Voilà, en écrivant un autre léger Annie/Armin, je me suis dit : "Pourquoi ne pas faire un recueil ?"
C'est donc ce que j'ai fait ^^

A partir de maintenant, vous aurez droit à différents OS avec le couple plus ou moins sous-entendu, et un rythme de publication totalement aléatoire puisque dès qu'il s'agit d'eux c'est écrit sur un coup de tête.

Vos avis m'intéresse, bons ou mauvais !

Bonne lecture :)


Annie était une femme forte. En fait, Armin ne comprenait toujours pas pourquoi il avait mis autant de temps à réaliser que Annie ne pouvait pas être aussi forte – une telle force, une telle détermination, c'était humainement impossible. Tout le monde finit par craquer, n'est-ce pas ?

Mais Annie étant Annie, alors qu'un total hasard avait amené Armin à percer cette carapace que la jeune fille gardait constamment contre son cœur, elle n'avait pas craqué comme les autres. Elle n'avait pas crié, pas pleuré.

Elle avait tout simplement douté.

Alors qu'Armin, pressentant il-ne-savait-quoi, l'avait forcée d'un geste un peu trop brusque à le regarder, il l'avait vu. Ce doute.

Il avait reculé, sous le choc, les yeux écarquillés. Jamais Annie ne lui avait parue aussi fragile, et il y avait un espèce de je-ne-sais-quoi qui l'avait profondément mis mal à l'aise. Il n'était pas censé la voir ainsi.

Ce visage rongé par les doutes, ces yeux indécis, cette bouche tremblante, ce ne pouvait être. Et pourtant.

Alors, lorsque Annie avait détourné la tête, lorsqu'elle s'était apprêtée à partir, il n'avait pu se résoudre à la laisser faire. Il l'avait retenue, d'une main sur la sienne, et elle s'était figée, dans l'attente. C'était un moment hors du temps, les doigts d'Armin entrelacés dans les siens curieusement vacillants, et alors, il n'avait su que faire, que dire.

Le temps était impitoyable.

Il avait repris son cours, le doute était passé, Annie avait de nouveau paru froide et distante.

Elle était partie, et il n'avait su que faire.

Il avait parlé, alors qu'elle était déjà loin, mais c'était trop tard. « Annie... » Cette voix, remplie de douceur et d'un peu d'incompréhension, avait résonné trop tard.

Et aujourd'hui encore, lorsque Armin songe à tout ça, il se dit qu'il aurait dû s'en douter. Ses poings sont crispés, ses yeux tristes – parce que lui seul sait.

S'il avait dit quelque chose à ce moment-là, les choses auraient-elles été différentes ?

Armin ne sait pas, et ça le ronge de ne pas savoir. Ça le ronge de regretter. Ça le ronge de se souvenir.

Des deux, il se demandait vraiment lequel avait été le plus stupide. Et ça aussi, ça le ronge.

Tu me ronges, Annie.

Comme un poison.

Comme un regret.

Annie était Annie. Armin était Armin. Il n'y avait jamais eu la moindre place pour Annie et Armin.

Et pourtant... Tu me ronges.

Regret, souvenirs, cauchemars.

Et une promesse, faite lors d'un instant de doute, pour se donner du courage.

Je t'attendrais.

Il l'attendra.

Et alors, peut-être qu'il y aurait la place pour Annie et Armin.

Mais il ne sait pas. Il ne saura peut-être jamais.