« La vie est lunatique et se plaît à mener les événements
comme une fantaisie, sans rime ni raison. »
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Je vous souhaite dès à présent une excellente lecture.
Les personnages et l'univers appartiennent à J. ©
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Hermione Granger n'était pas une fille qui répondait aux injures, elle préférait ignorer.
Feindre l'indifférence... Toujours. Ne rien laisser paraître, du moins essayer de garder un visage aux traits froids car elle ne répondait jamais par les mots. Souvent elle toisait avec mépris, dégoût ou pitié. Rabaissait son interlocuteur par un simple regard. Pour les mots, c'était Harry, pour les poings, c'était Ron. Ça marchait toujours comme ça. Quand on insultait Hermione, elle toisait, Harry défendait et Ron attaquait.
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Aujourd'hui, elle était seule.
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Certes il y avait Ginny, Neville et Luna mais c'était différent. Ce n'était pas pareil, ils n'étaient pas comme eux, comme Harry, comme Ron, ils n'avaient pas la même complicité, ce lien... C'est pour ça qu'elle aimait Ron. Pour sa spontanéité, il ne réfléchissait pas, il agissait, il l'agaçait autant qu'elle pouvait l'aimer, ils se chamaillaient autant qu'ils s'aimaient, c'est à dire énormément mais il était comme ça et elle l'aimait pour ça. Elle et Ron étaient complémentaires. C'était indéniable même si ses sentiments envers Ron n'étaient plus aussi forts qu'avant, elle l'aimait. D'un amour fou, vrai et fort. Mais c'était différent, aujourd'hui, cet amour était différent... Amical ? Fraternel ? Sans doute. Mais elle n'était pas sûre que ses sentiments soient amoureux... Harry quant à lui, c'était différent... Très différent. Il était comme le grand frère qu'elle n'avait jamais eu, celui qui veillait sur elle, sans la juger, l'écoutait, la comprenait et la protègeait... Toujours là pour elle, son frère, son ami, son meilleur ami, ses meilleurs amis.
Ils étaient Harry et Ron, elle était Hermione et à eux trois ils étaient un tout.
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Mais aujourd'hui ils n'étaient plus rien du tout. Ce sentiment d'abandon ne la quittait plus, cette rancœur intérieure pour ceux qu'elle considérait comme ses meilleurs amis, ceux qui avaient fait une promesse de sang, une promesse sorcière, celle de ne jamais se séparer, celle des amis éternels...
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C'était en troisième année, ils s'étaient tous trois assis dans la salle commune des Gryffondor et avec un poignard à la lame d'or, ils s'étaient fait une petite entaille, juste en dessous de l'os métacarpien, puis ils avaient prononcer la formule et joint leurs mains, mélanger leur sang, murmurer la promesse en coeur. La promesse d'une amitié éternelle. Et alors, trois petites entailles jointes en une sorte d'étoile s'étaient dessinées sous l'os métacarpien de chacun des meilleurs amis. Créant un lien qui unissait les trois individus pour la vie. Le lien des trois meilleurs amis. Qu'en était-il aujourd'hui de cette amitié ? Il n'en restait que des souvenirs sur lesquels pleurer et cette entaille... Cette promesse de ne jamais se séparer, aujourd'hui rompu.
Hermione déposa son dernier livre dans une des étagères surchargées de la bibliothèque puis elle essuya les quelques traitresses de larmes qui s'étaient glissées sur ses joues. Elle devait à présent rejoindre son cours d'éducation et ses CPE... Comment allait-elle tenir le coup tout une année ? Et ces foutus rêves... Qui avaient d'ailleurs cessé mais pour combien de temps ? Et ces livres qui ne parlaient pas de rêves infligeant des séquelles physiques... Tout un tas de questions et de problématiques auxquels la Gryffondor n'avait pas de réponse !
En avançant vers la sortie de la bibliothèque, Hermione passa à côté de sa « table fétiche » et y lut une nouvelle phrase de son ou sa correspondante de bibliothèque, comme elle se plaisait à l'appeler.
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'' Tirer bénéfice d'un bon conseil demande plus de sagesse que de le donner mais... Il me semble que ta tentative soit vouée à l'échec car tu braves toi-même l'interdit que tu as tenté d'imposer. ''
'' C'est un proverbe moldu il me semble... John Collins ? Sages paroles, je suis plutôt étonnée de lire ça à Poudlard. J'aurais au moins essayé de dissuader les graveurs. Si je commence à converser à la moindre occasion par le biais de cette table, mon conseil est effectivement voué à l'échec. ''
'' « Étonnée », une jeune file, Intéressant. Et connaisseuse en matière de proverbes... Moldus. Vous m'impressionnez, miss je ne sais qui. Par les temps qui courent, c'est assez rare. Je veux dire pas là, il est assez rare que l'on m'impressionne et il est assez rare de ''croiser'' des connaisseurs en matière de choses moldus. Ce n'est pas bien vu. Qui êtes-vous ? ''
La dernière phrase était courte et directe. L'inconnu(e) de la table est donc un inconnu, du moins il semblerait. Une personne qui fréquente la bibliothèque, qui lit sûrement des romans moldus et connait apparemment quelques citations moldus... Cette personne à l'air de quelqu'un de bien... Quelqu'un avec qui elle pourrait s'entendre et parler littérature...
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Hermione se mit alors à ''idéaliser'' un ami imaginaire tout en gravant sur la table:
'' Vous m'impressionnez aussi et c'est effectivement rare par les temps qui courent... Et bien, que diriez-vous si je vous proposais de boire une bière-au-beurre ce samedi, à Poudlard, près des cuisines. Pour parler littérature et proverbes moldus ? Oublier un peu tout ce qu'il se passe en ce moment... Je me confie sûrement trop à vous, cher inconnu, cela pourrait me porter préjudice mais je pense pouvoir vous faire confiance... Du moins je l'espère. Après avoir lu mon message, effacez notre discussion et notez-y votre réponse, si vous n'y notez rien après avoir effacé ce que nous avions gravé, je prendrais ça comme un refus. ''
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Hermione releva sa baguette, légèrement anxieuse, la rangea et sortit.
Après tout, un allié de plus avec lequel elle pourrait discuter de tout et de rien, avec les temps qui courent, ça ne pourrait qu'être bénéfique pour elle...
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Le professeur Severus Rogue pénétra dans une des salles de classe abandonnées du château de sorcellerie Poudlard qui servait temporairement de salle d'éducation.
Il vint se poster sur l'estrade, face aux élèves, puis il sortit un parchemin de sa robe noire et flottante.
- Chers éléments perturbateurs de l'école de sorcellerie Poudlard, commença-t-il d'un ton froid.
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- Le Ministère de la Magie se voit répondre favorablement à la demande de monsieur Amycus Carrow, professeur d'art de la magie noire et de madame Alecto Carrow, professeure d'étude des moldus, et confie donc à l'école de Sorcellerie Poudlard le détenu numéro 65420B, Erin Stinsley, née-Moldu, pour parfaire et améliorer votre éducation. Bien à vous, Dolores Ombrage, Présidente de la commission d'enregistrement des nés-Moldus.
Quand le directeur de l'école de Sorcellerie Poudlard eut fini de lire sa missive, il sortit de la salle sans un regard en arrière et le professeur Amycus Carrow se mit à lire un texte sur la pureté des sangs.
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- Comment ça ? Le ministère « confie » une née-moldue ? Murmura Hermione à Ginny Weasley.
- Je n'ai pas compris non plus... Qu'est-ce que tu as à l'épaule ?
Hermione remonta son uniforme qui tombait un peu.
- Et bien... Euh...
Un grincement de porte mit fin au malaise d'Hermione en attirant l'attention de la rousse.
Une jeune fille n'ayant plus que la peau sur les os et dont l'âge ne devait pas dépasser les douze ans pénétra dans la salle et avança d'un pas incertain jusqu'au centre de la pièce. Elle arborait un teint pâle, maladif et des cernes sombres, presque noirs, qui lui donnaient un air de cadavre. Elle avait de longues boucles de jais qui lui tombait jusqu'au milieu du dos et elle était habillée d'un simple drap usé. Elle aurait facilement pu être comparée à un elfe de maison mal nourri.
Le professeur Alecto Carrow amena la petite fille sur l'estrade face à l'assemblée de rebelles.
- Bien, commença le professeur Amycus Carrow, lorsqu'il eut fini de lire son texte sur la pureté des sangs. Je vous présente Erin Stinsley, douze ans, voleuse de magie, incarcérée dans une des cellules du ministère en l'attente de son procès.
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- Je n'ai rien volé ! Plaida-t-elle de sa voix aiguë, les larmes aux yeux.
Le professeur Alecto Carrow l'attrapa par le bras et la jeta au sol.
- Quand des races supérieures à la tienne parlent, ne leur coupe pas la parole et ne les contredit pas ! Tes sales moldus de parents ne t'ont donc rien appris ?
D'un geste vif, le professeur d'étude des moldus sortit sa baguette et la pointa en direction de la fillette.
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« Endoloris ! »
Le corps frêle de la fillette se tordit et elle se mit à convulser violemment. De petits cris aigus s'échappaient du corps de l'enfant.
S'en fut apparemment trop pour Neville Londubat et Cho Chang qui s'élancèrent sur l'estrade pour mettre fin au supplice de la fillette agonisante.
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Hermione se leva à son tour, suivit de près par Ginny Weasley et Luna Lovegood puis par tous les autres élèves.
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« Expelliarmus ! » Hurla Neville avec rage alors que Cho Chang était au chevet de la fillette.
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- Comment osez-vous ?! Siffla la professeur d'étude des moldu.
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« Expelliarmus ! » Hurla-t-elle en pointant sa baguette en direction de la foule d'élèves, ils se retrouvèrent tous au sol contre le mur opposé. D'un geste rapide, elle ramassa la fillette et lança un sortilège de limite d'âge face à l'estrade, pour que les rebelles ne puissent s'approcher.
- RASSEYEZ-VOUS ! Hurla Amycus Carrow, qui venait de se relever.
Avec rage, le professeur Alecto Carrow jeta la fillette au sol, une nouvelle fois, et pointa sa baguette en direction des élèves. Asseyez-vous.
Haletants, les deux partis se toisaient avec rage.
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- Non.
Ce fut Neville qui répondit.
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- Non ? Répéta le professeur d'Art de la magie noire.
- Non, répéta Neville.
- Impéro, siffla le professeur Amycus Carrow, un rictus mauvais aux lèvres.
Neville fut forcé de se rassoir puis un sort de glu éphémère fut lancé par la professeur d'étude des moldus sur chaque siège.
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- Je demanderais à quelques amis de rendre visite à votre grand-mère, monsieur Londubat... Votre éducation laisse vraiment à désirer, forcément, quand ce ne sont pas les parents qui s'occupent de leurs enfants...
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Le professeur Amycus Carrow se délectait de l'impact qu'avait eu sa tirade sur le jeune Londubat qui pâlit et fusilla ses professeurs du regard.
La jeune Erin, recroquevillée dans un coin de la salle, tentait tant bien que mal de contenir ses sanglots.
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- Bien, à présent nous allons étudier la morphologie et le sang moldu. Le professeur d'Art de la magie noire se tourna en direction d'Alecto Carrow. Amène-moi le détenu numéro 65420B.
- ELLE S'APPELLE ERIN ! Hurla Hermione.
- Bloclang ! Siffla le professeur Amycus Carrow, en pointant négligemment sa baguette sur Hermione.
- Lève-toi ! Cracha le professeur Alecto Carrow à l'adresse d'Erin Stinsley en affichant un air de profond dégout.
La petite fille se releva tant bien que mal, tremblante, elle essuya son nez à l'aide d'un pli du bout de tissu usé qui lui servait de robe.
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- Ton bras.
La fillette s'exécuta et tendit son bras au professeur qui lui faisait face.
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- Bien, pour ce premier cours « pratique » nous allons étudier le sang moldu et le comparer à du sang pur.
Le professeur Amycus Carrow nettoya à l'aide d'un mouchoir de poche son poignard en argent. Puis il le tendit à sa sœur.
Celle-ci incisa le bras de la petite Erin Stinsley et lui fit une fine entaille longue de dix centimètres sur le bras. La fillette émit un cri ou se mêlait stupeur et douleur mais elle se tut rapidement et baissa les yeux.
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Le sang ne tarda pas à couler et ce fut le professeur Amycus Carrow qui récupéra dans un petit flacon de verre le liquide rougeâtre.
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- C'est une enfant... souffla Neville, choqué.
- Vous êtes vraiment dégueulasse, cracha Cormac McLaggen, du fond de la salle, affichant un air désolé pour la jeune fille.
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- À présent, je vais vous distribuer à tous un flacon dans lequel une goutte de sang moldu sera versée. Puis je vous lierais un texte d'étude qui montre que le sang moldu est tout ce qu'il y a de plus sale et nocif comparé au sang pur.
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Après le cours d'éducation, Hermione eut du mal à tenir debout. Le choc, la douleur, la pitié, la peine... Bien des mots auraient pu être utilisé pour décrire ce que ressentait la Gryffondor en cet instant... Elle repensait à la petite Erin, habillée d'un vulgaire bout de tissu, considéré comme une vulgaire née-moldu, comme un numéro parmi tant d'autres... Était-ce ainsi que les siens étaient traités ? Sans aucun doute. Enfermés dans des cellules du ministère, sûrement entassés, privés de baguette...
Son arrivée devant la salle commune des préfets, préfets-en-chef et membres de la Brigade Préfectorale mit fin aux pensées moroses d'Hermione. La Rouge et Or prononça le mot de passe et s'avança directement jusqu'à la porte du « bureau » de l'infâme imbécile qu'est Drago Malefoy.
La porte s'ouvrit d'elle-même et la jeune fille pénétra donc dans la pièce où l'attendait le Serpentard.
- Granger.
La Gryffondor ne pipa mot et vint directement s'assoir face au Serpentard.
Les deux ennemis se toisèrent, impassibles, profitant du silence qui régnait dans la salle.
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- Mal...
- Chut. Coupa-t-il. Je n'ai aucunement envie que tu me gâches ce seul moment de répit.
- De répit ? Je pensais que tout Mangemort qui se respecte se devait d'apprécier ce qui est en train de se dérouler. Je veux dire par là, la montée de Voldemort au pouvoir, Drago frissonna, et le contrôle de Poudlard ainsi que du Ministère magique et de tout le monde Sorcier par les Mangemorts et autres forces du mal...
- J'apprécie. Mais quelques moments d'oubli et de silence ne font aucun mal.
- C'est vrai, approuva froidement Hermione.
Les deux adolescents étaient toujours impassibles. Affichant des mines dures, sévères et des traits tirés. Ils étaient froids.
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- Tu lis la Gazette du sorcier ? Demanda soudainement le Serpentard toujours aussi froidement.
- Tu m'as agressé, insulté et rabaissé plus bas que terre et tu crois vraiment que j'ai envie de discuter de lecture avec toi ?
- Tu n'as donc pas lu la Gazette d'aujourd'hui. Dommage pour toi, tes amis sont en première page.
Douche froide. Pire, glacée. La Rouge et Or laissa tomber son masque de froideur.
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- Qu'est-ce qui leur est arrivé ? Souffla-t-elle paniquée.
- Ils sont allés au Ministère. Ils auraient apparemment attaqué Dolores Ombrage et d'autres employés de la comission d'enregistrement des nés-moldu.
- Et... est-ce qu'il leur est arrivé quelque chose ? Que faisaient-ils au Ministère ? Demanda Hermione, presque suppliante.
- Qu'est-ce que tu m'offres en échange de cette information ? Demanda Drago Malefoy, un sourire en coin.
- Je... Espèce de Scroutt puant... Sac à bouse de Dragon malfaisant... Infecte Mangemort... Siffla Hermione.
- Ça ne te va pas les jurons Granger, tu devrais éviter. Ça te vieillit.
- Que faisaient-ils au Ministère ? Demanda-t-elle froidement.
- Granger, je ne sais pas ce que ton idiot de petit ami et ton autre idiot d'ami faisaient au Ministère. Ils ont volé le collier d'Ombrage, ont stupéfixé quelques employés et s'en sont allé. Ce sont deux idiots qui ne cherchent qu'à attirer l'attention.
- Alors, primo, je n'ai pas de petit ami...
- Ça m'étonne tient... Coupa le Serpentard, sardoniquement.
- Ferme-la. Pourquoi ont-ils volé le col.. Hermione se tut soudainement car le déclic se fit immédiatement dans sa tête. Ils ont un nouvel Horcruxe. La Gryffondor ne put se retenir de sourire.
Elle se reprit rapidement et après un silence d'une dizaine de secondes, Drago Malefoy prit la parole.
— Tu sais. Siffla froidement le Serpentard en encrant son regard dans celui de la Rouge et Or.
— N...Non.
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« Legilimens »
« Rencontre du Trio d'Or... Vide... La promesse... La chambre des secrets... Sang-de-Bourbe... Retour trois heures en arrière avec Harry... Sauvetage de l'Hyppogriffe... Le coup de poing à Malefoy... Vide... Le prisonnier d'Azkaban... Le tournoi des trois sorciers... Le Bal de Noël... Le premier baiser échangé avec Krum... L'Ordre du phoenix... Vide... Dolores Ombrage... L'Armée de Dumbledore... Barjow & beurk... Mangemort... Espionnage... Amoureuse... Les oiseaux lancés à Ron en sixième année... Vide... La jalousie... La tristesse... La solitude... Les livres... Le baiser échangé avec Cormac McLaggen... La triche lors du match de Quidditch... Les Mangemorts à Poudlard... La mort de Dumbledore... Vide... Vide... Tristesse après la lecture de la lettre d'Harry et Ron... Ginny... Le gouffre... Vide... Abandon... Sang-de-Bourbe... Haine... Vide... Vide... Vide...»
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- STOP ! Hurla Hermione au sol, en pleurs.
Elle venait de voir défiler un bon nombre de ses souvenirs et durant ce laps de temps elle s'était focalisée sur son esprit, tentant de le fermer tant bien que mal... Elle avait réussi à ne pas montrer les choses les plus importantes et quelques autres moments superflus de sa vie mais le simple fait de savoir que Malefoy avait vu un bon nombre de ses souvenirs la dérangeait plus que tout. Il venait de s'infiltrer dans sa vie privée, de voir un bon nombre de choses qu'elle aurait voulu garder secret... Ses sentiments avaient été mis à nu... Mais Hermione devait avouer qu'Harry ne mentait pas quand il disait que fermer son esprit était très difficile. Quelle sensation étrange que de revivre tout ça... C'était vraiment étrange... Et gênant.
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- Tu sais quelque chose Granger et je veux savoir quoi ! Hurla-t-il en proie à une soudaine rage.
Drago Malefoy balaya la table d'un geste rageur et vint jusqu'au chevet d'Hermione, il la releva et encra son regard dans le sien. Ses iris étaient obstrués par un voile de folie, ses gestes étaient rapides, fous. Il était fou.
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- Ma famille n'est plus rien. Mon nom ne signifie plus rien. Le Manoir n'est plus mien. Aux yeux du peuple, les Malefoy sont des traitres. Aux yeux des rebelles, les Malefoy sont les plus proches sbires du Seigneur des Ténèbres. Aux yeux du Mage Noir, les Malefoy ne sont que des bons à rien. Mon père s'est fait déposséder de sa baguette par le Seigneur des ténèbres, il l'humilie et humilie ma famille quand il en à la possibilité alors Granger, si tu sais quoi que ce soit qui pourrait changer la donne et rétablir l'ordre, il faut que je le sache. Je préfère te prévenir Granger quand je veux quelque chose, je l'obtiens ou je le prends. Mais quoi qu'il arrive, cette chose sera mienne et là, ce que je veux, c'est cette information.
Hermione ne cilla pas, elle encra plus profondément son regard dans celui du Serpentard.
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- Non.
Drago tiqua, il lâcha Hermione qui se rattrapa à un siège et il détourna les yeux tout en se massant l'arête du nez.
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- Je deviens fou... Murmura-t-il pour lui même. Je ne pensais pas que ça prendrait de telles proportions.
Hermione se releva doucement, elle s'épousseta et observa son ennemi, légèrement troublée par ce changement d'attitude.
La porte du bureau de Drago Malefoy s'ouvrit.
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- Vas-t-en.
Hermione s'approcha du Serpentard, et, prise d'une pulsion soudaine, elle posa délicatement sa main sur l'épaule du jeune homme.
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- Foutu Gryffondor, marmonna-t-il, avec un sourire triste. Toujours à vouloir aider n'importe qui et à donner des secondes chances à tort et à travers.
- Non. Souffla Hermione au jeune homme qui se tenait dos à elle.
- Tu veux simplement comprendre alors ? Avoir des réponses ? Foutu Miss-je-sais-tout devrais-je donc dire.
- Pas cette fois. Je ne comprends pas et je n'ai aucune réponse à ce que je suis en train de faire. Je ne veux pas comprendre et je ne veux pas de réponses. Sache simplement que ce qu'il se passe en dehors de Poudlard devait arriver tôt ou tard... Pour que les choses rentrent dans l'ordre.
- « Pour que les choses rentrent dans l'ordre » Répéta-t-il. Mais quel ordre Granger ?
Il se tourna pour faire face à la jeune fille. Elle n'avait pas retiré sa main de l'épaule du jeune homme. Ils se scrutèrent un moment en silence, puis, lentement, Drago Malefoy retira la main qu'Hermione avait précédemment posé sur son épaule. Il tenait encore la main de la jeune fille quand il prit la parole.
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- Il n'y a rien, pas d'ordre. Tout a déjà été écrit. Pour moi en tout cas. Quoi qu'il advienne, je ne suis pas maître de mes choix. Je ne l'ai d'ailleurs jamais été. Alors je patiente et je m'exécute.
- Qu'aurais-tu fait, si tu avais eu le choix ?
- La question ne se pose pas, ne s'est jamais posée et ne se posera jamais. Alors, à quoi bon répondre ?
Hermione baissa les yeux et observa sa main, toujours dans celle du Serpentard.
Après un silence, la Gryffondor prit la parole.
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- Un jour, le professeur Dumbledore a dit à Harry que ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes vraiment. Bien plus que nos aptitudes. Alors que ton destin soit tracé ou non, tu devrais commencer à méditer sur cette citation et te poser les bonnes questions, prendre le bon chemin.
- Ce sont mes choix sans être les miens, Granger. Je veux qu'il soit fière de moi.
La Rouge et Or retira doucement sa main de celle du Serpentard et ils se scrutèrent sans vraiment savoir comment prendre ce qui venait de se passer.
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- Étrange ? Lança doucement le Serpentard, un faible sourire en coin.
- Effectivement, répondit Hermione sur le même ton. Je... vais y aller.
- Oui. Tu devrais.
La Gryffondor se tourna, et sortit de la pièce. Drago Malefoy était quelqu'un de vraiment... Lunatique. Quelqu'un de complexe et d'étrange... Ce qui agaçait fortement la Rouge et Or qui ne parvenait pas à le cerner. Avant ce soir, il n'était que le fils de Mangemort imbu de sa personne, mais là, maintenant, elle n'était plus sûre de rien. Il était pour elle comme une formule d'arithmancie fort complexe qu'Hermione ne parviendrait pas à résoudre. Ce qui l'agaçait au plus haut point !
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« Etrange bizarrerie qu'est l'esprit humain »
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Je commente un peu
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Voilà voilà... N'oubliez pas de donner vos avis.
xx - S.
