Ok, ok. Je n'ai juste aucune excuse pour le "retard" si on peut appeler ça comme ça. Ça fait plus d'un an que je n'ai pas poster, c'est même possible que personne ne se souvienne de ma fiction (la vie est triste T_T) donc si vous êtes encore en vie, faites moi signe.

Donc après cette (très très très longue) absence, j'en suis rendue à mon chapitre 12, j'ai eu un mal de chien à le faire celui-là, manque de temps, manque d'inspiration, manque de motivation, mais finalement il est là, et je le trouve pas trop mal, à vous de me dire si j'ai tort ou raison :3

Donc j'arrête de blablater et je vous laisse, bonne lecture (:


CHAPITRE 12

MIKE

Après un long bâillement, j'ouvre lentement de petits yeux ensommeillés, clignant longuement des paupières afin de m'habituer à la lumière ambiante. Une fois que je peux les garder ouverts, je me charge de réveiller le restant de mon corps, étirant mes jambes, mes bras et mon dos dans des gémissements de bonheur, après une nuit d'un sommeil profond et sans rêves. Je roule sur mon lit, m'emmêlant dans les draps pour parvenir à mon téléphone portable, un message. Alya. Apparemment, tout va bien pour elle car son SMS me prévenant qu'elle rentrerait vers 11 heures comporte un smiley joyeux. C'est donc en souriant pour moi-même que je le repose sur la table de nuit et tente de me libérer de l'étreinte des draps. Au bout de quelques minutes de lutte, gesticulant et me débattant dans tous les sens pour défaire les tours que les draps se sont permis de faire autour de moi, je finis enfin par me délivrer. Rapidement je rejoins la salle de bain, prends une douche froide à une vitesse impressionnante et m'empare d'un peignoir et de pantoufles pour descendre déjeuner. Comme toujours les lendemains de show, la salle de cafétéria n'est pas bien remplie lorsque le soleil se lève, et c'est avec joie que je retrouve les habitués, les lève-tôt, composé de Nick, de Maryse, d'Adam et de Randall. Hormis ces quatre-là, la salle reste totalement vide, et après avoir pris mon plateau que je remplis copieusement, je vais les rejoindre, grand sourire aux lèvres et fais la bise à chacun d'entre eux. Mes collègues sont en pleine discussion sur le show d'hier, ressassant chaque match et segment afin que tout le monde appose son avis et je me félicite d'être arrivé au bon moment car les quatre catcheurs sont en plein examen du segment d'Alya. Étant donné que je suis son meilleur ami, et que pour moi, son être entier et tout ce qu'elle fait est parfait, je ne fais qu'écouter en dévorant mon croissant, spectateur des avis fusant sur la prestation d'Alya.

- Elle nous a habitués à mieux d'un point de vue technique. On sait tous qu'elle est capable de catcher beaucoup mieux.. Il lui faudrait seulement les adversaires et le temps nécessaire. Ça n'est pas contre Brie Bella en 2 minutes que tu peux faire un bon match. Commence Adam en se frottant sa jeune barbe sur le menton.

- Elle est blessée quand même. Moi j'aurais pas pu me battre comme ça. Contrecarre tout de suite Maryse.

- Moi, ce que j'ai aimé, commence Randy avec un ton présidentiel, c'est l'après-match. Le duo d'Alya et de Shawn est tellement hors du commun, et pourtant rempli de similitudes. Ils s'équilibrent, ils se complètent, et j'aimerais que ça dure personnellement. En plus ça fait un peu de bien, une légende qui ne revient pas pour dire aux gosses de huit ans de se brosser les dents avant d'aller dormir et de manger cinq fruits et légumes par jour. Un vrai gentil qui devient un vrai méchant, c'est cool ça!

- En plus c'est un plaisir de l'avoir avec nous, vous avez vu la mine d'Hunter ces derniers jours? Je pense que voir son meilleur pote revenir pour assurer le buisness ça doit être top! Souris Nick.

- Mmh. Ça se voit sûrement moins que sur Hunter, mais je suis moi aussi très content qu'il revienne, en tant que vétéran je vais me sentir un peu moins seul. Finit par dire Adam en rigolant afin de clôturer le sujet.

Je souris en constatant qu'apparemment, le segment a plu à mes collègues ce qui est déjà un bon point pour la suite. Tout en buvant mon chocolat chaud, je songe à la mine émerveillée qu'aurait eût Alya si elle était là en entendant Randy dire qu'elle et Shawn se complétaient et mon sourire ne fait qu'en croître, il semble qu'une journée pleine de bonnes humeurs s'annonce pour moi et elle. Je retourne réapprovisionner mon plateau en pain, en Nutella et avec une orange, car une bonne journée ne commence que le ventre plein et lorsque je retourne m'asseoir Randy, Adam et Maryse sont sur le départ, déjà motivés pour aller à la salle de sports. Gêné de devoir rester en tête à tête avec Nick, je rosis légèrement, en me demandant si finalement j'ai toujours aussi faim qu'il y a quelques minutes. Quant à lui, il semble se poser la même question, évitant tout contact visuel avec moi, en préférant garder son attention sur son plateau, garnit de viennoiseries. Il finit par briser le silence de lui-même rigolant de la pitoyable scène :

- En fin de compte, je ne suis plus très sur d'avoir aussi faim que tout à l'heure..

Son rire, bien que tendu, détend néanmoins l'atmosphère et me permet de manger un quartier d'orange. Au moins il n'a pas perdu son sens de l'humour.

- C'est ce que je pensais aussi, mais après tout on peut bien discuter non? On est adultes.

Lui dis-je avec un petit sourire. Il semble surpris, mais rassuré et je continue donc de parler afin de briser le blanc.

- Tu sais, je peux pas dire que ça ne m'ait pas dérangé, que tu m'embrasses, sur le coup ça m'a fait un choc, un sacré choc pour être franc, dis-je avec un sourire. Mais après tout, tu es comme tu es, tu es une personne normale, et j'ai absolument pas envie que notre amitié change, t'es un gars que j'aime vraiment bien et je n'ai pas envie te perdre pour des conneries. On est amis pas vrai? On se connaît depuis, déjà un bon bout de temps! On bosse souvent ensemble alors on va pas rester comme deux cons à rougir quand on se retrouve en tête à tête, ce s'rait stupide. Faut pas qu'on s'embrouille, j'veux qu'on soit amis.

Ok. Alors là, je vais commencer à sérieusement avoir peur de moi-même. Je n'arrive pas à croire que ces mots soient sortis de ma bouche. D'ordinaire, j'ai toujours un mal fou à poser des mots sur ce que je ressens, à m'exprimer - d'ailleurs c'est en parti pour cela que je n'arrive pas à avoir des relations sérieuses, tout ça parce que je suis incapable de dire les mots qu'il faut pour garder les gens que j'aime - mais là, je suis plus que surpris de moi-même. J'ai réussi à dire exactement ce que je ressentais. Certes, ce n'est pas du Shakespeare, mais ça me suffit amplement. Nick semble aussi surpris que moi par mon petit discours, mais heureux que nous puissions rester amis. Ouais, décidément la journée est bien, très bien partie. Après avoir discuter avec Nick comme nous le faisions il y a deux semaines, comme si rien ne s'était passé depuis, tout en finissant mon copieux petit déjeuner, il finit par me quitter pour aller lever Stephen, tous deux ont décidé de consacrer leur journée à la musculation, mais pour cela il faut que Nick se charge d'aller réveiller le géant roux, tâche plutôt ardue. Je lui fais un léger sourire et lui lance un « Bon courage! » qui ne sera sûrement pas de trop alors qu'il s'éloigne, et continue de touiller ma tasse de lait chaud vide, d'un air pensif. Un léger coup d'œil à l'horloge de la salle m'indique qu'il n'est que 9h45, et qu'il me reste encore un peu plus d'une heure avant de retrouver ma meilleure amie, de bonne humeur je l'espère. Je souris. La solitude fait un bien fou parfois, et j'ai l'impression que les problèmes autour de moi s'atténuent peu à peu. Après m'être assuré qu'il ne restait plus une miette à manger sur mon plateau, je me lève, et remonte à ma chambre, bien décider à me changer et à retrouver les autres à la salle de sport, j'ai de la bonne humeur à revendre, et je compte le faire dans l'effort.

OoOoO

Allongée sur le lit gigantesque de la chambre de l'hôtel, je souris légèrement à Shawn alors qu'il émerge tout doucement. Il vient tout juste d'ouvrir ses yeux après sa nuit de sommeil alors que je suis moi-même déjà prête à partir. La commissure de ses lèvres se relève adorablement pour me donner un merveilleux sourire. Qui me fait moi même sourire un peu plus. C'est un jeu qui pourrait durer des heures, quand il sourit, je souris, mon monde sourit, mon monde s'épanouit et tout autour de moi luit. Tout est beau, tout est bon, tout me semble enfantin et facile, j'aime notre monde à tous les deux. Ses yeux embués par la fatigue me fixent avec une lueur amusée, et moi, je le regarde, éperdument amoureuse.

- Je vais y aller, il est bientôt 11h.

- Déjà..

Il se relève et place sa main dans ma nuque pour me rapprocher de lui, et plaque ses lèvres contre les miennes, elles sont si douces, si sucrées, que j'en aurais presque envie de les manger. Je les mordille et tire légèrement dessus, puis amène ma langue contre la sienne. Un mouvement de la part de Shawn me tire vers le lit, m'obligeant à m'allonger plus vers lui sans pour autant décoller nos bouches. Je finis tout de même par les séparer, le souffle court, et après une série de courts mais passionnés baisés, caresses et longs câlins, je me lève finalement du lit. La moue triste qu'il fait me brise le cœur, mais je me retiens malgré moi. J'aimerais rester ici, pour toujours, avec lui et sans avoir à se soucier du monde extérieur, mais malheureusement c'est impossible. Il va me manquer terriblement, mais je me sens tellement soulagée.. soulagée, sereine et simplement heureuse. J'ai déjà tellement souffert que cette séparation ne peut - je crois - que me faire du bien. Il se redresse pour se retrouver assis sur le lit, et me tend sa main. Je la prends, lui offre un baiser dessus et la serre plus fort que ce ne serait autorisé, il fait de même et quand il la lâche, je recule de quelques pas pour ne pas lui sauter dessus et l'embrasser de nouveau.

- Je t'aime.

- Je t'aime aussi.

Je sens son regard brûlant sur moi tandis que je quitte la chambre après un dernier regard plein de tendresse, puis j'entends un bruit de matelas qui s'affaisse ; il a dû se rallonger et je refuse de me tourner de nouveau de crainte de retourner l'embrasse encore, et que ces adieux s'éternisent. Sur la table basse qui est près de la porte, je laisse bien en évidence une lettre que j'avais préparé depuis déjà bien longtemps pour lui, et un cadeau, une croix en argent, puisque Shawn est croyant. Derrière la croix, est inscrit sur la barre horizontale « You and I » et sur celle verticale « For the rest of our lives ». Si nous ne pouvons être réellement ensemble jusqu'à la fin de nos vies, nous avons au moins le droit de l'être sur un bijou, car je me suis fais faire le même, bien que je ne sois pas croyante pour ma part. Et puis je le remercie ainsi pour le bracelet qu'il m'avait offert, lors de mon premier match à Raw. J'espère que ça lui plaira. Nous nous reverrons dans quelques jours tout au plus - après tout il nous reste cette storyline en commun - pourtant j'ai l'impression qu'en quittant cette chambre d'hôtel je ne le reverrais plus jamais. Finalement après un dernier soupir, de soulagement je suppose, j'appuie sur la poignée de la porte, la franchis et la laisse se refermer derrière moi.

Après avoir quitté l'hôtel, je trouve la chaussée recouverte d'une fine couche de neige, d'à peine quelques centimètres. Les oiseaux chantent, le ciel est bleu, un homme joue à la guitare au bout de la rue, les rayons de soleil sont revigorants, ces doux rayons qui vous réchauffent vos joues rosies par le froid en hiver. J'hume l'air froid et en emplis mes poumons puis décide de me promener un peu, bien que la tâche soit un peu ardue avec mes béquilles, je suis de bonne humeur pour marcher un peu. Un peu de compagnie serait la bienvenue, je serais bien remontée dans cette chambre d'hôtel pour aller chercher Shawn, que nous parlions en marchant sans se soucier de rien, mais l'hôtel est maintenant loin et Shawn a justement bien trop de soucis. Je ne veux pas non plus appeler Mike, pour une fois qu'il n'a pas à venir en urgence je veux le laisser tranquille. Je sors mon portable, je n'ai qu'un seul message de mon meilleur ami, il m'indique qu'il est à la salle de sports avec Nick et Stephen, et sûrement d'autres collègues motivés. Finalement je prend le chemin d'un café près de la salle de sport, mes amis n'auront qu'à me rejoindre en quelques minutes après leur séance de sports, vu que je ne peux pas m'entraîner beaucoup je préfère éviter de m'y rendre, au risque de craquer et de faire un entrainement comme les autres. Après une quinzaine de minutes de marche je me réfugie dans le café alors qu'une petite averse de neige commence. Il n'y a pas grand monde, mais avec grand étonnement, et un pincement au cœur je repère Stephen dans un coin de la salle, avachi sur sa table avec un café fumant devant lui. Il lève les yeux vers moi et fronce les sourcils. Je me dirige vers lui, je ne peux pas le fuir et je n'en ai de toute façon pas l'envie. Son regard endormi ne me quitte pas des yeux jusqu'à ce que je m'assoie devant lui où il plonge sa tête dans ses bras croisés sur la table.

- Ça ne va pas? Lui demandais-je.

- On peut dire ça comme ça.

Je lui lance un regard interrogatif auquel il ne répond pas, et après avoir commandé un bon chocolat chaud, retente à nouveau d'avoir une réponse.

- Mike m'a dit qu'il allait à la salle de sports avec toi et Nick, tu n'es pas avec eux?

- Non. Répond-il toujours la tête enfouie dans ses bras.

Je ne comprends pas pourquoi l'Irlandais d'habitude de si bonne humeur semble si dévasté et me réponde si sèchement. J'ai peur que ce soit de ma faute, une fois de plus, à croire que tout le monde va mal par ma faute.

- Pourquoi tu n'es pas allé avec eux alors?

- Pas motivé.

- Gueule de bois?

- On peut dire ça.

Me dit-il en redressant légèrement la tête, je remarque que ses sourcils ne sont plus froncés, un bon point. Je commence a boire mon chocolat chaud bien fumant qui vient tout juste d'arriver, et continue sur ma lancée.

- Alors c'était quoi cette fois-ci? Boîte de nuit, bar ou tête à tête avec tes bouteilles de whisky a l'hôtel? Ça ne te réussit pas beaucoup l'alcool tu sais, tu ne devrais pas en abuser.

- Tête à tête. Je suis pas trop d'humeur à faire la fête en ce moment, je réfléchis pas mal, et je me trouve tellement plus inspiré avec une bouteille a coté.

Je rigole, il sourit.

- Et tu réfléchis à quoi?

- À chez moi, à mon passé, à mon avenir, à mes amis, à ce que je ressens, à toi.

Il est maintenant totalement redressé, une main sur la table, l'autre en train de jouer avec la petite cuillère de son café, un regard sérieux tourner vers moi. Je nous ai amenés aux explications sans même le vouloir, je toussote, repose ma tasse, et pose aussi une main sur la table.

- Je pense beaucoup à toi aussi..

- J'en doute pas, je suppose que « Comment fuir Stephen? » doit être une de tes préoccupations les plus urgentes non?

- Stephen!

- Dit moi dans les yeux que ça n'est pas vrai.

- Je ne te fuis pas, j'ai peur.

- Peur de quoi?! Est-ce que je t'ai fais mal ne serait-ce qu'une fois?

- Mais non, jamais, mais ce n'est pas de toi que j'ai peur, c'est de moi-même..
J'ai peur de me faire mal, de te faire mal, de faire mal à d'autres, à tout le monde, peu importe ce que je fais, quelqu'un souffre par ma faute! C'est de ça dont j'ai peur, j'ai peur de faire souffrir les gens.

- Et qui ça peut bien faire souffrir, lorsque tu es avec moi?

- Moi.

- Donc je te fais souffrir?

- Non j'y arrive très bien toute seule. C'est pas ta faute, c'est la mienne. Quand je suis près de toi, dans tes bras je ne réfléchis pas, et quand je ne suis plus avec toi je réfléchis trop. À ce que j'aurais dû faire ou ne pas faire. J'ai l'impression d'être une totale idiote avec toi. Bon j'avoue, une idiote heureuse mais quand même.. Dis-je avec un léger sourire avant de continuer ; C'est pour ça que je te « fuis ». J'ai tellement peur de ne pas réfléchir quand je suis avec toi, et de faire une chose stupide qui pourrait te blesser, ou n'importe qui d'autre..

- Tu n'es pas idiote, loin de là. Tu ne peux pas blesser les gens, enfin si, un peu.. Mais un seul de tes sourires suffit à ce que l'on oublie de suite le mal fait. Tu fais des erreurs, des gaffes, ça arrive à tout le monde. Moi y comprit, j'en fais tout le temps, tu es bien placée pour le savoir. Il faut juste apprendre à tirer des leçons de ses erreurs. Si tu ne veux faire de mal à personne, alors enfermes-toi dans ta chambre, ne parle à personne, ne vois personne, tu n'as aucun risque de blesser quelqu'un et encore.. Ton absence nous fera du mal. Fais ce que tu veux faire, sois heureuse à l'instant présent et occupes-toi des conséquences après.

Ma tasse de chocolat chaud et maintenant vide, mais je continue de la fixer, les sourcils légèrement froncés comme je réfléchis à ce que me dit Stephen. Je lui propose de sortir prendre l'air, car l'atmosphère ici commence à me donner une sacrée migraine. Nous payons donc et sortons côte à côte sur le trottoir finement enneigé. Je brise de nouveau le silence qui fait place entre nous pour revenir sur ce qu'il m'a dit quelques minutes auparavant.

- Toi tu fais toujours ce que tu veux?

- Pas tout, et pas tout le temps.

- Pourquoi?

- Parce que je suis quelqu'un de poli.

- Pourtant tu m'as dit qu'il fallait faire tout ce que l'on voulait et voir les conséquences après. Si quelqu'un Te traite d'impoli, ce ne sera qu'une conséquence. Et tu n'auras qu'à trouver une excuse.

- Alors selon toi je devrais faire tout ce que je veux et, tout le temps?

- Déjà c'est selon toi, et oui.

- D'accord! Dans ce cas.

Il s'arrête brusquement, d'un coup, et se tourne vers moi. Ma respiration s'accélère alors que je comprends très bien ce qu'il va faire. Ses mains se posent avec une douceur inouïe sur mes joues, comme si j'étais une poupée de porcelaine, et il lève doucement ma tête vers lui. Sa tête se penche à son tour vers la mienne pour qu'il puisse poser ses lèvres sur les miennes. Un sentiment protecteur m'enveloppe totalement alors que je goûte ses lèvres plus ardemment chaque seconde. Elles sont chaudes, et douces. Le pouce de sa main droite commence à caresser ma joue doucement alors que mes béquilles m'interdisent tout mouvement. L'espace entre nos bouches se fait plus petit de secondes en secondes, tout comme l'espace entre nos corps. Je sens sa langue se presser contre mes lèvres, et j'entrouvre légèrement la bouche pour que nous soyons encore plus proches. Ses mains descendent dans mon cou, dans mes cheveux, les caressant, puis elles descendent encore plus bas, sur mon dos, pour finir par enlacer mes hanches. Je sens mon pouls dans les veines de mes mains tant j'ai envie de parcourir son corps aussi, de pouvoir agripper ses cheveux, de pouvoir le serrer encore plus fort contre moi, de réduire le peu d'espace restant entre nous, et même si la frustration me parait énorme, je n'arrive pas à ne pas aimer l'instant présent. Finalement je finis par séparer ma bouche de la sienne par manque d'air, tout doucement, puis ayant repris du souffle je dépose quelques baisers sur ses lèvres, sur ses joues, et comme il se redresse légèrement, dans son cou. Il a les pommettes rougies. Peut-être par le froid, ou par la chaleur que se donnaient nos deux corps dans cette étreinte. Il décolle ses yeux de moi pour regarder autour de nous, la rue est toujours aussi déserte qu'au moment où nos lèvres se sont rencontrées et que nous avons fermé les yeux.

- Alors tu ne me traites pas d'impoli? Dit-il avec un léger sourire sur ses lèvres rougies.

- J'ai aucune raison de le faire.

- Ah oui? Un mec t'embrasse comme ça dans la rue, sans prévenir, et tu trouves ça poli?

- Pas n'importe quel mec.

OoOoO

Billie Jean is not my lover
She's just a girl and she claims I am the one

Dans un nuage de vapeur, de chaudes gouttelettes ruisselant partout le long de mon corps, une serviette autour du corps, et une autre autour de mes longs cheveux encore plus noirs que d'habitude, les pommettes rosies par la chaleur de l'eau et le regard embué, je sors de la salle de bain en marchant lentement, ralentie par la fatigue pour trouver mon meilleur ami, exécutant un pitoyable moonwalk et chantant à tue-tête avec la chaîne hi-fi la célèbre chanson Billie Jean. D'abord perdue pendant quelques secondes, je secoue la tête et regarde le spectacle continuer ; Mike se trémoussant ridiculement, avec de grosses chaussettes en laine, avec des motifs de rennes aux nez rouges cousus dessus et remontées jusqu'aux genoux sans doute pour mieux glisser sur le sol j'imagine. Je finis par éclater de rire après avoir bien pris en compte tous les détails de la scène et me laisse tomber sur le lit, me tenant les côtes, déjà douloureuses tant je rie devant ce spectacle. Quand la musique se tait, il finit son show par un petit tour sur lui-même et après un petit cri à la Michael Jackson, il mime un salut avec un chapeau imaginaire. Il me rejoint sur le lit d'un saut, et s'assoit sur mon postérieur, m'écrasant et achevant par la même occasion mes côtes. Je pousse un cri d'indignation, coincée sous lui, puis finis par bouger légèrement jusqu'à trouver une position confortable pour moi, et me laisse entourer par ses bras alors qu'il pose sa tête sur mon épaule, son souffle venant chatouiller mes oreilles.

- N'empêche que, heureusement que tu es catcheur, et plutôt doué pour ça, parce que je ne sais pas ce qu'on aurait bien pu faire de toi sinon..

Il me pince la joue entre son pouce et son index, indigné avant de prendre une mine de chien battu, et de mimer des sanglots.

- Trop de méchanceté en toi.

Je le fais tomber de mon dos en me balançant de droite à gauche jusqu'à ce qu'il tombe, et me relève avant qu'il me saute à nouveau dessus. Il roule sur le lit pour se retrouver sur le dos, et en plein examen du plafond, apparemment passionnant, puis pousse un long soupire. Je le regarde avec une lueur amusée au fond des yeux, et m'appuie contre le dos d'un fauteuil, alors qu'il commence à me raconter en détail sa journée à la salle de sports, me rapportant toutes les blagues qu'a pu faire Nick ou le poids exact, gramme pour gramme de ce qu'il a porté, puis après ça, me demande comment s'est passée ma propre journée.

- C'est fini avec Shawn.

Il tourne brusquement le visage vers moi, visiblement surpris.

- Sérieusement?

- Oui.

- Tu tiens le coup?

- Ça pourrait aller mieux, mais aussi beaucoup moins bien. Donc oui, ça va.

- Et avec Stephen alors?

- Ce matin on s'est retrouvés dans le même café, c'était même pas voulu, juste le hasard, et puis on s'est expliqué, et puis il m'a embrassé.

- Et?

- Je l'ai laissé faire, je me sens bien avec lui, je suis heureuse.

Il me sourit, je fais de même. Il se lève et vient me faire un câlin, apparemment content que j'aille mieux. Je le serre très fort dans mes bras, oui, je suis heureuse. Il me soulève en riant et je bas des pieds dans l'air puis il me laisse retomber doucement sur le sol, en me regardant avec l'un de ses regards protecteurs que j'adore.

- Je suis content pour toi. Allez je vais me préparer on va manger en ville avec Nick, Randall et Gail. Tu veux venir?

Je secoue négativement la tête et lui fais un bisou sur la joue avant qu'il ne disparaisse derrière la porte de la salle de bain après avoir fouillé dans sa commode afin de trouver les vêtements qu'il voulait, et d'avoir - au passage - mit le quart de ses autres vêtements par terre. Je me lève pour aller fermer les volets, et referme rapidement la fenêtre en frissonnant, il fait un froid mordant dehors, les températures ont encore chuté, et je suppose qu'une nouvelle averse de neige ne va pas tarder, cette fois-ci, l'hiver est bel et bien là. Après les avoir ébouriffés avec la serviette qui les maintenait en hauteur, je laisse mes cheveux encore humides boucler naturellement dans mon dos, et je quitte l'autre serviette qui couvrait mon corps pour enfiler un large et chaud jogging et un t-shirt appartenant à Mike, que je récupère après quelques minutes de périlleuses recherches dans le tas de vêtements qu'il a vidé de sa commode. Je rejoins mon lit, en ne boitillant qu'à peine sans mes béquilles, et me félicite en constatant que d'ici quelques jours, un ou deux tout au plus, je pourrais sûrement marcher normalement sans elles. Et avoir les mains libres pour parcourir le corps de Stephen comme bon me semble, me chuchote une petite voix au fond de ma tête. Je souris à cette pensée et repense encore à ce baiser de ce matin, et aux milliers de détails dont je me souviens parfaitement bien. Mes jambes me lâchent totalement en arrivant à hauteur de mon lit, et je me laisse tomber - sans trop avoir le choix - avec un grognement bestial et fatigué. Je me glisse sous les plusieurs épaisseurs de draps, remontant la couette jusque mon nez, et tends l'oreille pour entendre Mike chantonner un autre air connu de Michael Jackson, restant dans le même registre, Thriller. Décidément il faut que j'appelle Nick ou Randy pour leur dire de ne pas aller au restaurant mais plutôt au karaoké ; Mike a apparemment beaucoup d'énergie à revendre. La porte de la salle de bain s'ouvre justement sur lui ; il a abandonné ses merveilleuses chaussettes en laine pour des Timberlands marrons qu'il porte avec un jean, un long manteau noir d'hiver très classe et une écharpe qui rappelle le style universitaire. Ses cheveux sont impeccablement coiffés, ses dents d'un blanc immaculé, et son sourire resplendissant, il me semble aussi beau et parfait que toujours. Après s'être aspergé de parfum, il vient me baiser le front pour me dire bonne nuit, et je lui souhaite de passer une très bonne soirée, il me répond un « Ne t'inquiètes pas. » malicieux et me fait un petit clin d'œil avant de sortir de la pièce, les mains dans les poches. Je me tourne dos à la porte, recroqueville mes jambes et pose ma tête sur mes mains, m'enfonçant le plus possible sous la chaleur et la sécurité des draps. Je ferme les yeux et un léger sourire s'étire sur mes lèvres. Finalement, peut-être qu'une « Happy End » est bien possible. Je commence à y croire. L'image d'un Stephen souriant me conforte dans cette idée, et agrandit encore plus le sourire déjà présent sur mes lèvres. En tout cas je ne me laisserai plus faire, je ne me laisserais plus abattre comme cela, et je ne souffrirais plus pendant des semaines, je me battrais. J'ai bien pu me rendre compte que pleurer à chaudes larmes ne sert à rien. Il me reste encore le .. « problème » de Shawn avec notre storyline en commun. Le voir chaque semaine va être difficile, surtout qu'être en couple, en story' avec l'homme avec qui l'on vient tout juste de rompre, il n'y avait qu'à moi que ça pouvait arriver tant la chance se fait un plaisir de m'éviter, et, au contraire, je semble attirer indéniablement tous les soucis du monde. Je soupire, chassant tout ces problèmes de ma tête, et adresse une rapide prière à je ne sais qui, pour que tous se passe bien, et laisse mon esprit se détendre, puis s'endormir peu à peu.


Voilà!

N'hésitez pas à me mettre un review, ou un MP pour me dire ce que vous avez pensez de ce chapitre, et ce que vous aimeriez voir pour la suite, ça peut donner des idées parfois.

Je ne promets rien pour la date du prochain chapitre, mais promis, j'essayerais de ne pas attendre de nouveau 1an avant de reposter.

Et, un review = un bisou avec Stephen et/ou une séance de karaoké avec Mike, allez, je sais que vous en mourrez d'envie 8D