je finis par me demander si il n'y en a ne serait-ce qu'une, j'aimerais tant qu'il y en ai une, juste une, une minuscule qui permettrait que tout rentre dans l'ordre. Je t'ai trahi toi, j'ai trahi les promesses que nous nous étions faites, mais je te prie de m'excuser. Pourquoi ? Je ne sais pas, je.. je ne sais même pas si je veux continuer de vivre à tes côtés mais je t'implore tout de même le pardon, ne serait-ce que par honneur, et ne serait-ce que pour nos enfants. Si leurs deux parents doivent se séparer, qu'ils restent en bon terme non ? Je vais trouver quelque chose, une alternative, quelque chose qui m'y fera voir plus clair. Mais si tu savais comme je t'aime et comme parallèlement je l'aime elle. Je prie pour que soit envoyé en enfer celui qui me pose pareil dilemne.
- En fait, tu viens clairement me demander le pardon tout en m'annonçant que tu comptes peut-être me quitter et tout en délivrant tous tes sentiments pour ta belle, charmante intention.
- Je suis sincère. Tu me demandes des explications, je te les donne, qu'elles te plaisent ou non, je te dis la vérité, je suis perdu comme je ne l'ai jamais été, mais je te dis ce que je ressens, peut-être que demain ce sera tout le contraire mais qu'importe. Fais en ce que tu veux, elle t'appartient, cette vérité.
Elle abandonne enfin son air sévère et strict pour soupirer, et pleurer. Une larme coule d'abord lentement, doucement sur sa joue, suivie d'une autre, puis l'autre oeil s'y met et bientôt ses joues sont maculées de mascara. Sa tête entre les mains, elle est prise de soubresauts par ses sanglots et triste de la voir ainsi je me lève et vais m'agenouiller auprès d'elle. J'hésite un court très court instant puis me lançant lui essuie l'une des énièmes larmes qui coulent sur ses joues. Elle lève le visage vers moi et dans un reniflement passe sa main autour de mon cou.
- Shawn. Ton.. ton amante. Elle est jeune, magnifique, bien dessinée, parfaite, je comprends pourquoi tu as craqué, et je suis certaine qu'elle doit avoir de nombreuses autres qualités, intérieures. Je.. je comprendrais si tu allais avec elle mais je serais seule. Je me sens petite et gamine, j'ai l'impression de faire un caprice, de te bâillonner pour te garder ; mais je t'aime. J'ai deux enfants de toi, nous avons deux enfants ensemble. Je ne veux pas te perdre. Tu.. tu as été sincère quitte à me donner une vérité dure à avaler.. je suis prête à pardonner.. mais.. mais j'ai l'impression que je ne m'en remettrais jamais si tu me laisses, je t'aime tellement Shawn, tellement..
- Reb..
- Restes avec moi Shawn. Restes.
Les mots qui sortent de sa bouchent, sans me laisser le temps de répliquer sont à la fois claquants et doux, comme un ordre susurré, la voix claire de Rebecca s'évanouit telle une murmure sur le « Restes ». Un ordre ou une supplication ? Je n'ai rien à répliquer, si ce n'est lui dire que je l'aime pour la rassurer, mais la rassurer de quoi alors que je ne suis sûr de rien ? Je me lève et tends timidement ma main vers elle, elle l'accepte et l'utilise pour se relever à son tour puis je m'approche timidement pour l'embrasser sur le front. Ses mains tremblent alors que, la précédant, elle quitte la pièce pour aller dans notre chambre. Je ne la suis pas et sors dehors, toujours de gros flocons tombent et le sol en est à présent recouvert, je dégage la fine couche d'une des marches du court escalier devant la porte d'entrée et m'y assois afin de contempler le spectacle. Pour que le froid me pénêtre tel une punition, pour que la beauté des tourbillons enneigés me permette de réfléchir, pour que - peut-être - une fois le dos au mur, je puisse trouver la solution que je recherche depuis tant de temps, pour que les flocons fondant sur mon visage masquent les larmes qui y coulent déjà...
Alors j'avoue que la partie avec Shawn est peut-être légèrement lourde ? Je ne sais pas, mais il en fallait bien une, contrairement à moi, ils ne sont pas au collège, les deux protagonistes de mon histoire (ouah! Le mot savant 8D)
Laisser moi une trace, quelque chose, pour m'indiquer votre passage, et ce que vous penser de ma fic avant de partir (si possible, s'il-vous-plait gentiment 8D)
Vous n'aimes les gens :D
