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Chapitre IX
« Of Researches and Encounters »
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11 mars 2025 – Bureaux de la Gazette du Sorcier, Chemin de Traverse, Londres
Assise à son bureau, Rose sursauta lorsque la porte s'ouvrit sur Melody Baroc, la nouvelle réceptionniste, les bras chargés d'enveloppes de tailles et de couleurs différentes. Celles qu'elle n'avait de toute évidence pas pu entasser dans ses bras virevoltaient autour d'elle en battant de leurs petites ailes en papier.
- Encore ? Soupira Rose, tandis que Melody agitait sa baguette pour que toutes les lettres s'empilent à côté des autres, entassées dans un coin du bureau.
- Ça n'arrête pas d'arriver, confirma la jeune sorcière en hochant la tête, ses longues mèches blondes soigneusement rassemblées sur le sommet de son crâne.
Rose tendit machinalement la main pour attraper une enveloppe sur la haut de la petite pile qu'elle avait construite sur son bureau, et lança un regard désespéré à toutes celles qui l'attendaient encore, sagement entassées devant la fenêtre qui faisait face à son bureau.
- Moi qui voulais faire réagir les gens, soupira Rose.
- On peut dire que c'est réussi, acquiesça Melody en riant avec douceur.
La jeune femme regarda Rose, avant de lancer un regard autour de la pièce.
- Tu es sûre de vouloir lire tout ça ?
- Il le faut.
- Mais il y en a des milliers ! Sans compter celles que tu as déjà lues, ajouta-t-elle en désignant une pile de lettres ouvertes.
- Je sais, grimaça Rose. Mais Quill a accepté de me laisser une semaine pour les lire et y répondre.
- Tu vas y répondre ? S'étonna la jeune femme en écarquillant ses grands yeux avec admiration.
- Autant que je pourrai, dit Rose en haussant les épaules avec un sourire tranquille. Si personne ne répond à ces lettres, comment leurs auteurs peuvent-ils savoir qu'on les écoute ? De la même manière qu'on a laissé les politiciens s'exprimer ou essayer de donner la possibilité aux Loups-Garous d'être entendus, le reste de la population a le droit de donner son avis. Ils font partie de notre société au même titre que ceux qui en sont les principaux acteurs en ce moment. L'article sur les Loups-Garous à l'honneur n'avait pas seulement pour but de peindre un portrait sympathique des Lycanthropes, mais aussi de faire réagir la population. C'est essentiel qu'ils donnent leur avis et participent au débat.
- En quoi ? Demanda Melody, sincèrement curieuse.
Rose fit tourner sa plume entre ses doigts et son regard se perdit dans le ciel nuageux qui se dessinait à travers sa fenêtre.
- C'est important que les gens ne soient pas indifférents. Qu'ils soient pour ou contre la loi Fawley, l'essentiel, c'est qu'ils se fassent entendre.
- Comment tu peux dire ça alors que depuis des semaines, tu cherches à les convaincre d'ouvrir les yeux, de réaliser que la loi Fawley est une erreur ? Demanda la jeune sorcière sans comprendre.
Rose reporta son attention sur elle, et esquissa un sourire. Il n'y avait aucune trace de dédain dans la voix de la jeune femme, aucun jugement dans son regard, seulement de la curiosité et un intérêt honnête.
- Non. Je n'ai pas vraiment essayé de les convaincre, tenta d'expliquer Rose. Ce que je voudrais, c'est seulement leur donner toutes les informations dont ils ont besoin pour se faire un avis, pour prendre position sans être influencés par des accidents tragiques, le message des politiciens, ou les menaces d'un groupe de Loups-Garous isolés.
Melody hocha la tête, l'air de comprendre, et adressa un sourire franc à Rose, qui s'était mis à mâchouiller sa plume, songeuse.
- Je comprends, fit-elle. Dans ce cas, je vais te laisser, tu risques d'être là-dedans pour un bout de temps, ajouta-t-elle avec un sourire avant de se diriger vers la porte et de s'en aller.
Rose attendit que la porte se referme derrière elle pour reporter son attention sur la lettre qu'elle avait ouverte un peu plus tôt.
« Chère Mademoiselle Weasley,
Comme beaucoup, j'ai lu tous vos articles concernant la loi « Edward Fawley » et je suis de très près le débat politique auquel vous avez pris part concernant le sort des Loups-Garous, sans jamais revenir sur l'idée que je m'en étais faite. Vous savez, je suis bien plus vieille que vous et j'ai grandi en pensant que les Loups-Garous étaient les monstres dont on parlait dans les contes de Beedle. En fait, d'une certaine manière, c'est toujours le cas. Les Loups-Garous sont des monstres, et je crains qu'aucun article ne me fasse jamais changer d'avis.
Cela dit, s'il y a une chose que votre dernier article m'a fait réaliser, c'est que si les Loups-Garous sont des monstres, les hommes sous la fourrure n'en sont pas. Je me souviens de cet homme dont vous avez parlé. Remus Lupin. Il était préfet à Poudlard lorsque j'y étais, mais je n'ai appris que des années plus tard qu'il était Loup-Garou. Je ne voulais pas y croire. Comment ce garçon, aussi timide, brillant, et soucieux des autres pouvait-il être un monstre ?
Et bien, il ne l'était pas, tout simplement.
La manière dont vous nous avez raconté son histoire m'a bouleversée. Je me suis rappelée cet homme, et j'ai réalisé que, peut-être, vous aviez raison. Peut-être qu'on ne se bat pas contre les vrais monstres. Peut-être qu'on se bat contre des victimes, des innocents…
Je ne sais plus trop quoi penser à vrai dire. Je ne sais plus qui a raison. Tout le monde peut-être. Ou personne. Peut-être que la vérité est entre les deux.
Mais s'il y a une chose sur laquelle je suis désormais d'accord avec vous, c'est que les Loups-Garous, ou plutôt, les lycanthropes, ne devraient être jugés qu'au cas par cas. Je crois que vous avez raison quand vous dites que ce sont les hommes, pas les Loups-Garous, qui sont responsables du massacre de la dernière pleine lune.
C'est Redfur qui hante mes nuits depuis ce tragique événement. C'est l'homme. Pas le Loup-Garou.
Gwendolyn Tarquett »
Rose reposa la lettre et la lissa du mieux qu'elle le put avant de la mettre sur le côté, à porter des yeux. Elle trempa sa plume dans l'encrier et sortit une nouvelle lettre parchemine en souriant, le cœur lourd du bonheur qui l'écrasait.
Jusqu'ici, cette lettre était sa favorite. Honnête et confuse, son auteur n'avait pas hésité à lui confier ses doutes, sans chercher à dresser son éloge ou au contraire, l'incendier pour sa naïveté.
11 Mars 2025 – Aberdeen, Écosse
Rose rentra tard ce soir-là, après avoir lu plus d'une centaine de lettres et répondu à la moitié d'entre elles. Sur la table de la cuisine, une assiette de petits sandwichs au bacon grillé l'attendait. Elle sourit en sachant pertinemment que son père avait dû les préparer spécialement pour elle en se doutant qu'elle rentrerait bien après qu'il ne soit couché.
Elle ne fut pas surprise de voir qu'il y avait encore de la lumière dans la bibliothèque. Certes, son père devait déjà dormir à poings fermés, mais sa mère devait être debout, le nez plongé dans de vieux bouquins juridiques ou philosophiques.
Elle entra dans la pièce et vit Hermione assise dans un fauteuil, un ouvrage sur les genoux, une plume dans la main. Elle ne cessait d'annoter sa lecture, comme elle le faisait toujours lorsqu'elle faisait des recherches.
- Toujours rien de concret ? Demanda Rose en faisant sursauter sa mère.
Hermione releva la tête et sourit tristement à sa fille en secouant négativement la tête.
- Tu viens seulement de rentrer ? Souffla-t-elle en posant sa plume et en se frottant les yeux.
Rose hocha la tête et vint s'asseoir dans le fauteuil en face de sa mère en bâillant.
- Et toi ?
- Non, j'ai dîné avec ton père et il m'a même aidé un peu, dit-elle, un sourire aux lèvres en désignant les livres éparpillés un peu partout autour d'elle, mais il a une réunion tôt demain matin avec les Aurors et l'Unité Spéciale, alors je lui ai dit d'aller se coucher…
- J'imagine qu'il n'a pas fallu lui dire deux fois, se moqua Rose en attrapant un des livres.
- Non, effectivement, avoua Hermione en riant légèrement. Toi aussi tu devrais aller te coucher, Rose…
- Non, ça va, fit la jeune fille en haussant les épaules, sans relever les yeux du livre posé sur ses genoux.
Hermione esquissa un mince sourire et secoua la tête en regardant sa fille. Beaucoup disaient qu'elle était le portrait craché de son père, mais avait emprunté son caractère à sa mère.
Ces gens avaient tort. Si Rose ressemblait effectivement beaucoup à son père, de ses grands yeux bleus à ses longues jambes maigrichonnes, elle avait toujours été un être humain à part entière. Jamais une copie conforme, jamais un calque. Certes, elle était brillante et studieuse, mais ses aspirations et ses rêves avaient toujours étaient différents. Elle n'était pas aussi obstinée que sa mère, ni aussi flegmatique que son père, mais elle était tout aussi acharnée qu'eux et renonçait rarement à accomplir ce pour quoi elle avait commencé à se battre.
- Tu sais, fit-elle soudain en relevant la tête, rencontrant ainsi le regard que sa mère posait sur elle depuis plusieurs minutes, je ne sais pas si on trouvera quoi que ce soit ici… Franchement, tu connais chacun de ces livres par cœur, maman. S'il y avait quoi que ce soit de vraiment utile dedans, tu le saurais.
Hermione poussa un long soupir et referma son livre.
- Je sais, admit-elle en grimaçant. Mais c'est tout ce que j'ai… j'essaye de mettre la main sur de vieux ouvrages que je n'aurais pas encore lus, mais même dans les archives du Ministère, tout ce que j'ai pu trouver ne remonte pas avant la fin du neuvième siècle.
Rose hocha lentement la tête en se mordant la lèvre inférieure.
- Et Poudlard ?
- Poudlard ?
- C'est une des plus grandes bibliothèques d'Angleterre, ça vaut le coup de jeter un coup d'œil, non ?
Hermione laissa brutalement retomber sa tête contre le dossier de son fauteuil en étouffant un petit grognement.
- Je n'y avais pas pensé, avoua-t-elle.
- On pourrait envoyer une lettre au professeur McGonagall en lui expliquant la situation, je suis sûre qu'elle accepterait qu'on emprunte quelques livres… Je pourrais y aller dans la semaine, ajouta-t-elle en haussant les épaules.
- Ce n'est pas une mauvaise idée, acquiesça Hermione en hochant lentement la tête. Cela dit, je commence à douter qu'on puisse trouver quoi que ce soit d'utile dans la jurisprudence du Magenmagot, ajouta-elle en laissant échapper un soupir exaspéré. Je me demande si on ne ferait pas mieux de tout reprendre depuis le début…
Rose leva les yeux vers sa mère avec tristesse et secoua la tête.
- Tu sais ce que je pense ?
Hermione grimaça avec anticipation, mais un sourire se dessina sur ses lèvres minces.
- Non, quoi ?
- Notre plus gros problème pour l'instant, ce n'est pas la loi en soi, c'est Redfur.
- Comment ça ?
Rose noua ses mains et une moue tordit les traits de son visage, signe qu'elle réfléchissait à la manière de mettre des mots sur la réflexion qui bourgeonnait dans sa tête.
- Depuis le début, vous avez rédigé vos lois de votre côté, derrière les portes du Magenmagot. C'est pas une critique, ajouta-t-elle précipitamment en voyant sa mère ouvrir la bouche en fronçant les sourcils, je sais bien que c'est comme ça que le Ministère a toujours fonctionné… Le problème c'est que vous avez tenu le reste de la société à l'écart. Aussi bien Malefoy et son équipe, que toi et la tienne. Les gens veulent donner leur avis. Ils veulent pouvoir participer au débat… J'ai passé la journée à lire les lettres de lecteurs, maman… Les gens ont peur. Ils ont peur de Redfur, ils ont peur que ce qui est arrivé à Edward Fawley arrive à nouveau. Et franchement, est-ce qu'on peut les blâmer de tenir les Loups-Garous responsables après la dernière pleine lune alors qu'on ne leur donne pas toutes les informations ?
- J'imagine que non, soupira Hermione.
- Je crois que tu ne pourras pas faire abolir la loi tant que les gens ne seront pas prêts. Et ils ne seront pas prêts tant que Redfur ne sera pas arrêté, tant qu'on ne leur aura pas prouvé que la plupart des lycanthropes sont des gens comme eux et nous. Ils ne seront pas prêts tant qu'ils ne se sentiront pas en sécurité. Mais c'est à nous, à vous, de leur montrer qu'il y a d'autres alternatives à la loi « Edward Fawley ».
Hermione fixa sa fille sans bouger pendant plusieurs secondes, avant de lui sourire et de quitter son fauteuil.
- Tu sais… si tu n'étais pas une aussi bonne journaliste, je te recruterais dans mon équipe au Magenmagot, plaisanta-t-elle en agitant sa baguette magique pour que tous les livres retrouvent leur place sur les étagères.
- Je ne suis pas sûre que ça me plairait, fit Rose en grimaçant. Trop de contraintes.
- Ah, c'est vrai que tu aimes pouvoir dire ce que tu veux, quand tu veux, se moqua Hermione en secouant la tête. Sans ta plume, tu perds ta voix.
Rose éclata de rire et se leva à son tour, suivant sa mère hors de la bibliothèque.
- C'est un peu ça, fit-elle en secouant la tête. Je vais quand même écrire une lettre au professeur McGonagall, ajouta-t-elle après plusieurs secondes, en refermant la porte derrière elle. On ne sait jamais, je pourrais peut-être trouver quelque chose d'utile…
Hermione hocha la tête, avant de se pencher vers sa fille pour l'embrasser sur la joue.
- Bonne nuit, ma chérie.
- Bonne nuit, maman, répondit tout simplement Rose, avant de regagner sa chambre.
Elle avait rapporté une tonne de lettres du bureau et espérait pouvoir répondre à plusieurs d'entre elles avant que le sommeil ne l'assomme complètement. Certes, la nuit serait longue, mais ces derniers mois, elle s'était habituée au rythme que son travail lui imposait. Ou plutôt, au rythme qu'elle s'imposait par amour pour son travail.
13 Mars 2025 – Premier Étage, Présidence, Ministère de la Magie
Rose quitta le bureau d'Edgar Corn, l'attaché de presse du Ministère, après une longue entrevue qui lui avait donné des maux de crâne, et se dirigea vers l'ascenseur pour redescendre au rez-de-chaussée, où elle comptait utiliser une cheminée afin de se rendre directement à Pré-au-Lard et pour ensuite regagner Poudlard et consulter la bibliothèque de l'école. Il était à peine dix heures, et elle avait la journée devant elle.
Elle attendit patiemment devant les portes de l'ascenseur, et lorsque la clochette signalant son arrivée retentit, elle s'engouffra dans la cage en fouillant dans son sac à la recherche de son calepin. C'est pour cette raison qu'elle ne vit pas immédiatement qui occupait déjà la petite cage magique. Mais lorsqu'elle releva la tête et que son regard se planta dans les yeux gris de Scorpius, son corps tout entier se figea comme une sculpture de glace.
- Malefoy ? S'étonna-t-elle en clignant des yeux.
- Rose, répondit-il en inclinant légèrement la tête avant de détourner le regard.
La jeune fille inspira et se mordit l'intérieure de la joue, le cœur lourd.
Rien au monde n'était plus douloureux que l'indifférence courtoise avec laquelle la traitait Scorpius en cet instant. Elle haïssait la distance polie qu'il mettait entre eux. Elle haïssait son regard inexpressif, sa posture rigide. Et plus que tout, elle haïssait qu'il refuse de reconnaître la tension qui les enveloppait.
Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais les portes choisirent ce moment-là pour s'ouvrir sur le rez-de-chaussée, et Scorpius ne perdit pas une seconde pour s'extirper de l'ascenseur sans se retourner.
- Attends ! S'écria-t-elle malgré elle en s'élançant derrière lui et en attrapant la manche de sa robe.
Il s'immobilisa aussitôt, et Rose le vit fermer les yeux en déglutissant difficilement avant de se retourner, une expression soudain impassible peinte sur le visage.
- Oui ? Demanda-t-il sur un ton aussi détaché que possible.
Rose lâcha lentement sa manche et inspira profondément, mais aucun mot ne sortit.
Elle voulait lui dire qu'elle était désolée. Elle voulait lui dire qu'elle s'en voulait pour toutes ces choses qu'elle lui avait balancées à la figure ces derniers mois, aveuglée par la tristesse, la déception, ou la colère. Et surtout, elle voulait lui dire qu'elle non plus – malgré ce qu'elle avait pu affirmer – n'avait pas renoncé. Jamais complètement.
Comment l'aurait-elle pu, alors qu'il ne lui avait jamais donné une chance de lui dire au revoir ? De faire le deuil de la relation qu'ils avaient partagée et qu'elle avait chérie aussi longtemps qu'elle avait durée ? D'enterrer les souvenirs qui la rattachaient inlassablement à lui ?
Mais elle ne savait pas comment lui dire tout ça, après tout ce temps.
Elle baissa les yeux sur ses chaussures et refoula bravement les larmes qui menaçaient de rouler sur ses joues tachetées.
- Je suis désolée, souffla-t-elle brutalement.
Scorpius baissa les yeux sur elle et ses poumons se crispèrent douloureusement, retenant l'air prisonnier dans sa poitrine.
- Pardon ? Souffla-t-il d'une voix à peine audible, incertain d'avoir bien entendu.
Rose releva difficilement les yeux vers lui, laissant un sourire fragile se dessiner sur ses lèvres tremblantes.
- Je suis désolée, répéta-t-elle d'une voix un peu plus forte – mais à peine –, en inspirant profondément et en fermant les yeux, tout juste une fraction de seconde, avant de les ouvrir à nouveau. Je suis désolée pour ce que je t'ai dit, ou plutôt, rectifia-t-elle en grimaçant, pour ce que je ne t'ai pas dit la dernière fois qu'on s'est vus.
Incapable de dire quoi que ce soit, Scorpius la fixa, les yeux écarquillés, les mains légèrement tremblantes.
- Peu importe, dit-elle en laissant échapper un rire étranglé et en secouant la tête. Je voulais juste… Je voulais que tu saches que je suis désolée.
Scorpius laissa ses paupières se refermer lourdement sur ses yeux, le cœur lourd comme une enclume et relâcha péniblement l'air séquestré dans ses poumons.
- Rose, souffla-t-il difficilement. Tu ne devrais pas… tu rends les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà.
- Je sais, admit-elle en croisant son regard à nouveau. Je suis désolée.
Il hocha la tête, silencieux et il n'ajouta pas un mot de plus. Pourtant, aucun des deux ne sembla esquisser un pas pour s'éloigner. Ils semblaient enfermés dans une bulle, au beau milieu du hall surpeuplé du Ministère de la Magie, comme s'ils étaient seuls au monde.
Mais lorsque Rose le vit plonger nerveusement sa main droite dans la poche de son pantalon, elle releva brusquement les yeux vers lui, le cœur battant la chamade.
- Tu… tu l'as toujours ? S'étonna-t-elle d'une voix chevrotante, ses souvenirs se bousculant soudain aux portes de sa mémoire.
La mâchoire de Scorpius se crispa et il sortit précipitamment sa main de sa poche, mais refusa de répondre.
Rose amorça un pas en clignant des yeux et tendit une main tremblante vers la poche du jeune homme, qui fit immédiatement un pas en arrière.
Tendu à l'extrême, Scorpius fixait Rose de son regard métallique voilé par la panique et la confusion.
- C'est la montre, n'est-ce pas ? Tu l'as gardée ? Même après tout ce temps ? Demanda-t-elle d'une petite voix, un sourire tordu accroché aux lèvres.
Scorpius ferma les yeux. Il savait que mentir était inutile et, cette fois, il ne pourrait pas se cacher derrière un des masques qu'il s'efforçait de porter en permanence. Et puis à quoi bon, de toute façon ? Même s'il était furieux contre Rose, il refusait de la faire souffrir en prétendant qu'il avait jeté la montre. Que le souvenir qu'il y rattachait n'avait aucune importance à ses yeux.
- Pourquoi ? Bredouilla-t-elle. Pourquoi tu l'as gardée ?
Scorpius laissa échapper un bref rire désabusé et détourna les yeux.
- Parce que c'est tout ce qu'il me reste, avoua-t-il d'une voix étrangement rauque. C'est tout ce qu'il me reste de toi.
- Tu n'as pas le droit de dire ça, c'est pas juste, souffla Rose. C'est toi qui as rompu avec moi…
- Je sais.
- C'est toi qui es parti. C'est toi qui n'es jamais revenu…
- Je sais, répéta-t-il.
Rose chercha à agripper le regard du jeune homme, mais il refusait obstinément de tourner la tête vers elle. S'il pouvait il ferait un pas en avant et emprisonnerait Rose dans ses bras, si fort qu'il lui couperait probablement le souffle. Si fort qu'elle serait incapable de s'échapper. Et ils resteraient là, sans bouger, jusqu'à ce que le temps s'arrête et que le monde oublie leur existence.
Mais il ne pouvait pas.
- Rose, déglutit-il.
- Non, fit cette dernière en secouant la tête, la mâchoire serrée. Je sais que la montre est dans ta poche, et c'est tout ce dont j'ai besoin. Tu ne le sais peut-être pas encore, mais tu vas revenir. Tu vas finir par te réveiller et en avoir assez de vivre comme tu le fais.
Elle fit un pas vers lui et un sourire timide se dessina sur ses lèvres.
- Et quand ce sera le cas, je te jure que je serai là, Scorpius…
- Qu-quoi ? S'étrangla-t-il, le cœur balbutiant.
Mais Rose secoua la tête, sans se départir de son faible sourire et ne lui laissa pas le temps d'ajouter quoi que ce soit. Elle tourna lentement les talons et une fois de plus, il la regarda lui échapper, impuissant.
13 Mars 2025 – Poudlard, Écosse
- Hugo ! S'écria Rose avec un grand sourire, en apercevant son petit frère dans la marée d'élèves.
Celui-ci se retourna en entendant son nom, et lentement son expression de surprise se mua en une expression similaire à celle de sa sœur. Il dit quelque chose au garçon qui était avec lui et qui hocha la tête avec un sourire, avant de se retourner et de rejoindre Rose en se frayant aisément un passage dans la foule. Il enveloppa Rose dans une étreinte de papa ours dès qu'elle fut à portée de bras et éclata de rire lorsqu'elle émit un grognement exagérément plaintif.
Il finit par la relâcher, ses grands yeux bleus dansant sous les mèches cuivrées qui barraient son regard.
- Tu ne t'arrêtes jamais de grandir ? Marmonna Rose avec un sourire en coin. Tu as encore pris cinq centimètres depuis Noël.
- Au moins, fit Hugo en levant les yeux au ciel. Qu'est-ce tu fais là ? Ils se sont finalement rendus compte que tu n'avais pas pu obtenir autant d'ASPIC sans tricher et ils veulent que tu les repasses toutes une par une, avoue ?
- Tu es presque aussi drôle que papa, fit Rose en secouant la tête. Non, reprit-elle sans se défausser de son sourire, j'avais des recherches à faire alors j'ai demandé à McGonagall l'autorisation de camper quelques heures dans la bibliothèque…
Cette fois, Hugo laissa échapper un rire franc.
- J'aurais dû m'en douter. Ça te manquait, non ? Passer tes nuits entourée de bouquins moisis et poussiéreux ?
Rose leva les yeux au ciel et frappa gentiment son frère dans l'épaule.
- C'est pour maman, expliqua-t-elle. On cherche depuis des semaines dans la jurisprudence du Magenmagot quelque chose qui pourrait nous aider, ou quoi que ce soit d'autre, à vrai dire, mais on ne trouve rien. Alors on s'est dit qu'on aurait peut-être plus de succès ici…
- Et alors ? Demanda-t-il avec curiosité en désignant les rouleaux de parchemins qu'elle tenait dans ses bras.
Rose secoua la tête, une grimace se dessinant sur ses traits.
- Pas grand chose, avoua-t-elle. J'ai bien trouvé quelques trucs, mais rien de très utile, je pense.
Avec ses cheveux en pétard, sa cravate dénouée, et ses manches relevées jusqu'aux coudes, il était difficile de prendre Hugo au sérieux, et pourtant, ses traits venaient de perdre toute leur insouciance. Son expression était grave et lorsqu'il plongea une main dans ses cheveux en soupirant, Rose sut, pour l'avoir vu faire pendant des années, qu'il était en train de réfléchir.
- Tu penses à quelque chose ? Demanda-t-elle.
- Je ne sais pas… en fait, l'autre jour, je faisais des recherches pour le cours de Binns, et je suis tombé sur quelque chose de… enfin, je ne sais pas vraiment si c'est intéressant, mais je me suis dit que ça pourrait aider maman. Ou peut-être pas. Disons que ça pourrait être une idée, mais ce serait un peu… radical.
Rose fronça les sourcils et observa son frère avec intérêt.
- Tu as un peu de temps devant toi ?
- Oui, je pensais rentrer parce que je n'ai rien trouvé, mais j'ai le reste de l'après-midi devant moi.
- Okay, suis-moi, dit-il en tournant les talons.
Rose ne se fit pas prier et s'élança après son frère sans perdre une seconde.
- Tu m'expliques ? Demanda-t-elle alors qu'elle tentait tant bien que mal de calquer son pas au sien.
Hugo passa ses deux mains sur le visage avec frustration, comme s'il cherchait le meilleur moyen de mettre des mots sur ses idées, et hocha la tête ;
- Binns parlait de l'impact de la révolution moldue de 1688 en Angleterre sur les émeutes de Gobelins à la fin du XVIIème siècle, commença à expliquer le jeune garçon en faisant de grands gestes avec les mains, sans pour autant réduire sa cadence.
Il parlait aussi vite qu'il marchait, et Rose dut redoubler d'efforts pour le suivre.
- Il a aussi parlé de la naissance de constitutions orales un peu partout en Europe à cette époque, précédant un grand mouvement de rédaction des lois fondamentales à l'origine du droit dans chaque pays.
- D'accord, fit Rose en fronçant les sourcils alors qu'ils passaient les portes de l'enceinte de la bibliothèque et que Hugo l'entraînait vers les allées consacrées à l'Histoire de la Magie, mais en quoi ça nous concerne nous, sorciers ?
Hugo s'arrêta devant une allée regroupant les mémoires de célèbres sorciers et sorcières des XVII et XVIIIème siècles et attrapa un livre sur une des étagères en hauteur.
- Le voilà, dit-il en se dirigeant vers la table la plus proche.
Il s'assit et Rose l'imita, le regardant ouvrir le vieil ouvrage et tourner les pages à toute vitesse.
- Là, dit-il en désignant un passage et en se tournant vers la jeune fille. Je suis vraiment tombé dessus par hasard, avoua-t-il. Heureusement que je m'ennuyais, parce que sinon, je n'aurais jamais eu le courage de lire ce truc jusqu'au bout. Ce type ne fait que raconter sa vie, j'te jure…
- Hugo.
- Oui. Bref, Larry Loquace, dit-il en tapotant la page ouverte. C'était un membre du Magenmagot à la fin du XVIIème siècle. Il faisait partie d'une commission spéciale qui devait rédiger une Constitution sur le modèle des Constitutions moldues.
- Et qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Hugo soupira en secouant la tête avec désarroi.
- Loquace dit que, officiellement, le projet a été abandonné parce qu'une Constitution était jugée peu adaptée à l'organisation magique en Angleterre…
- Mais officieusement…?
- Officieusement, il dit qu'un certain nombre de grandes familles de l'époque refusait de renoncer à leurs privilèges et qu'ils avaient suffisamment de pouvoir et d'influence au sein du Ministère pour faire avorter le projet.
Rose laissa échapper un grognement mauvais.
- Je te parie que je peux citer des noms…
Hugo esquissa un sourire moqueur.
- Les choses n'ont pas vraiment changé, reprit-elle en fronçant les sourcils.
Hugo referma le livre en hochant la tête avec approbation.
- Enfin bon. Ce n'est pas directement lié au problème de maman et à la loi « Edward Fawley », mais ça m'a fait penser à la manière dont la loi sur laquelle elle avait travaillé pendant des années pour les droits des Loups-garous a été écartée sans problème lorsque Malefoy et sa crique ont proposé une nouvelle loi. Une Constitution aurait empêché ça, parce qu'elle est là pour protéger les droits et les libertés fondamentales des individus. Elle est intouchable. Ce qui veut dire que si maman ne peut pas faire abolir la loi « Edward Fawley », il faut qu'elle trouve un moyen de la contourner…
Rose observa silencieusement son frère, les yeux écarquillés, les lèvres entrouvertes.
- En fait, fit-elle lentement après plusieurs minutes, ses lèvres s'étirant en un large sourire, c'est toi le génie de la famille…
Hugo éclata de rire en rejetant sa tête en arrière, avant de se redresser et de lancer un clin d'œil moqueur à sa sœur.
- Je l'ai toujours dit.
13 Mars 2025 – Wiltshire, Angleterre, Manoir Malefoy
Isolé dans la petite bibliothèque de l'aile sud du Manoir, dans laquelle il avait trouvé refuge ces derniers jours, Scorpius fuyait la présence de sa famille comme la peste.
S'il ne se montrait plus qu'aux repas, il continuait néanmoins de travailler sous les ordres de son père au sein de l'Unité Spéciale et plus les jours passaient, plus il lui était difficile de prétendre. Et pourtant, il avait prétendu toute sa vie.
Lorsque la porte grinça dans son dos, Scorpius n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qui venait d'entrer. Ni son père, ni son grand-père ne se serait donné la peine de le traquer jusqu'ici. Ils auraient envoyé Scar et ordonné sa présence.
Astoria s'approcha sans bruit et vint s'asseoir dans le fauteuil en chêne et velours émeraude en face du sien. Ses yeux bleus tombèrent sur la montre à gousset que triturait nerveusement Scorpius depuis presqu'une heure, et elle fronça les sourcils. Instinctivement, Scorpius referma ses mains dessus et la glissa dans la poche de son pantalon. La mâchoire crispée, il releva ensuite les yeux vers sa mère mais ne prononça pas le moindre mot. Il n'avait tout simplement rien à lui dire.
Astoria sembla comprendre qu'il ne parlerait pas et poussa un soupir emprunt de lassitude avant de secouer légèrement la tête et d'esquisser un sourire pincé ;
- Un cadeau de Rose Weasley, j'imagine ? Demanda-t-elle en désignant de son menton la poche dans laquelle il avait caché la montre.
- Je ne parlerai pas d'elle avec vous, vous perdez votre temps, répondit-il sèchement.
- Scorpius, soupira à nouveau sa mère, ne fais pas l'enfant.
Le jeune homme laissa échapper un grognement sarcastique avant de rabattre son regard sur sa mère avec antipathie. Cette dernière inspira lentement et reprit la parole
- Pourquoi pas ? J'aimerais que tu me parles d'elle. J'aimerais comprendre ce qui fait que cette fille compte tant que ça pour toi…
Son regard métallique se laissa lentement submerger par la glace et Scorpius fixa sa mère avec froideur ;
- Pourquoi ? Répéta-t-il en se levant soudainement. Parce que la dernière fois que j'ai essayé de vous parler de Rose, vous m'avez forcé à rompre avec elle en menaçant de tout dire à père si je ne le faisais pas ! Rugit-il silencieusement. Or vous saviez que s'il l'apprenait, il ne me renverrait jamais à Poudlard, vous saviez qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour que jamais plus je ne la revoie !
Astoria pâlit, mais Scorpius n'avait pas fini de cracher ce qu'il avait sur le cœur.
- Et je ne pouvais pas le laisser faire ça, dit-il en secouant piteusement la tête. Je ne pouvais pas vous laisser faire ça… Je pouvais supporter… je pouvais essayer de supporter l'absence de Rose dans ma vie, mais je ne pouvais pas ne plus jamais la revoir…
- Tu n'avais que dix-sept ans, souffla faiblement Astoria, ses grands yeux bleus écarquillés sur son fils, tu ne pouvais pas être amoureux, tu ne savais pas ce que c'était que l'amour…
Scorpius fixa silencieusement sa mère pendant plusieurs secondes avant de se diriger vers la porte.
Lorsqu'il eut la main sur la poignée, il se retourna et rencontra le regard horrifié de sa mère.
- Je n'avais peut-être que dix-sept ans, mais je n'avais jamais eu quelqu'un comme Rose dans ma vie avant elle…
Son regard s'adoucit lorsqu'il prononça son nom, et un mince sourie se dessina sur ses lèvres.
- Rose est… Rose est magnifique. Elle est infernale et désordonnée. Elle est couverte de tâches de rousseur et ne réfléchit jamais avant de parler… Elle est absolument tout ce que je ne suis pas. Une Weasley, en fait, ajouta-t-il en laissant échapper un rire malgré lui. Mais c'est peut-être ce qu'il me faut, à moi, même si c'est sûrement la dernière personne au monde que vous voudriez me voir fréquenter.
Astoria fixait son fils avec douleur mais fut incapable de répondre quoi que ce soit. Tiraillé entre son statut d'épouse et sa nature de mère, elle resta sans voix.
Mais Scorpius n'eut pas la force de lui en vouloir et il tourna tout simplement les talons.
14 Juillet 2023 – Chemin de Traverse, Londres
- Qu'est-ce qu'on fait si on tombe sur quelqu'un qu'on connaît ? Demanda Rose en levant les yeux vers Scorpius, qui se contenta de hausser les épaules avec un sourire en coin avant de glisser un bras autour de ses épaules pour l'attirer vers lui.
- On avise.
Rose esquissa un sourire et enfouit sa tête sous son épaule en se mordant la lèvre ; ces derniers temps, elle avait vu Scorpius se transformer. De loin, il était toujours le même garçon froid et distant, mais de près il était tout le contraire. Plus ouvert, plus souriant, plus chaleureux, Scorpius semblait heureux pour la première fois de sa vie. Et Rose… Rose était folle de ce Scorpius-là. Peut-être qu'elle était la seule personne au monde à connaître le son de son rire, mais même si ça faisait d'elle une gamine égoïste, elle ne pouvait s'empêcher de se réjouir de ce privilège. Parce que lorsqu'il riait, Scorpius était beau. Tout son visage s'illuminait et son regard métallique s'adoucissait aussitôt. Rose chérissait ces instants. Elle veillait sur eux comme des trésors et les gravait dans son coffre-fort de souvenirs, de peur qu'un jour ils lui échappent.
- Où est-ce qu'on va ? Demanda-t-elle lorsque Scorpius fit glisser son bras de ses épaules pour emmêler ses doigts aux siens.
Ils s'étaient éloignés de la rue principale pour ne prendre aucun risque, et Scorpius l'avait entraînée dans une petite allée adjacente qui débouchait sur une troisième ruelle qu'elle ne connaissait pas.
- Je veux te montrer quelque chose, dit-il.
Scorpius la guida à travers la petite rue commerçante déserte et Rose se laissa faire distraitement, son regard glissant d'une devanture à une autre avec curiosité. Lorsqu'ils approchèrent d'une petite boutique dont la vitrine était enfoncée dans une façade en briques rouges, Scorpius s'arrêta et poussa gentiment la jeune fille vers la boutique.
- Je pense que tu vas adorer cet endroit, lui glissa-t-il en souriant alors qu'il ouvrit la porte pour elle et la laissa entrer la première.
- Parce que c'est un bazar ? Devina Rose en riant une fois qu'elle fut entrée dans la petite boutique et qu'elle eut étudié le décor.
- Pas un bazar, un antiquaire, précisa Scorpius, déclenchant l'hilarité de la jeune fille, qui secoua la tête avec amusement.
Rose reporta son attention sur ce qui l'entourait et son sourire s'élargit. Partout, des étagères et des vitrines pleines à craquer d'objets magiques en tout genre. Des tapis volants poussiéreux étaient entassés dans un coin, malgré l'interdiction stricte du Ministère de les commercialiser, et une bibliothèque menaçait de crouler sous le poids des livres qu'elle contenait près du comptoir, où un sorcier sobrement vêtu d'une robe noire semblait faire ses comptes.
- Bonjour, le salua Rose en l'apercevant.
- Il est à moitié sourd, expliqua Scorpius en se penchant vers son oreille lorsque Rose s'étonna de l'impassibilité du vieil homme.
Rose hocha la tête et s'enfonça un peu plus dans la boutique, disparaissant dans une allée bordée d'étagères bancales. Jamais elle n'avait vu un tel bazar, et pourtant, la tranquillité qui régnait dans la minuscule boutique surchargée lui rappelait le Terrier, ses couleurs et ses odeurs.
Cette boutique ne ressemblait pas à Scorpius. Elle lui ressemblait à elle, et c'est pour cette raison qu'il l'y avait amenée.
- Comment es-tu tom…
- Attention, fit soudain Scorpius en forçant Rose à se baisser.
Lorsqu'elle releva la tête, elle vit avec stupeur qu'une tortue s'éloignait d'elle en volant.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda-t-elle, abasourdie.
Scorpius haussa les épaules, pas le moins déconcerté. Rose secoua la tête en souriant avant de reporter son attention sur Scorpius qui regardait distraitement autour de lui.
- Comment es-tu tombé sur cet endroit ? Réitéra Rose.
Scorpius grimaça et passa une main dans sa nuque en rougissant faiblement.
- Je me suis perdu.
- Tu t'es perdu ? Répéta Rose en arquant un sourcil.
Scorpius hocha la tête.
- Je devais avoir cinq ou six ans, expliqua-t-il. Ma mère m'avait amené sur le Chemin de Traverse avec elle parce qu'elle devait aller à Gringotts et qu'elle ne voulait pas me laisser seul au Manoir avec mon grand-père, se souvint-il en frissonnant, son regard gris s'assombrissant pendant une fraction de seconde. Mais j'ai lâché sa main et je me suis égaré, termina-t-il en haussant les épaules pour minimiser la chose.
Rose dut se mordre la joue pour de pas éclater de rire. Elle pouvait imaginer la scène au détail près. Un Scorpius haut comme trois pommes, avec le même menton pointu et le même regard qu'aujourd'hui, perdu au milieu d'étrangers, hésitant entre son envie de découvrir le monde et l'interdiction de se mêler aux inconnus.
La jeune fille détourna le regard et continua à arpenter les moindres recoins de la boutique, suivie de loin par Scorpius, qui se contentait de regarder discrètement autour de lui, lorsque son regard se posa sur une petite montre à gousset dont la coque en cuivre était finement gravée. Sûrement un travail de Gobelin, vu la précision de l'ouvrage. Rose caressa la coquille du bout des doigts avant de les refermer autour du bijou ancien. Le plus délicatement possible, elle l'ouvrit en appuyant sur le petit bouton pression et ses lèvres s'étirèrent davantage encore vers le haut. Les aiguilles étaient arrêtées, mais il suffirait de faire quelques recherches pour trouver comment la faire fonctionner à nouveau…
Elle glissa un regard vers Scorpius qui continuait de flâner sans vraiment prêter attention à ce qui l'entourait, et reposa discrètement la montre sur son coussin.
Peut-être que cette boutique ne ressemblait pas beaucoup à Scorpius, mais cette montre, elle était faite pour lui.
N/A : Hi little monkeys ! (Oui je m'essaye aux surnoms ridicules en ce moment...) Tout le monde va bien ? J'espère que oui, c'est le début des vacances et il fait beau, faut sortir les bikinis ! Ou pas, hein. Au choix.
Bien, bien, bien... concernant ce chapitre pour le moins ennuyant à mourir... un passage préféré peut-être ? Personnellement, je voterais pour l'apparition de Hugo. J'aime ce petit gars. À tel point que je me tâte à écrire un OS tiré de BB rien que pour lui (et la demoiselle de son coeur, peut-être). Ha ha. Tout le monde s'en fou, okay...
Sinon, petit message important : je vais être pas mal prise pendant les vacances, ce qui veut dire que je ne vais pas avoir le temps d'écrire autant que je l'aurais aimé, et surtout, je vais pas mal bouger donc je n'aurais pas toujours accès à internet... Ce qui signifie que je pourrais pas toujours publier une fois par semaine comme convenu. Cela dit, j'essayerai toujours de vous prévenir une semaine à l'avance, donc pas de mauvaise surprises.
Sur ce, bon week-end à tous ;-)
RàR : à Mea95Gryffondor ; BB est un petit carré de chocolat ? Ahhh ! Alors là tu me flattes ! Enfin bon, faut pas exégérer, hein, parce qu'il n'y a rien de meilleur que le chocolat (à part une vieille édition de Pride and Prejudice et une tasse de thé par une pluvieuse journée d'automne...). Effectivement, pour le coup, Scorpius aura été plus courageux que Rose, qui elle choisit de ne pas dire toute la vérité à son père. Et sinon, je suis bien contente que tu ai aimé le dernier flash-back, parce que j'avais vraiment peur que personne ne le trouve crédible... :) merci pour ta review, que je retrouve chaque semaine avec plaisir ;-)
à Valentine ; Ahhh ! Si tu es contente de voir que tout le monde est peu à peu mis au courant de la relation entre Scorpius et Rose, les cinq prochains chapitres risquent de te plaire :p Merci pour ta review ^^
à Romane ; Rassure-toi, aucun mots "moins gentils" ne me viennent à l'esprit après avoir lu ta review, bien au contraire ^^ Je n'exigerai jamais que les lecteurs me laissent des reviews, c'est pas pour ça que j'écrit. Tu vois, une seule review comme la tienne suffit à m'encourager à écrire et à continuer de publier régulièrement :) Je suis très contente que mes histoires t'aient plu jusque-là, et j'espère que la suite de BB ne te décevra pas ! Merci encore d'avoir lu mes histoires et d'avoir pris le temps de me laisser cette superbe review ;-)
