Hello o/

Un énorme merci pour mes reviewers, Jane Brooks, OI4K et Brina (Nanou?), j'adore vos reviews et ça fait toujours plaisir :D Si il reste d'autres lecteurs n'hésitez pas à me faire un petit signe de votre existence.

Alors ce chapitre est beaucoup plus court que les autres, et différent puisque l'on est dans le point de vue de Mike, ça a été difficile de le faire mais je suis assez contente du contenu même si la longueur me chiffonne un peu.

Ça n'avance pas beaucoup l'histoire d'Alya, mais ça permet de se poser un peu et de voir les choses évoluer du côté de ses amis.

Bref sur ce bonne lecture en espérant que ça va vous plaire :)


MIKE

Les mains enfouies au plus profond de mes poches, et la tête enfoncée dans mes épaules, je lâche un petit soupir d'impatience qui se transforme à cause de l'air glacial en un petit nuage de fumée blanche, qui s'élève pour disparaître rapidement quelques centimètres plus haut. Le fait que ma meilleure amie n'est pas voulue m'accompagner pour sortir cette nuit me chiffonne un peu ; je n'aime pas la savoir seule pendant que je m'amuse, même si à l'instant même elle doit se faire bercer dans les bras de Morphée, un léger sourire aux lèvres. Je suis incroyablement content pour elle, je sais que Stephen ne lui fera jamais le moindre mal, et qu'il la traitera comme une vraie princesse, mais je suis aussi très content pour l'Irlandais, étonnamment je suis peut-être plus heureux pour lui que pour ma meilleure amie. Depuis le temps qu'il attendait ça, il en devenait presque malade, nous étions définitivement en train de perdre le Stephen joyeux qui avait l'habitude d'arpenter les couloirs en riant avec tout le monde. Il était temps qu'ils se trouvent tous les deux, qu'ils arrêtent de faire les enfants et qu'ils se posent sérieusement. Surtout qu'Alya allait finir par se détruire avec Shawn. Certes elle était folle amoureuse, mais leur histoire était tout simplement impossible, Shawn ne pouvait pas tout quitter comme ça et Alya n'est pas une briseuse de couple ou de famille. Un toussotement me tire de mes pensées et attire mon attention. Je tourne la tête pour apercevoir Nick, un sourire en coin collé aux lèvres, non loin de l'entrée de l'hôtel, se dirigeant vers moi avec des pas pressés, conscient de son retard. Je me lève du banc sur lequel je méditais, les yeux tournés vers le ciel, pour aller le rejoindre. Il semble aussi frigorifié que moi, alors qu'il vient visiblement de sortir de l'hôtel, et nous nous dépêchons donc de prendre la route du fast-food où nous attendent Randall et Gail, marchant rapidement afin que le froid ne nous gèle pas sur place. La journée que nous avons passée ensemble à la salle de sports - puisque Stephen ne voulait finalement pas nous accompagner, et qu'il a apparemment bien fait - nous a permit de conclure la réconciliation engagée lors du petit déjeuner, et même de nous rapprocher davantage qu'auparavant.

- Je suppose que nos meilleurs amis respectifs nous ont raconté à peu près la même chose non? dit-il en rigolant.

- Si tu parles du « Je suis heureuse, c'était bien, je suis bien avec lui. » alors oui.

- Stephen était un peu plus causant, si j'avais voulu écrire tout ce qu'il débitait par seconde j'aurais dû classer ça en trente-sept volumes. Je ne l'avais jamais vu comme ça avant. J'espère que ça va durer leur histoire, sinon je pourrais me mettre à l'écriture des soixante-quatorze volumes de lamentations, et ça me tente moyen comme idée.

J'approuve en rigolant. C'est vrai que j'aimerais vraiment les voir rester longtemps ensemble, je ne vois vraiment pas ce qui pourrait les séparer. Et puis ils s'apportent du bonheur l'un à l'autre, ça se voit bien sur le visage de ma meilleure amie, elle a beau ne pas se l'avouer, il y a quelque chose de nouveau chez elle qu'il n'y avait pas avant Stephen. Je ne dirais pas qu'elle est amoureuse de lui, du moins pas encore, mais je suis persuadé que ça ne saurait tarder. En même temps je ne donnais pas plus de quelques semaines à Alya pour ne pas succomber à l'Irlandais, parce qu'il s'était vraiment décider à la faire craquer.
La gigantesque enseigne représentant un « M » jaune nous indique que nous sommes enfin arrivés à destination, et nous nous engouffrons dans le fast-food agréablement chauffé en comparaison de l'extérieur, et agrémenté de la délicieuse odeur des patates en train de frire. Nous repérons Randall en compagnie de Maryse - mais aucun signe de Gail - tous deux assit côte à côte près d'une table dans l'angle du bâtiment, à côté d'une volumineuse plante verte. Nous passons d'abord donner nos commandes, puis les rejoignons en retirant nos manteaux et écharpes.

- Gail n'est pas venue finalement? Demande Nick en haussant un sourcil interrogateur.

- Non, je suis passée la prendre dans sa chambre et j'ai trouvé Maryse sur le pas de la porte, avec ce petit air assez mignon qu'elle a quand elle est énervée ; elle s'était faite virer parce que le fiancé de Gail lui a rendu une petite visite à l'improviste..

- C'est terminé. Je ne partage plus jamais ma chambre avec elle. La seule occupation que j'ai trouvé à la place d'une bonne nuit de sommeil c'est d'aller m'engraisser dans un fast-food avec une bande de trois bras cassés. Sérieusement, qu'est-ce que j'ai fais au bon dieu? Dit Maryse en s'affalant sur la table. J'ai vraiment pas de chance, vous avez vu qui je me coltine?

Nous rigolons tous puisqu'elle pointe Randall du doigt, qui proteste véhément en décalant sans cesse sa main pour le faire pointer autre part que sur lui et nos commandes arrivent, après de longues minutes d'attente insoutenable pour nos ventres affamés, gargouillant comme des bêtes enragées. J'empoigne mon burger et l'amène à ma bouche pour le croquer avidement, en me mettant par la même occasion de la sauce partout, dégoulinant sur tout le contour de mes lèvres et me donnant une apparence plus animale qu'humaine, ce qui fait éclater de rire mes collègues alors que je marmonne un petit « J'ai faim moi! » sur un ton boudeur. Le reste de la soirée se déroule normalement, si ce n'est quelques incidents de plus avec la sauce, ayant entraîné bon nombre de moqueries sur moi, et surtout sur ma façon de manger. Après un bonne heure de discutions plus étranges les unes que les autres, et après que Randall, Nick et moi ayons commandé deux burgers en plus pour nous sous le regard effaré de Maryse, nous sortons enfin du fast-food pour retrouver le froid de l'extérieur, l'estomac bien rempli et en riant à grands éclats. Alors que nous décidons de prendre la route d'un petit pub où continuer calmement la soirée, je tire un peu sur la manche de Nick pour l'écarter des autres, et lui faire ralentir sa marche afin que Randy et Maryse prennent de l'avance.

- Ils ont l'air plutôt bien ensemble non?

Il s'arrête de marcher pour mieux observer le couple marcher côté à côté, s'appuyant l'un sur l'autre dès qu'ils éclatent de rire pour une quelconque blague, de l'un comme de l'autre. La canadienne se tient au bras de Randy et quand ce n'est pas elle qui le fait, c'est lui qui lui lance des regards coulants, les deux semblant ne même pas s'en apercevoir.

- Dis donc tu as l'œil! On devrait peut-être les laisser aller à ce bar en tête à tête..

Nous nous regardons avec le même sourire complice, la même lueur malicieuse dans les yeux, et la même idée en tête pour mettre ces deux-là en couple, et nous faisons discrètement demi-tour en direction d'une boîte de nuit non loin de là. Les éclats de rires de Maryse se font encore entendre alors qu'ils sont bien loin devant nous, et qu'ils semblent n'avoir toujours pas remarqué notre absence - ou bien peut-être font-ils semblant de ne pas s'en être rendu compte - mais dans tous les cas je suis persuadé que se retrouver en tête à tête les arrangera tous les deux. Nous disparaissons donc derrière l'angle d'une rue moins éclairée que la précédente, et après quelques minutes de marche dans des rues de plus en plus étroites et sombres, subissant les rafales de vents gelées, nous atteignons enfin la boîte de nuit visée. Le videur nous accorde l'entrée d'un signe de la tête, et nous grimpons les quelques marches qui donnent l'entrée au bâtiment.

À l'intérieur le monde est totalement différent de l'extérieur. La chaleur est tout juste supportable, les cris, la musique, les rires, les verres qui trinquent ; tous les sons se mélangent et s'assemblent pour donné un mélange spécial, un mélange festif. Nick nous repère une place, et s'assoit sur un fauteuil libre, se calant entre deux coussins, puis commande une boisson alcoolisée. Je préfère quant à moi ôter mon manteau et mon écharpe, pour me retrouver en chemise dont j'ouvre les quelques boutons du haut, puis je passe ma main dans mes cheveux, les arrangeant comme je peux avant de me diriger vers la piste de danse. Au milieu de tous ces inconnus auxquels je me suis mêlé, l'air est encore plus irrespirable qu'auparavant, l'espace encore plus réduit, et la chaleur encore plus torride. Tout semble multiplié ; les sons, les lumières, la musique, les flashs, la fumée, le brouhaha incessant. Mes sens tourbillonnent et je me laisse doucement aller, commençant à oublier qui je suis et à danser comme si ma vie en dépendait. Au bout de quelques minutes une jeune femme s'approche de moi avec de grands yeux verts aguicheurs. Elle a de longs cheveux roux et bouclés, qui lui donnent un air d'une princesse Disney - je ne me souviens plus de son nom - des tâches de rousseurs sur ses pommettes bien hautes, et elle semble assez grande, bien que chaussée sur de haut talons. Elle porte une robe noire pailletée, s'arrêtant en haut de ses cuisses pour épouser parfaitement ses formes et dévoiler la poitrine de la jeune femme avec un décolleté plongeant. Celle-ci commence à danser devant moi, et je la regarde faire, jaugeant son corps et son visage, puis elle vient se coller à moi et prendre mes mains dans les siennes. Je la laisse faire, curieux de voir jusqu'où se poursuivra son jeu de séduction. Si Alya était là elle lâcherait un soupir désespéré en me demandant quand j'arrêterais de croquer toutes les femmes que je croise, et surtout, de jouer avec elles, mais pour une fois que c'est l'une d'entre elle qui vient, et non pas l'inverse, je ne me fais aucun reproche, et restreint l'espace entre mon corps et celui de la jolie rousse. Nous nous lançons tout deux dans une danse langoureuse, nos corps enlacés l'un contre l'autre, tournoyant dans la pièce, nos bouches tantôt à quelques centimètres l'une de l'autre et tantôt embrassant le cou de notre partenaire. Elle me chuchote son prénom dans le creux de l'oreille, et me demande le mien, mais je ne lui réponds pas, trop occupé à déposer des baisers dans son cou. Je l'entends rire, son prénom est déjà sorti de ma tête, quelque chose en Be je crois, elle ne m'intéresse déjà plus. Mes yeux ne sont plus portés vers son décolleté plongeant, mais sur Nick, que je viens d'apercevoir entre deux autres couples. De là où je suis, je le vois parfaitement bien. Toujours entre ses deux coussins, immobile, il a la mâchoire crispée, comme s'il serrait les dents, et les sourcils froncés. Alors que je continue de mouvoir mon corps contre celui de Be, instinctivement, tout en continuant d'observer mon collègue, il lève son regard vers moi.

Ses yeux bleus comme du cristal sont rivés vers les miens - il ne m'a pas cherché du regard, il savait précisément où j'étais, ce que je faisais, il savait aussi que je le regardais, j'en suis persuadé. Son regard est comme vidé de toutes émotions, excepté la tristesse, bien visible au fond de ses prunelles. Je me mords la lèvre inférieure jusqu'à me faire mal en constatant que je le fais souffrir. Mes mains lâchent tout naturellement celles de cette fille, Be, même si je ne me souviens pas vraiment avoir voulu le faire. Je détourne mes yeux de Nick, vaincu à ce duel de regards et prends le chemin de la sortie, troublé. Be m'attrape la main, ne comprenant pas, mais j'écarte mon bras en pestant dans sa direction sans lui lancer un seul regard alors que mes pas me mènent toujours vers l'extérieur. Lorsque je quitte le bâtiment, le changement brusque d'ambiance me fige quelques instants, il fait un froid de chien et il neige. Beaucoup. De gros flocons se posent par centaines sur le sol et sur moi, tourbillonnants avec le vent, comme les feuilles l'auraient fait en automne. L'air glacial me fait frissonner de la tête aux pieds puisque je ne suis qu'en fine chemise, mais je ne peux me résoudre à retourner à l'intérieur. Pas pour voir de nouveau le regard que je viens de voir dans les yeux de mon ami, ou bien même pour le voir sourire, feignant que tout va bien. Ma chemise commence à me coller au corps, trempée par les flocons, tout comme mes cheveux, et je décide de faire des allers-retours sur le trottoir pour me réchauffer comme je peux. Je pensais que nos explications nous permettraient de redevenir amis, de s'entendre bien de nouveau, de passer du temps ensemble, d'être proches sans qu'il y ait d'ambiguïté, mais j'ai oublié le détail le plus important. Il m'aime. Je commence sérieusement à geler, et à claquer des dents quand une main se pose doucement sur mon épaule. Je me tourne, Nick est là, et me tend mon manteau et mon écharpe d'une main. Son visage est impassible, et je ne l'aime pas comme ça. Je préfère quand il sourit. Je reste le fixer quelques minutes sans trop savoir quoi faire, puis frissonnant je récupère mes affaires, sans pour autant les enfiler. Lui aussi commence à avoir les cheveux mouillés par la neige, alors que quelques minutes avant ils tenaient impeccablement grâce à son gel, ils commencent maintenant à tomber sur les côtés, entourant son visage comme une auréole dorée. Sans un mot il s'éloigne sur le trottoir, et je me laisse littéralement tomber sur celui-ci, m'asseyant sur son rebord en marmonnant une injure pour moi-même. Mon poing frappe rageusement une voiture garée à côté de moi, brisant par la même occasion le phare et blessant mes doigts jusqu'au sang et je pose ma tête sur mes avant-bras eux-mêmes reposant sur mes genoux, la face dirigée vers le sol. Je suis fou de rage. Je ne sais pas pourquoi, mais je le suis. Je veux crier, pleurer, frapper tout ce que je trouve, mais mes doigts déjà ensanglantés m'en dissuadent. J'entends des pas revenir vers moi, je sais très bien de qui il s'agit. Mon manteau, jusque-là posé à mes côtés se retrouve comme par magie sur mes épaules, et alors que je relève la tête vers Nick, sa main se tend devant moi afin que je m'en serve pour me relever. Une fois debout je cherche quelque chose à dire, à faire, mais je suis tétanisé. Je ne veux même pas croiser de nouveau le regard bleu glaçant de Nick, par peur d'être troublé de la même manière que tout à l'heure. Je sens le bras de Nick entourer ma nuque, et sa main se poser sur mon épaule en tremblotant légèrement.

- On rentre à l'hôtel.


Finit!

J'espère que ce chapitre vous a plus, n'hésitez pas à me donner vos avis par MP ou par reviews, je suis preneuse de tout critique :3

Et j'espère vous revoir très bientôt :D