Espoir
Avertissement:J.K. Rowling est une déesse et tous les personnages lui appartiennent. L'auteur de cette fanfiction est Jeconais, que je remercie pour m'avoir accordé les droits de publication en français
Note de lecture: - Les mots soulignés et en italique sont en français dans le texte. Les mots seulement en italique représentent seulement des inflexions de voix lorsqu'un personnage parle (pour marquer l'insistance par exemple).
Chapitre 13 : Londres
Harry esquissa un petit sourire en assistant à la liesse générale qui s'était emparée de l'équipe de Beauxbâtons ainsi que de tous ceux qui la soutenaient, tandis qu'ils célébraient avec effusion leur victoire récemment acquise. Il ne faisait nul doute dans son esprit qu'ils avaient été favorisés par la chance, et que sans Gabrielle le résultat eut été tout autre, mais pour cette nuit, ils méritaient amplement de savourer leur mémorable résultat.
C'était d'ailleurs dommage que la joueuse vedette ne fût pas encore là. Il devait s'avouer qu'il était impatient de la voir arriver, non pas en raison de la relation qu'ils entretenaient, mais parce que ce serait la première occasion qu'il lui serait donnée de la voir au centre de l'attention générale pour un exploit dont elle était la cause première. Certes, il avait été témoin de la façon dont elle avait géré les réactions que son apparence avait suscité parmi les Moldus, mais cela était quelque chose de bien différent. Ce serait bien la première fois qu'il la verrait aux prises avec le même genre de pression qu'il lui fallait endurer à chaque fois qu'il s'affichait en public.
Bien sûr, il était plus que prêt à la secourir si le besoin s'en faisait sentir. Il n'avait aucune intention de la jeter à nouveau en pâture aux lions, et il n'hésiterait en aucune façon à user du jeune âge de Gabrielle comme prétexte pour la soustraire à la foule inquisitrice si la nécessité l'imposait.
Un léger mal de tête commença à poindre d'un air insidieux accompagné d'un vague sentiment de malaise qu'il ne s'expliquait pas.
« Harry ? »
« Olympe. » répondit Harry avec un sourire avenant. « J'ose espérer que vous me réserverez une danse ce soir. »
« Une danse ? » répéta Olympe en feignant l'étonnement le plus complet. « Vous ne voyez donc aucun inconvénient à être le plus petit des partenaires ? »
« Pour une lady aussi belle que vous… » sourit Harry d'un air madré, en laissant délibérément sa phrase en suspens.
« Oh taisez-vous donc, vil flatteur. » gloussa Olympe tout en lui administrant ce qu'elle pensait probablement être une légère bourrade. Cela exigea à Harry de mobiliser toutes ses forces pour empêcher son corps d'être sommairement projeté à travers la salle.
« Minauderies à part, » poursuivit Olympe d'un ton joyeux, « je viens vous informer que je vous ai fait une faveur. »
« Vraiment ? » s'enquit Harry avec prudence.
« Je me suis arrangée avec Albus et Picup pour que soit organisé un bal costumé avant le match final. Vous serez en mesure de danser avec Gabrielle et passer une soirée plaisante – sans que personne ne puisse vous reconnaître. »
« Voilà qui me semble prometteur. » admit Harry en adressant un sourire sincère à la Directrice. Il était plus que certain de pouvoir dégotter un déguisement adéquat pour Gabrielle et lui à cet effet.
« A présent, si vous voulez bien m'excuser, il me faut circuler parmi les officiels. » déclara Olympe.
« Merci. »
« Mais tout le plaisir est pour moi, Harry. »
Harry regarda la demi-géante se frayer avec aise un chemin parmi la foule d'élèves pour rejoindre d'autres professeurs à l'autre bout de la salle. Surplombant la salle telles des feux follets, des milliers de bougies encastrées dans des chandeliers de cristal tournoyaient doucement, illuminant la vaste pièce de leurs feux ocre en une multitude de motifs éblouissants qui ne firent qu'accroire davantage encore son horrible migraine.
« Tu es en train de perdre ton sourire. » observa Ron, en s'approchant de lui deux verres de vin dans ses mains. Il offrit l'un des verres à Harry. « C'est un des millésimes de Jean, » poursuivit-il, « tu sais donc à quel point il est fameux. »
« Gabrielle est en retard; Simone est arrivée il y a de cela quelques minutes déjà. »
« Vraiment? Je ne m'en étais pas rendu compte. »
Harry ouvrit la bouche pour lui répondre mais la referma bien vite quand un sentiment subit de dégoût parcourut son corps. Le verre de vin échappa à ses doigts soudainement devenus gourds et se brisa sur le sol en bois poli.
« Harry? »
« C'est Gabby. » parvint à formuler Harry le souffle coupé, alors que le dégoût qui l'assaillait augmentait en intensité, avant de se transformer en une nausée si intense qu'il dut se faire violence pour s'empêcher de vomir. « Demande à Jean et Aimée de se rendre à mes appartements. »
« Où est-ce que tu vas? » s'enquit Ron d'un ton inquiet.
« Auprès d'elle. » coassa-t-il tandis qu'il fermait les yeux et se forçait à transplaner au lieu où elle se trouvait. Il utilisa le Lien comme point focal de son transplanage et dans son état troublé ignora complètement les Champs de Protection de Poudlard qui tentèrent de l'arrêter.
Il arriva et tomba sur ses genoux à côté d'elle. « Gabrielle, que se passe-t-il? » s'enquit-il avec alarme.
Gabrielle se retourna et se jeta dans ses bras, le visage baigné de larmes et pleurant d'une façon presque hystérique. « Il m'a touchée! Il m'a touchée, et il ne voulait pas me relâcher! » sanglota-t-elle.
« Qui a fait ça? » gronda-t-il, en faisant instinctivement appel à sa magie, prêt à frapper.
« Lui. » fit-elle en pointant du doigt devant elle.
Il suivit du regard le doigt tendu et aperçut la silhouette très distinctive de Drago Malefoy se ruer à toute vitesse contre un arbre voisin. Il hocha la tête pour lui-même pendant un instant; au moins il n'aurait pas besoin de s'occuper de Malefoy pour le moment. « Allons-nous-en d'ici. » lui murmura-t-il d'une voix douce avant de les transplaner tous deux jusqu'à ses appartements.
Jean, Aimée, Ron et Aimée les y attendaient déjà, bien que le fait qu'ils parussent tous légèrement hors d'haleine indiquait qu'ils venaient tout juste d'arriver en toute hâte.
« Que s'est-il passé? » s'enquit Jean le front soucieux.
« Elle a été abordée par Malefoy. » gronda Harry d'un ton venimeux, tout en se faisant violence pour ne pas laisser Gabrielle aux bons soins de ses parents afin d'aller retourner finir ce qu'elle avait commencé. « Mais elle s'est occupée de lui. » Il la guida avec douceur vers un des fauteuils qui trônaient au coin du feu et avec un geste vague de sa main, l'agrandit afin qu'ils pussent s'y installer tous les deux.
« Comment? » demanda à son tour Hermione d'un air hésitant.
« Elle a utilisé son pouvoir de Vélane pour lui ordonner d'aller se heurter contre un arbre. »
« Excellent. » apprécia Ron avec une satisfaction féroce.
« Que s'est-il réellement passé? » demanda Aimée à Gabrielle d'une voix douce.
« I-i-il m'a touchée ! Il m'a touchée ! » éclata en sanglots cette dernière en enfouissant son visage contre le cou de Harry.
« Harry. » intervint Jean, le front davantage plissé qu'auparavant. « Il faut que vous la sortiez de son état d'hystérie. Cette histoire pourrait avoir de sérieuses répercussions. Tout particulièrement si Malefoy est blessé. »
Harry acquiesça d'un bref hochement de tête et tendit sa main pour lever délicatement le menton de Gabrielle afin qu'elle puisse le regarder dans les yeux. Un léger sourire aux lèvres, il plongea dans son esprit et en extirpa un fantasme, une vision, le produit d'innombrables nuits solitaires au cours de ses tournées de Quidditch, qu'il adressa à l'esprit de la jeune Vélane.
Les yeux de Gabrielle s'écarquillèrent pendant une fraction de seconde, ses pupilles se dilatèrent, et sa respiration s'emballa drastiquement.
« C'est promis? » demanda-t-elle dans un souffle presque inaudible.
Il opina du chef sans hésiter.
Elle lui adressa alors un sourire radieux et retourna son attention vers sa famille, tout en utilisant ses pouvoirs de Vélane presque distraitement afin de réparer les dommages que ses larmes et sa détresse avaient causés.
« Je revenais du terrain de Quiddtich, » entama-t-elle sans ambages d'une voix tranquille qui détonnait fort avec son attitude encore éplorée quelques secondes auparavant, « quand j'ai été accostée par quelqu'un me félicitant de mon match. Il a retiré son capuchon, et j'ai pu voir que c'était le Professeur Malefoy. Comme c'est un enseignant de Poudlard, j'ai répondu avec politesse, sans pour autant l'encourager le moins du monde, et j'ai repris mon chemin. Il s'est borné à ignorer le message sous-entendu et m'a suivie. Il a tenté de d'impressionner avec son nom de famille et sa prétendue fortune, sans mentionner bien sûr ses prouesses au Quiddtich. »
Ron et Harry reniflèrent en chœur à cela.
« Puis il m'a demandé de l'accompagner à Pré-au-lard pour boire un verre. »
« Il t'a demandé de sortir avec lui? » reformula Jean d'un air méticuleux.
Gabrielle acquiesça. « Il a assuré que personne n'y trouverait à redire compte tenu de sa condition de professeur.»
Jean hocha la tête, une expression dangereuse apparaissant sur son visage.
« Qu'est-il advenu alors? » s'enquit Aimée.
« Il m'a touchée. » murmura-t-elle à mi-voix.
« Et? » pressa un Ron confus.
« Et j'ai pu percevoir toutes ses pensées, le moindre de ses désirs. C'est un homme à l'âme noire et vicieuse, empli de fiel et de furie. C'était comme s'il transgressait mon âme. »
« L'a-t-il fait à dessein? » interrogea Hermione d'une voix anxieuse.
Aimée secoua sa tête en signe de dénégation. « Les Vélanes sont douées d'empathie. » expliqua-t-elle. « Lorsque vous touchez une Vélane, elles peuvent lire en vous, déterminer la nature de votre être ainsi que de vos désirs. L'empathie de Gabrielle s'est fortement accrue lorsqu'elle s'est Liée à Harry. »
Harry tenta de toutes ses forces d'empêcher un grondement animal de jaillir de sa gorge.
« Alors c'est pour ça que tu détestes qu'on te touche, n'est-ce pas? » déduisit Ron.
Gabrielle confirma d'un hochement de tête. « Il m'est difficile de le contrôler ; en tant que Vélane, les hommes me poursuivent de leurs regards et me désirent, et lorsqu'ils me touchent, je peux percevoir tout ce qu'ils veulent me faire, et cela me rend malade. »
« Mais pas Harry? »
« Bien sûr que non. » Un nouveau sourire fleurit sur son magnifique visage. « Aussi noire que puisse être l'âme de Malefoy, celle de Harry irradie de lumière. Les choses qu'il désire me faire sont celles auxquelles j'aspire le plus au monde. »
Harry fit légèrement tourner Gabrielle entre ses bras et l'examina attentivement, plongeant son regard dans le sien afin de le sonder. Il pouvait sentir sa confusion tandis qu'il la scrutait avec la plus grande attention. Et quand il finit par découvrir ce qu'il avait craint de trouver, il perdit le contrôle total de ses émotions.
Malefoy avait souillé sa Compagne. Malefoy avait porté atteinte à l'innocence de sa Compagne. Malefoy était parvenu à entacher sa pureté d'une quelconque façon.
Il poussa un cri de rage tel qu'il n'en avait jamais poussé de sa vie, bondit sur ses pieds, et invoqua sa magie qui se manifesta avec une violence sans précédent. Il allait trouver Malefoy où qu'il puisse être.
Et il allait le tuer.
« NOON! » s'exclama Gabrielle, en l'étreignant comme pour mieux le retenir.
« Laisse-moi partir » ordonna-t-il.
Il la sentit relâcher son étreinte et se crisper un instant comme si elle avait été frappée par la foudre, mais ses bras finirent par se resserrer de nouveau autour de lui dans une étreinte plus ferme encore que la précédente.
« Non. » gémit-elle d'une voix faible. Une vague de désespoir et d'agonie s'éleva à travers le Lien pour aller se briser avec fracas contre tout son être, allant jusqu'à ébranler les tenaces fondations de sa fureur.
Il la regarda complètement sous le choc, sa colère noyée par les indicibles tourments qu'elle endurait pour avoir contesté un ordre direct qui lui avait été adressé. "Pourquoi?" fut le seul mot qu'il parvint à prononcer dans sa profonde incrédulité.
De brillantes larmes argentées coulaient sur son visage, mais elle ne détourna pas le regard. « Parce que tu n'es pas un meurtrier. » souffla-t-elle.
« Ne me laisse pas partir. » s'empressa-t-il alors d'ordonner. La douleur cessa et elle s'effondra contre lui.
« Oh, Gabby. » souffla-t-il, en s'affalant sur le fauteuil.
Gabrielle grimpa sur les genoux de son Compagnon avec une difficulté à laquelle ses membres encore perclus de douleur n'étaient pas étrangers et entreprit de couvrir son cou de légers baisers contrits. « Je suis désolée. » souffla-t-elle. « Pardonne-moi, s'il-te-plaît, Harry. »
« Pour quelle raison es-tu donc désolée? » s'étonna Harry en l'attirant contre lui avant de l'étreindre tendrement.
« Pour t'avoir désobéi. »
« Tu n'auras jamais à t'excuser pour cela. » souffla-t-il avec ferveur. « Tu as fait ce qu'il était juste de faire. Je suis désolé de t'avoir blessée. »
Il pouvait presque sentir ses mots l'affecter tandis qu'elle commençait à se remettre du second évènement traumatisant de la soirée. Il allait devoir être bien plus prudent dans le choix de ses mots quand il s'adresserait à elle à l'avenir. Malgré cela il ne pouvait s'empêcher d'être impressionné par son courage et la force de ses convictions.
« Je suis si fier de toi. » poursuivit-il. « Pour ce que tu as fait tout à l'heure, et pour ce que tu viens de faire à l'instant. »
« C'est vrai? » s'enquit-elle, ses grands yeux azurs croisant les siens dans une sorte de supplique silencieuse.
« Absolument. » affirma-t-il, en rassemblant tout ce qu'il ressentait à cet instant précis avant de le lui communiquer à travers le Lien.
Ce troisième sourire de Gabrielle était sans nul doute le plus magnifique qu'elle lui avait adressé de la soirée. Ses yeux se fermèrent de soulagement et sa tête se mit à dodeliner au gré des paisibles mouvements respiratoires de son Compagnon.
Ron toussota et Harry leva les yeux d'un air surpris.
« Désolé. » s'excusa Ron en affichant le même air gêné qui se retrouvait sur les visages des autres personnes présentes dans la pièce.
Il avait complètement oublié leur présence.
« Ce devrait être à moi de m'excuser. » soupira Harry. Il esquissa un geste vague de sa main droite et trois fauteuils s'avancèrent afin que ses invités puissent se mettre à l'aise à leur tour. Un quatrième fauteuil solitaire provenant de sa chambre apparut et s'empressa de se positionner à côté des autres pour compléter le lot.
« Gabrielle m'a empêché de commettre une énorme erreur. » expliqua-t-il. « Et je lui ai ordonné de me laisser y aller. »
« Ce qu'elle n'a pas fait. » fit remarquer Hermione.
« Je sais. » acquiesça Harry sur un ton de regret. « Et cela lui a valu énormément de souffrance en retour. C'est quelque chose que je ne veux jamais plus laisser se reproduire. »
« Voilà qui est bien. » déclara Jean en s'éclaircissant la gorge pour se donner une contenance avant de poursuivre. « Essayons donc d'avancer pour nous occuper du problème en demeure. Dans quel état Malefoy se trouvait-il? »
« Inconscient. » dit Harry avec un haussement d'épaules indifférent. « Il a percuté cet arbre à toute vitesse, les bras le long du corps. »
« Excellent. » répéta Ron avec un grognement approbateur. « Peut-être bien qu'il se sera tué et qu'il nous aura fait le plaisir de nous épargner cette peine. »
Harry esquissa une grimace. « Malheureusement ma chance n'est jamais aussi accommodante. Je suppose que Rogue finira par remarquer son absence et enverra des gens à sa recherche à un moment ou à un autre. »
« En effet. » fit Jean. « Je suis donc certain qu'une enquête sera levée d'ici à demain. Je demanderai donc à ce qu'il soit arrêté. »
« Rogue essaiera de trouver quelque chose pour le couvrir. » déclara sans hésitation Ron, en se positionnant pour faire face à Jean. « Gabrielle a utilisé son pouvoir de Vélane sur le sol Anglais, ce qui est techniquement illégal. Ce pouvoir spécifique est classifié comme étant une forme d'Imperium. »
« C'est tout bonnement ridicule! » s'insurgea Aimée d'un ton proprement choqué. « Le pouvoir de suggestion des Vélanes est extrêmement limité ; vous ne pouvez obliger les hommes à faire quoi que ce soit de grave en l'utilisant - même aller se heurter contre un arbre est une injonction qui n'a pu être rendue possible que si Gabrielle l'a formulé comme un moyen à employer pour l'impressionner. Comparer ce pouvoir de Vélane à un sortilège de l'Imperium revient à comparer un sort de Chatouille au Sort de Mort. »
« Bienvenue dans une Angleterre contrôlée par Dumbledore et Scrimgeour. » déclara Ron d'un ton amer. « Ils n'ont rien fait pour dissoudre les lois les plus grotesques mises en place avant la bataille finale. Exagérer les pouvoirs d'une Vélane n'est rien de plus qu'une façon pour eux d'essayer de les contrôler ainsi que ses utilisateurs. »
« Cela n'a pas d'importance. » trancha Jean d'un ton ferme. « Personne ne s'en prend à ma fille et n'en ressort indemne. Plutôt rompre tous liens diplomatiques avec l'Angleterre que de laisser une telle chose se produire. »
« Attendez une seconde. » intervint vivement Ron. « Ne nous emballons pas. Le fait que Gabrielle soit une élève et qu'il soit un professeur fera pencher lourdement la balance en notre faveur, de même que le fait que Malefoy en soit l'instigateur. Quoi que Rogue puisse tenter, Percy et moi pourrons le contrecarrer. »
« Je veux qu'il soit arrêté pour tentative de viol. »
« Vous savez pertinemment que vous ne parviendrez jamais à réunir des preuves concluantes à cette fin, Jean. » rétorqua Ron avec une légère pointe d'irritation. « L'empathie n'est pas considérée comme une preuve valide dans un tribunal. Tout ce que nous pouvons prouver est qu'il l'a touchée, et même alors ce sera la parole de Gabrielle contre la sienne. Nous n'aurions aucune chance d'apporter une quelconque preuve concluante quant à ses intentions. »
Jean grommela de mauvaise grâce dans sa barbe.
« Nous devrions être en mesure de lui révoquer son droit d'enseigner, par contre. » poursuivit Ron. « Et en tant que civil vous pourriez alors le traîner en justice personnellement – l'assurance juridique de Poudlard ne le couvrirait plus alors. »
Jean se mit lentement à sourire d'un air carnassier.
Harry resserra son étreinte autour de Gabrielle et était sur le point d'approuver lorsqu'une idée lui vint à l'esprit.
« Non. » déclara-t-il d'un ton forme.
« Non, quoi? » demanda Jean.
« Non, vous n'allez pas lui révoquer son droit d'enseigner, ni le traîner devant les tribunaux – du moins pas encore. »
« Je vous demande pardon! » s'exclama Jean en foudroyant du regard Harry. « Je ne le laisserai pas s'en sortir à si bon compte après ce qu'il a fait à Gabrielle! »
« Gabby est mienne. » gronda Harry en retour, ses mains se resserrant d'un air protecteur autour de Gabrielle. « Et j'orchestrerai personnellement sa vengeance. »
« Mais –» se mit à protester Jean.
« Jean. » l'interrompit Hermione. « La dernière fois que Harry a eu ce regard c'était quelques instants avant de s'occuper de Pettigrew. »
Jean eut le bon sens de marquer une pause.
Harry leva les yeux et croisa sans broncher le regard de l'homme d'âge mûr. « La perspective avec laquelle vous abordez la chose est bien trop restreinte. »
« Oh, vraiment? » fit Jean qui semblait avoir quelque peine à garder une attitude pondérée. « Pardonnez-moi donc, de n'aborder la chose qu'avec la simple perspective d'un père! »
« Oui, je le conçois fort bien, Jean. Cependant, nous avons là l'occasion de faire passer d'importants messages qui marqueront les esprits, tout en éliminant un problème majeur. Et nous allons la saisir.» assena Harry d'une voix glaciale.
Aimée plaça légèrement sa main sur celle de Jean. Le mari et la femme se fixèrent du regard pendant quelques secondes, communiquant à la manière exclusive aux couples de longue date.
Au bout d'un moment les épaules de Jean semblèrent s'affaisser légèrement et il hocha la tête en direction de Harry dans un signe de reddition.
Harry se détendit à son tour. « Bien, je vais aller discuter avec Olympe, pour lui rendre compte de ce qui s'est passé, afin qu'elle puisse s'occuper en conséquence des autres élèves présents à la fête. Gabrielle, va chercher quelques habits de rechange, nous ne resterons pas ici cette nuit. »
« Oui, Harry. » déclara gaiement Gabrielle.
« Je serai de retour dans cinq minutes. »
Gabrielle accompagna du regard son Compagnon tandis qu'il quittait la pièce avant de se tourner vers sa mère.
« J'ai besoin de nouveaux vêtements. » intima-t-elle d'un ton pressant.
« Comment ? » fit Aimée, une expression incrédule sur son visage.
« De nouveaux habits. » répéta Gabrielle.
« Tu arrives à penser à cela en pareille circonstance ? »
Gabrielle lança un regard perplexe à sa mère.
« Oh. » fit-elle, en réalisant ce que cette dernière voulait dire. « Ce qui s'est passé est désormais de l'histoire ancienne pour ma part. Cela n'a plus aucune espèce d'importance. Ce qui est véritablement important est de faire de cette vision une réalité aussi vite que possible. »
Jean poussa un long soupir tout en se rengonçant dans son fauteuil et en étirant ses jambes devant lui. « Gabrielle, » commença-t-il d'une voix lente et pleine de patience. « Personne dans cette pièce n'est télépathe. Il nous manque quelques éléments clés qui nous permettraient de donner quelque sens à ton raisonnement logique. »
« Ah, je vois. » Gabrielle soupira à son tour en jetant un regard furtif à sa montre. « Harry m'a sortie de ma crise de panique en m'envoyant quelques visions. A présent je suis dans l'incapacité totale de penser à ce qu'il s'est passé tout à l'heure – ce n'est plus important.
« Ce qui est important par contre, c'est le besoin pressant que j'ai de me procurer une jupe fendue sur le côté m'arrivant aux genoux, un chemisier blanc, une cravate noire, et des escarpins noirs pourvus de talons de dix centimètres de haut. »
Jean esquissa une grimace.
« Je sais. » acquiesça-t-elle. « Même Harry Potter ne peut être parfait, ces talons hauts vont être un véritable enfer. »
« Ce n'est pas exactement ce qui me fait grimacer. » rectifia Jean d'une faible voix résignée. « Puis-je demander ce qui est advenu de Queudver ? »
« Parfait changement de sujet. » marmonna Ron avec reconnaissance. « Vous savez qu'il était un Animagus rat, n'est-ce pas ? »
« En effet. »
« Harry l'a piégé sous sa forme de rat et l'a placé dans une cage pleine de pythons. »
« Ouch. » souffla Jean, le ton de sa voix devenu à présent admiratif.
« Je pense, » ajouta Hermione, « que Harry hait davantage Malefoy qu'il ne haïssait Queudver. »
« Oh, voilà qui est parfait. Cela veut donc dire qu'il réserve un sort similaire à Malefoy ? »
« Probablement. » soupira Hermione. « Et le pire c'est que nous n'en saurons rien avant que cela se produise. »
« Oui, malheureusement. » déplora Ron. « Convaincre Harry de partager ses plans avant qu'il ne les mette en œuvre est devenu une chose presque impossible. Il se sent toujours coupable de la trahison de Chang qui a rejoint les rangs de Voldemort. De bonnes personnes sont mortes ce jour là, et Harry n'a plus jamais fait part de ses intentions depuis lors. »
« Que lui est-il arrivé ? »
Hermione soupira. « Aucun de nous ne lui a fait le moindre mal. Voldemort, par contre…elle se trouve à Sainte Mangouste, et y demeurera probablement jusqu'à la fin de ses jours. »
« J'ai une dernière question pour toi avant que tu puisses aller te préparer. » dit Aimée à l'intention de Gabrielle. « Pourquoi Harry a-t-il perdu son calme ? »
« Je ne sais pas vraiment. » répondit Gabrielle avec un léger froncement de sourcils alors qu'elle considérait la chose. « Il était en train de chercher quelque chose en moi, et quand il l'a trouvé, il a perdu toute maîtrise de soi. » Puis elle haussa les épaules. « Je suis sûre que cela avait quelque chose à avoir avec ce qui s'est passé tout à l'heure. »
Ce fut au tour d'Aimée de pousser un soupir. « Très bien, va te préparer. »
« Merci, Maman!» s'écria joyeusement Gabrielle avant de quitter la pièce d'un pas précipité que la joie rendait pratiquement sautillant.
Elle entra dans sa chambre tel un ouragan, et s'empressa de jeter pêle-mêle un nouvel uniforme ainsi que quelques vêtements décontractés dans son sac, avant d'ajouter avec une réticence certaine, le tee-shirt d'entraînement de Harry qui lui tenait lieu de pyjama. Elle demeurait toujours aussi convaincue que dormir dans le plus simple appareil serait infiniment plus amusant.
Elle venait juste de terminer lorsque Harry arriva. « Prête ? »
Gabrielle saisit son sac et s'avança jusqu'à lui.
Il enlaça ses bras autour de sa taille dans une chaleureuse étreinte, et ils transplanèrent.
« Par Merlin, je jure que Harry va finir par me rendre alcoolique. » déclara Hermione avec un énième soupir, tandis qu'elle prenait d'assaut le réfrigérateur de Harry à la recherche d'un remontant alcoolisé.
« Et Gabrielle n'aidera en rien, j'en ai bien peur. » approuva Aimée. « Elle peut s'avérer être des plus frustrantes par moment. »
Hermione revint dans le salon avec quatre verres dans les mains et deux bouteilles de vin sous les bras.
« En effet. » dit Ron. « Mais en même temps, je ne peux m'empêcher de les envier un peu. »
« Oh, vraiment ? » fit Hermione, en haussant ses sourcils d'un air inquisiteur.
Ron lui adressa un sourire. « Ils ne vont pas vivre dans le même monde auquel nous appartenons nous autres. Ils vont occuper un tout autre plan d'existence, dans lequel un simple regard, une simple pensée, ou même un seul baiser peut tout arranger. Un monde où des prouesses magiques tout proprement inimaginables seront exécutées sans même battre un cil, et dans lequel ils fileront tous les deux le plus absolu des bonheurs. Ils ne seront jamais incommodés par le doute, la peur, ou par la vie elle-même comme nous. »
Un silence s'installa alors que les autres se mettaient à considérer les mots de Ron. Hermione offrit silencieusement à chacun son verre de vin.
« Ils vont vivre un véritable conte de fées. » continua Ron, sa voix diminuant légèrement en intensité pour ne se faire plus qu'un murmure. « Un monde dans lequel ils seront attaqués par des personnes malfaisantes, le genre de personnes à la mentalité dépassant notre entendement et auquel nous ne serons jamais confrontés, et pourtant ils y survivront et en ressortiront grandis. Vous avez le roi riche et puissant et sa sublime reine. Vous avez des idiots comme Malefoy, qui pensent être un bien plus gros problème à leurs yeux qu'ils ne le sont réellement – ils conspirent et complotent, sans jamais réaliser que seul un fil ténu les préserve des représailles expéditives du roi – et plus ils tirent, plus le fil s'effiloche.
« Et ce qu'il y a de plus drôle, c'est qu'aucun d'entre eux ne s'en rendra jamais compte. Ils penseront avoir des vies parfaitement normales, ils croiront que l'amour est un concept aussi tangible pour le reste du monde qu'il l'est pour eux, et que tout le monde fait ce qui est juste plutôt que ce qui est facile, tout simplement parce que c'est ce qu'ils font. »
« C'est un sentiment des plus étranges. » dit Jean avec lenteur. « Lorsque Gabrielle était petite, tout ce que je désirais était son bonheur, et à présent qu'elle l'a à portée de main, il m'est horriblement difficile de la laisser s'en aller. »
« Il en va ainsi pour tous parents. » confirma Aimée. « Tu voulais que Gabrielle soit heureuse et en sécurité. Ce qu'elle partage avec Harry ne s'approchera jamais d'une chose aussi monotone que le simple bonheur. Ron a vu juste. Ils vivent présentement les prémices d'une romance de conte de fées, et ils vivront une vie d'extrêmes : constituée de hauts qui les feront ressembler à des anges, et de bas que le diable lui-même ne réprouverait pas. Tout ce que nous pouvons espérer, c'est qu'il y ait bien plus de hauts que de bas, et en tout sincérité, tout me porte à croire que ce sera le cas. » Elle marqua une pause pendant une seconde avant de poursuivre. « Je me dois de le croire. Ils méritent tous les deux au moins cela. »
Gabrielle se mit à balayer du regard ses alentours avec un enthousiasme certain lorsqu'ils arrivèrent dans un appartement qui lui était inconnu. Un mur semblait être fait intégralement de verre, révélant une vue à couper le souffle d'une grande métropole uniquement illuminée par les feux caractéristiques d'une ville urbaine plongée dans la nuit. En dehors se dressait un balcon aux vastes proportions, un balcon qu'elle reconnut instantanément pour l'avoir vu dans une des visions que Harry lui avait envoyée plus tôt dans la soirée. Elle en déduisit qu'il devait s'agir de son appartement à Londres.
Un escalier de verre menait à une large plateforme qu'elle présumait être la chambre à coucher. Une cuisine dont la porte était ouverte se trouvait en face d'elle et un salon accueillant occupait la droite de son champ de vision. Le sol semblait être fait de marbre blanc, et l'ensemble de l'appartement respirait le luxe et le bon goût.
Il brillait aussi par son absence totale d'objets personnels. Il n'y avait là rien qui eut pu le relier à Harry, contrairement à son cottage de la Région des Lacs ; c'était seulement un endroit où il lui arrivait de faire étape, et en rien un domicile où il vivait.
« C'est charmant. » déclara-t-elle avec diplomatie.
« Juste charmant ? » pressa-t-il d'un ton taquin.
« Il serait bien plus attrayant si tu vivais ici. » élabora-t-elle. « Il semble par bien trop vide et inutilisé. »
« J'imagine que cela résume parfaitement cet endroit. » acquiescça Harry en jetant à son tour un coup d'œil à l'appartement. « J'ai pensé que cela te plairait de le voir, étant donné que je vis ici la plupart du temps durant la saison. »
« Est-ce que je peux décorer ? »
Harry lui lança un regard surpris avant de se mettre à rire doucement. « Mademoiselle emménage ? »
Elle hocha la tête avec le plus grand sérieux. « Où que tu ailles, j'irai. »
« En ce cas, oui, tu peux décorer. » accepta-t-il avec un petit sourire.
« Je fais preuve d'une grande présomption n'est-ce pas ? »
« Un peu. » acquiesça-t-il. « Mais ce n'est pas sans raison. »
« Je l'espère. » soupira-t-elle faiblement.
« Dis-moi quelque chose. » demanda Harry, sa voix n'étant plus qu'un murmure.
« Tout ce que tu voudras. » répondit Gabrielle, en l'observant faire un pas de recul pour se retrouver dos au mur de verre avant de la fixer de son regard émeraude.
« Le pensais-tu réellement, lorsque tu as dit tout à l'heure que ce que ce que tu ressens chez moi est le parfait opposé de ce que tu as ressenti chez lui ? »
Elle opina du chef. « Ce que je ressens provenant de toi me fait me sentir bien. » expliqua-t-elle, consciente de l'énorme euphémisme qu'elle venait de proférer mais ne sachant comment communiquer ce qu'elle ressentait en de simples locutions. « Et c'est d'autant plus différent parce que tu es mon Compagnon cela fonctionne à un niveau bien plus intime encore que mon empathie instinctive. »
« Et quand je te donne un ordre à suivre, cela t'est agréable ? »
Elle hocha de nouveau la tête. « Lorsque j'ai désobéi à ton ordre tout à l'heure, cela a été extrêmement douloureux ce fut pour moi un moment difficile, mais les petites instructions que tu m'as données ensuite et auxquelles j'étais en mesure de répondre m'ont fait oublier l'ordre auquel j'ai désobéi. Ceci, plus que toute autre chose, m'a fait un bien indicible. »
« Enlève tes chaussures. »
Gabrielle cilla de surprise tandis que son corps se mouvait instinctivement, enlevant d'un geste fluide les escarpins aux modestes talons qu'elle portait avant de les poser à côté d'elle. Le sol de marbre glacé lui fit un petit choc tout particulièrement parce qu'il détonnait avec l'intense sensation de chaleur qui se répandait à travers son corps.
« Tourne-toi. »
Elle tourna lentement sur elle-même avant de lui lancer un regard que la curiosité dévorait.
« Viens ici. »
Elle sembla glisser vers lui, réalisant soudainement où cela pouvait mener et se mettant à espérer au-delà de tout espérance que ce fut vraiment le cas. Elle croisa son regard d'avec le sien, laissant ses yeux azurs révéler au regard émeraude l'enthousiasme et l'excitation qui s'étaient emparés d'elle.
Elle s'arrêta lorsqu'elle parvint à sa hauteur et plongea ses yeux dans les siens.
Sa main droite se leva et effleura tendrement sa joue. « Tu es mienne, Gabby. » souffla-t-il.
« Je sais. » répondit-elle.
Il se pencha vers elle et l'embrassa sans autre forme de procès. C'était un tout nouveau genre de baiser venant de sa part, à la fois possessif et enflammé, semblant vouloir la consumer toute entière aussi s'y abandonna-t-elle sans réserve. Ses petites mains sveltes s'enroulèrent autour de son cou et elle s'accrocha fermement à lui.
Sans rompre le baiser Harry la prit dans ses bras et entreprit de monter les escaliers de verre qui menaient à l'étage supérieur. La plateforme était dominée par un large lit de faible hauteur. Il l'y déposa avec la plus grande tendresse et esquissa quelques pas de recul. En un geste fluide il retira le pull et le tee-shirt qu'il portait, le laissant torse nu.
« Pourquoi maintenant ? » interrogea-t-elle depuis le lit. « Est-ce à cause de ce qui s'est passé tout à l'heure ? » Elle se retrouvait dans une situation difficile. Il l'avait menée jusqu'au lit et semblait plus que disposé à lui faire découvrir des délices auxquels elle n'avait fait que rêver jusque-là – et c'était une perspective qui la rendait extatique. D'un autre côté elle pouvait sentir qu'il n'avait pas tout à fait le contrôle de sa personne, et elle savait sans le moindre doute que cela la tuerait de se réveiller à ses côtés au petit matin et de lire le regret dans ses yeux.
Il hocha la tête. « En partie. » murmura-t-il.
Elle humecta inconsciemment ses lèvres en le voyant rôder autour du lit tel un prédateur. Il était magnifique, d'une façon telle que le désir qu'il suscitait en elle sembler la priver de toute force. Tout particulièrement en ce moment précis où il exsudait un mélange de séduction allié au côté dangereux du prédateur, il était à même de s'emparer de son esprit aussi bien que son âme avec la plus grande des aisances.
« Mais c'est principalement parce que cela m'a fait réaliser ce que ce serait de ne pas t'avoir. Tu es parvenue à te frayer un chemin jusqu'à mon cœur, Gabrielle, et je n'ai aucun désir d'y objecter. »
« Mais ? » insista-t-elle, en luttant pour ignorer la réaction de son corps à ses mots tant espérés.
« Mais tu as raison. » soupira-t-il doucement. « J'exècre le fait que lui entre tous, t'ait touchée. Je hais le fait qu'il ait teinté ton innocence. »
Elle le regarda avec curiosité. « Je n'ai aucun désir de demeurer innocente, tu sais. » fit-elle observer.
Il eut un demi-sourire et arrêta sa marche autour du lit, puis s'adossa contre la rampe de l'étage. « Je ne parle pas de ce genre d'innocence. » expliqua-t-il d'une voix amusée. « Tu possèdes une innocence remarquable au plus profond de ton âme, Gabrielle tu vois le monde d'une façon qu'il m'est impossible de reproduire, et cela a fait naître en moi le désir de le voir à travers tes yeux. Tu sais pertinemment à quoi ressemble le monde, mais tu refuses de laisser cela pervertir la perception que tu as de lui. Mais Malefoy a changé cela tout à l'heure, et je veux le restaurer. » Il marqua un temps d'arrêt, comme si une idée soudaine lui était venue. « Je veux que tu sois heureuse. » dit-il en choisissant avec soin ses mots. « Et je veux être la personne qui te rende heureuse. »
« Alors ne me fais pas l'amour ce soir. » pria-t-elle, en s'asseyant sur ses genoux sur le lit, la tête baissée. Elle prit la plus profonde inspiration qu'il lui était possible afin de se remettre de ses émotions avant de relever la tête vers lui, dans l'attente de sa réponse.
Il pencha la tête sur le côté et la regarda d'un air stupéfait.
« J'ai déjà dit, à maintes reprises, que je ne te désirais pas par demi-mesures, ni même pour mon propre bénéfice parce que j'aurai à nouveau besoin que tu me sauves. Je veux, que le jour où tu te décideras à t'engager avec moi à tout jamais, ce soit parce que tu le désires réellement, et non pas parce que l'ombre d'un homme malfaisant obscurcirait ton jugement. Je veux m'offrir à toi et être pleinement acceptée pour ce que je t'offre. Je ne veux pas me réveiller le matin et y déceler la moindre parcelle de regret dans tes yeux. »
« Je ne pense pas que je regretterai ça, Gabby. »
Elle put sentir la franchise de cette assertion à travers le Lien. « Ce n'est pas suffisant. » souffla-t-elle à voix basse. « Je veux, non, j'ai besoin que tu sois catégorique que tu ne regretteras pas ça. »
Cette fois elle put ressentir la déception à travers le Lien, et pour la première fois, son désir de la faire sienne.
« Pourrions-nous faire d'autre choses à la place ? » demanda-t-elle pleine d'espoir.
« D'autres choses ? »
Elle se mit lentement à défaire les boutons de sa chemise, en se redressant de telle sorte à ne plus être soutenue par ses talons. Elle accrocha délibérément son regard tandis qu'elle faisait lentement glisser sa chemise de ses épaules, avant de la laisser choir au sol dans un bruissement à peine audible. En son for intérieur elle ne put s'empêcher de maudire le besoin d'explications de ses parents; cela avait été autant de temps en moins restant à sa disposition pour se préparer et se changer. Elle disposait d'une délicieuse variété de sous-vêtements affriolants qu'elle avait acheté pour cette occasion précise, et en dépit de cela la voilà revêtue d'un soutien-gorge des plus grossiers au moment où elle en avait le plus besoin.
Elle prit une profonde inspiration et mit ses mains derrière son dos, ses doigts en quête du fermoir.
« Attends. » l'interrompit Harry dans un murmure.
Elle reporta son regard vers lui, espérant de tout son cœur qu'il n'allait pas lui dire d'arrêter. Pas maintenant, pas après son intention manifeste de lui faire l'amour juste quelques secondes auparavant.
Les mains de Harry descendirent jusqu'à sa taille, et entreprirent de retirer sa ceinture. A aucun moment ses yeux ne quittèrent les siens tandis qu'il se mouvait avec la même fluidité qui le caractérisait en toute circonstance. Il se débarrassa de ses chaussures et retira son pantalon qu'il drapa contre la rambarde avant de retirer prestement ses chaussettes.
Elle sentit son cœur s'emballer et sa bouche s'assécher tandis qu'elle le regardait se dévêtir pour elle. Elle détourna les yeux des siens pendant une seconde, son regard glissant vers son entre-jambes, et elle ne put s'empêcher de s'humecter de nouveau les lèvres. Il était manifeste que l'ardeur ne lui faisait pas défaut.
Il s'avança jusqu'à elle. « Lève-toi. » souffla-t-il.
Elle bondit sur ses pieds, manquant perdre l'équilibre sur le lit qui n'offrait pas de support stable. Il la tira doucement contre lui et à la faveur de la hauteur que lui procurait le lit et qui la rendait ainsi plus grande que son Compagnon elle se pencha vers lui pour l'embrasser. Elle fit bon usage de cette taille supplémentaire et l'embrassa avec tout l'amour et la passion qui l'animait, reposant ainsi de tout son poids contre lui.
Il rompit le baiser, le souffle court contre ses lèvres pendant une seconde, ses yeux plus assombris qu'elle ne se souvenait jamais les avoir vus.
Ses mains glissèrent jusqu'à sa taille, s'enroulant autour d'elle tandis que ses doigts agiles trouvaient la fermeture éclair de sa jupe. Il l'ouvrit et fit descendre sa jupe contre ses jambes. Elle plaça une main sur son épaule afin d'enlever sa jupe tout en gardant son équilibre.
Elle émit un gémissement inintelligible tandis que ses mains remontaient ses cuisses, dépassant ses hanches pour venir se reposer contre son dos. Il plongea son regard dans le sien alors que ses mains trouvaient le fermoir de son soutien-gorge, et d'un geste habile de ses doigts la pression exercée sur ses seins disparut. Ses mains remontèrent encore plus haut, libérant ses épaules des bretelles qui les chevauchaient.
Elle baissa ses mains et lui adressa un regard implorant, désireuse de le voir franchir la dernière étape qui révélerait pour la première fois à ses yeux une l'intégralité du haut de son corps.
A son plus grand soulagement, il s'exécuta, et retira complètement le soutien-gorge.
Elle retint son souffle, priant pour qu'elle fût ce à quoi il aspirait, qu'il la désirât. Elle mordilla avec anxiété sa lèvre inférieure et parcourut le Lien à la recherche de ses véritables sentiments.
Les yeux de son Compagnon glissèrent jusqu'à sa poitrine avant d'accrocher son regard, puis elle fut frappée par une immense vague de pur désir et d'appétence. Tout sentiment romantique fut remplacé par le désir que ressentait un homme qui venait juste d'avoir un réel aperçu de l'idée qu'il se faisait de la perfection.
Elle lui adressa un sourire séducteur et fit un pas de recul puis se mit à genoux, avant de s'allonger dans le lit tout en tendant langoureusement les bras vers lui dans un geste d'exhortation universel à la sublime sensualité.
Il ne lui fallut pas plus d'une seconde pour la rejoindre.
Harry et Gabrielle arrivèrent juste après l'heure du petit déjeuner au Château magiquement transporté de Beauxbâtons qui trônait d'un air de défi sur le sol de Poudlard.
Une série d'appels par voie de Cheminette réunirent Ron, Hermion, Percy, Bil, Fleur, et Olympe dans le bureau de la directrice les quatre derniers furent rapidement mis au courant des évènements de la veille, et après un serment magique, Percy obtint la primeur de l'histoire intégrale de Gabrielle et Harry.
« Donc, » conclut Harry, « Gabby a passé la soirée à l'infirmerie, en compagnie d'Olympe, pour se remettre de cette épreuve traumatisante. »
« Pourquoi me demander à moi de faire ça ? » demanda avec étonnement Percy.
Harry se contenta de lui adresser un sourire malicieux, et Percy grogna en levant les mains en signe de reddition. « Désolé, j'avais oublié. »
« Très bien, la réunion est terminée. Une grande partie d'entre nous se doit d'être le plus loin possible quand ils arriveront. »
« Je vous ferai appeler immédiatement, Harry. » acquiesça Olympe avec un regard empreint d'amusement.
Harry se dirigea vers Gabrielle et déposa un bref baiser sur ses lèvres, avant de quitter la pièce en compagnie des jumeaux Weasley et de Hermione.
« Fleur. » appela Gabrielle. « Est-ce que je peux te toucher un mot ? »
« Bien sûr. » répondit Fleur.
« Vous pouvez utiliser ma chambre d'ami. » offrit Olympe, en pointant du doigt une porte se trouvant dans un coin de la pièce.
Une fois entrée, Gabrielle verrouilla la porte derrière elle, et pour faire bonne mesure lança un charme afin de s'assurer du caractère privé de leur discussion.
« Quel est le problème, mon petit ange ? » s'enquit Fleur.
« J'ai peur de ne savoir quelle marche à suivre adopter à propos de ce qui est arrivé la nuit dernière. » déclara Gabrielle avec nervosité.
« Oh, Gabrielle. » s'attrista Fleur en étreignant tendrement sa sœur. « Cela du être une horrible expérience, être ainsi touchée par cet homme pernicieux. »
« Comment ? » fit Gabrielle d'un air déconcerté avant de comprendre. « Oh, non, je ne parle pas de ça ! »
« De quoi parles-tu alors ? » demanda Fleur, une expression perplexe sur son visage.
« La nuit dernière. » tenta de clarifier Gabrielle. « Avec Harry. »
« Je ne te suis pas. »
« Nous n'avons pas fait l'amour. » expliqua Gabrielle, le rose lui montant aux joues. « Mais nous avons fait d'autres choses. »
« Et quel est le problème ? Tu as aimé cela, j'imagine ? »
Gabrielle hocha la tête avec ferveur. « Mais j'ai entendu dire que faire l'amour était bien meilleur ? »
« En principe, oui. » confirma Fleur.
« Voilà le problème. » expliqua Gabrielle en écartant ses bras d'un geste théâtral.
« Quel est le problème alors, je ne te suis toujours pas. »
« La nuit dernière a été merveilleuse, mais je me suis évanouie. »
« Tu t'es évanouie lorsque Harry te faisait l'amour – sans vraiment te faire l'amour ? »
« A deux reprises. » avoua Gabrielle en hochant vivement la tête.
Fleur s'assit sur un fauteuil voisin, et se mit à ricaner sans vergogne.
Gabrielle tapa le sol du pied d'un adorable air outragé. « Ce n'est pas drôle ! » insista-t-elle, quelque peu blessée de la réaction de sa sœur. « Comment suis-je supposée satisfaire ses besoins quand il me fait ressentir tant de plaisir que j'en perds connaissance ? Et si cela devient encore mieux que ça ? Comment suis-je censée survivre s'il est en mesure de consumer mon esprit aussi aisément ? »
« Gabrielle. » dit Fleur en secouant sa tête, ses yeux luisant d'une gaieté difficilement contenue. « Ce n'est pas un problème sérieux. »
« Mais ca l'est ! » protesta Gabrielle. « Aucun de mes livres n'a jamais décrit un tel plaisir au toucher d'un homme. Même avec la rétroaction, je n'aurais pas dû ressentir d'aussi intenses émotions ! »
« La rétroaction ? »
« Je peux ressentir son plaisir, et cela intensifie le mien. » expliqua Gabrielle. « Et il aime que je sois excitée. »
Fleur poussa un léger soupir. « Tu es une vraie mioche, j'espère que tu en es consciente. » déclara-t-elle d'un ton ferme.
« Quoi ? »
« Gabrielle, ce n'est pas un problème. Vous l'appréciez tous les deux donc ne te fais pas de souci à ce sujet. Tu ne peux pas mourir de plaisir, et avec de la pratique tu finiras par t'y habituer. Il te faudra juste faire preuve de patience, et ensuite te venger de Harry en lui rendant la pareille. »
« Bonne idée. » apprécia Gabrielle avec un hochement de tête songeur. « Qu'est-ce que tu fais avec Bill ? »
« GABRIELLE ! » hurla une Fleur terriblement embarrassée. « Je ne parlerai PAS de ça avec toi ! »
Olympe Maxime lança un regard à la paperasse trônant insolemment devant elle et poussa un soupir. Son esprit préoccupé était bien loin de pouvoir se concentrer sur le travail qui se trouvait sous ses yeux et la raison d'une telle distraction en était son élève favorite.
Ces derniers mois avaient été les plus riches en évènements de toute sa carrière, mais il lui serait bien difficile de trouver lieu de s'en plaindre.
Son école était tellement plus divertissante qu'elle n'avait jamais été l'atmosphère guindée avait cédé la place à une atmosphère bien plus conviviale, qui n'était pas sans rappeler celle de Poudlard au temps de Harry – sans la division des maisons qui avait entaché l'éducation qu'elle entendait offrir à ses élèves. Des farceurs patentés s'étaient révélés un peu partout, obligeant par la même le corps enseignant et les élèves à garder un œil toujours vigilant, et bien qu'il y ait eu quelques cas d'élèves mal intentionnés, les sanctions avaient été exemplaires, et ces cas s'étaient fait plus rares jusqu'à disparaître tandis que les élèves apprenaient les limites de ce qui était acceptable.
Bien sûr, personne ne suspectait qu'elle avait elle-même joué un petit tour à la population étudiante de l'école. S'ils avaient la naïveté de croire que les professeurs ne pouvaient qu'être leurs cibles, la faute leur incombait certainement.
Une boule de cristal enchantée s'illumina, et elle s'autorisa un sourire. Elle tapota de sa baguette magique une autre boule de cristal et patienta, en prenant soin de garder sa baguette en main.
Soudain la porte de son bureau s'ouvrit avec fracas, et Severus Rogue entra tel un vent violent augurant le mauvais temps à venir, en compagnie d'Albus Dumbledore et d'une Minerva McGonagall à l'expression embarrassée.
« J'exige que la garce responsable d'avoir attaqué un professeur de Poudlard nous soit livrée immédiatement ! » rugit Rogue.
Olympe refréna un sourire et se contenta de lever sa baguette et de jeter un sort au vil professeur de Potions.
Le professeur de Potions aux cheveux graisseux alla s'écraser violemment contre un mur, avant de retomber douloureusement contre le sol à la dureté impitoyable. Il poussa un grognement de douleur en tentant de se relever, l'air hagard.
« Tout d'abord, je vous défends à l'avenir de vous ruer dans mon bureau tel un animal, ou de me hurler dessus comme si j'étais une de vos élèves, ou même d'insulter ma Préfète-en-Chef. » déclara sereinement Olympe. «La prochaine fois que vous réitérerez une chose pareille, je vous enverrai à l'infirmerie pour un long mois. »
Rogue parvint à se mettre sur pieds, une expression rageuse sur son visage tandis qu'il brandissait sa baguette magique.
« Lancez ce sort, et vous serez mort avant que le mot ne sorte de votre bouche. » déclara une nouvelle voix depuis le seuil de la porte, interrompant par la même Dumbledore qui avait ouvert la bouche pour prendre la parole.
« Potter. » gronda Rogue son visage se tordant en une expression méprisante, mais en dépit de cela il se mit à baisser lentement sa baguette.
« Vous m'avez appelé ? » demanda Harry à Olympe, en ignorant complètement Rogue.
« Merci de votre promptitude, Harry » répondit-elle courtoisement. « Nous étions juste sur le point d'entamer une discussion en rapport à votre Attrapeur. »
« Vraiment ? » s'enquit Harry, en allant se percher sur le coin du bureau d'Olympe. Il agita distraitement sa main, et trois sièges singulièrement près du sol apparurent.
« Veuillez vous asseoir. » invita Olympe à l'intention de ses trois invités, tout en dissimulant le sourire satisfait qui menaçait de poindre sur ses lèvres. Ces fauteuils particuliers avaient été créés dans l'intention de mettre mal à l'aise ceux qui s'y asseyaient, en plus d'être si bas qu'ils les obligeaient à lever les yeux vers Harry, qui demeurait délibérément perché sur le coin de son bureau.
« A présent, je suis disposée à entendre vos excuses. » dit-elle en s'adressant à Rogue.
Rogue cligna des yeux avec incrédulité.
« Ou bien je vous mets dehors. » acheva Olympe d'une voix toujours aussi sereine.
« Toutes mes excuses. » dit Rogue d'une voix plus froide que la glace. « J'ai laissé la colère prendre le dessus. »
« Excuses acceptées. » dit-elle avec un hochement de tête magnanime. « Alors, puis-je demander ce qui me vaut votre présence avant même que j'ai pu vous convoquer ? »
« Nous convoquer ? » tonna Rogue, qui semblait sur le point de bondir sur ses pieds. « Votre élève a attaqué un de nos professeurs et c'est vous qui oseriez nous convoquer ? »
« Severus ! » intervint Dumbledore avec force.
« Mes excuses. » marmonna Rogue.
« Quel professeur ? » interrogea Harry avec intérêt.
« Drago Malefoy. » révéla Dumbledore avec gravité.
« Curieusement cela ne me surprend guère. Il donne cette impression de quelqu'un semblant aimer s'attirer des problèmes. Avez-vous été promu, Severus ? » demanda soudainement Harry. « Je suis profondément navré de votre rétrogradation, Minerva. »
« Je n'ai en aucune façon été rétrogradée. » répondit le Professeur McGonagall d'un ton acide.
« Oh, puis-je donc demander ce que le Professeur de Potions vient faire dans cette affaire ? » s'enquit tranquillement Harry. « Il n'est pas le supérieur de Malefoy et n'a pas d'autres responsabilités en tant que Directeur de Maison envers Malefoy puisque ce dernier est un professeur, et non pas un élève, n'est-ce pas ? Sans doute, le Directeur et la vice-Directrice sont amplement en mesure de gérer cette affaire par eux-mêmes ? »
Il y eut une seconde de silence tandis que Rogue adressait un regard noir à Harry dans lequel se lisait une haine non voilée.
« Severus est un membre important de cette école. » déclara fermement Dumbledore en se mettant à irradier de magie comme pour donner davantage de poids à ses propos.
« Vous savez, je sais faire ça moi aussi. » commenta Harry avec un sourire en projetant à son tour sa magie en une aura toute aussi puissante que celle de Dumbledore.
L'immense quantité de magie en présence que représentaient les deux auras satura bien vite la pièce et fit crépiter l'atmosphère de puissance chargée.
« Mais tout ce que cela prouve c'est que nous avons tous deux du pouvoir, aussi je vous prie, ne nous risquons pas à une futile compétition pour déterminer qui a le plus de magie, et veuillez en venir au but de cette réunion. J'ai des choses bien plus importantes à faire. » acheva Harry, en rappelant sa magie à lui.
Dumbledore sembla frappé de stupeur l'espace d'une brève seconde, et rappela à son tour son pouvoir tout en essayant de regagner contenance.
Olympe se fit note de remercier par la suite Harry pour ce qu'il venait de faire. Elle avait ressenti bien plus qu'un simple soupçon d'effroi lorsque Dumbledore avait lâché la bride à sa magie. En dépit des ingérences et de la nature manipulatrice du vieil homme, il n'en demeurait pas moins un puissant sorcier.
« Alors, » reprit Harry, « comme je semble être la seule personne qui ne sait pas ce qui s'est passé, quelqu'un aurait-il l'obligeance de m'éclairer sur cette affaire ? »
« Avec plaisir, » fit Rogue d'un ton acerbe. « La nuit passée Gabrielle Delacour a tenté de séduire Drago Malefoy, qui a repoussé ses avances comme il se doit étant donné qu'elle est une élève, elle est devenue enragée et l'a forcé à se cogner contre un arbre. »
« Eh bien ? Je ne vois pas où est le problème ? » demanda Harry.
« Le problème est que notre professeur de Vol a été attaqué ! » vociféra Rogue.
« Si vous criez une fois de plus dans mon bureau, Severus, sachez que vous serez expulsé sur le champ. » déclara paisiblement Olympe.
« Je ne vois toujours pas de problème. » déclara Harry d'un ton absent. « Le Magemort a manifestement essayé d'agresser une de nos élèves, et oubliant que Gabrielle est en partie Vélane, il a eu ce qu'il méritait. »
La mâchoire de Rogue manqua se décrocher.
« Vous oubliez que je connais Malefoy sur le bout des doigts, Severus. » commenta Harry d'un ton de dégoût, en sachant pertinemment que l'emploi de son prénom irriterait l'homme au plus haut point. « Quelle est la version de Gabrielle ? » demanda-t-il en se tournant vers Olympe.
« Exactement ce que vous avez subodoré. » révéla Olympe. « Gabrielle qui venait de quitter les vestiaires de Quidditch s'en retournait à Beauxbâtons quand elle s'est fait alpaguée par Malefoy qui a tenté de l'exhorter à se rendre à Pré-au-lard en sa compagnie. Quand elle a refusé, il a posé sa main sur son épaule et n'a plus voulu la relâcher. C'est alors qu'elle a réagi par instinct afin de se défendre et a couru jusqu'ici, où j'ai passé la soirée à tenter de la consoler. Vous n'êtes pas sans savoir que les Vélanes ont une certaine faculté d'empathie ? » interrogea-t-elle à l'intention de Harry.
Harry acquiesça. « J'en ai entendu parler. »
« Eh bien, il semblerait que le profil que vous avez esquissé du Professeur Malefoy soit exact. Elle l'a décrit comme étant une personne à l'âme habitée par le mal. »
« Je n'accepterai pas qu'un éminent professeur de Poudlard soit ainsi insulté en ma présence ! » gronda Rogue.
« Allez-vous-en en ce cas. » rétorqua Harry avec indifférence. « Vous êtes une addition superflue à cette réunion de toute façon. Mais j'aimerais bien vous voir revenir avec cette sale engeance de Mangemort ainsi qu'un flacon de Veritaserum. »
« Quoi ? » s'étrangla Rogue.
« C'est un sérum de vérité, Rogue. » chapitra Harry en secouant tristement sa tête, avant de se mettre à employer sa méthode favorite lorsqu'il s'agissait de s'adresser à l'infâme professeur de potions. « Qui pourrait imaginer que Poudlard dispose à présent d'un Professeur de Potions qui ne sait même pas reconnaître le nom du sérum de vérité le plus connu ? Etes-vous toujours aussi certain que Severus soit la personne appropriée pour enseigner les potions, Albus ? »
Olympe se mordit violemment l'intérieur de la joue pour s'empêcher d'éclater de rire.
« Je sais pertinemment ce que c'est. » siffla dangereusement Rogue.
« Alors allez donc en chercher nous l'utiliserons sur la fouine, ce qui nous donnera la confirmation que son histoire est aussi vraie que sa prétendue innocence durant la bataille finale, ensuite Albus pourra le virer et nous pourrons passer à autre chose. » statua Harry d'un ton plat. « Si tant est, » poursuivit-il les yeux luisant d'une lueur dangereuse, « que nous puissions placer notre confiance dans un Veritaserum préparé par vous. Peut-être ferions-nous mieux de nous fournir chez une source plus neutre et digne de confiance. Comme la Maîtresse de Potions de Durmstrang par exemple. »
Le visage de Rogue vira au violacé, une couleur que Harry n'avait plus observé chez un individu depuis qu'il avait quitté les Dursley en laissant 'accidentellement' échapper le montant exact de sa fortune.
« Les potions n'ont pas les mêmes effets sur les Vélanes. » intervint prudemment Dumbledore. « Et ce serait par ailleurs injuste de n'interroger qu'une seule des parties concernées. »
« Injuste ? » répéta Harry, les sourcils haussés. « Tout ce dont nous avons besoin, c'est du témoignage véridique d'une seule personne. »
« L'esprit de Drago a pu être affecté par l'Imperium. » déclara Rogue. « Aussi son témoignage pourrait ne pas être digne de confiance. »
« Vous voulez dire que nous sommes supposés accepter la parole de Malefoy, tout ignorant des générations entières durant lesquels l'efficacité du Veritasarum n'a jamais été prise en défaut, s'il advenait que son témoignage sous Veritaserum soit différent de ce qu'il soutient présentement c'est bien cela qui n'est pas digne de confiance ? Eh bien votre imagination vous vaudra bien quelques points si ce n'est autre chose. » commenta Harry.
« Néanmoins, le précédent a été établi. » répondit Dumbledore d'un ton songeur, en adressant un regard lourd de sens en direction de Rogue.
« Alors nous voilà dans une impasse. » conclut lentement Harry. « D'un côté, nous avons la Préfète-en-Chef de Beauxbâtons, qui se trouve être la fille de l'homme le plus puissant de France. De l'autre côté, nous avons un Mangemort. A ce propos, puisqu'on en parle, comment donc Aimée et Jean réagissent-ils à toute cette affaire ? »
« Ils ont menacé de rompre tous lien diplomatique avec l'Angleterre si Malefoy n'était pas sanctionné, et je crois que s'ils mettent leur menace à exécution, l'Allemagne ne manquera pas de suivre, ainsi que tout le reste de l'Europe éventuellement. » répondit Olympe, en observant avec la plus grande délectation la façon dont les yeux de McGonagall et Dumbledore s'écarquillèrent.
« Ce serait une chose bien fâcheuse. » commenta Harry avec un froncement de sourcils. « Cela me coûterait une véritable fortune. » Il brandit soudainement sa baguette et lança un sort de communication servant à adresser des messages à la manière du charme du patronus.
« Que faites-vous ? » interrogea McGonagall en se manifestant pour la première fois depuis qu'elle était arrivée.
« J'ai demandé aux représentants du Ministère de venir nous rejoindre. » répondit Harry d'une voix où transparaissait une extrême irritation. « Etant donné que cela prend la tournure d'un incident international, nous devons nous assurer de ne pas commettre la moindre erreur. Si l'Angleterre venait à être isolée cela pourrait ruiner mes investissements. »
Olympe prit soin de lancer un regard torve à Harry, alors qu'en son for intérieur elle se trouvait extrêmement contente qu'il lui ait au moins informé de cette partie du plan au préalable. Si cela n'avait pas été le cas, elle aurait été tentée de lui lancer les plus terribles maléfices de son répertoire. Son attitude désinvolte semblait avoir l'effet escompté cependant, au vu des expressions peintes sur les visages de Dumbledore et Rogue. Il était manifeste qu'ils croyaient au total manque d'intérêt de Harry envers Gabrielle, et qu'il était bien plus préoccupé par la quantité d'argent qu'il risquait de perdre.
Au bout d'une minute de silence des plus inconfortables on frappa à la porte. « Entrez. » annonça-t-elle d'une voix ferme.
Percy et Ron Weasley entrèrent, tous deux vêtus des robes officielles Ministérielles. « Que se passe-t-il ici ? » s'enquit Percy le nez pointé en l'air et la voix suintant de snobisme.
« La nuit dernière, la fouine – Drago Malefoy – a agressé la fille de Jean-Sébastien Delacour, bien qu'il revendique que c'est elle qui a essayé de le séduire, et que suite à son refus elle l'a forcé à aller se ruer contre un arbre. » expliqua succinctement Harry.
« Bien joué de la part de Gabrielle. » commenta joyeusement Ron, sans faire le moindre effort pour masquer son ravissement en entendant le châtiment qu'avait subi Drago.
Rogue émit un grondement sourd.
« Malheureusement, Jean est à présent furieux, et menace de rompre tous liens diplomatiques à cause de cette affaire. » acheva Harry.
« Ce serait un désastre. » pâlit Percy.
« En effet. » approuva Harry. « Mon portefeuille d'investissement s'écroulerait dans le jour qui suit. Ne pourrais-tu pas demander à Bill de lui parler ? Il sort toujours avec Fleur, n'est-ce pas ? »
« Je suspecte que William se rangera aux côtés de Jean en pareille situation. » informa Percy d'un ton pompeux. « Ne pourrions-nous pas plutôt user du Veritaserum pour aller au fond de l'affaire ? »
« C'est ce que j'ai suggéré, mais les idiots ci-présents ont déclaré que cela ne serait pas juste pour la fouine étant donné que la potion ne fonctionne pas correctement sur les Vélanes, et parce qu'il se pourrait que Gabrielle ait pu altérer son esprit. »
Ron renifla. « Une admission de sa culpabilité, non ? »
« N'est-ce pas ? Sinon, je pourrais juste faire en sorte que Malefoy disparaisse, cela réglerait le problème. » offrit Harry d'un ton serviable.
« Absolument pas ! » s'opposa catégoriquement Dumbledore.
« Dommage. » fit Percy. « Cela aurait en effet le mérite de régler tous nos problèmes. »
« J'ai peine à croire que vous puissiez traiter ainsi une de mes élèves. » intervint Olympe d'une voix glaciale. « Les mots me manquent pour vous dire à quel point vous me décevez, Harry. »
Harry le visage songeur haussa les épaules d'un air absent. « J'apprécie Gabrielle, mais je n'ai aucune intention de voir mon revenu net être réduit de moitié sans rien faire. »
« J'ai une solution. » finit par dire Percy après un moment de réflexion. « Quelque chose qui devrait apaiser M. Delacour. »
« Ah oui vraiment ? Et quelle donc est cette solution miraculeuse ? » railla Rogue.
« Par le passé, lorsque survenaient des situations similaires où la culpabilité ne pouvait être discernée de manière concluante, il était de coutume qu'une des deux parties exige qu'un duel soit organisé, plutôt que d'amener l'affaire devant les tribunaux. »
« Avez-vous perdu le sens commun ? » se récria Olympe d'un ton outré. « Un professeur contre une élève ? »
« Et pour ce qui est de l'emploi de ses pouvoirs de Vélane ? » s'enquit Rogue, ses yeux s'illuminant d'un intérêt malsain.
« Je ne suis pas certain d'apprécier cette alternative. » dit Harry avec hésitation.
« Silence ! » s'écria Percy d'un ton impérieux. « Il s'agit de quelque chose de bien plus important que votre argent ou vos états d'âme. C'est le futur de l'Angleterre qui est en jeu ! »
« En effet. » renchérit Rogue d'une voix doucereuse, alors que Dumbledore hochait la tête en signe d'assentiment.
« L'emploi de tout pouvoir inhérent aux Vélanes, ainsi que toute autre forme d'Impardonnable, serait interdit. » déclara Percy. « Et bien sûr, si Miss Delacour décidait de refuser le duel, cela serait considéré comme un aveu de sa culpabilité, qui empêcherait alors son père d'attenter quoi que ce soit pour la protéger. »
« Vous vous liguez tous contre mon élève ! » rugit Olympe.
« Vous êtes à présent sur le sol Anglais. » déclara Percy d'un ton méprisant. « C'est ainsi que nous traitons avec ceux qui nous sont inférieurs. Alors, avons-nous un accord ? »
« Attendez. » intervint Harry.
« Quoi encore ? » s'impatienta Rogue.
« Quand est-ce que ce duel aura lieu ? Il est hors de question que je perdre mon Attrapeur à cause de cette histoire, ou de risquer que la fouine soit humiliée avant même le match du corps professoral. »
« Que diriez-vous du jour suivant celui du match entre les enseignants ? » proposa Ron.
« Cela devrait me laisser assez de temps pour mettre mes joueurs de réserve à niveau. » considéra longuement Harry.
« Et bien assez de temps pour que Drago puisse se préparer. » approuva Rogue.
« Dois-je vous rappeler que Gabrielle est encore mineure. » interféra Olympe d'une voix venimeuse.
« Elle a bien seize ans, si je ne m'abuse ? » interrogea Percy.
Olympe hocha sèchement la tête.
« En ce cas, en tant que Vélane, elle a atteint l'âge de la majorité d'après la loi Anglaise concernant les créatures semi-humaines. » informa Percy avec un haussement d'épaules désintéressé. « Y a-t-il d'autres objections ? »
Olympe foudroya toutes les personnes présentes dans la pièce mais garda le silence.
« Excellent. » commenta Percy de son ton pompeux. « Je vais aller en informer Jean personnellement. Je suis certain qu'il sera quelque peu déçu, mais je ne doute pas qu'il finira par faire preuve de compréhension. Les règles standards des duels seront en vigueur, Miss Delacour et le Professeur Malefoy sont donc tenus de se tenir à l'écart l'un de l'autre jusqu'au jour du duel. Professeurs, Harry. » acheva Percy en leur adressant un geste de la tête avant de se retourner et de quitter le bureau, Ron sur ses talons.
Olympe adressait des regards noirs aux quatre personnes restantes. « M. Potter. » déclara-t-elle d'une voix dangereuse. « Veuillez rester quelques instants afin que nous puissions discuter de vos futures perspectives d'emploi à Beauxbâtons. Vous trois, vous pouvez y aller. »
« Allons, Olympe. » commença Albus sur un ton apaisant, ses yeux pétillant gaiement.
« Allez-vous-en, Albus, ou je retirerai Beauxbâtons du tournoi, et vous pouvez être certain que la presse aura vent du moindre mot de cette conversation. Je l'ai enregistrée. »
Rogue déglutit avec quelque difficulté et Harry afficha un air nerveux.
« Cela pourrait détruire ma réputation. » marmonna Harry. « Allez-y, tous les trois. »
Sans jeter un regard en arrière, les trois professeurs de Poudlard prirent congé de la Directrice de Poudlard.
Le silence s'installa dans la pièce pendant une minute, avant qu'une porte dissimulée jusque-là aux yeux de tous ne s'ouvre, et Jean, Aimée, Ron, Hermione, Percy, Bill, Fleur, et Gabrielle entrèrent dans la pièce l'un après l'autre.
« C'est un sérum de vérité, Rogue. » paraphrasa Ron, en imitant à la perfection le ton de Harry.
Harry sourit de toutes ses dents, avant d'éclater de rire. Ce fut un rire qui se répandit bien vite parmi les autres, excepté Jean et Percy.
« Que se passe-t-il au juste ? » demanda Jean avec insistance.
« Oui, » renchérit Percy. « Pourquoi donc as-tu insisté pour que je force la mise en place d'un duel ? Malefoy est devenu un duelliste plutôt talentueux de nos jours. »
« Il y a bien trop de choses qui échappent à ma compréhension. » renauda Jean. « En quoi placer ma fille dans une telle position peut-il être une bonne chose, tout particulièrement quand nous tenions Malefoy à notre merci ? Cette excuse au sujet du Veritaserum n'était rien de plus qu'un honteux tissu de mensonges. »
« N'avez-vous donc pas prêté la moindre attention ces derniers jours ? » interrogea Harry d'un ton désinvolte.
« A quel sujet ? » questionna Jean.
« Concernant la magie de Gabrielle ? »
« Eh bien à part le fait qu'elle ait lancé un sort informulé et… » sa voix se perdit tandis que ses yeux se portaient sur sa fille, avant de chercher le regard de sa femme. « Une Vélane qui est Liée à son Compagnon peut avec sa permission utiliser la magie de ce dernier. » souffla-t-il. « Malefoy va monter sur la plateforme de duel, s'attendant à combattre une simple adolescente, au lieu de quoi il devra faire face à quelqu'un qui aura accès à la plus grande quantité de magie au monde. » murmura Jean d'une voix pleine de révérence. « Au diable la prison, vous prévoyez de faire en sorte que Gabrielle l'humilie totalement en public – il ne s'en remettra jamais ! »
Harry opina du chef avec un sourire carnassier.
« Je l'ai déjà dit, Harry, et je vais le répéter. » déclara Olympe en secouant la tête. « Si jamais j'en venais à vous irriter, ayez la bonté de me tuer rapidement cela serait bien plus charitable. »
Le sourire dangereux de Harry fit place à un sourire malicieux. « Laissez-moi seulement vous dire à quel point j'ai été absolument enchanté du sort que vous avez lancé à Rogue. C'était tout bonnement magnifique. Et Percy, tu as été parfait ; j'avais sincèrement envie de t'asséner un coup de poing ! »
« Merci, » répondit modestement Percy. « Je fais de mon mieux. »
« Et c'est pour cela que tu voulais que le duel ait lieu à cette date, » déduisit Bill, « pour que tu puisses quand même battre Malefoy au Quidditch. »
Harry croisa le regard de Gabrielle et lui adressa un tendre sourire. « Et nous le battrons sur tous les plans, mais juste pour nous en assurer, nous passerons beaucoup de temps à t'entraîner afin d'être sûrs que tu puisses le vaincre même sans l'aide de ma magie. »
Gabrielle hocha la tête et lui renvoya un sourire légèrement nerveux.
« Il n'y a nul besoin d'être nerveuse, Gabby Je ne le laisserai pas te faire du mal. »
Elle hocha de nouveau la tête mais cette fois son sourire se fit plus lumineux.
« Bien. » dit Harry en jetant un regard à sa montre. Il était presque l'heure de déjeuner. « Gabrielle et moi n'avons toujours pas mangé, aussi allons-nous nous rendre à New York à cet effet. Percy, Jean, pouvez-vous organiser une conférence de presse plus tard, et informer tout le monde de ce qui se passe ainsi que des raisons qui ont conduit à cette situation ? Nous laisserons la presse décider d'elle-même qui elle entend supporter, et nous en prendrons note. Cela devrait nous aider à purger les quelques racistes radicaux qui subsistent encore. Jean, vous devriez jouer davantage le rôle de père que celui de futur Ministre de la Magie. »
« Ce n'est pas chose faite. » tenta de rappeler Jean avec un léger soupir.
« 'Plutôt rompre tous liens diplomatiques avec l'Angleterre' ça vous dit quelque chose ? » paraphrasa Harry avec malice. « Ca me semble être les propos d'une personne jouissant d'un certain degré d'autorité en France. Et c'est une bonne chose, et ce n'est pas parce que je suis en train de tomber amoureux de votre fille que je dis ça. La France a besoin d'un Ministre fort, incorruptible et aux valeurs morales sûres, l'Angleterre aussi à ce propos, mais attaquons les choses l'une après l'autre. »
« Harry a raison. » convint Olympe. « Personne d'autre en France n'est en mesure de redresser la France, et cet évènement ne contribuera qu'à vous apporter davantage de notoriété. Les autres candidats n'ont aucune chance face à vous. »
« Exactement. » acquiesça Harry. « Et du moment que cette maudite célébrité continue de me pourchasser, autant l'utiliser pour réaliser quelque chose de bénéfique. » acheva-t-il avant de jeter un regard à Gabrielle. « Prête ? »
Elle acquiesça en s'avançant jusqu'à lui, et elle enroula ses bras autour de lui dans une ferme étreinte.
« A plus tard tout le monde. » salua Harry. « Oh, et Olympe ? Informez aussi Picup de ce qui se passe. »
Elle acquiesça et tous deux disparurent.
« Est-ce que cela dérangerait quelqu'un si je me laissais aller à une petite complainte ? » demanda poliment Hermione dans le silence qui s'ensuivit.
« Allez-y. » déclara Olympe qui ne se donna pas la peine de masquer son amusement.
« Il est impossible de transplaner à Poudlard ! »
« Ca va mieux ? » s'enquit Ron le sourire aux lèvres, en enlaçant un bras autour de sa taille.
« Je gardais ca pour moi depuis hier. » soupira-t-elle avec un soulagement manifeste. « Cela en devenait douloureux. Et c'est sans faire mention de la perspective d'un transplanage d'escorte sur plus cinq milles kilomètres à travers les Champs de Protection de Poudlard. »
« Gabrielle sait comment il parvient à le faire. » déclara Fleur. « Mais elle ne veut le dire à personne. Pas même à moi. Sa loyauté envers Harry surpasse toutes les autres. »
« C'est une bonne chose. » commenta Percy. « Nous avons besoin de Harry tel qu'il est présentement, aujourd'hui plus que jamais. » Il balaya du regard les personnes qui se trouvaient devant lui et prit une profonde inspiration. « Nous avons bien plus de problèmes que Harry ou vous pouvez vous douter. »
« Percy ? » questionna Ron doucement.
« Non. » répondit Percy. « Je pense qu'il est temps de les mettre au courant. »
« C'est toi le boss. » concéda Ron avec un léger haussement d'épaules.
« Que se passe-t-il ? » s'enquit Jean.
« La vieille garde, qui représente l'ensemble de personnes s'étant vues accorder le support de Voldemort, sont toujours au pouvoir, et ils refusent obstinément d'en céder la moindre parcelle. Il existe un petit groupe constitué de nous autres les jeunes qui s'est donné pour mission de les combattre, mais il y a une limite à ce que nous pouvons faire. Nous avons tenté de notre mieux de garder Harry en dehors de tout ça, mais nous arrivons à un point où nous avons grand besoin de lui. Nous avons besoin de son pouvoir et de son influence parce qu'il nous faut nous débarrasser de Scrimgeour. De toute urgence. »
« Nous aimerions placer quelqu'un d'autre au poste de Ministre – et nous avons trouvé un candidat adéquat. »
« Percy ? » supposa Jean.
« Oh non, pas moi. » répondit ce dernier avec un petit sourire. «Je préfère de loin diriger les choses dans l'ombre que d'avoir à les faire en public. La perspective d'embrasser des bébés et donner des poignées de main m'emplit d'effroi. »
« Serpentard. » le taquina Bill.
« Un tout petit. » confessa joyeusement Percy. « Mais comme Harry l'a montré, un peu d'ambition couplé à une certaine aptitude à se montrer impitoyable par moment ne sont pas nécessairement de mauvaises choses. »
« Exactement. » agréa Ron. « Nous avions tout d'abord considéré l'idée de mettre Papa aux commandes. »
« Mais ce serait une catastrophe. » frissonna Percy. « Ne vous méprenez pas, j'aime Papa, mais en tant que Ministre ? » Bill et Ron se mirent à frissonner à leur tour.
« Bien sûr, » dit Hermione avec un petit sourire, » si Harry voulait bien prendre le poste, cela règlerait tous nos problèmes. »
« Et cela tuerait Harry. » soupira Ron. « Oh, Il le ferait si on le priait, et s'en tirerait à la perfection, mais il détesterait chacune des secondes passée à occuper cette fonction, ce qui explique pourquoi nous ne lui avons jamais demandé. »
« Par ailleurs, » ajouta Percy, « être trop dépendants de Harry est une mauvaise choses. Il faut que nous soyons en mesure de faire les choses sans lui, et seulement requérir son aide quand c'est absolument nécessaire. C'est une partie du problème avec Albus. Nous l'avons laissé s'occuper de tout et avons perdu la faculté de penser par nous même. C'est une tare propre au Monde Sorcier qui nous conduit à souvent prendre l'option la plus aisée. »
« Je suis impressionnée. » commenta lentement Olympe. « Je ne m'attendais pas à ce que des sorciers de sang pur puisse parler ainsi. »
« En tant que personne ayant subit de plein fouet notre racisme, je n'en suis nullement étonné. » dit Percy en opinant du chef. « Nous commençons à assimiler les leçons que Harry nous a enseignées. » acheva-t-il.
« Il semblerait que ce soit le cas, en effet. » commenta Jean d'un ton approbateur. « Je suppose que votre candidat n'est pas un sang-pur, n'est-ce pas ? »
« Non. C'est un Né-Moldu. Dirk Cresswell. »
« Votre officier de liaison auprès des Gobelins ? »
« Lui-même. » confirma Percy. « Lorsque nous avons commencé à véritablement tenir tête à Voldemort, il s'est avéré d'une aide inestimable afin de faire en sorte que les Gobelins restent neutres. Nous planifions sa campagne dans le plus grand secret depuis quelque temps, mais nous avons besoin du nom de Harry autrement nous n'arriverons à rien avec le Clairon du Ministère. »
« Le Clairon ? » répéta Aimée avec confusion.
« La Gazette du Sorcier. » expliqua Hermione. « Elle continue de se faire l'écho des points de vue officiels du Ministère tout en étant le vecteur principal de sa propagande. »
« Ils ne m'aiment pas beaucoup. » informa Percy avec un demi-sourire. « En grande partie parce que j'essaie de mettre en place des lois qui atténueront grandement leur capacité à tisser des mensonges. Je me suis retrouvé à deux doigts de faire passer quelques lois à une ou deux reprises, mais je n'y suis pas encore. Je finirai par y arriver cependant, et ce jour-là je les poursuivrai en justice jusqu'à la ruine. »
« Tu sais quoi, Percy. » déclara Bill avec le plus grand sérieux. « Je suis vraiment heureux que tu sois de nouveau un Weasley. »
« Moi aussi. » sourit ce dernier. « C'est bien plus amusant de savoir que j'ai des gens qui me soutiennent, et que je n'ai pas besoin de me rabaisser au rang de crétin obséquieux pour obtenir ce que je désire. »
« Eh bien, tout cela a été des plus fascinant, mais je me dois vous rappeler que vous avez tous du travail auquel il vous faut retourner. » déclara Olympe. « Pour ma part j'ai de la paperasse à traiter. »
« Viens, William, » déclara Fleur. « Allons nous promener et nous tenterons de voir ensuite s'il nous est possible de rejoindre Gabrielle et 'Arry plus tard dans la soirée. »
Lentement, la pièce se vida tandis que ses invités quittaient son bureau l'un après l'autre, et Olympe s'adossa dans son fauteuil, son sourire s'estompant graduellement. Elle commençait à sérieusement s'inquiéter au sujet d'Albus. Son comportement devenait de plus en plus erratique au fil du temps.
Cela en devenait pour le moins alarmant.
NdA : Bien entendu la première chose que je vais faire sera de m'excuser pour le retard sur le planning. En toute sincérité je suis aussi surpris que vous, il semblerait que j'ai oublié le temps que ça me prenait de travailler sur un chapitre d'Espoir. Mais même avec ça je peux dire que c'est le chapitre sur lequel j'ai passé le plus de temps ce qui n'est pas forcément surprenant en soi vu que c'est pratiquement un des plus longs publiés. Non ce qui est surprenant c'est que j'ai mis presque le double du temps à l'achever que le temps que j'ai mis à terminer le chapitre 12 d'Espoir qui est le plus longs que j'ai publié jusqu'ici ! Il semblerait que tous ces longs mois sans publication m'ont rouillé c'est pas possible autrement !
Quoi qu'il en soit vu que j'ai effectué un marathon de plus de vingt-cinq heures sans discontinuer pour vous j'espère que vous me jugerez suffisamment puni pour le coup. ^^'
Ceci dit je vous souhaite le bonjour et je m'en vais de ce pas piquer un somme.
A pluche!
Ysfrael
P.-S : Loué soit la personne qui a créé le concept de vacances au cours desquelles il nous est possible de dormir le jour en toute impunité! *_*
