Espoir
Avertissement :J.K. Rowling est une déesse et tous les personnages lui appartiennent. L'auteur de cette fanfiction est Jeconais, que je remercie pour m'avoir accordé les droits de publication en français.
Note de lecture :Les mots soulignés et en italique sont en français dans le texte. Les mots seulement en italique représentent seulement des inflexions de voix lorsqu'un personnage parle ou dans la narration (pour marquer l'insistance par exemple).
Chapitre 12 : Poudlard (partie II)
« Harry Potterr ! » tonna une voix impérieuse à travers la Grande Salle.
Harry leva les yeux de son assiette et se mit prestement sur ses pieds.
Un homme à la large carrure et au crâne rasé se frayait un chemin à travers la foule abonde, une expression sévère inscrite sur ses traits.
Harry se déplaça afin de se positionner devant ses élèves de Quidditch avec lesquels il venait de déjeuner. Tout autour de lui, il put aviser des représentants de la presse ainsi que d'autres élèves se retourner vers eux pour les regarder.
« As-tu amené château avec toi pour fairre parraître Durrmstrang démodé ? »
Harry secoua la tête. « Bien sûr que non. »
« Tu es sûrr ? » pressa Viktor Krum d'un ton dangereux, son expression peu amène se renfrognant davantage.
Harry opina fermement du chef.
« Alorrs nous sommes toujours amis ! » s'exclama Viktor, son visage s'épanouissant rapidement en un large sourire. L'Attrapeur Bulgare fit plusieurs pas en avant et étreignit puissamment Harry, tout en soulevant aisément ce dernier du sol.
« Fais-moi descendre espèce de cosaque puant. » lâcha Harry, le souffle coupé.
« Oh, vieux farceurr. » rit Viktor avant de relâcher Harry. « Comment est ton épaule ? »
Harry sourit. « Elle va mieux, merci. »
« Bien ! » se réjouit Viktor en se tournant vers la presse. « Sans Potter, je n'ai plus de compétition dans le championnat; il faut qu'il guérisse vite pour que je puisse de nouveau avoir un adversaire à ma taille. »
« Il vous a battu la dernière fois pourtant. » lança un des journalistes.
« Et il est maintenant indisponible pour toute une année. » acquiesça Viktor. « Voilà ce que ça coûte de battre Krum ! Harry est le seul joueurr à comprendre ça. »
« Ainsi donc vous deux êtes amis ? » s'enquit un autre.
« Bien sûr. » déclara Harry, en posant un bras autour de Viktor. « Nous jetons tous deux toutes nos forces dans chacune des parties que nous disputons, et nous avons le plus grand respect l'un pour l'autre. Viktor est le joueur le plus difficile que j'aie jamais eu le plaisir de rencontrer sur le terrain, et je suis peut-être parvenu à attraper le Vif d'or la dernière fois, mais il m'avait battu la fois d'avant. »
« Et c'est mon tourrr de gagner la prochaine fois. » revendiqua Viktor, en donnant une tape dans le dos de Harry.
« C'est ce que nous verrons. » rétorqua Harry avec un sourire.
« Vous voyez. » rit Viktor à gorge déployée. « Pour un si petit homme, il ne manque pas de tripes. A présent je dois aller insulter Flint ! »
« Savais-tu que Flint a dû refaire une année à deux reprises tellement il était lent d'esprit ? » demanda innocemment Harry à Viktor.
« Vraiment ? » se délecta Viktor, ses yeux s'illuminant d'une lueur jubilatoire. « Tu es un très bon ami, Harry Potterr. » annonça-t-il à la ronde de sa voix puissante, puis il l'étreignit une nouvelle fois de sa forte poigne, avant de le relâcher et de s'en aller à la recherche de Marcus Flint à grand pas déterminés.
« Est-ce que tu vas bien ? » s'enquit Gabrielle avec douceur alors que Harry regagnait sa place auprès d'elle. Elle avait ressenti une petite pointe d'émotion émanant de lui lorsque le Bulgare avait saisi son Compagnon. Il lui avait fallu se mordre la langue pour s'empêcher d'aller protéger Harry.
Il acquiesça. « Viktor a toujours été quelqu'un d'un peu fantasque. »
« Comment êtes-vous devenus amis tous les deux ? » interrogea Claude. « Nous pensions tous qu'il y avait toujours eu une grande rivalité entre vous. »
« C'est le cas. » confirma Harry, en saisissant son sandwich. « Mais Viktor possède une personnalité des plus curieuses il est venu me rendre visite lorsque j'étais à l'hôpital. Il aime le Quidditch plus que tout, et la figure que j'ai dû exécuter pour le battre lui a montré que j'aimais tout autant que lui ce sport. Et de son opinion, si vous traitez cette discipline de la même façon que lui, vous ne pouvez qu'être un ami. »
Il esquissa un léger sourire. « Il est aussi très bon ami avec Olivier, et ces deux-là se font des virées nocturnes ensemble dignes des plus grandes épopées. J'en sais quelque chose, pour avoir été appelé une nuit a trois heures du matin afin d'aller les secourir – ils étaient bien trop saouls pour Transplaner et avaient tenté de prendre le Magicobus pour rentrer. Malheureusement, ils l'ont confondu avec un car Moldu et ont fini par se retrouver à Newcastle. »
« Y-a-t-il un joueur de Quidditch que tu n'apprécies pas ? »
« Flint. » répondit Harry en toute sincérité. « Je ne l'ai jamais aimé celui-là, et je doute que cela change un jour. La seule raison pour laquelle il n'est pas devenu un Mangemort tient dans le fait qu'il apprécie davantage le Quidditch que l'extermination des Moldus. Mais assez parlé de moi, comment s'est passé votre premier jour à Poudlard ? »
« Mieux que nous l'avions espéré. Nous avons eu une discussion divertissante avec les élèves de Durmstrang, étant donné que nous partageons la même médiocrité dans l'emploi de la langue Anglaise. » déclara gaiement Simone. « Certains élèves de Poudlard sont très amicaux, mais d'autres semblent un peu arrogants. »
« Dans l'ensemble, la journée a été passable. » conclut Henri. « Et pour vous, Professeur ? »
Harry haussa les épaules. « J'ai beaucoup d'amis ici, aussi cela s'est avéré être bien plus amusant que je ne le pensais. » dit-il avant de jeter un coup d'œil à sa montre. « Ceci dit, les Professeurs ont une réunion sous peu pour discuter des programmes inter-écoles. Ce n'est pas exactement quelque chose qui m'enthousiasme outre mesure, pour tout vous dire. »
Il se leva de table et adressa un regard à Gabby. « Hermione et Ron seront dans le coin, probablement en compagnie de Jean et Aimée; parle à Hermione. »
Gabrielle pencha sa tête sur le côté. « Tu es sûr ? »
Il hocha la tête.
Elle lui décocha un sourire éblouissant. « Amuse-toi bien à la réunion. »
Il grogna de manière théâtrale à cela. « Ne veillez pas trop tard, vous tous. » conseilla-t-il. « Notre premier match est demain, et il nous faut être en pleine forme si nous voulons faire un bon résultat. »
Ils hochèrent tous la tête en signe d'assentiment puis il tourna les talons et s'en alla.
« Alors, Gabrielle. » déclara Claude. « Que se passe-t-il au juste ? »
Gabrielle eut l'ombre d'un sourire. « T'attends-tu réellement à ce que je réponde à ta question ? »
« Non. » répondit promptement Simone. « Nous nous attendons à ce que tu restes aussi mystérieuse que d'ordinaire, tandis que nous nous perdons en délirantes suppositions. »
« En ce cas, qui suis-je pour vous priver de votre amusement. » rétorqua-t-elle malicieusement en se levant de table. « Je m'en vais faire ce que m'a demandé Harry. »
« Gabrielle. » l'interrompit Claude d'une voix paisible. « Qu'est-ce que ça fait ? »
« Quoi donc ? »
« D'être forcée de faire tout ce que le Professeur Potter t'ordonne. »
Elle marqua une pause avant de regagner lentement son siège. « J'imagine que c'est le genre de situation où une petite explication est préférable à un long sermon. »
« Que veux-tu dire ? » s'enquit Henri, tandis que les autres se rapprochaient d'eux afin d'entourer Gabrielle et la dissimuler ainsi aux regards des autres personnes présentes dans la Grande Salle.
« Une Vélane qui est Liée à un Sorcier est complètement soumise à la volonté de celui-ci; cependant nous devenons aussi ce que désire notre Compagnon. Harry est unique, dans le sens où il désire une compagne indépendante et non pas soumise. Il m'a forcée, sans même le savoir, à devenir moi-même unique. Si je le voulais vraiment, je pourrais ignorer l'un de ces ordres – bien que je ne puisse jamais m'imaginer me retrouver dans une situation où je n'aurais d'autre choix que de le faire, mais ce n'est là qu'une considération secondaire. Contrairement aux autres Vélanes qui se sont retrouvées Liées à un sorcier, je suis la seule de l'Histoire à être restée moi-même en tous points qui importent.
« J'aime Harry d'une façon que j'ai bien peur que vous ne puissiez jamais appréhender, tout simplement parce que vous êtes humains. A vos yeux, il semble que Harry vient juste de m'ordonner d'aller parler à quelqu'un. A mes yeux, Harry vient juste de prouver à quel point il me fait confiance, et à quel point il désire que je sois indépendante. Je ne peux pas expliquer plus avant, car je ne veux pas trahir la confiance que Harry a placée en moi, alors s'il-vous-plaît, ne pensez pas que je sois victime d'abus. Rien ne saurait être plus loin de la vérité. » Elle marqua une pause et leva les yeux vers les garçons. « Posez-vous une simple question. Si vous m'aviez, et que vous saviez que je serais disposée à faire tout ce que vous désireriez, que me demanderiez-vous ? »
Elle adressa ensuite un sourire à Simone. « Assure-toi qu'ils ne passent pas toute la journée à y réfléchir, d'accord ? »
Simone hocha fermement la tête. « Il va falloir qu'on parle, Gabrielle. Et le plus tôt sera le mieux. »
« Je sais. » répondit-elle avant de prendre congé de ses amis et de se diriger vers la porte d'entrée pour sortir de Poudlard.
La grande surface recouverte de pelouse verdoyante qui s'étendait entre les battisses des deux écoles était envahie par des petits groupuscules de personnes. Elle chercha du regard le plus grand attroupement et s'avança dans sa direction. Il semblait plus que probable que son père serait en train de s'adonner avec abandon à ses jeux politiques, ce qui signifiait sans nul doute qu'un grand nombre de politiciens se trouveraient autour de lui. Comme elle l'avait subodoré, Maman et Hermione se trouvaient à la périphérie de la foule, et arboraient toutes les deux une légère expression d'ennui sur leurs traits. Elle put aviser Ron quelque part vers le centre de la foule, se tenant aux côtés de Papa.
« Maman, Hermione. » les salua-t-elle.
« Gabrielle ! » lui répondit Aimée avec un sourire joyeux. « Tu as été magnifique tout à l'heure. »
Elle lui renvoya un sourire éclatant. « Harry n'a pas cessé de m'encourager tout le long de cette ordalie. J'étais effroyablement nerveuse. »
« Harry a fait ça ? » s'enquit Hermione avec surprise.
Elle opina du chef. « C'est ce dont je voudrais te parler. Pourrions-nous aller dans un endroit un peu plus privé ? »
Aimée lança un regard en direction de son mari. « Il va continuer à s'amuser ainsi pendant des heures et des heures. » elle soupira, « Ronald aussi, à ce qu'il semble. Allons donc parler. »
Hermione hocha la tête en signe d'approbation. « Poudlard ou Beauxbâtons ? »
« Pourquoi pas ma chambre ? » proposa Gabrielle.
Aimée acquiesça. « Est-elle au moins rangée ? »
« Mamannn. » geignit Gabrielle alors qu'elle guidait les deux autres femmes vers l'entrée de son école, puis à travers les longs couloirs majestueux de l'Académie de Beauxbâtons. « Bien sûr qu'elle est rangée. » souffla-t-elle avec ferveur. « Après tout, Harry y a dormi la nuit dernière. »
Hermione et Aimée affichèrent l'expression inquisitrice de personnes ayant des milliers de questions à poser, et toutes deux se mordirent les lèvres pour s'empêcher de les laisser échapper à voix haute en public.
Gabrielle ouvrit la porte de sa chambre et les invita à entrer. « Est-ce que je peux vous servir quelque chose à boire ? »
« Du thé s'il-te-plaît. » déclara Hermione.
« Ajoutes-y donc une bonne cuillerée d'explications. » ajouta Aimée. « Que faisait Harry ici au juste la nuit dernière ? »
« Pas ce que tu peux être amenée à penser, malheureusement. » se lamenta Gabrielle. « As-tu idée à quelle point il est difficile de faire réaliser à cet homme que je suis du sexe féminin ? »
Hermione éclata de rire. « Je crois bien que c'est une doléance que beaucoup de filles partagent à son sujet. »
« A quoi t'attendais-tu, ma chérie ? » s'enquit Aimée. « Comme Jean se plaît à le dire, Harry est un Chevalier. »
« En effet. » soupira Gabrielle. « Après avoir déplacé le château la nuit dernière, Harry m'a ordonné de rester éveillée, obligeant ainsi ma magie à m'aider afin de pouvoir prétendre aux yeux de tous que notre coup d'éclat n'était rien pour nous autres Français. Il s'est senti coupable par la suite, alors je lui ai demandé de prendre soin de moi comme compensation. »
« Il s'est senti coupable ? » répéta Aimée avec surprise.
« En effet, malgré toutes mes protestations que c'était la seule chose qu'il eut pu faire. Je comprends désormais ses raisons, maintenant qu'il me les a expliquées. Je pense qu'il commence à se faire lentement à l'idée de me donner des ordres. »
« Cela lui prendra du temps, Gabrielle. » acquiesça Hermione. « Alors, de quoi voulais-tu me parler ? »
Gabrielle apporta sur un petit plateau trois tasses de thé dans son petit salon, en donna une à sa mère, une autre à Hermione, et s'empara de la dernière tasse avant d'aller s'installer sur son fauteuil favori. Elle s'assit dessus avec soin et entreprit de se mettre à son aise.
« Il y a quelques semaines, Harry et moi nous sommes embrassés pour la première fois. Je confesse m'être rendue coupable d'un certain excès de zèle, et dans le processus je l'ai quelque peu griffé. »
Aimée poussa un soupir. « Au moins tu as le bon sens de ne pas parler de ça en présence de ton père. »
Gabrielle esquissa un sourire à cela. « Quoiqu'il en soit, j'étais en train d'utiliser la magie Vélane pour le soigner, lorsque j'ai découvert un corps étranger dans l'épaule de Harry – pas celle qu'il a blessée au Quidditch mais l'autre. Je lui ai demandé d'abaisser son Champ de Suppression, puis j'ai utilisé sa magie pour m'aider à l'enlever. »
« Attends une minute. » l'interrompit Hermione, en se penchant vers l'avant, ses yeux brillants. « Tu as utilisé la magie de Harry ? »
Gabrielle hocha la tête. « Lorsqu'il m'y autorise, je suis en mesure d'utiliser son pouvoir. J'ai retiré le fragment de l'épaule de Harry puis j'ai guéri les dommages que sa présence avait causés. J'ai utilisé à nouveau sa magie aujourd'hui pour exécuter des sorts informulés. »
« Ceci explique donc cela. » commenta Hermione d'une voix satisfaite. « Je m'étais posée des questions à ce sujet. »
« Pour en revenir à nos hippogriffes, » poursuivit Gabrielle « lorsque Harry s'est réveillé ce matin, il a instinctivement recherché ses lunettes, et je me suis mise à m'interroger sur les raisons qui l'obligent à en avoir besoin. Je lui ai alors demandé la permission d'essayer quelque chose. Il me l'a donnée, et comme je l'avais fait auparavant, j'ai laissé mon pouvoir le parcourir. Lorsque j'ai atteint ses yeux, j'ai pu voir comment les guérir. »
« Tu peux guérir ses yeux ? » l'interrogea Hermione avec excitation.
Elle opina du chef.
« Quel est le problème ? »
« J'hésite à le faire. » soupira Gabrielle. « Lorsque j'ai pris soin de son épaule, c'était une tâche aisée. J'ai fait appel à mon pouvoir conjugué à celui de Harry et les choses se sont faites presque toutes seules. Mais dans ce cas, il est question de ses yeux. C'est quelque chose de bien plus sérieux. »
Hermione adopta une mine songeuse tandis qu'elle prenait distraitement une gorgée de son thé. « Ainsi donc, ton problème tient dans le fait que tu sais que cela fonctionne sur quelque chose de simple, mais tu n'es pas certaine qu'il en sera de même pour quelque chose de bien plus complexe ? »
Gabrielle acquiesça. « Je ne veux pas prendre le moindre risque, tout particulièrement lorsqu'il s'agit de ses magnifiques yeux. »
« Je ne t'en blâme pas. » approuva Hermione. « Considérons-donc les faits avec logique. L'une d'entre vous a-t-elle jamais entendu parler d'une aptitude pareille ? »
« Les Vélanes sont connues pour être en mesure d'utiliser la magie de leur Compagnon dans certains cas. » confirma Aimée.
« Je ne pense pas qu'aucune Vélane ait jamais été Liée à quelqu'un disposant d'autant de pouvoir que Harry. » nuança toutefois Gabrielle.
« Cela a du sens. » songea Hermione. « Nous sommes donc en terrain inconnu à cet égard. Nous avons vu que tu es en mesure d'utiliser sa magie pour réaliser ce que tu veux, donc la question de contrôle n'est pas un problème – seule une question de confiance t'entrave. Qu'en pense Harry ? »
« Il m'aurait laissé essayer ce matin même. » déclara Gabrielle dans un souffle. « Il me fait confiance. »
« Félicitations. » déclara Hermione avec douceur. « Cela ne s'est peut-être pas passé comme nous l'avions prévu, mais il semble que les choses se soient arrangées sur le long terme, et nous avons tous appris certaines leçons; moi plus que quiconque. La confiance de Harry est une chose qui continue de me donner des cauchemars à la seule pensée que je puisse la perdre. Mais je digresse. J'ai un début de solution pour toi. »
« Oh ? »
« Guéris son épaule. Celle qui a été blessée au Quidditch. »
Gabrielle cligna des yeux. « Cela me parait pertinent. » approuva-t-elle. « C'est une chose plus complexe à réaliser, et cela permettra de nouveau à Harry de faire ce qu'il aime le plus au monde. »
Hermione hocha la tête. « Cependant, je devrais être présente. »
Les joues de Gabrielle prirent une teinte rosée. « Hermione, » commença-t-elle doucement, « tu as conscience que la magie Vélane est fondée sur l'intimité, n'est-ce pas ? »
« Pardon ? »
Cette fois, Gabrielle put littéralement sentir ses joues s'embraser.
« Cela signifie que ma fille et Harry devront être dans un certain état de dénudement, suppléé par un contact corporel. » élabora Aimée de son ton clinique coutumier.
« Oh, je vois. » s'étouffa Hermione en hochant la tête. « Autant cela me peine d'avoir à le dire, je maintiens que je devrais être présente. »
Gabrielle poussa un soupir. « Tu as peut-être raison. Je pourrais probablement le faire sous tes yeux, mais pas ceux de Ron. Je ne laisserai aucun autre homme me voir ainsi. »
Hermione acquiesça plaisamment. « Il n'a aucune expertise médicale de toute façon. »
Gabrielle ouvrit sa bouche mais avant qu'elle ne puisse proférer la moindre parole, elle se figea net.
« Excusez-moi. » dit-elle poliment avant de se concentrer. Elle pouvait sentir à travers le Lien que quelque chose contrariait Harry. Elle ferma les yeux et parcourut le Lien. Elle ne pouvait pas déceler avec exactitude le problème, aussi rassembla-t-elle tout l'amour qu'elle éprouvait pour son Compagnon et elle le lui envoya.
Quelques secondes plus tard, elle ressentit en retour une douce caresse sur son cœur et elle sut alors que toute contrariété éprouvée plus tôt par Harry s'était envolée. Elle eut un sourire éblouissant et ouvrit de nouveaux ses yeux.
« Que viens-tu donc de faire ? » s'enquit Hermione avec curiosité.
« Harry se sentait contrarié, alors je lui ai fait savoir à quel point je l'aime. » déclara-t-elle gaiement. « Il se sent mieux à présent. »
« Si on prend en compte le fait qu'il assiste à une réunion en compagnie de Rogue et Dumbledore, cela n'a rien d'étonnant. » soupira Hermione. « Quand est-ce que tu souhaites le faire ? »
« Ce soir. » déclara Gabrielle d'un ton décidé. « J'admets toutefois avoir une arrière-pensée. »
« Oh ? » fit Aimée d'un air amusé.
Gabrielle acquiesça. « Cela nous épuisera tous les deux, aussi je serai en mesure de dormir une nouvelle fois avec Harry. Il se peut bien que ce soit la seule opportunité qu'il me sera possible d'obtenir avant un long moment. »
Hermione eut un petit rire. « Je ne pense pas qu'il t'en tiendra rigueur. Après tout, tu lui auras rendu son Quidditch bien-aimé. »
Harry était assis aux côtés de Gregory Bayard et d'Olympe. A leur droite se trouvait Andropov, ainsi que deux de ses professeurs les plus expérimentés; en face d'eux se trouvaient Dumbledore, Rogue et McGonagall.
La réunion n'aboutissait absolument à rien, pour autant qu'il pouvait en juger, et Rogue était en train de l'horripiler au plus haut point à mesure que le temps passait – non pas que ce fut là une chose sans précédent, ni même extraordinaire, et encore moins inattendue.
Fort heureusement, il n'était plus à un cheveu de lui jeter un sort; Gabrielle avait eu raison de son irritation. Sa caresse mentale lui avait permis de se recentrer et regagner un semblant de calme. Mais s'il ne pouvait pas lancer de sorts à Rogue, il pouvait au moins s'amuser à lui faire monter la moutarde au nez.
« J'aimerais bien que cet idiot ferme son clapet. » murmura Harry. Andropov lui lança un regard et laissa échapper un petit rire.
« Harry ? » s'enquit Dumbledore en Anglais.
« Je disais que j'aimerais beaucoup que cet idiot ferme son clapet. » déclara à haute voix Harry, en indiquant Rogue. « Nous n'allons pas obliger nos élèves à suivre ses leçons de Potions; et pour être tout à fait franc, nous ne les obligerions pas à se trouver dans le même établissement que cet individu si le choix nous était donné. A présent que la question est réglée, pouvons-nous passer à autre chose ? »
« Espèce de sale petit veracrasse arrogant ! » rugit Rogue, en bondissant sur ses pieds. « Comment osez-vous ! »
Harry tendit ses bras sous la table et saisit doucement les mains de Gregory et Olympe, les étreignant faiblement en guise d'avertissement; il adressa ensuite un regard à Andropov, qui sembla comprendre son message silencieux.
Harry reporta son attention vers Rogue et secoua sa tête avec commisération. « Après toutes ces années, vous continuez de garder rancune de ce que mon père vous avez fait lorsque vous étiez élèves ? Il n'est guère étonnant qu'il ne vous reste nullement de temps pour véritablement enseigner lorsque votre esprit demeure prisonnier du passé. »
« Pour véritablement enseigner! » s'étrangla de rage Rogue, son visage d'ordinaire pâle virant au vermillon. « Que connaissez-vous du véritable enseignement quand tout ce que vous faites de la journée est de vous asseoir sur un balai, Potter ? »
« Rendez-vous à l'évidence, Severus. » dit Harry avec désinvolture. « Les professeurs de Beauxbâtons sont bien meilleurs que vous; nos élèves l'ont bien compris, ce qui explique pourquoi ils feront tout leur possible pour ne pas se retrouver dans la même pièce que vous. Et il va de soi que nous n'obligerons pas nos élèves à assister à des classes de seconde catégorie. »
Le visage de Rogue semblait avoir découvert une nuance encore inédite de rouge, et Harry put sentir le regard ardent de McGonagall dardé sur lui.
« Je… »
« Vous voyez. » déclara Harry, en asticotant délibérément le professeur. « Vous n'êtes même pas en mesure de formuler une phrase cohérente la plupart du temps. Constatons seulement les faits, vous êtes la seule personne dans cette pièce qui ne soit même pas bilingue. Et vous vous demandez encore pourquoi nous n'avons aucun respect pour vous ? »
« Poudlard est la meilleure académie magique au monde. » argua fermement Dumbledore.
« Ah, vraiment ? » rétorqua Harry d'un ton sceptique. « Combien donc de Maîtres de Potions avez-vous diplômé au juste ces dernières années ? Si vous êtes si bons que cela, auriez-vous l'obligeance de me dire quelles étaient les notes en Potions de Fred et Georges Weasley ? Après tout, ils font partie des anciens élèves ayant le mieux réussi dans toute l'histoire de l'école, reconnus comme ils sont pour leurs compétences en potions leur permettant de réaliser des choses qui dépassent l'imagination de la majorité des personnes.»
« Nous sommes meilleurs que vous. » s'obstina Rogue de façon puérile.
« Vous m'en direz tant. A vous entendre, vous seriez même capable de me dire que Poudlard est meilleure au Quidditch. » le tança Harry. Il pria pour que Minerva demeure silencieuse et le laisse terminer; il avait peine à croire qu'une opportunité pareille s'offrait à lui, et il n'allait certainement pas la laisser s'échapper.
« C'est que nous le sommes. » gronda Rogue. « Et nous allons même vous le prouver. L'académie Poudlard contre celle de Beauxbâtons. »
« Seuls le corps enseignant officiel affilié à chacune des écoles sera autorisé. » déclara Harry en sautant sur ses pieds et en appuyant ses poings contre la table dans une feinte posture outragée.
« C'est entendu. »
Harry esquissa alors un large sourire et se rassit avec la plus grande sérénité.
« Harry, je crois que je vous adore. » souffla une Olympe émerveillée.
Greg adressa un regard vers Harry et se leva. « Je vais de ce pas en alerter la presse. » dit-il avant de sortir de la pièce d'un pas empressé.
« Nous sommes impatients d'assister à ce spectacle. » commenta un Andropov extatique. « Harry, si vous avez besoin d'entraînement, je suis certain de pouvoir persuader Viktor de donner un coup de main. »
Rogue et Dumbledore affichaient quant à eux des expressions complètement perplexes tandis que le visage de Minerva ne trahissait aucune émotion autre que celle dénotée par ses lèvres pincées.
« Que se passe-t-il donc ? » s'écria finalement Rogue à bout de patience.
« Oh mais rien du tout, mon cher Severus. » susurra joyeusement Harry. « Vous venez simplement de donner votre accord pour un match de Quidditch inter-école entre Professeurs en marge du Tournoi de Quidditch. »
« Mais… »
« Mais il est bien trop tard pour se rétracter, Severus. » déclara froidement Harry. « Mon collègue a déjà informé la presse. A présent, pour en revenir à notre précédent désaccord…Professeur Andropov, avez-vous quelque chose à ajouter à ce sujet ? »
« Non. » répondit Andropov d'une voix pensive. « Je pense que vous avez dit tout ce qu'il y avait à dire. J'ajouterai seulement que bien que Poudlard soit l'école hôte de cet évènement, ses prérogatives ne s'arrêtent qu'à cela. Vous n'avez pas votre mot à dire sur la façon dont nous gérons nos écoles. Harry, je sais que Durmstrang possède une certaine réputation quant à sa manière d'enseigner la Défense, aussi j'aimerais vous inviter personnellement à l'une de nos classes afin que vous puissiez nous voir à l'œuvre, et émettre votre propre jugement sur nos pratiques. »
« J'en serais ravi. » déclara Harry en toute franchise.
Andropov se tourna ensuite vers Rogue et Dumbledore, son langage corporel prenant soin d'exclure légèrement McGonagall. « Je suis extrêmement déçu de ce que j'ai vu aujourd'hui. Vous semblez tous deux croire que vous pouvez imposer votre point de vue en toute circonstance. Permettez-moi de vous dire que ce n'est certainement pas ainsi que les choses se font chez nous, et Durmstrang n'acceptera certainement pas qu'il en aille ainsi ici. » Ces paroles prononcées, il se dressa sur ses pieds, hocha la tête en guise de salut, et mena ses collègues hors de la pièce sans autre forme de procès.
Harry et Olympe se levèrent à leur tour. « Minerva, nous avons reçu de nombreuses sollicitations de notre école presque toute entière afin que les élèves puissent assister à vos classes. Pourrions-nous nous voir plus tard afin de discuter de la façon logistique dont nous pourrions rendre la chose possible ? »
McGonagall hocha une fois la tête très brièvement, et il se retourna pour quitter les lieux en compagnie d'Olympe.
Dès qu'ils furent hors de vue, Olympe le saisit sans crier gare et le prit dans une redoutable étreinte à briser les os.
« Savez-vous le temps que j'ai attendu pour entendre quelqu'un parler ainsi à Dumbledore ? » s'exclama-t-elle transportée par un sentiment de pur ravissement.
« Vous ne pensez-pas que j'en ai trop fait ? » s'enquit Harry.
Olympe secoua résolument la tête en signe de dénégation. « Je vous ai invité à vous joindre à nous parce que je suis encore quelque peu intimidée par Albus, et de vous à moi, ce n'est pas un sentiment que j'affectionne particulièrement. Et en dépit de notre aptitude à parler l'anglais, elle n'en reste pas moins que notre seconde langue. J'admettrais volontiers avoir été agréablement surprise par Andropov, mais je ne manquerais pas d'avoir une discussion avec lui plus tard à ce propos; il semble qu'il soit lui aussi à bout de patience. »
« Je pensais que j'étais allé un peu trop loin. » avoua Harry. « Mais j'ai décelé l'opportunité et je n'ai pas pu m'empêcher de la saisir. »
« Vous avez donc un plan, je présume ? »
Harry se pencha vers elle et murmura à son oreille.
Lorsqu'il eut fini, Olympe le regardait avec un émerveillement mêlé de crainte respectueuse. « Voulez-vous me faire une faveur, Harry ? »
« Mais certainement. » répondit-il.
« Si jamais j'en viens à vous faire du tort, voudriez-vous bien me le dire directement ? Car je serais terrifiée d'avoir à faire face à votre ruse, si je n'étais pas complètement de votre côté. »
Harry eut un petit rire à cela.
« A présent, » conclut Olympe avec le plus grand sérieux, « je crois qu'il est temps pour moi d'aller trouver ma Préfète-en-Chef et lui dire de vous donner le baiser que vous méritez. »
« A quoi jouez-vous au juste tous les deux ? » se récria Minerva avec dégoût alors qu'elle se tournait vers ses deux collègues.
« Minerva. » dit Albus d'un ton réprobateur. « Nous devons nous serrer les coudes dans ce genre de moments. »
« Nous ne sommes pas en guerre ! » s'écria Minerva en frappant violemment ses mains sur la table. « Et nous n'essayons pas de forcer la main d'autres écoles quand elles ont déjà poliment décliné de faire quelque chose. Ceci est exactement le genre de comportement pétulant, Severus, qui nous fait paraître aux yeux de tous pour de parfaits idiots. »
« Allons, Minerva, ce n'était pas si grave que cela. » tempéra Albus d'un ton léger.
« Pas si grave ? » répéta Minerva d'une voix polaire. « Vous venez juste d'accepter de participer à un match de Quidditch contre Harry Potter. Dois-je vous rappeler qu'il est le meilleur Attrapeur que cette école ait jamais vu, et qu'il y a de cela seulement quelques mois il a permis à l'Angleterre de remporter la Coupe du Monde ! Qui allez-vous bien pouvoir faire jouer dans l'équipe d'ailleurs ? »
« Tout d'abord, » répondit Rogue d'un ton cassant, « Potter est blessé; il ne pourra pas jouer. Deuxièmement, Drago sera l'Attrapeur, je peux être Poursuiveur. Minerva… »
« Laissez-moi en-dehors de ça. » le coupa-t-elle sèchement.
« Je peux être Gardien. » admit Albus. « Cela fait bien quelques années de cela, mais je devrais être encore en mesure de me servir d'un balai. »
« Et Flint sera un autre Poursuiveur, tout comme Sinistra, si je me souviens bien. Vector avait le poste de Batteur à l'époque, alors il ne nous manque qu'une seule personne. »
La porte du Bureau de Dumbledore s'ouvrit avec fracas, et Hagrid entra tel un ouragan, sa barbe encore plus hirsute que d'ordinaire. Il tenait dans sa main ce qui semblait être une grosse branche d'arbre. « Est-ce que c'est vrai ? » questionna-t-il.
« Quoi donc Hagrid ? »s'enquit Minerva.
« Que Poudlard va jouer un match de Quidditch contre les Frenchies ? »
Rogue opina du chef.
« Je veux participer. »
« Je vous demande pardon ? » s'étonna Minerva.
« Olympe m'a brisé le cœur. » expliqua-t-il avec un reniflement. « J'ai un balai. » ajouta-t-il en brandissant l'immense balai à la ronde, ce qui força Minerva à l'esquiver d'un geste gracieux, « Je sais voler et je peux frapper les Cognards. »
Rogue considéra longuement le demi-géant. « Peut-être n'êtes-vous pas complètement inutile, après tout. » railla-t-il finalement. « Bienvenue dans l'équipe. »
« Vous allez autoriser cette pure folie, Albus ? »
« Poudlard prouvera qu'elle est la meilleure. » déclara Albus d'un ton inflexible.
« La meilleure ? » répéta aigrement Minerva. « La meilleure à se tourner en ridicule, peut-être. »
« Je ne me suis jamais sentie aussi humiliée que tout à l'heure, lorsque Miss Delacour nous a offert des présents aussi opulents. » Elle foudroya du regard Dumbledore avant de poursuivre. « Tout particulièrement lorsque je vous ai informé que nous devions préparer des présents à leur intention conformément à la tradition. Une tradition que cette école a contribué à établir qui plus est !
« Je ne sais pas ce qui se trame ici, Albus. Mais je ne l'apprécie guère. Cette école a changé dramatiquement durant ces cinq dernières années, et je ne ressens plus le même plaisir à travailler ici qu'autrefois. Je vous implore d'entendre raison et de revenir sur vos positions, de mettre fin à toutes ces absurdités, afin que nous puissions de nouveau marcher la tête haute. »
« L'école n'a pas changé. » dit Albus avec un long soupir affecté. « Nous en avons déjà parlé Minerva, et il n'est nul besoin de revenir sur la question. »
Harry s'en retournait à ses quartiers de Beauxbâtons, en sifflant gaiement tout le long du chemin.
« Tu sembles content. » commenta Ron, tandis que Jean et lui se joignaient à lui.
Harry les gratifia tous deux d'un sourire.
« Tu sais que tu ne peux pas participer à ce match, n'est-ce pas ? » lui rappela Ron, « Avec ton épaule blessée, je veux dire. »
« Je sais. » soupira Harry. « Mais Gabrielle est membre du conseil d'école, et techniquement, un membre du corps enseignant. »
Jean laissa échapper un léger rire. « Et si vous ne pouvez pas le faire par vous-même, vous laisserez le soin à votre protégée de prendre votre place. »
« Exactement. » sourit Harry de toutes ses dents.
« Et le reste de l'équipe ? »
Harry leur révéla les six noms qu'il avait en tête et la façon dont il avait organisé la chose en se jouant de Rogue et Dumbledore.
Ron se pétrifia et lança un regard chagriné à Jean. « S'il se met un jour à la politique, je prends ma retraite. »
Jean jeta un coup d'œil qui se voulait subreptice en direction de Harry et se mit lentement à hocher la tête. « Je suis d'accord. Il nous faudra nous rabattre sur le monde des affaires Ron, nous manquons singulièrement de sophistication pour la politique, je m'en rends bien compte à présent. »
En réponse à cela Harry poussa avec taquinerie Ron contre un mur et sortit sa carte pour ouvrir la porte de ses quartiers. A l'intérieur, Aimée, Hermione et Gabrielle devisaient et riaient avec entrain, confortablement installées sur les fauteuils accueillants de la pièce.
« Bonsoir. » dit-il, en conjurant d'un air absent de nouveaux fauteuils afin que tous pussent s'asseoir.
« Harry ! » s'exclama Gabrielle avec joie. « Je viens d'avoir une discussion des plus intéressantes avec Madame Maxime. »
« Oh, vraiment ? »
Elle acquiesça en se levant de son fauteuil et se dirigea vers lui, tout en ignorant complètement son père et Ron. « Elle m'a donné un ordre. » expliqua-t-elle d'une voix mélodieuse alors qu'il était acculé contre un mur.
« Oh, vraiment ? » répéta encore Harry.
Gabrielle hocha la tête. « Ce qui bien sûr, me place face à un choix cornélien – et si cet ordre allait à l'encontre de la volonté de mon Compagnon ? »
Harry esquissa un faible sourire. « Alors il te faudrait prendre une décision par toi-même. » recommanda-t-il.
Elle opina une nouvelle fois du chef. « Je pensais bien que tu dirais ça. Fort heureusement, je ne pense pas que cet ordre-ci aille contre ta volonté. » souffla-t-elle avant de se mettre sur la pointe des pieds et l'embrasser tendrement.
Il lui renvoya son baiser avec une tendresse égalée, ses bras s'enlaçant autour d'elle.
Gabrielle brisa le baiser et le contempla dans les yeux. « Elle m'a dit de t'embrasser vigoureusement pour ce que tu as fait tout à l'heure. » reprit-elle. « Comme le moment n'est pas indiqué, il te faudra te contenter de cela jusqu'à ce que je puisse le faire comme il se doit. »
Il eut un doux rire. « Je suis certain que Jean en est immensément reconnaissant. »
« Absolument ! » couina Jean depuis un coin de la pièce.
Gabrielle saisit sa main et le conduisit jusqu'au fauteuil qu'elle avait libéré, puis elle s'installa par terre et se lova contre ses jambes.
« Alors, pourquoi tout le monde est-il donc dans ma chambre ? »
« C'était mon idée. » répondit Hermione. Elle lança un regard en direction de Jean et Ron. « Pour vous mettre tous les deux aux faits : Gabrielle est pratiquement certaine qu'en combinant ses pouvoirs de Vélane avec ceux de Harry, elle sera en mesure de guérir ses yeux. Mais nous pensons toutes les deux que cela pourrait s'avérer un peu dangereux pour une première tentative. Alors nous allons faire en sorte que Gabrielle guérisse l'épaule de Harry pour commencer. »
Harry sourcilla. « Guérir mon épaule ? »
« Oui. » confirma Hermione. « Au pire des cas, cela prendra un mois supplémentaire de guérison – au meilleur des cas, tu pourras retourner jouer au Quidditch dans une semaine. »
« Impossible. » répondit catégoriquement Harry. « J'ai signé pour un an à Beauxbâtons. Je ne partirais pas avant. »
Gabrielle se tourna vers lui et lui décocha un autre de ses sourires spéciaux qui ne manquaient jamais de toucher son cœur à chaque fois. C'était un regard qui était l'équivalent physique de sa caresse mentale lorsqu'elle lui montrait à quel point elle l'aimait. Il se pencha vers elle et effleura tendrement son visage. « Eh bien allons-y. » dit-il simplement.
Son sourire sembla s'illuminer d'avantage si telle chose était possible.
« Si je ne craignais pas de me faire tuer par chacune des personnes présentes, je n'hésiterais pas à t'embrasser Gabrielle. » déclara Ron, un sourire rayonnant sur son visage.
« Pourquoi ? »
« Parce que cela signifie que Harry pourra jouer pour Beauxbâtons contre Poudlard. »
« Il a raison. » approuva joyeusement Jean.
« Je n'avais pas pensé à cela. » réalisa Harry avec un sourire. « C'est décidé alors, nous allons le faire, Gabby. »
« Je serai dans la chambre. » les informa Hermione. « Juste au cas où. » précisa-t-elle, en lançant un regard à son mari.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » s'enquit Ron.
« Pour que cela fonctionne, Harry devra être majoritairement dénudé, de même que Gabrielle. » expliqua Hermione.
« Oh, je vois. » fit Ron. Puis d'une voix complètement atone il poursuivit. « J'éprouve à présent un sentiment de jalousie sans précédent, laissez-moi embrasser ces pulsions meurtrières qui naissent en moi, laissez-moi donc perdre tous mes amis et rejoindre le côté obscur. »
Il s'interrompit.
« Voilà, c'est mieux comme ça ? » interrogea-t-il gaiement.
Harry se mit à rire sous cape. « Il a raison. » dit-il en adoptant le même ton dépourvu de la moindre inflexion. « J'ai nourri une flamme éternelle pour Hermione depuis que Skeeter m'a ouvert les yeux à ce sujet. Je vais utiliser le fait que ma petite amie sera en train de guérir mon épaule comme plan de séduction pour enfin savoir si je peux m'attirer les faveurs de la fille que je considère comme ma sœur. »
Hermione posa ses mains sur ses hanches et feignit de lancer un regard courroucé à son meilleur ami et son mari.
« Je vous aurai tous les deux, pour ça. » menaça-t-elle. « Ou plutôt, je m'occuperai de Ron; je laisserai Harry à Gabrielle. »
« Ooooh, des punitions ! » se réjouit Gabrielle avec excitation. « J'en ai déjà entendu parler. Harry, tu dois m'embrasser. »
« Je crois que le concept t'échappe quelque peu, Gabrielle. » soupira Hermione.
Gabrielle reporta son regard sur Hermione. « L'idée est de lui faire faire ce que je désire, n'est-ce pas ? »
Hermione acquiesça.
« Mais je désire des baisers. » fit-elle observer.
« Mais c'est supposé être quelque chose que lui ne désire pas faire. »
« Oh. » fit Gabrielle d'une voix innocente. « Dans ce cas, je veux qu'il me fasse l'amour. »
Harry balaya la pièce du regard, tout en se faisant violence pour ne pas éclater de rire. Aimée avait une expression résignée sur son visage, comme si elle s'était attendue à ce que sa fille dise cela. Jean, Ron, et Hermione semblaient s'être lancés dans une compétition visant à déterminer lequel d'entre eux pourrait adopter la plus sombre nuance de rouge. Ce qui était vraiment impressionnant était le fait que Jean semblait en passe de l'emporter, un fait qu'il n'aurait jamais cru possible jusque-là.
« Je vous blâme pour cela, Harry. » grogna Aimée.
« Moi ? »
« Elle n'aurait jamais dit une chose pareille auparavant. »
« Non. » confirma Gabrielle. « Je l'aurais simplement pensée. »
Cette fois, Harry éclata de rire.
« Ne l'encouragez pas, je vous en conjure. » feignit de le supplier Aimée. « Jean n'est pas encore prêt pour cela. »
« Je suis désolée, Papa. » s'excusa Gabrielle. « Je promets de ne plus t'effrayer ainsi à l'avenir. »
Jean grogna et s'affala faiblement contre son fauteuil. « Enfant diabolique. »
« Moi ? » fit mine de s'étonner Gabrielle. « Je suis la seule personne innocente dans cette pièce, que je sache. » fit-elle remarquer.
« Cela dépend de ta définition d'innocence. » murmura Aimée.
« En effet. » renchérit Hermione. « Et avant que cette conversation ne dégénère davantage, je pense que nous devrions commencer. Harry, je désire examiner ton épaule avant tout. »
Harry acquiesça et se leva de son fauteuil. Il étendit sa robe contre le dos du fauteuil, et enleva prestement son tee-shirt.
Hermione s'avança vers Harry et posa doucement ses mains sur l'épaule de Harry avant de les retirer vivement quand Gabrielle gronda dangereusement à son intention.
Gabrielle piqua un fard lorsqu'elle réalisa ce qu'elle venait de faire.
« Je suis désolée. » s'excusa-t-elle profusément. « C'est une réaction automatique au fait de voir quelqu'un poser ses mains sur mon Compagnon. » Elle adressa un regard empreint de mélancolie en direction de Harry. « Plus nous devenons proches émotionnellement, plus il m'est difficile de la contrôler. »
Harry l'observa pendant un long moment avant de hocher lentement la tête. « Agenouille-toi. »
Gabrielle se redressa sur ses genoux, se tourna pour lui faire face et leva les yeux vers lui.
Il se leva, poussa le fauteuil vers l'arrière, et s'agenouilla à son tour en face d'elle, en reposant sur ses chevilles afin que sa tête fût à même hauteur que celle de Gabrielle.
« Continue, Hermione. » l'invita-t-il d'une voix douce avant d'accrocher le Gabrielle de ses yeux verts pénétrants. « Tu n'as nul besoin de t'inquiéter. » lui souffla-t-il dans un murmure. « Lorsque tout ceci sera fini, il n'y aura personne d'autre que toi pour toute ma vie. »
Il avait l'impression qu'il pouvait voir son cœur à travers ses yeux azurs alors qu'elle s'ouvrait à lui, lui laissant avoir un aperçu de son âme. L'expression peinte sur son magnifique visage le frappa au cœur avec force – le désir, la sincérité, la confiance et l'amour absolu qui émanaient de cette seule expression était à couper le souffle.
« J'ai terminé. » lui parvint finalement la voix de Hermione tel un écho lointain. « Gabrielle, est-ce que tu penses que tu pourrais relâcher mon mari ? »
Harry cligna des yeux, brisant le moment unique qu'ils avaient partagé, et lança un regard vers Ron. « Gabrielle. »
Elle battit des paupières à son tour, avant de se mettre à rougir furieusement. « Désolée. » s'excusa-t-elle.
« Aucun problème. » grogna Ron. « Harry, tu me dois un nouveau canapé. »
« Vraiment ? »
« Je vais devoir dormir dedans pendant un mois à présent. » soupira-t-il.
« Je te pardonnerai, pour cette fois. » déclara Hermione d'un ton sec.
« Harry, aviez-vous vos barrières d'Occlumancie activées ? » demanda Jean.
Il secoua sa tête.
« Autant cela me fait de la peine d'avoir à le dire, vous êtes vraiment l'homme qu'il faut à ma fille. » dit Jean avec douceur. « Je n'ai jamais vu une personne n'étant pas Vélane réussir à rester conscient de sa personne ainsi. C'est seulement ma parenté à Gabrielle qui m'a permis de ne pas être Envoûté. »
« Je n'ai pas réalisé qu'elle utilisait son pouvoir de Vélane. »
« C'est parce qu'elle ne l'utilisait pas. » expliqua lentement Aimée. « Mais elle ne le restreignait pas non plus. Il n'était pas focalisé; elle était seulement elle-même. »
Hermione hocha la tête en signe de confirmation. « J'ai observé le flux de magie de Gabrielle tandis que j'examinais ton épaule – c'était exactement ça. »
« C'est ce que j'ai toujours désiré. » déclara Gabrielle d'une voix douce en regardant Harry dans les yeux. « Ce dont j'ai rêvé pendant si longtemps – avoir un Compagnon avec lequel je pourrais être moi-même. »
« C'est exactement ce que je désire aussi. » murmura Harry, et il fut récompensé par un autre sourire lumineux de sa Compagne.
« Très bien. » les interrompit Hermione. « J'aime mon mari en pleine possession de ses moyens, je vous remercie bien. Alors vous deux allez vous rendre dans la chambre et vous préparer. »
« Oui, madame. » sourit Harry en sautant avec aisance sur ses pieds. Il se baissa ensuite pour saisir Gabrielle dans ses bras et la porter jusqu'à la chambre.
Hermione les regarda s'éloigner et fermer la porte derrière eux. Elle échangea un regard avec son mari et le couple plus âgé. « Vous avez pu le sentir aussi, n'est-ce pas ? »
Jean et Aimée opinèrent pour toute réponse.
« Sentir quoi ? » l'interrogea Ron.
« Gabrielle n'était pas la seule à avoir baissé toutes ses défenses. » expliqua Hermione. « Harry était totalement ouvert lui aussi. »
« Ou veux-tu en venir ? »
« J'ai pu percevoir sa magie. Elle est vraiment immense. »
« Oh, je vois. » acquiesça Ron. « Je crois que je vais me mettre à l'Occlumancie. » annonça-t-il d'une voix grave. « Je ne peux pas me permettre de perdre tous mes moyens à chaque fois que Harry et Gabrielle se mettent à roucouler. Si nous voulons continuer à être amis, être envoûté par la Compagne de mon meilleur ami n'est pas une très bonne idée. »
« Je vous apprendrai. » proposa Aimée d'une voix ferme. « Auriez-vous néanmoins l'obligeance d'en toucher un mot à William ? Je pense qu'il pourrait aussi grandement en bénéficier. Il a fait montre d'un certain manque d'alacrité à cette idée la dernière fois que j'y ai fait allusion. »
« Oh, Bill est un Weasley. » dit Ron. « Il faut simplement savoir comment le prendre. »
Jean éclata soudainement de rire. « Vous voulez dire comme par exemple le jeter dans une piscine ? »
« Eh bien, oui, bien que la plupart du temps un ou deux jolis crochets du droit fournissent des résultats plus rapides. Qui donc a jeté Bill dans une piscine ? »
« Harry. »
« Ahh, bien sûr, Harry est un peu trop noble pour lui botter les fesses. Il pense avoir un avantage déloyal. Charlie est probablement le seul d'entre nous qui pourrait avoir une chance contre lui à ce niveau là. »
Hermione se mit à rire. « Eh bien, je ferais mieux d'y aller pour assister à l'opération; j'admets être plutôt curieuse. »
« Bonne chance. » lui souhaita Ron avant de se tourner vers Aimée et Jean. « L'un d'entre vous désire-t-il quelque chose à boire ? »
« Voyons voir si Harry dispose de vin. »
Hermione ouvrit doucement la porte de la chambre de Harry.
Gabrielle était assise à califourchon sur l'estomac de Harry, ses mains graciles parcourant sa poitrine tandis qu'ils s'embrassaient avec tendresse. Elle put aviser les mains de Harry remonter les hanches de la jeune Vélane, et elle se demanda pendant une brève seconde ce que pouvait bien porter Gabrielle au juste sous ce qui semblait être l'une des chemises d'entraînement de Harry.
Pendant un moment, elle ignora résolument la partie de son esprit qui était la meilleure amie de Harry et les observa avec toute l'objectivité dont elle pouvait faire preuve. Ils formaient un couple incroyablement bien assorti tout bien considéré; les cheveux noirs de Harry contrastaient avec la blondeur éclatante de ceux de Gabrielle. Harry était plus grand que Gabrielle, et par cette vertu il aurait dû complètement éclipser la jeune fille à la taille modeste, mais c'était loin d'être le cas. Elle irradiait d'une force de conviction qui lui permettait de se tenir sur un même pied d'égalité que son Compagnon.
Elle toussota légèrement, se sentant soudainement comme une voyeuse assistant à un spectacle qu'elle n'avait aucun droit de regarder.
Gabrielle brisa langoureusement le baiser et leva les yeux vers Hermione. « Lorsque je commencerai la procédure, les défenses de Harry seront complètement désactivées. Garde-toi bien d'esquisser le moindre mouvement brusque vers lui à moins que les choses ne se passent mal. Je serai en complète communion avec ma magie, et je réagirai avec mon pouvoir et celui de Harry si jamais je perçois une menace dirigée contre lui ou moi. Comme tu es une femme, ma magie te considérera sans aucun doute comme une menace. Je protégerai instinctivement mon Compagnon tout comme mes propres intérêts. »
Hermione n'arrivait pas à se prononcer sur ce qu'elle trouvait le plus troublant; la voix calme et posée dans laquelle avait été formulée la menace, la façon dont les mains de Gabrielle n'avaient pas cessé de caresser la poitrine de Harry, ou bien le fait que Harry hochait la tête en signe de confirmation.
« Gabby a raison, Hermione. » dit-il avec douceur. « Je dois lever toutes mes protections pour lui permettre de faire ça, et elle réagira sans y penser à deux fois, avant même que je ne puisse regagner assez de contrôle pour l'arrêter. »
Hermione acquiesça silencieusement et contourna le lit pour s'installer sur un siège situé près d'eux.
Harry entreprit de s'adosser contre le lit, et adressa un regard de consentement à Gabrielle.
La jeune Vélane aux cheveux dorés se rapprocha légèrement de Harry. Hermione pouvait sentir la magie crépiter dans l'air, mais elle s'avisa que ce n'était pas leur cas, concentrés comme ils étaient sur leur tâche. Ils libéraient tous deux une quantité de magie phénoménale, à un point tel que c'en était presque suffoquant. Elle se rendit compte qu'elle pouvait percevoir ce que Gabrielle faisait en observant avec attention le flux de magie à l'œuvre.
Il y eut une accumulation progressive de la magie, suivie d'un pic drastique de magie pure. Elle put entendre Harry grogner de douleur, et elle se fit violence pour s'empêcher de se rapprocher d'eux afin d'y voir mieux, l'avertissement de Gabrielle résonnant encore avec clarté dans son esprit.
Le grognement fit place à un faible cri d'agonie, qui s'arrêta ensuite brusquement. Hermione retint son souffle.
« Shhh, mon amour. » le câlina Gabrielle, en caressant affectueusement son épaule. « Je suis là. Tu n'es pas seul; tu ne seras plus jamais seul. » Elle leva les yeux vers Hermione pendant une seconde et hocha la tête à l'intention de la jeune femme aux cheveux bruns.
Hermione se rapprocha silencieusement, le torse de Harry était couvert de sueur et ses yeux témoignaient avec éloquence de la douleur qu'il venait juste d'endurer.
Gabrielle se coucha sur lui, sa joue contre la sienne, alors qu'elle murmurait avec tendresse dans son oreille. Pour une certaine raison, Hermione était heureuse de ne pas pouvoir entendre ce que Gabrielle murmurait. Elle ne désirait nullement l'entendre par ailleurs, cela semblait être bien trop personnel.
Aussi rapidement et habilement qu'elle le pût, elle lança une série de sorts sur Harry. Comme Gabrielle l'avait assuré, son épaule était parfaite, comme si elle n'avait jamais été détruite et guérie à trois reprises.
La raison de Hermione manqua défaillir lorsqu'elle prit conscience du genre de pouvoir que nécessitait un pareil résultat.
Elle put voir Harry se détendre progressivement alors que l'exténuation se mettait à prendre l'ascendant sur la douleur.
Gabrielle glissa sur le côté, et recouvrit Harry de ses bras afin de l'étreindre tendrement tandis qu'elle fredonnait doucement un air apaisant.
Hermione s'empara du drap qui reposait au pied du lit et les recouvrit tous les deux, avant de quitter la chambre aussi silencieusement que possible, en éteignant les lumières au passage.
De retour dans le salon en compagnie des trois autres, elle se dirigea directement vers la bouteille de vin, s'en versa un grand verre et l'engloutit comme s'il se fut agi d'eau, avant de remplir tout aussi rapidement un autre verre. Ron s'était installé sur le canapé, et elle s'effondra à ses côtés, avant d'adopter une posture avachie en posant ses pieds sur les genoux de son mari.
« C'était aussi terrible que ça ? » interrogea Ron.
« Tu connais la tolérance de Harry à la douleur ? »
Ron opina. « Ridiculement élevée. »
« Je ne l'ai jamais vu souffrir autant. »
« Et il a laissé Gabrielle faire ça ? » s'étrangla presque un Ron effaré.
Elle acquiesça et adressa un regard à Jean et Aimée. « Harry est amoureux de Gabrielle. Il lui fait davantage confiance qu'il ne fait confiance à Ron ou moi. Et pour Harry, la confiance est l'expression suprême de l'amour. »
Ron hocha la tête en signe de confirmation.
« Alors pourquoi est-ce que… » commença Jean avant de se montrer incapable de poursuivre.
« Alors pourquoi est-ce que ma fille est-elle encore vierge ? » reprit Aimée en usant du même ton de voix sec et chirurgical qui lui était coutumier en ces cas-là.
« Corrige-moi si je me trompe. » dit Hermione à Ron. « Je pense que c'est parce qu'il ne croit pas entièrement que Gabrielle agit de sa propre volonté. »
Ron acquiesça. « Je suis certain que Harry pense que l'Union prendra fin un jour ou l'autre, et qu'il se retrouvera de nouveau seul. Pour lui, faire l'amour à Gabrielle équivaut à un engagement à vie, et il ne se résoudra pas à le faire alors qu'il est en proie au doute que Gabrielle le quitte une fois qu'elle sera guérie du sort qui la gouverne. »
« Comment peut-on le persuader que l'amour de Gabrielle est sincère ? »
Hermione leva les yeux vers son mari. « Il faut que je trouve un moyen de bloquer le Lien – pas le détruire, mais simplement leur permettre d'interagir sans lui. »
Ron lui renvoya un regard neutre. « Que prévois-tu de faire ? »
Elle prit une profonde inspiration. « Je vais trouver quelque chose, puis je le leur présenterai à tous les deux tout en leur expliquant pourquoi je l'ai cherché, et je leur laisserai le soin de décider s'ils désirent le faire ou pas. »
Ron lui lança un sourire empreint de chaleur, d'une façon qui lui rappela une fois de plus pourquoi elle l'avait épousé, en dépit de leurs chamailleries incessantes quand ils étaient plus jeunes. Il avait mûri, et sous ces mesures de défense que représentait son apparence puérile se trouvait un homme digne de son amour. Il hocha la tête avec approbation.
« Bonne idée. » commenta-t-il simplement.
« Je suis d'accord. » approuva à son tour Jean. « Que font-ils à présent ? »
« Ils dorment, ou pour être plus précise, Harry dort; Gabrielle le veille. Cela lui a demandé beaucoup d'énergie. »
« Ai-je envie de savoir ce qui s'est passé ? » demanda Ron.
« Lorsque nous avons reconstruit l'épaule de Harry la dernière fois, nous avons remplacé l'os, mais nous avons dû attendre que le tendon, les ligaments et les muscles se rattachent correctement d'eux-mêmes – et l'os que nous avons utilisé pour l'opération n'était pas aussi robuste que l'original. Gabrielle est allée plus loin, elle a détruit l'os, les muscles, enfin tout, et a recréé une épaule entièrement neuve. » Elle marqua une pause et prit une autre gorgée de vin. « Cela a nécessité à cinq des meilleurs guérisseurs spécialisés dans la reconstruction presque douze heures de travail pour réaliser quelque chose de moindre à ce qu'elle est parvenue à faire en deux minutes. Je n'ai même pas envie de penser à la quantité de pouvoir que possède Harry en lui. »
« Ouch. » s'exclama Jean.
« Mon opinion aussi. » acquiesça Hermione.
Jean eut un léger sourire. « Eh bien, pourquoi ne retournerions-nous pas à notre appartement pour une collation bien méritée quoique tardive ? »
Ron lui renvoya son sourire. « Ce serait parfait. »
« A une condition, cependant. » déclara Aimée d'une voix ferme.
« Oh, vraiment ? Et quelle est-elle, je vous prie ? » s'enquit Jean, les sourcils haussés.
« Pas de politique ! » s'exclamèrent à l'unisson Hermione et Aimée.
« Nerveux ? » s'enquit Harry alors qu'il balayait du regard le vestiaire.
Sans la moindre hésitation, chacune des têtes qui se trouvaient en face de lui opinèrent.
« Cela ne va pas aller en s'améliorant. » déclara-t-il avec un sourire matois.
« Merci bien. » dit sèchement Claude. « C'est exactement ce qu'on avait besoin d'entendre. »
« Plus sérieusement, soyez attentifs une seconde. » dit Harry en s'accroupissant devant eux. « Vous méritez tous d'être ici et jouer. Lorsque vous sortirez, la foule va rugir, mais vous devrez les ignorer et prétendre qu'ils ne sont pas là. Si vous passez votre temps à regarder la foule, vous allez manquer le match.
« Claude, Anton, vous devez vous souvenir de ce que Fred et George vous ont enseigné; protégez Gabrielle quand vous le pouvez, essayez d'éliminer leur Attrapeur, et ne jetez pas toutes vos forces sur chaque Cognard à votre portée – un Cognard frappé avec précision est bien préférable à dix ratés.
« Henri, souviens-toi des conseils d'Olivier. Ne t'éloigne pas de tes anneaux, je veux voir ton nom inscrit sur chacun d'entre eux lorsque le match sera terminé, entendu ? »
« Entendu. » acquiesça faiblement Henri.
« Je ne t'ai pas entendu. » dit Harry. « Regarde-moi. »
Henri leva les yeux, de la peur visible dans son regard.
« La foule ne signifie rien. » déclara intensément Harry, en se positionnant devant lui. « Tout ce qui importe est le Souaffle, et le fait de le garder en dehors de tes anneaux. Tu l'as fait à l'entraînement, tu as arrêté les tirs de certains des meilleurs professionnels du monde; tu peux le faire contre Durmstrang, je peux te l'assurer ! A présent, que vas-tu faire ? »
« M'approprier ces anneaux ! » s'écria sauvagement Henri.
« Voilà ce que je veux entendre ! » sourit Harry, puis il se tourna vers les Poursuiveurs. « Prenez soin les uns des autres, essayez d'attaquer ensemble, et ne soyez pas égoïstes. C'est un sport d'équipe, et le travail collectif est ce qui marque la différence entre la victoire et la défaite. »
« Ils sont meilleurs que nous, cependant. » fit remarquer Frédérique Girard. « Ils ont déjà disputé des compétitions, contrairement à nous. »
« Vous avez joué contre nous. » fit valoir Harry, « et vous avez relevé le défi. Mais vous ne jouez pas contre des professionnels cette fois; vous jouez contre vos pairs. Certes ils ont déjà connu ce genre de moment, mais vous n'avez rien à craindre, je vous l'assure. Si vous pouvez nous contenir, vous pouvez les battre. »
« Et si nous ne marquons pas assez ? » s'enquit nerveusement Nicolas Blanc.
Harry ravala la première réponse qui lui vint à l'esprit en s'avisant que faire preuve de sarcasme ne serait probablement pas une bonne solution à ce stade. « Votre travail est de faire en sorte que le score soit le plus serré possible; ce sera le travail de Gabrielle de nous apporter la victoire. »
Les Batteurs et les Poursuiveurs sourirent et hochèrent doucement la tête. Apprendre que toute la pression reposait sur une toute autre personne qu'eux semblait les rasséréner considérablement.
« Est-ce que je peux avoir mes encouragements ? » demanda Gabrielle d'une petite voix.
Il s'avança vers elle mais ne proféra pas un mot; il se contenta de plonger son regard dans le sien tout en se concentrant sur le Lien. Bien que les élèves fussent au courant de leur relation, il ne traitait d'ordinaire pas Gabrielle différemment lorsqu'il était dans ses fonctions de Professeur, mais c'était une occasion spéciale.
« Tu ne me décevras pas. » déclara-t-il doucement, alors qu'il envoyait une vague de fierté et d'assurance à travers le Lien.
Le dos de Gabrielle sembla se raidir et elle se tourna vers les six autres joueurs. « Prêts à prouver que nous méritons d'être ici, et que nous allons repartir avec le trophée ? » s'exclama-t-elle.
Les autres hochèrent vigoureusement la tête dans un parfait ensemble.
Gabrielle prit une profonde inspiration et tendit le bras au milieu du cercle qu'ils formaient.
Harry se contenta d'observer tandis Claude se tournait vers Gabrielle, une lueur interrogative dans son regard.
« Nous sommes une équipe. » déclara-t-elle d'un ton résolu. « C'est ainsi que font les équipes. »
Les yeux de Claude se levèrent vivement vers Harry qui opina du chef.
Lentement, le garçon tendit son bras et saisit la main de Gabrielle. Bien vite, les autres en firent de même. « Allons leur botter les fesses ! »
« Beauxbâtons ! » rugirent les six garçons dans une acclamation tonitruante.
Harry sourit en les voyant crier leur peur, se débarrasser de leur nervosité et se préparer mentalement pour le combat.
« Allez-y. » leur instruisit-il. « Je serai sur le banc de l'entraîneur du côté du lac. »
Les garçons rugirent de nouveau et sautèrent sur leurs balais pour s'envoler à travers la porte, laissant Gabrielle derrière.
Il fit quelques pas en avant et effleura l'épaule de la jeune Vélane. « Je suis si fier de toi. » déclara-t-il, en la regardant dans les yeux. « Joue de ton mieux, et même si tu ne gagnes pas, je serai quand même fier de toi, de ce que tu viens juste de faire, et de l'ardeur que tu as mise dans ton travail. »
« Est-ce que je peux avoir un baiser comme porte-bonheur ? »
Il se pencha vers elle et l'embrassa avec passion. « A présent, va m'attraper ce fichu Vif d'Or. » Il l'avait formulé comme une plaisanterie, mais il put voir dans son regard qu'elle avait choisi de le prendre comme un ordre.
La seconde suivante elle était partie, volant telle une bourrasque à travers la porte. Il la suivit à pied, souriant en entendant le mugissement familier de centaines de milliers de fans criant et vociférant à qui mieux mieux.
Son sourire s'élargit lorsqu'il perçut une voix familière s'élever à travers le stade. Il n'avait pas la moindre idée de la façon dont ils étaient parvenus à arranger le retour de Lee Jordan, mais cela ne l'en rendait pas moins heureux pour autant. Il semblait y avoir une certaine ressemblance entre cette situation et certaines de celles qu'il avait vécues en tant qu'élève, qu'il trouvait fort réjouissant.
« Mesdames et messieurs, Sorcières et Sorciers, Honorables et moins Honorables invités, Professeurs, et touffe de cheveux graisseux, bienvenue au premier match de ce Tournoi de Quidditch international tant attendu. »
« Vêtus de bleu, je vous présente l'Académie de Magie de Beauxbâtons. Il doit être fait mention qu'au début de l'année ils n'avaient même pas d'équipe de Quidditch à proprement parler. Toutefois, cela a rapidement changé lorsqu'une opportunité fortuite s'est présentée à eux. Harry Potter, l'un des trois meilleurs joueurs de Quidditch au monde a accepté de prendre en main leur tout nouveau projet de Quidditch scolaire. Nous allons donc voir si Potter est un Professeur aussi inspiré qu'il l'est en tant que joueur, et pourfendeur de Seigneurs des Ténèbres.
« En rouge, nous avons l'équipe de l'Institut de Durmstrang, menée par le Professeur Voltier, et assistée par Viktor Krum, leur ancien élève le plus renommé et un autre des trois meilleurs joueurs de Quidditch mondial.
« Sur une note personnelle, permettez-moi seulement de dire à quel point je suis heureux d'être de retour à Poudlard, à commenter de nouveau un match de Quidditch. Cependant, contrairement aux fois précédentes, je ne suis plus un élève de cette école, et ne peux par conséquent plus être menacé de retenues ou autre retraits de points. »
Il y eut un silence, avant que Lee ne reprenne d'une voix proprement choquée. « Vous allez me faire quoi ? » suivi d'un, « Etes-vous-même habilitée à faire ça ? »
« Comme je le disais, » poursuivit Lee d'une voix légèrement moins enthousiaste, « le Professeur McGonagall s'assurera, avec l'aide de certains des plus vils maléfices connus de l'homme, que je ne fasse pas preuve d'excès de zèle. »
La partie Anglaise de la foule rugit de rire à cela, nombre d'entre eux se remémorant avec clarté les commentaires exubérants de Lee et la façon dont le Professeur de Métamorphose s'efforçait à chaque match de le réfréner dans ses ardeurs afin qu'il restât neutre dans son rôle de commentateur.
« Rolanda Bibine qui a gracieusement accepté de sortir de sa retraite pour arbitrer ce match fait signe aux capitaines de venir la rejoindre au centre du terrain.
« La sublime blonde en bleu qui s'avance est Gabrielle Delacour, la fille de Jean-Sébastien Delacour, dont nous nous souvenons tous pour avoir été à la tête des Aurors Français lors de la Bataille Finale, durant la guerre.
« Le garçon au crâne rasé en tunique rouge est Gunther Stradivis, le Gardien de Durmstrang, qui selon les rumeurs, est pressenti pour rejoindre Viktor Krum dans le championnat Professionnel l'année prochaine. »
Il y eut un énorme rugissement d'excitation de la foule lors que le match commença finalement.
« Et Durmstrang a le Souaffle, le faisant circuler avec l'aisance témoignant d'une grande expérience. Ils s'avancent résolument dans le camp adverse, se débarrassant facilement des Poursuiveurs de Beauxbâtons.
« Eric Ernhand se détend pour tirer…et qu'est-ce que c'est que ça ? » La voix de Lee sembla devenir plus intense et plus aigue. « Dans un geste qui n'a plus été vu depuis la finale de la Coupe du Monde, Gabrielle Delacour fait étalage du genre d'entraînement que lui a dispensé Potter en brisant l'attaque de Durmstrang ! »
« Frédérique Girard récupère le Souffle, les quatre batteurs semblent être engagés dans une lutte féroce et se renvoient sans discontinuer les Cognards. Il passe à Nicolas Blanc, qui tire, mais Stradivis l'arrête facilement, et initie instantanément une contre-attaque contre Beauxbâtons. »
« Durmstrang part à l'assaut des anneaux adversaires, et tire, oh, dommage pour Henri qui est presque parvenu à l'arrêter. L'Attrapeur de Durmstrang semble se contenter de suivre Delacour; je ne sais pas si c'est là sa stratégie, ou s'il espère trouver une opportunité pour lui demander de sortir avec lui. »
« Jordan ! » résonna la voix de McGonagall dans le stade entier, au plus grand amusement de la majeure partie de la foule.
« Euh,c'est vrai, désolé professeur. » s'excusa Lee. « Reprenons. Beauxbâtons attaque à son tour, et grâce à un joli tir, ils parviennent à marquer leurs premiers points dans cette Compétition Internationale.
Harry observait le match avec intensité, tout en réalisant qu'il préférait de loin être acteur que simple spectateur. C'était bien pire de ne pas être en mesure d'avoir une influence directe dans le jeu.
Son cœur battait à tout rompre comme s'il était en plein milieu d'une course de vitesse, et il avait l'impression qu'il suait bien davantage que s'il avait été dans les airs à jouer.
Il éprouva un élan de respect appréciatif pour ce que devaient endurer les entraîneurs professionnels, tout en comprenant finalement pourquoi le sien avait déjà contracté deux attaques cardiaques à l'âge de cinquante-sept ans.
Ils avaient désespérément besoin d'attraper le Vif d'or. Malgré toute l'ardeur avec laquelle ils combattaient, ils étaient lentement en train de perdre du terrain et se faire submerger par les joueurs beaucoup plus expérimentés de Durmstrang.
Ils accusaient présentement un retard de cent dix points sur leurs adversaires, et l'écart ne faisait que s'élargir au fil des minutes.
« Avec un score de deux cents à quatre-vingt-dix, le match semble joué d'avance…et il semblerait que j'ai parlé trop vite car les Attrapeurs viennent juste de lancer leur balai à pleine vitesse, ayant tout deux aperçus le Vif d'Or qui vient d'apparaître à l'autre extrémité du terrain.
« Les deux Attrapeurs sont au coude à coude, et on peut voir par leur posture respective l'influence des joueurs professionnels qui les ont entraînés. Delacour est davantage abaissée, plus accroupie sur son manche, dans la posture fétiche de Potter, alors que Stradivis fait usage de sa force pour rester parfaitement droit sur son balai, dans une posture qui rappelle celle de Krum.
« Ils se trouvent à vingt mètres du Vif, plus que dix, cinq… » La foule émit un grognement de déception alors que Lee s'écriait, « et le Vif d'Or change brusquement de direction et se trouve à présent derrière eux. Stradivis se lance dans une vrille inversée, mais Delacour continue sa course en direction des anneaux gardés par Beauxbâtons.
« Par la culotte de Merlin, un Potter-Flip ! C'est un Potter-Flip ! Potter lui a vraiment appris tous les morceaux de son répertoire, et Delacour jaillit à une vitesse folle à travers le terrain pour laisser Stradivis en rade et s'emparer du Vif d'Or. Beauxbâtons l'emporte ! Beauxbâtons remporte ce premier match ! »
Harry se retrouva à acclamer et applaudir avec le reste de la foule tandis que ses élèves atterrissaient devant lui. Une seconde plus tard, il se trouvait sous une pile de six garçons Français, qui extatiques, lui avait sauté dessus, l'un après l'autre.
Avec l'aide secourable de sa magie, il parvint à les repousser tous afin de pouvoir se relever, et entreprit de féliciter chacun d'entre eux personnellement, tout en prenant soin de leur accorder à tous exactement la même durée de temps, Gabrielle y compris.
« Allez donc saluer la foule, à présent. » leur instruisit-il, en indiquant la partie Française des tribunes, où la foule en délire ne se tenait littéralement plus de joie. « Vous l'avez fait, vous avez joué avec vos forces, avec toute l'ardeur dont vous étiez capables, alors délectez-vous à présent de cette victoire. Souvenez-vous de ce sentiment qui parcourt vos êtres; rappelez-vous ce que vous ressentez aujourd'hui, pour que la prochaine fois, vous travailliez encore plus dur afin de pouvoir le ressentir à nouveau. »
Les sept visages qui se trouvaient devant lui arboraient d'immenses sourires en l'écoutant, avant de se tourner pour aller faire un tour d'honneur et saluer la foule.
Harry traversa ensuite le terrain pour aller serrer la main de l'infortuné Professeur de Vol de Durmstrang et lui offrir ses sincères condoléances. « Viktor ! » s'écria-t-il à l'intention de l'Attrapeur Bulgare.
« Potterr ? »
« Je veux que vous battiez Poudlard, et nous vous retrouverons ainsi en finale pour la revanche ! »
Viktor lui adressa un large sourire et hocha la tête en guise de promesse muette qu'il lui faisait ainsi.
Harry retourna ensuite aux Vestiaires, qui était à présent envahi par les élèves de Beauxbâtons et leurs professeurs, et qui n'était pas sans rappeler le Vestiaire des Cannons après avoir remporté un titre majeur.
Il esquissa un sourire, et s'adossa contre le mur pour apprécier discrètement le spectacle d'euphorie générale qui prenait place sous ses yeux.
« Félicitations, Harry. » le congratula Olympe en se joignant à lui.
« Ce sont eux qui ont fait tout le travail. » déclara-t-il.
« Vous êtes celui qui leur a tout enseigné, Harry; vous êtes la personne qui leur a insufflé l'espoir qu'ils pouvaient réaliser cet exploit, et sur le terrain, ils ont joué pour vous plutôt que pour Beauxbâtons. »
« Oh non. » contredit fermement Harry. « Ils ont joué pour leur pays aussi bien que pour leur école. »
« Pas tous. » releva Olympe dans un léger bruissement de voix.
Son regard distingua Gabrielle parmi la foule avec aisance; elle était un océan de sérénité au milieu de la tempête extatique que représentaient les autres élèves, et pendant une brève seconde, son regard croisa le sien.
« Non. » murmura à son tour Harry. «Pas tous. »
Gabrielle acheva finalement de sécher ses cheveux et jeta un coup d'œil à sa montre. Elle s'était accordée beaucoup de temps sous la douche, le mettant à bon escient afin de se détendre et se remettre des efforts qu'elle avait fournis au cours du match. Simone lui avait tenu compagnie, mais dès que Gabrielle eût terminé, elle était partie se joindre à la fête qui avait été organisée pour célébrer leur victoire.
Gabrielle eut un léger sourire; la seule fête à laquelle elle désirait participer impliquait de se retrouver le plus loin possible de la foule, seule avec Harry; une fête dont le seul mot d'ordre inclurait l'état de dénudement le plus avancé qu'il lui serait possible d'adopter.
Elle coula un dernier regard en direction de son miroir, puis elle sortit de la pièce pour s'en retourner à Beauxbâtons.
Son esprit était tellement focalisé sur l'incroyable sentiment de chaleur qu'elle éprouvait et dont l'origine provenait du fait que son Compagnon était fier d'elle, qu'elle ne remarqua pas la silhouette se découper dans les ténèbres croissantes de la soirée.
« Beau match. »
Gabrielle manqua trébucher sous le coup de la surprise et leva les yeux vers son interlocuteur. « Merci. » répondit-elle poliment.
« Je dois avouer que j'ai été très impressionné. » déclara l'homme, en rabaissant le capuchon de sa cape qui recouvrait jusque-là ses traits.
« Je vous remercie, Professeur Malefoy. » dit-elle avec froideur.
Drago Malefoy esquissa un sourire et elle dut se faire violence pour conserver une expression polie sur son visage. Elle pouvait voir qu'il la trouvait attirante, et cette seule pensée la rendait nauséeuse. Son Compagnon ne détestait pas grand monde; à vrai dire, il ne haïssait pratiquement personne, mais la créature qui se trouvait devant elle faisait partie des rares individus qu'il détestait avec passion et par procuration, Gabrielle le détesta sur le champ.
« Il est rare de rencontrer une personne aussi jeune et belle qui soit également tout aussi douée. » dit Drago, d'une voix suave qu'elle présumait être son idée d'un ton charmeur.
« Merci. » répéta-t-elle succinctement pour la troisième fois, en espérant qu'il finirait par s'en aller si elle continuait de marcher; malheureusement pour elle, il se borna à lui emboîter le pas.
« Je comprends la pression que vous avez à endurer. » poursuivit-il.
« Vraiment ? » dit-elle une fois encore par pure politesse, en se gardant bien de faire allusion au fait que la famille Malefoy était une famille de suprématistes du Sang-pur, et que du fait de leurs idéologies racistes, son propre père avait été amené à combattre le sien durant la guerre.
« Oh oui. » continua avec emphase Drago. « Le Manoir Malefoy est une des merveilles de l'Angleterre, un endroit des plus remarquables si je puis dire, qui possède une noble histoire et regorge de richesses. »
Elle avait peine à croire qu'il tentait réellement de l'amadouer. Qui plus est avec des histoires de richesses, comme si la richesse eut pu l'impressionner, elle, une Delacour, issue d'une des familles les plus riches de France – tout particulièrement quand toutes ces considérations matérielles ne valaient rien comparées aux actes et à la personnalité d'un individu. Elle espérait ardemment qu'il n'allait pas s'aventurer ensuite sur le Quidditch.
« Bien sûr, » enchérit Drago, « j'étais aussi le meilleur joueur de Quidditch en mon temps; j'ai même battu Potter à plusieurs reprises lorsque nous étions élèves. J'aurais pu devenir professionnel, mais n'ayant nul besoin de gagner ma vie, j'ai décidé que mon temps serait bien mieux employé à aider les autres. »
« Comme c'est noble de votre part. » commenta-t-elle en réussissant à maintenir un ton neutre par la force seule de sa volonté. Elle avait décortiqué avec attention chacun des matches que Harry avait joués, y compris son unique défaite à Poudlard, et le mensonge grossier qu'il avait formulé en était presque fascinant tant il était un modèle de bassesse et d'ignominie. « Ce fut un plaisir de parler avec vous. » déclara-t-elle, alors qu'elle se tournait vers les grilles salvatrices de son école.
« Attendez. » l'interrompit Drago en la saisissant par l'épaule.
Elle se pétrifia et déglutit avec difficulté alors que de violentes vagues de nausée suscitées par son toucher s'écrasaient impitoyablement dans tout son être. « Je vous prie de bien vouloir retirer votre main de mon épaule. » parvint-elle finalement à prononcer, le souffle court.
« Détends-toi. » susurra Drago en se mettant à la tutoyer avec camaraderie. « Il n'y a que nous deux. Pourquoi n'irions-nous pas à Pré-au-lard pour apprendre à nous connaître un peu mieux ? Je suis un professeur, cela ne gênera personne. »
« Retirez votre main de votre épaule, s'il-vous-plaît. » répéta-t-elle à travers ses dents serrées. Elle pouvait ressentir sa concupiscence, ce qu'il désirait faire avec elle, comment il voulait user d'elle, et elle sentit la bile monter à sa gorge. Plus le contact se prolongeait, plus elle percevait ses désirs les plus inavouables. Elle se sentit souillée par la noirceur de son âme.
« Allez, viens » la pressa Drago avec ce qu'il pensait manifestement être un sourire charmeur. « Ce sera amusant. » son autre main se leva et se dirigea vers son visage.
« Quelle merveilleuse idée. » souffla Gabrielle; elle réagit de façon instinctive à la menace et au supplice qu'il lui causait. Elle laissa libre cours à ses pouvoirs de Vélane.
Le visage pâle de Drago adopta instantanément une expression abrutie.
« Enlève ta main de mon épaule. » ordonna-t-elle.
Il hocha la tête et obtempéra sur le champ.
« Veux-tu bien me faire une faveur ? » demanda-t-elle.
Il opina de nouveau, avec enthousiasme cette fois.
« Cours à toute vitesse te heurter contre cet arbre. »
« Tout ce que vous voudrez. » souffla Drago d'une voix absente, avant de se retourner et de se mettre à courir dans la direction qu'elle lui avait indiquée.
Elle s'effondra sur ses genoux lorsque les effets de l'adrénaline cessèrent d'agir sur son organisme, et son estomac se souleva violemment.
« Gabrielle, que se passe-t-il ? » demanda soudainement la voix de Harry.
Elle n'avait aucune idée de la raison expliquant sa présence, ni même comment il était parvenu là; elle se contenta seulement de se jeter dans ses bras en pleurant à chaudes larmes. « Il m'a touché ! Il m'a touché, et il ne voulait pas me relâcher ! » sanglota-t-elle.
« Qui a fait ça? » gronda Harry alors qu'elle percevait à travers leur Lien une montée de rage et de colère telle qu'elle n'en avait jamais ressentie depuis qu'elle s'était Liée à lui.
« Lui. » dit-elle, en pointant du doigt un Drago qui se dirigeait au pas de course vers la cible qu'on lui avait indiquée. Elle détourna le regard, et avec un bruit mat, Malefoy heurta l'arbre et rebondit contre ce dernier. Il fut inconscient avant même d'avoir touché le sol.
« Quittons cet endroit. » lança Harry dans un grondement sourd, son corps tremblant de rage contenue et ils disparurent silencieusement dans la quiétude de la nuit, en délaissant l'héritier de la dynastie Malefoy ou du moins ce qu'il en restait, sans connaissance et saignant profusément sur l'herbe du Parc de Poudlard.
NdA : Je suis enfin venu à bout de cet horrible, terrible et interminable chapitre qui m'a fait bien des misères je dois l'avouer. Et en plus c'est le plus long de l'historie jusqu'à présent ! Allez Bierraubeurre pour tous pour fêter ça !
Je dois avouer que je n'ai jamais eu autant de difficultés à…commencer un chapitre que celui-là. Le problème que j'ai rencontré concernait l'accent de Krum dont je ne me souviens absolument plus. Et comme il entrait en jeu dès le début du chapitre j'ai repoussé l'écriture de ce chapitre en attendant de remettre la main sur mon tome 4 pour pouvoir reproduire fidèlement son accent. Inutile de vous dire que je cherche toujours ce volume qui est porté disparu depuis le jour fatidique où j'ai eu la malencontreuse idée de le faire disparaître sous mes cours de physique et d'algo. Et comme je n'ai rien trouvé sur internet, j'ai repoussé encore et toujours ce chapitre, jusqu'à ce qu'il ne me soit plus possible de me défiler et que la mort dans l'âme je me résolve à écrire un simulacre d'accent bulgare à coup de 'r' hasardeusement roulés.
Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me fendait le cœur de ne pas pouvoir faire un rendu fidèle du personnage de Krum. Alors si une bonne âme aurait l'obligeance de me rappeler l'accent de ce bon vieux Viktor je lui en serais bien obligé (juste en me citant certaines de ses répliques ça me suffirait amplement). A vot' bon cœur m'dames et m'sieurs !
Quoi qu'il en soit j'espère au moins que vous êtes satisfaits de ce chapitre !
Note importante à propos de la fanfic Spolié :
Pour ce qui est de la fanfiction Spolié que j'ai publiée en janvier, je suppose que bon nombre d'entre vous aura remarqué qu'elle a inexplicablement disparue de mon profil. Et que par conséquent, vous ne pouvez plus y avoir accès. L'explication est plutôt simple : les administrateurs l'ont tout bonnement supprimée par erreur (enfin je dis plus ça pour être gentil et ne pas les accaparer qu'autre chose).Je leur ai donc envoyé un (très long) mail suite à quoi ils ont pris note de leur erreur et ont entrepris de restaurer l'histoire. Mais comme nous jouons de malchance, il semble qu'il y ait un problème dans ce fameux processus de restauration (c'est qu'ils n'ont pas l'habitude de remettre des histoires qu'ils suppriment, allez savoir pourquoi !). En bref, ils sont actuellement en train de voir où est le problème pour éventuellement restaurer l'histoire. Rassurez-vous, si cela prend trop de temps, je republierai de nouveau les trois chapitres supprimés avec le nouveau chapitre en prime d'ici au week-end prochain.
Prochaine parution : C'est reparti pour les Parfaits Serpentards qui rentrent en troisième année ! Que va-t-il donc se passer cette fois-ci ? Qui sera donc la prochaine victime de Harry et Mercredi ? Début de réponse la semaine prochaine dans la première partie des Chroniques de la Troisième année !
