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Chapitre XV

« Of Love and Hate »

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2 août 2023 - Wiltshire, Angleterre, Manoir Malefoy


« Malefoy,

J'ai finalement reçu le livre dont je t'ai parlé l'autre jour. C'est une vieille édition et la plupart des pages sont cornées et ont perdu de leur souplesse, mais en toute franchise, je l'adore. La couverture sent le cuir malgré les années et la dédicace a plus de six cents quatre-vingts ans, ce qui me donne l'impression d'avoir entre les mains une œuvre qui a traversé les siècles et les vies. Rien que de penser à tout ce que ce livre a vécu, d'imaginer toutes les mains dans lesquelles il est passé… Je te vois d'ici lever les yeux au ciel, mais ça m'est bien égal. Ce livre est un petit bijou et s'il n'était pas si gros, je le glisserais sous mon oreiller pour être sûre de ne pas me le faire voler. Ce qui est ridicule, je sais, parce que ce n'est pas mon frère ou mon père qui se risquerait à ouvrir un livre pareil, et ma mère a son propre exemplaire. Enfin peu importe.

Pour la première fois depuis longtemps, alors que je suis entourée d'une tripotée de cousins, de cousines, d'oncles et de tantes, je me sens seule. J'ai l'impression d'être perdue dans un capharnaüm monstrueux et de me laisser engloutir petit à petit. J'aime ma famille, plus que tout, mais Poudlard me manque plus que d'habitude. Poudlard me manque parce que c'est le seul endroit où je peux te voir tous les jours.

Je deviens pathétique, non ? Mais c'est de ta faute, Malefoy, parce que toi et tes sourires coincés, vous m'avez fait craquer.

Tu me manques. Terriblement.

Mais je sais qu'on se voit demain, et… »

Astoria arracha son regard à la lettre posée à plat devant elle lorsque la porte du salon s'ouvrit sur son fils. Elle l'avait lue tellement de fois pendant l'heure qui venait de s'écouler, qu'elle pouvait presque la réciter de mémoire. Mot par mot.

- Mère ? S'étonna l'adolescent les sourcils froncés avec inquiétude en posant ses yeux sur elle.

Astoria était parfaitement immobile, et son regard avait perdu de la chaleur qui l'animait presque toujours.

Puis, les yeux de Scorpius se posèrent sur la lettre, et son sang se glaça. Il blêmit, et sa poitrine se mit à trembler imperceptiblement lorsqu'il comprit.

- Ce n'est pas ce que vous croyez, dit-il précipitamment avant de regretter aussitôt ses mots.

- Ah non ? Fit Astoria d'une voix bien trop calme. Tu veux dire que ce n'est pas une lettre de Rose Weasley ?

Scorpius se figea et son souffle se coinça dans sa poitrine. Effrayé, il hocha la tête.

- Si, mais…

- Mais quoi ?

Scorpius fut incapable de répondre. Mais quoi, effectivement. Il ne pouvait pas nier l'évidence quand elle se pavanait effrontément devant eux. Et même, il n'était pas sûr de vouloir la nier. Parce que nier reviendrait à nier Rose et… ça, il en était incapable.

- J'attends une réponse, Scorpius. Je voudrais que tu m'expliques pourquoi Rose Weasley t'écrit une lettre dans laquelle ses sentiments pour toi et la nature de votre relation ne laissent que peu de place à l'imagination.

Scorpius ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Pourtant, il aurait voulu dire à sa mère que oui, il aimait Rose. Il aurait voulu lui parler de ses tâches de rousseur ou de ses grands yeux bleus passionnés et rieurs. Il aurait voulu lui parer de son sourire. De son air renfrogné quand elle n'avait pas assez dormi. De son manque de tact, parfois, et de son intérêt pour le journalisme. Il aurait voulu lui dire que Rose était belle et brillante. Drôle et attentionnée. Il mourrait d'envie de lui dire qu'il l'aimait même si elle était absolument tout ce qu'il avait longtemps cru exécrer : bornée, désordonnée, bruyante.

Mais il ne trouva pas les mots et resta impuissant et silencieux devant le regard froid de sa mère.

- As-tu pensé, ne serait-ce qu'une seconde, à ce qu'une nouvelle pareille pourrait faire à ton père ? Tu sais ce qu'il pense des Weasley. Tu sais qu'il vivrait ça comme une trahison… Tu es un Malefoy, Scorpius. Et que ça te plaise ou non, tu as des obligations envers ta famille.

- Des… des obligations ? Demanda Scorpius d'une voix tremblante, ses poings s'enroulant le long de son corps.

Il secoua la tête, refusant de croire à ce qu'il entendait.

- Non, fit-il. Non, mère, ce n'est pas ce que vous croyez. Rose et moi, nous…

- Ça suffit, siffla Astoria en se levant.

Scorpius recula instinctivement d'un pas.

- Tu n'es qu'un enfant, ne viens pas me parler d'amour. Cette fille n'est pas faite pour toi.

- Mère ! Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Si vous la connaissiez, je sais que vous l'apprécierez. Elle est…

- Ça suffit, répéta Astoria, en haussant la voix.

Scorpius se tut aussitôt, la mâchoire crispée.

- C'est très simple, reprit Astoria d'une voix plus calme, tu as le choix. Soit tu romps avec elle sur-le-champ et on n'en parle plus jamais, soit tu affrontes ton père et tu lui expliques très exactement ce qu'il se passe entre la fille Weasley et toi depuis des mois.

Le cœur de Scorpius s'arrêta net et toute la chaleur de son sang se déroba. La pièce se mit à tourner autour de lui et il serra les poings, plus fort encore.

Non. Ça ne pouvait pas être vrai. Il refusait d'y croire…

Pourtant, lorsqu'il croisa le regard de sa mère, il fut brutalement ramené à la réalité.

Et peut-être que ce n'était que dans sa tête, mais son cœur venait de pousser un hurlement agonisant, il en était certain.

Il déglutit difficilement et baissa finalement les yeux, dissimulant la larme solitaire qui roula sur sa joue.

- C'est ce que je pensais, souffla Astoria, sa voix se brisant momentanément.


3 Mai 2025 – Wiltshire, Angleterre, Manoir Malefoy


Isolé dans la plus petite des trois bibliothèques du Manoir, Scorpius profitait d'un rare moment de solitude.

La petite pièce tapissée de livres lui apportait tout le calme qu'il était venu y chercher après un énième déjeuner familial particulièrement tendu.

Scorpius était à bout. Il se savait incapable de supporter pour très longtemps encore l'ambiance qui régnait au Manoir. Les regards inquiets de sa mère lui brûlaient la peau, les silences de son père l'assourdissaient, et les commentaires dédaigneux et cruels de son grand-père s'imprimaient un peu plus chaque jour à l'encre noire sur son cœur rongé par les doutes et la peur.

Les yeux clos, Scorpius avait abandonné sur ses genoux le livre qu'il avait entrepris de lire. A quoi bon prétendre s'y intéresser alors que son esprit ne cessait d'échapper aux pages qu'il tournait laconiquement ? A quoi bon prétendre s'y intéresser alors que la seule chose à laquelle il avait réellement envie de penser, c'était Rose ?

Inconsciemment, un sourire étira fragilement ses lèvres au moment même ou un coup bref fut frappé à la porte de la bibliothèque, le faisant sursauter très légèrement. Il grimaça et poussa un faible soupir. Il espérait qu'il ne s'agissait que de Scar, mais il avait peu d'espoir.

La porte s'ouvrit lentement sur Astoria, dont la silhouette longiligne était, comme toujours, superbement mise en valeur par une robe noire qui ajoutait à son côté déjà sophistiqué. Pourtant, pour la première depuis longtemps, il sembla à Scorpius que sa mère avait vieilli. Oh bien sûr, quelque chose chez elle continuait de forcer le respect, mais le sourire fragile qu'elle arborait trahissait une fragilité nouvelle.

Astoria pénétra dans la bibliothèque et s'approcha du centre de la petite pièce circulaire.

- Rose Weasley est là, dit-elle tout simplement, un sourire hésitant dessiné sur les lèvres, comme si elle n'était pas tout à fait certaine de savoir quoi en penser.

Scorpius se leva lentement et adopta un air détaché, comme si le fait que Rose débarque une fois de plus chez lui sans crier gare ne l'affectait pas plus que de raison, alors même qu'il avait pensé qu'elle ne voudrait plus jamais avoir à faire à lui après la manière épouvantable dont son grand-père s'était comporté avec elle, après qu'il l'ait agressée sans autre raison valable que celle qu'il était un homme à qui la vie avait donné l'excuse d'être amer. Mais si son amertume pouvait être excusée, rien, en revanche, n'excusait sa cruauté.

Le jeune homme posa son livre et lissa machinalement les pans de sa robe, conscient que sa mère l'observait avec attention, un petit creux formé par l'inquiétude entre ses deux sourcils parfaitement dessinés.

- Qu'y a-t-il ? Demanda-il d'un ton juste un petit peu trop nonchalant pour que cela paraisse naturel.

Astoria poussa un petit soupir et haussa les épaules avec un sourire confus que Scorpius n'avait jamais vu sur les lèvres de sa mère.

- Je crois qu'elle est là pour... Je crois qu'elle est là pour toi, Scorpius.

Le jeune haussa les sourcils, et pencha légèrement la tête sur le côté.

- Oui, je m'en doute. Avec tout le respect que je vous dois, mère, je doute qu'elle soit là pour père ou vous. Et j'imagine mal qu'elle soit venue pour voir Lucius, ajouta-il avec un ricanement sec et cassant, avant de secouer la tête, le regard sombre.

- Non, sourit sa mère avec douceur, ce n'est pas ce que je voulais dire, Scorpius.

- Que vouliez-vous dire ? S'étonna-t-il en fronçant les sourcils.

Astoria poussa un long soupir, s'approcha d'un pas, et hésita un instant avant de tendre la main et de la poser doucement sur la joue de Scorpius, qui refoula un mouvement de recul et planta son regard métallique dans celui de sa mère.

- Je pense qu'elle est là pour toi. Pour de bon. Elle a l'air... déterminée et je ne crois pas que qui que ce soit puisse la faire partir. Merlin sait que ton Grand-père a essayé, ajouta-t-elle avec une moue d'excuse.

Le sang de Scorpius se glaça, et tout son corps se tendit. Son regard se vrilla à celui de sa mère avec effroi, mais cette dernière laissa échapper un gloussement.

- Ne t'en fais pas pour elle, dit-elle en arquant un sourcil moqueur. D'après ce que j'en ai vu, elle ne se laisse pas facilement impressionner. Elle a coupé court aux insultes de Lucius avec un sourire désarmant.

Malgré lui, Scorpius esquissa un sourire et dut se mordre l'intérieur de la joue pour empêcher un rire de rouler sur sa langue. Il imaginait parfaitement Rose, du haut de son un mètre soixante-dix, ses cheveux lâchés autour de son visage, faire face à Lucius et lui répondre calmement d'aller se faire voir, sans se laisser intimider une seule seconde par la froideur et la cruauté du vieillard.

- Oui, fit Scorpius en haussant les épaules avec désinvolture, ses lèvres s'étirant davantage encore vers le haut. Elle accepte mal qu'on lui dise non.

Il amorça un mouvement vers la porte de la bibliothèque, mais sa mère le retint.

- Scorpius ?

- Oui ? Fit-il en se retournant.

Il se figea à la seconde où il vit le sourire tremblant de sa mère et la larme qui perlait au coin de son œil gauche. Astoria sembla hésiter, trébuchant sur les mots qui se formaient sur le bout de sa langue et alourdissaient considérablement son cœur.

- J'avais tort, commença-t-elle finalement d'une voix tremblante, et j'en suis désolée...

La poitrine comprimée, Scorpius fixa sa mère pendant plusieurs secondes, parfaitement immobile. Le temps sembla s'égrener lentement, jusqu'à ce qu'Astoria essuie discrètement la larme accrochée à ses cils avant qu'elle ne tombe et roule sur sa joue légèrement poudrée.

- Juste... juste comme ça ? Répondit Scorpius d'une voix tendue. Vous êtes désolée ? Répéta-t-il lentement, sans vraiment y croire.

Il laissa finalement échapper un ricanement sarcastique et secoua la tête, interdit.

- Ce n'est pas...

- Je sais, coupa Astoria en se redressant le plus dignement possible. Les choses... les choses sont différentes maintenant.

- En quoi ? S'exclama Scorpius, pris au dépourvu.

Oubliés étaient le masque d'indifférence, la patience travaillée, et la maîtrise de soi. Scorpius était à bout, et même les regrets de sa mère, aussi sincères soient-ils, ne pouvaient l'apaiser.

Astoria se composa un sourire calme, mais les petites rides aux commissures de ses lèvres trahissaient sa crispation.

- Tu sais enfin ce que tu veux, dit-elle tout simplement. Et je crois que tu es prêt à te battre pour l'obtenir.

- J'ai toujours voulu Rose, souffla Scorpius, les yeux à demi-clos.

Astoria pencha très légèrement la tête sur le côté et planta son regard dans celui de son fils.

- Tu en es sûr ?

La mâchoire de Scorpius se crispa et son regard s'assombrit.

- J'aimais Rose, et vous le savez, cingla-t-il d'une voix froide et brutale.

- Je ne dis pas le contraire, soupira Astoria. Mais tu l'aimais comme un adolescent de ton âge, et il n'y a pas de mal à cela, mais, tu n'as pas essayé de... tu n'as même pas essayé de t'opposer à moi. Tu t'es contenté de... de capituler sagement, comme tu l'avais toujours fait jusque-là. Parce que c'est ce qu'on attendait de toi, ton père, ton grand-père, et moi, et que tu as toujours cherché notre approbation. Mais ça a changé, n'est-ce pas ? Tu prétends toujours la vouloir, mais en réalité, tu te moques pas mal de savoir si on est fiers de toi, je me trompe ? Tu es devenu... tu es finalement devenu ta propre personne. Et je ne sais pas ce que tu attends pour le montrer, parce que je sais que tu es prêt. Tout comme tu es prêt à te battre pour cette fille... et si Rose Weasley est là aujourd'hui, c'est parce qu'elle le sait aussi, j'en suis sûre.

- Vous ne...

Astoria l'interrompit d'une main et secoua légèrement la tête, l'intimant de se taire et de la laisser continuer.

- Si tu aimes Rose Weasley, ne laisse personne te convaincre que tu n'en as pas le droit. Ni Lucius, ni ton père... et surtout pas toi-même, termina-t-elle, son sourire vacillant brutalement.

La gorge sèche, Scorpius demeura immobile, malgré le fait que son rythme cardiaque s'affolait dangereusement. Il ne savait quoi penser de ce que venait de lui dire sa mère. Après avoir attendu si longtemps l'approbation d'un de ses parents, en vain, l'obtenir enfin le prenait au dépourvu. Bien sûr qu'il aimait sa mère et respectait son père. Pour autant, il avait fini par se rendre à l'évidence ; si ses parents l'aimaient aussi, ils l'aimaient sous conditions. Ils l'aimaient à condition qu'il soit un Malefoy de sang, de rang, et d'idée. Et tout le problème était là ; il avait cessé d'être ce Scorpius-là il y a bien longtemps, dans le fond, même s'il avait fait de son mieux pour le prétendre, comme on lui avait appris à le faire.

Et parce qu'il n'avait plus la force de prétendre, parce qu'il ne savait pas comment réagir aux aveux de sa mère, Scorpius demeura silencieux.

Puis, après de longues secondes qui leur parurent à tous les deux durer une éternité, il hocha brièvement la tête et esquissa un sourire maladroit, avant de tourner les talons et de quitter la pièce sans avoir prononcé le moindre mot.

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Le cœur battant à tout rompre, Scorpius poussa la porte du petit salon dans lequel Scar avait fait patienter Rose. Un sourire glissa sur les lèvres du jeune homme lorsqu'il la vit faire les cent pas devant la cheminée, le dos tourné vers la porte. Le bruit de la porte lorsqu'elle s'ouvrit alerta Rose de la présence de Scorpius et elle se figea immédiatement avant de se retourner pour lui faire face. Elle rougit furieusement et ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais sembla se raviser. Elle gonfla ses joues d'air, comme elle le faisait souvent lorsqu'elle était embarrassée et ne savait pas quoi dire ou quoi faire d'elle-même.

- Rose, fit-il d'une voix qu'il espérait calme et suave, mais qui sortit bien plus basse et étranglée que prévu.

Elle esquissa un sourire tordu et entremêla ses doigts tremblants les uns aux autres.

Confronté au silence nerveux de la jeune femme, Scorpius entreprit de s'avancer vers elle, lentement. Elle dut relever la tête pour planter son regard dans le sien lorsqu'il se fut rapproché, réduisant drastiquement l'écart entre eux, mais malgré sa nervosité, elle refusa de baisser les yeux et soutint son regard métallique sans ciller, fidèle à elle-même, ce qui arracha l'ombre d'un sourire à Scorpius.

- Pourquoi es-tu là, Rose ? Demanda ce dernier, dont la nonchalance travaillée ne trompait pas la jeune fille en face de lui.

- Je crois que tu le sais, dit-elle seulement.

Il haussa les épaules, mais demeura résolument silencieux. Sa cage thoracique était gonflée à l'extrême, ses poumons menaçant d'imploser à tout instant, son cœur battant furieusement contre les parois qui l'entouraient, et pourtant, il semblait incroyablement calme. Presque trop, à dire vrai, ce qui était la preuve de sa nervosité, et Rose le savait. Elle le connaissait mieux que personne, et il savait qu'il ne la trompait pas. Il ne la trompait jamais, parce qu'elle le connaissait mieux que personne.

- Est-ce que c'est vrai ? Demanda-t-elle finalement, son regard planté dans le sien, implorant.

- Sois plus claire, Rose, je ne suis pas sûr de...

- Scorpius, le coupa-t-elle en fronçant les sourcils.

Le jeune homme grimaça avant de passer ses deux mains sur son visage.

- Potter a finalement craché le morceau ? Demanda-t-il en lâchant un faible soupir.

Rose se contenta de hocher la tête.

- Eh bien il n'était pas censé le faire, soupira Scorpius avec résignation. Personne ne devait rien savoir.

- Même moi ? Demanda Rose, tendue.

Quelque chose dans sa voix, faible et suppliante, déchira le cœur de Scorpius qui se força à détourner les yeux de son visage.

- Oui, même toi.

- Je vois, fit Rose en luttant pour paraître détachée. Pourquoi ? Je n'aurais rien dit, et tu le sais.

Une fois de plus, Scorpius haussa les épaules, les poings serrés dans le fond de ses poches, mais refusa de croiser le regard de Rose, pour la simple et bonne raison que ses grands yeux bleus amoureux le rendraient impuissant, et il le savait. Ils le savaient tous les deux.

- Tu as finalement choisi ton camp, Scorpius, et tu ne m'as rien dit.

- Je ne pouvais pas, dit-il en secouant la tête, sa voix à peine plus élevée qu'un murmure.

- Et maintenant ? Souffla Rose en fermant les yeux. Est-ce que tu peux me le dire ?

- Te... te dire quoi ? S'étrangla-t-il en confrontant à nouveau le regard de la jeune fille pour laquelle son cœur menaçait de se frayer un chemin hors de sa poitrine.

- Me dire ce que tu veux vraiment.

Rose s'approcha d'un pas, réduisant le peu d'espace qu'il y avait encore entre eux, et leva une main tremblante qu'elle posa sur sa joue. Scorpius ferma instinctivement les yeux et recouvrit la main de Rose de la sienne. Il inspira profondément, son cœur se dégonflant comme un ballon de baudruche virevoltant avec légèreté dans les dédales de sa cage thoracique.

Puis, soudain, parce qu'il se sentait plus léger, plus heureux qu'il ne l'avait été depuis très longtemps, il laissa échapper un gloussement qui ne lui ressemblait pas beaucoup, et secoua la tête.

- Rose...

La jeune fille laissa retomber sa main le long de son corps et releva les yeux vers lui.

- Tu sais très bien ce que je veux, finit-il par dire en haussant les épaules avec un sourire contrit.

La jeune fille sentit ses lèvres s'étirer dangereusement vers le haut et eut bien du mal à ignorer les battements assourdissants de son cœur.

- Peut-être que j'ai besoin de l'entendre, lui dit-elle en arquant un sourcil provocateur.

Le jeune homme leva les yeux au ciel, un sourire étourdissant accroché aux lèvres, et il s'éclaircit la gorge.

- Je ne sais pas trop comment…

Il s'interrompit brutalement et ferma les yeux un bref instant, avant de les rouvrir et de rougir furieusement.

- Rose, je vais… je vais seulement t'embrasser, d'accord ? Souffla-t-il, une étincelle amusée dansant dans son regard métallique, ignorant la gêne qui alourdissait sa poitrine.

Mais Rose secoua énergiquement la tête, et pendant une fraction de seconde, Scorpius sentit tout espoir lui être cruellement arraché. Mais elle le surprit en avançant d'un pas et il écarquilla les yeux, incertain.

- Moi d'abord, souffla-t-elle avec urgence, en se hissant sur la pointe des pieds pour agripper avec douceur le visage du jeune homme et aller écraser ses lèvres contre les siennes, enfin.

Scorpius enroula instinctivement ses bras autour de sa taille et soupira d'aise contre les lèvres impatientes de la jeune fille.

Après une éternité qui ne sembla durer qu'une fraction de seconde, ils s'écartèrent – à peine – et Scorpius laissa retomber son front contre celui de Rose, avant d'éclater de rire, son souffle chaud brûlant les lèvres de la jeune fille, oubliant presque de savourer le retour de Rose dans ses bras.

Il riait parce qu'il avait oublié à quel point elle pouvait être impatiente. Ou bornée. Ou égoïste, parfois. Mais ça n'avait aucune importance parce qu'il l'aimait pour toutes ces raisons-là, et un millier d'autres encore, peu importe ce qu'on en dirait.

- Tu es de retour, souffla finalement Rose en posant à nouveau – mais brièvement cette fois – ses lèvres contre celles de Scorpius.

Un sourire illumina son visage parsemé de tâches de rousseur, et Scorpius la trouva plus belle que jamais. Ses bras se resserrèrent autour d'elle, comme s'il avait peur qu'elle ne s'échappe.

- Rose, je ne te promets pas que…

- Ça m'est égal, le coupa Rose en secouant la tête. Je sais que le simple fait que tu travailles avec mon père et mon oncle sur cette affaire ne signifie pas que tout va s'arranger du jour au lendemain. Je sais que ce sera difficile… Mais c'est juste le début. Tu n'es pas le seul qui doive faire tes efforts… Je sais que je vais devoir être patiente et… et te faire confiance. Mais je crois en toi, Malefoy, dit-elle en lui adressant un sourire doux comme du coton qu'elle accompagna d'un petit haussement d'épaule.

- Je sais, soupira-t-il. Et merci, ajouta-t-il en chuchotant, avant de l'embrasser à nouveau, juste parce qu'il pouvait et que ça faisait du bien de pouvoir.

Rose sourit, parce qu'elle ne pouvait plus s'en empêcher, son cœur si léger qu'il menaçait de l'emporter avec elle dans sa course.

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Planté devant l'immense fenêtre du salon, Scorpius avait les mains plongées dans les poches de son pantalon, et un sourire serein habillait ses lèvres. Il semblait incapable de s'en empêcher. Depuis presqu'une heure, il se prenait à sourire sans raison.

Enfin, il y avait bien une raison derrière ce sourire profondément heureux. Une raison au rire pure et cristallin et au caractère de cochon. Une raison qui portait le doux nom de Rose Weasley.

Il n'était pas naïf. Il savait que l'heure qui venait de s'écouler n'effaçait pas toute la douleur et la colère qu'ils avaient tous les deux accumulée depuis des mois et il savait qu'elle ne prédisait pas non plus un avenir dénué de turbulences. Pour autant, il semblait incapable de s'en soucier. Parce qu'il était parfaitement heureux et que rien ne pouvait entamer son humeur.

- Elle est partie ? Demanda soudain la voix hésitante de sa mère dans son dos.

Scorpius ne prit pas la peine de se retourner pour faire face à mère.

- Oui, dit-il tout simplement.

Il l'entendit s'approcher, ses talons frappant le parquet ciré avec hésitation, et finit par céder. Il se retourna et croisa le regard interrogateur de sa mère.

- Quoi ? Demanda-t-il.

Astoria haussa les épaules, mais un faible sourire gracia ses lèvres.

- Tu as l'air... différent.

- Je ne le suis pas. Enfin pas vraiment, ajouta-t-il.

- Je sais, répondit Astoria en hochant la tête. Tu as probablement toujours été toi-même, mais je refusais de le voir. Je refusais de regarder.

Scorpius secoua la tête et détourna le regard, reportant son attention sur le parc du Manoir qui s'étendait sous ses yeux.

- Non, ce n'était pas vous, c'était moi. J'avais trop peur de cesser de prétendre. Vous n'avez vu que ce que je voulais que vous voyiez, le fils de mon père.

Le sourire d'Astoria s'assombrit.

- Tu sais, cette fois, il faudra bien que tu lui dises. Si tu aimes Rose, si tu veux vraiment être avec elle, tu devras lui dire toute la vérité.

- Je sais, répondit-il en plantant à nouveau son regard dans celui de sa mère avec un calme étonnant. Mais je crois… je crois que je suis prêt. Ça ne m'effraie plus. Je ne suis plus terrifié à l'idée de le décevoir. J'ai fini par accepter… j'ai fini par accepter que je ne serai jamais le fils qu'il attendait que je sois. Et ça n'a rien à voir avec Rose… C'est beaucoup plus que ça.

Scorpius plongea une main dans ses cheveux et esquissa un sourire contrit, mais franc à sa mère. Il la vit déglutir péniblement et essuyer une larme solitaire, mais fut troublé par le sourire qu'elle lui adressa.

- Tant mieux… Je suis fière de toi, Scorpius. Et je le serai toujours.

Le jeune homme cligna des yeux, puis son expression s'adoucit et il s'approcha de sa mère jusqu'à venir se planter devant elle. Il se pencha légèrement, et très brièvement, l'embrassa sur le front.

- Merci, souffla-t-il, avant de battre en retraite et de se diriger vers la porte en lui adressant un dernier regard chargé de la reconnaissance qu'il avait pour elle.


3 Mai 2025 – Wiltshire, Angleterre, Manoir Malefoy


Scorpius inspira profondément, les yeux rivés sur la lourde porte en face de lui.

Malgré la dose inappropriée de bonheur qui semblait lui avoir été directement injectée par intraveineuse, son rythme cardiaque piqua un sprint lorsque son poing retomba contre la porte du bureau de son père et qu'il entendit sa voix grave lui dire d'entrer. Le jeune homme referma ses doigts autour de la poignée et poussa la porte, ignorant les poils qui se dressaient à l'arrière de sa nuque et lui donnaient la désagréable impression de se rendre à son exécution.

Ses yeux s'écarquillèrent avec effroi lorsqu'il vit que son père n'était pas seul. Assis en face de ce dernier, dans un des deux fauteuils en velours émeraude, Lucius tourna la tête vers lui, son habituelle expression dédaigneuse peinte sur le visage.

- Qu'y a-t-il ? Demanda Drago lorsque Scorpius s'avança vers lui.

- J'aurais aimé m'entretenir avec vous, répondit simplement le jeune homme en croisant les bras derrière le dos et en jetant un bref coup d'œil en direction de son grand-père avant d'ajouter ; mais à vrai dire, c'est une bonne chose que vous soyez là tous les deux.

Scorpius entendit son grand-père laisser échapper un ricanement sarcastique et tourna aussitôt la tête vers lui, la mâchoire crispée. Il n'était pas spécialement d'humeur à supporter celles du vieil homme, mais il se savait prêt à encaisser la moindre de ses remarques. Parce que rien, pas même les piques de son grand-père, n'aurait pu le faire fléchir. Il avait pris sa décision et ne ferait pas marche arrière, peu importe la manière dont se déroulerait cet entretien.

- Si c'est pour nous dire que tu couches avec la fille Weasley, cracha Lucius, nous sommes au courant. Elle est déjà partie ? S'enquit-il ensuite avec un rictus mauvais. C'est dommage, moi qui me faisais une joie à l'idée de l'avoir pour le dîner...

- Père, le coupa sèchement Drago en lui adressant un regard autoritaire.

Lucius lança un regard noir à son fils, mais ne se départit pas de son sourire profondément mauvais.

Scorpius rêvait de pouvoir enrouler ses poings autour du cou du vieil homme, mais eut la présence d'esprit de se retenir et préféra les dissimuler dans le fond de ses poches pour éviter toute tentation.

- Il s'agit effectivement de Rose, commença-t-il d'une voix qu'il espérait calme et assurée, faisant de son mieux pour ignorer son grand-père, qui grinçait des dents à côté de lui.

Scorpius vit son père se crisper dans son fauteuil mais ne se laissa pas démonter pour autant. Il inspira profondément et reprit ;

- La dernière fois que vous m'avez posé la question, je vous ai dit qu'il n'y avait rien entre Rose et moi.

- Et tu as menti, fit lentement son père en hochant la tête. Je sais.

Scorpius grimaça.

- Pas exactement, non, tenta-t-il de se justifier avant d'abandonner et de secouer la tête. J'ai menti sur mes sentiments, c'est vrai, mais pas sur la nature de notre relation...

- Où veux-tu en venir, Scorpius ? Soupira Drago, dont la mâchoire crispée faisait ressortir les traits anguleux.

Le jeune homme laissa entrer de l'air dans ses poumons, les gonflant de tout le courage qu'il pouvait y stocker, avant de planter son regard dans celui si similaire de son père et d'ignorer résolument celui de son grand-père, posé sur lui avec une froideur glaçante.

- Je pense que vous le savez, père, répondit-il enfin, avec un calme et une assurance qui le surprirent lui-même.

Drago se massa les temps et une ride apparut sur son front dégarni.

- C'est une Weasley, Scorpius...

- Je suis au courant, oui.

- C'est d'un pathétisme, lâcha Lucius, ses longs doigts enroulés sur le pommeau de sa canne.

- Père, ça suffit, le prévint Drago avant de reporter son attention sur son fils. Scorpius, est-ce que tu as conscience de...

Il s'interrompit et secoua la tête, luttant avec ses mots, avant de reprendre plus calmement ;

- Au-delà du simple fait que son nom de famille la desserve, tu oublies que tu as des obligations.

- Des obligations qu'il a tendance à oublier. Je t'ai toujours dit que tu avais été trop patient avec lui. Cet enfant n'a aucun respect, cracha Lucius, en découvrant ses dents blanches parfaitement alignées.

- Je ne parle aucunement de ses obligations envers cette famille, répondit sèchement Drago en adressant un nouveau regard sévère à son père. Je parle de ses obligations envers l'Unité, dit-il en reportant son attention sur Scorpius, qui se figea. Que tu le veuilles ou non, Scorpius, reprit Drago, tu t'es engagé à servir la loi Fawley. Tu ne peux pas t'afficher avec une journaliste qui n'a cessé d'écrire contre et dont la mère a défendu le contre-projet de loi. Cela discréditerait complètement ce pour quoi l'Unité et moi-même avons travaillé avec acharnement.

Immobile, Scorpius vit le sourire triomphant de son grand-père, et l'expression tendue de son père, mais ne parvint pas à les imprimer dans son cerveau. Ses mains tremblaient et son pouls pulsait rapidement dans ses veines, mais il refusa de céder à la panique. Il demeura silencieux un long moment, cherchant la meilleure façon d'aligner les mots qui lui chatouillaient la gorge. Il devait garder son calme, c'était impératif. C'était le seul moyen de ne pas déclencher une catastrophe.

- Peut-être, commença-t-il avec prudence, peut-être qu'il serait préférable que je démissionne.

La langue de Lucius claqua, et le regard méprisant qu'il vissa sur son petit-fils déclencha une vague de frisson qui lui parcourut l'échine. Drago, lui, avait blêmi.

- Tu ne peux pas faire ça...

Lucius quitta son fauteuil et s'avança dangereusement vers Scorpius, une moue répugnée accrochée aux lèvres.

- Tu ne mérites pas d'en faire partie, cingla-t-il d'une voix glaciale. Tu ne mérites pas de porter mon nom et tu ne mérites certainement pas de vivre sous mon toit !

- Père ! Gronda finalement Drago en se dressant à son tour.

- Je veux qu'il s'en aille immédiatement, cracha Lucius en se tournant vers son fils.

- Cette décision ne te revient pas, rétorqua Drago en lui adressant un regard noir.

- C'est ma maison, tonna le vieil homme. Vous êtes tous ici chez moi.

- Plus maintenant, et vous le savez, répliqua son fils tout aussi froidement. Vous n'êtes plus rien et il serait temps que vous cessiez de prétendre le contraire. La seule raison pour laquelle vous avez encore le droit de vivre ici, c'est parce que j'ai donné mon accord quand le tribunal vous a condamné à vivre à résidence. Vous n'avez plus rien. Plus aucune possession. C'est un droit qui vous a été retiré.

Lucius poussa un grognement furieux et pour la première fois depuis longtemps, Scorpius eut un mouvement de recul. Il savait que son grand-père était impuissant et n'avait pour armes que les menaces dont il abusait depuis des années, mais la violence qui animait son regard en cet instant l'effraya quand même.

- Comment oses-tu me...

- Scorpius est mon fils, le coupa Drago. Pas le tien. Alors je te prierai de ne pas prendre de décision en ce qui le concerne et de ne jamais plus lui manquer de respect. Il n'est peut-être pas l'héritier que tu espérais, mais après tout, ce ne sera pas ton premier échec, n'est-ce pas ? Demanda-t-il avec amertume.

Scorpius vit Lucius se redresser et lisser les pans de robe, son regard anthracite assombri par la rage et la haine. En voyant l'homme devant lui, Scorpius se jura de ne jamais se laisser ronger par l'amertume et la colère. Quoi qu'il arrive, il refusait de laisser la rancœur et la solitude faire de lui un homme méprisable et méprisant.

Sans un mot, Lucius fit claquer sa canne sur le parquet ciré et tourna les talons avant de quitter la pièce en faisant claquer la porte du bureau.

Drago poussa un long soupir et se laissa retomber dans son fauteuil en se massant les tempes. Scorpius l'imita et prit place dans un des deux fauteuils en face de lui.

- Il a peut-être raison, dans le fond, fit Scorpius en haussant les épaules. Vous ne me ferez pas changer d'avis, père. J'aime Rose et je refuse de laisser qui ou quoi ce soit m'en empêcher.

- Tu n'es pas obligé de partir, dit l'aîné des Malefoy en secouant la tête. Tu es ici chez toi. Je... je sais qu'on n'est pas d'accord sur tout et que tu ne... Aucune importance, s'interrompit-il. Je ne te demanderai jamais de quitter le Manoir.

- Père, vous ne comprenez pas... je choisis Rose. Vous ne me ferez pas changer d'avis, répéta-t-il lentement.

Drago esquissa un sourire douloureux.

- Je sais, admit-il d'une voix basse. Je ne vais pas prétendre que l'idée me ravisse, grommela-t-il avec un sourire crispé. Après tout, avec des parents comme les siens... je veux dire, son père est un abruti et sa mère... méfie-toi de sa mère, Scorpius. Crois-moi, cette femme est folle. Et terrifiante, mais ça je t'interdis de le répéter à qui que ce soit, c'est clair ?

Abasourdi, Scorpius fixa son père sans ciller.

- Je ne suis pas sûr de comprendre, admit-il en fronçant les sourcils.

Drago soupira et se passa une main sur le visage.

- Tu as une bien triste opinion de moi... Mais j'imagine que je ne peux m'en prendre qu'à moi-même, dit-il avec un rire sans joie. Ecoute, reprit-il plus sérieusement, je ne dis pas que me faire à l'idée que tu fréquentes la fille Weasley ne sera pas difficile, mais je promets de faire des efforts, d'accord ? Tu es un adulte et je n'ai pas le droit de contrôler ta vie comme mon père a longtemps contrôlé la mienne.

Le cœur chargé d'émotions, Scorpius ne sut quoi répondre. Alors, comme bien souvent face à son père, il demeura silencieux un long moment, puis d'une voix tremblante, il souffla ;

- Merci.

Drago hocha la tête, mais détourna le regard. Après tout, les Malefoy ne versaient pas dans l'émotion. Jamais.

- Père ?

- Oui ?

- Je vous suis très reconnaissant de... enfin de vous être opposé à Lucius, mais...

- Mais tu veux partir ? Devina Drago avec un sourire triste.

Scorpius hocha difficilement la tête.

- Oui. Je crois que j'ai besoin d'air et dans ce Manoir, j'étouffe. Je ne dis pas que c'est définitif, mais... j'ai besoin de temps. J'ai besoin de temps et je n'en n'ai pas quand je suis ici.

- J'avais peur que tu dises cela, avoua l'aîné des Malefoy. Mais je comprends. Tu n'as pas idée du nombre de fois où j'ai rêvé de fuir cette maison quand j'avais ton âge. Enfin, soupira-t-il, la situation était différente pour moi. Je n'avais pas le choix.

Scorpius esquissa un sourire et haussa les épaules, une once d'amusement dans le regard.

- On a toujours le choix, dit-il lentement, citant les paroles de Rose.

- J'imagine, oui, reconnut Drago. Mais c'est trop tard pour moi.

Les deux hommes se turent.

Leurs regards se fuyaient, mais ça n'avait aucune importance, parce que pour la première fois depuis très, très longtemps, ils se comprenaient enfin.


N/A : Aujourd'hui je serai succincte, car pressée par le temps, mais déjà, j'ai la quasi certitude que personne ne voudra me tuer, alors bon, j'ai pas besoin de m'excuser pendant cinq minutes, ça facilitera la tâche ! :p
Plus sérieusement, j'espère que ce chapitre ne vous aura pas déçus, malgré quelques lourdeurs et moments cucul-la-praline :p

Merci encore pour votre soutien indéfectible et à vendredi prochain ! Bon week-end à tous (toutes).

RàR : à Valentine ; Je vois exactement ce que tu veux dire ! :p Moi aussi, le Ron/Scorpius, j'en suis fan. D'ailleurs, j'écrirai peut-être une fiction sur leur complicité bizarre, un de ces quatre :p

à Marie ; Merci mille fois pour tes compliments ! Je suis sincèrement ravie que cette histoire t'ait plu jusque là :)

à Mea95Gryffondor ; Tu me vois ravie de savoir que le dernier chapitre à parfait ta journée déjà excellente :p Et oui, je m'excuse pour le retard... :-( Tu avais deviné juste, Rose a bien couru chez Scorpius :p Allez, j'espère que ce chapitre ne t'aura pas déçue et je te souhaite un bon week-end ^^

à Romane ; Je ne devrais pas commencer une RàR comme ça, mais c'est officiel, je te hais :p Comme beaucoup, tu as aimé la conversation entre Scorpius et Ron et la drôle de relation qu'ils entretiennent, et rien ne pourrait me faire plus plaisir ! ^^ Merci de ne pas avoir abandonné cette fiction malgré mon long mois d'absence, et à bientôt, j'espère ;)