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Chapitre X
« Of Fathers and Werewolfs »
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29 Mars 2025 – Wiltshire, Angleterre, Manoir Malefoy
Scorpius inspira profondément, gonflant ses poumons de tout l'air qu'il était capable d'y stocker, puis attrapa la montre posée sur son lit pour la glisser dans la poche de son pantalon. Il était habitué à son poids et se sentait toujours désagréablement léger lorsqu'il oubliait de l'enfoncer dans sa poche, à portée de main à tout instant.
Il n'était pas encore dix-huit heures, mais tous les membres de l'Unité ainsi que l'équipe d'Aurors assignée par Harry et Ron devaient se rendre au Ministère pour un dernier débriefing avant que la nuit ne tombe.
Scorpius était loin d'être prêt pour ce qui l'attendait cette nuit-là, mais s'il devait attendre le moment où il le serait vraiment, il ne quitterait jamais cette chambre.
C'est donc en poussant un long soupir qu'il se dirigea vers la porte, sa baguette dans une poche, sa montre dans l'autre, et abandonna le confort de sa chambre pour se rendre au salon, d'où il partirait pour le Ministère en utilisant la cheminée.
29 Mars 2025 – Deuxième Étage, Département de la Justice Magique, Ministère de la Magie
Scorpius entra dans la salle de réunion qu'occupaient les Aurors et les membres de l'Unité depuis le début du mois et prit place dans la chaise qui était la sienne en saluant les quelques sorciers déjà présents. Lorsqu'il croisa le regard de Ron Weasley, il inclina respectueusement la tête et détourna rapidement les yeux. Depuis que l'article de Sorcière Hebdo était paru dans la presse et que la moitié des sorcières du Royaume-Uni savait tout sur la prétendue relation qu'il entretenait avec sa fille, le père de Rose n'avait cessé de l'observer du coin de l'œil, de le scruter, de l'examiner à loupe chaque fois qu'ils se voyaient. Et ils se voyaient beaucoup. Ils passaient le plus clair de leur temps dans la même pièce depuis un mois, et même s'ils ne s'adressaient jamais directement la parole, ils faisaient toutefois partie d'une équipe.
- Scorpius, le salua poliment Harry lorsque celui-ci prit place.
- Monsieur, répondit le jeune homme.
Scorpius se mura ensuite dans son silence et ignora poliment les conversations autour de lui en attendant que le reste de l'Equipe Mixte – comme l'appelait Goyle avec dégoût et Harry avec un amusement calculé – n'arrive.
Droit dans sa chaise, il s'autorisa momentanément à fermer les yeux et expira l'air qu'il retenait douloureusement dans ses poumons. Après tout, il n'avait aucune raison de prétendre qu'il n'était pas nerveux. Il l'était. Il l'était en permanence depuis trois mois.
Trois mois déjà. Trois mois et deux pleines lunes.
Si la première avait été éprouvante, la seconde avait été cauchemardesque. Et celle-là s'annonçait pire encore. Il savait exactement ce qui l'attendait ; les Aurors avaient joué franc-jeu avec l'Unité depuis le départ. Depuis plusieurs semaines, ils se préparaient stratégiquement au pire. Et le pire, Scorpius le savait, c'était une nouvelle attaque surprise. En un mois, Redfur avait fait parler de lui et avait eu le temps de rassembler davantage de sympathisants. Personne ne savait exactement combien ils étaient, où ils se cachaient, ni qui ils étaient vraiment, ce qui revenait à se battre contre une ombre.
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- Bonsoir à tous, fit Harry avec un sourire maladroit en prenant place entre Ron et Goyle lorsque tout le monde fut arrivé.
Scorpius concentra son attention sur le sorcier dont les exploits avaient bercé son imagination pendant ses jeunes années, ses yeux gris braqués sur lui avec intensité.
Harry s'éclaircit la gorge et reprit la parole après avoir parcouru l'assemblée d'un bref regard ;
- Je sais que vous savez tous ce que vous avez à faire ce soir et mais ça ne peut pas faire de mal de tout revoir depuis le début. Il nous reste moins de deux heures avant la tombée de la nuit, et chaque minute est précieuse…
Goyle laissa échapper un grognement sarcastique.
- Exactement, on sait ce qu'on a à faire, Potter, alors pourquoi ne pas nous laisser faire notre travail pendant que vous autres, ajouta-t-il avec un regard mauvais en direction des Aurors dispatchés autour de la table, vous regagnez bien sagement vos lits pendant qu'on s'occupe des Grands Méchants Loups ?
Un sourire mauvais étira ses lèvres, et plusieurs membres de l'Unité approuvèrent en hochant la tête. Scorpius fit de son mieux pour ignorer la remarque aussi profondément inutile que stupide, mais Ron, beaucoup moins maître de ses émotions que lui, en fut tout à fait incapable ;
- Et pourquoi tu ne la fermerais pas, tout simplement, Goyle ? Répliqua-t-il avec agacement.
Il n'en fallut pas beaucoup pour que les voix s'élèvent dans la pièce et que les querelles puériles reprennent là où elles s'étaient arrêtées la veille, lorsque Harry était intervenu, pour la centième fois depuis le début du mois, pour y mettre fin en rappelant à l'ordre l'assemblée d'Aurors et de membres de l'Unité.
Scorpius vit Harry fermer les yeux et expirer lentement avec lassitude. Il ne pouvait qu'admirer la patience dont il faisait preuve.
- S'il vous plaît, gronda-t-il d'une voix sèche et implacable, imposant immédiatement le silence autour de lui.
Il parcourut à nouveau la table du regard et secoua la tête avec lassitude.
- Je ne tolérerai aucune chamaillerie infantile ce soir. Je vous veux unis, ou bien chez vous. Est-ce que c'est clair ?
Lorsqu'il rencontra un mur de silence approbateur, il redressa ses lunettes sur son nez et joignit les mains devant lui en soupirant.
- Bien. Parce que soir, peu importe le badge épinglé sur votre poitrine, vous êtes dans la même équipe. Aucune distinction, aucune étiquette… Si vous voulez rester en vie, vous allez devoir vous faire confiance. Certains d'entre vous pensent peut-être que tout ça est un jeu, mais c'est loin d'être le cas. Si vous croyez vous battre contre des Loups-Garous ce soir, vous vous trompez. Vous allez vous battre contre des sorciers qui ont planifié leur attaque dans les moindres détails. Une attaque dont nous ne saurons rien avant les premières lueurs du crépuscule. Pour l'instant, nous sommes impuissants. Nous ne savons ni où, ni quand ils attaqueront exactement. Ça pourrait être le Ministère, un petit village moldu au fin fond du Pays de Galles, ou encore le cœur de Londres. La seule chose sur laquelle nous pouvons compter, c'est notre réactivité. On doit se tenir prêts à intervenir à tout instant, dès que l'alerte sera donnée. Et il y a de grandes chances pour que beaucoup d'attaques soient des leurs. S'il est malin, et je crains que ce soit le cas, Redfur voudra nous éparpiller. Il nous enverra aux quatre coins du pays avant de concentrer son attaque là où il l'aura décidé.
Les visages s'assombrirent et Scorpius dut faire de son mieux pour ne pas fléchir. Il savait tout ça. Ils avaient passé des semaines dans cette pièce à envisager chaque éventualité. Ils avaient passé chaque détail au peigne fin.
Mais ça ne voulait pas dire qu'ils étaient prêts.
Oh non.
Ils étaient tout sauf prêts.
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Chaque minute qui s'égrena jusqu'à la tombée de la nuit fut une minute de torture supplémentaire pour les nerfs des Aurors et des Membres de l'Unité.
Lorsque les derniers rayons du soleil disparurent complètement et que seule la lune illumina le ciel, le silence tomba lourdement autour d'eux. Scorpius, tendu comme un fil de fer sur sa chaise, fixait ses mains. Il n'avait pas prononcé le moindre mot depuis une heure et évitait soigneusement le regard des autres, de peur qu'ils y lisent son appréhension, qu'ils y aperçoivent ses doutes et ses angoisses.
Il manqua de sursauter quand une main s'abattit vigoureusement sur son épaule et, lorsqu'il rencontra le regard transperçant de Ron Weasley, il lui fallut faire tous les efforts du monde pour rester parfaitement impassible.
L'Auror s'éclaircit maladroitement la gorge, sans détacher son regard du sien.
- Malefoy, dit-il d'un ton bourru.
Incertain sur l'attitude à adopter, Scorpius opina du chef, comme pour l'encourager à poursuivre, bien qu'il n'était pas persuadé d'avoir envie d'écouter ce qu'il avait à lui dire.
- Tu es dans mon groupe ce soir, lâcha-t-il enfin, ses yeux bleus, si similaires à ceux de Rose, plantés dans les siens.
Une fois encore, le jeune homme hocha la tête. Il savait ça.
- Est-ce que tu es prêt ?
L'espace d'un instant, Scorpius fléchit. Il sembla hésiter avant de se décider à être honnête. Mentir par fierté ne lui ferait gagner aucun point avec le père de Rose. S'il voulait avoir une chance d'être pris au sérieux, il valait mieux ne pas transpirer de l'arrogance propre aux Malefoy auxquels l'Auror avait été confronté toute sa vie.
- Non, avoua-t-il enfin sans ciller.
Les sourcils de Ron sautèrent et une leur de stupéfaction éclaira son regard. Il le jaugea un moment, et à la grande surprise du jeune homme, il esquissa un sourire, ses lèvres s'étirant légèrement vers le haut.
- Voyez-vous ça, souffla-t-il, plus pour lui-même que pour Scorpius.
Ce dernier demeura silencieux, mais refusa lui aussi de détourner les yeux.
Les deux hommes s'affrontèrent du regard quelques instants, jusqu'à ce que Ron capitule en laissant échapper un rire railleur.
- Évidemment, marmonna-t-il à nouveau. Il fallait que tu sois un de ces types…
- Pardon ? S'étonna Scorpius en fronçant les sourcils avec incrédulité.
Ron leva les yeux au ciel mais balaya sa question d'un geste de la main. Il sembla sur le point de dire quelque chose d'autre lorsque la porte s'ouvrit à la volée, laissant apparaître une petite sorcière rondouillarde, le souffle coupé, les yeux écarquillés avec effroi.
- L'alerte a été donnée ! Des Loups-Garous viennent d'attaquer une zone portuaire près de Plymouth !
- Combien ? Demanda Harry d'une voix calme en fixant la petite sorcière par-dessus ses lunettes.
- Une dizaine.
Harry hocha lentement la tête avant de se tourner vers Ron. Ils échangèrent un regard et ce dernier hocha la tête, mettant fin à leur brève conversation silencieuse.
Ron lança un regard circulaire autour de la pièce ;
- Geny, dit-il en s'adressant à Usia Geny, l'unique sorcière faisant partie de l'Unité Spéciale, et Malefoy avec moi, ordonna-t-il avant de se tourner vers deux autres Aurors qui s'étaient levés en assistant à la conversation silencieuse qu'avaient échangée Harry et Ron.
Scorpius inspira profondément, se leva, lissa les pans de sa robe, et serra la mâchoire avec résignation.
Peut-être qu'il avait peur, mais en croisant le regard de Ron lorsqu'il quitta la pièce à sa suite, il fut submergé par un sentiment de soulagement incommensurable.
Ce soir il n'allait pas à la chasse aux monstres dans les bottes d'un membre de l'Unité Spéciale. Ce soir, il allait se battre aux côtés d'hommes qu'il respectait pour mettre fin à la terreur qui menaçait de paralyser la société.
Et il pouvait vivre avec ça sur la conscience. Il pouvait vivre en arrêtant des hommes qui, pour une fois, étaient coupables des crimes pour lesquels on les arrêterait.
29 Mars 2025 – Près de Plymouth, quelque part dans le Devon, Angleterre
La terreur lui nouait l'estomac. Il s'était attendu au pire, mais rien n'aurait pu le préparer à ça. Les bois dans lesquels il s'enfonçait étaient noirs, froids, et plongés dans un épais brouillard qui n'avait rien de naturel. Son sang s'était glacé à la seconde où il avait transplané à Plymouth avec le reste de l'équipe composée par Ron, et Scorpius n'avait pas été capable de regagner totalement son assurance depuis.
Il avait l'impression de courir à en perdre haleine depuis des heures, et pourtant, il savait qu'il n'était là que depuis une vingtaine de minutes seulement. Ron les avait fait se séparer presqu'immédiatement, lorsqu'il était clairement apparu que le groupe de Loups-Garous qu'ils pourchassaient s'était éparpillé dans les bois après leur arrivée. Harry avait été clair peu importe ce que ça leur coûtait, il fallait absolument qu'ils parviennent à capturer au moins un des Loups-Garous ce soir. Un Loup-Garou qu'ils pourraient interroger afin d'en savoir plus sur Redfur, sa « meute », et ses plans. Un Loup-Garou qu'ils pourraient ramener au Ministère en attendant que le soleil se lève.
Scorpius avait bien vu la réticence de Ron à diviser son équipe ; contrairement aux membres de l'Unité Spéciale, les Aurors travaillaient toujours en groupe. Ils étaient unis, soudés. Mais ils savaient tous que c'était pour le mieux. Les Loups-Garous s'étaient enfoncés dans les bois, et ils étaient bien trop vastes pour être fouillés efficacement s'ils restaient groupés.
Alors, lorsque Ron lui avait dit de se diriger vers le nord, Scorpius avait hoché la tête et s'était enfoncé dans la forêt à son tour, sans se retourner, sa baguette brandie devant lui. Il lui avait fallu peu de temps pour tomber sur les traces d'un Loup-Garou. Les larges empreintes de la créature étaient imprimées dans la terre fraîche et la mousse qui la recouvrait abondamment, et partout dans son sillage, des fleurs et des buissons avaient été piétinés.
Scorpius avait prudemment suivi les traces du Loup-Garou, jusqu'à ce qu'il croise finalement sa route. Et très vite, les choses avaient basculé. Alors qu'il tentait d'immobiliser un Loup-Garou furieux et déterminé à le décapiter d'un coup de griffes, il avait senti la montre dans sa poche de pantalon glisser de la fente dans laquelle il l'avait rangée et tomber sourdement sur le sol. Son cœur s'était figé et, avec une rapidité extraordinaire, il s'était baissé pour la ramasser, évitant par la même occasion les crocs acérés de la créature magique. Il lança un sort à l'aveuglette avant de se redresser précipitamment, et sentit, trop tard, les griffes du Loup-Garou s'enfoncer dans sa chair et tracer leur chemin dans son dos depuis son épaule droite. Il étouffa un cri de douleur et échappa de justesse à un second coup de griffes. Après ça, il s'était mis à courir, vite, ne se retournant que pour lancer des sortilèges de confusion ou de stupéfixion par dessus son épaule, aucun n'atteignant sa cible.
Une seconde d'inattention à peine, et Scorpius n'était plus le chasseur ; il était devenu la proie.
30 Mars 2025 – Rez-de-chaussée, Ministère de la Magie
Ron faisait les cent pas dans le hall du Ministère, le teint plus blême que jamais. Le cœur au bord des lèvres, il devait serrer la mâchoire pour s'empêcher de vomir. Depuis plus d'une heure, l'angoisse et la culpabilité lui nouaient l'estomac. Toute la nuit, il avait pourchassé une poignée de Loups-garous dans l'immense forêt qui bordait Plymouth, sans résultat. Ignorant de la situation pour le reste des Aurors et de l'Unité après son départ du Ministère avec le reste de son équipe, il avait re-transplané à Londres lorsque les premiers rayons du soleil avaient déchiré le ciel. Comme convenu, il était censé y retrouver ses coéquipiers à l'aube si aucun d'eux n'avait pu se rejoindre plus tôt. Les uns après les autres, ils étaient apparus dans l'immense Hall du Ministère, épuisés et blessés, mais vivants.
Tous étaient revenus, d'après Harry. Certains avaient été conduits à Ste Mangouste pour des blessures superficielles après avoir fait un rapport rapide de la nuit qu'ils avaient vécue, mais toutes les équipes étaient revenues – au compte-goutte, certes, mais au complet. Tous étaient revenus.
Tous, sauf un.
Tous, sauf Scorpius.
- Où est mon fils, Weasley ! Tonna la voix glacée de Drago Malefoy dans son dos, alors qu'il arpentait le Hall,
Ron fit immédiatement volte-face, et pour une fois, ce n'est pas du dégoût qui tordit son visage lorsqu'il aperçut le visage de Drago Malefoy.
- Où est-il ? Répéta-t-il en agrippant Ron par le col de sa robe, sa baguette pointée sur sa gorge. Où est Scorpius ! Vociféra-t-il, cédant à la panique, la peur et la fureur se mélangeant dans son regard métallique.
- Malefoy ! S'écria une voix dans leur dos.
Ron vit Harry se précipiter vers eux et retenir Drago en arrière, le forçant à le libérer, mais Ron ne bougea pas d'un millimètre, son regard rivé avec culpabilité vers l'homme qu'il avait toujours soigneusement haï.
- Ça ne sert à rien de paniquer, tenta de le calmer Harry, on ne sait pas ce qu'il s'est passé. Scorpius est probablement…
Drago tourna un regard aiguisé vers ce dernier et ses yeux gris s'assombrirent davantage encore.
- Probablement quoi ? Coupa-t-il.
Devant le silence de Ron et de Harry, Drago roula les poings le long de son corps et reprit, en inspirant profondément, ses paupières tombant sur ses yeux lançant des éclairs ;
- Mon fils, commença-t-il d'une voix basse et dangereuse, est introuvable. Personne ne sait où, et la dernière fois que Weasley l'a vu, c'était il y a des heures de cela et il s'élançait sur les traces d'une meute de Loups-Garous. Seul, ajouta-t-il d'une voix tremblante.
Bien loin était le Drago Malefoy sûr de lui et impeccablement maître de ses émotions. Ron fit un pas en avant et leva une main hésitante, qu'il posa doucement sur son épaule.
- Malefoy, commença-t-il calmement.
Drago se dégagea avec dégoût et lui adressa un regard meurtrier. Pourtant, Ron ne put s'empêcher d'éprouver de la pitié pour lui, lorsqu'il vit que sous la façade brisée habituellement si étudiée, c'était la peur et la douleur qui inspiraient sa colère.
- On va le retrouver, reprit Ron. Il est probablement juste blessé, tenta-t-il de minimiser sans pouvoir retenir une grimace, et incapable de transplaner, mais je suis sûr qu'il va bien…
Sa voix se brisa et il échangea un regard avec Harry, dont l'expression était aussi grave que la sienne.
- Si c'était le cas, il aurait déjà envoyé un Patronus ou… Il était sous ta responsabilité, Weasley… Il n'a que dix-neuf ans bon sang ! C'est encore un gosse ! Qu'est-ce que tu ferais, si c'était ta fille ?
Ron ferma les yeux, mais ne prononça pas le moindre mot. Il aurait voulu répliquer qu'il n'aurait tout simplement jamais forcé sa fille à s'enrôler dans une escouade de chasseurs de Loups-Garous, mais il n'en fit rien. Malgré la profonde animosité qu'il y avait entre eux, Ron ne pouvait pas se résoudre à accabler davantage un homme qui s'inquiétait pour la vie de son enfant.
- Malefoy, on va le retrouver, dit Harry à son tour. Ça ne sert à rien d'imaginer le pire…
- Le pire…
Drago leva un regard hanté vers les deux hommes. Ron inspira profondément et se tourna vers Harry avec un signe de tête.
- Je vais mettre sur pieds une équipe et on va fouiller les bois, dit-il calmement.
Harry hocha la tête.
- Je veux en être, intervint Malefoy d'une voix qui ne laissa aucune place à la discussion.
La mâchoire crispée, le regard sombre et déterminé, il fixait Ron avec une intensité que ce dernier ne lui avait jamais vue.
Ron lança un regard interrogateur à Harry, qui hocha la tête en soupirant, visiblement résigné.
- Bien, fit Ron. Préviens Awkins et Peacock, je les veux en bas dans cinq minutes.
- D'accord. Et je t'envoie Albus, ajouta Harry en frottant ses yeux derrière les verres de ses lunettes. Il est arrivé il y a un quart d'heure, et contrairement à vous tous, il a eu une nuit complète de sommeil.
- Parfait, fit sombrement Ron avant de reporter son attention vers Drago. Dis-leur qu'on part dans cinq minutes.
Harry hocha une dernière fois la tête et quitta les deux hommes au beau milieu du Hall.
30 Mars 2025 – Aberdeen, Écosse
Comme chaque fois que son mari ne rentrait pas le soir, Hermione était incapable de fermer l'œil. Trop de fois, elle l'avait vu rentrer dans un état épouvantable, ou avait été contactée par Harry ou un autre membre de leur équipe pour l'informer que Ron avait été transporté à Ste Mangouste.
Une tasse de café dans les mains, les jambes repliées sous ses fesses, les yeux rivés sur la vieille horloge au-dessus de la cheminée, similaire à celle qu'elle avait vue pour la première fois chez les Weasley quand elle avait quatorze ans, Hermione faisait de son mieux pour rester parfaitement calme. Il était presque huit heures du matin, et bien que l'horloge n'indiquait plus depuis plus d'une heure que Ron était en danger de mort, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter de ne pas encore avoir eu de nouvelles.
Elle tira sur ses jambes la couverture en laine qui avait glissé et but une longue gorgée de café.
Elle tourna la tête en entendant des pas dans l'escalier et sourit en voyant Rose débarquer dans le salon, vêtue d'un bas de jogging et d'un épais pull en laine tricoté par sa grand-mère, ses longues boucles rousses emmêlées dans une tresse grossière. De toute évidence, elle n'avait pas beaucoup dormi non plus.
- Toujours pas rentré ? Demanda-t-elle d'une petite voix en venant se glisser sur le canapé près de sa mère.
Hermione secoua la tête et déposa un baiser sur son front avant de soulever la couverture pour lui faire une place près d'elle.
- Non, soupira Hermione en tendant sa tasse à sa fille qui la porta à ses lèvres en grimaçant avant d'en boire une gorgée et de la lui restituer.
- Il fait jour, pourtant…
Hermione esquissa un faible sourire.
- Il est probablement resté au Ministère pour les interrogatoires. S'ils ont réussi à en arrêter quelques-uns, nul doute que ton père aura voulu être sur place avec Harry pour les interroger…
Rose hocha la tête.
- Et tu crois que…
TOC, TOC, TOC…
Des coups frappés à la porte interrompirent Rose dans son élan et elle se tourna vers sa mère qui fronça les sourcils avec surprise.
- Il est à peine sept heures, qui est-ce que…
Rose bondit sur ses jambes sans attendre que sa mère termine sa phrase.
- Bouge pas, j'y vais.
Elle traversa le salon pour gagner le vestibule, sa mère sur ses talons, et alla ouvrir la porte en la déverrouillant d'un simple petit coup de baguette.
Son cœur se figea dans sa poitrine lorsqu'elle vit Scorpius sur le pas de sa porte.
Il était couvert de terre et de sang. Une longue coupure longeait son arcade sourcilière gauche et sa robe était déchirée à plusieurs endroits, découvrant des plaies profondes et ensanglantées.
Hermione porta une main contre sa bouche avec épouvante lorsqu'elle vit le jeune homme et se précipita sur lui pour l'aider à entrer.
- Je vais bien, souffla-t-il en esquissant un sourire. Je vous assure… j'ai juste… Il faudrait que je parle à Rose…
Il leva un regard brisé vers la jeune fille et celle-ci cligna enfin des yeux avant de laisser échapper un sanglot.
- Rose ! S'écria-t-il en se précipitant vers elle. Je t'assure, ça va, j'ai juste…
Il hésita un bref instant, lançant un regard incertain vers Hermione, avant d'encadrer son visage de ses deux mains pour la forcer à lever les yeux vers lui.
- Hé, souffla-t-il doucement, d'une voix à peine audible. Rose, regarde-moi, je vais bien, je t'assure, promit-il pour la troisième fois.
Rose secoua la tête, les dents plantées dans sa lèvre pour l'empêcher de trembler.
- Qu'est-ce que… qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Bredouilla-t-elle.
- Rose, la coupa gentiment sa mère. Il vaudrait mieux qu'on rentre pour parler de tout ça tranquillement, d'accord ?
Rose hocha la tête et Hermione lui adressa un sourire encourageant avant de reporter son attention vers Scorpius avec inquiétude.
- Et il faudrait que je jette un coup d'œil à tes blessures, Scorpius, si tu es d'accord, ajouta-t-elle. J'imagine que c'est un loup-Garou qui en est la cause ? Grimaça anxieusement Hermione. Si c'est le cas, il faut que tu ailles à Ste mangouste au plus vite avant que tu ne…
Elle s'interrompit en voyant le regard paniqué sa fille levé vers elle.
- D'abord, il faut que je parle avec Rose, intervint Scorpius en fermant brièvement les paupières. C'est important, ajouta-t-il avec une expression douloureuse.
- Très bien, soupira Hermione. Je serai dans la cuisine si vous avez besoin de moi.
- Merci beaucoup, souffla Scorpius avec reconnaissance.
Rose croisa le regard de sa mère et lui souffla un « merci » du bout des lèvres. Hermione hocha la tête et tourna les talons, les laissant seuls dans le salon.
Ils s'assirent dans un canapé, et Scorpius planta son regard abattu dans celui de Rose. Silencieux, ils se fixèrent pendant de longues secondes, jusqu'à ce Scorpius pousse un long soupir et détourne la tête pour la plonger dans ses mains.
- Je ne savais pas quoi faire d'autre… Je voulais retourner au Ministère et en parler à ton père ou à ton oncle, mais… mais je savais que le reste de l'Unité serait là-bas et ils auraient posé des questions et je…
Il s'interrompit et secoua la tête avec une nervosité que Rose ne lui connaissait pas. Elle posa une main délicate sur son genou et il se figea aussitôt, avant de se détendre en expirant lentement l'air qu'il avait emprisonné dans ses poumons.
La jeune fille lui adressa un sourire encourageant, et il reprit d'une voix légèrement plus forte ;
- C'est pire que ce qu'on croyait, lâcha-t-il enfin. Rose, Redfur, il…
- Il quoi ?
Scorpius secoua une nouvelle fois la tête et ferma lentement les yeux, laissant les souvenirs fraîchement gravés dans sa mémoire l'envahir à nouveau.
- On venait d'arriver à Plymouth avec ton père quand on a compris que les Loups-Garous s'étaient repliés dans les bois après avoir attaqué un petit quartier portuaire, expliqua-t-il. On a dû se séparer parce qu'ils étaient trop nombreux et trop éparpillés. Je suis tombé sur l'un d'entre eux et très vite, la situation a dégénéré. Au début j'avais le dessus, mais je me suis laissé distraire et… C'est pas le plus important, s'interrompit-il lui-même en secouant la tête. J'ai fini par l'avoir… Je l'ai immobilisé et j'étais sur le point de le ramener au Ministère quand je me suis fait surprendre par deux autres Loups-Garous.
Rose déglutit difficilement, le teint blême.
- J'ai tout de suite dressé un bouclier, parce que je savais que je ne pourrais pas me battre contre deux Loups-Garous, et ma priorité, c'était de ramener celui que je venais d'immobiliser au Ministère. Je ne voulais pas prendre de risque inutile, alors qu'on avait des ordres clairs…
Rose hocha la tête, mais ne prononça pas le moindre mot. Scorpius tourna enfin ses yeux vers elle, et la jeune fille vit toute la peur imprimée dans son regard métallique.
- Ils étaient trop calmes, Rose, souffla-t-il faiblement. Ils ont à peine bougé quand j'ai levé ma baguette pour dresser un bouclier… Ils se sont contenté de… de rester planté là, à me regarder…
Cette fois, Rose fronça les sourcils, son expression douloureuse se muant lentement en une moue de réflexion intense.
- C'est étrange, murmura-t-elle. Les Loups-Garous ne se comportent pas de cette manière… Normalement, ils se sentent agressés par toute forme de magie et ripostent en attaquant…
- Exactement, fit Scorpius en hochant la tête. Ce qui ne pouvait vouloir dire qu'une chose…
- Ils étaient conscients, comprit Rose avec effroi, les yeux écarquillés par l'horreur qu'elle éprouvait.
- De toute évidence, ils étaient parfaitement lucides. Ils savaient où ils étaient, qui ils étaient, et ce qu'ils faisaient. Ils sont restés là pendant des heures à attendre que je faiblisse, que je baisse ma garde. Et je ne pouvais pas bouger. Ils étaient trop près. Si j'abaissais mon bouclier, ne serait-ce qu'une seconde, j'étais mort…
Rose se mordit l'intérieur de la joue, les poings tremblants sur ses genoux et dut s'empêcher d'enrouler ses bras autour de Scorpius pour le serrer contre elle de toutes ses forces.
- Comment t'es-tu échappé ?
- J'ai attendu. Pendant des heures… J'ai attendu que le soleil se lève. Ils se sont enfuis un peu avant. Sûrement parce qu'ils ne voulaient pas que je puisse les identifier.
- Et le troisième ? Celui que tu avais immobilisé ? S'enquit-elle d'une petite voix.
- C'est justement pour ça que je suis là, avoua-t-il en plongeant son regard dans celui de Rose. Et c'est pour ça que je ne pouvais pas risquer de retourner au Ministère, parce qu'il ne faut surtout pas que mon père ou les autres membres de l'Unité apprennent ça… Je… j'ai…
Il se prit à nouveau la tête dans les mains et sembla lutter plusieurs secondes contre les pensées qui l'agitaient, avant d'inspirer profondément et de relever la tête.
- Rose, je crois que Redfur essaye d'élargir son armée en transformant des jeunes moldus…
Ses mots étaient à peine plus bruyants que le silence, mais Rose les entendit résonner violemment dans la pièce.
- Qu'est-ce que tu veux dire…?
Scorpius déglutit difficilement.
- Quand il a commencé à faire jour, il s'est retransformé… il avait l'air complètement paniqué… Il me regardait comme si… comme si c'était moi le monstre… Et à la manière dont il regardait ma baguette, j'ai compris que c'était pas la première fois que quelqu'un en utilisait une sur lui. Il m'a fallu une éternité pour le calmer et… Rose, il avait à peine plus de quatorze ou quinze ans ! Je ne savais pas quoi faire, mais je pouvais pas… je pouvais pas le ramener au Ministère.
Rose ouvrit la bouche, mais fut incapable de dire quoi que ce soit. Elle était perdue. Perdue et terrifiée. Ecœurée par ce que Scorpius lui racontait. Par les images qui se bousculaient dans sa tête. Par les idées qui assombrissaient son cœur.
- Où est-t-il maintenant Demanda-t-elle d'une toute petite voix.
- En sécurité, soupira Scorpius. Mais pas pour longtemps. Il faut que je parle à ton père…
Rose hocha la tête et rassembla son courage en inspirant profondément.
- Bien. Laisse ma mère jeter un coup d'œil à tes blessures, d'accord ? Et moi je vais me débrouiller pour prévenir mon père et mon oncle.
Scorpius acquiesça en hochant lentement la tête, et Rose lui adressa un faible sourire. Elle sembla hésita un bref instant, secoua la tête, se pencha vers lui pour poser ses lèvres sur son front juste au-dessus de sa coupure ensanglantée, avant de se lever et de quitter la pièce sans se retourner, le cœur battant, rageant, tremblant.
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Ron apparut à l'entrée du salon une demi-heure plus tard à peine et fondit sur Scorpius, entre les mains expertes d'Hermione, une expression plus apaisée sur le visage. Il chercha Rose du regard, mais celle-ci s'était éclipsée dans la cuisine pour faire bouillir de l'eau pour du thé.
Il croisa ensuite le regard du jeune homme, puis de sa femme, qu'il embrassa chastement au coin des lèvres avant de reporter son attention sur le jeune homme.
- Tu vas bien ?
Scorpius se contenta de hocher lentement la tête et Ron poussa un long soupir de soulagement.
- Tu nous as fichu une sacrée frousse, tu sais ? Ton père était au bord de la crise de panique… Ça aurait presque pu être drôle si… enfin bref, s'interrompit-il maladroitement en s'éclaircissant la gorge avec embarras.
Scorpius fléchit légèrement.
- Est-ce qu'il sait que je suis ici ?
- Pas encore, répondit l'Auror en secouant calmement la tête. Mais crois-moi, la seule raison pour laquelle je ne lui ai pas encore dit que son fils unique était en vie, c'est parce que Rose me l'a demandé…
- Merci, souffla Scorpius en esquissant un sourire fragile. Je ne voulais pas vous mettre dans cette position, seulement…
- Seulement tu as quelque chose à me dire ? Comprit Ron en hochant la tête pour montrer qu'il comprenait.
Scorpius acquiesça lentement.
- Je t'écoute.
.
Lorsque Scorpius eut finit son récit, pour la deuxième fois en une heure, il ferma les yeux et laissa retomber sa tête dans ses mains, les coudes enfoncés dans ses genoux.
- Je ne savais pas quoi faire d'autre…
- Tu as fait ce qu'il fallait, répondit tout simplement Ron en observant attentivement le jeune homme assis devant lui.
Un jeune homme qui ressemblait à tous les Malefoy avant lui, qui était le portrait craché de son père et de son grand-père, et qui, pourtant, n'avait rien en commun avec eux, si ce n'est un nom et un visage. Peut-être que Scorpius était un Malefoy. Mais il était avant un tout un jeune homme perdu, fatigué, blessé. Un gamin plus courageux que ses silences et son éternelle expression indifférente ne le laissaient supposer.
- Ecoute, soupira Ron d'une voix lasse après un long moment, tu as besoin d'aller à Ste Mangouste, d'accord ? Je vais prévenir ton père que tu es vivant et retourner au Ministère pour informer Harry de la… de la situation… On passera au cottage dont tu nous as parlé pour récupérer le gamin et le mettre en sécurité. Mais tu as raison… ça ne peut être qu'un moldu. Dans le cas contraire, on aurait eu connaissance de sa disparition.
Ron poussa un long soupir avant de détourner les yeux, visiblement mal à l'aise, et de secouer la tête en laissant échapper une nouvelle exhalation.
- Je ne te demanderai pas pourquoi la première personne vers laquelle tu t'es tourné est ma fille, ajouta-t-il après une courte pause, je crois que j'ai déjà la réponse… mais je mentirais si je prétendais que tout ça… que tout ça ne me met pas mal à l'aise. Je ne suis pas sûr de vouloir savoir exactement ce qu'il se passe ou… ce qu'il s'est passé entre Rose et toi, mais au vu la situation… ce serait mieux que tu…
Scorpius ferma les yeux et hocha la tête, le cœur tremblant.
- Je sais, souffla-t-il si faiblement que Ron l'entendit à peine. Je sais, répéta-t-il sans rencontrer le regard de l'Auror, le cœur lourd comme si une ancre y était attachée.
- Bien, répondit Ron sur le même ton, en esquissant un sourire attristé. Bien, réitéra-t-il en posant une main sur l'épaule du jeune homme.
N/A : Bonjour :-) Levez la main si je vous ai perdu en route... Je sais - et croyez le bien, je suis désolée - ce chapitre est en vrac. Décousu au possible. Il y a des bouts de de scène partout, et ça part un peu en vrille. Cela dit, au moins, c'est assez représentatif de la situation dans ce chapitre, non ? Enfin bon, Scorpius est vivant, et moi je dis, c'est le principal. Avouez, je vous ai fait peur un moment. Non ? Non ?
Trève de plaisanterie. Je tiens à vous annoncer que malheureusement, il n'y aura pas de chapitre la semaine suivante parce que je ne serai pas là. Et peut-être pas non plus celle d'après, même si je ferai tout mon possible pour que ce ne soit pas le cas, je vous le promets :) Donc en attendant la suite, je vous souhaite à tous une bonne semaine (deux bonnes semaines, du coup) et je vous dis à bientôt ! ;-)
RàR : à Mea95Gryffondor ; Comme tu l'auras constaté, les Malefoy sont tous un petit peu face à des choix cornéliens. Loyauté familiale ou valeurs morales, mari ou fils... Les pauvres. Ils ont encore bien du chemin à parcourir, tous autant qu'ils sont. Alalala... Avec cette histoire de Constitution, j'en ai perdu plus d'un, apparemment ^^En fait, le principe, c'est qu'une Constitution est une norme supérieure à toutes les autres. Du coup, aucune loi ou règlement ne peut allez à l'encontre des valeurs établies par la Constitution à moins d'être inconstitutionnels, et donc, inapplicables. Du coup, si une Constitution garantit des lois et libertés à tous les être-humains sans exceptions, il serait impossible d'en priver les Loups-Garous. C'est un peu plus clair ? ^^'
à Alice ; Bonjour à toi ! Tout d'abord, mdci beaucoup d'avoir pris le temps de lire mes histoires. Je suis très contente que HoL et BB t'aient plu jusqu'ici, et j'espère ne pas te faire fuir avant la fin ^^ Vraiment, tout ce que tu m'as dit me touche beaucoup et m'encourage à m'appliquer davantage encore sur cette histoire, à laquelle je tiens vraiment beaucoup. Merci encore, sincèrement :)
à Romane ; Et bien ! Je célèbre avec toi cette résolution :p Merci beaucoup. Je suis immensément contente qu'Hugo te plaise ! ^^j'adore ce petit gars, va savoir pourquoi. J'aimerais en faire un héros. Ah, tant pis pour le bikini :p Tant que tu profites de tes vacances, c'est tout ce qui compte ! ;) Merci pour ta review en tout cas. Bon week-end !
